mardi, 06 décembre 2011
Gaza est proche
Les 6 millions de lecteurs d' "Indignez vous", auront noté que la deuxième partie du fascicule de Stéphane Hessel, est intitulée : "Mon indignation à propos de la Palestine" (page 17 ) .
Pas plus que le reste les motifs de l'indignation de Christiane et Stéphane Hessel en rapport avec Gaza et la Palestine n'ont cessé d'être d'une brûlante actualité .
Il y a quelques jours Christiane Hessel et son mari se sont vu interdire l'accès à Gaza, ce qui ne les empèchera pas de témoigner de leurs précédents sejours en Palestine et de ce qu'ils y ont vu et fait.
Après qu'en Irak et en Lybie, la démocratie de marché ait fait la démonstration de sa véritable nature humanitaire et de sa remarquable efficace pour rétablir le lien social à coup de bombes, et avant que ne vienne le tour de la Syrie et de l'Iran . Au moment où les bruits de botte atlantistes se font entendre de nouveau au proche orient , dans le contexte de crise généralisée qui désormais ne peut plus guère être occulté, un salutaire rappel du "déjà là" ( et de longue date ) de l'injustice et de l'oppression , et du courage de ceux qui ne se découragent pas :
12:04 Publié dans Politique, Histoire, Société, Politique, société, vécu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hessel, gaza, palestine, christiane hessel, stéphane hessel
vendredi, 30 juillet 2010
jequittelevillagedesnrv.COM
Avertissement : aujourd'hui, pas d'actualité, rien que de la cuisine interne avec des huiles de vidange.
Amis, le bonheur absolu existe : je l'ai rencontré.
Ici.
Au Village des NRV.
Parfaitement.

Entouré de tout une bande de copains, tous de gauche et même plus si affinités, des amis dont les convictions sociales : générosité, bonté, partage, justice, franchise, loyauté, don de soi, sens du Collectif m'ont prouvées à quel point je ne les méritais point !
Leurs combats pour la veuve et l'orphelin, pour les sans papiers, les prisonniers, les pauvres, Haîti, les travailleurs clandestins ; leurs billets émouvants sur les misères du monde, les injustices, les méchancetés rejaillissaient, il faut bien le reconnaître sur leurs comportements avec leurs proches dont je m'enorgueillissais de faire partie ! Le monde idyllique du Village des NRV m'avait ouvert les yeux sur la vision enchanteresse de la lutte sociale et de la fraternité.
Ne riez pas.
Vous n'imaginiez pas l'enrichissement personnel que représentait un tel honneur ! Côtoyer des saintes et des saints laïcs depuis plus de deux ans et demi m'avait transfiguré à un point que vous n'imaginiez pas.
Mais.
Il était écrit que j'étais indigne de figurer au sein de ce Panthéon féérique consacré à la bienfaisance !
Hélas !
Il a bien fallu admettre que, par la faute d'un caractère ombrageux, d'un comportement un peu passionné et d'une vision sociale et politique un peu moins dogmatique que beaucoup, j'ai fini par en incommoder plus d'un !
Il a bien fallu s'y résoudre : je possède un mauvais fond.
Une mentalité détestable, peut-être due à un environnement professionnel trop agressif. Pensez, je travaille tous les jours avec des gitans et les types barbus des cités du 9-3. Comment rester serein dans de telles conditions ? Je vous le demande.
Peu à peu, j'ai senti que cet univers ouaté nimbé de rose bonbon, ce royaume de Bisounours 1er, me rejetait. Mes billets attiraient probablement la lie du Net. Je devenais suspect car trop lu. Et chez ces intellectuels, amis lecteurs, n'oubliez jamais qu'un léger succès vous rend suspect sinon coupable, en tout cas populiste ou pire, poujadiste... La description ubuesque de la substantifique connerie de certains intellos traditionnels de gauche est à graver sur le marbre.
J'ai pris, début juillet, les commandes du blog que je partageais avec une administratrice qui partait en vacances. Après des embrouilles avec une nouvelle contributrice - fallait pas l'inviter comme dirait Zgur - ma joyeuse complice m'a bravement envoyé un mail (pourquoi pas un SMS ?) m'annonçant son abandon pour des motifs qui m'ont échappés. Arf ! Le dialogue, la solidarité, la fidélité et la franchise de certains apôtres de la générosité militante et épistolaire ! Mes amis, je ne vous raconte pas !
Bref !
Je me retrouvai seul à gérer le Village. Matériellement, il m'est impossible de gérer un Collectif tout seul.
J'ai décidé de partir avec discrétion et humilité, de remettre à l'ouvrage mon plaisir d'écrire sur un blog personnel plus confidentiel.
Je ne compte pas retrouver le succès du Village des NRV, oh non ! 260.000 visiteurs du 1er août 2009 au 31 juillet 2010 - 800.000 pages lues. 36.000 commentaires depuis 2 ans et demi sera un objectif impossible à atteindre...
Avec toute la talentueuse équipe de contributeurs et de commentateurs, j'espère avoir modestement contribué à ce succès je quitte donc ce blog avec la fierté du devoir accompli...
À celles et ceux qui ont apprécié, aimé et lu mes billets : merci et à bientôt ici (clic clic clic)
À celles et ceux qui m'ont encouragé, montré leur intérêt, commenté : vous avez toute mon affection.
À celles et ceux qui m'ont calomnié, jalousé, lâché, trahi, bafoué : leur consacrer un mot serait déjà leur accorder trop d'importance...
Enfin un petit clin d'œil à l'ami Guy sans lequel je n'aurais sûrement jamais blogué et Serval pour avoir lancé l'idée de ce Collectif finalement réussi.
Une petite pensée émue pour mon pote Falcon et toute sa famille qui viennent d'éprouver un profond chagrin.
Je remets mes clefs entre les mains de Nef, la 3ème administratrice du Village des NRV, garde un œil éveillé sur ce blog pour éviter sa pollution par des spams ou des trolls, m'occupe un certain temps de gérer les affaires courantes (twitter, mails, etc) en attendant que quelqu'un me remplace.
Bonne chance à ceux qui reprendront peut-être les rênes !
Ami lecteurs, merci infiniment pour votre fidélité et pour l'immense honneur dont vous nous avez gratifié en choisissant de nous lire.
Émotion.
Je ne saurais mieux m'exprimer...
Cui cui sans son Rantanplan, poor lonesome blogueur.
06:01 Publié dans humour, vécu | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : village des nrv, adieux, cui cui fit l'oiseau, blog, blogueurs
lundi, 03 mai 2010
Quelques timides observations de la part d'un pauvre bougre à l'endroit des crèmes médiatiques et politiques qui déversent des tombereaux de conneries sur les banlieues du 9-3 et du 9-5... [épisode 2]
Re-salut les poteaux !
Nous voilà donc à la deuxième partie de ce palpitant feuilleton sur ma perception des banlieues de Seine Saint Denis et du Val d'Oise que je fréquente depuis longtemps et dont naturellement tout le monde à l'air de se foutre éperdument.
