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lundi, 14 décembre 2009

saines – du balcon 4/4

 

 

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L’impression qu’il se dégage de l’endroit, après coup, c’est d’avoir assisté à un spectacle forain ; et si on exagère un peu, on irait même jusqu’à parler de « zoo inversé ». Et, c’est en cela, qu’on est proche d’un théâtre moderne ou du cinéma. C’est que le « sujet » (qui est censé être le spectateur, et se déplacer dans le parc) devient « objet » une fois qu’il pénètre le lieu. Il devient « gibier », et les filles que le mâle bipède croit généralement entreprendre, deviennent les vraies chasseuses ; ou, si l’on préfère : ce sont elles qui vont pêcher leur client. Et surtout, il plane le grand interdit de la copulation ; comme avec les animaux.

Et puis, il y a aussi l’ambiance. Pour les mélomanes exigeants, un peu rigides, évidemment, il faudra faire abstraction de la musique des années 90 – qui personnellement ne m’a pas du tout gêné –, c’est-à-dire des tubes anglo-saxons du Top 50 : Cure, Seal, George Michael, Madonna. L’air de rien, certains titres, comme l’inusable Sexcrime d’Eurythmics, passent très bien.

Pour jouir de l’endroit, le client doit accepter la contrainte minimale : l’interdiction formelle de toucher, sous peine d’expulsion. Seule la danseuse peut prendre l’initiative du contact. Mais, une fois la contrainte bien assimilée, elle devient un effet (de « jouissance ») supplémentaire : elles s’effeuillent progressivement, et on peut prendre un plaisir masochiste à résister. Sachant que tout cela n’a d’intérêt que quand on le fait, c’est-à-dire seulement si on est sur place, ou qu’on bénéficie d’une danse personnelle. Un peu l’équivalent de la différence entre le match de foot à la télé, et une bonne place au stade ; un film téléchargé sur son PC et un film en salles. Le phénomène « zoo inversé » : c’est le spectateur qui finit par se retrouver dans une cage. Une cage mentale : il sait que s’il se « déchaîne », il se fait jeter dehors. Et du coup, les spectateurs, en l’occurrence, les spectatrices, ce sont les danseuses ! Les femelles se pavanent, en regardant leurs proies, « victimes » et « impuissantes ».

Par exemple, il y en avait une, que je vais d’abord essayer de décrire physiquement : grande brune (1m 70), avec talons hauts, robe rouge transparente, dessous noirs, très mince, effilée, mais forte poitrine, quelque chose comme 85-C, mais on pourrait facilement dire D, en tout cas un « bon C » ! A une table à côté, à cinq mètres de moi, elle se prélassait sur un type, disons la bonne quarantaine, et qui portait des lunettes. Elle défaisait petit à petit sa robe rouge transparente et très serrée, bon jusque-là rien à dire ! euh, sous-vêtements noirs… puis, à un moment, elle commence à se peloter les miches… Et lui ? Je disais donc qu’il avait des lunettes. Et alors, alors qu’elle se malaxait goulûment les nichons, elle a commencé à lui coller le mamelon gauche… contre le verre droit de ses lunettes !!! Y avait de quoi devenir fou ! Oui-oui : « on est fou ! on est fou ! affreux-loup ! » C’est là qu’on a envie de dire au gars, qu’il aurait mieux fait de porter… des lentilles !!!

Et plutôt que de s’arrêter sur des considérations manichéennes, somme toute mièvres (est-ce que c’est bien ou mal de faire commerce de son corps ? gagner de l’argent en montrant son derrière ?), on préfère rappeler que ces filles (et j’imagine la plupart) essaient de s’en sortir comme elles peuvent : parfois parce qu’elles se sont exilées pour toujours, d’autres, pour ne pas avoir à se retrouver à faire un boulot à la con. A cet égard, il y a deux aspects majeurs : le dévoilement des parties les plus intimes de son corps à un public d’inconnus (intoxiqués et frustrés), là où l’idéologie dominante impose ses critères de beauté, en nous matraquant constamment des comportements normatifs sexuels ; et la très forte concurrence. Celle de l’extérieur étant peut-être beaucoup plus redoutable que celle entre collègues.

Il y a surtout le détournement de la finalité biologique à des fins commerciales : les danseuses pour leur survie, et les clients, pour consommer scopiquement de la chair fraîche. Les poses et les gestuelles répétitives sont mécanisées. Elles deviennent des sex-machines, qui doivent faire semblant de rester naturelles. Parfois, on dirait qu’elles s’ennuient sur scène, ou avec les clients. La plupart apprend à feindre la bonne humeur, et d’autres poussent le style jusqu’à rejouer de façon crédible la sensualité : c’est le côté artistique de la chose.

