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lundi, 13 décembre 2010

le songe d'alain delon

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Bon, d'accord ...
mais il n'est pas le seul !
C'est sans doute ce qui explique l'intérêt de ses concitoyens pour le problème des retraites. Soucieux des préoccupations parfaitement fondées d'Alain Delon, comme de la grande majorité de ses concitoyens Bernard Friot a résolu de les éclairer sur les véritables enjeux de la réforme des retraites, et mine de rien, il nous donne une superbe leçon de chose pour expliciter « le fétiche de la marchandise et son secret » , à l'usage du « français moyen »  .
Deux heures de conférence/débat , passionnantes et stimulantes qui certainement intéresseront Alain Delon , et quelques autres provisoirement moins affectés ...

mercredi, 14 juillet 2010

ta mère – victoires [3/3]

 

 

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- Tu ramènes un match de foot à l’histoire, avec un « grand H » ?! Rien que ça ?!!

- Celui-là, oui ! Pas la partie dans la cour de récré ; ni même celui des quatrièmes divisions qui jouent le week-end – eux, ils ne jouent pas de tels enjeux. Et, oui, c’est toujours du foot – mais pas les mêmes contextes !

- Ouf ! Tu es en forme aujourd’hui…

- Pas plus que d’habitude, je crois.

- C’est que moi, je suis vanné… J’ai bossé toute la journée !

- Oh, ça ! Comme je roupille toute la journée, ça ne me demande pas beaucoup de travail le soir pour me tenir éveillé !

- Ou alors ça fait longtemps que tu n’as pas eu de débat comme aujourd’hui ?

- Non. Pas particulièrement.

- En tout cas, ça fait du bien de débattre avec toi, même si je ne suis pas d’accord…

- Hein ? Quoi ?! Pas d’accord ?!! Avec tout ce que je viens de te dire ?!! J’ai parlé dans le vent, alors ?

- Euh, même si je suis un peu d’accord – mais pas avec tout. Tu dis : « Il y a du sacré ». Pour moi, s’il y a du sacré, il y a un rituel. Et le football, c’est un rituel de paix entre les nations et les joueurs.

- Oui, théoriquement. Et, pour ce qui concerne le sacré, c’est celui des affects, et de l’intime.

- Pour moi, le football, c’est un sport où doit régner le fair-play – d’ailleurs, le sport, c’est fait pour réconcilier les peuples, apaiser les passions…

- Ça, c’est… abstrait pour le coup ! Peace and love…

- Non, pour moi, ça, c’est concret !

- Ton truc, c’est le Baron de Coubertin ! Sur le papier, je veux bien… Ou alors, si tu veux que ça soit réellement du concret, il faudra qu’à chaque match dans les cours de récré, qu’il y ait un ou plusieurs adultes, qui viennent expliquer et surveiller chaque mouvement, chaque geste déplacé ! Bon. Allez ! Attention, je vais dire une horreur : il y a une vertu de l’insulte – je parle pour Zidane…

- Pour Zidane, c’est un coup de boule !

- Eh bien, il y a une « vertu du coup de boule » ! Parce que le coup de boule – et l’insulte – ils viennent indiquer une limite du supportable ! Et les limites, il ne faut pas hésiter à les afficher !

- J’aurais toujours un problème avec une certaine gauche. Cette gauche qui est prête à prendre les armes, qui est pour la lutte armée, et qui est prête à poser des bombes, et faire sauter des rues avec des innocents…

- Attends, il y a bien des gens qu’il faut se résoudre à qualifier de, euh, de « connards », je suis désolé, c’est le terme – ou des vicelards pourris jusqu’à la moelle, si tu préfères. C’est pas difficile, il y en a un paquet au gouvernement en ce moment. Ces gens-là, ils ne méritent qu’une chose, qu’on leur foute des coups ou qu’on leur donne des baffes. Je ne dis pas que ça les empêchera de continuer, non plus, mais tu ne peux pas savoir le soulagement que ça fait ! Et si personne ne réagit, ils continuent leurs saloperies !

- Moi, je serais toujours contre la violence.

- C’est que tu n’as pas vécu des situations extrêmes. Et, non, je n’ai aucune problème avec la violence. Il y a cette phrase de Brecht : « Seule la violence aide, là où la violence règne ». Maintenant, il faut voir avec la violence de la connerie ! En paraphrasant, je dirais : seul, euh, l’instinct aide, là où la connerie règne !

- Je suis un pacifiste : la violence ne résoudra jamais rien. Des situations extrêmes, j’en ai connues : quand j’ai mon élève de treize ans…

- C’est bien ce que je te dis : tu n’as pas connu de cas extrêmes !!!

- Avec ce gamin de treize ans, en classe, je n’ai pas employé la violence…

- Extrême ! c’est par exemple : tu fais une manif de protestation « alter-mondialiste » – c’est comme ça qu’on dit – et tu as trois CRS devant toi. Tu n’opposes aucune résistance : tu es à terre, allongé et les bras en croix. Et eux, ils ont leurs matraques, leurs casques, leurs boucliers, et ils te foutent sur la gueule ! alors que tu es inoffensif ! Ça, c’est une situation extrême !!! Et, pas si rare que ça, en plus !!! Et, tu viens me dire : je ne me défends pas, parce que je suis pacifiste ??!

- Si : là, je me défends !!!

- Mais là, c’est déjà trop tard !!! Avec une seule matraque, ces trois CRS, ils t’ont mis dans les pommes !

