Avertir le modérateur

vendredi, 28 mai 2010

L'Homme est une fourmi comme les autres ! Qu'ils nous martèlent !

Vous savez quoi, les amis ?

Je crois qu'on nous mène en bateau.

Moi, le fainéant, le paresseux, le cossard, me voilà forcé de travailler comme un dératé pour un temps indéterminé jusqu'à ce que la "faucheuse", vienne me cisailler comme un épi de blé trop mûr qui aurait perdu tous ses grains !

Parce qu'en fin de compte, ce n'est pas tant l'âge de la retraite qui comptera mais la durée d'activité pour obtenir cette retraite ! Si vous  parvenez à atteindre les 41,5 ans de boulot à l'âge de 74 ans, chômage oblige, vous pourrez vous estimer heureux ! Quant à prendre sa retraite à 63 ans avec une pension diminuée de 60 %, je vous souhaite bon courage !...

Il se peut même que je supplie qu'on m'euthanasie pour échapper aux travaux forcés à perpétuité. Les économistes libéraux ont inventé la double peine pour les citoyens : mourir de plus en plus tard pour travailler de plus en plus longtemps ! Crever dans d'atroces souffrances consécutives aux maladies et à l'impotence pour pouvoir se payer une retraite forcément de plus en plus courte dont on ne profitera que très peu est une perspective terriblement enthousiasmante, n'est ce pas ?.

humour-retraite-decideur.jpg

Bientôt viendra le jour béni pour les investisseurs où les fonds de retraites rapporteront de l'argent, tellement l'espérance de vie sera brève après la période d'activité  !

Ah ! Cette réforme des retraites, quelle gageure : il faut vraiment avoir fait l'ENA et de très Grandes Écoles pour  trouver un sens à ce postulat : exiger que les citoyens travaillent toujours plus, plus longtemps alors qu'on se trouve en pénurie de travail !

Pensez ! C'est comme si on vous demandait de consommer davantage de poissons alors que les océans se révèlent de moins en moins prolifique...

On parle même de réduire la durée des vacances, ce fut le titre du journal de France 2 ce lundi 24 mai, qui a mis en lumière un mystérieux expert américain, contempteur cruel de la durée excessive des RTT français !

Ainsi l'offensive générale contre le mode de vie à l'européenne est-elle lancée .

Les voies de l'oligarchie technocratique, admiratrice du grand frère chinois, sont implacables.

StakhanovL.jpgCe capitalisme mondialisé, modèle productiviste et inhumain s'il en est, me rappelle de plus en plus le feu communisme soviétique des années du stakhanovisme  triomphant : le travail y est célébré comme une valeur fondamentale, l'effort collectif y est loué, l'État est de plus en plus policier, les structures de la société sont de plus en plus hiérarchisées, aucune alternative sociale ou politique n'est envisagée.

Les libertés individuelles sont restreintes au bénéfice de l'intérêt de l'économie, les interdits et la coercition y sont permanents, les Lois limitatives foisonnent, la surveillance et le contrôle de l'individu sont renforcés au nom de la sécurité intérieure et de la pseudo lutte contre le terrorisme, les oligarchies sont concentrées en peu de mains, la cooptation y est constante et les réseaux d'influence restreints, les dogmes économiques et politiques rigides et indiscutables, l'absence radicale de vraie participation populaire au pouvoir y est patente.

Seule deux différences subsistent entre le feu communisme de l'Union Soviétique, celui, plus sémillant de la Chine et l'économie mondialisée occidentale: l'oligarchie est issue du sérail politique ; chez nous, elle est d'essence financière, industrielle ET accessoirement politique. La répression était féroce en URSS et l'est toujours en Chine, alors qu'elle est beaucoup plus subtile dans les pays occidentaux du fait des sommes immenses mises à la disposition de la propagande, de la normalisation de l'éducation doctrinale sous-jacente des étudiants et de l'efficacité des techniques de surveillance.

Lorsque j'observe amusé, la sarabande des anti communistes patentés, pourfendeurs du "totalitarisme collectiviste", venir nous louer les vertus du libéralisme mondialisé dont ils ne tarissent pas d'éloge alors que cette idéologie n'est que la version jumelle à peine  plus souple de l'ennemi honni, un ricanement satanique secoue ma poitrine douloureuse et mon corps délabré par le travail !

Réveillez vous, bordel !

Diantre !

