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vendredi, 07 mars 2008

Les cogitations sulfureuses de M. Biao Lin en voyage dans son pays natal.

M. Biao Lin, d’origine chinoise et de nationalité française est un des nombreux grossistes et importateurs qui me fournit les nombreux articles bon marché qui ont envahi toutes les échoppes de notre pays.

Monsieur Lin, comme je l’appelle couramment revient d'un séjour en Chine comme chaque année pour le début officiel du nouvel an, l’année du rat, pour ce qui concerne cette année 2008…

M. Lin m’a parlé de son pays avec passion, d’un point de vue semi-occidental puisqu’il est français, il fait partie de ces personnes qui ont l’immense chance, selon moi, et parfois le gros inconvénient, selon d’autres, d’être une double entité culturelle bilingue

Voilà donc ce qu’il m’a dit et nous sommes ici très loin des clichés journalistiques qui jalonnent la presse…

D’abord, il m’a avoué être surpris, chaque année, par les changements architecturaux qui modèlent sa ville (Shanghaï). Là bas, tous les volumes structurels extérieurs évoluent d’une manière exponentielle tant en gigantisme qu’en forme et il trouve que désormais la modernité futuriste n’est plus l'apanage des sociétés américaines ni européennes mais bien chinoises et asiatiques…
Ensuite, il s’est beaucoup attardé sur les conditions d’existence de sa famille restée au pays. En ce moment, en Chine, il se passe trois phénomènes essentiels qui minent l’autorité politique et dont on parle peu :

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    • -Une inflation galopante des denrées alimentaires et des coûts des loyers. Les habitants de cette région de Chine gagnent en majorité pour un ouvrier ou un employé qualifié entre 120 et 230 € par mois mais la hausse des produits agricoles fait depuis peu des ravages dans les porte-monnaies, ainsi la spirale inflationiste commence à atteindre des sommets et la poursuite infernale prix/salaire inquiéte sérieusement la communauté internationale.
    • - Une baisse du pouvoir d'achat due essentiellement à la hausse excessive des loyers. Les prix de l’immobilier, travaillés par la spéculation étrangère sont devenus si prohibitif que l’État est obligé de réguler les ventes de logement en réservant des appartements vacants exclusivement aux habitants locaux sous réserve d’un seul logement par famille car certains spéculaient ! Quant aux maisons destinées aux étrangers, leurs cours ne sont pas régulés. 
    • - Des mouvement sociaux désordonnées, anarchiques, voire des grèves. C’est le phénomène qui intrigue le plus M. Biao : depuis quelques temps, les employés, fort de leurs spécialisations et surtout du plein emploi négocient leurs salaires et font jouer la mobilité et la concurrence (Oui vous avez bien lu !). Ils changent d’employeurs sans hésitations au gré des propositions et des offres de salaire au grand désespoir des patrons chinois qui embaucheraient volontiers M. Gautier-Sauvagnac pour fluidifier la situation sociale. Il existe également de nombreux mouvements sociaux spontanés et apolitiques (occupations d'usines, etc...) évidemment peu mis en lumière. 

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 M. Biao Lin éprouve sarcastiquement le sentiment que l’ouvrier chinois gagne en insolence et ressemble de plus en plus à son homologue français dans la manière de se comporter face au patronat local.

En fait, la mise en cause du système marxo-capitaliste chinois se fait de manière individualisée, anarchique, spontanée et souterraine, méthode  d’autant plus dangereuse qu’elle ne remet pas en cause ouvertement le Parti communiste ni les autorités mais qu’elle sape en douceur leur autorité. Un peu comme un élève qui fait semblant d’obéir à ses professeurs mais qui, par ailleurs, dès lorsqu'il a le dos tourné  devient totalement indiscipliné et indomptable…

À la fin de notre conversation, M. lin a beaucoup rit, ironisant non sans malice sur les instances gouvernementales qui n’étaient pas au bout de leurs peines… Le talon d'Achille du gouvernement chinois est enfin mis à nu mais gare aux retombées pour nos pays occidentaux !

Je pense, du coup, qu’il est urgent de leur expédier nos meilleurs économistes hexagonaux et non moins célèbres chantres du libéralisme mondial, Jacques Marseille, Christine Lagarde, Nicolas Beytout et Jean Marc Sylvestre, pour remettre au goût du jour ces valeurs fondamentales que sont, le travail, l'ordre et l'obéissance, les 3 mamelles du capitalisme libéral et financier …

Cette petite description ne concerne qu’une partie de la Chine, soit environ seulement (?) 400 millions d’habitants… N’oublions pas la partie reculée de la Chine composée d’agriculteurs qui, eux, sont loin d’atteindre un tel niveau de vie…

Enfin une dernière précision, je n’ai relaté qu’un témoignage, il est vrai,corroboré par deux ou trois autres citoyens chinois mais ce texte n’a valeur que de réflexion et description et n'est en aucune sorte un reportage journalistique. Quoique, en y réfléchissant...La vérité vient souvent du Peuple, disait Mao ou Lénine, je ne sais plus...

Cui cui

 
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