- Je crois à la résistance, comme dans les années 40, avec les sabotages, mais pas aux actes de violence…

- Moi, je suis pour une violence, disons « légitime », qui permet de prévenir de ces situations dégueulasses ! Et la société, dont tu dis « croire aux institutions qui garantissent le respect des droits de tous », elle produit sciemment ces « dérapages », car c’est la nature du système dominant – et de la classe bourgeoise ! Et, comme tu préfères garder tes œillères, je ne pourrais pas te convaincre. Mais, on en reparlera le jour où tu devras défendre ta peau – je ne parle pas de celle des autres – et que tu devras sortir de ta planque !

- Eh ! Voudrais-tu dire par là que je suis quelqu’un de lâche et de soumis ?

- Euh, oublions ça… ahem ! Bon, je retire tout ce que je viens de dire… « mais-je-ne-le-re-gret-te-pas ! »

 

 

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par Albin Didon

lundi, 05 juillet 2010

ta mère – victoires [2/3]

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- Dans la cour de récré, ces insultes sont idiotes, je suis d’accord. Mais là, toi, tu as un discours hypocrite…

- Non.

- Si : tu veux nier la violence.

- Non.

- Es-tu d’accord pour dire que la violence est en chacun de nous ?

- Oui. Mais, on ne règle pas la violence par la violence. Avec les anarchistes comme toi, c’est tout de suite la jungle, la guérilla et la lutte armée !

- Je ne suis pas anarchiste – ni communiste, du reste.

- Mais, tu es pour la violence !

- Pas spécialement. Mais, quand on me cherche, effectivement, on me trouve ! Plutôt que la violence, je suis pour la parole – pour qu’on se dise les choses, d’une part, et aussi, qu’on tienne sa parole, oui.

- Pour moi – et je l’ai toujours dit – tu nous fais le Misanthrope de Molière : Alceste, c’est toujours le sacré, le respect des valeurs, ou alors c’est le sacrilège. La parole à la lettre, et la parole dite seulement. La valeur des mots, dans un sens et pas un autre. Avec l’amour : c’est l’absolu ou rien ! Ce qui agace Célimène d’ailleurs, qui, elle, voudrait bien batifoler de temps en temps. Avec lui, autant vivre dans le désert !

- Mon cher Philinte, je ne suis ni anarchiste, ni communiste… ni misanthrope ! si ce n’est que ça, je n’ai rien contre le batifolage ! Mais, revenons à ta mère alors. On vient donc de chier et pisser sur la gueule de ta mère, et toi, tu dis : « Je reste zen – sang-froid – Gandhi – et je tends l’autre joue ».

- Oui.

- Bon, alors, le gars, il revient donc chier et pisser sur « l’autre joue », et tu dis : « Je reste zen – self control –Gandhi – de marbre – et tu ajoutes : je tends la troisième joue ! »

- Oui.

- Très bien. Alors, les copains du gars, ils viennent le jour d’après pour « la troisième joue » : ta mère, tous les jours, elle est ensevelie sous la merde et inondée de pisse, et toi, tu ne fais toujours rien ?

- Si : je leur donne des coups !

- Voilà : c’est bien ce que je te dis !

- Non, car je crois au groupe social, qui vient t’aider.

- Eh bien là, le groupe social aujourd’hui, il vient, mais du côté de celui qui t’insulte, qui chie et tout le reste !

- Pour moi, tout ça, c’est abstrait.

- Ah ? Bon. Alors, prenons un cas, une expérience qui t’est arrivée. Tu as frappé un de tes élèves, je crois ?

- Non.

- Levé la main sur lui ?

- Non.

- Tu as eu une situation délicate avec un gamin de treize ans, très corpulent, si je me souviens bien…

- Oui, je l’ai agrippé et je l’ai sorti de la classe !

- Tu as commis un acte de violence…

- …qui est interdit. Mais, avec toutes les lois, tout devient interdit alors ! Il se mettait – et mettait les autres – en danger, je l’ai sorti pour qu’il ne me dérange plus – et qu’il ne dérange plus la classe. Je suis d’ailleurs allé voir le chef d’établissement, j’ai fait un rapport, et ai déposé une plainte à la police. Je crois donc au groupe social, et aux institutions de la République.

- Donc, tu es en train de me dire que tu vois bien notre grand Zidane, pendant le match de Coupe du monde, lever son petit doigt vers l’arbitre de terrain, et dire : « Monsieur… Materazzi, il a insulté ma maman… » ?

- Bien sûr que non ! Il faudrait des micros partout, alors !

- Donc, on ne saura jamais ; ou on fait comme je le fais : on déplie ce qu’on voit. On décode ce qu’on a vu. Et puis, on le sait, Materazzi, c’est un provocateur professionnel. Donc, son coup de boule, il l’a aussi cherché !

- Tout ça, pour moi, c’est très abstrait.

- Au contraire, c’est très concret – « palpable » même ! A tel point que je suis presque certain que si on enquêtait, on trouverait des talons de chèques, et de gros mouvements bancaires sur certains comptes !

- Ce n’est pas ce que je vais dire à mes élèves !

- Ah, si ! pourquoi pas ?! Il faut leur dire qu’il y a une disproportion entre Zidane qui joue pour la Coupe du monde, et eux, dans leur petite cour de récré – que ce sont des contextes complètement différents. Avec la Coupe du monde, il y a des enjeux colossaux d’argent. Alors qu’au maximum, tes élèves, ils jouent pour dire qu’ils sont les plus forts aux yeux des copains. Donc, que pour satisfaire leur petite vanité de joueur de foot à la cour de récré aux yeux des copains, c’est effectivement idiot d’insulter la mère de son camarade de jeu.

