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mercredi, 03 mars 2010

Pauvres de nous.

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Comme l’écrit si bien Verlaine-tgb, c’est tout à l’honneur de F. Aubenas de mener l’expérience de la réalité avant de témoigner sur la condition des travailleurs pauvres. 

 

La vie des précaires, celle que notre système fabrique. Le monde des petits boulots cumulés.

 

La fin « des droits raccourcis » à l’indemnisation chômage ne laisse pas d’autres choix à beaucoup.

 

D’ailleurs, de mémoire et en sa mémoire, Ajamais avait raconté son passage obligé par le travail de survie.

 

Il n’y a pas de honte à s’intéresser à ceux dont le quotidien rime avec galère, à ceux dont l’ouverture de la boîte aux lettres provoque des sueurs, à ceux qui trouvent un "beau jour" leur porte obturée par un carcan de fer, à ceux qui regardent leurs enfants manger des coquillettes en prétextant avoir déjà dîné …

 

Qui connaît la sensation des vêtements à tordre, des chaussures imbibées, du sommeil écrasé sur un matelas pourri dans le brouhaha d’un foyer ?

 

Qui connaît la rudesse de la plonge, le poids des gamelles, la chaleur, les bousculades, les engueulades lors d’un service ?

 

Qui connait les brimades, le harcèlement du chefaillon quand les gestes ralentissent pour placer des pièces dans un circuit intégré ?

 

Ceux qui le vivent au quotidien. Et ceux qui ne sont pas indifférents au sort des autres. (Si, si, il y en a).

 

Je n’ai pas lu et je n’aurai peut être pas le temps de lire F. Aubenas.  Et pourtant, je salue son travail.

 

Ce questionnement là, cette incursion là, ce partage là, permet  surtout d’attirer les regards …

 

… Là où ça fait mal justement.

 

 

Agathe

mercredi, 02 septembre 2009

Mamadou ou le crédit prison


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SI si si, moi je dis qu’il est réconfortant de noter avec quelle conscience civique l’on sauvegarde le meilleur de nos traditions, l’on cultive certains aspects de notre patrimoine quasi génétique et, entre folklore et modernité, l’on affirme nos spécificités françaises sociales et culturelles.

Non je ne parle pas de ces nombreuses et grandioses fresques historico-pyrotechniques, où la France muséifiée, passéiste mais moderne, exhibe en figuration sa population chômeuse et bénévole à des touristes désoeuvrés devant des fours à pain magistralement mis en scène dans des sons et lumières empruntés à JM Jarre au moins.

Non, dans ce pays littéraire, où en chaque français sommeille un Victor Hugo potentiel, je parle de la conservation intacte de cette prédisposition  épistolière pour la lettre anonyme, avec ce je ne sais quoi nostalgique de parfum Maréchal, je parle de la conservation dans notre patrie éternelle et malgré le formatage mondialisé de nos valeurs intrinsèques et ancestrales.

Je parle de la pérennisation réjouissante de la délation par exemple.

En cela je félicite particulièrement la direction de l’agence LCL d’Aulnay sous bois, exemplaire et citoyenne, qui perpétue dans la plus pure tradition française, en dénonçant aux autorités policières un dangereux sans papier, le meilleur de nos talents nationaux.

Savoir que cette agence sur l’air entraînant de « Plus plus pour mon crédit mon crédit » a su, de sa propre initiative, monter un véritable  stratagème pour capturer et balancer courageusement un bon client certes mais outrageusement clandestin, ne peut que nous réconcilier avec le sentiment patriotique de nos concitoyens zélés.

Car dieu sait s’il en faut du courage pour balancer un esclave, un sous citoyen, un marginal sans droits, un mauvais français même pas français, et si ça se trouve, dans le plus grand des désintéressements, sans même toucher une com sur son compte, juste par devoir et conscience de l’intérêt national avec ce sentiment légitime qu’il est toujours sain et rassurant de haïr plus pauvre que soi.

Mamadou ne sachant trop, que demander de plus à son argent, LCL attentif, toujours à l’écoute du client à trouvé la réponse adaptée : le crédit prison. Un nouveau produit carceralo-financier montrant s’il en était nécessaire, l’incessante créativité de nos géniaux spéculateurs.

Que LCL soit ma banque, ne peut que me réjouir davantage, et mieux me faire relativiser les agios réglementaires de mon découvert abusif. Car par ce geste civique d’une grande élégance, la gente banquière nous révèle combien elle peut être au-dessus de toutes les infamies et turpitudes qu’on lui prête, proche des braves gens, honnêtes et légalistes, et mériter amplement pour les meilleurs d’entre eux, une juste récompense sous forme de bonus revigorants.

Décidément oui, les banquiers ont l’art de se rendre sympathiques et je comprends mieux la présidentielle indulgence envers ce corps de métier qui ne sait que faire pour être apprécié à sa juste valeur.


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photo : D.A


 
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