Avertir le modérateur

mardi, 05 février 2008

Société Générale : l'autre perte de 1,4 M€

free music


Eh oui vous croyez que le Jérome Kerviel avait fait perdre 4.9 Milliards à la SG ? et qu'il était le seul ?

Ben non...

Pour perdre de l'argent, ils n'ont pas besoin de lui  à la Générale. Ils savent très bien se débrouillerc0b0a68cc03cf561ef6dda9e76ce662c.jpg tout seuls. A un détail près, c'est que cette fois, c'est dans les poches de l'Etat qu'ils engrangent la perte. Autrement dit ils se servent dans nos poches pour limiter la casse.

Explication : Sans la perte révélée il y a quelques jours le bénéfice prévu de la SG aurait été d'environ 5,6 Milliard d'€ et au taux de l'impôt sur les sociétés (33 %) aurait rapporté environ 1,6 Milliards d'Euros dans les caisses de l'Etat. Avec un bénéfice prévu a 600 Millions, l'IS ne rapportera que 200 millions environ.

Pourtant les pertes on été déclarées en 2008 non ?

Ben oui... mais elles concernaient des positions prises en 2007 donc imputables à l'exercice précédent puisque les comptes ne sont pas encore arrêtés. La meilleure preuve c'est que le chiffre annoncé de 4,9 M€ correspond en fait à 6,3 M€ moins les gains engrangés par Kerviel en 2007 soit 1,4 M€...

Donc on résume : 
 
Kerviel fait gagner 1,4 M€ à la SG en 2007

Suite à ses prises de risque suivantes (reconnaissons le inconsidérées) la Société Générale liquide ses positions et perd 6,3 M€

La SG fait de Kerviel son bouc émissaire et annonce : 6,3 - 1,4 = 4,9 M€ de pertes dues à ce trader pour 2007.

En déclarant cette perte sur l'exercice 2007 (juste avant la présentation des comptes) la SG fait une économie de 1,4 M€ d'impôts sur les sociétés qu'elle aurait du acquitter...

Finalement sa perte sera de 4,9 - 1,4 = 3,5 Milliards. Et un grand bisou à l'Etat, c'est à dire nous, qui se privera d'une recette importante en ces temps de disette fiscale...Money for nothing and chicks for free...

Tout ceci est légal.

Mais est ce que c'est moral ?

 

Serval

mercredi, 30 janvier 2008

Nous Accusons...!

free music

 

LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE


Monsieur le Président,

Nous permettez-vous, dans notre gratitude pour le bienveillant accueil que vous faites inlassablement aux victimes de votre pays, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre starification, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les coeurs. Vous vous préparez à présider au solennel triomphe de l'Europe, qui couronnera votre semestre de travail, de manoeuvres et d'habileté. Mais quelle tache de boue sur votre nom – nous allions dire sur votre règne – que cette abominable affaire de la Société Générale ! Et c'est fini, la France a sur la joue cette souillure, l'histoire écrira que c'est sous votre présidence qu'un tel crime social a pu être commis.

La vérité, nous la dirons, car nous avons promis de la dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas pleine et entière. Notre devoir est de parler, nous ne voulons pas être complices.

Et c'est à vous, Monsieur le Président, que nous la crierons, cette vérité. Pour votre honneur, nous sommes convaincus que vous l'ignorez. Et à qui donc dénoncerons-nous la tourbe malfaisante du vrai coupable, si ce n'est à vous, le premier magistrat de ce pays ?

A priori, les appels d’abord discrets puis de plus en plus pressants à la démission de Daniel Bouton, leb7233bcfb6c37cd743c54a3bf7b68d29.jpg PDG de la Société Générale, après l’affaire du trader incontrôlé qui a fait perdre 5 milliards d’euros à cette banque, sonnent comme légitimes. C’est pour tout dire le simple rappel de l’éthique des affaires. Mais examinons d’un peu plus près la façon dont est formulée cette demande. On met en parallèle la question des revenus élevés justifiés par la fonction du président de la banque avec la responsabilité qui doit être la sienne en cas d’échec.Les commentateurs suivants ont été de plus en plus directs pour aboutir à la conclusion que Bouton n’a pas d’autre choix que la démission. Que Jérôme Kerviel ne peut que finir en prison.
Dont acte.

Ceci serait bel et bon si un contexte de réception existait qui mettait en avant le respect des règles prudentielles sur les investissements hasardeux à des fins spéculatives. Or, comme la Société Générale tire 44% de ses profits de la spéculation, on peut dire que celle-ci est une donnée de la « culture » de cette entreprise ; en tous les cas de ses traders et de sa direction. Et que si cela est vrai de la Générale, c’est vraisemblablement le cas d’organismes similaires.

Logiquement ces établissements bancaires ont pris l’habitude de spéculer pour « gagner plus ». Et ce quelles que soient les conséquences, y compris négatives, des retombées de leurs engagements à court terme sur le reste de l’économie et de ses agents, et singulièrement sur l’emploi. Cette logique peut conduire ainsi à déshabiller Pierre pour habiller Paul. En toute irresponsabilité. Après tout, les résultats d’une banque privée ne sont-elles pas le fruit de l’activité et du flair de ses agents ? Ensuite, les effets de leur action sur leur environnement n’est pas leur affaire. Peu importe finalement comment on s’y est pris, comment on a travaillé et en quoi ce travail a consisté, si l’objectif ultime est de « gagner(toujours) plus ».