Quand tu parles de Zidane à tes élèves, tu ne parles pas de violence de l’argent – des enjeux de pognon, je devrais dire. C’est sûr que le téléspectateur gavé de hamburgers, et l’enfant encore moins, ils ne le voient pas le pognon sur l’écran. Ce qu’il voit c’est le coup de boule, d’autant plus qu’on le lui repasse en boucle ! Et puis, à cela, il faut ajouter que Zidane, c’est le monsieur qui fait la pub pour les magasins « E. D. ». Or, quand il donne son coup de boule, il joue aussi sa réputation ! Eh, oui, il y en a encore pour qui défendre l’honneur d’une mère – ou de sa famille – ça passe avant la réputation !

Et puis à ce moment-là, la France et l’Italie, ils jouaient quoi ? Une finale, c’est bien ça ? Bref, là, ils jouent un moment historique du football, alors que tes gamins, dans la cour de récré, ils jouent quoi au maximum ? Donc, oui, là, encore, il faut dire à tes élèves que ça ne mérite pas de s’insulter au foot, juste pour montrer qu’on a une plus grosse quéquette que le copain d’en face !

[fin de la deuxième partie]

 

 

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par Albin Didon

mercredi, 17 mars 2010

soup – opera(i) [2/6]

 

 

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Attends, sur les anglicismes, on a maintenant des « peoples », mais plus de vedettes.

- Et on se demandait où était passé le « peuple » !

- C’est encore plus fort avec les sigles. Ils disent : « vie – aille – pie » ! Very Important Person. Ça ne rigole pas. Ils avaient fait ça avec les « DJ’s », et les « M-C » – masters of ceremony.

- Ils ont fait « jet set », pour ne pas dire la classe aisée, l’aristocratie financière.

- Tiens, dans le domaine professionnel, c’est très fort ! Regarde, il n’y a plus de « marché du travail », mais ?

- Des « ressources humaines »…

- Oui, là, ça fait bien, parce que tu n’es plus considéré comme une marchandise remplaçable : tu es une ressource ! Comme une ressource naturelle ! Comme une matière première ! On exploite pareil – sinon mieux qu’avant – mais c’est mieux dit !

- Et il n’y a plus de « luttes de classes »…

- Eh non : « Jacques », il l’a bien dit : « En France, il-y-a-une-frac-ture-so-cia-le » !

- Il y a ça ; mais aussi, parce qu’il n’y a plus de « classes », mais des « couches » sociales…

- Et, surtout, pas de lutte possible : puisqu’il y a des « partenaires sociaux »…

- Eh hop ! Liquidés, les syndicats gauchistes ! Quoique, dans les faits, la question était réglée depuis un moment…

- Dans les métiers, tu n’as plus d’infirmières, ni d’infirmiers ; mais le personnel médical ; ou le personnel hospitalier c’est-à-dire qu’ils sont polis, et accueillants…

- Là, ça fait comme avec les « gens d’armes », qui sont devenus les « gendarmes »… Mais, au départ, c’est flippant, les « gens d’armes », puisque c’est des types, qui sont armés ! Là, les « gendarmes », c’est attaché, ça fait moins peur.

- Ah, ils ont fait fort, avec la police – mais là, ça ne vient pas de « peaux » et « lisses », hein ! Il n’y a plus de policiers, mais des « gardiens de la paix ».

- Ou des « agents de la force publique ».

- Ah, là, toi, l’individu lambda, tu ne peux plus rien faire ; puisqu’ils « gardent » la paix. Mais, laquelle ?

- Je crois que Coluche – encore lui – disait : « Au lieu de la garder, ils feraient mieux de nous la foutre ! »

- Les « CRS », ce sont les « forces de l’ordre »… mais, pareil : quel ordre ?!

- Celui du bourgeois, du commerçant. Du contribuable…

- Ouais… et du coup, il n’y a plus de « répression », puisqu’ils « maintiennent l’ordre »… Mais, lequel ?

- Celui du préfet.

- Dans le métro, il n’y a plus d’ « agents de sécurité » !

- Ah ?

- Non. Les vigiles, ils ont…

- D’abord, on ne dit pas « vigile », mais « agent de sécurité »…

- Euh, justement… ils ont sur le dos de leur blouson l’inscription : « sûreté ». Donc, ils n’assurent pas ta « sécurité », mais ils veillent à ce que ton trajet soit… « sûr » ! Il doit y avoir autant de vols et d’agressions qu’avant – ici, il ne faut jamais dire plus –, mais, comme c’est marqué sur le blouson… t’es rassuré !

- Tu as remarqué ? Il y a de moins en moins de vidéo-surveillance…

- Ah, enfin !!!

- Euh, non ! Ils sont en train de mettre en place des, euh, « dispositifs »… de vidéo-protection !

- Ah, j’me disais aussi… On ne nous surveille plus, alors – puisqu’on nous « protège », euh, par vidéo ! Oui, ils te regardent ; ou ils regardent ce qu’il se passe. Et dès qu’ils voient qu’il y a (eu) une agression, ils pourront dire : « Ça a été enregistré sur la vidéo : vous êtes protégés ! » Et, donc : inutile d’intervenir au moment de l’agression. C’est ça la protection à distance !!! Et les gens, ils avalent ces conneries…

- Bah, oui ! Plus une connerie est grosse, plus elle passe !

- Sinon, toujours dans le métro. Au moment des manifs…

- Pfff, tu dis « manifs », pour « manifestations ». Mais, « manifester » quoi ? sa joie ? sa présence ?

- Tiens, c’est vrai, je me fais avoir moi aussi ! Quand il y a une contestation populaire, massive, dans la rue, il y a les annonces dans les hauts-parleurs du métro : « Suite à un mouvement social… ». C’est très fort, là aussi. Il y a clairement des grèves à l’extérieur – enfin dans les usines et les bureaux –, donc, un arrêt durable d’activité ; et ils disent « mou-ve-ment-so-cial » !

