samedi, 26 décembre 2009
Équation de noël

Alors que notre Chef de l'état et sa cour profitent de vacances de Noël bien méritées...
Il ne faut pas avoir fait maths sup ou spé pour démontrer que le cumul de congés jalouse le cumul de mandats et que la somme n'amoindrit paradoxalement pas le temps dont ils disposent.
Une question de dimension.
La quatrième.
Comment parviennent nos gouvernants à jouir de ce temps dans les conditions précitées ?
Les avancées scientifiques ne permettent pas aujourd'hui de disposer d'une élasticité corporelle à la manière des super-héros : être à Strasbourg, siéger au même moment dans sa mairie ou assister au Conseil d'administration d'une grande Entreprise pour toucher ses jetons de présence. C'est mission impossible.
Heureusement, les balbutiements du clonage nous épargnent les exemplaires infinis de ceux déjà mal tolérés (voire insupportables) en modèle unique.
Hélas, c'est sans doute la source de l'explication à la question « du travailler plus est égal à vacances plus » pour les hauts fonctionnaires d'états.
La palanquée de conseillers, adjoints et assistants clonent, en quelque sorte, les originaux pour autoriser ces effets spéciaux. Plus rien n'est chronophage.
Bienvenue dans l'ère de la Haute Technologie.
Je propose donc puisque c'est Noël, la période des missives où l'on adresse une requête, de nous faire tous entrer dans ce principe de modernité.
Boulangers, charcutiers, libraires, professeurs, ouvriers, médecins etc....
Chacun se verra adjoindre une flopée de personnes « assistantes » pour profiter agréablement, à tour de rôle, de ces vacances indispensables à tous.
Bon, je délire mais mine de rien je crois que les mathématiques peuvent éradiquer le chômage.
Ce serait simple non ?
Un peu basique ?
Proportionnel, comme à l'Elysée.
C'est mathématique. Eurêka !

Agathe
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note | Tags : vacances, travail, chômage, noël
mercredi, 23 septembre 2009
Mot d'excuse

Je vous prie de bien vouloir excuser mon absence mais je suis retenue par des courants contraires.
Le thème de réflexion prévu si j'en avais eu le temps, était :
Le travail et l'Homme.
Pourquoi le travail est-il devenu une obligation, surtout une soumission par d'autres hommes ?
Je vous remercie pour les petits signes d'amitié que j'ai pu lire dans le fil du billet de cui cui, et par avance pour vos commentaires.
Agathe
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note | Tags : travail, exploitation, vie
vendredi, 27 février 2009
Le temps de la nécessité

Salle d’attente d’un médecin. J’entre et salue les patients. Je m’assieds à côté d’un vieil homme accompagné de son fils, il me raconte : « Il fût un temps où les patrons étaient fiers de leurs entreprises, ils y étaient même attachés. Je vous assure que le Président quand il nous croisait, il s’avançait pour nous serrer la main. Et mieux, il connaissait nos noms. Ils n’avaient pas la même mentalité les patrons à mon époque. (Je parviens à lui demander où il travaillait car il monologuait : Chez Michelin)
C’est simple, mon seul salaire permettait de tout payer, le loyer, de nous habiller et de partir en vacances. Je vous dis ça, mon épouse ne travaillait pas, elle s’occupait des enfants. Quatre fils, c’était du boulot. La pauvre, elle est tombée malade, elle est morte, je me suis retrouvé seul, il y a bientôt 5 ans.
Pour la maison, nous nous équipions au fur à mesure, les appareils ménagers étaient faits pour durer. On a jamais pris de crédit, d’ailleurs on se méfiait de ces trucs là, et puis on achetait quand on avait besoin… Maintenant, les gens veulent une cuisine à la mode (il rit en disant cela, cette idée lui semble grotesque). Vous vous rendez compte ?»
