mercredi, 17 février 2010
L'OUBLI

Pour les haïtiens, leurs vivants, leurs morts, leur misère. Disparus de tous les médias, un glissement de terrain tuant des enfants vaut un entrefilet. Not' Président leur fait l'honneur de quelques heures.
Changer le monde
Pour les SDF, plus personne ne devait dormir dans la rue. Les tentes dressées dans les bois, aux abords des périphériques, ce n'est plus la rue.
Changer le monde
Pour les fermetures d'entreprises, les salariés inscrits au chômage, les fins de droits. Pas une ligne. Quelques mots dans la presse pour les nouveaux licenciés, le temps d'une brève au journal télévisé.
Changer le monde
Pour les profs, pas de remplacements. Le ministre parle de sécurité. La suppression de postes organisée dans les lycées ciblés créée l'insécurité.
Changer le monde
Pour l'échec du plan banlieue de Fadéla, pas un écho. Rien n'a changé, là-bas.
Changer le monde
Pour les retraites, la réforme repoussée bien après les élections pour ne pas oublier de ne pas perdre des voix.
Changer le monde
Pour les stocks de vaccin, l'enquête sur la complicité de l'OMS, celle des laboratoires, R. Bachelot occupée à faire des boules de neige.
Changer le monde
Pour les plans de relances qui n'ont rien relancé.
Changer le monde
Pour les banques, leurs spéculations, leurs bénéfices, leurs stock-options, leurs parachutes dorés, les retraites chapeaux des Proglio et autres ...
Changer le monde
Pour Alzheimer, claironnée cause n°1 que tout le monde a oublié. Mais ça, c'est normal...
Changer le monde
Agathe
06:00 Publié dans La vie en chansonnette | Lien permanent | Commentaires (81) | Envoyer cette note | Tags : promesses, chansons, dansons maintenant
samedi, 05 juillet 2008
SUPPLEMENT TAIRE

Les heures supplémentaires : La mesure phare du gouvernement.
Une satisfaction quasi générale.
Les 35 heures étaient devenues un choix. Les "courageux" seraient payés "plus" de leurs efforts. "La France qui travaille" - méritait une récompense. Bien avant cette annonce dont la priorité est de terminer la préparation de "l'opinion publique" au changement, des quantités d'articles prédisposaient à la future fin des 35 heures intenables. Ensuite, l'Europe a encadré le temps de travail avec un maximum à 65 heures ...
L'Assemblée a envisagé tout récemment de "libérer" encore "plus" les entreprises des contraintes horaires.
Pourtant, il existe depuis longtemps des aménagements sur les contrats de travail toutes catégories socio-professionnelles confondues : "En contrepartie de l'accomplissement de ses fonctions, M xxxxxxxxx percevra une rémunération annuelle brute de xxxxxxx € (en lettres) correspondant à une rémunération brute mensuelle de xxxxx euros (en lettres) payable le dernier jour du mois.
De convention expresse, le salaire fixe précité a un caractère forfaitaire.
En conséquence :
Il est établi sur la base du salaire minimum conventionnel correspondant au coefficient dont relève le poste du salarié ;
Il inclut mensuellement toutes les majorations pour le dépassement du temps de travail au-delà de l'horaire hebdomadaire pratiqué actuellement et ultérieurement au sein de la société xxxxxxxxx à concurrence de 45H (Quarante cinq heures) par semaine au maximum.
La rémunération ainsi convenue tient compte des fonctions occupées et des nécessités de l'entreprise.
Elle pourra être révisée s'il y a lieu à l'initiative de la partie qui en ferait la demande, au cas où la présente clause ferait globalement apparaître un déséquilibre global, auquel il serait jugé équitable de remédier.
Il est rappelé que le salarié effectue des missions au sein de sociétés clientes de la société xxxxxxxx rendant difficile le décompte de leur temps de travail du fait de l'éloignement géographique du siège social. "
Évidemment, tout ceci soulève une question ...
"A quel moment, pourrais-je être payée de mes heures supplémentaires promises par mon Président, car je travaille plus pour gagner plus".
A partir de la 46 ème heure, ce sera de nuit ...
Des dépenses supplémentaires d'électricité ...
Pas très écologique.

