mercredi, 03 mars 2010
Pauvres de nous.

Comme l’écrit si bien Verlaine-tgb, c’est tout à l’honneur de F. Aubenas de mener l’expérience de la réalité avant de témoigner sur la condition des travailleurs pauvres.
La vie des précaires, celle que notre système fabrique. Le monde des petits boulots cumulés.
La fin « des droits raccourcis » à l’indemnisation chômage ne laisse pas d’autres choix à beaucoup.
D’ailleurs, de mémoire et en sa mémoire, Ajamais avait raconté son passage obligé par le travail de survie.
Il n’y a pas de honte à s’intéresser à ceux dont le quotidien rime avec galère, à ceux dont l’ouverture de la boîte aux lettres provoque des sueurs, à ceux qui trouvent un "beau jour" leur porte obturée par un carcan de fer, à ceux qui regardent leurs enfants manger des coquillettes en prétextant avoir déjà dîné …
Qui connaît la sensation des vêtements à tordre, des chaussures imbibées, du sommeil écrasé sur un matelas pourri dans le brouhaha d’un foyer ?
Qui connaît la rudesse de la plonge, le poids des gamelles, la chaleur, les bousculades, les engueulades lors d’un service ?
Qui connait les brimades, le harcèlement du chefaillon quand les gestes ralentissent pour placer des pièces dans un circuit intégré ?
Ceux qui le vivent au quotidien. Et ceux qui ne sont pas indifférents au sort des autres. (Si, si, il y en a).
Je n’ai pas lu et je n’aurai peut être pas le temps de lire F. Aubenas. Et pourtant, je salue son travail.
Ce questionnement là, cette incursion là, ce partage là, permet surtout d’attirer les regards …
… Là où ça fait mal justement.
Agathe
11:09 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : f.aubenas, journalisme, tgb
mercredi, 30 septembre 2009
(co)bras - donneurs. [2ème partie]

II - "Non : il n'y a pas injure".
1) On peut également envisager la question sur un autre angle : celui de l'offense, disons, l'outrage "moral". Songeons à ce qui paraît - pour le commun des mortels, si je puis dire - pour le vulgum pecus, constituer de "vraies" injures : "fils de pute", "enculé de ta mère", "gros vicelard baveux", "suce-boules de droite". Ce qui est ressenti comme un propos "injurieux", c'est la conjonction de termes avilissants ou dégradants, et qui peuvent (ou non) entacher un "thème affectif" ("noble", "chéri"), selon les moeurs en cours. Si on prend l' "enculé de ta mère" - l'expression "enculé de ta mère", bien entendu -, c'est l'adjonction du terme "enculé" avec la "mère" qui offense, car selon les moeurs du moment - on ne sait jamais trop pourquoi - la pratique de la sodomie est ressentie comme dégradante, et on se doute que la personne visée a une tendresse pour sa génitrice. L'expression pourrait vouloir dire ici que l'offensé aurait été enfanté par voie rectale - ce qui peut aussi expliquer la vive réaction de protestation -, bien que biologiquement (donc dans les faits, et rationnellement) c'est impossible.
Ce long détour explicatif, aux apparences de digression saugrenue, va peut-être nous permettre de voir un peu plus clair sur la métaphore "coma professionnel".
On devine ici que ce que nous avons appelons "thème affectif", c'est le travail : la compétence professionnelle. Ce qui offense donc le plaignant, c'est l'adjonction du terme "coma". Mais, si on suit les exemples plus haut de "vraie injure", on aura retenu "l'adjonction de termes" aux connotations "avilissantes ou dégradantes, selon les moeurs en cours". Et, on veut insister ici sur la dernière partie de cette phrase : "les moeurs en cours". Or, je ne sache pas qu'il en ait (à moins d'être une belle ordure) qui tienne une personne dans le coma - dans sa famille ou non -, comme une désignation "avilissante ou dégradante". C'est généralement un état qu'on déplore tout au plus, sans jugement... "moral".
Ainsi, il me paraît clair, et sans aucune ambiguïté, qu'on ne peut pas arrêter de motif d' "injure" (ou alors de façon fallacieuse) concernant l'expression "coma professionnel", mais tout au plus, y voir une connotation dépréciative (comme pour le terme "inénarrable") des compétences professionnelles du plaignant, suggérant des capacités intellectuelles relativement réduites entraînant un manquement manifeste à certains devoirs de la fonction qui lui a été assignée, et une mise en doute de sa probité professionnelle.
2)- Conséquences de I- 2) et II- 1) : pourquoi les instances de décision juridiques devraient même invalider le motif d' "injure" ?
a) La personne se sent donc offensée parce que l'expression ("outrageante", "termes de mépris" ou "invective") "ne renferme l'imputation d'aucun fait" ?