Arrive son tour, le fils a refermé le livre qu’il feignait de lire, il interrompt brusquement son père en me jetant un regard de compassion désolé. Je lui adresse un geste de la main (il ne m’a pas dérangé du tout). J’extirpe mon carnet de mon sac, je dois noter, tout noter. J’ai envie d’en faire un billet.
Les propos de cet homme m’intéressent.
Cette vie paisible, nombre de continents ne l’ont jamais vécu.
Le monde vient de faire une embardée.
La futilité d’une Rolex pour le poignet d’une poignée versus l’enfer sur terre pour des millions d’individus.
Et les pays, jusqu’ici, à peu près préservés par la faim prennent des mesures comparables à celles des pires moments de l’histoire des peuples. (lire là aussi)
La faim dans le monde, sans fin.

Agathe
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (181) | Envoyer cette note | Tags : dignité, travail, vieillesse, michelin
vendredi, 02 janvier 2009
ACCOUCHONS EN TRAVAILLANT
Deux femmes exemplaires me tapent sur les nerfs.
Et pas qu’un peu…
Deux femmes politiques avec une intelligence commune.
Une réflexion sur la vie des autres femmes qui va de leurs yeux à leur nombril.
Les deux ont montré, enceintes, tout leur courage à assumer pleinement leurs rôles, dans leurs gouvernements respectifs.
Elles ont bien sûr prouvé à la France entière que le congé maternité pouvait être sauté. Nul besoin de prendre du repos pour ces femmes hyperactives.
A peine, l’enfant expulsé, les flashes crépitent sur leurs sourires, lors de la reprise immédiate de leurs fonctions
Car elles sont des femmes courageuses.
Car elles ont des responsabilités importantes.
Elles ne disent pas quoi ?
Qu’elles ont une armada de petit personnel qui garde les enfants à domicile et s’occupent des tâches ménagères et des courses. Un chauffeur pour les conduire. Et les moyens de ne pas s’en soucier.
Elle ne disent pas quoi ?
Que beaucoup de femmes enceintes utilisent les transports en commun pour aller travailler,
Que rentrées à la maison, le petit personnel n’a pas préparé le repas, ni fait les devoirs, ni rangé la maison, ni les courses ...
Que de faire garder les autres enfants coûtent une petite fortune … Etc
La grossesse n’est pas une maladie soit mais leurs privilèges leur permet de jouer les femmes formidablement impliquées.
Leur condition leur permet de négliger un acquis essentiel, le congé maternité.
Si j’avais une baguette magique, j’en aurai envoyé une (Rachida) dès son début de grossesse travailler en métro, au rayon poisson de chez Auchan (debout toute la journée) et l’autre (Ségolène) en Rer et bus, à l’usine de confection de cuirs d’agenda, là où ça sent bon les solvants et la colle …
Ces deux là sont décidément du même bord.
Le bord du message "très limité" dont les autres femmes se passeraient.
21:22 Publié dans billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : accouchement, travail, vite, perte de temps
vendredi, 19 décembre 2008
La fourmilière ou le paradis radieux qu’on nous promet, comme dit l’autre !
Avertissement aux personnes sensibles : ce billet est vulgaire, agressif voire pré révolutionnaire...
Figurez vous, mes chers copains Villageois, que j’ai entendu le discours d'un type, l’autre jour à la radio… Ce pantin nous faisait la morale en empruntant un discours surréaliste : " il nous fallait changer car nous étions figés dans notre immobilisme et nos conservatismes, " déclarait il en sous-entendant que nous étions un peuple de paresseux et de légumes !

" Changez, changez, changez ! ", pérorait il du haut de sa tribune chauffée en direction des élèves de Polytechnique béats et conformistes à mourir (notre élite docile et bien pensante de demain ; quelle misère...) ! " Travaillez, travaillez, travaillez ! ", répondait en écho la même ridicule marionnette…
Le citoyen de 3ème zone, minable à l’esprit obtus que je suis, il serait malséant d'en disconvenir, a pris la mouche et s’est dit : " Bon Dieu, mais ce petit paltoquet tiqueur, car il s'agissait bien de Nicolas Sarkozy, qui gouverne ce pays depuis un an et demi, qu’a t-il donc fait pour nous, pour moi depuis tout ce temps pour se permettre de nous parler ainsi ?