Agathe
10:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : promesses, paroles, lois, heures sup
jeudi, 10 avril 2008
L'amour du risque

Il y avait, d'un côté, de la dentelle, du sur-mesure. Une fragilité aussi. La délicatesse française.
De l'autre côté, le tout-venant, le massif. La puissance. La bestialité indienne.
Une fusion ; mais pas vraiment. Un dépassement par le rapprochement, plutôt.
Finalement, un processus amoureux. Lady Arcelor et Mittal, l'homme des bois.
Elie Cohen, irréductible romantique, ne s'y était pas trompé. Il déclamait, dès juin 2006 :
"On peut estimer qu’il n’y a pas de problème d’emploi majeur dans la fusion Arcelor-Mittal en Europe, pour la raison simple suivante : les actifs des deux entreprises en Europe sont complémentaires, Arcelor étant très présent dans les aciers de spécialité, Mittal étant plutôt présent, mais faiblement, dans les aciers de commodité. Il n’y a donc pas de problème de redondance, donc il y a une faible probabilité de rationalisation en Europe." suite
Alain Lambert, fiévreux :
"Compte tenu de la demande mondiale d'acier non satisfaite, nos emplois ne sont pas menacés, et c'est bien l'essentiel ! Et si c'était un avertissement sans frais susceptible de réveiller ceux qui rêvent encore d'un monde qui n'est plus ? Ce serait alors salutaire." suite
L'amour, c'est regarder ensemble dans la même direction, disait Saint-Exupéry.
Cette passion devait finalement, les premiers émois éteints, s'en remettre à la raison. Rationaliser.
Gandrange. Après les langoureux effeuillages, les fermetures éclair.

"J'aime les usines, j'aime l'industrie et je crois en la sidérurgie.
Je ne lâcherai pas sur le sujet !" lança le Priape élyséen aux syndicats, mauvais coucheurs.
« Les déclarations de Nicolas Sarkozy à Gandrange, le 4 février, avaient pourtant suscité l’espoir. «Au plus haut niveau de l’Etat, on s’engage à ne pas vous laisser tomber», avait-il déclaré sous les applaudissements, quitte à «mettre de l’argent, s’il le faut, dans l’outil de production». Il l’avait promis : il reviendrait dans l’usine «annoncer la solution qu’on aura trouvée». Source Libération du 31/03/08
Ensuite, les volte-face d'une Christine Lagarde migraineuse, au bord de la démission ; elle condamne dans un premier temps l’ingérence du président dans une société privée puis accorde son discours à celui du chef de l’Etat : «La Ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé dimanche que "l'objectif principal du gouvernement" pour l'avenir de l'usine Arcelor Mittal de Gandrange (Moselle) était de "sauvegarder les emplois" en évoquant des "partenaires privés extérieurs". Afp journal Internet.
De nouveaux partenaires, c'était l'idée. Hélas, le viagra présidentiel n'y fit rien ; c'était du dentifrice.

La suite est connue. Mittal découche. Les syndicats d’Arcelor Mittal ne se laissent pas embarquer par les promesses de Sarkozy englouties avec les régions perdues lors des dernières municipales.
Le pire reste à venir pour les futurs chômeurs d’Arcelor Mittal : La tolérance zéro sera appliquée pour ces futurs assistés, contrôles renforcés (radiations à gogo), le nouveau programme présidentiel des Assedics. Le chef de l'Etat annonce une loi pour sanctionner les chômeurs qui refusent deux offres d'emploi. Liberation.fr (avec source AFP) – 8/04/08
Dans un même temps, le dynamique Président lance une bouée en visant la tête.
Et l’amour dans tout ça ?
« Réinventer l’amour (point de Rimbaud). Rappelons que Théodore Zeldin affirme lui aussi que l’aventure du XXIe siècle, l’objet même de l’Histoire, sera le dialogue entre l’homme et la femme, dialogue aimant si possible, amical nécessairement… Or, l’amour est menacé de toutes parts : sur sa droite par les libertins ; sur sa gauche par les libéraux. Oui, l’amour n’est pas qu’un "contrat entre deux individus libres et égaux". Oui, rappelle Alain Badiou, "c’est ce qui commence au-delà du désir et de la demande". En somme, l’amour ou la nouvelle cause du peuple. »
Alain Badiou.
Agathe
07:00 Publié dans Economie, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (80) | Envoyer cette note | Tags : Mittal-Arcelor, chômage, promesses, spéculation










