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mercredi, 02 juin 2010

Tiens ! Et si on nationalisait la Commission européenne ?

Mes bien chers amis,

vous lisez là, le texte d'un pauvre citoyen au bord du désespoir.

OUI. Le dogmatisme idéologique a encore frappé : Non contents d'avoir imposé la privatisation  de La Poste, EDF, GDF, et tutti quanti ne voilà t-il pas que les membres de la Commission européenne exigent pour le simple motif d'une supposée distorsion de concurrence, que la SNCF se transforme en société anonyme !

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Lundi, le gouvernement français a juré, comme d'habitude, la main gauche posée sur la Bible racontée aux Nuls,  qu'il ne modifierait jamais le statut public de la SNCF !

Le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, a même  annoncé que Paris allait saisir la Cour de Justice de l'Union européenne.

Et ces délicieux politiques français, la main droite sur le cœur, de défendre, les larmes aux yeux la SNCF, le fleuron des transports ferroviaires qui irrigue notre belle Nation depuis plus de 100 ans comme le sang "impur" abreuve nos sillons !

En les écoutant, lecteurs bien-aimés, j'ai sangloté d'émotion : mettre tant d'application à défendre nos braves cheminots,  protéger une infrastructure représentant un des vecteurs principaux du désenclavement et du développement de notre pays et sauvegarder des milliers d'emplois  menacés * m'a rappelé que nous étions décidément défendus par de saints hommes...

Et tellement sincères, avec ça !

 

bible_pour_nuls.jpgTrêve d'humour. Place à la colère.

Je ne sais si vous éprouvez les mêmes sentiments que moi, mais le dogmatisme idéologique de Bruxelles commence sérieusement à me taper sur le système, voire plus vulgairement, à me courir sur le haricot. Les contraintes dogmatiques me paraissent bien trop lourdes. J'ai l'impression de vivre sous une dictature religieuse dont "le Traité de Lisbonne" est le bréviaire et ses principes un catéchisme inquisitorial absolu et irréfragable.

Libéralisme économique à tout crin, loi favorisant la sacro-sainte "giga" entreprise, privatisations, concentration des pouvoirs économiques et politiques, établissement de normes avantageant les grands groupes, lobbying extrême...

Bref ! La mise en place d'un bloc monolithique technocratique où le citoyen ordinaire est dépossédé de toute initiative et considéré comme un populiste irresponsable  m'est insupportable.

Les eurocrates, missionnaires fanatiques du politiquement correct, inquisiteurs illuminés de la doctrine libérale sont parvenus à rendre le citoyen français, fervent européen s'il en était,  eurosceptique voire carrément hostile...

Parce que ces gens là, mes bons amis, préfèreront toujours nous conduire au désastre plutôt d'avouer qu'ils se sont trompés. Leur morgue, leur mépris pour le peuple nous rappelle trop certaines époques historiques pour que ce petit jeu ne se termine mal.

Cette Europe du fric et du grand marché, entité politique fantomatique même pas contre-balancée par une diplomatie cohérente ou une volonté d'aide au développement sérieuse ne mène à rien de bon. Cette Europe des gnomes de Bruxelles se fait contre nous, pour asservir ses enfants, certainement pas pour assurer leur épanouissement.

Ces couilles molles étant incapables de s'attaquer au problème palestinien qui se trouve pourtant à nos portes. Incapables d'imposer à un Israël excessivement dominateur et trop sûr de lui, une solution acceptable sur la création de deux États dont les frontières seraient garanties par la Communauté. Les Palestiniens ayant bien trop souffert depuis plus de 60 ans.

J'espère de tout mon cœur que l'opinion publique européenne, très mobilisée, influencera ses dirigeants pour qu'on puisse au moins , trouver une solution pour briser l'embargo de la bande de Gaza. Chacun de nous ayant un rôle à jouer selon ses possibilités mais souvenons nous que la haine est la pire des conseillères...

Autrefois à la mort du Roi, on célébrait aussitôt son successeur puisque la Monarchie ne restait jamais vacante sauf en cas de Régence. On disait  : "Le Roi est mort, vive le Roi (le successeur)"

Dans le même esprit, je crie  : " Vite, que crève l'Europe, vive l'Europe !"

 

Amis, ennemis, indifférents, à après !


* Au mois d'avril, le chômage a atteint 10,1 % dans la zone euro. C'est évidemment un minimum  sachant que toutes  les statistiques d'emplois dans la totalité des pays  sont archi tripatouillées.

 

Cui cui fit l'oiseau, cynique connement utopique.

 

lundi, 19 avril 2010

Le malentendu

 

fmechain-reduite.jpg

Qu'est-ce que c'est, la solidarité ?


