mercredi, 10 juin 2009
Agatheouaiouais

La tentation est grande d'essayer de comprendre les motivations du vote UMP concernant des personnes hors statistiques 3ème âge (le gros de l'électorat).
J'ai discuté abondamment avec une famille de trois enfants vivant en HLM, le père a reconnu toucher le même salaire depuis 2001, faire plus d'heures non rémunérées car forfaitaires grâce à un malicieux contrat de travail (malgré un changement d'emploi) avec un niveau de vie plus bas lié aux augmentations : de loyer, d'électricité, de gaz, de carburant, de nourriture, des assurances, des frais de scolarité, de la part des frais médicaux à charge etc...Et, il conclut en m'expliquant qu'il vient d'être licencié.
- Alors, pourquoi ce vote ?
Parce que la gauche distribue l'argent de l'État, donne des logements et des aides (allocations, CMU etc) à ces familles africaines dont les enfants jouent bruyamment jusqu'à des heures indues et salissent la cour. (Dixit, notre gentille famille, bref résumé des doléances).
Un autre homme, Commercial, lui est persuadé que « travailler plus lui fera gagner plus », il cite fièrement. Une évidence, la part variable de son salaire dépend des contrats signés et d'ailleurs, certains chanceux travaillent très peu mais sur des gros chiffres (pas osé lui dire). Devrais-je lui faire remarquer que pour ce métier, c'était le cas bien avant cette phrase ? M. Sarkozy n'a pas inventé ce job vieux comme le monde.
D'un côté, une attente proche de l'idéologie front national, la France aux français avec la certitude d'être lésé par les étrangers. Le vote décomplexé pour des milliers de français fiers de se laisser aller sans pour autant être taxé d'électeurs d'un parti raciste. Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale est en cela un trait de génie. Une absorption honorable.
De l'autre, la valeur travail. L'ouvrier smicard a beau avoir des horaires contraignants sans la contrepartie d'une variable est-il moins méritant ? Que pourrait-il faire après 8 à 9 heures passées sur un chantier pour améliorer son quotidien ? Après avoir creusé à la pelle, utilisé un marteau-piqueur, charrié des poutres métalliques, quelle énergie pourrait-il trouver pour sanctifier le « travailler plus pour gagner plus » ?
Travailler plus alors que le chômage atteint des records.
Travailler plus alors que les entreprises ferment leurs portes (à tour de bras).
La pensée de l'Umpiste s'arrête au pas de sa porte.
Lui, il est parfait, c'est l'autre qui ne fait rien pour s'en sortir.

Agathe
Merci à Cui cui pour son SuperDucon et à Odm pour son blog "plans sociaux" (en lien)
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (98) | Envoyer cette note | Tags : chômeur, travailleur, ump, vote
lundi, 18 mai 2009
Les tartuffes de l’Europe ou Docteur Jekyll à Paris ; Mister Hyde à Strasbourg.
Rien qu’à l’idée d’assister sur les chaînes de télévision au triomphalisme ostentatoire des membres de l’UMP (Copé, Bachelot, Bertrand, Dati et consorts) et autres ralliés félons et carriéristes méprisables issus de "la gauche marécageuse", rien qu'à l'idée de supporter le discours satisfait d’un Président qui ne manquera pas de déclarer que par leur vote massif les électeurs ont avalisé sa merveilleuse politique et ses superbes réformes, je me suis dit que NON, décidément NON, nous ne pouvions laisser se dérouler sans réagir la joyeuse farandole de la fête de l’UMP du 7 juin 2009 au soir !
Bien entendu, certains beaux esprits, qui hantent ces lieux vous répliqueront que je n’ai qu’à m'abstenir et éteindre mon téléviseur . Certes, mais la posture de l'autruche n’empêchera ni ces démonstrations d’arrogance, ni à terme, l'arrivée au pouvoir de mouvements autoritaires dont nos philosophes plus habitués à manier leurs stylos et leurs concepts ésotériques que la force se retrouveront la tête dans le sable et nous dans la merde, contraints de réparer leurs conneries !