Indéniablement l'orientalisation des vêtements a fait un bond spectaculaire depuis 15 ans.
Il me semble avoir observé mon premier niqab assez récemment. Disons 2 ou 3 ans maximum. Sachant que j'en remarque 3-4 ou 5 à tout casser par jour dans les endroits les plus chauds de la banlieue parisienne, j'en déduis qu'ils ne doivent pas grouiller outre mesure. D'ailleurs au sortir du premier chiffre de 343 burqas, il y a quelques mois, j'avais été un des premier à en rire en prétendant que dans ce cas, je connaissais toutes les femmes qui les portaient. À mon avis, le nombre de femmes incriminées, bien que dérisoire, est tout de même bien plus important, équivalent au nombre de visiteurs durant un week end sur ce blog pour la lecture d'un billet.

En général il s'agit de femmes âgées entre 25 et 30 ans à vue de niqab, la classe d'âge la plus rigoureuse dans la pratique religieuse. Ce qui me surprend par contre, c'est la modernité de leur attitude : pour la plupart, elles conduisent une voiture, contrairement aux rigoureux préceptes salafistes ou wahabites, parlent aux infidèles, ne mettent pas de gants et se maquillent assez agréablement sous leur voile, marchent au même niveau que leur mari ou sont très fréquemment seules.
Toutes ces observations tendraient à prouver que l'aspect religieux et pieux du port du niqab serait secondaire. Il se murmure parmi mes potes musulmans que la démarche essentielle de beaucoup de ces femmes et de leurs maris serait essentiellement une attitude de provocation politique contrre la société française. Ces allégations me semblent plausibles car beaucoup de celles qui m'adressent la paroles sont ouvertes, enjouées et particulièrement aimables avec le vil mécréant que je suis : ce qui constitue aux yeux d'intégristes purs et durs un péché inexpiable !
En tout cas, ce dont je suis bien certain c'est que ce nombre n'est pas bien important. Justifie t-il une Loi ? C'est à chacun de voir.
Par contre depuis quelques temps, on assiste à une recrudescence du port du hidjab : ce voile cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l'ovale du visage et de la robe sans l'étoffe pour cacher le bas du visage.
En 10 ans j'ai vu le port du foulard progresser à une allure foudroyante, même dans des familles dont la croyance était relative. J'en ai demandé la raison et j'e n'ai souvent reçu qu'une réponse vague. En fait, ce signe distinctif de piété est peut-être un réflexe conformiste communautaire religieux destiné à exhiber la respectabilité de la famille, une sorte de pression sociale non imposée mais lourdement suggérée pour faire comme les autres... Souvent, après le voyage initiatique à la Mecque que tout bon musulman se doit de faire dans son existence, le titre de "Hadji" pour l'homme et le foulard pour la femmes sont des signes d'une respectabilité affirmée. Ce pélerinage sur les lieux saints représente souvent l'aboutissement d'une vie pour des musulmans d'un certain âge et à ce moment là, leurs croyances se tranforme souvent en bigoterie.
Reste enfin une grande proportion de femmes ne portant rien sur la tête ou parfois un simple petit bandana dont une énorme majorité d'adolescentes.
La césure me semble énorme entre les mœurs des générations de plus de 40 ans et les plus jeunes complètement convertis à la mode parisienne.
En fait il faut souligner l'extrême diversité de nos banlieusards des cités. Il faut se méfier de tous les gros poncifs et généralisations serinés matins, midis et soirs sur nos médias !
Quant au phénomène de l'intégrisme dont on nous rebat les oreilles, à part une infime minorité agissante, il ne semble guère mobiliser les foules. Le problème de beaucoup d'observateurs est qu'ils concluent hâtivement que tout barbu en costume oriental est un extrémiste en puissance : je peux témoigner avec véhémence qu'il n'en est rien et que les plus dangereux sont de loin des intellectuels que j'ai croisés, brillants et redoutables doctrinaires, parfois français de souche mais presque toujours imberbes ! L'image d'Épinal du barbu féroce en djellaba, nettoyant tous les soirs sa kalachnikov et son cimeterre en perpective du grand soir de la révolution islamique marque tellement les esprits de nos journalistes et politiques qu'elle finit par déteindre sur la population dans son ensemble. Dites vous bien que le danger, s'il existe est beaucoup plus subtil et étonnant : les personnalités et la sociologie des auteurs ayant perpétré les attentats du 11 septembre sont certainement un avertissement à prendre au sérieux.
On trouve de plus en plus de quêteurs au profit de la construction de mosquées sur les marchés depuis que les capitaux saoudiens sont contingentés pour éviter l'introduction d'imams wahabites ne parlant pas notre langue. Cette décision a terriblement retardé la construction de lieux de culte.
Ce qui pourrait poser problème par contre, ce serait que l'État se désengage de ses devoirs sociaux pour laisser la prise en charge des cas de détresse économique aux frères musulmans et aux mosquées car il faut bien se résoudre à dire que ce n'est pas l'Islam qui pose problème dans ces banlieues ghettoïsée mais le chômage, la pauvreté et les conditions de logements de ces banlieusards qui sont devenus le nouveau sous-prolétariat des années 2000.
Pourtant, tout est loin d'être sombre dans ces départements stigmatisés par l'espace médiatique : l'entraide est permanente, la joie de vivre de leurs habitants autrement plus évidente que la méfiance sinistre de ceux qui vivent dans les beaux quartiers ou dans des villages repliés sur eux-mêmes. Le dynamisme et la débrouillardise sont également des vertus cardinales de ces lieux.
Par contre la surpopulation, l'architecture et l'urbanisme désastreux ne favorisent certainement pas la paix civile : il est temps de raser certains ghettos invivables qui favorisent la promiscuité et l'agressivité.
En fait le gouvernement actuel qui fustige sans cesse une partie de la population, rejette celle-ci vers une communautarisation qu'il a le toupet et l'hypocrisie de condamner. Les musulmans, sans cesse stigmatisés par le gouvernement actuel, montrent un sang froid remarquable : ils refusent la rebellion, mais tout en courbant l'échine mais en réaction ils se dirigent peu à peu vers une société communautaire parallèle, identique à celle de la Grande Bretagne ou des USA, où la laïcité aura de moins en moins droit de cité.
Insensiblement, Nicolas Sarkozy "l'américain" et ses pseudos élites hexagonales, volontairement ou maladroitement, sont en train de se faire les fossoyeurs du modèle français. Les gens de droite qui le soutiennent se fourvoient gravement : ils s'apercevront bien trop tard que la politique à courte vue qu'il mène actuellement accentuera les problèmes raciaux et religieux pour les années à venir tant il favorise la segmentation de notre société par l'ostracisation systématique d'une partie de la population.
Qu'au lieu de créer ce stupide Ministère de l'identité nationale et de l'immigration, il eut mieux fait de créer celui de réconciliation nationale et des banlieues...