- Eh, oui : le mouvement continue…

- Tiens, attends, je reviens sur les handicaps : il y a aussi les « personnes à mobilité réduite »…

- Celle-là, elle est forte ! Parce que « mobilité », on ne sait pas ce que c’est : la marche ? ou par véhicule ? Et « réduite », c’est par rapport à quoi, à qui ? Et si t’es petit, enfin, de « petite taille », par rapport à un grand ?

- Par rapport à la norme.

- Oui, mais, c’est quoi la norme ?

- Le plus grand nombre… comme toujours. La majorité.

- Ah, la fameuse « majorité silencieuse » ! Euh, personnellement, je ne l’ai jamais rencontrée ! Pfff, quel foutage de gueule ! Comme si une « majorité » était un ensemble cohérent, un seul corps… « Bruyant » ou non.

- Mais, non, c’est pas ça… La majorité, elle est silencieuse, parce qu’elle baigne dans la « pensée unique » !

- Ah, la la la ! Mettre de la « pensée », là où il n’y en a surtout pas : dans le bien-pensant ! Et « unique », comme on pourrait dire de quelqu’un qu’il est « unique en son genre », singulier…

- Eh oui ! C’est comme ça qu’on produit le « consensus mou » de la « pensée unique » qui baigne dans le « politiquement correct » !

 

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par Albin Didon

 

 

mercredi, 10 mars 2010

Démocratie et désillusions

Chacun de vous aura pu constater la désaffection des citoyens à l'endroit des prochaines élections régionales. Je suis même prêt à parier que ce scrutin ne mobilisera, à tout casser, qu'un maximum de 45 % du corps électoral...

Amis, faut il en rire ou en pleurer ? À vrai dire, je m'en balance royalement !

Ce désintérêt méprisant envers la politique telle qu'elle est conçue actuellement trouve ses racines dans les quelques récriminations qu'il m'est souvent arrivé d'entendre et que les élites ont bien du mal à percevoir, sûres de détenir LA vérité .

Hélas. Mille fois hélas !

piege.jpg- Le premier reproche fait par nos concitoyens à leurs dirigeants politiques est le mensonge. Les promesses électorales factices, les annonces mille fois démenties, le baratin dont l'expert est le chef d'état actuel, les faux fuyants, l'absence d'idées, les programmes tronqués : tout est bon pour se faire élire... Et qu'importe la suite.

- La seconde critique concerne la professionnalisation de la politique. Voir des gens comme Jacques Chirac et des centaines d'autres s'accrocher au pouvoir national ou régional comme des morpions à des poils de cul devient pathétique. Pensez que ce triste sire a habité voire pollué la vie politique du citoyen ordinaire pendant plus de 50 ans ! Quelle plaie !

Vous appelez ce phénomène, la démocratie ?

Moi pas.

Et maintenant Sarkozy, Fillon, Balkany, Estrosi, Frèche, Le Pen, Cohn Bendit, Bayrou, DSK, Fabius, Besancenot, Huchon !

Vous n'en n'avez pas marre, vous, de tous ces clones permanents ? De ce défilé interminable d'ambitions éternelles aux visages identiques années après années, de cette ronde d"égos octogénaires, de cette procession de carriéristes perpétuels ? Pas marre des Hollande imputrescibles, des Frèche mathusalémiens, des Bachelots députées à vie, des Le Pen de père en filles, des Voynet accrochées à leurs mandats, des Charasse increvables et j'en passe des milliers !

Qui n'étouffe pas un rire chagrin quand il entend tel leader politique comme ces malades du Pouvoir, addicts à la toute-puissance que sont Copé, Villepin ou Bayrou, déclarer, des trémolos dans la voix, qu'ils souhaitent se consacrer corps et âme, à la Nation pour notre bien ?

- Le troisième et dernier grief imputé aux dirigeants politiques est leur impuissance chronique à changer les tares du système, quand bien même leur bonne foi ne serait pas mise en doute ! Quid des chefs d'états et de gouvernements occidentaux face à la dérégulation mondiale et à l'omniprésence des financiers et des grands industriels ?

Quid d'Obama et son inefficacité croissante ? Qui gouverne réellement ce bas monde ? Je l'ignore mais ce dont je suis bien certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'élus.

Mai_681.pngQuand un homme de droite prend le pouvoir, la plupart des médias sont derrière lui, les élites, travaillées depuis leur prime jeunesse par un enseignement complètement dévoué à l'idéologie libérale également : son parcours devient une promenade de santé.

Un dirigeant de gauche est obligé d'imposer pas à pas des mesures qui vont à l'encontre des idées dominantes.

On ne gagnera pas d'un claquement de doigt, un combat en faveur de la gauche après 50 ans de dictature idéologique de la droite libérale. La propagande a formaté les esprits depuis trop longtemps et est même parvenue à influencer une bonne partie du  Parti Socialiste.

Amis, on sent bien que le vieux système de démocratie représentative qui ne représente en réalité plus grand monde est à bout de souffle : il crèvera faute d'électeurs. Qui retrouve ses sentiments personnels à travers son député ? Personne ! Il est temps que le plus grand nombre s'exprime directement, non plus à travers des individus aux ambitions carriéristes essentiellement motivés par l'attrait du pouvoir, le besoin de notoriété et de puissance et qui n'expriment par la suite que leurs propres opinions ou celles de leur Parti, mais dans un très large éventail de citoyens décisionnaires.

Mais ce que je dis, comme d'habitude, n'a vraiment strictement aucune importance, juste celle de passer le temps...