Depuis qu’il est au pouvoir, j’ai de plus en plus de mal à m’en sortir en travaillant dur à un âge ou la fatigue commence à meurtrir le corps… On paye de plus en plus chers les médicaments, les mutuelles viennent d’augmenter de 10 %, les factures d’EDF et GDF nous étranglent, les loyers et les prix de l'alimentaire flambent, je possède une voiture de 13 ans que je n’ai plus les moyens de changer, le gouvernement et les parlementaires veulent en plus nous faire payer toujours davantage de taxes pour des tas de motifs futiles et pourtant je travaille de plus en plus (y compris le dimanche) pour un pouvoir d'achat de plus en plus restreint !
Et ce triste sire qui vient nous donner des leçons ?
Ce type qui se gave effrontément aux frais de la princesse avec son budget élyséen en augmentation logarithmique, cet homme qui possède à son service et à sa dévotion des centaines de collaborateurs zélés. Ce gugusse, né avec une cuiller d'argent dans la bouche, qu’on voit sans cesse à la télévision nous insulter en nous traitant de feignants, d'assistés, de profiteurs du système, d’intolérants, de sangsues !
ASSEZ ! CELA SUFFIT !
Citoyen Sarkozy, je sens que la population en a marre de tes remarques ! Il serait temps d’en rabattre un peu car l’année 2009 risque de mal se terminer pour toi…
C’est le conseil d’un pauvre citoyen qui n’en peut plus de ton arrogance, de tes leçons à deux balles et de ta morgue, toi qui, du sommet de ta pyramide, te complait dans la soie et le luxe et le matérialisme ostentatoire…
Bouger pour dire qu’on bouge, mec, ce n’est pas faire des réformes, c’est pratiquer une sorte de danse de Saint Guy stérile, incantatoire et vaine !
Commence déjà par appliquer tes préceptes à toi-même ! Vis moins ostensiblement, rassemble le peuple au lieu de le diviser, applique de vraies réformes pour soulager les pauvres et les classes moyennes qui souffrent, sois un peu plus modeste et tâche de mériter une considération que tu as complètement perdue dans la population et surtout baisse les budgets qui concernent ton train de vie, montre toi peu dans les médias, ne roule pas trop des mécaniques, travaille moins tes discours et combats davantage l’injustice terrible qui commence à régner dans ce pays…
TOUJOURS PLUS de taxes, de cotisations, de réglements administratifs, de lois coercitives, de répression, d'interdits, de collusions entre les intérêts publics et privés et TOUJOURS MOINS de libertés, de responsabilités personnelles et de pouvoir d'achat : CAR S'IL S'AGIT LÀ DE LA SOCIÉTÉ DE RÉFORMES ET TOUT L'AVENIR QUE TU PROPOSES AUX FRANÇAIS, MON PETIT GARS, IL SERAIT JUDICIEUX POUR TOI DE PRÉPARER TES VALISES, EN TOUTE HÂTE, ET D'ENVISAGER À ENTAMER TA FUTURE CARRIÈRE D'AVOCAT NEW YORKAIS À 3.000.000 $ PAR AN...
Parce que... Avec ton bilan calamiteux pour le petit peuple, citoyen président, on ne saurait trop te conseiller d'adopter un profil bas...
Ah ! Ça ira !
Pour cette fois.
À bon entendeur…
Aujoud'hui : premier anniversaire du "Village des NRV". Une pensée pour Serval, José et Guy Birenbaum... Merci à tous ceux qui y ont contribué par leurs lectures, commentaires, billets. Pas de chiffres. Simplement : on essaiera de ne pas vous décevoir et de garder une certaine originalité et une liberté de ton sans pareille ! Merci à tous et particulièrement à la rédaction du site " 20 minutes" qui nous soutient avec tant d'abnégation et de générosité...