Bien sûr, on ne peut en si peu de lignes retranscrire les sensations multiples qu'on éprouve sur le terrain pendant un laps de temps si long. De plus les évolutions sont très lentes et rien de ce qu'on observe n'a valeur d'évidences. Tout au plus ressent-on des impressions fugitives. Tout autre, qui voudra vous imposer ses certitudes concernant la vie dans les banlieues du 9-3 et du 9-5, comme le font trop de politiques et de journalistes résidents des beaux quartiers et ignorants de la réalité sociale, vous mentira à coup sûr.
Méfiez vous de ceux qui profèrent des lieux communs, émettent des banalités et lancent des conclusions hâtives lorsqu'ils vous parlent de ces banlieues.
Souvenez vous en.
Amis du Village, à après et bonne balade !
Cui cui fit l'oiseau, le siffleur renifleur et persifleur.
06:00 Publié dans Scènes de la vie quotidienne, vécu | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : niqab, hidjab, foulard islamique, intégristes musulmans, intégration, diversité, violence, intégrisme, seine saint denis, val d'oise, cités, communautarisme
vendredi, 30 avril 2010
Quelques timides observations de la part d'un pauvre bougre à l'endroit des crèmes médiatiques, populistes et politiques qui déversent des tombereaux de conneries sur les banlieues du 9-3 et du 9-5... [épisode 1]
Salut les aminches !
J'habite le 9-3 ou la Seine Saint Denis, si vous préférez..
Les "NRV" me connaissent.
Les nouveaux lecteurs, non. Aussi vais-je rapidement me présenter pour planter le décor.
Je fais partie de ces semi-clochards qui proposent légalement leur camelote sur les marchés populaires et miséreux situés aux cœurs des cités du 9-3 et du 9-5 et accessoirement du 77, 94 et du versant sauvage du 92 (Colombes, Nanterre, Asnières...). Chacun connait ces gueux dépenaillés qui vendent des colifichets à bas prix pour survivre et dont l'État et les Communes se moquent éperdument. D'ailleurs ne nous y trompons pas, les hommes politiques fréquentent très peu leurs marchés, si ce n'est lors des campagnes électorales, et encore !
Maghrébins, Gitans, Africains, Afghans, Pakistanais, Indiens, Gens du Voyage y prolifèrent pour ramener un peu d'argent à la maison et tenter de se débrouiller dans cette société cruelle. On peut dire sans exagérer que dans ces départements, nous sommes la lie sociale des travailleurs légaux...

Bref !
J'écume donc les marchés les plus trashes, à ce qu'on dit, de la banlieue parisienne depuis plus de 15 ans. Les cités de Sarcelles, Montfermeil, Argenteuil, Saint Denis, Aubervilliers, Gennevilliers, Montreuil, le Val Fourré, Clichy, Sevran, La Courneuve, Bondy, Aulnay sous bois n'ont plus de secrets pour moi. Je parcours inlassablement ces marchés fréquentés par les catégories les plus pauvres et les plus déshéritées. On trouve dans ces halles, en plus de gens extrêmement modestes de toutes origines, des soldeurs qui proposent des denrées à la limite de la date de péremption vendues infiniment moins chères, des légumes à la limite de fraîcheur mais aussi des épices exotiques destinées à parfumer ces cuisines du monde...
Maintenant que le tableau est posé, je souhaite revenir sur toutes les inexactitudes que j'entends, regarde, écoute et lis y compris sur des blogs, depuis bien trop longtemps à mon goût.
Or doncque, à travers mes longues pérégrinations à travers ces supposés champs de batailles, lieux faméliques et endroits anarchiques vérolés par les trafics, la violence et l'illégalité, banlieues décrites avec tant d'exagération par les médias traditionnels qu'on comprend immédiatement que pas un de leurs plumitifs ou reporters flanqués de quelques gardes du corps payés au prix fort n'y a mis les pieds plus de quelques heures, il est utile de rectifier quelques énormes âneries véhiculées et autres lieux communs repris en cœur.
Une certaine Presse manipulatrice et manipulés par les politiques qui lancent leurs informations comme on lance des os à sa meute de caniches nains faméliques et dont elle repaît avec une délectation morbide, finit par contaminer la société toute entière et la rendre réceptive à l'intolérance et l'agressivité. La manœuvre politique est grossière mais hélas toujours efficace !
Quelle pitié de voir certains médias se précipiter sur ce ridicule et peu représentatif fait divers, médiocre histoire de niqab et ce grotesque "fondamentaliste", polygame bidon, fier comme Artaban, étalé, hilare, à la Une de l'actualité française et considéré comme l'archétype barbichu de l'intégrisme musulman hexagonal et représentant du Mal ! Autant vous dire que si la démocratie française n'avait que de pareils ennemis, elle pourrait dormir sur ses deux oreilles !
Beaucoup d'organes de Presse deviennent des instruments du pouvoir, tout juste bons à recopier les ramdams dictés par le gouvernement pour vendre et flirter avec les thèses du Front. La déroute qu'ils subissent depuis plusieurs années est plus que méritée : quel citoyen peut faire confiance à une actualité "sensationnaliste" si peu pertinente ?
Lorsqu'on s'aperçoit que le tempo des références sur l'Islam et les banlieues est dicté par un type, omniprésent dans les médias officiels, Éric Zemmour dont la seule expérience -ne riez pas- est d'avoir vécu dans sa jeunesse à Montreuil sous Bois (93100) durant les années 1960-70, comment ne pas sourire ? Ce titre de gloire qu'il trimballe avec ostentation en traînant bruyamment sa quincaillerie de médailles de banlieusard comme un vieux maréchal de Staline exhibait ses centaines de décorations tintinnabulantes en bronze me fait taper le cul par terre d'exultation. Dommage que le ridicule ne tue pas, sinon, notre Zemmour national serait déjà placé à la droite (forcément) de Saint Pierre !
Le pire étant que des citoyens sincères le prennent au sérieux, alors qu'en ce qui concerne les banlieues dites difficiles, le sieur parle visiblement d'un monde inconnu qu'il analyse à l'aide de lieux communs péchés dans les bistrots ou qu'il fréquente vraisemblablement par l'intermédiaire de ouï-dires ou encore à travers des évènements relatés par la presse ! Peut-être, est ce moi qui embellit cet univers qui est certes loin d'être le monde enchanteur d'Alice au Pays des merveilles mais qui ne ressemble pas non plus à celui de Mad Max ou aux faubourgs de Kaboul ?
Mais il y a des gens qui ont intérêt à provoquer des affrontements pour gagner les prochaines présidentielles. On sent bien que la campagne est lancée pour mettre de l'huile sur le feu et attiser les tensions entre les communautés, quitte à jouer avec la paix civile... Il y a vraiment de quoi être inquiet.