Mais, comme elle vient de se déclarer ouvertement coupable, l'offense se lève d'elle-même ! En gros, l'offensé vient de dire : "Je suis une crapule, et il m'offense en m'adjoignant l'expression 'coma professionnel avancé'". Si 'injure' il y a, où est-elle ? Elle serait alors de l'ordre de : "Il n'y a pas de 'coma professionnel'". Soit. Mais, alors ? Nous avons un cas de... "lucidité professionnelle", donc de "crapulerie" : "Oui, j'entrave la bonne marche de la Justice (la procédure judiciaire) en empêchant sciemment l'accès à des dossiers" !!! Donc, si le magistrat se défend en avouant (très involontairement) qu'elle est une "crapule", en opposant une règle de droit (son domaine de compétences, rappelons-le) - l'injure publique - alors, on peut effectivement affirmer - sans l'injurier - qu'il est "évident qu'il est dans un état de coma professionnel avancé" !!!
On vient alors de trouver (sa plainte l'atteste) un type qui avoue - très involontairement, on en convient - être complice d'affaires louches (procès Colonna) - restant à identifier les auteurs principaux - et dont le journaliste révèle (avec l'appui du rapport Bréard) des irrégularités dans une procédure, dont il (le magistrat, le plaignant) a la charge, et ironise sur sa compétence : l'expression "coma professionnel avancé".
Maintenant, de ce qui est avéré (la culpabilité, involontairement avouée), et d'une expression dépréciative sur les capacités intellectuelles du plaignant, et non injure (puisque on ne peut pas trouver trace de mépris avec connotation morale dans la formulation), quelle est la faute la plus grave ? Et, par voie de conséquence : où est "l'injustice" ? le "traitement injuste" ? Se peut-il que le magistrat soit compromis dans d'autres affaires ? Nous laisserons ces questions en suspens...
b) Donc, pour bien résumer la situation : soit le Tribunal Correctionnel condamne le journaliste pour "injure publique". Cela reviendrait, pour la mystification juridique, à prendre par contre-coup ouvertement la défense d'un magistrat véreux ! qui plus est, toujours en exercice ! Bien sûr, on peut toujours finasser, puisque juridiquement, condamner un prévenu n'est pas donner raison ni prendre la défense du plaignant, c'est "défendre les intérêts de la société".
Bref, rien qu'à partir de là, on peut très sérieusement douter des capacités intellectuelles de cette éminente personne, à la probité déjà fortement suspecte, et qui exerce une très haute fonction dans l'Etat.
Ou alors, le rejet de la demande du plaignant est prononcé. Cela validerait alors pleinement la qualification, du coup, tout à fait justifiée de "coma professionnel", puisque après "une mûre réflexion", pour se défendre en déposant une plainte (on n'ose croire que la démarche découle d'un "coup de tête", car ça aggraverait encore le cas), le plaignant se fait débouter, alors que le Droit est son domaine de compétences, j'allais dire ! non... d'incompétences ! Par cet arrêt, on aurait une preuve supplémentaire "des capacités intellectuelles relativement réduites" (dont on peut redouter les répercussions sur le travail) du magistrat !
Bien sûr, on serait naïf d'attendre une décision tranchée. Comme on les voit mal accabler un de leurs confrères, on imagine que les magistrats de la 17e Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris trouveront une solution intermédiaire (ni-ni), histoire d'accorder une victoire symbolique au notable ; bien qu'on se demande encore comment ! Et surtout que, a priori, on n'en voit pas bien la raison, puisque dans les deux cas, le magistrat Marc Bourragué est coupable (euh, "moralement" s'entend ; ne pouvant pas nous prononcer sur le plan "juridique") !!!
Par ce long développement, qui ignore volontairement (outrageusement ?) toutes les "subtilités techniques" du Droit, et du fait de ces erreurs de raisonnement élémentaire - autant logiques que stratégique -, on consent toutefois à concéder un point au sujet de la plainte : dans la formulation imagée, on peut trouver qu'il y a un "traitement injuste" envers la personne dans la dépréciation - et non injure - au regard des compétences du magistrat : "injuste" parce que toutes les formules métaphoriques seront toujours en deçà des termes de mépris qu'inspire cet "inénarrable" individu !

par Albin Didon
[vifs remerciements à Lord pour un paquet de détails "techniques"]
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lundi, 28 septembre 2009
(co)bras - donneurs. [1ère partie]

---AVERTISSEMENT : Le développement suivant n'est pas une plaidoirie, et n'a aucune prétention de valeur "juridique". Il est le fruit d'un raisonnement, disons "de pur bon sens commun" d'une personne totalement ignorante des finesses du Droit, mais qui se pose des questions, disons sur les "implications morales" d'une affaire qui nous concerne tous. Il est composé très "scolairement" en deux parties, et peut être apparenté à une analyse "littéraire" (sur la signification des mots dans un usage courant) : la deuxième partie sera publiée mercredi.---
Les ratiocinateurs professionnels de la chose juridique vont devoir montrer beaucoup d'habileté au moment d'arrêter leur décision sur le différend qui oppose le magistrat Marc Bourragué au journaliste Olivier Bonnet. Cette affaire aura beaucoup échauffé les esprits cet été sur la blogosphère, et aura au moins permis de dévoiler sous leur vrai jour certains blogueurs "influents"... Sans regarder de trop près, on devine facilement qu'il s'agit de faire taire par des moyens on-ne-peut-plus mesquins des voix gênantes.