Cui cui, l’oiseau exaspéré, affreux, sale, méchant et mal élevé.
* Merci à JJM pour la photo.
06:00 Publié dans Billet d'humeur, HURLEMENTS, mauvais goût, Politique | Lien permanent | Commentaires (96) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, crise, pauvreté, sacrifices, travail, précarité
jeudi, 22 mai 2008
La révolution immobile : L’existant à l’aune de son dépassement sans cesse entravé.
On peut penser ce qu’on voudra de la relation entre ces deux notions que sont l’individu et la société, à la fois irréductiblement complémentaires et opposées. Tantôt servant la cause du conservatisme, tantôt soulignant les frustrations, les insatisfactions existentielles que le mode d’organisation de la seconde impose au premier. Mais le fait est que ces tensions sont, au moins potentiellement, riches d’espoir en des changements permettant précisément la place des êtres humains dans la société dans laquelle ils vivent. La relation individu/société est donc travaillée de l’intérieur au-delà de sa positivité par des forces et des contradictions qui militent au dépassement de ce qui est.

Rien de tel, semble-t-il, à attendre du rapport de l’individu au travail, dans sa dimension d’emploi salarié. Les nouvelles règles qui vont encadrer le chômeur sont à cet égard révélatrices d’une vision de l’être humain qui le réduit au rôle d’un rouage interchangeable et passif dans un système économique tout puissant qui le formate à ses seuls besoins.
Un texte récent propose une analyse de cette future disposition en clarifiant sa philosophie et, sur ses propres bases, en propose une lecture alternative, qui subvertit entièrement sa perspective de contrôle et de sanction pour lui en substituer une autre, plus respectueuse d’une vision citoyenne de l’être humain
au travail.
A la lecture de ce texte, on appréciera la différence qu’il y a entre une logique qui, coûte que coûte ne veut entendre que l’adaptation de l’individu à l’organisation sociale existante, avec ses contraintes et ses inégalités criantes, et une autre, plus soucieuse d’équilibres et de contreparties.
L’ironie est que la seconde se construit sur le même matériau à partir duquel est conçu la première, mais la différence dans le choix de ses priorités, pour traiter le même problème, lui apporte un mode de résolution différent. L’un est exécrable et transforme les individus en objet d’un destin qu’ils n’ont pas choisi, à la manière de bagnards ; l’autre, redonne prise à chacun et à tous sur leur destin, met en avant un rapport critique à l’emploi et questionne l’acceptabilité des postes de travail proposés avant d’accuser de paresse les personnes qui refusent de les occuper. Dans le premier cas, on est confronté à une société machine, dans le second à une société politique.
On est toujours surpris de constater que certains êtres humains œuvrent activement et avec quelle énergie à rendre le monde encore un peu plus inhabitable pour la plupart de leurs congénères. C’est sans doute une variante de ce qu’on appelle : la " banalité du mal ".
La référence du texte est ici.
Off
17:00 Publié dans Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : travail, chômeur, précarité, société, organisation du travail
samedi, 03 mai 2008
Le temps des (queues de) cerises

Le mouvement se poursuit. Le 3 mai, on dénombre 3 morts parmi les grévistes durant une manifestation violemment réprimée. Le lendemain, lors d’une marche de protestation, une bombe explose. Sept policiers sont alors tués, de nombreux manifestants sont blessés. Huit ouvriers anarchistes sont arrêtés : 4 seront pendus, un se suicidera en prison, les 3 derniers seront graciés au terme de six années de prison.
La revendication ayant motivé ce mouvement était la généralisation de la journée travaillée de 8 heures.
Le principe des 3 tiers ; un tiers consacré au travail, un tiers au sommeil, un tiers aux loisirs.
