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jeudi, 26 juin 2008

Mais qu’est-ce qu’on attend ?

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" Pour la sauvegarde de votre emploi, acceptez-vous le changement d'organisation du temps de travail en 4X8 et ses contreparties ? Oui ou non. "

Voilà bien une question intéressante.

Question dans laquelle la réponse est contenue.

Nous pourrions décliner cette question sur les différents thèmes qui défrayent les chroniques médiatiques.

Ainsi sur les retraites nous verrions bien : " Acceptez vous de cotiser plus longtemps en payant plus cher et en touchant des retraites moins élevées pour éviter de ne rien toucher du tout ? "

Sur l’assurance maladie : " Acceptez vous que les malades et les pauvres payent leurs médicaments plus chers et soient moins bien couverts tout en conservant le niveau de vie des médecins ou que la sécurité sociale fasse faillite ? "

Sur l’école : "  Acceptez vous que nous réduisions les heures de cours et que nous supprimions des postes pour favoriser certains établissements au détriment d’autre par la destruction de la carte scolaire ou préférez vous un enseignement médiocre pour tout le monde ? "

Voilà bien la démocratie dans la bouche des puissants : " tu préfères crever à petit feu ou qu’on t’exécute tout de suite sale pauvre ? "

N'est il pas beau le choix libre offert aux citoyens de ce pays ? Car nous y sommes dans le chantage permanent pour justifier la destruction de notre civilisation et de notre modèle solidaire et fraternel.

La question : " Pour la sauvegarde de votre emploi, acceptez-vous le changement d'organisation du temps de travail en 4X8 et ses contreparties ? Oui ou non. " a été posé aux salariés de l’usine Goodyear d’Amiens.

Et pour ceux qui se posent la question  " que faire ? " je signale que de courageux syndicalistes ont répondu.

Mercredi 18 juin 2008, une vingtaine de salariés de l'usine Goodyear d'Amiens  dont des représentants syndicaux - ont fait irruption dans le bureau des ressources humaines de l'usine et se sont emparés des enveloppes et du matériel de vote qui devaient être expédiés dans la journée aux 1400 salariés, dans le cadre d'une consultation par correspondance sur l'organisation du travail. Les employés ont ensuite brûlé le matériel de vote sur le parking de l'usine.

Ici

Il ont foutu le feu à cette ignominie et ils ont eu raison de faire cela. Car le chantage à l’emploi et le mensonge doivent être combattus.

1879052331.jpgEt parlons aussi de l’incendie du centre de rétention de Vincennes. Foutre le feu pour purifier l’atmosphère nauséabonde qui nous empêche de respirer, les pauvres diable que l’on désigne sous le vocable atroce de " sans papiers " y ont également eu recours. Ils ont foutu le feu à leur centre de rétention ou l’ignominie ne connaît plus de limite et ou l’humanité des gens détenus est bafouée, évidemment bafouée, inéluctablement bafouée ! Vivresans papiers n’est ce pas être sans droits ? Il faut lire les témoignages des détenus pour comprendre que l’horreur est là sous nos yeux. Ici  

Foutre le feu, foutre le feu cela ne vous rappelle rien ?

 

Moi je pense tout de suite au groupe NTM et à leur morceau " Mais qu’est ce qu’on attend ? " Et je ne peux résister à vous citer ce passage :

" Ouais ! Notre tour est venu, à nous de jeter les dés
Décider donc mentalement de s'équiper
Quoi t'es miro, tu vois pas, tu fais semblant, tu ne m'entends pas
Je crois plutôt que tu ne t'accordes pas vraiment le choix
Beaucoup sont déjà dans ce cas voilà pourquoi cela finira dans le désarroi
Désarroi déjà roi, le monde rural en est l'exemple
Désarroi déjà roi, vous subirez la même pente, l'agonie lente
C'est pourquoi j'en attente aux putains de politiques incompétentes
Ce qui a diminué la France
Donc l'heure n'est plus à l'indulgence
Mais aux faits, par le feu, ce qui à mes yeux semble être le mieux
Pour qu'on nous prenne un peu plus, un peu plus au sérieux "

Vous pourrez retrouver ce morceau et ses paroles ici 

 

Que Dieu me pardonne.

ODM.