Sans être spécialiste des questions de "Droit" en général, ou de "Droit de la presse" en particulier, le citoyen lambda peut s'étonner au prime abord, dans cette ridicule histoire, de la "parade" : de la manière dont la prétendue "victime" pare le coup de son adversaire. En effet, le digne notable, se sentant "offensé" ("injustement attaqué", on y reviendra), ne répond pas sur le fond (pour "diffamation", ce qui paraît la moindre des choses), mais sur la forme : la formulation "coma professionnel avancé" mettant en cause ses compétences dans le cadre d'une importante affaire juridique, dont il eut [ou a encore ?] la charge.
Inutile de s'attarder sur l'adjectif "inénarrable", qui est un terme "plutôt neutre", bien que connoté péjorativement. Le journaliste commentant un rapport, qui reste à ce jour inattaqué. Et, l'intéressé n'ayant pas eu l'air de consacrer beaucoup d'énergie et de temps pour le contre-carrer (le rapport dormirait dans "un coffre de la chancellerie"). Cela sent déjà la sournoiserie à plein nez : la personne se sent outragée, non pas par des propos diffamatoires (sur des actes qu'il a commis), mais "injurieux", qui mettraient en cause son "intégrité" (professionnelle).
Mais quand on pousse l'étude plus avant, on se rend compte que nous avons affaire surtout à un remarquable cas d'infinie bêtise de la part du plaignant ! Reprenons. Le journaliste a attaqué par écrit, sur son blog, le magistrat. Et ce dernier, après une décision que l'on imagine mûrement réfléchie, réagit en opposant une "injure publique". Il est donc demandé au Tribunal Correctionnel de Paris de statuer ou non le délit. Il n'y aura pas trente-six solutions : il y aura "injure" (publique) ; ou non.
I- "Oui : il y a injure".
1) Quelques définitions s'imposent avant de poursuivre :
a) INJURE n. f. [in le Petit Robert]
1. vx Injustice, traitement injuste. Faire injure à qqn, traiter injustement, faire tort. 2. LITTER. Dommage causé par les éléments, le temps. L'injure des ans, du sort. 3. VIEILLI Offense grave et délibérée. (cf. affront, avanie, insulte, outrage.) 4. COUR. Parole offensante.
b) INJURE PUBLIQUE [définition juridique].
Au même titre que la diffamation publique, l’injure publique est définie par l’article 29 alinéa 2 de la loi sur la Liberté de la presse :
CHAPITRE IV : des crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication. Paragraphe 3 : Délits contre les personnes. Article 29 Al. 2e : « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. »
L’injure publique envers un particulier est un délit passible de 12 000 euros d'amende (article 33 alinéa 2 de la loi sur la presse). On pourra noter qu’à l’inverse, l’injure proférée en privé est une contravention de première classe (article R 621-2 du Code pénal) passible de 38 euros d'amende (article 131-13 du Code pénal).
c) COMA, n. m. [in le Petit Robert] Etat pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives. "Entrer, être dans le coma." "Coma dépassé" : coma très profond et total où la survie est assurée uniquement par des moyens artificiels.
* Le Trésor de la langue française (TLF) est plus précis :
d) COMA, subst. masc.
PATHOL. Prostration avec perte de la motricité volontaire, de la conscience, de la sensibilité, et maintien partiel des fonctions vitales. Coma dépassé, profond, prolongé; (être) dans le coma. Des troubles nerveux : torpeur ou coma, délire (Sacquépée ds Nouv. Traité Méd., fasc. 1, 1926, p. 124) [...]
2) A partir de ces deux dernières définitions (c) et (d), on voit bien que l'expression "coma professionnel" est une formulation imagée, une métaphore, qui fonctionne par antinomie : en effet, les termes "coma" et "professionnel" s'opposent puisque le "coma" appelle un état clinique de maladie, d'impossibilité physique de travailler, alors que "professionnel" renvoie à une activité salariée. L'adjectif verbal ("avancé") se rapporte à "coma" pour appuyer sur son état "profond", "persistant", un degré élevé ; et sonnant comme "dépassé".
On se doute bien que l'auteur ne veut pas dire que la personne soit dans "un état pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives". Mais plutôt que cette personne montre des similitudes, dans le cadre de sa profession, avec "un état pathologique caractérisé par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives". En gros, il suggère qu'elle est "atteinte d'une maladie caractérisée par une perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité", avec le maintien partiel de ses fonctions vitales ; alors qu'elle exerce son activité professionnelle.