Comme le déclarait Oscar Wilde : " Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies "

Pourquoi pas ?

Lectrices et Lecteurs bien-aimés, à après !

 

Cui cui, la buse désabusée

 

 

vendredi, 27 mars 2009

Nicolas Sarkozy, la banane et les moulins.

Ave, camarades villageois(es) !

Notre illustre représentant suprême, avec le délicieux manque d'humilité et la dangereuse décomplexion qui le caractérisent - pourquoi se gênerait il , entouré qu'il est par une meute de chiens d'apparats avides de friandises et de cajoleries ? - a déclaré tout à trac, tenez vous bien :

quichotte.jpg- "Je me fais taper dessus mais j'ai la banane, c'est dur pour moi, mais en même temps je rêvais d'être Président de la République ('Râââ lovely', comme dirait Gotlib - NDLA) et je le suis donc ça va !" Admirez au passage la profondeur de la pensée, mais bon ! Demande t-on à Superman de prononcer les paroles d'Othello ? Non, bien sûr, il ne s'agit pas de la même BD ni du même auteur.

Et, d'ajouter entre autres, je cite :

- [... La période est formidable pour nous parce qu'on se tourne vers nous les politiques.

Mouais ! Quand on voit le résultat, d'autres trouveraient peut être plus efficace de se tourner vers Dieu ou vers un mage quelconque et on pourrait aisément les comprendre dès l'instant qu'ils évitent le Diable...

Enfin bref ! Là n'était pas mon propos initial.

En vérité, au départ, je voulais parler du discours donges.jpegde notre Guide à Saint Quentin et figurez, les amis que je ne pouvais que résumer ce meeting de 2 heures par une page blanche : j'aurais évidemment et fort justement essuyé votre ire et votre courroux. Aussi, après maintes réflexions j'ai voulu enfin associer l'actuel locataire de l'Élysée à un symbole fort et j'y suis parvenu après des nuits d'insomnie !

Le Président devrait mettre un blason sur le drapeau de la République comme il en a le droit et comme Giscard ne s'en privait pas, il y a bien longtemps.

Monsieur le Président , je vous propose, comme symbole, le moulin et voici pourquoi :

moulinpriere.jpgD'abord le moulin à vent : Vous déplacez infiniment d'air, tounez, générez du vent, et au résultat les ailes du moulin ne font que tourner en rond ! Brasser du vent signifie pour vous, agir, un peu à la manière d'un épileptique en pleine crise dont on dirait qu'il est hyper actif ou d'un asthmatique qu'il a du souffle...

Ensuite le moulin à paroles : que de discours, déclarations, potins, interviews, phrases, grandiloquences sans éloquence, insultes, messages télévisés pour si peu d'action !

Puis un moulin à prières : ah ! Que n'allez vous réformer le capitalisme mondial, que n'allez vous  tancer  le patronat, que n'allez vous moraliser, avec Barack, la finance internationale l Billevesées : vous en êtes depuis le début de la crise à courir derrière les évènement et JAMAIS à les précéder.

Mais aussi un moulin à poivre : qui éternue ? Les plus pauvres, les retraités, les classes moyennes dont certains sont encore dupes mais si les impôts n'augmentent pas, que dire des taxes et autres franchises, mon cher Tartuffe ?drap2.jpg

Enfin le moulin à légumes : vous faites de notre Pays, de par l'absence de grand dessein et de véritables réformes,  la France, pays homogène et relativement fraternel, un salmigondis d'intérêts opposés, une société basée sur l'organisation anglo saxonne dominante, une Nation  de moins en moins cohésive, de plus en plus égoïste et repliée sur elle, un Pays de trouillards et de petits rentiers. Le fric, mon pauvre président, dont vous ne cessez de faire l'apologie n'a jamais été le ciment ni d'un État conquérant ni d'une société équilibrée en mouvement . C'est la raison pour laquelle j'ai bien peur que vous restiez probablement dans l'Histoire, un petit, un accident politique, un asticot évènementiel, un vermisseau historique...

Aussi, Nico, si tu m'autorises à t'appeler ainsi, je vais me permettre de donner un conseil de petit citoyen du Tiers  État au grand citoyen de la Haute qui se la pète grave parce qu'il a la banane et le pouvoir :

À force de prendre le melon et de ramener ta pomme à tout propos, à force ddrapeau1.JPGe prendre les Français pour des poires, on va tous finir par sucrer des fraises et la France de terminer en compote, tout ceci pour avoir voté pour un président à la noix...

Nos cinq fruits quotidiens y sont : mission accomplie, vous pouvez vous recoucher.

À après.

Cui cui l'oiseau de paradis, forcément populiste, démagogue, poujadiste et prétentieux.

 

mercredi, 23 juillet 2008

Au menu : langue de flûte et radicaux à écosser.


Découvrez Jacques Dutronc!

Bon ! Autant dire que la réforme de la Constitution, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je m’en fous complètement… J’oserais même dire que je m’en bats complètement les clochettes, voire je m'en tamponne le coquillard : je concède là une vulgarité inouïe indigne de ce lieu savant. Bon… Je me repens et me reprends

493790828.jpgJe dirais même que certaines mesures sont intéressantes, limitation des mandats présidentiels à 2 fois, peut être un peu plus de pouvoir pour l’Assemblée bien que nous fussions en Monarchie déguisée, ne nous leurrons pas, tout ceci n’étant que poudre aux yeux !

