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mardi, 06 décembre 2011

Gaza est proche

Les 6 millions de lecteurs d' "Indignez vous", auront noté que la deuxième partie du fascicule de Stéphane Hessel, est intitulée : "Mon indignation à propos de la Palestine" (page 17 ) .

Pas plus que le reste les motifs de l'indignation de Christiane et Stéphane Hessel en rapport avec Gaza et la Palestine n'ont cessé d'être d'une brûlante actualité .

Il y a quelques jours Christiane Hessel et son mari se sont vu interdire l'accès à Gaza, ce qui ne les empèchera pas de témoigner de leurs précédents sejours en Palestine et de ce qu'ils y ont vu et fait.
Après qu'en Irak et en Lybie, la démocratie de marché ait fait la démonstration de sa véritable nature humanitaire et de sa remarquable efficace pour rétablir le lien social à coup de bombes, et avant que ne vienne le tour de la Syrie et de l'Iran . Au moment où les bruits de botte atlantistes se font entendre de nouveau au proche orient , dans le contexte de crise généralisée qui désormais ne peut plus guère être occulté, un salutaire rappel du "déjà là" ( et de longue date ) de l'injustice et de l'oppression , et du courage de ceux qui ne se découragent pas :

vendredi, 30 juillet 2010

jequittelevillagedesnrv.COM

Avertissement : aujourd'hui, pas d'actualité, rien que de la cuisine interne avec des huiles de vidange.


Amis, le bonheur absolu existe : je l'ai rencontré.

Ici.

Au Village des NRV.

Parfaitement.

atlas2.jpg

Entouré de tout une bande de copains, tous de gauche et même plus si affinités, des amis dont les convictions sociales : générosité, bonté, partage, justice, franchise, loyauté, don de soi, sens du Collectif m'ont prouvées à quel point je ne les méritais point !

Leurs combats pour la veuve et l'orphelin, pour les sans papiers, les prisonniers, les pauvres, Haîti,  les travailleurs clandestins ; leurs billets émouvants sur les misères du monde, les injustices, les méchancetés rejaillissaient, il faut bien le reconnaître sur leurs comportements avec leurs proches dont je m'enorgueillissais de faire partie ! Le monde idyllique du Village des NRV m'avait ouvert les yeux sur la vision enchanteresse de la lutte sociale et de la fraternité.

Ne riez pas.

Vous n'imaginiez pas l'enrichissement personnel que représentait un tel honneur ! Côtoyer des saintes et des saints laïcs depuis plus de deux ans et demi m'avait transfiguré à un point que vous n'imaginiez pas.

Mais.

Il était écrit que j'étais indigne de figurer au sein de ce Panthéon féérique consacré à la bienfaisance !

Hélas !

Il a bien fallu admettre que, par la faute d'un caractère ombrageux, d'un comportement un peu passionné et d'une vision sociale et politique un peu moins dogmatique que beaucoup, j'ai fini par en incommoder plus d'un !

Il a bien fallu s'y résoudre : je possède un mauvais fond.

Une mentalité détestable, peut-être due à un environnement professionnel trop agressif. Pensez, je travaille tous les jours avec des gitans et les types barbus des cités du 9-3. Comment rester serein dans de telles conditions ? Je vous le demande.

Peu à peu, j'ai senti que cet univers ouaté nimbé de rose bonbon, ce royaume de Bisounours 1er, me rejetait. Mes billets attiraient probablement la lie du Net. Je devenais suspect car trop lu. Et chez ces intellectuels, amis lecteurs, n'oubliez jamais qu'un léger succès vous rend suspect sinon coupable, en tout cas populiste ou pire, poujadiste... La description ubuesque de la  substantifique connerie de certains intellos traditionnels de gauche est à graver sur le marbre.