Evidemment, personne n'imagine que ce fringant magistrat puisse être malade, ou alors, on serait effrayé qu'il puisse encore assurer ses fonctions, avec l'assentiment de ses confrères, sauf consensus pour discréditer entièrement la corporation.
On ne s'inquiète guère sur la santé de ce magistrat ; et, on lui souhaite sans malice de toujours bien se porter. On voit mal quelqu'un de bien portant s'offusquer lorsqu'un effronté lui renvoie qu'il est "comateux" : le propos est si déplacé (si loin de la réalité) qu'il prête à sourire, quelque susceptible qu'on puisse être. Ce serait comme de dire à une personne de grande taille qu'il est un nain, ou à un homme quelconque, qu'il est une "salope". Evidemment, il se peut que la personne soit effectivement dans le coma ou "comateux" (ce qu'on ne lui souhaite pas), mais alors, il n'y aurait pas injure, puisque le fait est facilement imputable. Donc, il n'y a pas lieu de s'arrêter sur la maladie.
Reste l'autre idée qui se dégage de la métaphore : "la perte de conscience, de la sensibilité, et de motilité". Pour la "motilité", ou la "motricité volontaire", on devine bien qu'il ne s'agit pas de se moquer d'un éventuel handicap physique. Il y a donc le problème de la "perte de conscience" et de la "sensibilité". La sensibilité d'une personne est difficile à cerner, à quantifier, à mesurer ; et son intensité peut varier avec le temps et les humeurs. Donc, on ne voit pas comment une juridiction, même avec une cohorte d'experts, peut se prononcer là-dessus.
Plus intéressante est la notion de "perte de conscience", où semble résider tout l'enjeu de cette histoire. Le plaignant serait offensé, d'une part, qu'on lui attribue une maladie physique (grave), et d'autre part, un manque de "lucidité". Mais alors... si cette personne - dont on est certain qu'elle n'est pas atteinte de l'état pathologique qu'on lui associe par le truchement de la métaphore - est "pleinement consciente" dans l'exercice de ses hautes fonctions dans l'Etat, comme elle nous amène à le penser, alors, elle n'est pas "suspecte" d' "enterrer des dossiers" (ou si l'on préfère les formules chantournées : "de ne pas favoriser l'accès à certains éléments d'une affaire sensible"), puisqu'elle vient alors de se déclarer (par la plainte pour injure publique) ouvertement "coupable" : "Non, je ne suis pas 'dans un coma professionnel avancé' quand je "laisse dormir un rapport dans un coffre", je le fais volontairement, de manière tout à fait délibérée, et donc, très consciente !"

Par Albin Didon.
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vendredi, 24 juillet 2009
Du rire aux larmes et des larmes de rire...
Figurez vous que dimanche dernier en feuilletant le quotidien "Le Parisien" du 6/7/2008* que m'avait vendu fort obligeamment le vendeur à la criée, je suis tombé (des nues) sur cet article dont je ne résiste pas au plaisir de vous présenter le titre ci-dessous dans la rubrique "l'économie", page 9 (oui oui)...
Inutile de biaiser, mes amis, le voilà le journalisme "embedded" le plus impertinent que nous attendions tous depuis des lustres !
Âmes sensibles, s'abstenir : on va vous montrer du lourd de chez "Lourd limited corporation" !
Certains
ont désormais atteint des limites qu'il sera difficile de dépasser ! Après les "micros trottoirs" voici les "stylos trottoirs".
Et on y apprend, en vrac que Rebecca, retraitée de 75 ans a pris son stylo, furieuse de lire sur un article qu'une jeune femme qui gagnait 2000 € n'arrivait pas à s'en sortir ! Que ne ferait elle pas cette brave grand-mère pour voler au secours de son petit sapeur Nicolas, attaqué de toutes parts ? Quand on aime on ne compte pas, sacrebleu !
Elle nous raconte avec superbe, qu'elle récupère les arêtes des sardines pour en faire un bouillon (Miam miam et sic !), qu'elle se mitonne d'excellentes compotes avec des fruits jetés dans les bennes, qu'elle boit comme apéritif du vin de pissenlit (Pouah !) qu'elle va planter des oignons germés dans un pot sur son balcon parce que l'appartement que Rebecca loue 141 € charges comprises avec l'APL (re-sic !) possède un balcon !
Elle raconte qu'elle achète son beurre moins cher à la coupe (ce qui est faux, NDLA) qu'elle déguste des fleurs de courgettes (qui sont hors de prix, NDLA), que ses meubles sont ramassés dans la rue lors de récupérations et qu'elle s'habille au Secours Catholique ; d'ailleurs elle a même trouvé un petit blouson en vison bordé de cuir !