Car chacun sait bien qu'aux fins fonds de nos campagnes tricolores, coins perdus s'il en est, à travers les infos à la fois terrorisantes et niaises de Jean-Pierre Pernaut sur TF1, on meurt de trouille d'être égorgé par un barbu en djellaba. Je connais des villages du nord au sud de la France jamais fréquentés par des musulmans dont les habitants tremblent de peur, rien qu'à l'évocation d'un mouvement dans les cités du 9-3 ! Une certaine France vieillie et rancie se recroqueville comme une momie desséchée, se méfie de tout, se tétanise et se mobilise tragiquement autour des Le Pen ou des Sarkozy, habiles joueurs de flûtiau, seuls susceptibles à leurs yeux de la sauver d'un coup de baguette magique, du naufrage fantasmé de la France profonde comme "dans le bon vieux temps"...
Dans mon second épisode, je vous parlerai de l'évolution que j'ai pu entrevoir depuis quinze ans vis à vis des phénomènes du niqab et autres hidjabs, des foulards, de l'évolution de quelques intégristes que j'ai connus et la surestimation bien trop excessive et dangereuse de leurs pouvoirs sur la communauté islamique, de la venue en nombre de Pakistanais, de la tolérance entre toutes les origines dans les lieux ouverts, de l'agressivité d'une extrême minorité, de la peur de la police, du nombre de sans papiers, de l'architecture pourrie de certains quartiers transformés en ghettos (Le Luth, Aulnay 3000, Le Chêne pointu à Clichy sous Bois, Les Bosquets à Montfermeil), de la surpopulation, du fatalisme résigné des musulmans face aux stigmatisations politiques incessantes à l'égard de leur religion, de la stupide et volontaire identification entre les mouvements extrémistes et des croyants de plus en plus méfiants, de l'absence de conscience politique et du dégoût pour les partis politiques institutionnels, des quêteurs de mosquées qui prolifèrent en se chamaillant et enfin de l'extrême diversité de la société musulmane et de l'intégration beaucoup plus profonde qu'on veut bien nous la décrire de la très grande majorité de la jeunesse de ces quartiers.
Je ne suis pas journaliste car j'assume ma subjectivité, je ne suis qu'un spectateur curieux, placé par hasard dans un creuset sensible de la société française. Au bas de l'échelle sociale, je ne détiens aucune vérité et ne me prends pas au sérieux, ne recherche ni désir de notoriété ni ne cours après une ambition personnelle (d'où mon anonymat rigolard) , sinon celle d'observer et de dépeindre mon humble milieu de travail, de m'amuser à rédiger de médiocres textes destinés à être lus ou bien de franchement déconner...
Amis du Village, merci de m'avoir suivi jusqu'au bout. Je vous donne rendez-vous pour un 2ème épisode plus vivant.
Et pour terminer, ce week end, allez donc rendre une petite visite de proximité à l'ami Zgur et à notre petit meuble du coin pour vous refaire une santé...
Cui cui fit l'oiseau, de la France d'en dessous....
06:00 Publié dans Médias, Scènes de la vie quotidienne, Societé, vécu | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : marchés, banlieues, 93, 95, seine saint denis, val d'oise, neuf-trois, neuf cinq, intégrisme musulman, réalité, médias, zemmour, burqas
mercredi, 05 août 2009
De la perversité de l'examen du code de la route.
Voici quelques exemples de questions auxquelles un candidat doit se confronter à l’examen du Code. Ce qui est très difficile à accepter, c’est qu’on exige du candidat un système de raisonnement très différent de l’acquisition classique du savoir. Influence du libéralisme anglo-saxon? Influence du langage informatique ? Nous serions plus à l’aise avec un questionnaire du genre "Que signifie ce panneau? Quel véhicule a la priorité ? Ai-je le droit de stationner ? " etc. Questions simples, questions claires. On sait ou on ne sait pas.
Ce n’est plus ça. La nouvelle pédagogie (pas seulement pour le code de la route) se veut ludique : il ne s’agit plus d’évaluer mon savoir, il faut que je gagne (et si c’est un concours, je dois être le premier). Les connaissances s’acquièrent comme dans un jeu de piste, avec des pièges, des questions aux formulations alambiquées où l’essentiel se glisse au milieu d’éléments secondaires. Tout est fait pour tromper le candidat avec le côté pervers " on t’a bien eu ! ". L’apprentissage consiste donc non seulement à acquérir des connaissances, mais à s’habituer au mode de questionnement.
Le premier travers de l’examen du Code consiste à mettre au même niveau des questions importantes (" Ai-je le droit de franchir la ligne continue ? A quelle vitesse doit-on rouler en agglomération ?") avec des questions d’intérêt secondaire (" L’essuie-glace arrière est-il obligatoire pour les véhicules de tourisme ? Combien de points va-t-on me retirer sur mon permis si je téléphone en conduisant ?"). Le candidat est pénalisé de la même manière s’il répond faux à l’une ou l’autre de ces questions.
Outre la formulation discutable des questions, il y a souvent le manque de clarté de l’image : on ne peut pas toujours juger sur une photo 2D si l’on a assez de distance pour dépasser un véhicule. Ou si on circule sur une route à sens unique ou à double sens. Ou si le véhicule en face de nous est arrêté ou pas, etc.
Enfin, les questions posées proposent souvent un choix entre plusieurs réponses, ce qui a tendance à mettre le doute même si on connaît la réponse. De plus, cela implique un temps de réflexion qui serait catastrophique si on devait le prendre en conduisant !
Bien souvent, ce genre de questions est posé, concernant des piétons ou des cyclistes. A chaque fois, obligation est faite de les laisser passer, même s’ils ne sont pas sur des passages protégés. Sans quoi, forte amende et retrait de points. Mais ici, " le piéton ne devrait pas être là où il est " (sic) ! C’est moi qui ai la priorité. Je ralentis quand même, mais pas trop pour que le piéton ne croit pas que je le laisse passer ! Réponse A.
Voilà le genre de question très stressante lorsqu’on n’a que dix secondes pour réfléchir ! Le commentaire est sadique : " de toute façon, l’horaire est indiqué sur le ticket ! " Réponse C.
Attention, piège! On sort bien d’une zone où le stationnement était limité à 30 km/h ; par contre le stationnement n’était pas interdit, mais réglementé ! (bien regarder le minuscule horodateur sur le panneau) Réponses A et D.
Autre piège des plus agaçants : sur les routes sans chaussée séparée, le conducteur novice peut rouler à 80 km/h. Donc on répond B. Erreur! Si je peux rouler à 80 km/h, je peux a fortiori rouler à 70 km/h! Réponses A et B. (si je ne clique que sur B, la réponse est considérée comme fausse…)
Au lieu de demander ce que signifient ces panneaux, on affirme des contre-vérités pour tromper le candidat… Réponses : B et D.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs, mais assez caractéristiques. Je reconnais qu’après plusieurs heures d’entraînement, on finit par s’habituer au style des questions… comme on s’habitue à Internet, comme on s’habitue aux émissions de variété, comme on s’habitue aux discours de nos dirigeants… petit à petit, ce genre de pédagogie forge des cerveaux propres à accepter une nouvelle forme de société (mondialisation, libéralisme, goût de la compétition, etc) tout ça dans un cadre ludique et joyeux…
Est-ce qu’on a le choix ?