Et comme il n’y a plus d’érotisme, il reste l’excitation : c’est toujours « bandant ». D’où vient que l’on est excité ? De cette offre de premier choix, qui lui ne l’a pas (le choix) ? De la contrainte de ne pas toucher ? De l’impossibilité de copuler ? De la réduction à l’état passif ? De la déculpabilisation ? De l’exclusivité d’une danse ? Sans doute de tout cela à la fois. Toute notre animalité de spectateur est anesthésiée, par le contrôle (des vigiles, de l’argent qu’on débourse), devant la sur-animalité de ces danseuses qui se trémoussent les unes après les autres. Un client totalement dévirilisé, réduit à un phallus sous le pantalon. Et une sur-femelle qui n’en fait qu’une bouchée. Pourtant derrière ce jeu, on devine la souffrance de ces filles, qui jouent à s’offrir, mais, aussi dont on se dit que dans ce jeu, elles souffrent à s’offrir. Et, ces messieurs qui jouent à souffrir (en retenant le loup qui est en eux) et qui se contentent de présenter leurs bourses.

Ainsi, on a une sexualité détournée de ses principes d’origine : sans bestialité, sans pénétration, sans tendresse ; fonctionnelle, avec un jeu de domination « socialisé », ritualisé (par l’argent), comme commerce ludique, comme plaisir sans affects, d’une rencontre sans séduction ; où le masochisme est de mise, avec le contrôle omniprésent (du service de sécurité ; ou de soi) de ses pulsions. Le sexe est « sous contrôle », « protégé », comme avec un préservatif. Castré. C’est donc l’impossibilité du couple, de faire couple. Il reste juste, d’un côté, la jouissance du voyeurisme en direct « live », avec offre abondante : on peut toutes les « mater », et par conséquent imaginer les mille combinaisons (à deux, à trois, etc.) possibles avec ces créatures ; et, de l’autre, celle de l’exhibition, sans le risque du débordement : la danseuse est assurée de pouvoir se frotter sans risquer de se faire culbuter. Certes, le sexe comme « attraction », c’est vieux comme le monde. Mais ici, il y a le côté « Disney encadré » ; avec les mêmes gages de sécurité que n’importe quel tour de manège...

 

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par Albin Didon

lundi, 16 novembre 2009

saines – du balcon

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[3/4]

Mais, en même temps, ce qui faisait leur beauté finissait non pas par s’amoindrir, ni s’atténuer, mais… à s’effacer ! Parce que justement, à un moment, on se dit [et c’est pour ça qu’il ne faut pas trop réfléchir ;-], que si elles sont belles, et qu’elles s’offrent aussi « facilement » (pour l’équivalent d’un bon repas au restau), c’est qu’il y a quelque chose qui cloche : chez elles ; mais aussi chez moi ! Bien sûr, on leur trouve des excuses : l’une qui finance ses études, l’autre qui a quitté son pays, ou encore, celle qui attend le jeune milliardaire (même vieux)… Oui mais aussi, forcément, feignasses, cyniques ; avec le raisonnement du genre : « Pourquoi je ferais caissière dans un supermarché, alors que je palpe en montrant mon cul !? »

Tout le jeu de séduction ordinaire (disons, même le truc anodin dans le métro) est déplacé, inversé. D’un côté, on re-déplace ses critères esthétiques, et comme à l’Ecole des fans de Jacques Martin : elles deviennent toutes charmantes. Mais le charme s’évapore. Dans leur attrait, elles deviennent moins mystérieuses ; ou, du moins, le « mystère féminin » se déplace. Elles ne sont plus mystérieuses pour leur féminité, mais pour ce qu’elles ont dans le ventre : de quoi sont-elles capables ? jusqu’où iront-elles ? En deux secondes, une fois le soutif enlevé, elles perdent leur élégance, leur charme : elles s’offrent à mon regard, mais aussi à tous les autres. Cette disponibilité ne me rend pas jaloux, car je ne suis attaché à aucune d’entre elles, mais au contraire me rend chacune trop accessible, de sorte que je n’ai jamais le sentiment de conquête. L’offre est trop rapide ; et la facilité tue l’érotisme. Du reste, il n’y a pas plus d’érotisme que de sexe : tout juste une sexualité sans risque.

Et pourtant, celle, qui en arrive là, elle est quoi ? Le terme qui correspond, et qui peut paraître injurieux au prime abord, mais qui ne peut pas l’être puisque dans les faits, il s’agit de ça, eh bien… c’est « salope » ! Ces « danseuses », qui acceptent, peut-être même sans dégoût, de montrer leur arrière-train et de se frotter contre les clients, ont franchi le pas, sont passées de l’ « autre côté » : celui de la « bienséance ». Mais, ce serait idiot de s’arrêter à cet aspect immédiat. Car, en même temps, dans un registre similaire, on voit bien qu’elles sont restées en deçà de l’autre barrière : celle où les filles – pire encore, pour ceux qui affichent une morale irréprochable (surtout quand les moyens le leur permettent) – se montrent et se font fourrer soit dans le cadre d’une activité à prétention artistique (dans des films, par exemple), soit, lorsque la situation est désespérée : par tout ce qui passe. Bref, « salopes » peut-être, mais pas « putes ».

Ce qui est étrange dans ce type de terminologie, c’est de se demander ce qui les distingue des autres filles dites « normales » (et qui ne le sont pas tant que ça). Qu’est-ce qui fait que certaines vont franchir la ligne, et d’autres pas ? Ce que les unes et les autres acceptent au fond de subir et d’encaisser dans leur amour-propre. D’un côté, en adoptant ce mode d’indépendance, on finit par faire la nique au qu’en-dira-t-on : avec un air de dédain plus ou moins affiché pour celles qui ont été bien élevées, mais surtout bien nées ; et de l’autre, en acquittant des devoirs ménagers, ou parfois en souffrant la tyrannie du foyer, on s’assure une certaine tranquillité (matérielle, ou d’esprit). D’accord, elles sont passées de « l’autre côté » ; mais, pour moi, elles ne sont pas pires que des employées, exploitées et soumises. La question reste : comment s’en sortir ? Et accessoirement, moi, un mec, si j’étais dans une situation (financière ou sociale) similaire, est-ce que je le ferais avec des vieilles peaux, ou des filles quelconques, qui me fileraient leur pognon ? Et, pas même pour cinquante euros !

A ce propos, il y a un truc qui me fait marrer, bien que ce ne soit peut-être pas si drôle… (c’est selon). C’est le décalage avec la « vraie vie »… Si on dit à une fille ordinaire, même un boudin : « Montre-moi ton cul, et frotte-toi contre mon mât » – enfin, il faut mieux dire « ma bite », sinon elle comprendra pas –, en sortant un gros bifton, on est à peu près sûr de se manger une baffe ! Mais, paraît-il : « Pas forcément » !!?

Et puis, celui, qui mate, il est quoi ? un vicieux ? Sans doute. Un maso ? Forcément : un client, qui paie donc, et qui prend un « plaisir » (voyeuriste) sans le risque (ni le plaisir) de l’accouplement ; et en plus, ce plaisir « partiel » est lui-même « encadré »…

Car, dans tout ça, je me sentais quand même bizarre, puisque j’endossais provisoirement l’équivalent du rôle de maquereau… pour mon frère, par surcroît ! Mais, bon, je le voyais aussi comme un casting. Il y a des filles que je trouvais bien pour moi, mais, je m’étais dit : « Oh, non, avec lui, ça ne le fera pas. » Alors, j’ai fini par désigner une fille très « classique », très typée « Playboy ». J’avais même confié à Jennifer : « Oui, je sais, c’est pas très original… ». Je me suis demandé aussi comment elles se « partageaient » entre elles les clients. J’ai remarqué qu’il y avait tout un jeu de regards, pas vraiment de séduction ; en gros : tu en regardes une avec insistance, et la seconde d’après, elle venait vers toi. Ce qui n’est pas fréquent dans la vie quotidienne, en situation « normale ». Donc, évidemment, on le sait, et on fait semblant de l’oublier, et c’est même très important de le faire : elles travaillent, et toi, tu paies. C’est une relation commerciale, mais toi, au moins pour cette fois, tu simules le côté « le client est roi », « elles ne sont là que pour toi (parmi les autres clients) », « tu les attires parce que tu es irrésistible », etc.

Il en ressort qu’il n’y a aucune sensualité entre les protagonistes, car on sait que c’est simulé, et professionnel. Il y a la perte de l’innocence des premiers flirts, ou des premières rencontres avec une inconnue. Ici, c’est purement fonctionnel : montrer son cul pour du fric, à des clients qui viennent se rincer l’œil et avoir quelques frissons. La danseuse est là, comme un objet de désir, et le client est là pour satisfaire un péché véniel (mater des filles nues). A défaut de pouvoir se « défouler » (de se « vider » du matraquage normatif), il pourra trouver une absolution collective : tous les autres qui sont là font pareil. Il y a la faute, sans la culpabilité. Et le plaisir sans effort, et sans responsabilité.

 

[à suivre...]

 

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par Albin Didon

 

lundi, 09 novembre 2009

saines – du balcon 2/4


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Ah ! quand même !!! Comme nous étions à des tables très éloignées de l’estrade où officiaient les danseuses, je me suis levé pour m’approcher de la scène, quitte à passer pour un gros obsédé. Je ne me suis pas bien rendu compte, mais, au total, je crois qu’il devait y en avoir une quinzaine au moins jusqu’à minuit ; voire une vingtaine de « créatures (de rêve) » pour toute la soirée. Sous leurs robes, j’avais relevé qu’aucune ne portait de bas, ni de porte-jarretelles. En tout cas, la première danse(use) m’avait beaucoup plu. Et la suite me paraissait bien engagée…

 

Entre-temps, une hôtesse de salle (Jennifer) m’explique le principe des billets : un peu comme une tombola, il faut prendre un billet pour pouvoir profiter d’une prestation individuelle à sa table ; deux billets, pour une danse privée en cabine. Le cumul de trois billets permettait une prestation encore plus intime, de trente minutes… On se calme : il n’y a rien pour le cumul de quatre ou cinq billets ! Mais, contrairement à la tombola, il n’y a pas d’ « épreuve de dextérité » particulière, ni de peluches à emporter chez soi ; mais un autre type d’épreuve, mentale , et à peine des lots [lots :-] de consolation.

 

Pour situer le montant du billet (que, par discrétion, je ne vais pas explicitement révéler), il faut se figurer le prix d’un pull standard de moyenne gamme, ou celui d’un billet d’entrée à Eurodisney, ou encore une carte ‘5 places’ de cinéma valable deux mois dans un multiplex. Et pour donner une fourchette de prix, ça irait d’une formule shampooing-coupe dans un salon de coiffure ordinaire à un abonnement annuel aux Cahiers du Cinéma, par exemple. Sans hésiter, j’avais alors demandé deux billets. Des filles commençaient peu à peu à m’accoster (limite, à me faire du rentre-dedans) ; ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais dans la « vraie » vie. C’est loin d’être désagréable, même quand on garde à l’esprit que les rapports sont faussés : c’est « professionnel » et « intéressé ».

 

Au moment de rejoindre ma table, je vois mon frère très occupé avec une danseuse (Charlotte). Ne pouvant atteindre ma place sur la banquette, je les regardais à une table à côté. Elle avait pratiquement terminé son numéro. Pas dégueu… la « danse ». Et encore, je ne faisais que regarder ! A la fin, pris au dépourvu, je me vois remettre un billet à la dame. Après qu’elle se soit éclipsée, et, comme cela m’avait néanmoins quelque peu étonné, j’ai questionné le veinard : il croyait que je l’avais envoyée – ce qui n’était pas le cas. Mais comme, ça lui avait bien plu, je n’ai pas fait d’histoires.

 

Du coup, j’ai dû retourner choper Jennifer, pour redemander un autre billet ! Un peu plus tard dans la soirée, j’ai indiqué à mon frère qu’il me restait encore deux billets… et ce qu’ils lui permettaient ! Cette fois-ci, sa demande était spécifique : il voulait une asiatique [comme quoi : quel faux-derche :-]. Je me suis mis alors… à « prospecter » pour lui. Jennifer m’informant qu’il y avait bien une danseuse dans la boîte qui correspondait à ce critère, mais pas ce soir-là. Alors, il fallait choisir quelqu’un d’autre. Du coup, j’ai préféré qu’elle ne corresponde pas du tout à son goût. Je me suis retrouvé dans un rôle bizarre (un peu maquereau sur les bords) : celui de trouver « la perle rare », pour une prestation, mais surtout, pour mon frère !

