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mercredi, 30 septembre 2009

(co)bras - donneurs. [2ème partie]

 

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II - "Non : il n'y a pas injure".

1) On peut également envisager la question sur un autre angle : celui de l'offense, disons, l'outrage "moral". Songeons à ce qui paraît - pour le commun des mortels, si je puis dire - pour le vulgum pecus, constituer de "vraies" injures : "fils de pute", "enculé de ta mère", "gros vicelard baveux", "suce-boules de droite". Ce qui est ressenti comme un propos "injurieux", c'est la conjonction de termes avilissants ou dégradants, et qui peuvent (ou non) entacher un "thème affectif" ("noble", "chéri"), selon les moeurs en cours. Si on prend l' "enculé de ta mère" - l'expression "enculé de ta mère", bien entendu -, c'est l'adjonction du terme "enculé" avec la "mère" qui offense, car selon les moeurs du moment - on ne sait jamais trop pourquoi - la pratique de la sodomie est ressentie comme dégradante, et on se doute que la personne visée a une tendresse pour sa génitrice. L'expression pourrait vouloir dire ici que l'offensé aurait été enfanté par voie rectale - ce qui peut aussi expliquer la vive réaction de protestation -, bien que biologiquement (donc dans les faits, et rationnellement) c'est impossible.

Ce long détour explicatif, aux apparences de digression saugrenue, va peut-être nous permettre de voir un peu plus clair sur la métaphore "coma professionnel".

On devine ici que ce que nous avons appelons "thème affectif", c'est le travail : la compétence professionnelle. Ce qui offense donc le plaignant, c'est l'adjonction du terme "coma". Mais, si on suit les exemples plus haut de "vraie injure", on aura retenu "l'adjonction de termes" aux connotations "avilissantes ou dégradantes, selon les moeurs en cours". Et, on veut insister ici sur la dernière partie de cette phrase : "les moeurs en cours". Or, je ne sache pas qu'il en ait (à moins d'être une belle ordure) qui tienne une personne dans le coma - dans sa famille ou non -, comme une désignation "avilissante ou dégradante". C'est généralement un état qu'on déplore tout au plus, sans jugement... "moral".

Ainsi, il me paraît clair, et sans aucune ambiguïté, qu'on ne peut pas arrêter de motif d' "injure" (ou alors de façon fallacieuse) concernant l'expression "coma professionnel", mais tout au plus, y voir une connotation dépréciative (comme pour le terme "inénarrable") des compétences professionnelles du plaignant, suggérant des capacités intellectuelles relativement réduites entraînant un manquement manifeste à certains devoirs de la fonction qui lui a été assignée, et une mise en doute de sa probité professionnelle.

2)- Conséquences de I- 2) et II- 1) : pourquoi les instances de décision juridiques devraient même invalider le motif d' "injure" ?

a) La personne se sent donc offensée parce que l'expression ("outrageante", "termes de mépris" ou "invective") "ne renferme l'imputation d'aucun fait" ?

Mais, comme elle vient de se déclarer ouvertement coupable, l'offense se lève d'elle-même ! En gros, l'offensé vient de dire : "Je suis une crapule, et il m'offense en m'adjoignant l'expression 'coma professionnel avancé'". Si 'injure' il y a, où est-elle ? Elle serait alors de l'ordre de : "Il n'y a pas de 'coma professionnel'". Soit. Mais, alors ? Nous avons un cas de... "lucidité professionnelle", donc de "crapulerie" : "Oui, j'entrave la bonne marche de la Justice (la procédure judiciaire) en empêchant sciemment l'accès à des dossiers" !!! Donc, si le magistrat se défend en avouant (très involontairement) qu'elle est une "crapule", en opposant une règle de droit (son domaine de compétences, rappelons-le) - l'injure publique - alors, on peut effectivement affirmer - sans l'injurier - qu'il est "évident qu'il est dans un état de coma professionnel avancé" !!!