Cela dit, les deux principales, mesures qui auraient dû être votées, sur le non cumul des mandats (la modification la plus importante à mes yeux concernant les institutions) et la réforme du Sénat, qui est condamné à rester à droite "ad vitam eternam", ne l’ont pas été car cela dérangeait bien trop les petits barons de la majorité qui tiennent davantage des seigneurs de fiefs qu’à des représentants citoyens démocrates purs et durs…

Mais mon propos décousu était à cette occasion de montrer la perversion des âmes, la faiblesse humaine et l’éloignement de plus en plus patent entre les citoyens et leurs représentants, la primauté de l’intérêt individuel ou de Parti sur le Collectif, la recherche d’avantages individuels ou claniques au détriment de l’intérêt général.

Au départ, certains radicaux dits " de gauche " et certains membres de l’UMP devaient voter contre cette dite " réforme " or le Président a sorti comme au plus beau temps de la 4ème République, des tas d’arrangements, combines, négociations, promesses, de telle sorte que brutalement, comme par un coup de baguette magique, les parlementaires du maillon le plus faible depuis un siècle (certains rad’socs sont comme les radis : blanc à l’intérieur, rose à l’extérieur et toujours à proximité de la motte de beurre) ont craqué sans trop de résistance. Passe pour cette fois mais imaginez qu’il s’agisse d’aticles de la Constitution plus douteux ?

Avez vous le sentiment d’être défendus par vos parlementaires vous ? Moi, pas . Déjà le coup du TCE , l’abolition du résultat du référendum européen est resté en travers de la gorge de beaucoup de nos concitoyens mais ce dernier vote du Congrès laisse un arrière goût saumâtre dans la bouche !

Soit chacun des députés ou sénateurs de droite et de gauche vote en son âme et conscience et le projet passe ou non, soit les groupes politiques font corps. Dans le cas d’hier on a assisté après des tractations douteuses dont on mesurera l’étendue des cadeaux prodigués par le Chef de l’État prochainement, à des manœuvres politiciennes dignes des années 1950…

À mon avis, le banquet des traîtres risque d’être copieux : une bonne tranche de Langue de flûte, un bon plat de Radicaux à écosser et à la clef une grosse et belle part de gâteau bien crémeux pour chaque convive. Pour Rebecca et nous, les arêtes de sardines suffiront…

Avec Besson, Kouchner, Jouyet, Allègre, Lang entre autres on entre dans une époque où nous devrions demander au Pape de canoniser Judas : il deviendrait ainsi le Saint Patron des ralliés qui n’en finissent plus de renier leurs convictions. Un bel exemple pour l’image d’une démocratie de plus en plus exaltante où la droiture est une vertu cardinale.

À propos ? Et le Peuple là dedans ? Allez vous faire foutre répond la voix d’en haut ! Restez à l'écart : vous avez voté, non ?  Laissez les grands faire leur job !

Ce que je fais en grognant avec l'impression fugace qu'on me baise grave dans cette histoire et que les élus qui ne représentent qu'eux mêmes parlent à notre place comme des ventriloques font s'exprimer leurs pantins vêtus de chiffons multicolores...

Comme nous tous, voyez vous, en plus d'une marionnette j'ai la sombre impression d'être comme un bovin, je regarde passer en ruminant les trains de mesures et de contre-réformes dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants et qui nous dépouillent un peu plus chaque jour…

Attention aux bovins qui voient rouge...

N’en déplaise aux esprits chagrins.

 

Cui cui, obstinément, inlassablement, envers et contre tous...

mercredi, 02 juillet 2008

Un grand bravo pour le Président de la République !

J'ai lu tout à l'heure sur "Le canard enchaîné", un de mes hebdomadaires préférés, un entrefilet faisant état d'une conversation du président avec ses proches, selon le journal, je cite, il aurait déclaré : " Le maintien de Domenech à son poste participerait à la désespérance française. Une idée bien de chez nous : tout foire et tout reste en place. ".

260613389.JPGDites moi ?

Laquelle ou lequel d'entre nous pourrait effectivement exhiber un avis contraire ? Domenech, l'entraîneur de l'équipe de France,  quoi qu'on pense de lui, a complètement raté son management, échoué dans sa mission et devait supporter les inconvénients incombant à ses responsabilités d'autant qu'il était grassement rétribué (par la fédération et le sponsoring et les contrats de pub...). Or qu'observons nous ? Ce dernier qui se cramponne à son poste avec la frénésie d'un cancrelas s'accrochant au dernier poil pubien...

Il est en cela défendu par le ventripotent et immobiliste Platini dont la seule ambition à la Fédération Internationale est de garder sa place lucrative et honorifique sans entreprendre la moindre réforme (l'arbitrage vidéo, par exemple) qui pourrait lui coûter sa place ! Michel Platini dit "Platoche" est au courage politique ce que la prostitution est à l'amour plat(o)nique !

Ceci est bien français effectivement, et nos élites économiques; médiatiques et politiques sont d'ailleurs coutumières du fait et renommées internationalement ! Rappelez vous les inexpugnables Daniel Bouton, Jean-Marie Messier, Michel Bon, Patrick Poivre d'Arvor, Bernard Laporte, Patrick Balkany, mais je ne vais pas tous les citer tant les pages seraient, à ce compte, bien vite remplies !

Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Cuche vient de démissionner, à la suite de la tragédie de Carcassonne, rendons lui hommage. Le PDG de France Télévision, Patrick de Carolis vient de mettre sa démission sur la balance, saluons son courage. Saluons également le comportement d'Audrey  Pulvar, une authentique journaliste qui risque sa peau... Voilà pour l'honneur, la liste n'est pas exhaustive mais avoupns le, beaucoup plus brève...  

Bon maintenant que tout est dit, passons aux choses sérieuses.