Henry Gold
06:00 Publié dans Scènes de la vie quotidienne, Societé, vécu | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : code de la route, examen, voiture, auto écoles
vendredi, 31 juillet 2009
Témoignage d’un pakistanais en vacances près de la frontière afghane.
Ceci n’est pas du journalisme. Juste une conversation à bâton rompu avec un pote pakistanais qui revient de chez lui. Un simple témoignage. Je ne vois pas pourquoi Ali me raconterait des histoires…
Ali, n’est pas Pachtoun, il habite pourtant à côté de Peshawar. Il se méfie terriblement car en ce moment : l’anarchie règne dans cette région. Chaque citoyen pakistanais qui vient d’Europe est menacé d’enlèvement. La raison : des demandes de rançons à la famille de l’otage. (de 3000 € à 15.000 €) selon la fortune estimée. La police est complètement dépassées par l'anarchie qui règne dans la région et l'armée a d'autres chats à fouetter. Là bas, la crise économique est à son apogée. Les produits invendus du voisin chinois et à priori destinés aux occidentaux inondent le marché pakistanais, notamment le textile, mettant en faillite des milliers d’artisans. La criminalité suit une courbe parallèle à celle du chômage.
Pour Ali, la vie en France est un paradis, même s’il travaille dur sur les marchés. Sa famille est à l’abri mais il n’ignore pas qu’il est source de convoitise et de jalousie au sein de la collectivité amicale et familiale de son pays d’origine. Souvent, les kidnappeurs sont des voisins car les rançons demandées sont calculées au plus juste des possibilités financières des familles…
Une branche de sa famille est de nationalité afghane car la frontière est extrêmement poreuse vu que les populations, notamment les Pachtouns sont de la même origine ethnique.
En ce moment en Afghanistan, selon de nombreux témoignages, les Américains procèdent à la politique de la terre brûlée, bombardant à tout crin les villages supposés héberger des « talibans ». La cote des troupes de l’Otan au sein des populations afghanes et pakistanaises a terriblement baissé depuis quelques mois suite à ce surcroît offensif.
Obama qui bénéficiait d’un réel préjugé favorable est désormais disqualifié aux yeux de la population de cette région. Trop de civils subissent les contre-coups des violents bombardements et des offensives terrestres. Porter une barbe devient suspect. Les troupes américaines exercent "leurs droits" de poursuite jusqu'à l'intérieur du Pakistan. Pour Ali, l’embourbement est quasiment certain, d’autant que les autorités pakistanaises ne sont ni claires ni très déterminées.
Les armes n’ont jamais autant circulé. Qui les fournit ? Avec quel argent ? La frontière pakistano-afghane est devenue un lieu trouble, où on ne sait plus qui est qui. Le Pakistan ne tient plus que par la puissance de son armée et le jeu trouble de dirigeants politiques équivoques.
J’ai évoqué le poids du pouvoir de la religion musulmane que les journalistes occidentaux décrivent comme très lourd. Ali est musulman pratiquant sunnite modéré. Sa perception des gens que l’on nomme « talibans » en occident est totalement différente de celle que diffuse notre Presse c'est à dire des fous d’Allah fanatisés. Pour lui, les talibans sont certes croyants mais font surtout partie de centaines de clans guerriers dirigés par des chefs. La guerre est inscrite depuis toujours dans la mentalité afghane, c’est presque devenu un jeu, d'autant que des étrangers occupent leur pays.
Certains talibans ne sont que des bandits de grands chemins. Les journalistes occidentaux, presque tous "embedded" et ignorant la langue et les usages ont du mal à discerner les différences entre les combattants. Mettre tous les talibans dans le même sac religieux est à la fois commode pour les états majors et simplificateur pour justifier médiatiquement la guerre d'Afghanistan.
Enfin notre ami, qui est un homme très fin d’une cinquantaine d’année, analyse la situation dans son pays d’une drôle de manière. Pour lui, cette région du monde, sa patrie, est à cause de sa position stratégique essentielle, l’enjeu de puissance sombres et troubles qui manipulent sans vergogne les citoyens de ces pays si pauvres.
Selon lui, les sommes dépensées pour la guerre dans cette région sont considérables et son peuple est manœuvré comme une marionnette par des tyrans retors issus de pays très riches mais peu puissants mais aussi par de grandes nations qui se font la guerre par pauvres gens interposés , tous les commanditaires étant dotés d’une puissance financière abyssale.
L'Arabie Saoudite, l'Iran, les USA, L'Europe comme supplétif des Américains, la Russie, la Grande Bretagne et la Chine se disputant l'hégémonie d'une partie stratégique du sous-continent indien notamment en approvisionnement pétrolier...
Amis du Village, j'espère ne pas vous avoir trop ennuyé mais j'aime tellement écouter les autres et partager...
Loin de nous, la prétention de détenir la vérité sur des situations si complexes. Tout au plus, Ali a t-il ajouté un modeste élément supplémentaire à l'édifice afin d'essayer de comprendre un tant soit peu les tenants et aboutissants d'un conflit qui, fatalement, finira mal.
À après.
Cui cui l'oiseau interlope.
07:00 Publié dans International, vécu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : pakistan, afghanistan, guerre, obama, peshawar, pachtouns, talibans, otan, nato
lundi, 20 juillet 2009
La chronique sarkoziste de Thibault Nichon, défenseur de l'ordre et de la discipline.
Je me présente : Thibault Nichon, aîné, comme nous appelle notre Président, 67 ans, retraité, ancien cadre commercial, marié à Lucette Nichon, 7 enfants et 17 petits enfants. J'aime mon pays, mon président, notre glorieuse armée, le travail bien fait, la discipline, l'ordre, la liberté d'expression quand elle est modérée et maîtrisée, le Figaro, RTL, Europe 1, TF1, France 2, la police, France 5, Patrick Poivre d'Arvor, Claire Chazal, Christine Ockrent, Élise Lucet, David Pujadas, Léon Zitrone, Jean Claude Bourret, Michel Drucker, la Marseillaise, la politesse, la cuisine française et les traditions séculaires.
Je vais vous expliquer en deux phrases les raisons de ma présence sur ce blog prestigieux. Il y deux mois, Lucette m'a offert pour mon anniversaire, un ordinateur et un abonnement Internet. Morbleu ! Si vous aviez vu ma joie : à moi le contact direct avec les meilleurs journalistes chroniqueurs, ceux du Figaro bien évidemment, à moi les commentaires éclairés sur les blogs de RTL, "les auditeurs ont la paroles" et "Jean Michel Aphatie", à moi la lecture du site de l'UMP. Bref que du bonheur en perspective !
Et puis, 15 jours après, mon enthousiasme a fondu. J'ai traîné, surfé comme on dit et la Toile m'est apparue comme un repère de gauchistes, un nid de guêpes collectivistes, une fourmilière communiste. Tenez, par exemple, j'ai cru un instant que le Village des NRV, un nom qui fleure bon la France profonde, représentait un îlot de la défense des valeurs traditionnelles ! Foutaises ! On n'y trouve que des anarcho-révolutionnaires assoiffés de sang et dispensateurs de mauvais esprit !