On vient alors de trouver (sa plainte l'atteste) un type qui avoue - très involontairement, on en convient - être complice d'affaires louches (procès Colonna) - restant à identifier les auteurs principaux - et dont le journaliste révèle (avec l'appui du rapport Bréard) des irrégularités dans une procédure, dont il (le magistrat, le plaignant) a la charge, et ironise sur sa compétence : l'expression "coma professionnel avancé".

Maintenant, de ce qui est avéré (la culpabilité, involontairement avouée), et d'une expression dépréciative sur les capacités intellectuelles du plaignant, et non injure (puisque on ne peut pas trouver trace de mépris avec connotation morale dans la formulation), quelle est la faute la plus grave ? Et, par voie de conséquence : où est "l'injustice" ? le "traitement injuste" ? Se peut-il que le magistrat soit compromis dans d'autres affaires ? Nous laisserons ces questions en suspens...

b) Donc, pour bien résumer la situation : soit le Tribunal Correctionnel condamne le journaliste pour "injure publique". Cela reviendrait, pour la mystification juridique, à prendre par contre-coup ouvertement la défense d'un magistrat véreux ! qui plus est, toujours en exercice ! Bien sûr, on peut toujours finasser, puisque juridiquement, condamner un prévenu n'est pas donner raison ni prendre la défense du plaignant, c'est "défendre les intérêts de la société".

Bref, rien qu'à partir de là, on peut très sérieusement douter des capacités intellectuelles de cette éminente personne, à la probité déjà fortement suspecte, et qui exerce une très haute fonction dans l'Etat.

Ou alors, le rejet de la demande du plaignant est prononcé. Cela validerait alors pleinement la qualification, du coup, tout à fait justifiée de "coma professionnel", puisque après "une mûre réflexion", pour se défendre en déposant une plainte (on n'ose croire que la démarche découle d'un "coup de tête", car ça aggraverait encore le cas), le plaignant se fait débouter, alors que le Droit est son domaine de compétences, j'allais dire ! non... d'incompétences ! Par cet arrêt, on aurait une preuve supplémentaire "des capacités intellectuelles relativement réduites" (dont on peut redouter les répercussions sur le travail) du magistrat !

Bien sûr, on serait naïf d'attendre une décision tranchée. Comme on les voit mal accabler un de leurs confrères, on imagine que les magistrats de la 17e Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris trouveront une solution intermédiaire (ni-ni), histoire d'accorder une victoire symbolique au notable ; bien qu'on se demande encore comment ! Et surtout que, a priori, on n'en voit pas bien la raison, puisque dans les deux cas, le magistrat Marc Bourragué est coupable (euh, "moralement" s'entend ; ne pouvant pas nous prononcer sur le plan "juridique") !!!

Par ce long développement, qui ignore volontairement (outrageusement ?) toutes les "subtilités techniques" du Droit, et du fait de ces erreurs de raisonnement élémentaire - autant logiques que stratégique -, on consent toutefois à concéder un point au sujet de la plainte : dans la formulation imagée, on peut trouver qu'il y a un "traitement injuste" envers la personne dans la dépréciation - et non injure - au regard des compétences du magistrat : "injuste" parce que toutes les formules métaphoriques seront toujours en deçà des termes de mépris qu'inspire cet "inénarrable" individu !

 

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par Albin Didon

 

[vifs remerciements à Lord pour un paquet de détails "techniques"]

lundi, 28 septembre 2009

(co)bras - donneurs. [1ère partie]

 

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---AVERTISSEMENT : Le développement suivant n'est pas une plaidoirie, et n'a aucune prétention de valeur "juridique". Il est le fruit d'un raisonnement, disons "de pur bon sens commun" d'une personne totalement ignorante des finesses du Droit, mais qui se pose des questions, disons sur les "implications morales" d'une affaire qui nous concerne tous. Il est composé très "scolairement" en deux parties, et peut être apparenté à une analyse "littéraire" (sur la signification des mots dans un usage courant) : la deuxième partie sera publiée mercredi.---

Les ratiocinateurs professionnels de la chose juridique vont devoir montrer beaucoup d'habileté au moment d'arrêter leur décision sur le différend qui oppose le magistrat Marc Bourragué au journaliste Olivier Bonnet. Cette affaire aura beaucoup échauffé les esprits cet été sur la blogosphère, et aura au moins permis de dévoiler sous leur vrai jour certains blogueurs "influents"... Sans regarder de trop près, on devine facilement qu'il s'agit de faire taire par des moyens on-ne-peut-plus mesquins des voix gênantes.

