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vendredi, 15 août 2008

L’été des hyènes.

Dépêche AEP Jeudi 14 août 2008 – 20:47

"Un canard sauvage pris par un malaise cardiaque  alors qu’il survolait la région parisienne, précisément au dessus du village de Coubron en Seine Saint Denis, s’est écrasé en piqué sur le crâne d’un jeune mineur de 12 ans.

 1851870747.jpgL'adolescent était en train de déjeuner ce jeudi à 13h39 avec ses parents et grands parents à l’occasion d’un barbecue.

Alors que le jeune homme dégustait un magret de canard, il a été assommé par le contact violent du bec du volatile… Le petit Donald est dans le coma. Les médecins réservent leurs diagnostics. Le juge a mis en garde à vue le boucher qui a vendu le magret ainsi que les grands parents qui avaient préparé ce barbecue. L'enquête suit son cours. L'oiseau n'aurait pas succombé à ses blessures selon le Professeur Piquessou, le grand chirurgien spécialiste en traumatologie appelé en urgence au chevet de l'assassin présumé.

Une cellule de crise a été installée et une équipe de soutien psychologique composée de 17 membres a été envoyée sur les lieux… Mmes Alliot Marie, Roselyne Bachelot, Rachida Dati, Nadine, Morano et Rama Yade se sont déplacées sur les lieux devant les photographes pour soutenir les parents du petit Donald. Le Président Sarkozy est attendu pour une conférence de Presse imminente sur le lieu du drame.

Le député UMP Louis Mariano a déposé un projet de Loi réclamant l’interdiction des vols pour tous les canards sauvages non bagués. Le député du nouveau centre, Raymond Barbeuq a, quant à lui, déposé une proposition de Loi stipulant que tout barbecue devra désormais se situer obligatoirement dans un endroit couvert à l'abri des chutes de volatiles. D’autre part il a requis auprès du gouvernement; qu’une visite médicale systématique, renouvelable chaque année, soit effectuée sur tous les canards étrangers bagués,  qui survoleraient l’espace aérien français.

1442918005.jpgMonsieur Brice Hortefeux a déclaré qu’un contingent de 238 canards non bagués serait expulsé dans les 6 jours à venir par charter spécialement aménagé. Le président de la République, de son côté, a exigé de son Ministre de l'Identité Nationale, devant un parterre de 274 journalistes venus pour l'occasion, un quota d'expulsion de 16453 palmipèdes pour l'année 2008.

Le journaliste de TP1, Hardy Tulipick, dès le début du journal de 20 h de ce jeudi a consacré pas moins de 5 reportages sur toutes les facettes de ce terrible accident qui a traumatisé durablement la France entière.  En fin de journal, un reporter de TP1, Florent Chiale a affirmé, que le canard s'était pendu, il y a quelques minutes en salle de réanimation." Fin de la dépêche.

Dépêche AEP du jeudi 14 août 2008 - 21:12

"Un démenti formel des autorités concernant l'annonce du suicide du volatile vient de tomber du Ministère de l'Intérieur qui signale qu'en réalité le canard s’était réveillé, il ne souffrirait d'aucune séquelle physique : il a été immédiatement placé en garde à vue par le juge Gontran et conduit, menottes aux pattes pour un interrogatoire.

La direction de TP1 s'est excusée auprès de ses téléspectateurs de l'émoi provoqué par une annonce erronée due à son désir d'informer toujours plus rapidement . "TP1 est  particulièrement soucieuse de satisfaire la légitime curiosité d'un public  toujours plus exigeant et avisé. Cette recherche d'une information toujours plus efficace peut hélas, très occasionnellement, entraîner quelques  légers disfonctionnements" a déclaré Monsieur Jean-Claude Bronze,.directeur de l'information de la chaîne.

D'autre part, on apprend que les jours du petit Donald ne seraient plus en danger selon certaines souces fiables."  Fin de la dépêche.

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S'il faut une morale à ce pastiche loufoque, étrangement proche de la réalité de cet été 2008, je vous en livrerais en réalité six.

1)   Les médias sont comme des hyènes, ils adorent tout ce qui est morbide, tout ce qui flatte les instincts les plus bas et les victimes les plus innocentes possibles sont celles dont ils font le plus leurs choux gras, mais on le savait déjà...

2)   La propension des journalistes à penser que tout est prévisible, que tout phénomène naturel dangereux est susceptible d'être jugulé et que toute fatalité n'existe pas ; qu’il faille TOUJOURS et SYSTÉMATIQUEMENT trouver un responsable pour la moindre catastrophe montre que la société moderne est en train de péter les boulons (l’histoire des malheureux ados tués par la chute malencontreuse de la branche qui a cassé lors d’une tempête mal annoncée en est l’exemple type). Jamais l’homme ne pourra parfaitement maîtriser les calamités naturelles, imprévisibles par essence ! Dans cette société hyper protégée et aseptisée, beaucoup se refusent à  admettre qu'une énorme part d'imprévu est incompressible.