J'ai pris, début juillet, les commandes du blog que je partageais avec une administratrice qui partait en vacances. Après des embrouilles avec une nouvelle contributrice - fallait pas l'inviter comme dirait Zgur - ma joyeuse complice m'a bravement envoyé un mail (pourquoi pas un SMS ?) m'annonçant son abandon pour des motifs qui m'ont échappés. Arf ! Le dialogue, la solidarité, la fidélité et la franchise de certains apôtres de la générosité militante et épistolaire !  Mes amis, je ne vous raconte pas !

Bref !

Je me retrouvai seul à gérer le Village. Matériellement, il m'est impossible de gérer un Collectif tout seul.

J'ai décidé de partir avec discrétion et humilité, de remettre à l'ouvrage mon plaisir d'écrire sur un blog personnel plus confidentiel.

Je ne compte pas retrouver le succès du Village des NRV, oh non !  260.000 visiteurs du 1er août 2009 au 31 juillet 2010 - 800.000 pages lues. 36.000 commentaires depuis 2 ans et demi sera un objectif impossible à atteindre...

Avec toute la talentueuse équipe de contributeurs et de commentateurs, j'espère avoir modestement contribué à ce succès  je quitte donc ce blog avec la fierté du devoir accompli...

 

À celles et ceux qui ont apprécié, aimé et lu mes billets : merci et à bientôt ici (clic clic clic)

À celles et ceux qui m'ont encouragé, montré leur intérêt, commenté : vous avez toute mon affection.

À celles et ceux qui m'ont calomnié, jalousé, lâché, trahi, bafoué : leur consacrer un mot serait déjà leur accorder trop d'importance...

 

Enfin un petit clin d'œil à l'ami Guy sans lequel je n'aurais sûrement jamais blogué et Serval pour avoir lancé l'idée de ce Collectif finalement réussi.

Une petite pensée émue pour mon pote Falcon et toute sa famille qui viennent d'éprouver un profond chagrin.

Je remets mes clefs entre les mains de Nef, la 3ème administratrice du Village des NRV, garde un œil éveillé sur ce blog pour éviter sa pollution par des spams ou des trolls, m'occupe un certain temps de gérer les affaires courantes (twitter, mails, etc) en attendant que quelqu'un me remplace.

 

Bonne chance à ceux qui reprendront peut-être les rênes !

 

Ami lecteurs, merci infiniment pour votre fidélité et pour l'immense honneur dont vous nous avez gratifié en choisissant de nous lire.

Émotion.

Je ne saurais mieux m'exprimer...

 


Cui cui sans son Rantanplan, poor lonesome blogueur.

 

lundi, 03 mai 2010

Quelques timides observations de la part d'un pauvre bougre à l'endroit des crèmes médiatiques et politiques qui déversent des tombereaux de conneries sur les banlieues du 9-3 et du 9-5... [épisode 2]

Re-salut les poteaux !

Nous voilà donc à la deuxième partie de ce palpitant feuilleton sur ma perception des banlieues de Seine Saint Denis et du Val d'Oise que je fréquente depuis longtemps et dont naturellement tout le monde à l'air de se foutre éperdument.

Indéniablement l'orientalisation des vêtements a fait un bond spectaculaire depuis 15 ans.

Il me semble avoir observé mon premier niqab assez récemment. Disons 2 ou 3 ans maximum. Sachant que j'en remarque 3-4 ou 5 à tout casser par jour dans les endroits les plus chauds de la banlieue parisienne, j'en déduis qu'ils ne doivent pas grouiller outre mesure. D'ailleurs au sortir du premier chiffre de 343 burqas, il y a quelques mois, j'avais été un des premier à en rire en prétendant que dans ce cas, je connaissais toutes les femmes qui les portaient. À mon avis, le nombre de femmes incriminées, bien que dérisoire, est tout de même bien plus important, équivalent au nombre de visiteurs durant un week end sur ce blog pour la lecture d'un billet.

marché niqab.jpg

En général il s'agit de femmes âgées entre 25 et 30 ans à vue de niqab, la classe d'âge la plus rigoureuse dans la pratique religieuse. Ce qui me surprend par contre, c'est la modernité de leur attitude : pour la plupart, elles conduisent une voiture, contrairement aux rigoureux préceptes salafistes ou wahabites, parlent aux infidèles, ne mettent pas de gants et se maquillent assez agréablement sous leur voile, marchent au même niveau que leur mari ou sont très fréquemment seules.