Sans être spécialiste des questions de "Droit" en général, ou de "Droit de la presse" en particulier, le citoyen lambda peut s'étonner au prime abord, dans cette ridicule histoire, de la "parade" : de la manière dont la prétendue "victime" pare le coup de son adversaire. En effet, le digne notable, se sentant "offensé" ("injustement attaqué", on y reviendra), ne répond pas sur le fond (pour "diffamation", ce qui paraît la moindre des choses), mais sur la forme : la formulation "coma professionnel avancé" mettant en cause ses compétences dans le cadre d'une importante affaire juridique, dont il eut [ou a encore ?] la charge.

Inutile de s'attarder sur l'adjectif "inénarrable", qui est un terme "plutôt neutre", bien que connoté péjorativement. Le journaliste commentant un rapport, qui reste à ce jour inattaqué. Et, l'intéressé n'ayant pas eu l'air de consacrer beaucoup d'énergie et de temps pour le contre-carrer (le rapport dormirait dans "un coffre de la chancellerie"). Cela sent déjà la sournoiserie à plein nez : la personne se sent outragée, non pas par des propos diffamatoires (sur des actes qu'il a commis), mais "injurieux", qui mettraient en cause son "intégrité" (professionnelle).

Mais quand on pousse l'étude plus avant, on se rend compte que nous avons affaire surtout à un remarquable cas d'infinie bêtise de la part du plaignant ! Reprenons. Le journaliste a attaqué par écrit, sur son blog, le magistrat. Et ce dernier, après une décision que l'on imagine mûrement réfléchie, réagit en opposant une "injure publique". Il est donc demandé au Tribunal Correctionnel de Paris de statuer ou non le délit. Il n'y aura pas trente-six solutions : il y aura "injure" (publique) ; ou non.

I- "Oui : il y a injure".

1) Quelques définitions s'imposent avant de poursuivre :

a) INJURE n. f. [in le Petit Robert]

1. vx Injustice, traitement injuste. Faire injure à qqn, traiter injustement, faire tort. 2. LITTER. Dommage causé par les éléments, le temps. L'injure des ans, du sort. 3. VIEILLI Offense grave et délibérée. (cf. affront, avanie, insulte, outrage.) 4. COUR. Parole offensante.

b) INJURE PUBLIQUE [définition juridique].

Au même titre que la diffamation publique, l’injure publique est définie par l’article 29 alinéa 2 de la loi sur la Liberté de la presse :

CHAPITRE IV : des crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication. Paragraphe 3 : Délits contre les personnes. Article 29 Al. 2e : « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. »

L’injure publique envers un particulier est un délit passible de 12 000 euros d'amende (article 33 alinéa 2 de la loi sur la presse). On pourra noter qu’à l’inverse, l’injure proférée en privé est une contravention de première classe (article R 621-2 du Code pénal) passible de 38 euros d'amende (article 131-13 du Code pénal).

c) COMA, n. m. [in le Petit Robert] Etat pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives. "Entrer, être dans le coma." "Coma dépassé" : coma très profond et total où la survie est assurée uniquement par des moyens artificiels.

* Le Trésor de la langue française (TLF) est plus précis :

d) COMA, subst. masc.

PATHOL. Prostration avec perte de la motricité volontaire, de la conscience, de la sensibilité, et maintien partiel des fonctions vitales. Coma dépassé, profond, prolongé; (être) dans le coma. Des troubles nerveux : torpeur ou coma, délire (Sacquépée ds Nouv. Traité Méd., fasc. 1, 1926, p. 124) [...]