On retrouve aujourd’hui une autre évocation du principe des 3 tiers.
N. Sarkozy : « Je voudrais une société où (...) sur 100 de bénéfice, il y ait un tiers qui aille aux actionnaires - c'est quand même eux qui prennent les risques -, un tiers qui aille aux investissements pour que l'entreprise reste compétitive, et puis un tiers qui aille aux salariés qui ont participé à la création de cette richesse. »
On voit bien le glissement opéré.
"Ça ne se passe pas comme ça", a répliqué la présidente du Medef, Laurence Parisot.
Ce premier mai 2008, les traditionnels défilés (comme on dit) se sont multipliés en France, en Europe, dans le monde.
A Zurich, 10000 personnes ont manifesté.
« Comme chaque année, quelques échauffourées ont eu lieu à Zurich en marge de la manifestation officielle, qui s'est déroulée, elle, dans le calme. La police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes contre des autonomistes de gauche. La police a procédé à quelque 280 interpellations. On déplore une dizaine de blessés mais aucun parmi les forces de l'ordre. »
En Turquie :
« De premiers incidents ont éclaté jeudi matin à Istanbul, où la police a dispersé avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau des manifestants rassemblés devant le siège d'un important syndicat, alors que la Turquie se préparait à un 1er mai sous tension.
Plusieurs manifestants ont été blessés et "un nombre indéterminé arrêtés" lors de ces incidents que la confédération syndicale de gauche DISK a qualifiés "d'assaut de la police. »
Hambourg :
«Une manifestation anticapitaliste organisée pour célébrer le 1er Mai a dégénéré en actes de violence et de vandalisme dans la nuit de mercredi à jeudi à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, a annoncé la police. »
Macao :
« A Macao, ville chinoise, des heurts ont opposé ce matin du 1er mai des manifestants défilant dans le cadre de la Fête du travail à la police anti-émeutes qui a fait usage à plusieurs reprises de pistolets de starter. »
Et aussi :
« Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs capitales asiatiques, en Russie, au Sénégal et en République démocratique du Congo (RDC) à l’appel des syndicats. La hausse des denrées alimentaires et des salaires plus justes était au cœur des revendications. »
La question des salaires, du pouvoir d’achat, du prix des denrées, semble s’être substituée à celle du temps. Ce n’est pas nouveau. Le temps n’est rien sans les conditions matérielles de son bon déroulement. C’est à l’intérieur de la question du travail que s’expriment les revendications : les salaires, les conditions de travail ; comme s’il n’y avait plus d’extériorité à l’activité salariée. Ou plus précisément, c’est le travail qui détermine aussi ce qui lui est extérieur, mais non plus comme récit collectif, plutôt comme nécessaire condition au bon exercice des activités individuelles et consuméristes. Après le travail, le travail continue. Consommer (même mal, même insuffisamment), c’est du travail. La « valeur » travail ne connaît pas la crise.
Il est également un phénomène assez nouveau dans les défilés du premier mai, en France ; du moins dans sa visibilité revendiquée. Les sans-papiers ont « tenu la vedette », selon la pénible formule d’un journal de « gauche. » Il s’agit de la nécessaire revitalisation des revendications dans leur confrontation avec le réel et ses oubliés. On voit encore que c’est le travail qui détermine le reste, la légitimité à rester ou non sur le territoire, à vivre ici ou non.
"Mais l'exhibition n'est pas pour autant la résolution."
Le premier mai n’est qu’une date, un moment qui revient. La fête du travail (et/ou des travailleurs) en un jour chômé (de moins en moins) ; cet oxymore doit en agacer plus d’un.
Jeremy Rifkin, dans son livre « la fin du travail » (préfacé par Rocard, c’est dire…), interrogeait la question de la disparition inéluctable du travail. Disparition induite par les progrès de productivité, les innovations technologiques. Comment une société peut-elle faire face à cette « révolution » ? Temps de crise ou temps du loisir ?