Tout ceci pour vous dire, amis de droite comme de gauche, qu"il ne faut guère vous leurrer : le modèle que cherchent à nous faire digérer illico les élites occidentales consiste en une sorte de salmigondis libéral autoritaire basé sur la transposition édulcorée du libéral-communisme  chinois, accompagnée d'une vague sauce démocratique élitiste européenne bien éloignée du peuple.

Un régime politique autoritaire, rigoureux et intransigeant, ennemi de la libre parole et d'Internet, allié à une économie productiviste de bas salaires et de flexibilité sociale d'une brutalité inouïe. La cure d'austérité qu'on nous promet en Europe est la première phase d'une mise en condition par les gnomes de Bruxelles. La seconde étape sera la récession et son corollaire : la précarisation de l'emploi et l'élimination des derniers avantages sociaux, y compris les plus solidement ancrés dans l'inconscient collectif français.

Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer !

Vous me direz, villageois(es), que je ne prends pas beaucoup de risques ! L'enfer ou la retraite selon Sarkozy : ces deux fins épouvantables se valant !

Bon.

Trêve de balivernes. Personne n'est obligé de croire de tels augures, mais les signaux alarmants que vous percevez devraient pourtant vous alerter.

 

fourmi.gif

Ainsi, les fourmis humaines, prototypes idylliques que beaucoup de dirigeants économiques et politiques, rêvent de diriger dans nos contrées,  risquent de se trouver fort dépourvues...

À moins qu'elles deviennent enragées.

Amis lecteurs, ne prenez pas cet insignifiant billet pour argent comptant, après tout, je ne suis qu'un des obscurs membres d'un collectif, petit blogueur au pseudonyme grotesque, non influent, vaguement populiste et relativement inculte comme on les déteste dans certaines sphères. Ce ne sont pas nos deux ou trois dizaines de milliers de visiteurs chaque mois, qui bouleverseront l'équilibre du pays. Seuls, les médias traditionnels, avec, quotidiennement leurs millions de spectateurs, lecteurs ou auditeurs, possèdent la faculté de faire basculer l'opinion.

Tôt ou tard,  je pense que des barrières s'élèveront pour limiter la parole sur Internet. Des ballons d'essais sont sans cesse envoyés pour tester notre résistance.

On peut penser ce qu'on veut de ces gens au pouvoir, même s'ils déclarent tout et son contraire, même s'ils mentent comme des arracheurs de dents, mais on ne peut nier leur entêtement et leur ténacité : lisez donc ce billet étrangement prémonitoire écrit en juillet 2009 sur les retraites. Hortefeux était à la place de Woerth. Ils ont patienté un an et maintenant, ils passent en force et sont en  mesure de réussir... Ne les sous-estimez pas et surtout ne vous fiez pas à leurs déclarations !

Ne croyez surtout pas que la diversion exercée sur l'anonymat des blogueurs n'est que le fait d'un petit sénateur inconnu et incompétent. Non. Je reste persuadé que c'est l'étape d'une attaque concertée pour avoir notre peau. À la longue. Patiemment. Imperturbablement. Ils finiront bien par retourner l'opinion comme ils l'ont fait  pour les retraites...

Alors me direz vous, à quoi bon poursuivre ces minuscules grenouillettes de mare que sont les blogueurs ? Déplaceraient elles tant d'eau en plongeant ? Nos représentants politiques les imagineraient elles aussi dodues que des taureaux charolais du salon de l'agriculture.  Quelles sont donc les véritables motivations des législateurs ? Veulent ils par ce biais remettre le Net au pas ?  Nos tétards adolescents  jouiraient ils  de tant d'influence ? Pffiooouuuutttt !  Tout ceci est grotesque et disproportionné ! Quoiqu'en y réfléchissant je me pose des questions : si les griefs se multiplient à l'encontre d'Internet, c'est qu'il y a  probablement  un doute sur l'inefficacité claironnée de la Toile sur la population... Ne croyez vous pas ?

Messieurs les sénateurs : pour rester dans l'univers de La Fontaine, essayez de comprendre que nous autres, pauvres blogueurs ou commentateurs, ressemblons davantage à des mouches du coche qu'au terrible Lion, roi des animaux dont les rugissements faisaient trembler l'Olympe ! Pourquoi ce désir morbide de tuer une humble mouche avec un tromblon  ? Étrange... Tiens, j'ai dit étrange ? Comme c'est curieux !