Ne nous voilons pas la face : lorsque notre température monte à 40 °, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait baisser sa fièvre. Dans le même état d'esprit, les banques ne se sauveront jamais en trafiquant leurs bilans, comme elles le font actuellement, les sondages de l’institut Opinion Way à la piètre réputation ne convaincront pas davantage les électeurs (sinon ceux déjà conquis) des tendances du scrutin !
Il me semble opportun qu’un signal d'alarme provenant des citoyens impose une mise en garde à nos élites et surtout change les donnes au sein même du Parlement européen.Le bataillon toujours présent d’électeurs âgés, votant systématiquement pour son petit Chef, viscéralement et irrémédiablement attaché à tout ce qu’il entreprend quoiqu’il fasse, lui fournit un confortable rembourrage de 27 % (vous me que direz 27 % sur 50 % de participation, ça ne représente que 13,5 % du corps électoral). Ce matelas sera d’autant plus surestimé que la participation sera faible. Et cela, le gouvernement l’a bien compris, l’absence de forcing de sa part en étant la preuve patente.
Allons nous encore nous faire dicter nos choix par un électorat majoritairement peuplé de retraités qui vénèrent la pratique du pouvoir personnel d'un l'homme providentiel ? Par des tenants de l’ultra libéralisme qui n’ont jamais renoncé à leur chimère ? Par des transfuges venant du Front national ? Par les partisans des restrictions des Libertés au profit de l’Ordre a tout prix ?
Et nous autres, opposants, pour qui voter ? Pour un Parti Socialiste qui a voté 97 % des lois libérales de Strasbourg avec l’UMP, et qui, de défenseur du socialisme à Paris, devient blairiste et franchement libéral à Strasbourg ?
Pour un MODEM qui a mélangé ses suffrages jusqu’en 2007 avec le groupe libéral européen (ADLE) dont il faisait partie, et qui, pour des raisons électoralistes de positionnement de Bayrou vote désormais avec les Verts mais garde une doctrine droitière digne de l’UDF de Giscard avec des cadres aussi chargés de casseroles, tel Jean Peyrelevade ?
Quelle différence y a t-il entre les trois formations-godillots partisanes du "oui anti-démocratique au TCE", du libéralisme économique échevelé, des réglementations démentes qui favorise les grands groupes, de l'absence de lois sociales européennes et de la privatisation à tout crin ? Aucune, si ce n'est le nom des partis !Ne voter pour aucun de ces 3 grands mouvements paraît la seule démarche qui puisse faire trembler nos oligarques français ou européens et saper les fondements d’une Société élitiste que la crise n’a jamais fait chanceler, contrairement aux assertions de la presse et de la propagande officielle.
Le piège de la soi-disant déliquescence radicale du capitalisme financier international et son extrême dramatisation médiatique, chausse-trappe dans laquelle la plupart des philosophes et économistes de tous horizons se sont engouffrés comme des perdreaux de l’année, prenant souvent leurs désirs pour la réalité, n’est peut-être qu’une illusion car il n'est pas impossible que le dogme de l’ultra libéralisme se remette rapidement de cette crise, avec les aides considérables des États et grâce à la purge gigantesque pratiquée sur les emplois et les salaires sous prétexte de récession ! Je suis même prêt à parier que si ce système s'en sort sans trop de dommages, ses thuriféraires, forts de leur impunité n'en finiront plus de bousculer l'intérêt général et de perpétrer leurs excès avec encore plus d'outrecuidance. La vigilance s'impose...
Amis lecteurs, que diriez vous de déguster 3 marques différentes de soupes dont la texture, la composition, les ingrédients, la provenance sont presque identiques et dont la saveur est médiocre ? Que vous soyez de droite ou de gauche, tentez donc une petite incursion dans une petite gargote de votre choix où le potage n'est pas issu d'une émanation industrielle !
POUR CES RAISONS, IL EST SOUHAITABLE DE VOTER, ET DE PRÉFÉRENCE, ÉVITEZ LES MARCHANDS DE SOUPE LYOPHILISÉE !