Toutes ces observations tendraient à prouver que l'aspect religieux et pieux du port du niqab serait secondaire. Il se murmure parmi mes potes musulmans que la démarche essentielle de beaucoup de ces femmes et de leurs maris serait essentiellement une attitude de provocation politique contrre la société française. Ces allégations me semblent plausibles car beaucoup de celles qui m'adressent la paroles sont ouvertes, enjouées et particulièrement aimables avec le vil mécréant que je suis : ce qui constitue aux yeux d'intégristes purs et durs un péché inexpiable !

En tout cas, ce dont je suis bien certain c'est que ce nombre n'est pas bien important. Justifie t-il une Loi ? C'est à chacun de voir.

Par contre depuis quelques temps, on assiste à une recrudescence du port du hidjab : ce voile cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l'ovale du visage et de la robe sans l'étoffe pour cacher le bas du visage.

En 10 ans j'ai vu le port du foulard progresser à une allure foudroyante, même dans des familles dont la croyance était relative. J'en ai demandé la raison et j'e n'ai souvent reçu qu'une réponse vague. En fait, ce signe distinctif de piété est peut-être un réflexe conformiste communautaire religieux destiné à exhiber la respectabilité de la famille, une sorte de pression sociale non imposée mais lourdement suggérée pour faire comme les autres... Souvent, après le voyage initiatique à la Mecque que tout bon musulman se doit de faire dans son existence, le titre de "Hadji" pour l'homme et le foulard pour la femmes sont des signes d'une respectabilité affirmée. Ce pélerinage sur les lieux saints représente souvent l'aboutissement d'une vie pour des musulmans d'un certain âge et à ce moment là, leurs croyances se tranforme souvent en bigoterie.

Reste enfin une grande proportion de femmes ne portant rien sur la tête ou parfois un simple petit bandana dont une énorme majorité d'adolescentes.

La césure me semble énorme entre les mœurs des générations de plus de 40 ans et les plus jeunes complètement convertis à la mode parisienne.

En fait il faut souligner l'extrême diversité de nos banlieusards des cités. Il faut se méfier de tous les gros poncifs et généralisations serinés matins, midis et soirs sur nos médias !

Quant au phénomène de l'intégrisme dont on nous rebat les oreilles, à part une infime minorité agissante, il ne semble guère mobiliser les foules. Le problème de beaucoup d'observateurs est qu'ils concluent hâtivement que tout barbu en costume oriental est un extrémiste en puissance : je peux témoigner avec véhémence qu'il n'en est rien et que les plus dangereux sont de loin des intellectuels que j'ai croisés, brillants et redoutables doctrinaires, parfois français de souche mais presque toujours imberbes ! L'image d'Épinal du barbu féroce en djellaba, nettoyant tous les soirs sa kalachnikov et son cimeterre en perpective du grand soir de la révolution islamique  marque tellement les esprits de nos journalistes et politiques qu'elle finit par déteindre sur la population dans son ensemble. Dites vous bien que le danger, s'il existe est beaucoup plus subtil et étonnant : les personnalités et la sociologie des auteurs ayant perpétré les attentats du 11 septembre sont certainement un avertissement à prendre au sérieux.

On trouve de plus en plus de quêteurs au profit de la construction de mosquées sur les marchés depuis que les capitaux saoudiens sont contingentés pour éviter l'introduction d'imams wahabites ne parlant pas notre langue. Cette décision a terriblement retardé la construction de lieux de culte.

Clichy-La-Foresti--re.jpgCe qui pourrait poser problème par contre, ce serait que l'État se désengage de ses devoirs sociaux pour laisser la prise en charge des cas de détresse économique aux frères musulmans et aux mosquées car il faut bien se résoudre à dire que ce n'est pas  l'Islam qui pose problème dans ces banlieues ghettoïsée mais le chômage, la pauvreté et les conditions de logements de ces banlieusards  qui sont devenus le nouveau sous-prolétariat des années 2000.