L'expression libre est un luxe qui nous semble mesuré : toujours raccourcir la laisse semble devenir le leitmotiv de ceux qui nous gouvernent.  Toutefois, citoyens législateurs, ne comptez pas trop sur notre passivité pour nous laisser dépecer sans réactions !

Il semble que suite à l'agitation médiatique de l'épouvantail d'une "crise" qualifiée abusivement de cataclysme économique, ce projet sur les retraites entame en réalité la marche inexorable vers une profonde transformation des valeurs de notre société.

Le stakhanovisme chinois devient un modèle tentant pour la ploutocratie occidentale, les règles du sacro-saint "marché" sont des outils commodes pour atteindre une société productiviste à salaires réduits, sans avantages sociaux, sans trop de temps libre et sans lieux d'expression citoyenne, une société toute au service de la déesse "Économie", fille du dieu "Finances". Le facteur humain  se métamorphosant en une variable d'ajustement presque dérisoire au service d'une croissance obsessionnelle, intenable et mortifère...

Dites, les amis, n'éprouvez vous pas parfois, la lassitude d'être considérés comme un troupeau de fourmis immatriculées ?

Visiteurs bien aimés, merci d'avoir eu la patience et l'immense courage d'accéder à ces lignes. J'implore votre indulgence pour m'être montré bien trop confus, logorrhéique et pompeux.

Je ne le referai plus. Promis.

À après !

 

(Billet rédigé le 24/05/2010 - liens rajoutés par la suite)


cui cui fit l'oiseau, tribun anonyme de basse-cour, les pattes plongées dans le purin, la crête dans les nuages. Ou l'inverse...

 

vendredi, 07 août 2009

Le secret de la Médiocrité et les origines de la Nullité

 

Leger_Big-Black-Divers_194.jpg

 

Causerie estivale en quatre parties

Le secret de la Médiocrité et les origines de la Nullité 

Troisième partie :

De la médiocrité  comme expression d’un rapport social générique 
au spectaculaire intégré.

Résumé des épisodes précédents. 
Après l’avoir caractérisée comme détermination principale de la médiocrité (en tant que nature et manifestation de l’opinion « moyenne »), les deux premières parties de cette causerie ont porté sur les modalités d’usage de l’opinion dans ses deux principaux domaines d’application sociale : la politique et l’esthétique ( circonscrite ici à la représentation spectaculaire) , en mettant en évidence la symétrie inversée qui a marqué l’évolution des modalités de l’opinion dans ces deux domaines. Le mode de démocratie « directe » ( sans médiation) étant progressivement passé du domaine politique au domaine esthétique de la représentation spectaculaire, tandis qu’inversement le mode de la « médiation représentative » désertait le terrain  esthétique et spectaculaire pour s’imposer sur le théâtre politique. Cette inversion modale ( de l’opinion) a été stigmatisée dans la désignation contemporaine de « démocratie d’opinion », modalité de la démocratie elle-même marquée par le dernier rejeton en date de idéologie (libérale) dominante : le « démocratisme ». 
Au prix d’un petit détour ontologique nous avons également pointé les contradictions inhérentes à cette idéologie dominante, reposant sur le primat (ontologiquement inconsistant) de la « liberté » sur l’égalité, notamment la vaine prétention (démocratiste) consistant à « émanciper le spectateur ».  

Ce troisième épisode va être l’occasion d’éclaircir la relation entre ces notions dérivées (  des vicissitudes de l’opinion), essentielles à la compréhension du secret de la médiocrité : distinction ( du divers esthétique) ,  primat libéral de la « liberté » sur l’égalité , nécessité induite de la médiation ( de la distinction), et représentation ( de l’opinion, de son sujet et de son objet). 