Du pataugeage avéré du gouvernement, des élus par des autorisations rentables sur les constructions en zones inondables ?


«La solidarité nationale est là pour aider» dit-il.

Les zones noires, très noires, vides d'humains, d'avenir, de vie, deviennent magiquement "de solidarité".
Solidarité de quoi vers quoi, de qui pour qui ?
Du néant, de la zone noire, terrifiante, de la mort, les "victimes" abordent enfin le monde mature de la juste rhétorique, du risque raisonnable et de la main sur le coeur.

La solidarité, c'est une variante molle (sociale, disent-ils) du cynisme.


La politique, c'est simple.


Le cynisme ; le(s) pouvoir(s) compile(nt) les grosses bévues coûteuses sachant compter sur la solidarité ponctionnée de fait sur tous les impôts incluant ceux des sinistrés à l'exception de ceux des abrités du bouclier.

Il était, d'ailleurs, question d'objectifs à tenir pour les Ministres, de qualifier, de quantifier leur travail.

Les promesses se noient comme les maisons.

La solidarité, grand mot contre tous les maux, exhibe un doigt accusateur vers les cheminots dans leur attitude gréviste face à la détresse «nationale» des voyageurs français.

"Comme une contribution des cheminots encore grévistes à l'effort de tous." dit-il.

La solidarité, ça emporte le morceau, c'est un joli mot, ce n'est pas un destin commun vers l'égalité, c'est une connivence entre un pouvoir et l'opinion.
"Amour" aussi est disponible.

Qui aurait le coeur à laisser des familles bloquées dans les couloirs des aéroports ?


Les cheminots ?


La solidarité nationale, l'esprit du grand Jaurès.


Le gouvernement est plus cohérent que les travailleurs du chemin de fer.

 

Son coeur est pur.



Alors, la solidarité, ce n'est pas les retraites.

Ni la santé.

Ni le travail.

Encore moins l'émancipation.


La solidarité, il faudrait la privatiser.

Agathe

 

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mercredi, 08 avril 2009

Quand les prix mènent grand train…

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Voilà trois semaines, j’ai voulu me renseigner sur l’offre de la SNCF sur la ligne Paris-Grenoble, ville dans laquelle j’avais envie de passer un week-end sur l’invitation d’une amie. Pouvant être disponible pour Pâques, j’ai sélectionné cette date et regardé les résultats. Je pensais qu’en m’y prenant un mois à l’avance, je pourrais obtenir un tarif intéressant.

Que nenni !

Pour une liaison directe et sans changement par TGV, il m’en aurait coûté 120 euros, soit 240 euros de transport aller-retour pour un week-end. Ce n’est malheureusement pas à ma portée financière pour un séjour aussi court.

Outre le prix du billet très élevé, le plus choquant est sans doute sa variabilité car il ne s’établit pas toujours aussi haut en fonction de la période choisie et surtout de la demande à ce moment là. Certes je savais que Pâques était un créneau très demandé, que Grenoble est la porte d’une partie des Alpes et que beaucoup profiterait des vacances pour faire du ski de printemps. Mais il y a encore quelques années, le barème des prix aurait été on ne peut plus clair : période blanche, bleue, tarifs réduits par la possession de carte d’abonnement, réduction de type « escapade » pour les séjours de fin de semaine.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé et ce changement porte le nom de yield management .

Kesako ?

C’est un concept, d’origine anglo-saxonne forcément, qui désigne un système de gestion des places disponibles dans le cadre d’une activité de service (transport, hôtellerie, etc…). Il a pour but d’optimiser le remplissage et surtout d’optimiser la rentabilité au moyen notamment de la tarification en temps réel. Ce procédé a été expérimenté à l’origine dans les compagnies aériennes américaines, dont la Delta airlines a été la pionnière, profitant de la dérégulation des années 80. Il est utilisé en France depuis un moment dans le secteur aérien. On a parfois parlé d’une de ses composantes , à savoir le surbooking qui consiste à vendre plus de places que l’avion n’en a de disponibles pour pallier les éventuelles défections et réservations annulées, quitte à refuser l’embarquement pour des clients qui ont pourtant un billet payé et valide, si par malchance, le taux de défaut est très peu élevé. C’est bien connu, le client est toujours roi, mais souvent celui des cons…

Le yield management pour résumer rapidement, c’est pour l’entreprise qui l’utilise, la promesse de maximiser son chiffre d’affaire. C’est le but premier, celui qui va imposer d’analyser les comportements de la clientèle puis de la segmenter afin de construire un modèle de fixation des prix qui en découle. Bien entendu le marketing habillera cette technique de telle façon que l’acheteur pensera faire de bonnes affaires et sera ainsi susceptible d’adhérer à cette politique tarifaire. Mais en aucun cas à la base il ne s’agit d’améliorer réellement le service pour l’utilisateur.