2) A partir de ces deux dernières définitions (c) et (d), on voit bien que l'expression "coma professionnel" est une formulation imagée, une métaphore, qui fonctionne par antinomie : en effet, les termes "coma" et "professionnel" s'opposent puisque le "coma" appelle un état clinique de maladie, d'impossibilité physique de travailler, alors que "professionnel" renvoie à une activité salariée. L'adjectif verbal ("avancé") se rapporte à "coma" pour appuyer sur son état "profond", "persistant", un degré élevé ; et sonnant comme "dépassé".

On se doute bien que l'auteur ne veut pas dire que la personne soit dans "un état pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives". Mais plutôt que cette personne montre des similitudes, dans le cadre de sa profession, avec "un état pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives". En gros, il suggère qu'elle est "atteinte d'une maladie caractérisée par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité", avec le maintien partiel de ses fonctions vitales ; alors qu'elle exerce son activité professionnelle.

Evidemment, personne n'imagine que ce fringant magistrat puisse être malade, ou alors, on serait effrayé qu'il puisse encore assurer ses fonctions, avec l'assentiment de ses confrères, sauf consensus pour discréditer entièrement la corporation.

On ne s'inquiète guère sur la santé de ce magistrat ; et, on lui souhaite sans malice de toujours bien se porter. On voit mal quelqu'un de bien portant s'offusquer lorsqu'un effronté lui renvoie qu'il est "comateux" : le propos est si déplacé (si loin de la réalité) qu'il prête à sourire, quelque susceptible qu'on puisse être. Ce serait comme de dire à une personne de grande taille qu'il est un nain, ou à un homme quelconque, qu'il est une "salope". Evidemment, il se peut que la personne soit effectivement dans le coma ou "comateux" (ce qu'on ne lui souhaite pas), mais alors, il n'y aurait pas injure, puisque le fait est facilement imputable. Donc, il n'y a pas lieu de s'arrêter sur la maladie.

Reste l'autre idée qui se dégage de la métaphore : "la perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité". Pour la "motilité", ou la "motricité volontaire", on devine bien qu'il ne s'agit pas de se moquer d'un éventuel handicap physique. Il y a donc le problème de la "perte de conscience" et de la "sensibilité". La sensibilité d'une personne est difficile à cerner, à quantifier, à mesurer ; et son intensité peut varier avec le temps et les humeurs. Donc, on ne voit pas comment une juridiction, même avec une cohorte d'experts, peut se prononcer là-dessus.

Plus intéressante est la notion de "perte de conscience", où semble résider tout l'enjeu de cette histoire. Le plaignant serait offensé, d'une part, qu'on lui attribue une maladie physique (grave), et d'autre part, un manque de "lucidité". Mais alors... si cette personne - dont on est certain qu'elle n'est pas atteinte de l'état pathologique qu'on lui associe par le truchement de la métaphore - est "pleinement consciente" dans l'exercice de ses hautes fonctions dans l'Etat, comme elle nous amène à le penser, alors, elle n'est pas "suspecte" d' "enterrer des dossiers" (ou si l'on préfère les formules chantournées : "de ne pas favoriser l'accès à certains éléments d'une affaire sensible"), puisqu'elle vient alors de se déclarer (par la plainte pour injure publique) ouvertement "coupable" : "Non, je ne suis pas 'dans un coma professionnel avancé' quand je "laisse dormir un rapport dans un coffre", je le fais volontairement, de manière tout à fait délibérée, et donc, très consciente !"

 

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Par Albin Didon.