Petit détour historique en forme de repoussoir idéologique. 
La vulgate répandue « à l’ouest » tenait jadis les pays de l’au delà du « rideau de fer » pour soumis à la tyrannie de la « médiocrité ». Une manière de reconnaître le communisme (assimilé au stalinisme) comme une forme de démocratie « directe » puisque l’application totale et absolue de jugements et décisions issus de l’opinion majoritaire n’est rien d’autre que la promotion de ce type de « dictature ». De fait les « pays de l’est » , ceux du « socialisme réel », ne furent pas plus ceux de ce genre de tyrannie que ceux de la « dictature du prolétariat ». On y vit bien plutôt prospérer cette forme d’oligarchie bien connue qu’est la « bureaucratie », sans doute « médiocre » à bien des égards mais assurément pas au sens qui nous intéresse de « manifestation de l’opinion moyenne ». Il n’est pas indifférent cependant de s’intéresser à ce que fut le sort réservé à la représentation spectaculaire, dans un contexte de rapports sociaux où l’opinion individuelle ne disposait plus du moindre espace de « liberté », et où la distinction opérée parmi le « divers esthétique » relevait d’un formalisme totalement figé, réputé servilement appliqué par des artistes et intellectuels « organiques », fonctionnaires d’état. Or quiconque est un peu averti des choses de l’art sait que du plus profond de la période stalinienne à l’effondrement ( 60 ans plus tard) de la gérontocratie des apparatchiks et du « mur » qui les « protégeait », pendant toute cette longue période contrainte par une oligarchie bureaucratique omniprésente et omnipotente , la création artistique persista, aussi vivace dans cet « au delà » du rideau de fer qu’en deçà de ce dernier. 
Pour se limiter à notre point de vue du moment, donc restreint au cinéma il suffira de passer en revue les cinéastes et les œuvres qui ( pour ne parler que des russes) de Eisenstein à Tarkovski, en passant par Vertov, Paradjanov, etc. attestèrent ( en même temps que leur grande disparité) de cette créativité vivace des artistes ayant émergé à la notoriété au sein de la « grisaille soviétique », et cela en dépit du dogme idéologique omnipotent, de la contrainte formelle du « réalisme socialiste » et de la très pesante idéologie dominante du « communisme de caserne ». 
D’où on ne conclura pas que le stalinisme fut, jusque dans sa phase « gérontocratique », le géniteur fécond, pourvoyeur constant d’une pépinière de talents, mais plus prosaïquement qu’à cette époque éminemment dialectique ( la « guerre froide ») la diversité artistique la plus improbable trouvait à se manifester dans les contextes les plus hostiles .  
Quand je dis manifester il est important de bien voir que sous ce terme il s’agit bien de désigner tout un processus « d’apparition » (au sens phénoménologique) qui va de l’émergence des artistes (en tant qu'auteurs et agents effectifs du processus), à la diffusion généralisée et « visible » de leurs œuvres , en passant par la production de ces œuvres . Un processus qui ne trouva à accomplir sa finalité ultime (la réception des œuvres par un public déjà « mondialisé ») que par ce que les médiations nécessaires permirent leur distinction ( leur filtrage et leur sélection parmi les « divers esthétique » des œuvres concurrentes, faites ou à faire), c’est à dire, à proprement parler leur médiatisation.  
On observera également au passage que le type de « marché mondialisé » où s’échangeait cette production n’avait guère de rapport avec ce qu’on met sous ces termes aujourd’hui. 
On observera enfin, sur la foi de ce même constat historique, qu’en dépit de ( et sans doute largement à cause de) déterminations réciproques et contraires, les idéologies dominantes ( à l’Est comme à l’Ouest) laissaient une large place à l’expression d’une représentation symbolique des rapports sociaux qui ne relevait aucunement du culte du « fétiche de la marchandise », et encore moins de la « tyrannie de la médiocrité » ( le moins qu’on puisse dire est que les œuvres de Tarkovski ou Paradjanov, pour ne parler que de ceux-là, ne répondaient guère à une « demande du grand public », à l’Est comme à l’Ouest)  .  
Ce bref détour historique illustre dialectiquement (et contradictoirement) les thèmes ( d’élucidation de la médiocrité ) , posés en préambule de cet épisode, en associant la distinction ( du divers esthétique), le primat libéral de la « liberté » sur l’égalité, et les rapports déterminants entre les formes de médiation , la représentation et l’opinion « qu’on s’en fait ». 
On peut déjà en conclure en effet ( du fait des contraintes de brièveté de ce genre d’exercice je développerai ce point , au besoin, dans les commentaires) qu’une seule contrainte se présente comme véritablement décisive : celle de la distinction, c’est à dire l’étape du processus qui permet de sélectionner parmi les artistes et les œuvres constituant le « divers esthétique » offert aux opinions individuelles, celles qui seront effectivement produites et considérées (par ces opinions).  
On observera aussi le caractère de nécessité de la médiation en regard de à la distinction, au sens que j’ai initialement posé pour ce terme : pour que l’opinion s’exerce ( et d’abord individuellement) elle ne peut le faire que séquentiellement sur des œuvres préalablement distinguées et portées à son attention. 
Or la nécessité de la médiation se déduit de l’impossibilité de produire individuellement une hiérarchie ( un ordre sur lequel appuyer cette sélection ) autonome et individuelle, et individuellement produite, s’appliquant « spontanément » et im-médiatement sur l’ensemble du donné esthétique *. Cette impossibilité se déduit elle même de celle produite ( dans le contexte socio-historique du démocratisme libéral ) par le « primat de la liberté » ( sur l’égalité) : sur quoi ( et comment) fonder cette hiérarchie si « l’être social » est d’abord déterminé comme « libre » et secondairement « égal » ; c’est à dire l’aporie pratique de la distinction. 