Il convient alors, dans ce système, de ne pas chuter trop bruyamment, obligeant par là même ceux qui s’en passeraient volontiers, de tirer la sonnette d’alarme et de rappeler les mauvais joueurs à l’ordre. C’est ce qui se passe, semble-t-il, dans l’affaire de la Générale, dans laquelle les politiques, grands experts en irresponsabilité s’il en est (ne serait-ce que du fait même de la brièveté de leur mandat et de l’absence d’évaluation des effets d’une politique à moyen et long terme, qui leur assure une impunité de fait), ont fait appel après coup à la responsabilité des banquiers, et ont vu une sortie possible en appelant à la démission du PDG.

Cette « solution » a tout de la fuite en avant, de la mesure sacrificielle à portée symbolique. Car le problème est plutôt niché dans la logique d’ensemble de l’économie financière et de la création régulière de nouvelles bulles spéculatives dont les personnes ordinaires font les frais, en assumant la hausse des matières objets de la demande sur les marchés et de la spéculation que ces tensions engendrent au niveau boursier. Le départ d’un PDG entrainera simplement son remplacement par un autre, qui adoptera les mêmes règles du jeu. Cela contentera les coupeurs de tête, du moins provisoirement, mais ne changera rien sur le fond.

a07d4ba69c0ca9ed66e750d6d7205201.jpgEn outre, comme les politiques, les « élites » économiques sont eux-mêmes couverts pour toutes leurs bévues. Ainsi, démissionnaire, Bouton toucherait des indemnités à hauteur de trois années de salaire. Autrement dit, aucun risque pour lui. Aucune vraie sanction. Un peu à la manière de Lagardère dont « l’incompétence » reconnue par lui dans l’affaire de l’A380 ne l’a empêché de conserver son poste au conseil d’administration d’EADS et, entre temps, de profiter de la crise pour vendre une partie de ses titres avant la baisse et empocher une plus value de plusieurs millions d’euros. Quant au « plantage » lui-même, il aura été payé « cash » par les salariés qui ont déploré la perte de 28 000 postes dans le groupe.

Le capitalisme sous ce jour se présente comme une véritable civilisation de la jungle, si l’on admet cet oxymore. C’est le règne animal au pouvoir de l’Etat et de l’économie. Irait-on chercher querelle au lion au motif qu’il a dévoré l’innocente gazelle ? Peu de lions, beaucoup de gazelles. C’est une société dure pour tous, certes, mais dont certains ont les moyens, plus que d’autres, de se prémunir des retours de fortune, voire tout simplement des aléas de l’existence. Le capitalisme est judicieux. Il sait séparer ceux qui prennent des décisions risquées de ceux qui devront les assumer effectivement. Avec pour conséquence que le « gagner plus » impose sa logique écrasante sur le travail et que tous les moyens deviennent « bons » pour tenter de décrocher la timbale. Et malheur à qui se trouverait dessous au moment de la chute. Il en serait quitte pour une grosse bosse. D’autres en tireront les bénéfices. Le capitalisme nous sonne. La perte de sens qu’il engendre (travailler pour gagner ; le « moral » des ménages mesuré à la consommation de biens, la destruction de l’environnement livré aux appétits privés, etc.) est plus l’expression d’une crise que d’une politique de civilisation.

Nous accusons le capitalisme d'être coupable des crises que connaissent les plus pauvres et d'être responsable de la croissance perpétuelle de la fortune des plus riches.

 

Telle est donc la simple vérité, Monsieur le Président, et elle est effroyable. Nous nous doutons bien que vous n'avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de votre constitution et de votre entourage. Vous n'en avez pas moins un devoir d'homme. Ce n'est pas d'ailleurs que nous désespèrons le moins du monde du triomphe. C'est aujourd'hui seulement que l'affaire commence. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion, que le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle.

Tout ? En fait l'ordre d'Ancien Régime qui se recompose sous nos yeux, avec sa nouvelle aristocratie de l'argent, sous couvert de "modernité". Et au profit de quoi ? Non pas du même monde tel qu'il est là, avec simplement davantage de goinfres autour de la table. Non, cette vision n'est pas la nôtre. C'est à une révolution douce que nous appelons, une révolution copernicienne, une transformation profonde dans les manières de voir et d'être en société, un retour au phénomène du vivre-ensemble singulier que prétend former ce régime qui a pour nom démocratie.

Ce n'est pas dans une fuite vers toujours plus de consommation, toujours plus d'objets gadgets, de créations d'envies artificielles de posséder, que ce régime peut le mieux s'épanouir. Mais plus certainement dans la redécouverte, qui suppose sa mise en pratique, du sens du mot solidarité, égalité, fraternité. Que la société redevienne au service des citoyens, que ceux-ci en soient co-responsables, dans une acception non tronquée du terme, que l'instauration et la préservation d'un vivre-ensemble démocratique, respectueux des uns et des autres, deviennent l'affaire de tous, dès le plus jeune âge. En somme, il s'agit de substituer le "vivre mieux" si plein de promesses au terne et égoïste "gagner plus" dont la Société Générale nous montre vers quelle impasse il peut conduire.

Nous n'avons qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.

Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de notre plus grande vigilance.


 Par NEF et OFF

d'après Emile ZOLA

                                 
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu