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mercredi, 16 février 2011

incontri – club [2/2]

 

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A : Ah, cette violence-là ?! Oui, c’est sûr, les films de Straub, ce n’est pas la même violence que celle qu’on voit dans les films habituels, avec des bagarres et des explosions !

 

B : Donc, la violence des films de Straub, c’est celle de l’arrachement à la routine, au train-train du spectateur,  du lissage imposé par le cinéma standard de masse. Ensuite, comme je vous le disais tout à l’heure, je suis fan – et ça fait environ quinze ans que je vois régulièrement les films de Straub ! Bon, je vous avoue que je revoie le film qu’on vient de voir, et qu’à la première vision, je n’avais rien compris : j’avais été désarçonné, complètement perdu. Je ne dis pas qu’aujourd’hui j’ai tout compris, mais le film m’est apparu beaucoup plus clair – mais je mentirais si je disais qu’il est aujourd’hui limpide ! C’est un truc qu’il faut accepter : savoir qu’on sera plus bête, la première fois, que ce que le cinéaste propose. Mais, l’expérience que j’ai des films de Straub, c’est qu’ils se clarifient à chaque re-vision. Tout à l’heure, durant mon intervention, j’ai parlé de ressassement. Et c’est aussi ça voir les films de Straub : les revoir, et les ressasser. Je ne dis pas que les revoir suffit à les rendre totalement limpides, mais à force de les revoir, ils deviennent de plus en plus clairs à chaque vision – car il fait travailler votre mémoire – de la vision précédente du film. Donc, pour reprendre votre expression, il a aussi le « talent de filmer la vie secrète » de la mémoire !

 

A : J’entends bien ce que vous dites. Comme je n’en ai pas vu assez, je ne peux pas vous contredire. Mais, je veux bien vous croire. Il n’empêche qu’il y a des films de lui que je trouve chiants. Je ne sais pas ce qu’on lui trouve à ses films !

 

B : Ah ! Bon, je l’ai dit tout à l’heure, je suis « fan », et j’ai parlé de revoir ses films. Donc, sans vouloir me la raconter, j’ai dû revoir pas mal de fois, certains de ses films : les films gagnent à chaque re-vision. Car, plus précisément : les premières visions ne sont jamais bonnes, alors que les films le sont réellement ! Ensuite, il faut ajouter qu’ils ne doivent être vus que sur grand écran – qu’avec l’expérience de la salle. Un film comme celui qu’on vient de voir – et comme il l’a dit à la toute fin de l’échange avec le public – si on veut le revoir, il repassera « dans le désert de Gobi » ! Bref, on n’est pas prêts de le revoir dans une salle, ce film !

 

A : Il reste encore une ou deux séances, dans les jours à venir. Mais, je vous avouerais que je n’irais pas !

 

B : C’est dommage… pour vous !

 

A : Ils sont sortis en DVD, je les verrais en DVD, tranquillement à la maison.

 

B : Des films comme ceux-là, de cette qualité-là, ils doivent d’abord être vu en salle. Mais, vous faites comme vous voulez… Vous savez, j’ai tous les DVD des films de Straub, mais, entre nous, je n’en ai vu aucun à la maison ! D’accord, il y a la vidéo, mais surtout, il y a l’expérience de la salle !

 

D : Oui, voir un film en salle, ce n’est pas pareil qu’en DVD. J’essaierai de les revoir en salles.

 

E : Alors, vous avez compris tout ce qu’il a dit, Rancière, au début, puis après ?

 

B : Euh, oui. Tout à l’heure, je ne l’ai pas dit – mais j’aurais pu – c’est que j’avais trouvé Rancière un peu court. S’il avait été rigoureux, s’il avait poussé sa réflexion, il aurait dû aller plus loin ! J’avais commencé à le contredire – même si les autres n’étaient pas d’accord – pour moi, c’était le cas ! D’abord, sur la « répétition ». J’ai trouvé que son intervention n’allait pas assez loin. Il y a dans le film qu’on vient de voir, un principe directeur – « générique », je dirais même – qui est la « quasi identité », des textes, mais la vôtre aussi – alors que lui, il s’arrête aux « variations » et aux « similitudes ». Bon, en même temps, c’était de l’oral, et non de l’écrit. S’il était à l’écrit, il ne pourrait pas s’arrêter à ce qu’il a dit – enfin, j’espère pour lui ! Bon, sur l’ « un » et le « multiple », j’ai été gêné qu’il ne dise pas un truc que je trouve assez simple pourtant : l’ « un » est « multiple » – et le « multiple », il est dans l’ « intervalle » des variations.

 

E : Oui, c’est le minimum, surtout qu’il se dit philosophe, et qu’il dit se réclamer du communisme !