On peut en conclure enfin ( et c’est le point essentiel) que cette médiation, et elle seule, détermine les conditions « a priori » de manifestation de la « médiocrité », et aussi bien ses effets , notamment en rapport avec la qualité des œuvres distinguées . Une conclusion qui peut spontanément s’exprimer en termes purement marxistes : la médiocrité n’est pas une qualité , elle est simplement et factuellement l’expression ( l’idée, la mesure et la conséquence) d’un rapport social, et même la mesure la plus im-médiate du rapport social le plus général : celui du nombre. De ce fait elle n’est pas dissociable de ce rapport social, de son contexte et du processus sous-jacent.  
Si donc nous rapportons (ce que je me suis efforcé de faire jusqu’ici) cette expression au rapport social qu’elle exprime et au contexte de la représentation de l’opinion, singulièrement dans le domaine des arts (exemplifiés dans la représentation spectaculaire), et après avoir dégagé les traits spécifiques de ce type de représentation et ses modalités au fil de leur généalogie historique (en parallèle avec la généalogie concomitante de la représentation politique) au sein de la « société du spectacle », alors nous parvenons à ce point d’élucidation du « secret » que la « clef » de l’énigme est totalement extérieure et indépendante de la médiocrité en tant que telle, et qu’elle réside dans la modalité actuelle de la médiation opérant la distinction

Pour parvenir au terme de notre enquête et résoudre l’énigme il ne reste plus qu’à identifier les traits caractéristiques qui font de cette modalité actuelle ( dont le projet est le « spectateur émancipé » au sein de la « démocratie d’opinion ») une modalité nouvelle dans la mesure ou elle produit des effets nouveaux, tels la « nullité » généralisée (en voie de généralisation) de la représentation spectaculaire et politique. 

Après avoir décrit, au fil des épisodes précédents, les évolutions de la distinction opérées par la « société du spectacle » au cours de sa gestation jusqu’au présent stade du post-modernisme démocratiste, nous verrons dans le prochain (et dernier ?) épisode comment ce stade du « spectaculaire intégré » , modalité actuelle de la médiation, voudrait que « Désormais, le spectacle soit présent partout » et corollairement (ou du moins « tendanciellement » comme on dit aujourd’hui) « l’art, nulle part ». 

Urbain Glandier

* Pour faire « court » j’ai volontairement éludé ici quelques questions pourtant passablement problématiques, en regard de la distinction « sans médiation », telles que : 
- sous le rapport de l’égalité : la possibilité concrète de la distinction supposant comme préalable que chacun , individuellement, ait atteint le même niveau d’information de son jugement, permettant de poser chaque opinion ( produite par un tel jugement individuel) comme équivalente à n’importe quelle autre de ce point de vue. 
- sous le rapport de la liberté : le problème de l’autonomie des jugements et opinions induites, notamment à l’égard de leur contexte social et culturel.

vendredi, 12 juin 2009

Politique et économie : plus ça change, moins ça change…

Dites les amis ? Ne nous prendrait on pas pour des billes par hasard ?

Voilà une dizaine de mois qu'est apparue la crise économique du siècle - nous disait on - les Présidents et Ministres de tous les pays occidentaux nous promettaient des réformes monstrueuses, un rééquilibrage des richesses dans le monde, un arrêt des pratiques financières scandaleuses, la fin de la spéculation, la mise au pas des banques, la suppression des paradis fiscaux, la mise au ban d’un capitalisme inégalitaire et inique.

Bref ! On nous promettait une révolution économique et structurelle, un bouleversement des mentalités, l’abolition du libéralisme financier sauvage et de ses pratiques indignes. Et j'en passe et des meilleures !