Pourtant, tout est loin d'être sombre dans ces départements stigmatisés par l'espace médiatique : l'entraide est permanente, la joie de vivre de leurs habitants autrement plus évidente que la méfiance sinistre de ceux qui vivent dans les beaux quartiers ou dans des villages repliés sur eux-mêmes. Le dynamisme et la débrouillardise sont également des vertus cardinales de ces lieux.

Par contre la surpopulation, l'architecture et l'urbanisme désastreux ne favorisent certainement pas la paix civile : il est temps de raser certains ghettos invivables qui favorisent la promiscuité et l'agressivité.

En fait le gouvernement actuel qui fustige sans cesse une partie de la population, rejette celle-ci vers une communautarisation qu'il a le toupet et l'hypocrisie de condamner. Les musulmans, sans cesse stigmatisés par le gouvernement actuel, montrent un sang froid remarquable : ils refusent la rebellion, mais tout en courbant l'échine mais en réaction ils se dirigent peu à peu vers une société communautaire parallèle, identique à celle de la Grande Bretagne ou des USA, où la laïcité aura de moins en moins droit de cité.

Insensiblement, Nicolas Sarkozy "l'américain" et ses pseudos élites hexagonales, volontairement ou maladroitement, sont en train de se faire les fossoyeurs du modèle français. Les gens de droite qui le soutiennent se fourvoient gravement : ils s'apercevront bien trop tard que la politique à courte vue qu'il mène actuellement accentuera les problèmes raciaux et religieux pour les années à venir tant il favorise la segmentation de notre société par l'ostracisation systématique d'une partie de la population.

Qu'au lieu de créer ce stupide Ministère de l'identité nationale et de l'immigration, il eut mieux fait de créer celui de réconciliation nationale et des banlieues...

Bien sûr, on ne peut en si peu de lignes retranscrire les sensations multiples qu'on éprouve sur le terrain pendant un laps de temps si long. De plus les évolutions sont très lentes et rien de ce qu'on observe n'a valeur d'évidences. Tout au plus ressent-on des impressions fugitives. Tout autre, qui voudra vous imposer ses certitudes concernant la vie dans les banlieues du 9-3 et du 9-5, comme le font trop de politiques et de journalistes résidents des beaux quartiers et ignorants de la réalité sociale, vous mentira à coup sûr.

Méfiez vous de ceux qui profèrent des lieux communs, émettent des banalités et lancent des conclusions hâtives lorsqu'ils vous parlent de ces banlieues.

Souvenez vous en.

 

Amis du Village, à après et bonne balade !


Cui cui fit l'oiseau, le siffleur renifleur et persifleur.

 

 

vendredi, 30 avril 2010

Quelques timides observations de la part d'un pauvre bougre à l'endroit des crèmes médiatiques, populistes et politiques qui déversent des tombereaux de conneries sur les banlieues du 9-3 et du 9-5... [épisode 1]

Salut les aminches !

J'habite le 9-3 ou la Seine Saint Denis, si vous préférez..

Les "NRV" me connaissent.

Les nouveaux lecteurs, non. Aussi vais-je rapidement me présenter pour planter le décor.

Je fais partie de ces semi-clochards qui proposent légalement leur camelote sur les marchés populaires et miséreux situés aux cœurs des cités du 9-3 et du 9-5 et accessoirement du 77, 94 et du versant sauvage du 92 (Colombes, Nanterre, Asnières...). Chacun connait ces gueux dépenaillés qui vendent des colifichets à bas prix pour survivre et dont l'État et les Communes se moquent éperdument. D'ailleurs ne nous y trompons pas, les hommes politiques fréquentent très peu leurs marchés, si ce n'est lors des campagnes électorales, et encore !