3)   À force de faire dans le nécrophage, l’abject, le crime odieux, les médias se décrédibilisent car leur recherche du scoop finit par entraîner des annonces toujours plus croustillantes qui conduisent fatalement à des fautes impardonnables. La culture du sensationnel est un cul de sac marécageux où faute de contenus politiques, culturels ou un peu intellectuels, la plupart des médias se vautrent voluptueusement, sans même s’apercevoir qu’ils creusent leurs tombes et restreignent chaque jour davantage le peu de crédit qu’il leur reste.

1752550300.jpg4)   À force de consommer et de nous servir de la charogne et du faisandé à tous les repas, il est normal, un jour de se retrouver avec un  terrible mal de ventre…

5)   La Justice a tendance à se décrédibiliser également chaque jour en plaçant en garde à vue par facilité, à tours de bras, des personnes innocentes qui traîneront toujours cette infamie d'avoir été arrêtées et soupçonnées. Il y a beaucoup d'inconstance et de désinvolture dans les décisions judiciaires. Une vie peut être ruinée, un individu traumatisé définitivement à cause d'une garde à vue abusive et toujours humiliante.

6)    Enfin et surtout, la surenchère exaspérante des acteurs de la vie civile (associations, notamment), politique et administrative qui ne cessent d'édicter sanc cesse, à chaud  sous le coup d'émotions, de nouvelles lois, de nouveaux réglements, de nouvelles entraves à la liberté pour l'hypothétique bien de la collectivité sans s'apercevoir qu'un jour, s'ils persistent dans cette voie, il ne nous restera pratiquement ni libre arbitre, ni liberté individuelle...

Ce n'est que le modeste avis d’un lointain cousin du canard incarcéré, qui déteste les hyènes et les vautours et qui reste épris du peu de liberté qu'il lui reste…

Profitez bien de votre 15 août car après, les choses risquent de se compliquer...

Um merci particulier pour le DEL 3 à qui j'ai emprunté la hyène...

À plus.

Cui cui l’oiseau libre, ennemi des chiens écrasés. 

lundi, 09 juin 2008

Le monde est un oignon

 

771380167.jpg

 

Alan Turing, à partir des années trente, avait le projet de « construire un cerveau. »

 

« Ce qui m’intéresse, écrivait-il, n’est pas de mettre au point un cerveau puissant, rien qu’un cerveau médiocre, dans le genre de celui du président de l’American Telephone and Telegraph Company. »

 

« L’analogie de la peau de l’oignon est aussi utile. En considérant les fonctions de l’esprit ou du cerveau, nous trouvons certaines opérations que nous pouvons expliquer en termes purement mécaniques. Nous disons que cela ne correspond pas à l’esprit véritable : c’est une sorte de peau que nous devons arracher si nous voulons trouver l’esprit véritable. Mais dans ce qui reste, nous trouvons une autre peau à arracher et ainsi de suite. En procédant de la sorte, arrivons-nous jamais à l’esprit "véritable" ou parvenons-nous finalement à la peau qui ne contient rien ? Dans ce dernier cas, tout l’esprit est mécanique (ce ne serait pas une machine à états discrets, cependant. Nous en avons discuté.) »

Turing - "Computing Machinery and Intelligence"

 

Depuis quelques temps, ici et là, et conjointement à la dégradation de la santé financière des médias traditionnels, la défiance à l’égard d’Internet se renforce. On connaît les assertions outrées de quelques « penseurs », frappés de panique numérique.

Ainsi, la presse écrite souffre-t-elle, en dehors de toute responsabilité propre, de l’expansion de ce « nouveau » média. Marc Tessier et Maxime Baffert, dans leur rapport « La presse au défi du numérique », en 2007, écrivent :
« À ce jour, l’arrivée d’un nouveau média n’a jamais fait disparaître les autres médias. L’arrivée de la radio n’a pas fait disparaître les journaux, de même que le développement de la télévision n’a pas empêché le maintien d’une présence forte de la presse et de la radio. Cependant, si l’irruption d’un nouveau média n’entraîne pas la disparition des autres, elle remet en cause leurs positions acquises. Elle conduit ainsi, le plus souvent, à une réduction de leur place ainsi qu’à un bouleversement des équilibres économiques sur lesquels ils avaient bâti leur croissance. En particulier, les médias déjà en place sont conduits à renoncer à certaines activités et certaines fonctions que le nouveau venu réalise de façon plus efficace ou plus avantageuse. Les spécificités des médias numériques font que cet impact est particulièrement fort pour la presse. En effet, ces nouveaux venus présentent la caractéristique de proposer tout ce que les autres médias proposent déjà - écrit, son, image, vidéo... - selon des modalités et des caractéristiques qui lui sont néanmoins propres. Internet oblige donc les autres médias, tout particulièrement la presse écrite, à prendre en compte cette concurrence frontale et à gérer un risque de “cannibalisation” beaucoup plus fort. »