Ce temps-là est bien loin.
Et la question de la place du travail dans la vie d’un Homme plus vivace que jamais.
« Une vendeuse de muguet a été braquée par deux personnes à moto, jeudi après-midi à Marseille, et a dû leur remettre sa recette de plusieurs centaines d'euros, a-t-on appris de source policière. »
07:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (89) | Envoyer cette note | Tags : travail, manifestation, répression, sans-papiers, loisirs
mardi, 25 mars 2008
Mai 68 n’a pas eu lieu
Au cours du précédent billet, nous avons souligné que Mai 68 finalement n’avait jamais eu lieu. Formule que l’on peut entendre au moins de deux façons distinctes : Mai 68 ne s’est jamais concrétisé et n’a pas eu d’héritage véritable, ou bien encore, Mai 68, n’a pas de lieu exclusif dans lequel s’incarner et se fixer une bonne fois pour toutes. Mai 68, l’esprit de Mai, est partout là où une société se met en mouvement pour secouer le joug de ces trop nombreux rapports de force qui, au fil du temps, se sont cristallisés en habitudes collectives de penser et d’agir et se sont ainsi retrouvés «naturalisés», comme appartenant au substrat même du monde dans lequel nous vivons (cf. Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, Minuit, 1968).
Les rapports de force dissimulés, travestis de mille manières sous des descriptions anodines, des règles non questionnables (qu’il s’agisse de textes législatifs ou règlementaires, ou de conventions de simple « bon sens »), de l’organisation hiérarchique, sous ses dimensions aussi bien formelles qu’informelles, de la société, etc., font partie intégrante de ce monde et lui donnent son apparence stable et familière. A partir de ce que nous acceptons, à travers le processus de socialisation, souvent plus proche d’un dressage que d’une formation à l’exercice d’un authentique jugement critique, quoi qu’on en dise, comme étant le «donné» de nos existences individuelles et collectives, se greffent toute une série de pratiques et de fonctionnements sociaux qui en découlent pratiquement.
Au point que nous n’en voyons même pas la violence répressive qu’elle opère sur nos conduites et nos libertés collectives (il serait vain de chercher une liberté individuelle dans un monde foncièrement constitué de soi-même au milieu de tous les autres, qui sont autant d’autres soi-même dont il faut tenir compte). La violence extrême des conditions de travail indignes, des salaires indécents ne permettant pas de vivre en membre de plein droit de la Cité, l’humiliation des « origines » ethniques ou/et sociales qui se traduit par le «droit» à n’occuper dans cette société qu’un strapontin, éventuellement monté sur un ressort puissant qui peut se détendre à tout moment et vous éjecter, sont quelques « données » de ce paysage. Et la liste n’est pas exhaustive.
Retenons simplement un cas évoqué dans la presse récemment. Celui des suicides au travail et de la manière dont le discours public des agents concernés (le patronat tout d’abord) décrit ce phénomène de sorte à le vider de tout lien avec une quelconque responsabilité patronale à faire quelque chose dans les entreprises et sur les conditions de travail pour endiguer cette vague inquiétante. Ce discours de chipotage de la représentante du Medef, proche du déni tant il cultive le doute qui l’avantage – un suicide au travail n’est pas forcément un suicide lié au travail – fait partie de cette «réalité» là, dans laquelle un argument est moins tenu pour s’inscrire dans un débat orienté vers l’action, réparatrice en l’occurrence, à mettre en place, qu’à figer des positions organisationnelles (ici patronat contre syndicats ; problème social versus problèmes d’ordre privé) afin de ne rien engager qui puisse faire bouger les lignes.