Maghrébins, Gitans, Africains, Afghans, Pakistanais, Indiens, Gens du Voyage y prolifèrent pour ramener un peu d'argent à la maison et tenter de se débrouiller dans cette société cruelle. On peut dire sans exagérer que dans ces départements, nous sommes la lie sociale des travailleurs légaux...

marche_saint-denis_11.jpg

Bref !

J'écume donc les marchés les plus trashes, à ce qu'on dit, de la banlieue parisienne depuis plus de 15 ans. Les cités de Sarcelles, Montfermeil, Argenteuil, Saint Denis, Aubervilliers, Gennevilliers, Montreuil, le Val Fourré, Clichy, Sevran, La Courneuve, Bondy, Aulnay sous bois n'ont plus de secrets pour moi. Je parcours inlassablement ces marchés fréquentés par les catégories les plus pauvres et les plus déshéritées. On trouve dans ces halles, en plus de gens extrêmement modestes de toutes origines, des soldeurs qui proposent des denrées à la limite de la date de  péremption vendues infiniment moins chères, des légumes à la limite de fraîcheur mais aussi des épices exotiques destinées à parfumer ces cuisines du monde...

Maintenant que le tableau est posé, je souhaite revenir sur toutes les inexactitudes que j'entends, regarde, écoute et lis y compris sur des blogs, depuis bien trop longtemps à mon goût.

 

Or doncque, à travers mes longues pérégrinations à travers ces supposés champs de batailles, lieux faméliques et endroits anarchiques vérolés par les trafics, la violence et l'illégalité, banlieues décrites avec tant d'exagération par les médias traditionnels qu'on comprend immédiatement que pas un de leurs plumitifs ou reporters flanqués de quelques gardes du corps payés au prix fort n'y a mis les pieds plus de quelques heures, il est utile de rectifier quelques énormes âneries véhiculées et autres lieux communs repris en cœur.

Une certaine Presse manipulatrice et manipulés par les politiques qui lancent leurs informations comme on lance des os à sa meute de caniches nains faméliques et dont elle repaît avec une délectation morbide, finit par contaminer la société toute entière et la rendre réceptive à l'intolérance et l'agressivité. La manœuvre politique est grossière mais hélas toujours efficace !

Quelle pitié de voir certains médias se précipiter sur ce ridicule et peu représentatif fait divers, médiocre histoire de niqab et ce grotesque "fondamentaliste", polygame bidon, fier comme Artaban,  étalé, hilare, à la Une de l'actualité française et considéré comme l'archétype barbichu de l'intégrisme musulman hexagonal et représentant du Mal ! Autant vous dire que si la démocratie française n'avait que de pareils ennemis, elle pourrait dormir sur ses deux oreilles !

Beaucoup d'organes de Presse deviennent des instruments du pouvoir, tout juste bons à recopier les ramdams dictés par le gouvernement pour vendre et flirter avec les thèses du Front. La déroute qu'ils subissent depuis plusieurs années est plus que méritée : quel citoyen peut faire confiance à une actualité "sensationnaliste" si peu pertinente ?

Lorsqu'on s'aperçoit que le tempo des références sur l'Islam et les banlieues est dicté par un type, omniprésent dans les médias officiels, Éric Zemmour dont la seule expérience -ne riez pas- est d'avoir vécu dans sa jeunesse à Montreuil sous Bois (93100) durant les années 1960-70, comment ne pas sourire ? Ce titre de gloire qu'il trimballe avec ostentation en traînant bruyamment sa quincaillerie de médailles de banlieusard comme un vieux maréchal de Staline exhibait ses centaines de décorations  tintinnabulantes en bronze me fait taper le cul par terre d'exultation. Dommage que le ridicule ne tue pas, sinon, notre Zemmour national serait déjà placé à la droite (forcément) de Saint Pierre !