 

mercredi, 19 août 2009

La judiciarisation de la société. [Épisode 1]

Dans l’antiquité, lorsque la réflexion d’un quidam déplaisait au puissant, ce dernier dépêchait quelques sicaires pour résoudre définitivement le problème. Aux 17 et 18èmes siècle, les seigneurs envoyaient leurs laquais bastonner l’insolent. Au 19ème siècle des nervis bien choisis et fort costauds vous faisait regretter les vilaines paroles que vous aviez sorties à l’encontre de leur patron ou d’un magnat quelconque, passons ce sinistre 20ème siècle  : on se retrouvait dans des camps d’où on éprouvait toutes les difficultés à revenir vivant à cause  d'un simple délit d’opinion.

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Désormais, à l’instar de nos amis d’outre Atlantique, les élites mondialisées ne se séparent plus de leurs cohortes d’avocats ! La plainte auprès des Tribunaux de justice est devenue pour tous ceux qui possèdent d’abondantes ressources financière, un métier de juriste ou des relations éminentes, un moyen banal, soit de dissuader, soit  punir le cuistre qui aurait eu l'outrecuidance de vous moquer, soit de tenter de ruiner l’impudent. Et comme les frais d’avocats et de Justice sont exorbitants pour les accusés dotés de revenus médians, beaucoup peuvent se retrouver dans des situations dramatiques.

En cette époque où, dans les pays occidentaux, la liberté d'écriture et de publication est accordée, même à contre-cœur, à tous les citoyens désireux de s'exprimer sur Internet, chacun ne peut s'empêcher de penser à la menace qui pèse potentiellement sur l'interprétation de ce qu'il rédige, surtout s'il conteste un système, un people médiatisé, un haut fonctionnaire, un politique, un apparatchik oligarchique ou un responsable économique.

Parce qu'il est tellement facile, en étudiant attentivement un pamphlet de découvrir,  derrière chaque phrase, chaque mot, chaque tournure, chaque ponctuation,  une allusion, un double-sens, une allégation suspecte, une insulte, une critique infondée justifiant une procédure de Justice !

Fort évidemment un plumitif de 3ème zone, tel que votre serviteur, pondant un texte  insolent ou iconoclaste  devant une audience confidentielle dans un blog dont la notoriété ne dépasse pas la commune de Cuise la Motte ne risque pas grand chose : il passera entre les gouttes, mais à partir d'une certaine réputation professionnelle, on peut s'attendre à de sérieux retours de bâtons...

Tel a été le cas de notre ancien collègue et participant au  feu DEL de Guy Birenbaum, Olivier Bonnet, journaliste de son état, et promoteur de l'excellent site, Plume de Presse, que nous avons en lien depuis la création de notre blog, qui vient de se voir traîner en Justice par le Sieur Bourragué, magistrat, pour le délit : " injures publiques envers un fonctionnaire public . "  à la suite d'un billet de blog. Olivier Bonnet risque une sévère amende de 12.000 €. Somme considérable , s'il en est, pour un citoyen ordinaire.

Quelque soit vos opinions politiques, il est de notre devoir de protester contre cette banalisation de l'outil judiciaire pour tenter de baillonner un des rares véritables lieux d'opposition et de débats dans notre pays : Internet. Les médias étant presque tous , non seulement, aux mains  d'amis ou de partisans du président de la République actuel, mais également les ardents défenseurs d'un système économique scandaleusement injuste.

Défendre Olivier Bonnet, c'est aussi symboliquement sauvegarder la diversité de vos lectures, protéger votre indépendance d'esprit, favoriser la liberté de ton, aiguiser son sens critique et donner libre cours à la malice, l'impertinence, l'humour et la créativité !

N'en déplaise à Maître Éolas, qui se décrit fort justement comme le défenseur attentif des libertés, la conception névrotique de la Loi, la dictature obsessionnelle du Droit, le dépiautement systématique de chaque texte pour y trouver une vague faille ou un hypothétique double sens, le développement lancinant des procédures tâtillonnes qu'on observe de plus en plus dans nos sociétés dites évoluées favorise systématiquement la mainmise d'une élite technocratique et financière au profit de ceux qui osent s'attaquer à elle.