Pas de lave vaisselle car les orties dégraissent parfaitement et le savon de Marseille suffira pour la toilette. Autrement, ni téléphone ni voiture, fort évidemment , elle écoute la radio toute la journée, notamment Radio Luxembourg (RTL), avec ce bon Monsieur Aphatie qui défend si bien l'équilibre financier de la France en prêchant l'austérité pour les gens modestes trop gourmands en allocations et subsides et qui vivent bien au dessus de leurs moyens, ainsi que les "auditeurs ont la parole" de Jérôme Godefroy, émission ou sont fustigés tous les profiteurs de notre beau pays, chômeurs, allocataires, sans papiers, grévistes, syndicats ² ( ² attention ici en vert, c'est moi qui en ai rajouté une louche pour déconner ! Quoique j'entende ce discours dix fois par jours...). Rebecca mène une vie simple qui n'a rien de triste ni de misérable déclare sans rire le journaliste.
D'ailleurs elle trouve que, je cite :"les riches ont beaucoup plus de soucis qu'elle".
La mort dans l'âme, je dois me résoudre à admettre qu'elle a raison ! J'ai beaucoup plus de problèmes qu'elle mais c'est normal : je touche à peine le double de ses revenus et je déteste les sardines...
Et bien voilà mes petites feignasses ! Sur ce blog, vous, qui êtes toujours en train de gémir, de protester, de pleurer ! Qu'attendez vous donc pour vous concocter une bonne soupe d'arêtes de sardines, bande de paresseux ! Rebecca représente un modèle pour nous tous, bon sang !
Xavier Bertrand devrait l'inviter à déjeuner avec au menu un homard, la chair pour lui et la carapace pour elle, pour profiter des conseils et de l'exemplarité d'une Française hors du commun, car imaginez ! Avec le SMIG porté à 600 €, Mesdames et Messieurs, je vous le dis solennellement, Saint Aphatie priez pour nous, la dette serait enfin résorbée et la France définitivement tirée d'affaires !
Plutôt que de décorer Ingrid Betancourt, qui n'a fait que subir (courageusement, certes) de tristes évènements indépendants de sa volonté, de la Légion d'Honneur, que ne l'offre t-on pas à Rebecca qui a probablement voté des deux mains pour le Président qui avait promis d'augmenter les petites retraites ?
Apparemment elle est satisfaite et ma foi, elle le vaut bien !
Rappelons que 600.000 personnes retraitées (80 % de femmes) touchent environ 600 € par mois. La nourriture qui représente 14 % dans un ménage médian, représente 50 % chez les plus de 65 ans touchant ces revenus.
Sans commentaire et vive la France !
Cui cui oiseau jaloux et de mauvaise influence.
* Réedition d'un billet de juillet 2008, choix totalement arbitraire et sincère, désolée, je n'ai pas pu terminer mon billet pour cause de surcharge pondérale de paperasserie.
Agathe
06:04 Publié dans Les vieux dossiers | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, minimum vieillesse, humour, le parisien, journalisme, rire, larmes
mercredi, 24 juin 2009
Télévision : "C dans l'air" ou "C sous le niveau de l'O" ?
Les amis, je sais bien qu'écrire un billet au lendemain d'un remaniement ministériel, montagne médiatique qui accoucha d'une souris, risque de me conduire aux oubliettes de l'audience.
Ravir le nom prestigieux de Mitterrand aux symboles de la gauche devrait procurer un orgasme flamboyant et inoubliable à notre président, autant il aime se plonger avec délectation et se complaire dans tout ce que l'être humain a de vil, faible, méprisable et mesquin.
S'étonne t-on que dans le marécage, le crocodile soit le seul monarque et dans son royaume de la putréfaction , les hyènes ses plus fidèles lieutenants ? Quelles belles et saines valeurs morales nous offre cette "France d'après", que nous vantait obstinément le slogan de mai 2007 !
Mais qu'importe l'insignifiant petit Mitterrand ! Ivre de reconnaissance, avide d'honneurs, il a toujours été dans le camp de la droite et ne peut être considéré comme transfuge. Rappelez vous, lors de la sinistre cérémonie des Molières, le 26 avril 2009 au théâtre de Paris, il ne cessait de parler de lui ; sa suffisance, sa cuistrerie avaient tranformé ce rendez-vous festif en un ennuyeux gala de bienfaisance exclusivement consacré à sa propre gloriole. Malgré sa culture, on sent chez cet homme une fêlure qu'il tente de compenser par un arrivisme et une mégalomanie convulsifs.
Bref ! Après cet épisode d'analyse psychologique de comptoir, passons aux choses sérieuses !
Je souhaitais vous entretenir d’une émission dite d’information, "C dans l'air", qui passe quotidiennement en direct sur France 5 à 18h, animée par Yves Calvi, et dont le moins qu’on puisse dire, est que les queues de marmottes à poils doux qui remplacent les langues des intervenants sont plus efficaces que les brosses à reluire journalistiques de l’ex ORTF !

