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vendredi, 10 juillet 2009

Le mirage aux retraites.

Bonjour.

Je m'appelle Benoît, j'ai 74 ans passés, je suis plombier et nous sommes aujourd'hui le vendredi 11 juillet 2025. J'ai  eu l'honneur d'offrir aux membres de mon entreprise, mon pot de départ à la retraite.

Mon patron depuis 40 ans, Monsieur Guy, m'a offert comme cadeau, un superbe déambulateur qui m'aidera à me déplacer, mes collègues de travail se sont cotisés, quant à eux, pour m'offrir une séance d'une semaine dans un centre de thalassothérapie à Binic, consacrée au soulagement des douleurs dues à l'arthrose...

Quelle émotion, mes amis !

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Mais ce fut pas tout pas tout ! Tenez vous bien : un membre du Ministère du Travail des Aînés s'était personnellement déplacé pour me décerner la Médaille de vermeil récompensant une activité professionnelle exercée pendant plus de 55 ans ! Sans oublier la visite surprise de  Monsieur Gérard, appareil photo en bandoulière, membre du bureau de ma section UMP de Vélizy, m'apportant 3 bouteilles de "vieux pape", mon vin préféré !

Vous imaginez ma joie et ma fierté.

Et celle de Bernadette, mon épouse. Sans oublier Kiki, mon caniche nain, fier comme un ortolan !

J'admets sans honte avoir sangloté comme un gosse.

Et puis est venu le moment de mon discours. La voix étranglée par le trac, j'ai d'abord remercié Monsieur Guy, un patron au grand coeur, qui, à l'occasion de mes 65 ans n'a pas hésité à adapter des bretelles à mon poste à soudure afin que je grimpe les étages plus aisément et de surcroît a commandé des harnais sur mesure pour faciliter le transport des sacs de plâtres. Ce geste simple et désintéressé m'a profondément touché : je lui en serai toujours reconnaissant.

 

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Puis j'ai évoqué M. Brice Hortefeux, l'instigateur généreux de la réforme des retraites et chaleureusement félicité les gouvernements successifs, qui, sous la poigne sévère mais juste de Messieurs Sarkozy et Copé, ont su prendre à bras le corps ce problème crucial... À ce moment du discours j'ai cru entendre quelques quolibets de collègues socialistes et autres mauvais esprits toujours prêts à se rebeller pour travailler le moins possible mais royal comme le président Copé, j'ai méprisé ces manifestations conservatrices d'un autre âge.

Je ne sais ce qu'il m'a pris ; j'ai soudain été secoué par une quinte de toux qui m'a durée 2 bonnes minutes. [Mon  médecin, un gauchiste du Modem écologique, m'avait assuré que mes poumons ressemblaient à une éponge passée dans un bain d'acide sulfurique du fait de l'absorption de vapeurs toxiques dues au chalumeau. Mais Monsieur Guy, m'avait persuadé du contraire]. Essoufflé, je dus réclamer un siège avant de chuter, victime d'un léger malaise.

Je me réveillai 5 minutes plus tard, pour poursuivre  courageusement mon discours sous les ricanements  de la racaille bolchevique et l'admiration bruyante de Messieurs Guy et Gérard et sous les aboiements et les applaudissements de Bernadette et Kiki.  À ce moment, devant la jalousie exacerbée de certains, j'avoue avoir eu mal à la France. Des tremblements incoercibles agitant mes mains m'obligérent à abréger mon speech.

Et ce fut couché sur une civière que je reçu cette médaille si convoitée des mains d'un délégué du Ministère du Travail des Aînés.

Ce fut le plus beau jour de ma vie.

Ce fut aussi son dernier.

Amis de cui cui, vive la retraite à 67 ans, puis 70 ans et enfin à 74 ans pour le bien de l'économie et des équilibres financiers si nécessaires au bonheur et à la perpétuation de l'espèce humaine, qu'ils disent !

La mort et la déchéance sont indubitablement au bout de cette réforme qui résoudra au moins un problème majeur : celui de l'euthanasie.

Bon courage et à après !


Cui cui, le volatile ouf

 
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