 2079910000.jpgPuisque le chef de l'État veut sanctionner les perdants, ceux qui ont échoué dans leur mission, les responsables qui ne veulent jamais être coupables, ceux qui se gavent toujours plus tout en prônant l'austérité pour les autres, il est un personnage que notre Président devrait avoir en ligne de mire !

Le pays que ce super dirigeant gouverne pratiquement seul avec ses amis, subit depuis qu'il est aux commandes, une crise économique inouïe ; le pouvoir d'achat des ménage est en train de sombrer, les conditions de travail n'ont jamais été aussi désastreuses, les dépenses de santé des citoyens jamais aussi élevées, la province jamais aussi abandonnées, les taxes jamais autant élevées, l'information jamais autant bafouée, les copains et les coquins, jamais autant placés, les dépenses somptuaires de l'État aussi gaspillées.

 Oui, décidément, Monsieur le Président, il vous faut sortir ce personnage qui échoue chaque jour un peu plus, et qui, si vous n'intervenez pas, si vous vous montrez trop patient (...), risque de tous nous mener dans un gouffre sans fond ! Je sais Monsieur le Président qu'il n'a pas fini son contrat, mais Domenech dont vous réclamez la tête, non plus, puisque son contrat est à échéance de 2010 !

1214894589.jpgAlors de grâce, Monsieur le Président, j'en appelle à vous solennellement et avec tout le respect que je vous dois, en fonction de l'immense lucidité qui vous caractérise, des paroles fortement charpentées qui émanent d'un homme d'état aussi sage et intègre que vous, de l'aura intellectuelle dont vous êtes nimbé, du charisme magique qui se dégage de votre personnalité, de la puissance de vos cinq cerveaux parfaitement irrigués,

OUI, MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, JE VOUS EN CONJURE :

Demandez à M. Nicolas Sarkozy de prendre ses responsabilités et de démissionner ! Je rappelle simplement vos paroles en ne changeant qu'un terme : " le maintien de Sarkozy à son poste participerait à la désespérance française. Une idée bien de chez nous : tout foire et tout reste en place. "

Merci de m'avoir lu, Monsieur le Président de la République et mes hommages à votre dame...

Cui cui, l'oiseau oiseux peu influent dans la blogosphère.

vendredi, 21 mars 2008

Monsieur le Président, nous sommes derrière vous !

free music

Mesdames et Messieurs, Villageoises et Villageois, Touristes avec et sans papiers,

Afin d’égayer un peu un contexte économique particulièrement sombre et orageux, pour tenter de redonner un peu de couleur à votre moral que je sens défaillant,

mais surtout pour aider notre Pays, épauler notre  bon Président et contribuer au succès de son ambitieuse politique de réformes, j’ai l’honneur de proposer d’étoffer un gouvernement jugé par trop squelettique pour les nombreuses réformes à engager.

Voici quelques propositions de nouveaux postes de Secrétaires d’État ainsi que la suggestion d'hommes et de femmes méritants, propres à remplir dignement et efficacement cette fonction :

 

- Secrétaire d’État du grand Marseille : Monsieur Bernard Tapie

- Secrétaire d’État du grand Neuilly : Monsieur Jean Sarkozy

- Secrétaire d’État pour l’accession des Haut de Seine à l’indépendance : Madame Isabelle Balkany

- Secrétaire d’État de la couche d’ozone : Monsieur Nicolas Hulot

- Secrétaire d’État chargé des opérations bancaires au Japon : Monsieur Jacques Chirac

- Secrétaire d’État des jeux et des loteries en Afrique : Monsieur Charles Pasqua

- Secrétaire d’État de la moralité publique et de l’éducation civique : Monsieur Patrick Balkany

- Secrétaire d’État des réservations des billets d'avion : Monsieur Christian Estrosi

- Secrétaire d’État du bronzage intégral : Monsieur Jacques Séguéla

- Secrétaire d'État de la zizanie, du refroidissement climatique, et de la profusion des gaz à effet de serre : Monsieur Claude Allègre

- Secrétaire d'État  des phrases creuses et de l'enseignement de la langue anglaise : Monsieur Jean-Pierre Raffarin

- Secrétaire d’État de Saturne, de Jupiter, des fonds marins, des bois précieux, des alpages, des brebis galeuses, de la survie des fourmis, du mistral et de la tramontane, des volcans éteints, des lacs gelés, du bourrage de crâne et de la langue de bois, de la journée de 56 heures et du cumul des activités : Monsieur Jean-François Copé

- Secrétaire d’État des anciens Ministres abandonnés et déchus : Monsieur Gilles de Robien

- Secrétaire d’État des chaussettes trouées et des urnes funéraires : Monsieur Jean-Paul Alduy

- Secrétaire d’État de la brosse à reluire considérée comme un art : Monsieur Jean-Pierre Elkabbach

- Secrétaire d’État de la télévision  publique : Monsieur Martin Bouygues

- Secrétaire d’État des Secrétaires d’État : Monsieur Claude Guéant

- Secrétaire d’État des journalistes et de la Presse d’opinion, de la ruralité, de la choucroute traditionnelle de Colmar, de l’andouille fumée de Vire, et des fondues savoyardes de Challes les eaux et Bons-en-Chablais : Monsieur Jean-Pierrre Pernaut

 

Qu'en pensez vous ?

Cette liste non exhaustive n’est elle pas de nature à redresser la France ?

cui cui

vendredi, 22 février 2008

VSD et la déontologie.

La défense des journalistes, à VSD, est elle variable en fonction de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ?

 

La polémique en cours sur les déclarations d’Emmanuelle Mignon au sujet des sectes, recueillies par Emmanuel Fansten, journaliste pour VSD, me laisse songeur.