En tout cas, aller à la pêche constituerait un péché majeur, mais après tout, chacun voit midi à sa porte...
À après !
Merci à mes sources,Olivier Bonnet, Guy Birenbaum et Médiapart.
Cui cui, l’oiseau fou à force de chanter dans le vide.
06:00 Publié dans Banque d'images, Billet d'humeur, Economie, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (73) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes, ump, ps, modem, ultra-libéralisme, électorat, voter
lundi, 15 décembre 2008
L’Umoristique Mouvement "dit" Populaire du commandeur suprême Mobutu Sese Sarkozy…
Ah... Chers villageois ! Qu’est ce qu’on a pu se moquer des socialistes français ! Et bien j’espère vous faire ricaner en vous narrant les exploits de l'UMP ce coup ci !
Souvenez vous des péripéties du congrès du PS !...
Avec sa démocratie exacerbée, ses tripatouillages douteux, ses luttes intestines, ses crêpages de chignons dantesques , ses combats internes, ses votes vicieux, ses fédérations fourbes…
Mais on sentait au moins vivre une certaine démocratie même si elle était si difficile à gérer lorsque les camps sont de forces sensiblement égales...
Et bien, Mesdames et Messieurs, permettez moi de vous présenter un parti où la démocratie est complètement absente et où les 200.000 adhérents (400.000 il y a un an, mouarf !), sortes de fantomatiques bouffons amorphes et vieillissants en pâte de courants d'air, se font imposer un Chef, Xavier Bertrand, dont ils auront juste à entériner sur leur machine à voter dotée d'un unique bouton, la décision du Sauveur Suprême de la France, de l’Europe et du Monde, l’illustrissime Mobutu Sese Sarkozy, premier du nom !
Nous autres Français pouvons être fiers d’être dirigés par un Parti majoritaire unique dont le patron est nommé à l’unanimité par le Chef Suprême, Nous la Patrie des droits de l’homme, Nous qui donnons des leçons de démocratie à la Terre entière ! Quelle beau spectacle l’UMP donne là, en spectacle, à la France et à l’Europe ! Quel exemple et quel beau parti croupion nous offre la droite (si peu) républicaine ! Omar Bongo inspirateur divin du PDG (Parti démocratique Gabonais) pourra désormais discuter d'égal à égal avec son frère "démocrate" Mobutu Sese Sarkozy, propriétaire de l’UMP ! Pourquoi ne pas envisager un petit jumelage ?
Les directeurs des entreprises audiovisuelles, les chefs des armées, tous les responsables administratifs, tout ce que notre pays compte de dirigeants importants jusqu'aux chefs de bureaux, dans la presse, l’économie, le leader du parti majoritaire et ses responsables, son fils, Mobutu Sese Jean Sarkozy II, promis à la direction du département le plus riche et probablement le plus magouilleur de France , les Hauts de Seine, bref ; tous sont passés par les fourches caudines de l'empereur de nos consciences et manipulateur souverain !
Allez donc dire à nos alliés européens et aux USA que nous défendons les mêmes valeurs ! Allez déclarer aux Chinois, aux Russes et aux Pakistanais et autres états très autoritaires que nous défendons une certaine idée de la démocratie !
Vous déclencherez une salve de ricanements !
Quand on pense qu'avec son guide suprême omniscient, ses ministres terrorisés de plus en plus courbés et veules, des parlementaures pas même godillots : de vulgaires savates en jute rapiécées qu'on enfile et qu'on jette sans regret, l'UMP gavée, peuplée par de vieux zombies transparents incapables d'indépendance d'esprit, dirige notre pays depuis des lustres !
L'UMP, parti "poupée" gonflable, boursoufflée, sex toy personnel de notre guide suprême avec sa représentation parlementaire croupion qu’on pénètre sans vaseline, avec ses cadres et lieutenants veules et couards qui ne visent que leurs réussites personnelles et leurs réélections lucratives, avec ses petits barons , politicards professionnels qui cumulent salaires emplois et honneurs, n'a t-il pas depuis l'avènement du Mobutu-Sarkozysme perdu toute son âme ?