La télévision n’est pas en reste. TF1 traverse une « passe difficile », selon son directeur général. Les résultats financiers et le cours de l’action sont en baisse. « Nous sommes en guerre ! », renchérit Paolini. On sait bien de quelle façon cette situation a pu peser sur l’annonce de la fin de la publicité sur les chaînes de service public.

http://www.marianne2.fr/TF1-est-en-guerre-!_a87908.html?PHPSESSID=c5c6c98d2b

Les attaques fusent à l’endroit du Net, qui n’ont pas beaucoup plus d’objet que de tenter de rehausser les vertus de ceux qui les lancent. Ce qui revient souvent, c’est la question de la vérité ; comment démêler le vrai du faux, comment endiguer le flux des rumeurs ? Et, toujours, le média traditionnel se posant comme garant de la vérité ; enquêtes, informations recoupées etc…

Devant le reflux des médias traditionnels dont on ne pleurera pas beaucoup le sort, n'ayant pas simplement su "faire des journaux" ou "faire de la télévision" mais ayant seulement occupé le terrain, le Net se positionne comme média protéiforme et en expansion. Qu'il conviendra d'encadrer et formater (un peu plus, encore)...

http://www.ecrans.fr/Le-gouvernement-veut-filtrer-le,4286.html

Les formes connues s’y multiplient : commerce, télévision et journaux (il faut y être), mise à disposition de documents, musique, organisation verticale, entreprises, publicité etc… Mais quelque chose d’autre émerge (aussi) ; l’affirmation d’individus actifs pris dans le maillage du réseau mondial, ce que Olivier Blondeau nomme la production de nouvelles subjectivités. Voir et être vu, montrer et faire, se transformer et surgir (et la jouissance qui en découle) sont des figures communes et intrinsèques du système.

Jello Biafra inventa, il y a quelques années, le slogan « don’t hate the media, become the media »et qui devait être repris goulûment par bon nombre d’acteurs du Net-activisme. A l’heure d’Internet, le devenir-média de l’individu (du « dividu » pour reprendre le label de quelques nétocrates deleuzo-dépendants) semble mécanique. Il est un média quoiqu’il arrive. Cela semble suffisant. Hors les propriétés de la structure (immédiateté, plasticité, globalité, dissémination…), rien ne vient dire ce qu’il convient d’affirmer.

L’affirmation. Dire quelque chose dans le réseau, imposer une forme. Se contenter de se positionner en tant que média irrémédiable, moi augmenté, est assez monotone. Cet espace social ne peut se reposer uniquement sur son mode d’organisation défini par les connexions ; au risque de voir surgir à nouveau le règne de la simple consommation (de soi-même, finalement, en tant que produit du Net.) Un cerveau médiocre et sain.

Ici comme ailleurs, la création, l’affirmation, la construction d’objets, susceptibles d’influer sur l’environnement, de tordre les usages courants et de transcender la technique, demeurent cruciales…

Ce que télévision et presse ne font plus depuis longtemps.

Rien de bien virtuel dans tout cela…

 

 

 

f

 

vendredi, 22 février 2008

VSD et la déontologie.

La défense des journalistes, à VSD, est elle variable en fonction de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ?

 

La polémique en cours sur les déclarations d’Emmanuelle Mignon au sujet des sectes, recueillies par Emmanuel Fansten, journaliste pour VSD, me laisse songeur.

Et même un peu inquiet.

Pas à cause de la teneur des interviews successives d’Emmanuelle Mignon, ni sur ses dénégations à propos de cet entretien. Cela est déjà activement, et largement,débattu, avec raison.
 

Non, ce n’est pas, pour une fois, une question de fond que je me pose, mais de forme.

Paradoxalement, à la lecture du soutien par le (parfois) pétillant rédacteur en chef délégué, Marc Dolisi, je suis presque soucieux pour l’avenir de Monsieur Fansten.

Parce que paradoxalement, à VSD, l'appui de la direction du magazine peut être plutôt un mauvais signe pour un journaliste.

A moins que les temps aient changés pour cause de péréquation entre les aspirations d’un lectorat plutôt populaire et une cote d’amour du Président de la République en chute libre. 