J’en reviens donc à mon billet pour Grenoble. Autrefois, son coût aurait été fonction du kilométrage parcouru et du type de transport choisi : TER, CORAIL, TGV etc…Si je veux bien accepter de payer un peu plus pour profiter de la vitesse d’un TGV, je trouve purement scandaleux d’avoir à débourser des sommes sans rapport avec le coût d’exploitation du service. Encore faudrait-il préciser que la SNCF a très largement abusé de l’avantage comparé des trains à grande vitesse pour augmenter ses prix et que ce fait là était déjà assez pénible.

Mais l’adoption du yield management par l’entreprise il y a quelques années a conduit à une grille tarifaire complètement absconse, extrêmement variable et contraignante pour les publics aux revenus modestes, cachant des hausses de prix bien réelles derrière les promotions type billet Prem’s ou dernière minute, voire la création d’une filiale low cost comme l’IDTGV.

 

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Pour des prix constants et accessibles en revanche, on peut aller se faire voir chez les grecs !

 

 

Je trouve ce système déjà assez détestable à la base quelque soit l’entreprise qui l’utilise. En effet, il donne une prime à la logique mercantiliste des consommateurs, qui sont sommés de se faire managers de leurs propres dépenses en rationalisant leurs achats (réservation très longtemps à l’avance, épluchage de l’offre pour dénicher la bonne affaire, adaptation en choisissant des périodes de départ autorisant des billets moins chers) ou en acceptant de payer au prix fort, voire très fort selon la demande. Tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire pour des raisons financières (petits revenus) , d’agenda (on ne peut pas toujours prévoir certains déplacements ou prendre ses congés quand on veut et les poser longtemps à l’avance), ou tout simplement pour des raisons personnelles, sont pénalisés.

Dure loi du marché me direz-vous…

Sauf que la SNCF est toujours une entreprise qui rend un service public et que l’adoption du yield management est déjà en elle-même un aveu que ce n’est plus le cas. Je trouve cela déjà insupportable dans le principe. Dans les faits, je m’en scandalise de plus en plus car je suis amené à renoncer à des déplacements dont le prix dépasse mes moyens, ce qui n’était pas le cas avant. En outre, ce n’est pas à une entreprise qui plus est publique, de me dicter (indirectement mais tout de même…) mon comportement et mes habitudes de voyage pour que je continue à utiliser ses services. Sans doute aussi, mon côté égalitariste est-il choqué par le fait qu’au sein d’une même voiture, des passagers peuvent avoir payé leur billet 19 euros et d’autres 80. Doit on y compter les winners et les loosers, ceux qui peuvent payer le tarif plein voire majoré sans sourciller (l’homme d’affaires et le touriste argenté sont choyés) et ceux qui ne peuvent pas, ceux qui ne veulent pas se soumettre à la logique de l’utilisateur émancipé et ceux qui ont la joie un peu mesquine d’avoir réussi à payer moins que leur crétin de voisin ? Ce genre de détails fait aussi fait les sociétés et leur cohésion…

Encore une fois, l’utilisation d’une gestion venue tout droit du privé montre clairement au travers de ses conséquences quels sont les objectifs des politiques qui se trouvent en amont de ces décisions : faire de l’argent (nourrir le privé) au détriment des catégories les moins aisées de la population, qui soit sont obligées de se conformer à la logique commerciale en devenant des « consommateurs intelligents » (asservis dirais-je), soit en renonçant à prendre le train, qui en France est encore plus accessible et souvent plus pratique que l’avion.

Voilà comment une nouvelle fois, le nouveau management public pervertit de l’intérieur la logique du service du même nom, en usant de procédés empruntés au privé, tout en justifiant les désagréments produits, par l’inefficacité chronique et génétique du secteur public et de l’Etat entrepreneur. On en profitera pour mieux privatiser et assujettir l’usager.. .oups pardon, le client (celui qu’on peut donc rouler en toute bonne conscience, celle du marché)

J’accepte de plus en plus mal ce gâchis énorme, d’autant plus que, malgré la casse de la SNCF au même titre que les autres services publics et la protection sociale, par les différents gouvernements depuis trente ans, le réseau de chemin de fer dans notre pays, compte tenu de sa densité, est encore un des plus attractifs et efficaces au monde, peut-être même le meilleur avec ceux du Japon et de l’Allemagne. Pour combien de temps, vu la dégradation à grande vitesse (forcément) ?

En plus j’aime beaucoup prendre le train…

 

Un article d’Alternatives économiques sur la question :

http://www.alternatives-economiques.fr/sncf--un-prix-peut...

 

Nicks

 

 

 
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