Les vrais et les vieux gaullistes savent bien que oui et comprennent qu'il est temps de réagir !
Vers quoi ce parti qui, trop habitué aux fastes du pouvoir depuis trop longtemps, nous mène t-il ?
Tout droit vers une situation grecque ? Vers un désastre social probable en 2009 ? Ou vers une branlée monumentale lors des élections européennes de 2009 ?
Militants de l’UMP, ressaisissez vous, que diable ! Faites preuve d’un peu de dignité tout de même ! Rebiffez vous, rechignez de temps à autres, cessez de vous comporter comme un troupeau de brebis bêlantes managées par un loup ! Xavier Bertrand élu à l’unanimité par le Président de la république, cette situation ne vous heurte t-elle pas ?
Chers Umpistes si vous acceptez un tel état de fait, je pense que vous êtes mûrs pour une dictature d’opérette ou une république que je qualifierais de fromagère pour donner un côté européen à un régime (sic) politique si dramatiquement centré sur un seul et unique individu !
Sachez d'ailleurs que je vous dédie ce drapeau ! Il est libre de droits... N'hésitez ni à en user, ni à en abuser mais si vous préférez placer un camembert à la place des bananes, libre à vous !...
Amis de Cui cui, je pars vite, loin, rejoindre le peuple caprin isolé sur son rocher, peut être reviendrais je de temps en temps, en satyre, histoire que vous ne souffriez pas d'une indigestion de marxisme.
À bientôt.
Cui cui, l'oiseau sauvage qui ne se prend jamais pour un enfant du bon Dieu...
06:00 Publié dans Billet d'humeur, humour, Politique, République | Lien permanent | Commentaires (85) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, jean sarkozy, xavier bertrand, ump, parlement croupion, humour, république bananière
lundi, 28 juillet 2008
Là ou Là

Les caravanes d'Etés Ump, les tongs Ump, les ballons Ump.
L'objectif est de convaincre les Français. Convaincre ?
Pas d'autres commentaires, l'article en dit assez long sur la propagande à l'oeuvre dans ce pays.
Bravo aux militants venus contrer les distributions de tongs, ils sont là.
Bravo aux activistes pour leur courage face aux envolées de ballons, ils sont là.
A côté des oubliés des logements rue de la Banque, personne ...
Devant le centre de rétention de Vincennes, pas eux.
A l'Assemblée pour voter la loi de la réforme de la constitution, ils sont là.
Pour laisser passer les lois sur les modifications régressives du code du travail, ils sont là.
Et caetera ...

07:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (108) | Envoyer cette note | Tags : ump, la plage, tongs, la gauche gauche
jeudi, 27 mars 2008
À Perpignan, c’est chaud, c’est sette, c’est chaussette…
Le dimanche 16 mars, j’étais dans un bureau de vote, à Perpignan, à attendre les résultats de l’une des candidates en lice pour les cantonales. J’entendais en fond sonore s’égrainer les noms d’Alduy (UMP) ou d’Amiel-Donat (PS) depuis le bureau voisin.
« Ma » candidate a soufflé le canton au gazier IOUÈMPI.
Les Municipales, quant à elles, ont basculé, dans un drôle de coup de théâtre…
Le dimanche 16 mars, j’étais bien loin d’imaginer la folle semaine qui allait s’ensuivre, après que fut mis en garde à vue Georges Garcia, dit « l’homme aux chaussettes sales ».
Manifestations, tous les soirs, à 18H00, devant la Mairie, puis la Préfecture (le Préfet ayant validé cette élection municipale – en représentant de l’État, que pouvait-il bien faire d’autre ?), conférence de presse, recherches nuit et jour sur la base des listes d’émargements, témoins du flagrant délit dans le bureau 4 (sur 66) à écouter, les membres de la liste dite d’opposition ont eu fort à faire pendant ces derniers jours. Le recours en invalidation de cette élection a été déposé vendredi 21 mars en fin de journée.