En effet, notre cher Yves Calvi, journaliste professionnel, patelin, bonhomme, familier, l’incarnation du gendre idéal auquel on donnerait sa fille unique et le bon dieu sans confession, invite régulièrement pour un débat, soit disant contradictoire - ne riez pas - quelques experts - ne vous moquez pas - et invités très majoritairement issus de la droite molle - ne gémissez pas - ou de la gauche « Allègrorrique », Bessonienne, Vallseuse , voire Strauss Kahnienne - ne vous suicidez pas.
Les experts et journalistes invités, quelque soient les sujets sont quasiment presque toujours les mêmes : on voit bien qu’ils passent leurs vacances ensemble, tellement ils sont comme culs et chemises ; probablement issus de milieux, écoles, quartiers de Paris ouest, analogues. Tous, ont au moins deux points communs : un conformisme affligeant du fait de leur appartenance à une certaine élite figée sur les dogmes d'économie de marché et leur attendrissement devant Nicolas Sarkozy et sa politique sociale autoritaire !
Je n'oublierai jamais les monceaux de conneries débitées par certains pseudos spécialistes militaires lors de la guerre d'Irak qui prévoyaient une conquête par les troupes américaines sous les vivats de la population ! Un conseil : enregistrez cette émission et écoutez la un an après. Le résultat est consternant : les prévisions sont erronées une fois sur deux ; une grenouille dans un bocal aurait presque davantage de réussite dans ses pronostics !
Téléspectateurs de France 5, si vous aimez le sulfureux, le hard, l’insolence, l’impertinence, l’irrévérence, l'originalité, l'anti-conformisme, la critique, le vrai journalisme ? Passez votre chemin ! Zappez : vous vous êtes égarés !
Vous pensiez vous trouver dans les soutes de Belzébuth ? Sonnez fifrelins ! En réalité, vous visitiez le monde enchanté de Disneyland !
On vous promettait un tour palpitant sur le "grand-huit" à 7 loopings ? Vous vous retrouvez à tourner sur un manège, chevauchant un Dingo en plastique !
Vous croyiez suivre une émission d’information ? Vous êtes embringués dans un show de potes sarkozistes, fiers et heureux d'être là (sont ils payés, au fait ?). Je vous le dis, mes chers lecteurs : quelque part, il y a tromperie sur la marchandise !
Ah hier ! Quel plaisir d'observer le magistral numéro de lèche sur l'épisode pitoyable du Congrès de Versailles, les Christophe Barbier, Roland Cayrol, Dominique Reynié et Dominique Rousseau ! Mao déclarait que le pouvoir était au bout du fusil ; pour nos 5 "héros" de l'émission du lundi 22 juin, "la carrière et la Légion d'Honneur étaient au bout de leur flagornerie..."
Vous aimez le politiquement correct ? La bouillie prédigérée ? Le sarkozisme light ? le carlisme soft ? Le conformisme ? L’absence de critiques ? Secret Story ?
Vous admirez Attali, Minc, Colombani ? Votre maître à penser est Jacques Marseille ? Vous considérez Finkielkraut comme un philosophe éminent ? Vous estimez que Nicolas Baverez est un économiste ? Vous écoutez les « grosses têtes » et Alain Duhamel sur RTL ? Michel Denisot et PPDA sont de grands journalistes ? Vous pensez que Versac et Gloaguen sont les plus grands blogueurs français de tous les temps ? Vous consultez Slate.fr pour développer votre sens critique ? Philippe Val est selon vous un grand défenseur de la liberté de la Presse ? Vous estimez que Hadopi défend les auteurs ? Vous êtes convaincu que Valls et Lang sont de vrais socialistes ?
Alors oui ! Oui ! Oui ! Vous êtes mûrs pour suivre "C dans l’air" !
Quant à ceux qui ne réunissent pas les qualités énumérées ci-dessus, je ne saurais trop leur conseiller de s’abstenir, une fois de plus, à moins qu’ils n’apprécient l’air vicié…
L'émission qui tombe à l'O, consistante comme un P et nous la met grave dans le Q, "c'est dans l'R"
OPQR. CQFD !
Sur ces considérations oiseuses et embouteillées, amis de cui cui, excellente après-midi et bonne nuit !
À après.
Cui cui, « C dans l’air » pur que vole l’oiseau ivre.
06:02 Publié dans Banque d'images, Billet d'humeur, humour, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (251) | Envoyer cette note | Tags : france 5, yves calvi, c dans l'air, ultralibéralisme, propagande, christophe barbier, roland cayrol, experts, journalisme, versac, slate.fr
mercredi, 17 juin 2009
S.O.S : twitt again in Tehran.