écolos.jpg

Nicolas Sarkozy se situait à la pointe dans ce discours semi révolutionnaire. Lui  qui se vantait d’être le réformateur du capitalisme financier : et certains de le croire… Pauvres naïfs !

Puis on a découvert un premier magistrat qui allait sauver nos emplois partout ou la crise exerçait ses ravages : et certains d’espérer…. Pauvres niais !

Puis notre chef suprême nous a promis l’égalité des chances : et certains d’applaudir… Pauvres imbéciles !

Puis le chef de l’état qui déclare se saisir du problème des banlieues : et certains de s’enthousiasmer… Pauvres nigauds !

Désormais le Président se saisit de la question écologique : et certains de hurler de joie… Pauvres crédules !

Quel admirable comédien ! Capable d'enfiler toutes les casquettes, de promettre tout et son contraire, de grapiller des idées partout et de les lancer sous son label en sachant qu'elles ne seront jamais mises en chantier.

Une petite partie du peuple le suit, mobilisée et hypnotisée comme jamais, elle franchira le rubicon avec lui, quoi qu’il fasse et pourtant ce président est largement minoritaire dans notre pays si on fait le décompte précis des voix.

Indéniablement, c’est un bateleur exaltant : il me rappelle certains vendeurs démonstrateurs que je côtoie sur les marchés, ceux-ci vendent parfois des objets dont on ne saisit pas très bien l’utilité, mais qui grâce  à un bagout  décomplexé et à un argumentaire inouï , vous paraissent absolument nécessaires et indispensables. Forcément, vous vous laissez tenter malgré un prix un peu prohibitif et vous l’emmenez chez vous, pressé de l’essayer. Vous ouvrez la boîte, branchez l’appareil et bien sûr, celui ci tombe en panne trois jours plus tard.

Inutile de retourner au marché car le colporteur ne reviendra jamais. Et pour cause !

Journalistes.JPGMais dans notre cas, le bonimenteur Sarkozy reviendra en 2012. Il sera tellement convaincant, autocritique sur ses échecs, des trémolos dans la voix, les larmes aux yeux, promettant de faire mieux grâce à son expérience passée, qu’il parviendra à refourguer sa came pourrie aux mêmes qui l'ont cru il y a deux ans…

La naïveté, la crédulité et le sentimentalisme bêlant des citoyens sont incommensurables.

Décidément dans ce monde  fluctuant, plus les situations empirent, moins les doctrines et les hommes changent !

CQFD. Ce qu'il fallait démontrer.

Inutile de se voiler la face : les dirigeants occidentaux et les élites mondiales sont en train de rouler les populations dans la sciure. Y compris Obama et ses parlementaires pour le peuple américain  ! Les réformes annoncées n'auront jamais lieu, tout au plus quelques timides replâtrages ou maquillages capables de transformer un système vermoulu, rongé par les inégalités sociales et la corruption en un dispositif mu par les mêmes ressorts mais habillé d'une respectabilité juvénile louée par la propagande médiatique internationale.

Une chose est pourtant établie, amis de gauche et de droite épris de justice : malgré les déclarations fracassantes de certains philosophes et économistes, croyez moi, le Grand Soir n'est pas pour demain !

Poils aux mains.

À après.

Poils à la raie.

 

Cui cui, oiseau de mauvais augure.

vendredi, 05 décembre 2008

La Nullitude à l’œuvre

1021022275.jpg

III

La Nullitude à l’œuvre,

(à l’heure du progrès technique)

Ce double impératif théorique et pratique, scrupuleusement appliqué au débat politique ( interne à la gauche morale et à son « parti pris ») depuis son élaboration, sera d’autant plus efficient dans la réalisation de ses objectifs qu’il va faire l’objet, au fil du temps, d’une non moins remarquable maturation technique , de « progrès » incessants qui vont  permettre de gommer progressivement tout ce qui pouvait paraître se rapporter, fut-ce très indirectement, à des concepts ou même des idées politiques « d’opposition ».