Les médias locaux et nationaux n’ont eu de cesse de relayer les événements et/ou de venir sur place à la recherche de quelqu’un qui serait assez courageux pour dire ce qui n’avait pas encore été dit.
Le plus étrange dans cette histoire, c’est le fait que personne n’ait remis en doute que la tricherie avait eu lieu en « faveur » d’Alduy. Comme une évidence. Même lui n’a pas remis en cause cette affirmation. Comme une évidence. Aujourd’hui, il a quitté la ville pour quelques jours, en vacances dit-on… Soit. Grand bien lui fasse.
Après avoir défrayé la chronique en 2005, au mois de mai précisément, avec les émeutes qui avaient secoué la cité, la ville de Perpignan a désormais pour symbole une chaussette. D’ordinaire, ça tient chaud une chaussette, ça peut même être jolie… Hélas, celle-ci dégage une odeur nauséabonde, une odeur qui laisse apparaître en transparence les dysfonctionnements de notre Démocratie, les manœuvres – plus ou moins réglementaires - de ceux que l’on appelle les élus afin de conserver cette chose qui tue tout : le POUVOIR (the POWER en angliche).
Je ne fustige pas ici seulement les représentants de l’UMP, ce serait trop simple… Je crains que ces dysfonctionnements n’existent à bâbord comme à tribord. Tout le monde le sait et, pourtant, nous continuons toutes et tous… Oui, nous continuons notre route, malgré nos cris, nos paroles, nos écrits qui disent combien nous condamnons le mensonge, la magouille, les faux-semblants…
J’espère juste que le bruit que nous faisons, chacun dans son coin ou ensemble, fera suffisamment trembler les murs de la citadelle pour que les fissures s’élargissent et qu’un jour, la lumière puisse s’y frayer un chemin et ragaillardir la mine de la République, bien pâlote depuis de trop nombreuses années…

Laflote
Merci à Dydem pour son illustration originale. Clic sur Dydem pour découvrir son blog et Mr Mr. clic aussi sur Mr Chaussette.
09:35 Publié dans Médias, Municipales, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (68) | Envoyer cette note | Tags : municipales, Perpignan, Alduy, Amiel-Donat, UMP, PS, élections
lundi, 17 mars 2008
Le paysage politique après les municipales et cantonales
Au lendemain des élections « locales », l’incertitude semble avoir en partie changé de camp. Une droite fragilisée, une gauche ragaillardie qui fait mieux que combler le retard pris sur la droite en 2001. Un Modem mis au pied du mur de ses contradictions internes. A ne pas vouloir choisir entre la droite et la gauche, il a donné une image de lui d’un détestable opportunisme le conduisant à des alliances au cas par cas. Un parti patchwork dont on voit mal quelle ligne cohérente pourra se dégager de cet amalgame de sensibilités différentes, sauf à ce que les clivages partisans disparaissent du paysage politique français au profit d’embrassades sans fin entre les tenants de diverses familles politiques allant ensemble aux élections, gouvernant ensemble par la suite. Un rêve pour certains, un cauchemar pour d’autres. Un peu à l’instar de la bizarrerie que pourrait recéler le mot d’ordre : «patrons, salariés tous unis pour un même combat».Au-delà des jeux partisans, cette poussée de la gauche permettant un rééquilibrage entre deux majorités légitimes, l’une à l’échelle centrale, l’autre à l’échelle des collectivités territoriales, mais toutes deux nationales, est une vraie chance pour une réforme concrète de nos institutions. Une réforme qui ne soit pas issue de la volonté d’un seul et concoctée par un comité d’experts, mais une réforme qui soit la conséquence directe de la volonté du corps électoral. Une volonté dont on peut trouver l’expression peut-être contradictoire, mais néanmoins dont nul ne peut contester la souveraineté.