Le pire étant que des citoyens sincères le prennent au sérieux, alors qu'en ce qui concerne les banlieues dites difficiles, le sieur parle visiblement d'un monde inconnu qu'il analyse à l'aide de lieux communs péchés dans les bistrots ou qu'il fréquente vraisemblablement par l'intermédiaire de ouï-dires ou encore à travers des évènements relatés par la presse ! Peut-être, est ce moi qui embellit cet univers qui est certes loin d'être le monde enchanteur d'Alice au Pays des merveilles mais qui ne ressemble pas non plus à celui de Mad Max ou aux faubourgs de Kaboul ?

Mais il y a des gens qui ont intérêt à provoquer des affrontements pour gagner les prochaines présidentielles. On sent bien que la campagne est lancée pour mettre de l'huile sur le feu et attiser les tensions entre les communautés, quitte à jouer avec la paix civile... Il y a vraiment de quoi être inquiet.

Car chacun sait bien qu'aux fins fonds de nos campagnes tricolores, coins perdus s'il en est, à travers les infos à la fois terrorisantes et niaises de Jean-Pierre Pernaut sur TF1, on meurt de trouille d'être égorgé par un barbu en djellaba. Je connais des villages du nord au sud de la France jamais fréquentés par des musulmans dont les habitants tremblent de peur, rien qu'à l'évocation d'un mouvement dans les cités du 9-3 ! Une certaine  France vieillie et rancie se recroqueville comme une momie desséchée, se méfie de tout, se tétanise et se mobilise tragiquement autour des Le Pen ou des Sarkozy, habiles joueurs de flûtiau, seuls susceptibles à leurs yeux de la sauver d'un coup de baguette magique, du naufrage fantasmé de la France profonde comme "dans le bon vieux temps"...

Dans mon second épisode, je vous parlerai de l'évolution que j'ai pu entrevoir depuis quinze ans vis à vis des phénomènes du niqab et autres hidjabs, des foulards, de l'évolution de quelques intégristes que j'ai connus et la surestimation bien trop excessive et dangereuse de leurs pouvoirs sur la communauté islamique, de la venue en nombre de Pakistanais, de la tolérance entre toutes les origines dans les lieux ouverts, de l'agressivité d'une extrême minorité, de la peur de la police, du nombre de sans papiers, de l'architecture pourrie de certains quartiers transformés en ghettos (Le Luth, Aulnay 3000, Le Chêne pointu à Clichy sous Bois, Les Bosquets à Montfermeil), de la surpopulation, du fatalisme résigné des musulmans face aux stigmatisations politiques incessantes à l'égard de leur religion, de la stupide et volontaire identification entre les mouvements extrémistes et des croyants de plus en plus méfiants, de l'absence de conscience politique et du dégoût pour les partis politiques institutionnels, des quêteurs de mosquées qui prolifèrent en se chamaillant et  enfin de l'extrême diversité de la société musulmane et de l'intégration beaucoup plus profonde qu'on veut bien nous la décrire de la très grande majorité de la jeunesse de ces quartiers.

Je ne suis pas journaliste car j'assume ma subjectivité, je ne suis qu'un spectateur curieux, placé par hasard dans un creuset sensible de la société française. Au bas de l'échelle sociale, je ne détiens aucune vérité et ne me prends pas au sérieux, ne recherche ni désir de notoriété ni ne cours après une ambition personnelle (d'où mon anonymat rigolard) , sinon celle d'observer et de dépeindre mon humble milieu de travail, de m'amuser à rédiger de médiocres textes destinés à être lus ou bien de franchement déconner...

Amis du Village, merci de m'avoir suivi jusqu'au bout. Je vous donne rendez-vous pour un 2ème épisode plus vivant.

Et pour terminer, ce week end, allez donc rendre une petite visite de proximité à l'ami Zgur et à notre petit meuble du coin pour vous refaire une santé...


Cui cui fit l'oiseau, de la France d'en dessous....

 

mercredi, 05 août 2009

De la perversité de l'examen du code de la route.

