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samedi, 09 janvier 2010

Le voile voile

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La télé réalité nous a dévoilé les reliefs avantageux de bimbos répondant aux canons de beauté américaine, blondes à bouche pulpeuse et poitrines fières. Ce modèle donne lieu à des dérivés d’émissions où l’on sélectionne l’ordinaire féminin complexé pour une transformation chirurgicale complète. La bête soumise au scalpel devient la belle. D’autres programmes notent de  superbes potiches, morceau par morceau visage, seins, fesses, jambes par des hommes planqués derrière une glace sans tain.


Les extrêmes s’affrontent. Les religieux de tous bords ont toujours couvert les femmes, pour les « protéger » de la faiblesse lubrique des hommes (le prétexte le plus courant, gare au grand méchant loup). Avouer la peur de la prétendue faiblesse de leur caractère serait assimilable à de la discrimination. Tout se modernise même la sémantique divine.


Il n’est pas question pour moi, de cautionner, les comportements liés aux pratiques des religions à la soumission des êtres. Cependant, il faut souligner, que la comparaison s’impose avec les diktats de la société.

 

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Une nouvelle religion déguisée en démocratie laïque nous guide : Nous devons nous uniformiser, nous ressembler, être une image stéréotypée, le seul modèle qui vaille est celui des sociétés occidentales.

Se fondre dans ce moule. S’intégrer. Croire en la suprématie du standard proposé. C’est là que le bât (de la blonde pulpeuse) blesse.

La supériorité de notre air dont la rengaine est fâcheuse.

Ce refrain sur la pureté du modèle, travailleur, efficace, beau et sportif a déjà fait des ravages dans « le top » du pire massacre de l’humanité.

Insidieusement, pour propager cette orientation de la société sur la perfection physique et mentale, les discours s’habillent des mêmes appels au rejet ou à la condamnation du non standardisé.

Vous vous rappelez sans doute cette race aryenne, parfaite, sportive, travailleuse, efficace ?

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Agathe

mercredi, 15 avril 2009

marri - couche-toi là !

 

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Vendredi soir. Rosa et Samuel viennent de dîner tranquillement dans un restaurant près de la gare de Lyon. Ils ont décidé de rentrer à pieds. Ils sont sur l'avenue Ledru-Rollin, quelque part entre l'avenue Daumesnil et la rue du Faubourg Saint-Antoine. Ils parlent du boulot, du repas, du quartier, du film qu'ils ont vu en début de soirée. Leur conversation est légère, mais à un moment, Rosa s'arrête net ; sans raison apparente. Elle demande :

- Tu as vu ?
- Non. Quoi ?
- Là ?
- Où ?
- A cinq mètres...
- Eh bien ? quoi ? C'est une cabine téléphonique...
- Oui. Mais, regarde bien.
- Tiens, c'est vrai !!! Non, j'avais pas vu...

Ils reviennent sur leurs pas ; et s'arrêtent maintenant devant la cabine téléphonique à double porte. Personne n'utilise le combiné, qui est accroché comme il se doit à l'appareil. Pourtant, même si personne n'est debout, la cabine est bien occupée. En effet, quand on dirige son regard vers le bas, on voit nettement un sac de couchage marron. Le type à l'intérieur roupille. Les deux passants reprennent leur chemin.

- Tu veux que je te dise ? Je commence à en avoir marre du Réel, même si je ne sais pas trop ce que c'est ! J'en ai marre de l'information - des nains-formations - du juridique, des procédures, des lois, qu'on nous demande de connaître avant de réagir. D'ailleurs, il y en a même qui n'y connaissent rien, et qui la ramènent !!! Bon, eh bien, il y a "ça" : ce que je vois - la réalité ! Cette réalité que j'ai là sous les yeux sans que je ne puisse rien faire ! Je veux pouvoir dire sans jargon, sans aucune science, que c'est grave d'en arriver là ! J'en ai marre qu'on vienne me dire qu'on a de la chance de vivre dans des pays civilisés, parce que ça ne l'est pas !!!