Au prix d’un belle constance nullifiante et d’un magnifique travail d’édulcoration néantisante de la part des apparatchiks dévoués à la cause de la gauche morale (et de son « part pris »), des succès remarquables ont été obtenus ( avec il est vrai le concours zélé d’une bonne partie de l’intelligentsia « morale ») ;

notamment la disqualification, puis la destruction/nullification complète de quelques unes des principales contradictions (archaïques) qui auraient pu faire obstacle au projet moderne de la nullitude ;

en particulier :  le clivage gauche/droite lui même induit par les contradictions issues de l’affrontement avec le libéralisme/capitalisme .

Pour parvenir à ce résultat essentiel , la nullitude applique une démarche conceptuelle « empirique » à son image : la nullité conceptuelle , qui peut se décrire ainsi : « je ne suis pas capable de penser ( concevoir) autre chose , il est donc impossible de penser autrement» .

Selon cette démarche, le processus, appliquant « à la lettre » les deux principes de la nullitude, a consisté à vider les de tout contenu ( notamment de tout contenu dialectique) les contradictions jusqu’ici aporétiques dans la logique de la gauche morale :

Le clivage droite/gauche n’a plus à être identifiable car il n’a plus d’objet, de critère discriminant.

Il n’a plus d’objet par ce que ce qui le fondait s’avère déboucher sur une aporie : il n’y a pas d’alternative au capitalisme/libéralisme, à la société globale marchandisée, à la loi du marché.

C’est à partir de ces deux postulats de base, indissociables et concomitants, qu’est brillamment fondée la nullitude « de base » ou « de fond » si on préfère, à l’intérieur de laquelle tout développement politique va consister à « approfondir » cette nullitude « de fond » :
N’ayant plus à être identifiable dans l’ordre des idées et des projets politiques , le clivage droite/gauche ( malgré tout nécessaire car on n’a pas encore réussi à penser, en termes de gauche morale, un clivage droite/droite, or en politique « conventionnelle » il demeure préférable de se distinguer de ses adversaires ) n’a plus qu’à être « posé », sous une « forme pure », épurée de toute idée (politique) , c’est à dire purement tautologique :

la gauche morale est de gauche, par ce qu’elle n’est pas « de droite ».

Il s’ensuit naturellement que la gauche morale est une pure « attitude », sans plus de conséquence pratique ( sur la vie sociale et son économie).

Elle est réduite à un état que rien ne qualifie sinon sa « nullitude » (opposition annihilée, nullifiée) .

Une opposition de « pure forme » et qui pour parvenir à cet « état » et surtout le pérenniser doit soigneusement exclure tout risque de dissensus, d’émergence d’un contenu politique opposable ( à son Janus symétrique : la droite ), car alors les contradictions insolubles resurgiraient … anéantissant tous les beaux efforts et les résultats consistants de la nullitude de base.

Pour assurer qu’aucun « incident » ne puisse affecter la nullitude « de superstructure » (théorique), elle est garantie par l’application stricte et de plus en plus spectaculaire du principe pratique de nullitude : toute l’activité politique est organisée (au sein de la gauche morale) , avec constitution arbitraire( et indifférente) de systèmes d’opposition exclusivement « internes ». Ces oppositions internes ne reposant plus sur aucun « objet » ( puisque la nullitude théorique exclus toute opposition à l’économie de marché et à l’organisation sociale qui en découle) deviendront naturellement , essentiellement « subjectives ».

En bref il va s’agir de constituer des équipes d’individus rassemblés sur la base d’intérêts personnels, qui vont s’affronter pour s’assurer par des jeux d’alliance le maximum de pouvoir et de gratification individuels.

Dans une configuration idéale ces jeux d’opposition doivent globalement s’annihiler réciproquement pour aboutir à l’état de nullitude « parfaite ».

Nous y sommes.

C.Q.F.D.

 

Urbain

mercredi, 07 mai 2008

Esprit de mai 2007, es tu là ? (v 2.6)

Je vais commencer mon réquisitoire contre cette idée que je trouve farfelue, par une boutade à peine osée…

Y a t-il un " esprit "  mai 2007  ? Je rétorque avec la plus grande candeur, certes, il y a eu un mois de mai en 2007 mais de là à lui associer un " esprit " ?! 

C’est tout de même accorder beaucoup d’importance à un événement politique, sans doute important, mais dont la portée ne sera probablement pas historiquement essentielle, loin s’en faut !

Selon moi, le terme " esprit ", suppose un projet de longue haleine, destiné à changer le destin d’un pays, il signifie la catalyse de toutes les énergies pour des réformes destinées à améliorer le sort de toute sa population ou du moins d’une très large majorité, il implique les réformes des inégalités économiques, sociétales et sociales qui bloquent la nation ! Et tout ceci dans un sens d'amélioration, cela va de soi !