Aussi ai-je écrit aux responsables du blog qui m'ont permis de m'exprimer librement. Je les en remercie chaleureusement.
Mes chers compatriotes,
Le regretté Coluche disait : le Président, il nous laisse des libertés, il est pas obligé, et s'il les reprenait, et bien personne pourrait rien dire : c'est tout ce que je pense de la liberté d'expression. Vous n'arrêtez pas d'embêter Nicolas Sarkozy quoiqu'il fasse mais vous oubliez qu'il a été élu démocratiquement pour 5 ans et que normalement il est comme Vercingétorix, un chef de tribu qui a la responsabilité de tout son peuple qui doit lui obéir aveuglément et lui doit respect et obéissance.
Si on lui met des bâtons dans les roues, il ne peut pas bien mener les affaires de la France et le pays s'affaiblit et comme dit si bien Monsieur Raffarin, "la route est droite mais la pente est rude". Aussi, je vous demande de vous arrêter comme disait si bien ce brave Monsieur Balladur !
Le suffrage universel a élu notre valeureux petit caporal, Nicolas Sarkozy à la tête de l'État, avec une confortable majorité, la loyauté et le fair play voudraient que chacun ici et ailleurs reconnaisse sa défaite et cesse de creuser des trous dans la coque du bateau "FRANCE". Vous obligez Monsieur le Président Sarkozy qui a déjà tant de mal à ramer à écoper pour éviter de sombrer ! Cela ralentit nos réformes et retarde notre pays comme diraient nos grands journalistes Étienne Mougeotte, Arlette Chabot de France 2 et Christian Malard de France 5 !
Messieurs les gauchistes, soyez beaux joueurs ! Nous les aînés, les séniors, les retraités, avons élu Nicolas pour qu'il remette les Français au travail, ramène l'ordre et la discipline dans les banlieues, rétablisse les vraies valeurs de la France éternelle. La tâche est difficile mais nous y parviendrons grâce à l'aide de nos élites qui ont compris le problème et s'attachent à le résoudre !
De toute manière, pour vous, les carottes sont cuites : le PS est mort comme dit le grand philosophe, époux d'Arièle Dombasle, la pin up quinquag
énaire !
Bien sûr, certains ici, comme cet Urbain, marxiste du musée Grévin et cette vipére anarcho gauchiste de Cui cui qui exercent leurs néfastes activités dans ce lieu de stupre et de luxure s'emploient à ridiculiser notre combat mais nous feront face, le manche du drapeau bien raide entre nos mains viriles !
Voilà mon message, mes chers compatriotes, nous vaincrons car nous sommes électoralement les plus forts. Nous gagnerons en 2012, 2017 ! Qu'on se le dise !
Alors tous ensembles, avec Nicolas Sarkozy, notre guide, bâtissons le grand chantier de la France de demain où tout sera possible !
PS : Avec Lucette, nous serons ce lundi 20 juillet 2009 à 6h du matin, très émus : le fait de me lire sur l'écran et de pouvoir être compris par des milliards de gens sur la planète comme si je passais à la Télévision Mondiale me met dans une fierté extraordinaire. Tous mes amis et les membres de ma famille seront au garde à vous devant leur ordinateur et leur Minitel à me lire. Je suis très attendri d'exhiber mon père, ce héros au sourire si doux et Lucette est particulièrement émoustillée de poser en buste...
Car ventrebleu ! Il n'y a pas que des poires chez les "Nichon" !
Thibault Nichon, Français et fier de l'être !
06:00 Publié dans humour, mauvais goût, Pensées, Politique, vécu | Lien permanent | Commentaires (123) | Envoyer cette note | Tags : france profonde, retraités, séniors, nicolas sarkozy, étienne mougeotte, droite, valeurs de la france, france, patriotes
lundi, 13 juillet 2009
égare - avoue

- Misère ! ça n'arrive qu'à moi ! j'ai perdu mon vélo ! Enfin... "perdu", c'est vite dit ! Je ne la jouerais pas non plus "théorie du complot", mais il y a comme une étrange coïncidence. D'abord, disons que "je ne retrouve plus mon vélo là où je l'attache habituellement". Dans un cas comme celui-là, on a bien sûr un léger doute... qui s'accentue à force de vérification ! L'ai-je attaché ailleurs ? Où ça ? Y a-t-il encore d'autres endroits ? Mais qui a bien pu vouloir me le piquer ? Je délire, ou bien ?!!! Euh... la coïncidence ? Eh bien, c'est, comme par hasard, au moment où, de mon côté, je trouve... des Vélibs !
Oui, il y a dans Paris, des Vélibs qui traînent : souvent, en mauvais état, et parfois, ils sont encore utilisables. Alors, quand on peut, pourquoi se priver ?! La première fois, c'était mardi, il y a dix jours. Il était environ onze heures du matin. Je partais faire mes courses. A pieds. Ben oui ! Avec la chaleur, je n'avais pas pris le temps de réparer le pneu crevé de mon vélo. Sur le chemin, j'avais remarqué un Vélib' jouxtant un poteau de signalisation, qui n'y était pas attaché ! Le câble anti-vol était bien dans le verrou, mais le Vélib' n'était attaché à aucun support fixe. J'en avais déduit qu'il y avait un truc louche. Et, comme je n'avais jamais eu l'occasion d'essayer cette nouveauté, j'en ai profité. J'ai donc défait la double béquille sur laquelle il reposait, et l'ai enfourché. En plus, nouveau coup de bol, la selle était réglée à la bonne hauteur !
Sur le coup, embarquer un vélo qui avait été probablement acquis de manière douteuse, n'avait produit en moi aucun sentiment de culpabilité. Bien au contraire ! J'avais repris ma route habituelle, puis arrivé au marché, j'ai attaché l'engin, et fait mes emplettes. Comme il était relativement tôt, j'avais décidé alors d'aller traîner dans le centre de Paris. A destination, j'ai attaché à nouveau le vélo. Premières impressions : pas particulièrement maniable, ni vraiment confortable, ni rapide, et surtout assez lourd ; l'ensemble me paraîssait cependant correct pour un usage ponctuel. Et puis, gratos - je veux dire entièrement gratos -, j'aurais été gonflé de me plaindre ! Bien que les pneus l'étaient assez mal :-]
Le plus amusant dans tout ça, c'était que si, par hasard, quelqu'un d'autre le "trouvait" et se l'était approprié, je m'en serais battu les flancs ! Vraiment. Même dans le cas où j'eus prévu un itinéraire précis, un rendez-vous à ne rater sous aucun prétexte. Disons que j'adaptais mon emploi du temps, en fonction de cette éventualité. Je m'étais même habitué à m'attendre à ne plus le retrouver !
Ce qui arriva. La chance ayant été de courte durée. En effet, quelques jours après, jeudi de la semaine dernière, en sortant d'une séance de cinéma, je n'ai plus retrouvé le Vélib' où je l'avais soigneusement attaché : quelque passant un peu fouineur, sans doute. Bien que, paraît-il, tous les Vélibs sont munis d'une puce GPS... J'avais donc dû finir ma journée sans ; mais comme je devais rester dans le coin pour un autre film, c'était sans importance.
