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vendredi, 19 juin 2009

Qui me parle ?

 

 

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Les partis politiques parlent à leurs publics, ils s'adressent « aux déjà acquis ». La situation actuelle est plutôt au désintérêt général puisque les progressions en terme d'adhérents (toutes tendances confondues) établissent des courbes descendantes.

 

La rencontre des individus se fait surtout au travers d'échéances politiques. Ainsi, les enjeux électoraux centralisent la profusion de messages et les sorties d'élus ou de militants. Qui n'a pas croisé un élu à réélire sur son marché ou récupéré un tract à la sortie du métro ? Juste pour ce moment là …

 

De rien à tout, tout à coup.

 

Assister à des réunions politiques (tardives) est un acte volontaire. Après une « dure » journée de travail, plus d'un est resté pantois quant à l'intérêt de ce qu'il en est ressorti bien qu'initié et réceptif. Qu'en est-il des laissés pour compte ? Ceux jamais approchés dont les attentes sont un travail, un logement dont la vie est de se débattre …

 

La majorité des citoyens froissent le tract ou passent à côté de l'élu sans s'arrêter. A quoi sert de perdre du temps pour des rencontres ponctuelles ? L'élu souhaite conserver ou avoir sa place pour défendre, aider ...

Le combat est un combat constant, certains le mènent sans doute mais où et quand ?

 

Qui me parle ?

 

Les actions menées sur le terrain par nombre d'associations cernent au mieux les attentes en connaissant parfaitement les problèmes de la population. L'esprit y est très souvent apolitique. Les partis (de tout bord) s'invitent souvent miraculeusement, passionnés subitement pour un travail fait, alléchés par la notoriété d'une organisation bénévole.

 

Au moment où les urnes doivent parler.

 

Qui me parle ?

 

Les plus jeunes dénoncent ces procédés. Les banlieusards ont fréquemment et à raison invectivé les journalistes et les politicards dont les déplacements coïncidaient avec des besoins de stigmatisation sécuritaire ou électifs.

 

Eux, ils se débrouillent avec leur petites associations avec lesquelles ils peuvent au moins obtenir quelques conseils et un peu d'aide. Quand « on » leur parle politique, ils répondent :

 

Qui nous parle ?

 

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Agathe

lundi, 10 mars 2008

Les municipales... Et après ?

De nombreuses réserves accompagnent le succès, ou demi-succès de la gauche institutionnelle au soir du premier tour des élections municipales et cantonales.

La première d’entre elles étant l’équivoque qui depuis les présidentielles entoure le PS comme un nuage toxique attaquant ses lignes et désorientant ses troupes, laissant l’électeur déconcerté. Un nuage qualifié d’« ouverture » par ses partisans et de débauchage éhonté par ses détracteurs. L’ouverture est malsaine lorsqu’elle consiste à débaucher des gens du camp d’en face pour les faire travailler à la gloire du camp (provisoirement) victorieux. C’est un très mauvais coup porté à la cohésion des rangs, elle-même associée à une ligne politique claire et susceptible de recueillir l’assentiment du citoyen lambda mué en petit soldat des urnes.

Depuis les présidentielles, les sympathisants de gauche ont vécu cette vente à la découpe du noyau incompressible de l’identité de gauche, accomplie tant par les transfuges, que par la droite, que, et c’est le plus désolant, par les caciques du PS. Ces derniers s’entre-déchirant dans un concours de beauté où le plus libéral semblait devoir décrocher la timbale de la « modernisation » (autre mot piège) du PS et, pourquoi pas, de la gauche bien pensante. Une «rupture» qui se traduirait par un rapprochement des lignes du PS et de l’Ump sur un certain nombre de thèmes (sécurité ; valeur travail…). Perspective qui est, semble-t-il, plébiscitée par une partie de l’électorat, déboussolé de cette formation éclatée et dont la référence plus ou moins revendiquée à un libéralisme musclé tient lieu de ligne de rassemblement à ses dirigeants par ailleurs très hostiles les uns aux autres.

N’a-t-on pas été jusqu’à entendre la Maldonne des sondages réclamer une alliance nationale PS-Modem pour le second tour ? Ce qui augure d’une réforme du parti qui tire à droite. Pour tout ceci, les résultats de ce premier tour n’incitent pas à éprouver une joie sans nuage.

Et cependant, on doit tout de même admettre l’intérêt de cette remontée en puissance de la gauche, avec à côté d’elle l’arrivée encore timide d’une nouvelle force à sa gauche, quant à la symbolique de la reconquête possible qu’elle induit chez les citoyens de cette famille politique.
On peut sans doute y voir l’effet inverse de la lamentable période de basses eaux que les élections présidentielles et législatives ont pu provoquer au sein de cet électorat. A entendre les leaders du PS hier, on ne pouvait manquer d’être agréablement surpris par la reprise dans leurs propos de l’ensemble des thèmes d’actualité politique et sociale qui sont au cœur des préoccupations desFrançais, et surtout des plus modestes, et qui sont le fond de commerce un temps oublié par ses élus de la gauche dans sa globalité. C’était un peu comme si les responsables de la gauche institutionnelleavaient ouvert le journal avant-hier, pour la première fois de longs mois voire années, afin de prendre connaissance de la situation que vivaient leurs concitoyens. Et là, miracle. Ce parti sans idées trouvait devant lui un cadre tout prêt à l’emploi qui, le hasard faisant bien les choses, s’articulait comme tout naturellement avec ce qu’il est censé défendre : une société pour tous, une solidarité réelle, des institutions au service de l’intérêt général. Bref, tout ce que le pouvoir de droite avait passé par pertes et profits, profitant d’une intense préparation des esprits sous la gauche comme la droite, tendant à faire passer la solidarité pour de l’assistanat et les personnes en difficulté pour des profiteurs du système.

Maintenant, la question se pose de savoir si cette prise de conscience de ce grand amnésique qu’est le PS sera durable ou simplement éphémère ? Plus concrètement, la promesse, lancée par certains leaders de gauche, de faire des collectivités locales, plus qu’un simple contre-pouvoir, mais un véritable pouvoir initiant une politique qui soit en mesure de proposer une résistance voire une alternative – évidemment en tenant compte des moyens limités des collectivités territoriales – à la politique de casse de la droite, sera-t-elle davantage tenue que celle qui voulait faire des régions les laboratoires d’une politique de gauche ?

Nous avons quatre ans pour en juger. Espérons que quelques mois ne suffiront pas pour constater, une fois de plus, que cette perspective a été jetée aux oubliettes, comme les précédentes.
       
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