Qu'on ne puisse traiter autrui de "con" (et encore) se comprend à la rigueur, mais chercher des poux dans la tête pour deux ou trois termes ambigus confine à l'absurdité, pour ne pas dire plus dans le langage fleuri qui devrait être le mien si je n'étais  bridé par les barrières de plus en plus barbelées du Droit. Cette procédure judiciaire futile provoquant une perte de temps  inutile et surtout une présence bien superflue à mes yeux de l'Institution qui aurait probablement bien mieux à faire.

Je n'en pense pourtant pas moins et la semaine prochaine, je tenterai de m'attaquer avec humour (dans la mesure de mes faibles possibilités comiques) aux nouveaux gourous du 21ème siècle : les avocats et leurs aréopages de fans béats, médusés et prosternés.

Quant à l'avertissement humoristique d'Éolas concernant nos paraphes sur la pétition d'Olivier Bonnet, sachez, cher Maître , si vous en veniez à lire ce billet indigne, que non seulement j'ai signé mais je persiste avec l'ironie tranquille d'un citoyen qui n'éprouve pas une confiance excessive envers la Justice de son pays ni en les magistrats qui la servent.

Heureusement que le grotesque, le loufoque, et la futilité ne tuent pas, sinon que nous resterait il pour rire ?

De toute manière, le maintien de nos droits sur Internet réclame une surveillance sourcilleuse et de tous les instants.

Ami(e)s de Cui cui, cuits et recuits par la chaleur, restez vigilants !

Et ran et ran petit rantanplan.

À après !

 

Cui cui, l'hirondelle qui ne fait pas le printemps.


samedi, 10 mai 2008

Le Village au Pays des Merveilles

free music

Salut les amis ! Figurez vous qu’hier, j’ai fait un rêve qui m’a laissé un sacré goût amer dans la bouche !

Certains auraient honte de raconter de tels épisodes mais qu’importe, puisque nous sommes en comité restreint avec une audience qui ferait pleurer un crocodile dans une mare au canard (au singulier, vous l’aurez remarqué)…

Bref ! Je déjeunais avec mon cousin germain, que je connaissais tellement bien que, dans notre jeunesse, je lui avais soulevé toutes les filles qu’il convoitait mais le problème fut qu’il exerçait aujourd’hui le poste de PDG d’une des plus importantes télévisions européennes et moi je croupissais sur les marchés en vendant une camelote improbable sur les marchés du 9-3… Nono, c’était le diminutif qu’il exécrait, depuis les bancs de la communale…

700768883.jpgNono, fis je, j'ai un service à te demander : je participe à un blog et j’aimerais que tu promeuves ce site sur tes antennes, tu ne peux pas me refuser un service aussi bénin, merde ! Et j’enchaînais sur les yeux de la petite Santa, son amour d’adolescence que je lui avais laissé par pitié…

Le lendemain , le présentateur vedette, garni de ses cheveux en plastique glissa à la fin de son jounal de 20 heures un reportage sorti de derrière les fagots où il apparut, mes chers amis, que le blog intitulé  "  le Village des NRV " où tout le monde se déchirait et laissait ses tripes à l'air et notamment un de ses " billettiste nommé cui cui " (je cite), était considéré par Mme Carla Sarkozy, elle même comme le site le plus tendance, le plus violent, le plus créatif et le plus poétique du Net !

Ahhhhhh ! Mes amis ! ! ! ! ! ! Quel bonheur de lire les statistiques. Le premier jour 15.000 visites, le second 70.000, le troisième je ne sus plus compter les zéros ! ! ! ! Vous imaginez, l’état de transe dans lequel je me trouvais ! ! Pour augmenter l’audience je demandais même à une épicière de mes connaissances qui s’appelait Carla Pouxe d’envoyer des commentaires signés Carla ! Ce fut un délire bloguesque. Une partouze virtuelle.