 

dimanche, 15 juin 2008

Sondage général

 

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Arlette Laguiller, ce dimanche 15 juin, sur Canal plus, face à une animatrice à l'impertinence exportable, a déclaré : 

« Face à tous les mauvais coups du gouvernement, il faudrait vraiment une grève générale, une grève d'ensemble. »

Puis :

« Malheureusement, à la fois les grandes organisations syndicales sont divisées et en plus, elles craignent en réalité une grève générale qui pourrait leur échapper. »

Les deux assertions sont sans aucun doute valides. Les petits soubresauts hebdomadaires, les défilés un chouia sinistres n'ont que peu de portée ; les fameuses « journées d'action ». Les syndicats gèrent leurs vexations et leur réformisme. 

Engels écrivait en 1873 :  

« La grève générale est, dans le programme de Bakounine, le levier qui sert à déclencher la révolution sociale. Un beau matin tous les ouvriers de toutes les entreprises d'un pays ou même du monde entier abandonnent le travail, obligeant ainsi, en quatre semaines tout au plus, les classes possédantes soit à capituler, soit à attaquer les ouvriers, si bien que ceux-ci auraient le droit de se défendre, et par la même occasion d'abattre la vieille société tout entière. Cette suggestion est bien loin d'être une nouveauté : des socialistes français et à leur suite des socialistes belges, ont, depuis 1848, souvent enfourché ce cheval de bataille qui, à l'origine, est de race anglaise. Au cours du développement rapide et vigoureux du chartisme parmi les ouvriers anglais, à la suite de la crise de 1837, on prêchait dès 1839, le « saint mois », la suspension du travail à l'échelle de la nation, et cette idée avait trouvé un tel écho que les ouvriers du nord de l'Angleterre tentèrent en juillet 1842 de la mettre en pratique. Le Congrès des Alliancistes à Genève, le 1° septembre 1873, mit également à l'ordre du jour la grève générale. Simplement tout le monde admettait qu'il fallait pour la faire que la classe ouvrière soit entièrement organisée et qu'elle ait des fonds de réserve. C'est là précisément que le bât blesse. D'une part les gouvernements, surtout si on les encourage par l'abstention politique, ne laisseront jamais arriver à ce stade ni l'organisation ni la trésorerie des ouvriers; et d'autre part les événements politiques et les interventions des classes dominantes amèneront l'affranchissement des travailleurs bien avant que le prolétariat ne parvienne à se donner cette organisation idéale et ce fonds de réserve gigantesque. Par ailleurs, s'il les possédait, il n'aurait pas besoin du détour de la grève générale pour parvenir à son but. »  

Ce à quoi Rosa Luxemburg, en 1906, dans « Grève de masse, Parti et syndicats » répliquait : 

« C'est sur une telle argumentation que se fonda dans les années suivantes l'attitude de la social-démocratie internationale à l'égard de la grève de masse. Elle est dirigée contre la théorie anarchiste de la grève générale qui oppose la grève générale, facteur de déclenchement de la révolution sociale, à la lutte politique quotidienne de la classe ouvrière. Elle tient tout entière dans ce dilemme simple : ou bien le prolétariat dans son ensemble ne possède pas encore d'organisation ni de fonds considérables - et alors il ne peut réaliser la grève générale - ou bien il est déjà assez puissamment organisé - et alors il n'a pas besoin de la grève générale. Cette argumentation est, à vrai dire, si simple et si inattaquable à première vue, que pendant un quart de siècle elle a rendu d'immenses services au mouvement ouvrier moderne, soit pour combattre au nom de la logique les chimères anarchistes, soit pour aider à porter l'idée de la lutte politique dans les couches les plus profondes de la classe ouvrière. Les progrès immenses du mouvement ouvrier dans tous les pays modernes au cours des vingt-cinq dernières années vérifient de la manière la plus éclatante la tactique de la lutte politique préconisée par Marx et Engels, par opposition au bakouninisme : la social-démocratie allemande dans sa puissance actuelle, sa situation à l'avant-garde de tout mouvement ouvrier international est, pour une très grosse part, le produit direct de l'application conséquente et rigoureuse de cette tactique. » 

Engels, écrira cependant, en 1893 : 

« La grève politique doit, ou bien vaincre tout de suite, par sa seule menace (comme en Belgique où l’armée était très secouée), ou se terminer par un fiasco colossal ou, en définitive mener directement aux barricades. » 

Alors, aujourd'hui, dans ce monde pseudo-mondialisé, dans cette Europe autiste, face à ce pouvoir qui suit sa route funeste, face au marché abstrait et total, qui veut en découdre ? 

C'est une offre raisonnable d'action.

 

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