 

B : Pour moi, il tournait… il tournait…

 

E : …sur lui-même !

 

B : Oui.

 

E : Après, quand on tourne sur soi-même, on finit par faire comme Deleuze : on finit par dire…

 

B : …des généralités.

 

E : Oui.

 

B : Cela dit, pour moi, Rancière, c’est quand même un grand philosophe. Ensuite, je voudrais aussi faire une remarque, disons, pour « contredire » mon voisin d’en-face de tout à l’heure, dans la salle – et que vous connaissez, mais que je ne connais pas…

 

E : Mahmoud ? L’égyptien ?

 

B : Il est égyptien ? je ne savais pas. Enfin, celui qui a parlé de la « traversée du mur ». L’idée est bonne, bien sûr, très intéressante même. Mais là, la fin de son intervention est bancale – ce qu’il dit n’est pas tout à fait vrai. Il dit que vous « traversez le mur », pour finir par filmer la terre. Ce n’est bien sûr pas faux. Mais, le dernier plan contredit cette formulation ! Là, je crois que vous comprenez ce que je veux dire – le plan s’arrête sur Giorgio – je crois que je n’ai pas besoin d’être plus explicite.  

 

E : Mais, il fallait le dire tout à l’heure ! Pourquoi ne pas l’avoir dit ? 

 

B : Euh, non. Je ne cherche pas à toujours faire des histoires. Tout à l’heure, j’avais dit que j’étais « mal élevé » – ce qui est assez vrai. Je suis donc mal élevé, mais je suis aussi assez bien élevé pour ne pas l’être de trop ! Bref, je sais me tenir !-]  

 

 

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par Albin Didon

 

 

 

 

 

 

jeudi, 03 février 2011

incontri – club [1/2]

 

 

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Débat très vivant, et de très bonne tenue cette fois-là, le jeudi 20 janvier, au Reflet Médicis, pour la séance d’O somma luce, de Jean-Marie Straub, avec en invité, Jacques Rancière. Trop difficile cependant de reprendre dans le menu détail l’ensemble des propos tenus par les uns (personnalités « autorisées ») et par les autres (spectateurs « anonymes ») tant ils étaient denses et chaotiques. Toutefois, en m’apprêtant à partir, j’ai remarqué qu’il y avait une « petite caméra » (appareil-photo) sur pied, placée au milieu d’une rangée située au deuxième tiers de la salle, en plus de l’autre, que tenait à la main une jeune fille se baladant dans les allées au gré des interventions. Aussi, j’ai cru voir des appareils d’enregistrement sonore uniquement (type I-pod) ça et là. Avec un peu de chance, on pourra trouver un jour un reliquat de cette soirée dans un documentaire ou en accès libre sur un site de partage. Quoi qu’il en soit, comme souvent en de pareilles occasions, certains spectateurs ont poursuivi le débat après la rencontre, dans la rue.

A : Pardon, c’est vous qu’on a entendu tout à l’heure ?

B : Moi ? Euh, peut-être ? Je ne sais plus…

C et D, simultanément : Oui, c’est lui !

B : Mais, alors, je ne sais plus ce que j’ai dit ! Des bêtises, sûrement !

C : Des bêtises, nooon ! C’était très bien !

B : Ah ? Merci.

A : Moi, Straub, je connais très mal. J’en ai vu déjà quelques-uns, mais je connais mal. J’en connais dans mon entourage, qui sont fans de Straub. Moi, ce que j’ai vu – le film où on voit des tableaux de Courbet – la visite dans le Louvre – j’ai bien aimé. Dans ce film, il y a un passage sur Courbet – il montre l’Enterrement à Ornanset Straub, il filme comme si c’était du Courbet – il y a de très beaux plans de la nature dans ce film. Je dirais que ce qu’il fait bien, Straub, c’est de rendre vivant la peinture. Le tableau est filmé avec le cadre. Et quand il filme des paysages, on dirait que c’est du Courbet : il y avait de très beaux plans dans une forêt, avec l’écoulement d’un ruisseau, ou encore les reflets des feuilles dans les arbres. Pour moi, Straub, c’est : « pourquoi faire compliqué, quand on peut faire simple ! »

B et C : Alors, pour vous : c’est compliqué ou c’est simple ?

A : C’est simple ! Cela dit, Straub, je connais très mal, mais j’en connais autour de moi, qui sont fans de lui !

B : Oui ! J’en suis : je suis « fan » de Straub !

A : Moi, je ne suis pas fan, je connais très mal. J’en ai vu quelques-uns dont un, d’après Pavese, mais je ne sais plus le titre. Et puis Antigone, traduit par Brecht, aussi. Je ne suis pas fan, mais je lui reconnais un talent à Straub : il a le talent de filmer la vie secrète de la nature ! Mais, je connais très mal.