"Diantre ! Encore un billet sur Twitter, il nous emmerde ce Cui cui !" diront à juste titre, certains mal embouchés ! Ils auront raison !
Mais, mes chers amis, j'ai pris cette fois un ton un peu plus grinçant et humoristique conformément à la tradition de la maison... Et puis, ici, blog d'intellectuels littéraires férus de philosophie, où manipuler le mulot et appuyer sur une touche constitue déjà une performance exceptionnelle [je plaisante, hein ?], il s'en trouve probablement plus d'un qui ignore la signification de ce mot barbare issu du gazouillis du moineau.

Savez vous qu’on assiste en ce moment à une petite révolution médiatique ? Twitter, un service internet à la mode accessible à tous, semble remplacer, grâce aux informations collectées par de simples témoins, la presse internationale qui se trouve dans l’impossibilité de faire son boulot du fait de l’énorme censure du gouvernement Iranien à l'encontre des agences et les journalistes occidentaux. En effet, les seules rares nouvelles des émeutes et manifestations : témoignages, photos et vidéos qui parviennent à franchir le seuil d’un pays renfermé sur lui-même, sont véhiculées grâce à Internet (dont twitter et flickr).
Ces informations sont souvent envoyées par des particuliers ou des manifestants qui cherchent à diffuser dans le monde entier le témoignage de leurs luttes, ainsi que la mobilisation qu’elles suscitent.
Toutefois, il convient de rester prudent. En parcourant certains sites, on s’aperçoit qu’il s’agit fréquemment de blogs créés par la diaspora iranienne des USA ou d’Europe pas forcément mieux informée que chacun d’entre nous. Elle ne fait que reprendre des photos de presse, de blogs divers et de flickr. Cette diaspora est pro-occidentale et plutôt partisane des héritiers de l’ancien Shah d’Iran.

Mais Twitter est également la proie des manipulations dues à l'absence de sources patentes et sûres : rien n’empêche les services de propagande des états d’envoyer des fausses nouvelles ou des infos falsifiées.
Puis, comble du comble, des agrégateurs professionnels qui reprennent ce qui a été déjà écrit selon leur propre sélection. C’est un peu le système de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours : du coup on ne sait plus ni où est l’ours ni combien ils sont !
Finalement, grâce à Twitter, on obtient des renseignements non vérifiables mais des informations tout de même ; à chacun de recouper les faits et de jouer au petit détective, le reste n’étant qu’une question d’intuition. Il semblerait même qu'en se positionnant à Téhéran en Iran, on brouille complètement les services de répression iraniens.
Bon. Vous me direz que rien ne vaut la bonne vieille presse de papa Prouvost (ancien propriétaire du Figaro de 1950 à 1975).
Certes. Mais faute de grives, contentons nous de merles !
Bref, en tout cas, plusieurs observations paraissent s’imposer à notre réflexion.
1) Si Internet permet de faire connaître à travers le monde son combat et ses revendications, il ne remplace en aucun cas le recours à des manifestations physiques et des luttes sur le terrain. Il n’existe hélas pas encore de cyber-robots pour combattre les oligarchies et les tyrannies…
2) Chacun peut devenir l’informateur important d’une situation historiquement essentielle. Seule manque la crédibilité, mais entre nous, le journalisme embedded ou partisan est il, lui aussi, le garant d’une information fiable ? Sûrement pas !
3) Le téléphone portable et Internet sont devenus des médias incontournables sur lesquels les pouvoirs ont du mal à exercer un contrôle radical. On sait qu'en cas d'insurrection ou de désordres graves, les États ont d’ores et déjà prévu une mainmise complète ou un arrêt total sur les communications mais l'inconvénient immédiat sera la paralysie totale du pays.
4) En France, la mise en chantier de la loi Loopsi, qui sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la criminalité, éternel refrain de ceux qui souhaitent nous mettre au pas, risque non seulement de restreindre à priori nos libertés, en plus, prépare le terrain à une reprise en main vigoureuse en cas de troubles mais surtout vise à empêcher toute organisation d'une contestation future.
Voilà les amis, quelques considérations émanant d'un citoyen ordinaire fort peu sérieux qui essaie de s'adapter à une société technique de plus en plus complexe, qui, sous un double visage, telle la reproduction que j'ai collée plus haut, présente selon l'angle duquel on l'observe, à la fois un énorme danger pour nos libertés mais aussi qu'un bel outil et un immense espoir pour vaincre l'oppression !
On peut toujours rêver.
À après !
Tweety tweety said the bird, non influent winged creature.
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lundi, 08 juin 2009
L'interview improbable de Chipie Chabot...
Avertissement préalable : ce pastiche est à consommer sans modération.
Arlette CHAPOT : oui, je suis fière de
rester une journaliste dans la
glorieuse lignée de nos aînés
de l’ORTF !