C’était à qui avait reconnu mon talent le premier ! Le pire est que je finis par le croire…

Le blog de 20 minutes ne répondait parfois plus mais malgré tout, les commentaires affluèrent. Guy Birenbaum, me gratifia sur le Village d’un retentissant, " salut confrère, je n’ai jamais douté de votre talent et patati et pattata ", Un certain Marc, écrivain, me lança " je savais que d’un blog aussi divin, sortirait une telle perle et tatati et tatata " Michel Apathie lui même condescendit à me traiter de collègue ! Lui dont j’étais banni de son blog depuis que j’avais écrit un texte sur " l’aphatisation des esprits " ! ! ! RTL une grande " station de radio démocrate " et donneuse de leçons qu’elle ferait bien de réciter auparavant, soit dit en passant ! Olivier Bonnet me fit un petit coucou, même Versac, son lien sous le bras, me fit l’honneur de laisser un commentaire impérissable sur " le Village " Schneidermann me donna "du blogueur journaliste" confraternel ! Jérôme Godefroy me tutoya comme il le faisait avec Birenbaum, Et Nicolas Poincaré me joignit pour un débat sur " on refait le monde ". Je n’eus pas de nouvelles des dirigeants de " rires et chanson " qui attendaient probablement les premiers faux pas, voire l'écroulement fatal avant de m'embaucher…

Le déroulement de mon rêve s'emballa à ce moment. Je me rappelle, l’interview du créateur du Blog, Serrejoint, enserrant Nefertiti et Agamemnon, dans ses bras avec une affection qui faisait plaisir à voir, la joie et la bonne humeur régnaient au sein de ce trio magique , et moi Cui cui, un mètre devant , l’idole des foules, l’air pénétré et froid… Imperturbable comme un héros du 24 ème siècle.

1660277898.jpgUn libraire de Paris, Urbisetorbis, me proposa une séance de dédicace sur une BD représentant " Titi et gros minet " (je n’avais encore rien écrit…). Je refusai poliment, trouvant sa librairie trop étroite, j’estimai qu’un lieu de dédicace devait au moins contenir 500 personnes… Un petite groupie se présenta et m’appela Cui cui, cet horrible et ridicule sobriquet, je rectifiai et lui déclara avec hauteur que je m’appelai Dominique P., Je condescendis à lui signer un portait géant de Titi, elle s’appelait Maghn quelque chose, je ne me rappelle plus…

Bref. Mon immense talent de narrateur et d’écrivain était enfin reconnu et ce n’était que justice ! Finis les marchés miséreux, à moi les mannequins, les Rolex, le beau linge, Sylvie Vartan, Steevy, les fringues à 3000 €, les décapotables, les autographes, les interviews par Flavie Flament et Drucker, les séances de photos, les émissions de Patrick Sébastien !

Mon portable sonna à ce moment… Une voix rauque, ou plutôt un souffle infiniment sensuel comme un petit cri animal me parvint aux oreilles… " Je suis Carla Sarkozy, gémit elle et vos textes sont tellement beaux qu’ils m’inspirent des vers solitaires d’une grâce exquise et des couplets sans tain". Et de fredonner une chanson tirée de mon billet sur "l'esprit de mai 2007" ; une mélodie insipide dont elle est vraiment la seule à avoir le secret…. Sa voix veloutée me réveilla soudain : " je souhaiterais vous voir Monsieur Cui cui "… Pour une fois je laissai passer cet épouvantable et grossier sobriquet, j’allais répondre quand une voix d’homme au ton légèrement agacé déclara " c’est qui encore, mon amour ?  "Cui cui, mon petit chéri".  

"Ah..."

Triste et résigné. 

"What else ?" fit il…

Ma télé réveil se mit en marche au moment du passage de la pub " nespresso " avec George Clooney… Putain de merde ! Le boulot…Chaque jour plus difficile… Et ce blog qui pompe toute mon énergie ! C’est vrai qu’aujourd’hui j’avais promis à Nefertiti et Agamemnon un billet. Je me demande bien ce que je vais pouvoir écrire cette fois…

Je n'ai aucune imagination.

 Cui cui, "romancier" de bluettes des dimanche et lundi de pentecôte.

 

 
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