- C'est civilisé, mais c'est aussi barbare...


- ???! Oui. J'en ai marre parce que le Réel fait tout pour que plus personne ne voit, et ne puisse réagir ; et, elle finit par paralyser. Disons, le Réel, en tant que catégorie de la représentation qui regroupe la diffusion des apparences, et qui pousse chacun à se résigner devant les "faits", les "preuves", les "actes" des autres - des plus abrutis aux plus sournois. L'im-pa-ra-ble "concret" : mon cul ! On te dit : "Non, Monsieur, c'est pas comme ça ! Il faut faire ci, il faut faire là." "Oui, Madame, on sait bien, mais, ça ne se passe pas comme cela : il y a des procédures." "Ah, non, nous, on ne peut rien faire, il faut voir au-dessus." Oui, mais, "au-dessus", on fait tout pour ne pas voir, on trouve toujours le moyen de dire : "Non, on ne voit pas." Dans chaque domaine, à chaque "au-dessus" auquel on nous renvoie, on nous pose des barrières et ils se mettent des oeillères ; et à la fin, on a "ça". Et, franchement, ce n'est pas lui, qui est là qui me gêne, c'est au contraire, l'ensemble de l'organisation sociale. Le pire, c'est que c'est comme ça depuis le début. Avant ça, il y a ceux qui sont couchés dans la rue ou dans le métro, mais bon, on accepte ; et avant ça, ceux qui couchent sur les bancs, mais, bon, on accepte...


Bien sûr, comme tout le monde n'est pas aveugle, la société parvient à corriger ses impairs. Alors, on crée des associations, on squatte des bureaux vides, on "alerte l'opinion". Mais, fondamentalement, on accepte l'ordre social, alors qu'il faut reprendre depuis le début. Qu'on se dise que rien que la propriété - que le "droit à la propriété" -, c'est grave : que, déjà, c'est une connerie !!! et donc, tout ce qui en découle : les loyers, les expulsions, les crédits, le patrimoine, mais aussi, et surtout, ceux qui font les textes - enfin, ces textes -, et qui font qu'ils soient appliqués ! et qui sont payés pour le faire !!!


Parce que ce qu'on voit là, c'est le résultat du "légal". C'est ce "légal", qui c'est choquant. Et, tu ne peux même pas dire que tu trouves ça "pas normal", parce qu'on te répond, "Oui, mais, qu'est-ce qui est normal ?". Et là, t'as envie de dire, que de voir et de laisser quelqu'un dans la plus totale détresse, qui en arrive là, eh bien, ça, "ce n'est pas normal !!! Le cynique te dit : "Si ! c'est normal, puisqu'il y en a de plus en plus...", "et même que personne ne fait rien...", "et puis, si ça se trouve, il dort comme ça pour se faire remarquer. C'est du snobisme !" Et bien, ce cynique-là, t'as qu'une seule envie : c'est de lui foutre sur la gueule, parce tu trouves ça normal de lui faire fermer sa gueule à débiter ce genre de conneries !!! Bref, chaque jour qui passe, on nous fait accepter l'inacceptable.


J'en ai marre parce que, la Terre, elle appartient à tout le monde ; à chacun de nous. Donc, qu'il n'y aucune raison de tout subir, à chaque fois. Que non ce n'est pas "normal" de se faire polluer, ou de se faire matraquer la gueule parce qu'on manifeste son désaccord avec la gestion économique d'un pays à fin de servir les finances du cercle des "amis" d'un trouduc ; comme non plus, de se faire prendre en otage parce qu'on a écrit un livre de contestation !!!