Si cette stratégie de la fausse parole est caricaturalement visible dans cette situation, il ne faudrait pas croire qu’il est un cas isolé. Cette forme de parole est exemplaire d’un rapport au monde qui ne nous est que trop familier, au point de ne plus le voir pour ce qu’il est : l’exercice d’une violence pure, reposant sur un rapport de pouvoir asymétrique. Soit le pouvoir unilatéral d’imposer sa vision du monde à autrui et d’orienter le débat public autour d’une version des faits qui préserve des intérêts bien compris, pendant qu’il bloque l’accès de revendications légitimes d’autres acteurs également concernés par le problème sur la scène publique.
Si bien qu’à chaque description d’une situation donnée, objet d’une controverse possible ou actuelle il convient de s’intéresser au fait de savoir qui, parmi tous ceux qui sont affectés par une situation problématique donnée, à divers titres, a accès à la parole publique et qui ne l’a pas. Autrement dit, quels intérêts sont présentés, défendus et lesquels ne le sont pas. Le débat public sur les questions sociales, ou d’intérêt général, ne relève évidemment pas de questions dont les parties prenantes sont désintéressées quant à l’issue bien concrète qui en est attendu. En tant que celle-ci appelle des mesures, des réparations, la reconnaissance de (nouveaux) droits, des indemnisations, des changements dans les modes de production, voire dans la législation ou encore dans les rapports sociaux, il ne saurait en être autrement.
Une manière d’insuffler un peu d’esprit de Mai dans cette machinerie sociale est bien de reconnaître les intérêts divergents, de perspectives, de classes, et d’autres, bref de tout ce qui s’avèrera pertinent, pour peu que cette pré-condition mette entre parenthèses l’évidence de rapports sociaux inscrits dans une vision du monde qui a pour elle la force de l’existant, c'est à dire au fond, l’équilibre d’un rapport de forces qui n’est pas nécessairement juste et équilibré pour autant. Et ne l’est justement pas.
Cette approche du monde social qui lie systématiquement le bon sens, l’ordre des choses, l’objectivité accomplie à une photographie immobilisant des intérêts en conflit, de sorte que le conflit ne se voit pas, ou, comme dans le cas des propos du Medef, ne se voit que trop mais ne possède pas de perspectives ni de modalités structurées et reconnues à partir desquelles ouvrir publiquement les vannes du débat, est un bon moyen de défaire la réalité de ses mauvaises habitudes. En effet, elle fait apparaître que la manière dont la réalité se présente n’est pas un donné, mais un enjeu, et que sa configuration précise dépend de l’action de tous les protagonistes dans un rapport de forces inégalitaire mais qui n’est pas voué à demeurer figé.
Au contraire, une telle approche peut être un levier pour toute action et réflexion qui trouve sa source dans une expérience singulière et qui, par le travail de description et de conceptualisation dont tout un chacun a la compétence, trouve le moyen de se généraliser en un enjeu plus large, en s’appuyant donc sur un moyen d’expression public. Ce qui permet ainsi de transformer ce que d’aucuns voient et voudraient faire prendre pour un cas isolé, un problème privé, en une question qui intéresse tout ou partie de la société dans laquelle cette question vient à se poser et requiert un traitement.
En ne partant pas d’idées abstraites mais bien de situations d’injustice, d’anomalies constatées au regard d’une certaine expérience vécue de la société qui est en rapport avec les exigences et aspirations de la vie en démocratie (ainsi en va-t-il des modes de fonctionnement de la finance internationale passée maître dans l’art de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes – cf. L’interview de Frédéric Lordon en annexe), sans pour autant que ces aspirations ne se limitent aux seuls habitants des pays qui se réclament de ce régime, mais en visant à défendre la mise en place d’un standard universel, il est possible ainsi de donner un nouveau départ aux idées de Mai.
Il est principalement de la responsabilité – i.e. du pouvoir (ignoré) – des citoyens de s’organiser à partir et à travers cette activité de partage d’expériences et de thématisation collective en vue de la mise en œuvre de moyens de lutte concertés et pourquoi pas inédits sur des sujets d’intérêt général construits par le travail collectif, dans une théorisation populaire d’un vécu authentique. Ceci pour faire pièce à la nécrose de la vie sociale par les pouvoirs établis qui se présente sous l’apparence de la réalité qui s’impose à tous et pour enfin (ré)inventer cette aventure collective qu’est la vie en société.