1616563917.JPGOr ce soit-disant " esprit ", le bien mal nommé, ne s’est traduit que par un bréviaire de contre réformes que la droite appelle " réformes "... Un petit aparté pour un grand coup de gueule : quand, bordel de merde, emploiera t-on un vocabulaire idoine ? "Réformes" pour des lois ou règlements qui vont vers l'amélioration de la condition des citoyens d'un pays et un autre terme adapté pour les mesures qui entraînent une certaine régression du bien être des humains au sein d'une collectivité.

Dîtes moi ? Appellerait on "réformes"  des mesures qui nous feraient retourner à la vie du Moyen Âge ? Tout ceci est complètement absurde, surfait, grossier et ridicule ! Userait on du terme "garderie" pour qualifier la condition des individus purgeant une lourde peine en prison ou de "forces de paix" l'armée chargée envahir un pays ennemi et d'exterminer tous ses sujets ?

Allons donc !

S'il vous plait, appelons un chat, un chat ! Chaque mot a un sens et il serait tout de même de bon ton, de le respecter, ne serait ce que pour conserver les valeurs intellectuelles et émotionnelles  qu'il transporte...

 Après cette digression salutaire, revenons en à nos moutons...

Or, disais je, peut on évoquer "un esprit" lorsqu'il est question d'appliquer un catalogue fourre-tout universel de "contre réformes" inspirées des théologies dogmatiques et idéologiques, d'économie libérale des pays anglo-saxons, qui sont en train de démontrer dans le monde entier leurs dramatiques limites et incuries ! Je ne vois toujours pas où se niche " l’esprit ", mes bons amis ? Le Chef de l’État s’est contenté, sans l’once d’une pépite d’originalité due à l’exception française, de monter dans le train du libéralisme financier mondialisé pendant qu'opposants comme partisans crient, au diable pour les uns, au génie pour les autres ! 

Je m’adresse à chacun d’entre vous : où voyez vous un milligramme " d’esprit " là dedans ? Si vous en observez une trace, je rentre demain au cloître !

Passons.

Le problème de la majorité des gens de gauche, à mon humble avis, est de se focaliser sur un type, qui détient probablement beaucoup moins de pouvoir qu’on imagine, un médiocre suiviste économique et sociétal, secondé par des affairistes et des carriéristes sans aucun génie. Un homme qui rêvait d’avoir la plus longue parce qu’il avait une des plus courtes et qui a réussi à faire croire au plus grand nombre qu'il détenait le record de longueur !

579486712.jpgC’est pourquoi, ce rappel sur, le pseudo " esprit " d’un individu dont le seul projet fut d’atteindre le sommet de l'État pour ce qu'il lui apportera de gloire et d'honneurs, est à mes yeux une arnaque de première, car pour ses contradicteurs c’est lui accorder le bénéfice d'un dessein, d'un projet et d'un destin dont il n’a, lui et ses commensaux, ni la carrure pour y parvenir, ni l'inspiration nécessaire, ni même la vision intellectuelle.

Surestimer le président de la République est une faute, s’y référer sans cesse est une erreur majeure, gratifier son action " d’esprit " est une absurdité.

Qu’on fasse référence à l’esprit de mai 1958 est naturel, qu’on rappelle l’esprit de mai 1968 est cohérent, qu’on suggère l’esprit de mai 1981 est discutable, cet esprit n’ayant soufflé que peu de temps, mais que notre ami Off, dont j’admire la redoutable dialectique, défende cette idée avec acharnement montre à l’envi combien M. Nicolas Sarkozy a pu contaminer l’esprit des plus rebelles et des plus valeureux…

Enfin, je terminerai par une note d’humour, sans doute vaseuse. S’il persiste tout de même un "esprit," malgré ce brillant réquisitoire, concernant ce mois de mai 2007, il s'agit assurémment d’un mauvais esprit voire d’un esprit de selle ( dans le sens qu‘entendrait un gastro entérologue)...

Sur ce, je vous quitte sur la pointe des pattes, la bouche en cul de poule, la crête en berne et la honte chevillée au corps... Amis de cui cui, bonne nuit !

Cui cui , l'oiseau qu'il vaut mieux garder dans une cage recouverte d'un drap...

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu