mardi, 30 décembre 2008
Marre de l’année 2008… Vivement l'onirique et taciturne 2009 !

Nous conduit invariablement à la précarité

Et inexorablement à l'affrontement

Ne sommes nous pas ?
Découragés de voir des gens crever de faim en 2008, épuisés de travailler toujours davantage pour vivre de moins en moins bien, excédés de voir les oligarchies financières, administratives et politique s'accrocher désespérément à leurs privilèges exorbitants, las de constater que les inégalités dans notre pays se creusent, lassés d'avoir à supporter chaque jour plus de devoirs et de bénéficier de moins en moins de droits, usés par cette Europe dogmatique qu'on nous impose aux forceps. Dégoûtés par les discours des fanatiques religieux et idéologiques, abattus par cette guerre au Proche Orient qui porte en elle tous les germes des conflits mondiaux et qui déclenche une telle passion dévastatrice et irrationnelle dans les sociétés qu'il participe de plus en plus à la construction de communautarismes agressifs et renfermés sur eux même.
Désolés, nous petits citoyens, de nous sentir si impuissants !
Doute devant les restrictions permanentes des libertés publiques. Désarroi devant le comportement des démocraties occidentales : drôle de conception qui consiste désormais à voter quatre jours (2 pour les présidentielles, 2 pour les législatives en 5 ans) et à fermer sa gueule pendant les 1822 jours suivants. Balourdise des experts auto-proclamés, des économistes pédants et des cuistres philosophes. Absence d'empathie, de cohésion et de chaleur humaine entre les groupes sociaux. Détresse devant le manque d'autocritique et la déresponsabilisation des cadres de la Nation. Désespoir devant le manque absolu d'honneur, de courage et d'exemplarité de beaucoup de dirigeants politiques, administratifs et économiques...
Que dire d'autre ?
Marre de 2008…
Que souhaiter pour l'année 2009 ?
Que 2009 soit à l'instar de ce que fut l'année 1989 pour le communisme totalitaire : le début de la déchéance progressive de l'ultra-libéralisme doctrinaire qui est en train de réduire nos sociétés et nos civilisations en une bouillie molle et aseptisée, sous l'emprise du mode marchand et matérialiste américain.
Qu'un homme, Barack Obama, qui a réveillé les espérances de centaines de millions d'individus, s'attaque sans tabous aux causes d'un monde instable : les problèmes économiques, la crise du Proche Orient. Il est le seul à pouvoir peser mais en a t-il la volonté ou la capacité ? Nous le saurons très vite...
Obama ? Espoir véritable ou produit marketing placebo ? Réponse cette année !
Le souhait que l'effondrement d'un monde dépourvu d'issues débouche sans déchaînements ni soubresauts trop violents vers la raison et qu'un changement profond dans les priorités économiques laisse un espace aux hommes de bonne volonté.
Que l'économie soit enfin au service de l'Homme et non le contraire.
Qu'enfin les problèmes de famines qui réclament des sommes dérisoires à l'échelle du monde financier soient définitivement résolus.
Que l'anti-sémitisme, la haine de l'Islam, la détestation des Américains cessent leurs ravages. Les généralisations stupides sont les outils de la propagande d'exclusion, du communautarisme frileux et une des plaies de l'Histoire.
Que l'art, la créativité et les nouveaux moyens de communication trouvent des ressources nouvelles pour transcender cette crise et surtout lutter contre ces tyrannies politiques et ces empires périclitants qui risquent à cause de leur cynisme et leur avidité de mettre la planète à feu et à sang....
Autant demander la lune, n'est ce pas ? Alors forçons nos dirigeants à rêver avec nous !
Que la providence veille sur vous pour l’année à venir !
2009 : année maudite, tragique, sombre,
poétique ?
Augmentez le volume de vos haut-parleurs et appréciez les vibrations du silence qui clotureront à la fois le superbe billet précédent d'Agathe, ce texte dérisoire et cette année 2008 dont les évènements ont enfin posé les vraies questions. Quelle meilleure fin pour exprimer nos espoirs, nos incertitudes et nos réponses ?
Pardon à tous d'avoir été un peu trop grave et peut être pompeux.
Pour une fois.
Musique Maestros !
Cui cui, le verbeux errant, burlesque pathétique…
06:00 Publié dans Billet d'humeur, humour, Pensées, Societé | Lien permanent | Commentaires (250) | Envoyer cette note | Tags : année 2009, année 2008, monde, voeux
jeudi, 17 avril 2008
Cet article est gratuit (ou presque)