Voici quelques exemples de questions auxquelles un candidat doit se confronter à l’examen du Code. Ce qui est très difficile à accepter, c’est qu’on exige du candidat un système de raisonnement très différent de l’acquisition classique du savoir. Influence du libéralisme anglo-saxon? Influence du langage informatique ? Nous serions plus à l’aise avec un questionnaire du genre "Que signifie ce panneau? Quel véhicule a la priorité ? Ai-je le droit de stationner ? " etc. Questions simples, questions claires. On sait ou on ne sait pas.

Ce n’est plus ça. La nouvelle pédagogie (pas seulement pour le code de la route) se veut ludique : il ne s’agit plus d’évaluer mon savoir, il faut que je gagne (et si c’est un concours, je dois être le premier). Les connaissances s’acquièrent comme dans un jeu de piste, avec des pièges, des questions aux formulations alambiquées où l’essentiel se glisse au milieu d’éléments secondaires. Tout est fait pour tromper le candidat avec le côté pervers " on t’a bien eu ! ". L’apprentissage consiste donc non seulement à acquérir des connaissances, mais à s’habituer au mode de questionnement.

Le premier travers de l’examen du Code consiste à mettre au même niveau des questions importantes (" Ai-je le droit de franchir la ligne continue ? A quelle vitesse doit-on rouler en agglomération ?") avec des questions d’intérêt secondaire (" L’essuie-glace arrière est-il obligatoire pour les véhicules de tourisme ? Combien de points va-t-on me retirer sur mon permis si je téléphone en conduisant ?"). Le candidat est pénalisé de la même manière s’il répond faux à l’une ou l’autre de ces questions.

Outre la formulation discutable des questions, il y a souvent le manque de clarté de l’image : on ne peut pas toujours juger sur une photo 2D si l’on a assez de distance pour dépasser un véhicule. Ou si on circule sur une route à sens unique ou à double sens. Ou si le véhicule en face de nous est arrêté ou pas, etc.

Enfin, les questions posées proposent souvent un choix entre plusieurs réponses, ce qui a tendance à mettre le doute même si on connaît la réponse. De plus, cela implique un temps de réflexion qui serait catastrophique si on devait le prendre en conduisant !

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Bien souvent, ce genre de questions est posé, concernant des piétons ou des cyclistes. A chaque fois, obligation est faite de les laisser passer, même s’ils ne sont pas sur des passages protégés. Sans quoi, forte amende et retrait de points. Mais ici, " le piéton ne devrait pas être là où il est " (sic) ! C’est moi qui ai la priorité. Je ralentis quand même, mais pas trop pour que le piéton ne croit pas que je le laisse passer ! Réponse A.

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Voilà le genre de question très stressante lorsqu’on n’a que dix secondes pour réfléchir ! Le commentaire est sadique : " de toute façon, l’horaire est indiqué sur le ticket ! " Réponse C.

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Attention, piège! On sort bien d’une zone où le stationnement était limité à 30 km/h ; par contre le stationnement n’était pas interdit, mais réglementé ! (bien regarder le minuscule horodateur sur le panneau) Réponses A et D.

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Autre piège des plus agaçants : sur les routes sans chaussée séparée, le conducteur novice peut rouler à 80 km/h. Donc on répond B. Erreur! Si je peux rouler à 80 km/h, je peux a fortiori rouler à 70 km/h! Réponses A et B. (si je ne clique que sur B, la réponse est considérée comme fausse…)

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Au lieu de demander ce que signifient ces panneaux, on affirme des contre-vérités pour tromper le candidat… Réponses : B et D.

Ces exemples ne sont pas exhaustifs, mais assez caractéristiques. Je reconnais qu’après plusieurs heures d’entraînement, on finit par s’habituer au style des questions… comme on s’habitue à Internet, comme on s’habitue aux émissions de variété, comme on s’habitue aux discours de nos dirigeants… petit à petit, ce genre de pédagogie forge des cerveaux propres à accepter une nouvelle forme de société (mondialisation, libéralisme, goût de la compétition, etc) tout ça dans un cadre ludique et joyeux…

Est-ce qu’on a le choix ?

Henry Gold

 
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