Dans ce Réél - et évidemment on ne nous le montre pas ! -, à chaque fois, il y en a un qui gratte l'autre, et plus il en gratte un, plus il va en gratter d'autres, et quand il n'y arrive pas seul, il trouve toujours le moyen d'en soudoyer deux ou trois pour foutre la pression, et quand il en soudoie deux ou trois, il y en a toujours quatre ou cinq autres pour se proposer à être encore plus efficaces : soit pour foutre des coups, soit pour raconter des salades. Et à chaque fois, encore un, et encore un... On n'en sort pas, et on en arrive là ! Là, le type, il se fout là parce qu'il se dit que s'il traîne seul dans un coin, il y en aura toujours un ou deux pour venir l'emmerder. Alors, il choisit un coin où il est à peu près sûr qu'il ne se fera pas trop emmerder. Et alors, il crèche dans une cabine téléphonique. Et les gens viennent vous dire : "Mais, c'est ça la démocratie ! Tout le monde est libre. Lui, vous voyez, il est libre de choisir de dormir dans une cabine téléphonique. Il a choisi entre celle-ci, et celle-là, plutôt qu'un hôtel ou un palace." Et, le plus connard rajoute : "C'est son choix ; et, il faut le respecter !"


Alors que le truc, mais le minimum, c'est qu'on devrait tous avoir sans exception un espace bien à soi, bien déterminé. Qu'on ait pas à chaque fois à montrer des papiers, des justificatifs, des titres ; qu'on n'ait pas à chaque fois, LA loi, LA police ; ou des connards sur le dos. Que justement, ce soit normal pour tous de circuler, tranquillement, de glander, sans risquer de se faire emmerder, contrôler, agresser... Bref, c'est tout le problème de l'éducation ; et comme par hasard, t'as l'autre connard - enfin, c'est pas lui, ce sont ses "amis" - qui font tout pour que ça empire, parce que dans leurs calculs, comme ils sont bien protégés, ils se disent que si ça explose, ils ne risquent rien, et que ça devrait encore leur rapporter...

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par Albin Didon

 

 

mercredi, 10 décembre 2008

Doit-on s’en émouvoir ? (III)

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Les nouveaux lieux de vie (sur terre.)

 


Dans les gazettes virtuelles offertes gracieusement à la curiosité ( forcément malsaine) du chaland internaute, on peut trouver, comme jadis les archaïques chroniqueurs « papier » les découvraient sur des « feuilles de choux », des motifs sinon d’émotion ( « à vous de voir »), du moins de réflexion ( nous réservons aux « médias professionnels » les motifs de génuflexion.)


Ainsi, sur le site qui nous héberge, pouvait-on lire dernièrement ( le 30/11/2008 ) un compte-rendu de fait divers, encore « en gestation » au moment où j’écris, mais déjà fort instructif de « la vie sur terre », et singulièrement en nos riantes banlieues décomplexées.

La mère avait pourtant dit que sa fillette avait «disparu» samedi vers 12h30 alors qu'elles se trouvaient toutes deux sur le parking de Torcy-Carrefour (Seine-et-Marne), a indiqué le procureur adjoint du parquet de Meaux, André Ribes.

Ce qui suscite mon émoi et ma réflexion, dans cette première in-formation c’est naturellement la forme qu’elle prend et corollairement qu’elle donne à la réalité supposée décrite. Mon attention est mobilisée d’abord par le « lieu » réputé « théâtre d’un incident » ( qui « au stade actuel de l’enquête », semble devoir être le lieu d’un événement qui n’aurait pas eu lieu). « Torcy-Carrefour », pour le dire, et le dire avec toute la force percutante de ses majuscules.


Bien que peu familier de cette région de Seine et Marne pourtant proche de ma bonne ville, je conjecture que l’appellation de ce « lieu-dit » ne dénote pas des routes multiples se croisant en une localité identifiée comme « Torcy », mais plutôt l’élévation d’une marque de supermarché à la dignité générale de « nom commun » susceptible de qualifier et d’identifier un lieu. Je tire spontanément cette conclusion du contexte de la citation : « le parking de Torcy-Carrefour » me semblant un indice décisif.
La suite de l’article me confirme dans mes supputations (de même que mon émotion) :


Des recherches au peigne

 
Les recherches, entreprises samedi après-midi, avaient été concentrées sur le centre commercial Bay 2. Les alentours avaient été passés au peigne fin, de même que tous les halls d'immeubles qui jouxtent le centre, ainsi que dans toutes les parties communes avoisinant le domicile des parents à Saint-Thibault-des-Vignes, situé à proximité du centre commercial, selon la source policière.