 

Les filles continuaient à m’aborder (c’est leur métier, d’abord), et moi, je devais faire preuve de beaucoup d’imagination pour les congédier poliment : « Euh, oh, la, la, si ça n’était que moi, j’ai serais bien content de pouvoir vous tenir la jambe, comme on dit :-] ». De l’extérieur, je ne serais pas étonné d’être passé pour un « homer-sexuel » : des gazelles venaient me faire les yeux doux, et moi, je les envoyais gentiment balader ! Mais, bon, j’assumais : « Ce soir, je veux que mon frère en profite, et je ne veux pas avoir l’air de passer plus de bon temps que lui » ! A tel point qu’il y en avait une – coquine – un peu décontenancée, qui me soufflait : « Oui, d’accord pour ton frère, mais ce serait dommage, que tu partes sans (m’)avoir essayé… ». Sans frimer : ce n’était vraiment pas difficile de me retenir, puisque j’étais à sec !

 

C’est alors qu’en voyant ce défilé vénusiaque, je me suis questionné sur les différents types de « beauté ». Je dois reconnaître – et je le savais depuis longtemps déjà –, que je suis « formaté » ; « intoxiqué » même ! En gros, je n’ai qu’un seul type féminin ; pour aller vite, le type « mannequin » dans les magazines ou la publicité (mon tiercé serait : Inès Sastre, Karen Mulder, Cindy Crawford). Ou si l’on préfère, j’ai toujours flashé sur quelques actrices : Sharon Stone, Jennifer Connelly, Liz Hurley, Tera Patrick… De toutes façons, j’ai toujours été difficile. Je peux citer un paquet de nanas très connues, et généralement tenues pour « belles », et qui ne m’ont jamais intéressé : Penelope Crous, Monica Biloutechie, Angelina Jaunie, Cameroun Diamz, Jennifer Amiston, Kitchen Dust, Eva Mongolia, Emmanuelle Beûarr, Laetitia Castoua, Vanessa Parodie, Eva Greed, Marion Coquillard, la Première Dinde de France, etc…

 

Eh bien, ce lieu a quelque peu ébranlé ma « représentation mentale ». Plus je devais décider pour mon frère, et plus je trouvais les filles sur la scène, touchantes. J’essayais même de les « classer » : les « canons », les « bombes », les « pas terribles », les « pas mal, mais pas mon genre », les « bien pour lui, ou un autre, mais pas pour moi ». Je n’en ai vu aucune de vulgaire. Et, toutes avaient un petit quelque chose, qui faisait la différence. Il y en avait une ou deux qui auraient mieux fait de se rhabiller, mais, en même temps, je me disais « il en faut pour tous les goûts » ! Du coup, je me suis posé des questions sur mes propres « goûts ». Comment j’ai été conditionné, et le type physique que j’apprécie. Ou comment je me verrais avec telle ou telle fille ? Là, comme ça, sans me projeter sur un quelconque avenir : chacune étant instantanément disponible, « offerte ». Je savais très bien qu’il n’y avait aucune séduction, mais uniquement de la « consommation » – un échange – une prestation, où la fille offrait aux regards concupiscents ses attributs sexuels, vendait sa « part femelle ».

 

[à suivre...]

 

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par Albin Didon

 

lundi, 02 novembre 2009

saines – du balcon

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[1/4]

 

Enterrement de vie de garçon de mon frère, le mois dernier… C’était bien la première fois qu’on me sollicitait pour en faire un. Le peu que je savais, c’était que généralement les proches du futur marié (ou de la future mariée pour les enterrements de vie de jeune fille) font les couillons dans la rue : j’en avais vu deux ou trois dernièrement, et cela m’avait plutôt fait rigoler. Pour mon frangin, je n’avais guère qu’une ou deux idées : par exemple, lui faire porter une tenue de « bunny Playboy » et demander à des inconnus (« e-s », de préférence) de dessiner des cœurs au marqueur ou au feutre fluorescent ; enfin des conneries comme ça…

Il y avait aussi un film, très moyen, mais qui a fait un carton cet été, où on trouvait quatre personnages complètement torchés, qui se réveillaient dans une chambre d’hôtel de luxe, avec un tigre dans la salle de bains. Ils se rappelaient juste qu’ils avaient fait la java la veille, mais avaient complètement oublié de quoi il en retournait. Tout au long du film, The Hangover (traduit en français par Very bad trip !?), ils vont recomposer les morceaux du puzzle de leur folle nuit. Et enfin, le truc bateau dans les enterrements de vie de garçon, c’est la strip-teaseuse…

Et puis, finalement, à peine une dizaine de jours avant la date fatidique, je tombe sur la note d’un blog, sans doute inégal, mais pas prétentieux, et même parfois déconnant. En évoquant « Secret square », la très respectable Miss Blablabla avait été suffisamment dithyrambique pour, comment dire ? « m’intriguer ». Surtout quand on sait la difficulté de trouver à Paris des coins sympas : il peut arriver qu’on traîne des heures durant la nuit, sans rien trouver de vraiment satisfaisant, ni comme bar, ni comme restaurant. De temps à autres, bien sûr, il arrive qu’on tombe sur quelque chose de chouette, mais sans jamais être vraiment épatant.