Cette chance n’est autre que la possibilité pour la majorité de gauche dans les territoires de faire entendre le pouvoir des institutions locales de mener une politique qui soit conforme aux engagements pris par ses candidats, sur la base d’une plateforme commune, et qui a reçu l’aval des citoyens. Une politique qui certes, n’a pas pour objet de mettre systématiquement en échec le pouvoir central, mais qui néanmoins, entend ne pas effacer ses propres priorités, choisies par les électeurs, derrière les réformes voulues par le pouvoir central et l’Assemblée Nationale, dépourvue d’autonomie par rapport à celui-ci. En somme, les collectivités territoriales sont en mesure de jouer le rôle auquel le Parlement a renoncé depuis bien longtemps.
Mais, spécificité des institutions locales, ce rôle ne peut être pleinement vécu que si une authentique démocratie locale est mise en place, qui associera plus étroitement les citoyens au processus de concertation et de décision sur les affaires les concernant. On le voit, cette contrainte structurelle indispensable au renouvellement du jeu politique local, inscrivant des décisions locales dans une logique plus large, ouverte sur les enjeux nationaux qui sont déclinés à l’échelle locale (logement, emploi, environnement, santé…) et sur les opinions, les suggestions, les évaluations des citoyens, est une opportunité de redynamiser la vie politique dans son ensemble et le rapport des citoyens à la politique.

C’est le défi qui se pose à la gauche de contribuer à faire naître une démocratie de concertation la plus ouverte possible aux intérêts variés qui peuvent se manifester sur des sujets d’intérêt général, y compris sur la forme que les mesures prises au niveau du pouvoir central doivent prendre pour s’adapter aux contraintes mais aussi aux exigences locales. Tant il est vrai qu’une loi a besoin d’être interprétée pour être appliquée. Et que cette interprétation n’est pas seulement technique, mais aussi bien politique. Il s’agit de faire des choix, de prendre en compte les contingences, les spécificités du terrain. Le tout ayant forcément des incidences locales mais également nationales.
C’est une piste pour rapprocher la politique de ceux pour qui et au nom de qui elle est faite. Afin que les intéressés puissent être acteurs et non pas seulement observateurs passifs des choix de quelques-uns. A cet égard, l’inquiétant cavalier seul d’un Président de la république décidant de tout à la place de tout le monde, sans aucun contre-pouvoir et asphyxiant la vie politique nationale par sa seule dynamique a montré le risque réel que pouvait représenter le pouvoir central sur la vie politique nationale. Le résultat de ces élections a permis d’entamer une nouvelle page visant à corriger ces excès.Souhaitons que les personnes investies d’une autorité publique par leurs concitoyens sauront être à la hauteur de cette nouvelle donne qui se profile pour le pays.
Off
11:50 Publié dans Municipales, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (90) | Envoyer cette note | Tags : municipales, ps, modem, ump, sarkozy, citoyens, particpation
lundi, 10 mars 2008
Les municipales... Et après ?
La première d’entre elles étant l’équivoque qui depuis les présidentielles entoure le PS comme un nuage toxique attaquant ses lignes et désorientant ses troupes, laissant l’électeur déconcerté. Un nuage qualifié d’« ouverture » par ses partisans et de débauchage éhonté par ses détracteurs. L’ouverture est malsaine lorsqu’elle consiste à débaucher des gens du camp d’en face pour les faire travailler à la gloire du camp (provisoirement) victorieux. C’est un très mauvais coup porté à la cohésion des rangs, elle-même associée à une ligne politique claire et susceptible de recueillir l’assentiment du citoyen lambda mué en petit soldat des urnes.
Depuis les présidentielles, les sympathisants de gauche ont vécu cette vente à la découpe du noyau incompressible de l’identité de gauche, accomplie tant par les transfuges, que par la droite, que, et c’est le plus désolant, par les caciques du PS. Ces derniers s’entre-déchirant dans un concours de beauté où le plus libéral semblait devoir décrocher la timbale de la « modernisation » (autre mot piège) du PS et, pourquoi pas, de la gauche bien pensante. Une «rupture» qui se traduirait par un rapprochement des lignes du PS et de l’Ump sur un certain nombre de thèmes (sécurité ; valeur travail…). Perspective qui est, semble-t-il, plébiscitée par une partie de l’électorat, déboussolé de cette formation éclatée et dont la référence plus ou moins revendiquée à un libéralisme musclé tient lieu de ligne de rassemblement à ses dirigeants par ailleurs très hostiles les uns aux autres.