Partant de là, m’interrogeant sur ce que pouvait bien être cette localité de « Torcy-Carrefour » ( proche de Saint-Thibault-des-Vignes), j’ai scrupuleusement enquêté pour vous, cher lecteur attentif et justement exigeant, et découvert qu’en effet de telles « localités » existent (voir l’illustration) :


J’ai vérifié l’existence de Torcy-Carrefour, son parking, son centre commercial, ses larges allées, ombrées de luxurieuse végétation plastifiée, son grand concours de journaliers se croisant dans un joyeux embouteillage de caddies avides d’endettement des ménages, ses services de sécurité bardés d’insignes bigarrés, aux maîtres chiens bienveillants, déambulant joyeusement en lutinant au passage les adolescents désœuvrés (et chômeurs putatifs), sous le regard amusé des chalands goguenards, et ses alentours dégagés et dûment bétonnés qu’il s’agissait néanmoins ( pour les « sources policières ») de « passer au peigne fin », en dépit de la noria automobile bruyante et gazogène qui sillonne ces vastes espaces proprement a-ménagés, où toute trace de l’antique et hostile nature a disparu.
J’ai constaté qu’en ces temps modernes et opportunément « décomplexés », ces lieux sont ceux de l’épanouissement d’une forme de vie nouvelle, probablement imposée par la configuration urbaine que, pour paraphraser le maire de Champignac , on dirait «  forgée par la vaillante main de l’homme , elle-même guidée par les lumières du progrès et inspirée par le souci sacré de la satisfaction des besoins de nos concitoyens » .


J’ai constaté enfin qu’en ces lieux on ne risque guère de perdre son latin mais on peut assurément y perdre sa fillette ( même si c’est faussement).
Pourtant ce que nous restitue l’auteur « dématérialisé » de cette relation éristique, dans son actuelle confusion même :


La mère est soupçonnée d'avoir inventé l'histoire de la disparition de sa fille. Résultat, elle a passé la nuit de samedi à dimanche en garde à vue au commissariat de Noisiel (Seine-et-Marne.) On ne sait pas si elle va être mise en examen ou non.

et la perplexité qu’elle inspire sans doute à M.André Ribes (le procureur adjoint du parquet de Meaux) en charge de cet épineux dossier.


 «A notre niveau, tout ce qu'on sait c'est que c'est un problème familial, le couple était séparé, la gamine a été remise au père saine et sauve, a-t-on expliqué de source policière. En fait elle n'a jamais été en danger, elle n'a jamais été perdue.»

Ce qui donc nous est rapporté c’est une récidive postmoderne du « petit poucet » sur le mode virtuel, où la forêt profonde et menaçante est transformée ( par les effets de baguette magique de la fée Michel Edouard Leclerc) en un magnifique parking bétonné, rempli d’inoffensifs caddies et de placides véhicules à pétrole, en lieu et place des sombres frondaisons qui autrefois auguraient si mal du sort des enfants dans la noire obscurité desquelles les abandonnaient leurs impécunieux parents.


Finalement, rien d’étonnant à ce qu’en ces nouveaux lieux, directement inspirés des principes généreux de la Loi de Modernisation de l’économie, rien ( et notamment rien de « grave ») ne puisse se produire, dès lors que tout cela se déroule en une espace/temps où toute incidence du réel est effacée, et donc son innocuité garantie.


Et à ce compte là, rien d’étonnant à ce que « la petite poussette » n’ait pas été perdue en dépit des attentes/déplorations de sa génitrice, dont l’indignité même, mutatis mutandis, n’est plus excusée par un état de misère incapacitante (notamment à nourrir la pauvrette ) mais par un « problème familial .»
C’est donc un message optimiste que porte cet écho lointain de la seine et marne profonde mais néanmoins modernisée : Tout cela n’est pas réel. Rien de tout ça ( de tout ce qui demeurait dangereusement possible au monde affreux et périmé de la lutte des classes) ne peut arriver « pour de vrai » au monde merveilleux de Sarkoleclerclande  où seuls fleurissent et prolifèrent poncifs et clichés journalistiques, où « 
Les alentours sont passés au peigne fin » où «les halls d'immeubles jouxtent les centres » et où on s’abreuve aux «sources policières. » 


Tout cela n’est conté  et radio visé que pour votre divertissement, pour animer cette douce quiétude où seul l’ennui vous menace.


Nul doute que la leçon sera entendue et retenue par tous ceux de nos malheureux compatriotes qui ont eu la malencontreuse inspiration d’aller affronter la mitraille, le feu et les dangers de toutes sortes en prenant des villégiatures princières dans l’orient lointain, aux  palaces indiens dévastés, aux aérogares thaïlandais concentrationnaires : Oui décidément « on est bien mieux chez soi. »

 

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Urbain

jeudi, 22 mai 2008

La révolution immobile : L’existant à l’aune de son dépassement sans cesse entravé.

On peut penser ce qu’on voudra de la relation entre ces deux notions que sont l’individu et la société, à la fois irréductiblement complémentaires et opposées. Tantôt servant la cause du conservatisme, tantôt soulignant les frustrations, les insatisfactions existentielles que le mode d’organisation de la seconde impose au premier. Mais le fait est que ces tensions sont, au moins potentiellement, riches d’espoir en des changements permettant précisément la place des êtres humains dans la société dans laquelle ils vivent. La relation individu/société est donc travaillée de l’intérieur au-delà de sa positivité par des forces et des contradictions qui militent au dépassement de ce qui est.

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Rien de tel, semble-t-il, à attendre du rapport de l’individu au travail, dans sa dimension d’emploi salarié. Les nouvelles règles qui vont encadrer le chômeur sont à cet égard révélatrices d’une vision de l’être humain qui le réduit au rôle d’un rouage interchangeable et passif dans un système économique tout puissant qui le formate à ses seuls besoins.
Un texte récent propose une analyse de cette future disposition en clarifiant sa philosophie et, sur ses propres bases, en propose une lecture alternative, qui subvertit entièrement sa perspective de contrôle et de sanction pour lui en substituer une autre, plus respectueuse d’une vision citoyenne de l’être humain
au travail.


A la lecture de ce texte, on appréciera la différence qu’il y a entre une logique qui, coûte que coûte ne veut entendre que l’adaptation de l’individu à l’organisation sociale existante, avec ses contraintes et ses inégalités criantes, et une autre, plus soucieuse d’équilibres et de contreparties.


L’ironie est que la seconde se construit sur le même matériau à partir duquel est conçu la première, mais la différence dans le choix de ses priorités, pour traiter le même problème, lui apporte un mode de résolution différent. L’un est exécrable et transforme les individus en objet d’un destin qu’ils n’ont pas choisi, à la manière de bagnards ; l’autre, redonne prise à chacun et à tous sur leur destin, met en avant un rapport critique à l’emploi et questionne l’acceptabilité des postes de travail proposés avant d’accuser de paresse les personnes qui refusent de les occuper. Dans le premier cas, on est confronté à une société machine, dans le second à une société politique.

On est toujours surpris de constater que certains êtres humains œuvrent activement et avec quelle énergie à rendre le monde encore un peu plus inhabitable pour la plupart de leurs congénères. C’est sans doute une variante de ce qu’on appelle : la " banalité du mal ".

La référence du texte  est ici.


Off

jeudi, 03 avril 2008

Technologies d’un futur improbable…

On constate depuis quelques temps, dans les pays occidentaux, l’émergence d’innovations techniques destinées à favoriser les échanges, la tolérance, le progrès dans les rapports humains et l’ouverture sur l’autre. Permettez moi de trouver cette évolution particulièrement bienvenue ! Pas vous ?