Au sinistre et autiste « travailler plus » peut être substitué la formule «faire société», à la fois comme mot d’ordre, comme rappel d’un principe démocratique fondamental, comme exigence de respect d’un droit humain, sans doute le plus important d’entre tous reposant sur le fait que tout citoyen dispose d’une parcelle de la souveraineté nationale, laquelle a moins le statut d’un élément de patrimoine que celui d’un outil permettant de détruire et de (re)construire cet idéal social et politique qu’est l’être ensemble démocratique, dont aucun modèle ne préexiste et aucun n’a le pouvoir de s’imposer comme le plus accompli.
La faiblesse du rôle et de la place reconnus aux citoyens dans l’aventure collective de la vie de la Cité n’est elle-même que le produit d’une «réalité» d’un autre âge. Ce que Mai avait (re)commencé à pointer et à miner, après bien d’autres tentatives plébéiennes (cf. Martin Breaugh, L’expérience plébéienne : une histoire discontinue de la liberté politique, Payot, 2007) et avant beaucoup d’autres que nous ignorons encore, se rouvre sous nos yeux et attend nos actes pour secouer la torpeur des structures qui ne visent qu’à se pérenniser, quel que soit le coût de leur fonctionnement pour la société qui les héberge.
De nombreuses pistes peuvent être trouvées dans l’expérience de chacun, dans les rapports au travail, de nombreux outils sont disponibles (cf. Yves Sintomer, Le pouvoir au peuple : jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative, La Découverte, 2007) pour constituer, notamment via internet, mais pas seulement, des forums d’initiatives citoyennes, bref des modes de réinvestissement du politique par la base, de repolitisation de questions qui ont glissé au fil du temps et des intérêts dominants dans le registre du discours technique et notamment managérial. Avec pour effet de transformer la vie de beaucoup en un enfer aseptisé où le suicide a pu sembler à certains le seul moyen de faire entendre une voix qu’aucune oreille n’était disposée à écouter autrement.
A cet égard, d’un point de vue institutionnel, le référendum d’initiative populaire pourrait être un outil propre à faciliter cette réappropriation du politique par les citoyens.
Le réel, vraiment, peut-être tyrannique lorsque la novlangue a, seule, pouvoir de le représenter (cf. Jean-Claude Michéa, L’empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, Climats, 2007). Nous vivons dans une société bruyamment silencieuse, beaucoup de bruit pour étouffer les voix qui ne s’alignent pas sur le consensus en trompe l’œil que les promoteurs du tout économique défendent becs et ongles, en totale discordance avec la condition, les attentes, les souhaits, les besoins de la majorité de la population.
Saurons-nous modifier la donne ?
« Je vois le monde un peu comme on voit l’incroyable.
L’incroyable, c’est ça, c’est ce qu’on ne voit pas » (Léo Ferré)
Off
19:00 Publié dans Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, citoyen, représentation, pouvoir, MEDEF, suicide, travail
samedi, 02 février 2008
Les autres images de la semaine
A l'heure ou les caissières se lèvent, ou le service public entame une énième mutation, ou les urgentistes sont en grève, ou des métiers disparaissent à la vitesse de délocalisation de leur usine.

A l'heure ou l'incertitude croit tandis que le pouvoir d'achat décroit, voici pour le week-end un hommage en quelques images à ceux qui forment l'autre actualité.
Celle du quotidien.
Celle de ceux qui font notre quotidien.
Serval
Photos Yann arthus Bertrand
plus sur son site : www.yannarthusbertrand.com/yann2/affichage_francais.php
11:30 Publié dans Banque d'images | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : caissières, urgentistes, travail