B : …la « vie secrète des textes », aussi !

A : Des textes ? Non. Antigone, j’ai trouvé ça intéressant, mais sans plus. Le film de lui d’après le texte de Pavese, je n’ai pas aimé… il filmait sans cesse les personnages de dos ! Et Pavese, c’est chiant !

C : Pour vous dire, moi aussi, quand j’ai commencé à lire Pavese, quand j’étais jeune, il y a longtemps de ça déjà, les Dialogues avec Leuco, j’avais trouvé ça chiant, aussi ! Mais, c’est par lui, Straub, avec ses films, que j’ai commencé à comprendre Pavese !

B : Euh, ça fait combien de temps que vous connaissez les films de Straub ?

A : Oh, c’est assez récent. Trois ou quatre ans…

B : Ah ! C’est pour ça ! Et vous ?

D : Moi, j’en avais vu un, il y a deux ou trois ans, d’après Pavese, aussi. Quei incontri

B : Quei loro incontri : Ces rencontres avec eux.

D : Oui, voilà ! c’est ça ! Je n’ai pas tout compris, mais il y avait des aspects que j’avais beaucoup aimé : la façon de filmer la nature, comme ici, ou les dialogues entre les personnages. Ici, il y a eu les deux versions du film d’après Dante. Et comme je connais un peu l’italien, j’ai essayé de me refaire le deuxième film, qui est sans sous-titres, en recollant avec les mots que je connaissais de l’italien…

A : Je ne comprends pas qu’il y ait des fans de Straub. Pour vous, pourquoi c’est si bien que ça ?

B : On l’a dit tout à l’heure, il y a les textes, la nature. Mais, surtout, parce qu’il y a à l’intérieur une violence, qui n’est pas perceptible à tous… Tout à l’heure, j’étais dans la salle, et j’en voyais certains qui roupillaient.

A : Une violence ? je ne comprends pas ? Pourquoi dites-vous qu’il y a une « violence » ?

B : Cette violence, qui est « douce », c’est un arrachement au quotidien, c’est une violence qui oblige à s’adapter à un rythme qui n’est pas habituel, très doux même, et qui peut produire de l’ennui…

D : Oui, les films de Straub sont violents, je suis d’accord – il y a une violence assez inhabituelle, qui provoque de l’ennui : les gens qui s’ennuient, ils trouvent ça ennuyeux parce que ça sort de leurs habitudes… Et les sortir de leurs habitudes, c’est très violent pour eux – comme ici.

B : Voilà, il y a, si vous préférez, une violence anticonformiste, et ça dérange beaucoup de spectateurs. Une violence « anti-conventionnelle », si vous voulez, une violence de l’incompréhension qu’elle peut susciter, une violence de déroutement, qui est faite contre les habitudes de consommation de films des spectateurs ordinaires.

 

 

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par Albin Didon

mercredi, 18 mars 2009

handy - cap

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Pierre est un homme d’une soixantaine d’années, assez discret, et un peu « loser » sur les bords ; et, Claire est une jeune femme très curieuse de tout et très critique sur le monde. Ils s’estiment mutuellement, malgré leurs désaccords respectifs. Tout en marchant, ils discutent. Elle commence :

 

- Comme je connais un peu ton orientation, je voulais te poser une question un peu polémique. Badiou parle  d’ « hypothèse communiste ». Quelle différence y a-t-il selon toi avec ce qu’appelle Straub : l’ « utopie communiste d’Hölderlin » ?

- Pour moi, parler d’hypothèse, c’est avoir une idée… pré-établie… d’une construction possible, alors que l’utopie, c’est plus prudent, plus ouvert… – ça reste indistinct…

- Mais, pour moi, la nuance est grande – ça s’oppose presque.

- Non, ça ne s’oppose pas. Mais, à un moment, il faut intervenir politiquement – et parler d’hypothèse communiste, c’est opérant dans le champ d’un discours politique. Quand Straub parle d’utopie, on reste au mieux dans une conception, disons « esthétique » : il ne fait pas de politique.

- Là, pas d’accord. Chacun de ses films sont politiques, et quand il parle en public, c’est aussi politique.

- On s’est mal compris. Je suis d’accord avec toi. Bon. Là où je veux en venir, c’est que l’idéologie capitaliste a tout fait pour éliminer le mot « communisme ». A l’époque, on parlait de « communisme réel ». Le communisme était en marche, évident pour tous…

- Ah ?! tiens ?! je ne connaissais pas cette expression. En parlant de ça, je pense que c’est très con « l’anti-capitalisme », parce que ça ne fait que renforcer le capitalisme. Cela dit, il faut certes un contre-discours capitaliste, mais en fait il faut surtout un discours qui aille contre l’idéologie dominante sans aller chercher à l’améliorer. C’est ce que disait Badiou à propos des oxymores : le « capitalisme moral », ou les « privatisations nationalisées ».

- Surtout qu’avec les crises, on voit maintenant les impasses. Marx l’avait vu très tôt déjà : le capitalisme est tellement pétri de contradictions qu’il faut passer à autre chose. Et, c’est Lénine qui en tire les implications pratiques dans son livre Le Développement du capitalisme en Russie. On est passé d’un capitalisme de producteurs à un capitalisme de consommateurs.

- C’est intéressant, parce que ça veut dire que les producteurs n’arrivent plus à – j’allais dire ‘relancer’ – à faire tourner la machine, alors, ils vont chercher les consommateurs, comme carburant. Et même à les intégrer parmi les producteurs, ou à les inclure comme actionnaires, en leur faisant participer aux bénéfices…

- Il n’y a plus d’industries en France, ni en Europe. Tout est fabriqué par les Chinois ou en Asie. Les sociétés occidentales ne produisent plus rien.

- Ah si, quand même !

- Du service.

- Il y a des industries de services et des conglomérats financiers.

- Je veux dire qu’il n’y a plus de fabrication matérielle…

- Oui.

- …d’industrie qui nécessite du matériel.

- Là, non. Enfin, je vois où tu veux en venir…

- On ne fabrique plus de voitures comme le faisait General Motors…

- Tiens, c’est intéressant, parce que l’un des types les plus riches du moment – et ce, depuis une vingtaine d’années – c’est Bill Gates. Je fais exprès ce rapprochement, parce qu’il y a cinquante ans le modèle de vie, c’était la voiture et la machine à laver. Aujourd’hui pour appartenir au monde, pour être dans le coup, il faut avoir son téléphone portable, ou son ordinateur.

- Aujourd’hui, si tu n’as pas de voiture, ni d’ordinateur, tu es « handicapé »…

- Tu as une « mobilité réduite ». Et puis, pour relayer l’idéologie, il y a cette presse qui n’informe pas…

- Si ! elle informe…

- Non, elle n’informe pas.

- Elle dicte des comportements, produit des habitudes.

- Elle conforme, tout au plus. Mais, on ne peut pas dire non plus qu’elle intoxique – même si c’est le cas. Il faudrait trouver le mot.

- L’enfumage, la propagande…

- Elle bourre le crâne, elle brouille l’écoute…

- C’est le mécanisme du consentement.

- Je suis désolé de pinailler, mais « consentement », ça ne me convient pas. Il manque quelque chose, quelque chose qui masque les vrais enjeux. Je veux dire par là que, oui il y a consentement, mais, qu’il y a quelque chose de plus profond. Quand on consent, on est d’accord, mais d’accord pour quoi… C’est quoi l’expression qui va avec ?

- L’expression ? Chomsky a écrit ce livre, La Fabrique du consentement.

- Oui, voilà, d’un côté, on fabrique, et de l’autre, on accepte la fabrication – mais pas du consentement. Il y a un pacte. Mais, en fait, on est d’accord pour participer au capitalisme, on adhère. On adhère à l’engrenage. A chaque fois, donc, c’est plus que du consentement, c’est de l’embrigadement. A chaque fois qu’on cède, on le favorise…

- Pour favoriser le consentement, il faut corrompre, dans le vrai sens du terme : altérer, pourrir. Et, les gens se laissent facilement corrompre, jusqu’à être contaminés. A l’arrivée, ils sont intoxiqués par la voiture, la télé, l’ordinateur. Je dis souvent que celui qui tape les « 3w » – world wide web – il est déjà mort.

- Je ne suis pas d’accord. Il est pris, il est piqué, mais, pour le reste, je ne dirais pas ça – pas plus qu’autre chose en tout cas. Mais, bon, il faut reconnaître que internet, c’est un nid, non, un repaire de fêlés.

- Pour moi, c’est le règne du fictif…

- C’est marrant, parce qu’en parlant un peu de ces choses-là avec un critique très connu et très respectable, il disait : « Ils parlent des blogs – ils disent tous que c’est bien – alors qu’Internet, c’est un fléau. » Des gens qui prennent des pseudos, et parfois même celui des autres, pour se défouler. Bon, c’est vrai, à 99%, c’est des fêlés. C’est un océan de fêlés.

- Bon, c’est un peu comme l’alcool, ou la drogue, on peut se désintoxiquer…

- Bon, sur ces grands mots, il nous reste qu’à continuer à essayer de construire quelque chose de vivable…


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par Albin Didon
 
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