N’a-t-on pas été jusqu’à entendre la Maldonne des sondages réclamer une alliance nationale PS-Modem pour le second tour ? Ce qui augure d’une réforme du parti qui tire à droite. Pour tout ceci, les résultats de ce premier tour n’incitent pas à éprouver une joie sans nuage.
Et cependant, on doit tout de même admettre l’intérêt de cette remontée en puissance de la gauche, avec à côté d’elle l’arrivée encore timide d’une nouvelle force à sa gauche, quant à la symbolique de la reconquête possible qu’elle induit chez les citoyens de cette famille politique.
On peut sans doute y voir l’effet inverse de la lamentable période de basses eaux que les élections présidentielles et législatives ont pu provoquer au sein de cet électorat. A entendre les leaders du PS hier, on ne pouvait manquer d’être agréablement surpris par la reprise dans leurs propos de l’ensemble des thèmes d’actualité politique et sociale qui sont au cœur des préoccupations desFrançais, et surtout des plus modestes, et qui sont le fond de commerce un temps oublié par ses élus de la gauche dans sa globalité. C’était un peu comme si les responsables de la gauche institutionnelleavaient ouvert le journal avant-hier, pour la première fois de longs mois voire années, afin de prendre connaissance de la situation que vivaient leurs concitoyens. Et là, miracle. Ce parti sans idées trouvait devant lui un cadre tout prêt à l’emploi qui, le hasard faisant bien les choses, s’articulait comme tout naturellement avec ce qu’il est censé défendre : une société pour tous, une solidarité réelle, des institutions au service de l’intérêt général. Bref, tout ce que le pouvoir de droite avait passé par pertes et profits, profitant d’une intense préparation des esprits sous la gauche comme la droite, tendant à faire passer la solidarité pour de l’assistanat et les personnes en difficulté pour des profiteurs du système.
Maintenant, la question se pose de savoir si cette prise de conscience de ce grand amnésique qu’est le PS sera durable ou simplement éphémère ? Plus concrètement, la promesse, lancée par certains leaders de gauche, de faire des collectivités locales, plus qu’un simple contre-pouvoir, mais un véritable pouvoir initiant une politique qui soit en mesure de proposer une résistance voire une alternative – évidemment en tenant compte des moyens limités des collectivités territoriales – à la politique de casse de la droite, sera-t-elle davantage tenue que celle qui voulait faire des régions les laboratoires d’une politique de gauche ?
Nous avons quatre ans pour en juger. Espérons que quelques mois ne suffiront pas pour constater, une fois de plus, que cette perspective a été jetée aux oubliettes, comme les précédentes.
Off
12:45 Publié dans Municipales, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (65) | Envoyer cette note | Tags : politiques, municipales, ps, ump, gauche
lundi, 03 mars 2008
Municipales : la politique du marché
Les élections approchent. En lisant les « programmes » des listes dites d'opposition de ma commune, à savoir le PS et le Modem, j'ai eu la surprise de constater que l'une comme l'autre se voulait résolument ouverte à tous, « tous les démocrates, de droite et de gauche », sans oublier les autres, « sans clivage partisan » !

Le Modem insiste sur la gestion financière calamiteuse de la majorité Ump, à laquelle avait participé la tête de liste. Il se désole de la dette que l'on va laisser en héritage aux jeunes générations. Le PS quant à lui, invoque la nécessaire création d'écoles primaires et de crèches et accessoirement évoque le logement social. En somme, dans l'ensemble des programmes qui manifestent un réel souci de prendre en compte les attentes des classes moyennes. Tout pour les intégrés, pas grand chose pour les exclus.