 Explication de mon inquiétude :

 Fin 2003 je travaillais à VSD comme pigiste permanent, mensualisé, depuis presque trois ans. (statut dérogatoire à la législation mais il faut bien vivre)

Rédacteur d’une rubrique hebdomadaire et de reportages de terrain dans le domaine du sport-aventure et de « l’outdoor », ma vie s’écoulait entre voyages autour du monde et tests d’activités extrêmes, à mon plus grand bonheur et à celui de la rédaction en chef.

J’étais dans mon domaine de pertinence, bien loin de la police nationale que j’avais quitté en 2001 pour devenir journaliste sportif.

Fin 2003, la direction des informations de ce magazine se remémore mon passé et me demande si j’ai toujours des contacts dans mon ancienne administration.

 

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Le but ?

Publier un article sur ce que pensent les flics de base de la politique menée par leur très médiatique Ministre de l’Intérieur, Monsieur Sarkozy.

J’interviewe une dizaine de policiers, dans toute la France, sur des thèmes aussi divers que les méthodes de production des chiffres de la délinquance, les nouvelles lois et unités de police, les relations hiérarchiques et ce qu’ils pensent des conseillers de leur ministre.

Je précise que je ne livre pas mon avis et remet à la rédaction de VSD l’intégralité des témoignages, qu’elle organise pour publier un article comprenant 3 pages de texte dans le numéro du 20 au 26 novembre 2003.

Ce dossier laisse apparaître de nombreux doutes et interrogations des policiers de base sur les directives de Sécurité Publique, mais aussi, je le précise, des opinions favorables.

Il est illustré par des dessins plutôt très critiques du dessinateur Tignous, choisis par la direction de ce magazine, sans aucun avis de ma part à ce sujet.

Je suis chaudement félicité pour mon travail.

 

Cela fait en effet du bruit, aucun journaliste, dans la presse « populaire », n’ayant encore osé ce type de « papier ».

Le 25 novembre de la même année, le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur Gaudin, fait paraître sur le site intranet de la Police Nationale le courrier de réponse qu’il adresse à Monsieur Christian Moguérou, Rédacteur en chef de VSD.

Ce courrier se conclut ainsi : « Il me paraissait néanmoins essentiel de vous fournir quelques éléments permettant de nuancer certaines affirmations péremptoires et peu objectives portées à la connaissance de vos journalistes et de vos lecteurs », suivi d’un NB en gras pour le moins étonnant : « Monsieur Louboutin est un ancien officier de police récemment démissionnaire ».

Histoire d’entendre que j’avais, pour cette raison, « bidonné » l’article paru.

Messieurs Moguérou et Dolisi (son adjoint), ainsi que Monsieur Jean Marie Burn, directeur de publication, m’assurent d’une réponse sans délai à Monsieur Gaudin et de leur total soutien.

Dans la réalité, ce magazine coupera dans les jours suivants toute relation avec moi, oubliant nos projets prévus pour les mois à venir, refusant de me recevoir ou même de me prendre au téléphone, malgré plusieurs courriers AR envoyés en désespoir de cause.

L’arrivée de Philippe Labi comme nouveau Directeur de publication, également sollicité par courrier AR, ne changera rien au mutisme inexplicable de la direction de VSD à mon encontre.

Prisma Presse mettra, de plus, un an à me remettre les feuilles jaunes me permettant de toucher une prestation chômage…me privant donc de revenus.

Dans le même temps, fruit du hasard, je suis l’objet d’une très conséquente taxation fiscale d’office dont il me faudra des mois pour faire établir la totale absence de justification…

Lâché (enterré ?) par mon employeur, en réelle situation de survie, je finirais, début 2005, quelques mois SDF à subsister de boulots précaires.

Cinq ans plus tard (outre le fait que les policiers de terrain n’ont pas varié pour la plupart dans leur scepticisme et c'est du domaine public) Marc Dolisi assure à nouveau un de ses journalistes du soutien de la rédaction de VSD, à propos cette fois ci de la déclaration d’une directrice de cabinet de Monsieur le Président de la République.

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Au vu de mon expérience, je ne suis pas certain que cela soit une bonne nouvelle pour Emmanuel Fansten.

A moins que VSD ne surfe actuellement, pour cause de dopage des chiffres de diffusion, sur la décote actuelle de Monsieur le Président de la République, après avoir fait sans vergogne durant des années ses choux gras en l’imposant en couverture « People » avec son ex et/ou sa nouvelle épouse…

C'est vrai que la tendance actuelle d'une partie de la presse est la chasse en meute d'un gibier qu'elle a longtemps caressé dans le sens du poil.

La seule chose dont je sois sûr c'est, que si besoin est, je garde une place sur le canapé de mon salon à Emmanuel Fansten.

Juste au cas où...

 

Marc Louboutin

Journaliste.Ecrivain

(Métier de chien – Lettres à Nicolas)

 
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