« La logique, c'est l'argent de l'esprit. »
Marx
« Les idées, aussi radicales soient-elles, ne transportent pas avec elles leurs conditions d'efficacité. »
Hayek
« Je te do-o-onne. »
JJ Goldman
Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired, dans un article récent « Free! Why $0.00 Is the Future of Business », prétendument décapant, affirme l'inéluctable devenir « gratuit » de l'industrie culturelle à l'ère du numérique. Ainsi, Anderson affirme-t-il : "Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité." L'éditorialiste énumère alors quelques modèles économiques, basés sur une certaine forme de gratuité. Le « freemium », version gratuite d’un logiciel ou accès restreint à un service, est proposé également en version complète et payante. Les « subventions croisées », un produit étant proposé gratuitement mais portant en lui-même l’incitation à acquérir sa « part manquante » (le téléphone gratuit mais l’abonnement payant.) « L’économie du don », « le coût marginal nul » et autres modes de financement sont ainsi évoqués. Il s’agit donc, dans cette « nouvelle » géographie du business, de générer des niches profitables dans un paysage apparemment dénué de sentiment marchand. Le modèle classique de l’échange marchand, simple, produit contre rétribution, se voit alors surpassé par un réseau complexe dans lequel des « îlots » de profitabilité attendent l’individu dans sa déambulation. Dans une économie de la gratuité (donc de l’abondance), la rareté devient l’argent, le temps, la fidélité du consommateur et c’est cette rareté qu’il convient de capter. Anderson : « Le monde du gratuit a pour objet de capter ces nouvelles raretés, au nom d’un modèle d’affaires qui sera identifié par la suite. »
On peut également évoquer l’article de Kevin Kelly, « Better Than Free », qui appréhende Internet comme une machine à copier, donc à produire de la gratuité. L’enjeu est alors de générer de « l’incopiable », une richesse particulière qui puisse être vendable. Il dégage ainsi 8 valeurs incopiables qu’il appelle « génératrices.» Kelly : « En réalité, ce sont 8 choses qui sont mieux que gratuit. 8 valeurs incopiables. Appelons-les « génératrices.» Une valeur génératrice est une qualité ou un attribut qui doit être généré, cultivé, entretenu. Une génératrice ne peut être copiée, clonée, contrefaite ou reproduite. Elle est unique, à un endroit donné, à un instant t. Dans le domaine numérique, les qualités génératrices ajoutent de la valeur aux copies gratuites et sont donc quelque chose pouvant être vendu.»
On pourra aussi, éventuellement, lire ce « Les différents modèles économiques, ou modèles d'affaires, utilisés par les logiciels libres » ici :
Nous voyons bien qu’il s’agit de développer des modèles de rentabilité dans ce qu’il est coutumier de nommer « le capitalisme cognitif.» L’idée de profit, de rentabilité n’est en rien expulsée mais demeure, plus que jamais, comme moteur et comme modèle d’organisation.
Mais on pourrait également considérer la gratuité comme un animal qui avance, avale tout, comme un horizon. Le bouleversement ne serait pas de dégager de la « profitabilité » dans la marche du progrès technique, dans la baisse des coûts de production mais simplement d’anéantir le rapport marchand. La gratuité généralisée et irréductible. L’objet n’est ni vendu, ni échangé contre un autre, ni donné, ni cédé, il est disponible. Il est à saisir, c'est sa « nature. ».
Il va de soi que la notion, l'idée de travail en est bouleversée. Le travail se pose comme ce qui lie les individus au temps. La production d'objets manufacturés autant que l'élaboration de formes d'art ou la prise de parole s'intègrent dans « l'emploi » du temps (du temps de l'emploi à l'emploi du temps), dans ce que l'on fait de ce temps qui coule et dans quelle mesure il est possible de le détourner.
Le rapport au bien, matériel ou immatériel, sans médiation (ou plus exactement un renouvellement de la médiation de par la désintégration du truchement marchand), peut logiquement créer une raréfaction des ressources, finalement une annihilation des conditions d'apparition de la chose-même. Le véritable « monde du gratuit » ne capte pas la rareté, « l’incopiable » à des fins de commerce, mais a comme dessein d’écarter la rareté, de réévaluer la question de l'entropie. En somme, d'élaborer une relation renouvelée à la nature. Ce déplacement de la médiation entre l'individu et l'objet vers une reformulation du rapport entre nature et société ne peut s'inscrire que dans une (des) politique(s) de la nature.
Ce déplacement/dépassement vise à surmonter le dualisme nature/politique (les faits et les valeurs). Il s'agit de voir la nature « s'engager en politique. » C'est la construction d'un monde commun, une installation gigantesque, qui s'affirme, engageant social et sciences, nature et éthique, et dynamique ; dynamique dans le sens où ça bouge, crée des liens et les défait, se confronte.
En somme, la constitution d'un Collectif, pour reprendre le mot de Bruno Latour.
Un seul monde ; vraiment.
Ni vraiment un, ni vraiment tout. Grouillant, aux contours mouvants, sans cesse perturbé par les actants, humains et non-humains.
Liens convergents, divergents...
http://infokiosques.net/IMG/pdf/Marx-CaractFeticheMarchandise.pdf
http://www.petersloterdijk.net/french/
http://www.centerparcs.fr/FR/FR/accueil
f (for free)

17:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (169) | Envoyer cette note | Tags : gratuité, Anderson, entropie, Latour, économie, monde