Pourtant le lendemain, avec un proche, on avait prévu de voir "Megan Fox", euh... "Transformers 2". Du coup, j'avais dû y aller avec mon propre vélo, que j'avais réparé entretemps, n'est-ce pas ?! Manque de pot : la salle avait déprogrammé le film, sans prévenir. Un peu cavalièrement, soit dit en passant. Sans que cette annonce ne nous perturbe réellement, nous décidons de nous rendre dans un autre quartier, où nous sommes sûrs que le film passera encore. Comme il était le seul au courant du "gag", je lui explique ce qui m'était arrivé la veille ; que c'était fini pour le Vélib'... "à l'oeil". Pour lui, il n'y avait plus qu'à nous y rendre à pieds, ou en métro. Mais, il y avait un nouveau gag : j'avais, quinze minutes plus tôt, repéré une fois encore un autre Vélib "abandonné" ! Je le lui ai montré. Et après avoir manifesté son vif étonnement, il l'a joyeusement... "emprunté", et nous nous sommes rendus dans le quartier convenu. Depuis, j'attache l'engin... avec une chaîne anti-vol !
Et si je généralise ces cocasses situations, je me dis qu'il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Trademark. Si on regarde bien, depuis une année, les installations urbaines se sont nettement améliorées. Je me rappelle encore des histoires à pisser de rire des premiers utilisateurs. La limite des trentre minutes d'utilisation, et la galère de trouver une borne libre. Il y avait des quartiers où, sur un périmètre de cent mètres, toutes les bornes étaient occupées. Et, à l'inverse, surtout le matin, plus de vélos disponibles. Il y a pas mal de coins "bobos", comme ça. Mais, depuis, ça me paraît assez bien réparti, même si par endroits, le surnombre étonne. Mais, là, on peut comprendre : ils ont prévu les jours de grosse affluence.
Là où je veux en venir, c'est que si on trouvait des vélos en pleine nature, disons, en grande quantité (et pour ne pas dire en totalité), car on (l'industrie) sait faire (produire), et on (la municipalité) accepte de faire (équiper) - sous conditions - eh bien, je ne serais pas le seul dans la situation du cycliste "chanceux", mais alors, tout le monde, sans exception, pourrait avoir la possibilité de rouler tranquillement sans se soucier de se faire piquer un vélo, qui n'appartiendrait en fait à personne en particulier, mais seulement à son propriétaire... "commercial", l'exploitant (-teur ?) JC Decaux, qui a bâtit sa fortune avec le mobilier urbain : les abribus, les panneaux publicitaires, les chiottes ; et quelques jolies enveloppes...
Mais non, car on aura toujours des larbins, bien dressés, pour... "remettre de l'ordre". Ainsi, dernier rebondissement en date, donc, hier, comme "par hasard", je ne retrouve plus mon mien, de vélo ! Sans établir de relation de cause à effet, je suis quand même amené à considérer ceci comme un "avertissement". Il ne peut selon moi en être autrement. D'autant plus que là où j'attache régulièrement mon bicycle, il y en a de meilleure qualité. Le mien n'était pas en évidence, et était même difficile d'accès, ne serait-ce que pour le détacher normalement ! Donc, le type - qu'on peut imaginer accompagné - a sciemment choisi le mien, qui avait aussi la particularité d'être défectueux !
Il ne faudra donc pas tarder non plus à s'attendre à ce que certains "zélus" prennent des dispositions juridiques de sanction à l'encontre de tout "usager improvisé" de Vélib', qui demeure une propriété privée. On peut même envisager, sans trop d'imagination, la création de nouveaux emplois, tels que : contrôleurs, traceurs, voire "détacheurs" de Vélibs'. Qu'ils appelleront des "Vélibérateurs" ? Et, on entend déjà les futurs mots d'ordre et slogans du type : "Rendre un Vélib' est un devoir civique", "Utiliser un Vélib' sans ticket est passible d'une peine d'amende", "Soyez chics ! remettez le Vélib' que vous avez trouvé dans une borne", "Gagnez des points Vélib', en dénonçant un usager suspect !"
Hum ! ça va pas là... je pique ma crise pour un p'tit vélo de rien du tout... quel matérialiste, je fais ! Et, je me fais sans doute des idées. Il se pourrait tout aussi bien que ce fut, mettons, le lascar du premier Vélib' "trouvé", qui me rend la politesse ; ou encore, je ne sais pas, mon karma, tout simplement. Allez, allez ! c'est juste une coïncidence : il n'y avait sûrement pas lieu de glisser sur cette pente outrageusement paranoïaque... Si ?

par Albin Didon
[remerciements particuliers à Lord, pour sa contribution involontaire :-]
06:00 Publié dans Billet d'humeur, humour, Societé, vécu | Lien permanent | Commentaires (87) | Envoyer cette note | Tags : vélib, vélo, vol, paris, civilité
mercredi, 03 juin 2009
Pirates, émigrants ou victimes ?
Il y a peu, je suis tombé sur un reportage concernant les pirates somaliens pourchassés par toutes les marines du monde. Ces flibustiers attaquent des navires civils, tankers, porte-containers ; et même des plaisanciers pour prendre en otage les équipages et demander une rançon. J’ai effectué des recherches et je suis tombé sur ce remarquable article (une traduction) expliquant les raisons supposées de cette nouvelle forme de piraterie désespérée.

Et je me suis souvenu.
Il y a longtemps ; assez pour prendre du recul, pas suffisamment pour oublier.
En garnison à Djibouti comme 2ème classe, à 25 kms de la Somalie au camp Letellier, sans cesse en prison militaire pour indiscipline caractérisée, ma tâche consistait à vider les poubelles du régiment et à convoyer un camion benne jusqu’à la décharge située à l’extérieur de la ville. Nous pataugions jusqu’aux chevilles dans des résidus poisseux et décomposés dont vous imaginez l’odeur sous les températures et l’humidité de l’air les plus extrêmes. Un des climats les plus épouvantables du monde.
Mais, amis, le pire est à venir…
Lorsque nous arrivions à la décharge, les odeurs pestilentielles et une puanteur immonde vous prenaient à la gorge, des nuées de gosses dépenaillés, faméliques , les jambes maigres, les genoux proéminents grimpaient sur le camion en riant avec des régiments de mouches agglutinées sur la peau toujours en sueur, il fallait boire plus de cinq litres d'eau saumâtre par jour pour survivre...Les gamins commençaient à trier les déchets car leurs seuls ressources alimentaires provenaient de nos restes putréfiés.
Un jour, je ne vis pas Idriss, je lui avais amené quelques boîtes de sardines que j’avais chapardées au mess des officiers. Je ne sus jamais s’il était parti chez lui en Somalie ou s’il était mort, emporté par la tuberculose qui faisait des ravages à cette époque.