Le prospectus du PS a abandonné son emblème, sans doute parce qu'il s'agit d'une liste regroupant large dans les sensibilités de gauche et de centre gauche et qui ne désespère pas, sans doute, de mordre vers le centre droit. Cela s'appelle prendre ses marques pour le second tour et préparer les ralliements peut-être avec la liste Modem. Les soutiens au candidat PS ont été puisés dans la famille sociale-libérale : Royal et Strauss-Kahn. Pas de quoi effrayer le retraité qui a voté massivement pour Sarko.
Le point, bien-sûr, où je voulais en venir, est que toute cette eau tiède qui se déverse sur nos têtes s'inscrit en contradiction avec la politique de casse sociale que la droite conduit en ce moment même à marche forcée. On ne voit nulle part dans ces lignes et même en lisant entre elles le soupçon d'un ersatz de volonté de contrecarrer le rouleau-compresseur sarkozyste, ne serait-ce que d'un iota, même à l' échelle locale, ne serait-ce que dans l'esprit même dans lequel s'inscriraient les postulants à une gouvernance différente de la ville que celle, par ailleurs contestée pour son opacité, son manque de démocratie, etc ., de la municipalité en place.
Ce que l'on entrevoit plutôt, c'est une logique de « services à la personne » proposée par les familles qui se disputent la mairie et dont la proximité idéologique semble telle qu'on ne voit pas ce qui les différencie d'autre que la simple volonté de se faire une place sur le marché de la politique locale.

Comme la mondialisation est événement, c'est une pensée pragmatique qu'elle exige pour la suivre, l'anticiper, l'évaluer, la corriger. C'est donc le règne de la pensée qui colle à l'actualité et, au-delà, à l'existant. Celui-ci est indécis, incertain. Il réclame mobilité, esprit de décision, froideur de calcul, et une aptitude à agir dans l'instant, au moment opportun, sans se retourner. C'est une pensée qui naît et se meut dans l'instant de l'action, et en partage le caractère d'instantanéité sans cesse renouvelé. L'action ne s'arrête pas, par définition. Elle se déploie dans un univers essentiellement fondé sur des choix, c'est à dire des stratégies et des tactiques. On a pu comparer le monde des échanges économiques à celui de la guerre de tous contre tous. Et la guerre fait surgir une figure particulière, qui est celle du héros intrépide qui, par la finesse de son raisonnement, la justesse de ses choix, la rapidité de son mouvement, réussit à tromper l'ennemi sur ses intentions réelles et à le vaincre.
C'est cette figure là qui triomphe partout – en politique comme dans la sphère des affaires – et dont les médias détaillent les propriétés dans des émissions de divertissement qui reposent sur le principe de la concurrence, voire du combat de tous contre tous. Si, finalement, le monde appartient aux plus ambitieux et aux plus forts, à ceux qui sont parvenus à occuper les postes les plus élevés, en sachant quel prix ils ont dû y consacrer, alors en effet les citoyens ne peuvent exister qu'à la marge, placés comme ils sont au début et à la fin de processus qui se développent ensuite dans des circuits enfermés dans de véritables boîtes noires. On jauge et on encourage les candidats sur la ligne de départ, et on applaudit les premiers arrivés, les rescapés, au bout du parcours. En ce sens, le lissage des convictions des concurrents participe d'une volonté de distinction à la marge, d'un calage marketing sur une famille de produits qui doivent certes être différents par la couleur de leur emballage, mais ne pas trop s'écarter de la physionomie générale ni des propriétés essentielles attendues par les clients de ce type de produits, sous peine que ces derniers ne puissent pas reconnaître un produit trop décalé, comme faisant partie du genre d'objet qu'ils cherchent.
C'est ainsi que dans une société fort clivée, les grandes compétitions qui engagent la vie de la Cité se déroulent de plus en plus derrière un masque de relative uniformité.
En 1968, la France s'ennuyait. Quand sera-t-il après les échéances du printemps 2008 ?
Off
10:00 Publié dans Municipales, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (75) | Envoyer cette note | Tags : municipales, royal, strauss-kahn, sarkozy, modem, ps, ump