Pour les distraits, « SS » est un bar-restaurant qui se désigne comme « aphrodisiaque », sis au 27 avenue des Ternes, dans le 17è arrondissement de Paris. Pour les suspicieux, je tiens à signaler que ce long billet est complètement désintéressé : il n’est pas sponsorisé, et il n’y a personne de mon entourage là-bas, ni de près, ni de loin. Le menu à 60 € comprend un repas (plutôt court, mais assez bon), et un « spectacle ». Quand nous sommes arrivés, mon frère, son meilleur ami et moi, il devait être 20h 30. Au vestiaire, une charmante hôtesse, qui laisse augurer la suite, reçoit nos affaires (3€, par personne). Puis nous descendons, au sous-sol : d’abord, une sorte de grand salon de près de deux cents mètres carrés, avec une large dominante de rouge, et des couleurs sombres entre le marron et le noir. Et, une salle attenante plus « cosy », environ soixante-quinze mètres carrés, pour se restaurer. Un service, à peu de choses près, impeccable.

Bon, ce soir, c’est fête ! pas d’apéritif ; le meilleur ami commande une bouteille de champagne Taittinger : 145 € ! Raide, le prix ; mais excellent. Pour le repas, menu « automne » : cannellonis, puis agneau, et au dessert un truffier. L’entrée est prometteuse, et le reste correct.

Début de la soirée. Alors qu’on goûte le champagne, les clients entrent peu à peu. La population est assez homogène : plutôt « bobos », moyenne d’âge : trente-cinq, quarante ans. Quelques-uns ont la petite vingtaine ; et on peut entrevoir par-ci par-là des cheveux grisonnants. Beaucoup de groupes ; mixtes. Statistiques à vue de nez : sur dix hommes, il y a deux ou trois femmes. Puis à un moment, je commence à voir arriver un petit groupe de femmes, très élégantes, avec des robes de soirée dont les couleurs tranchent avec ceux des clients ordinaires. Je les regarde distraitement. Le voisin de la table derrière, qui contient un groupe de six personnes, se retourne ostensiblement ; et, très « excité » (je ne vois pas d’autre mot), me lance : « Quand même, tu pourrais dire à tes copains, que les filles sont là !!! » Bon, c’est vrai : je matais égoïstement ; mais, je ne voyais pas non plus de quoi en faire un plat : il n’avait jamais vu de jolies filles dans sa vie, ou quoi ?!

Depuis le trajet en métro, mon frère se demandait où je l’emmenais. J’avais réussi à rester très discret sur tous les éléments de la soirée. Il ne connaissait pas l’endroit, et était un peu angoissé de ce qui l’attendait. Bien que ses doutes se levaient peu à peu, et il était toujours crispé. Je crois qu’il est resté « coincé » pendant un bon moment. Par exemple, quand il fut bien clair, qu’on était dans une boîte de strip-tease et qu’il fallait qu’il décide de choisir une fille, il s’est défilé :

 

- Oui, euh, ma copine me l’interdit…

- Eh, banane ! c’est justement pour ça que t’es là ! Aujourd’hui, tu as le droit !

- Euh, si je le fais, vous le faites ! il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui le fasse…

- Eh, bien si ! c’est pas nous, qui passerons à la casserole la semaine prochaine !

 

Sa dérobade était si lourdement voyante que la table voisine nous chambrait :

 

- Eh, ils ont commandé le menu enfant ! »

- C’est qu’on ne veut pas se faire attraper par nos parents !, avais-je dû improviser comme réponse.

Mon frère continuait à louvoyer : « Non ! quand même on peut pas payer pour ça ! », « J’ai la même à la maison… en mieux !!! », etc. Puis, à court de prétextes, il lâcha enfin : « Bon, ben, alors, vous décidez pour moi ! »

 

[à suivre...]

 

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par Albin Didon

 

 

 

 
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