Bien entendu il s’agit là d’humour à la Française…

free music

Ainsi, après le " Malodore ", un spray dégageant une odeur pestilentielle pour éviter aux SDF de fréquenter un endroit spécifique, une entreprise vient de créer le " Mosquito ", rebaptisé pudiquement " Beethoven " (qui était sourd, rappelons le ironiquement), un boîtier électronique qui émet des sons proches de la gamme des ultra sons (17.000 à 18.000 Hz) supposés éloigner les ados qui seuls peuvent entendre une telle fréquence et qui seraient extrêmement désagréables à leurs oreilles…

Ouais ! cliquez donc sur la photo pour voir...

9dc48cbb85ea41373d6f2cc98cd445c2.jpegVous avez noté qu’après le " Taser ", pistolet électrique, la caméra qui reconnaît l’individu recherché, le passeport biométrique, l'interdiction du français dans les écoles flamandes en Belgique les lotissements hyper surveillés et cadenassés pour personnes âgées riches, un grand mouvement d'Amour Universel est en train de naître dans les pays occidentaux !

Sinon, que vous dire ? Qu'on envie les générations futures qui vivrons, n’en doutons pas une seconde, une existence exaltante et palpitante ?

Elles ne trouveront jamais assez de termes et de qualificatifs pour nous remercier !

Aussi, je me permets de proposer à nos autorités et aux scientifiques de nouvelles pistes de travail pour parfaire la panoplie existante :
  • Le " TF 1 ® " (nom de code) est un boîtier émettant des images et du son destinés à décerveler les individus qui le regardent (à noter que la " TNT ® " est bien partie pour le remplacer). Seul inconvénient : l’abus de ce produit fait perdre quotidiennement des millions de neurones qui se révèlent d’ailleurs inutiles pour ceux qui sont "accros" à cet instrument…
  • Le " Sarkozyl  ®", serait un nouveau suppositoire destiné aux personnes âgées. Il serait employé pour calmer les angoisses des plus de 60 ans devant un monde qui leur fait peur. Ce médicament a un double inconvénient : il coûte d’abord très très cher et ensuite il provoque des tas d’allergies et de fièvre. Ce produit n’est pas encore au point. Il provoquerait de surcroît, des réactions de dépendance grave…
  • Le " Fillon ® ", nouvelle gélule en cours d’homologation, ce produit a le pouvoir de plonger le patient dans un profond sommeil, la léthargie la plus totale qui survient après absorption peut se révéler dangereuse surtout associée à la prise de " Sarkozyl ® " et la consultation du boîtier " TF 1 ® ". Une paralysie cataleptique peut alors intervenir. Lisez bien les notices d’emploi !
  • Le " Laporte ® " est un coffret électronique, qui, placé à vos côtés, vous donne l’impression extraordinaire de devenir une intelligence supérieure, voire un prix Nobel ! Attention ! Ne pas abuser de cet instrument sous peine de griserie égocentrique et paranoïaque aiguë…
  • Le " Copé ® ", un système électronique bientôt sur le marché. Encore un peu trop volumineuse cette merveille de technologie deviendra le " nec plus ultra " de l’électronique de demain. Placée dans un champ magnétique d’un rayon de trois mètres , elle permet de vous multiplier !
  • Ainsi vous parviendrez simultanément, à faire l’amour, à jouer au tennis, à gérer une ville de 50.000 habitants, à défendre des clients en tant qu’avocat, à présider un parti à l’Assemblée, à fréquenter les plateaux de télés et tout ceci en même temps !
  • Attention ! Les sensations sont grisantes mais une visite médicale et un check up cardio-vasculaire hebdomadaires sont nécessaires. Trois effets secondaires tel que l’enflure exagérée de la boîte crânienne et des chevilles ainsi que la rigidité de la langue ne sont hélas pas encore résolus…
Voilà donc, mes chers amis, mes préconisations pour le monde enchanté et enchanteur de demain, mais autant aujourd’hui, nous vivons une époque formidable, autant l’avenir qu’on nous prépare me paraît devenir encore bien plus merveilleux qu’on ne saurait l’imaginer même par les esprits les plus fertiles et les plus prolifiques !

 Docteur cui cui

 
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