Et même un peu inquiet.

Pas à cause de la teneur des interviews successives d’Emmanuelle Mignon, ni sur ses dénégations à propos de cet entretien. Cela est déjà activement, et largement,débattu, avec raison.
 

Non, ce n’est pas, pour une fois, une question de fond que je me pose, mais de forme.

Paradoxalement, à la lecture du soutien par le (parfois) pétillant rédacteur en chef délégué, Marc Dolisi, je suis presque soucieux pour l’avenir de Monsieur Fansten.

Parce que paradoxalement, à VSD, l'appui de la direction du magazine peut être plutôt un mauvais signe pour un journaliste.

A moins que les temps aient changés pour cause de péréquation entre les aspirations d’un lectorat plutôt populaire et une cote d’amour du Président de la République en chute libre. 

 Explication de mon inquiétude :

 Fin 2003 je travaillais à VSD comme pigiste permanent, mensualisé, depuis presque trois ans. (statut dérogatoire à la législation mais il faut bien vivre)

Rédacteur d’une rubrique hebdomadaire et de reportages de terrain dans le domaine du sport-aventure et de « l’outdoor », ma vie s’écoulait entre voyages autour du monde et tests d’activités extrêmes, à mon plus grand bonheur et à celui de la rédaction en chef.

J’étais dans mon domaine de pertinence, bien loin de la police nationale que j’avais quitté en 2001 pour devenir journaliste sportif.

Fin 2003, la direction des informations de ce magazine se remémore mon passé et me demande si j’ai toujours des contacts dans mon ancienne administration.

 

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Le but ?

Publier un article sur ce que pensent les flics de base de la politique menée par leur très médiatique Ministre de l’Intérieur, Monsieur Sarkozy.

J’interviewe une dizaine de policiers, dans toute la France, sur des thèmes aussi divers que les méthodes de production des chiffres de la délinquance, les nouvelles lois et unités de police, les relations hiérarchiques et ce qu’ils pensent des conseillers de leur ministre.

Je précise que je ne livre pas mon avis et remet à la rédaction de VSD l’intégralité des témoignages, qu’elle organise pour publier un article comprenant 3 pages de texte dans le numéro du 20 au 26 novembre 2003.

Ce dossier laisse apparaître de nombreux doutes et interrogations des policiers de base sur les directives de Sécurité Publique, mais aussi, je le précise, des opinions favorables.

Il est illustré par des dessins plutôt très critiques du dessinateur Tignous, choisis par la direction de ce magazine, sans aucun avis de ma part à ce sujet.

Je suis chaudement félicité pour mon travail.

 

Cela fait en effet du bruit, aucun journaliste, dans la presse « populaire », n’ayant encore osé ce type de « papier ».

Le 25 novembre de la même année, le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur Gaudin, fait paraître sur le site intranet de la Police Nationale le courrier de réponse qu’il adresse à Monsieur Christian Moguérou, Rédacteur en chef de VSD.

Ce courrier se conclut ainsi : « Il me paraissait néanmoins essentiel de vous fournir quelques éléments permettant de nuancer certaines affirmations péremptoires et peu objectives portées à la connaissance de vos journalistes et de vos lecteurs », suivi d’un NB en gras pour le moins étonnant : « Monsieur Louboutin est un ancien officier de police récemment démissionnaire ».

Histoire d’entendre que j’avais, pour cette raison, « bidonné » l’article paru.

Messieurs Moguérou et Dolisi (son adjoint), ainsi que Monsieur Jean Marie Burn, directeur de publication, m’assurent d’une réponse sans délai à Monsieur Gaudin et de leur total soutien.

Dans la réalité, ce magazine coupera dans les jours suivants toute relation avec moi, oubliant nos projets prévus pour les mois à venir, refusant de me recevoir ou même de me prendre au téléphone, malgré plusieurs courriers AR envoyés en désespoir de cause.

L’arrivée de Philippe Labi comme nouveau Directeur de publication, également sollicité par courrier AR, ne changera rien au mutisme inexplicable de la direction de VSD à mon encontre.

Prisma Presse mettra, de plus, un an à me remettre les feuilles jaunes me permettant de toucher une prestation chômage…me privant donc de revenus.

Dans le même temps, fruit du hasard, je suis l’objet d’une très conséquente taxation fiscale d’office dont il me faudra des mois pour faire établir la totale absence de justification…

Lâché (enterré ?) par mon employeur, en réelle situation de survie, je finirais, début 2005, quelques mois SDF à subsister de boulots précaires.

Cinq ans plus tard (outre le fait que les policiers de terrain n’ont pas varié pour la plupart dans leur scepticisme et c'est du domaine public) Marc Dolisi assure à nouveau un de ses journalistes du soutien de la rédaction de VSD, à propos cette fois ci de la déclaration d’une directrice de cabinet de Monsieur le Président de la République.

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Au vu de mon expérience, je ne suis pas certain que cela soit une bonne nouvelle pour Emmanuel Fansten.

A moins que VSD ne surfe actuellement, pour cause de dopage des chiffres de diffusion, sur la décote actuelle de Monsieur le Président de la République, après avoir fait sans vergogne durant des années ses choux gras en l’imposant en couverture « People » avec son ex et/ou sa nouvelle épouse…

C'est vrai que la tendance actuelle d'une partie de la presse est la chasse en meute d'un gibier qu'elle a longtemps caressé dans le sens du poil.

La seule chose dont je sois sûr c'est, que si besoin est, je garde une place sur le canapé de mon salon à Emmanuel Fansten.

Juste au cas où...

 

Marc Louboutin

Journaliste.Ecrivain

(Métier de chien – Lettres à Nicolas)

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