Amis, je n’ai pas décrit cette situation pour excuser les exactions des pirates somaliens et omettre la douleur des familles des otages auquel je compatis, mais il est certain que devant la misère qu’on côtoie dans cette région du monde , et si par extraordinaire, vous vous trouviez devant ce choix barbare de crever de faim ou de vous livrer à des violences pour survivre, vous, votre famille et même votre communauté, ou de tenter votre chance dans un pays occidental, quitte à être traité comme un chien ou expulsé, je ne sais quelle voie vous choisiriez.
Moi je le sais.

Villageois(es), peut être vous parlerais-je un jour des rencontres qu'on peut faire dans ce désert volcanique inhumain, où les pierres et le soleil semblent vibrer de concert, endroit mythique et effrayant proche d'un des berceaux de l'humanité (Lucy, une de nos ancêtres est issue d'une région située à quelques centaine de kilomètres), mais en attendant, je vous place en lien l’UNICEF qui fait un travail formidable sur le terrain et qui mérite notre confiance. Notre générosité me paraît aller de soi dans un monde ou les valeurs du fric, du profit et de la cupidité, véhiculées par des politiques et des médias pitoyables et indignes n’en finissent pas de nous ronger la moelle.
Salut à tous, oubliez moi, pensez à Idriss qui hante mes cauchemars et à tous les êtres humains qui, scandaleusement, crèvent encore de faim à notre époque sous les regards indifférents ou intéressés de spéculateurs, financiers, dirigeants d'entreprises multinationales, sportifs millionnaires, vedettes de cinéma, stars du show bizz ou oligarques sordides, pressés d'acquérir une image gratifiante et estimable à bon compte auprès des foules subjuguées par leur pseudo bonté. Surtout lorsque l'ultime but de leur sinistre et médiocre existence, consiste à rechercher les meilleurs paradis fiscaux pour éviter de partager et de s'y réfugier comme dans une confortable coquille d'égoïsme.
Ah ! Comme l'avidité sans fin de ces individus dans la course au luxe et à la futilité, louée et vantée par des médias et des politiques dévoués et sans scrupules, devant un public demandeur et connement admiratif, nous semble si dérisoire !
Comment, ceux qui possèdent tant, pourraient ils croiser le regard de leurs semblables qui n'ont même plus la force de hurler leur misère, faute d'être nés dans une région dénuée de tout ?
Arf ! Je ne sais plus que dire...
Votez bien et à après !
La 2ème photo, particulièrement poignante, est de Kevin Carter et date de 1994.
Cui cui l’oiseau, anonyme et humble mouche du coche.
06:00 Publié dans HURLEMENTS, International, vécu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : somalie, pirates, famine, djibouti, décharge publique, enfants, faim, unicef, faim dans le monde
lundi, 23 mars 2009
Chronique d'une journée ordinaire sur un marché du 9-5 en 2009 (épisode 1)
Je surprends le geste d’un type, il vient de glisser un paquet de piles LR6 à 3 € dans sa poche…
- Monsieur, vous me devez 3 € - Le type : et pourquoi ? Pour le paquet de piles que vous avez dans la poche ?
Quoi ! Vous me traitez de voleur ? J’ai la main sur ma batte de base-ball cachée sous l'étal, l’individu comme tous les voleurs (c’est à ça qu’on les reconnaît), prend tout le monde à témoin et se montre agressif, il joue à la vierge effarouchée. L’agression est proche.
Pour une pile à 3 €…
J’ai tout à perdre : en cas de bagarre, mon stand éparpillé aux quatre coins et ma marchandise évaporéee... Je serais exclu du marché. J’abdique. L'homme fait mine de renverser l'étal mais se ravise car il a compris qu'il n'avait lui même rien à gagner. 3 € en moins. De toute façon le mec est plus jeune et plus méchant que moi. Je suis las d'être impuissant...

- Bonjour Monsieur, vous changez les piles de montres ? Oui, Monsieur
- C’est combien ? 1,50 € les piles de qualité normale et 2,30 les marques qui durent en général 2 ans minimum.
- Oh la la ! C’est cher ! Mettez moi une pile à 1 €.- Non c’est 1,50 €
.Le type ne dit rien et me tend une Rolex de contrefaçon grossière. C’était au moins la 43ème que je voyais aujourd’hui ! On trouve toutes les Rolex du monde dans les cités : des Rollex avec 2 L, des Rollexe, des Rolleyx et même des Solex ! Et je ne parle pas des Christian Dior, des Cartier et même des Quartiers . Rien que de la marque en toc !
En aparté je voulais d’ailleurs rendre hommage à notre comique Séguéla, le plus désopilant des clowns, car il a bien raison de soutenir Nicolas Sarkozy : depuis qu’il est président de la République, les habitants des cités dans les banlieues pauvres, bien avant l’âge de 50 ans, ont réussi leurs vies :
FIGUREZ VOUS QUE LA GRANDE MAJORITÉ PORTE DES ROLEX !
Je continue mon récit.
- C’est 1,50 € et pas un centime de moins, je vous préviens
mon client, un homme d’environ 70 ans, un Hâjjî au visage orné d'un fin collier de barbe blanche, fait la grimace.
Ah la la ! Comme c’est cher ! Mais pour vous, glissai je malicieux, ce n'est rien 1,50 €, vous possédez une montre de luxe, non ? Vous l’avez d’ailleurs payé combien votre Rolex ?
- 11 € à La Mecque.
- Mouais ! Vous avez fait une belle affaire ! L'homme est fier et relève le buste et jetant un œil satisfait autour de lui. L’auditoire est mi-goguenard pour les jeunes et mi-admiratif parmi les gens de sa génération.
J’adore cette ambiance bon enfant du 9-5 ou du 9-3, cette fausse naïveté , cette simplicité, cette ouverture sur les autres, le respect envers l'autre et en même temps cette rudesse et cette violence à fleur de peau.
Tendresse.
- Bon allez, je vous la fais à 1,40 € déclarai je l’air faussement dépité pour éviter que mon interlocuteur perde la face. Son regard devient triomphant, je le vois se rengorger : la négociation de prix est un sport régional, ici, et une victoire, même minime vous catalogue votre homme ! Ses petits enfants qui l’accompagnent le regardent avec admiration.
J’aime ces moments.
Amis Villageois(e), à après ; loin de l'élitisme, de la cupidité-reine, de la politique politicienne, et des formes plus tribales que démocratiques, qui ne répondent plus, depuis bien longtemps, à nos interrogations et à notre quête d'un monde un peu plus fraternel et intelligent.
Si vous désirez approfondir la réalité de la banlieue, le Bondy blog sur 20 minutes est également une excellente référence pour comprendre, voir et éviter les jugements hâtifs.
Cui cui l'oiseau, commerçant-clochard ambulant.
06:00 Publié dans humour, Societé, vécu | Lien permanent | Commentaires (83) | Envoyer cette note | Tags : ba, lieue, 93, 95, 94, cités, marché, scènes de vie, anecdote