Recueilli par Abel Zébute (le jivaro.fr)
A.Z - Bonjour Madame Arlette Chapot, quels sont vos journalistes référents ?
A.C - Je me suis inscrite dans la grande tradition du journalisme français instituée par feue l'ORTF et poursuivie par le Président Nicolas Sarkozy, une école de liberté de parole et d'indépendance d'esprit comme chacun sait. J'ai essayé, en toute humilité d'allier l'impertinence de Léon Zitrone, l'impartialité de Michel Droit et l'ouverture intellectuelle de Jean Dutour. Mes modèles encore vivants sont Monsieur Elkabbach, pour sa liberté de ton et Monsieur Michel Drucker pour ses questions embarrassantes.
A.Z - Pourtant, certaines mauvaises langues vous accusent de complaisance avec le pouvoir...
A.C - Monsieur Abel Zébute, je suis scandalisée par de tels propos, je suis une journaliste libre qui a exercé aussi bien sous la gauche que sous la droite avec Nicolas Sarkozy ! Quelle meilleure preuve d'indépendance voulez vous ? En fait on me reproche de trop bien faire mon métier ! Je ne conçois pas le journalisme comme un champ de bataille : nos dirigeants dont le président Nicolas Sarkozy ont déjà tant de problèmes à résoudre, faut il leur en créer davantage en les agressant ? Je suis là pour faire de la pédagogie, pas pour poser des questions indécentes ou gênantes au Président Nicolas Sarkozy.
A.Z - Que pensez vous de la classe politique actuelle ?
A.C - Ah ! Il y a beaucoup à dire, Monsieur Zébulon, quand on a vu le spectacle de jeudi soir, comme on regrette la dignité du Président Nicolas Sarkozy ! J'en suis encore toute bouleversée... D'un côté la racaille, les blousons noirs, la banlieue avec son cortège de gros mots et de violence : les Mélenchon, Bayrou, de Villiers, Le Pen et de l'autre côté le savoir vivre avec Xavier, Martine, Daniel et surtout ce ravissant petit révolutionnaire Olivier, poli, propre sur lui, mesuré. Nicolas ne tarit pas d'éloge sur lui - (En aparté, elle se reprend et me demande de couper cet extrait. Je m'exécute.)
A.Z - Certains esprits retors vous ont reproché votre allusion stigmatisant la banlieue, lieu de perdition, de débauche fréquenté par des individus sans foi ni loi.
A.C - Et bien oui, parfaitement ! La banlieue est un endroit dangereux où je n'ai jamais mis les pieds car le Président Nicolas Sarkozy n'arrête pas de répéter qu'elle est une zone de non-droit depuis qu'il s'en occupe et que je risquerais le pire si par malheur je m'égarais à Aubervilliers ou à Sarcelles : j'en ai des frissons dans le dos. Mais en tant que journaliste, j'occupe beaucoup le terrain, les 7, 8, et 16èmes arrondissement de Paris. Avec Jean Michel Aphatie et le Président Nicolas Sarkozy, nous sommes probablement les meilleurs connaisseurs des problèmes sociaux des arrondissements de l'ouest de Paris ! Voilà un scoop que je vous révèle et qui fera taire certaines méchantes rumeurs !
A.Z - Vous avez consulté les résultats des élections européennes, quelles conclusions en tirez vous ?
A.C - C'est avant tout un énorme succès pour le Président Nicolas Sarkozy ! Et je m'exprime en toute objectivité. Je dois également manifester ma satisfaction : le guet-apens que nous avions organisés, Nicolas et moi, débat entre Daniel Cohn Bendit et François Bayrou a donné le résultat que nous escomptions surprenant, un laminage complet du Modem. Monsieur Bayrou manque de nerfs et nous sommes heureux que la chaîne publique aie été l'artisan de cette découverte. Autrement, la médiocrité de Martine Aubry a sauté aux yeux de tous. Devant un tel succès, je pense postuler à la direction de France télévision dans un proche avenir, le président Nicolas Sarkozy ayant besoin d'une personnalité impartiale et particulièrement objective pour diriger ce mastodonte médiatique : n'oublions pas que l'élection présidentielle aura lieu dans tout juste 3 ans et que la femme qui tiendra les rênes devra se poser comme le garant des débats démocratiques dont je suis professionnellement coutumière.
A.Z - Merci Madame Arlette Chapot pour le temps que vous m'avez consacré.
- Toute ressemblance avec des lieux ou des personnes existantes ne serait que pure coïncidence et cette interview parodique n'est qu'un grossier pastiche...
- L’interview originale est ici.
Cui cui fit l'oiseau, pseudo blogueur non influent et journaliste d'opérette.
06:00 Publié dans Banque d'images, humour, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (41) | Envoyer cette note | Tags : arlette chabot, michel droit, jean dutour, france 2, journalisme, impertinence, information, ortf
lundi, 08 septembre 2008
Faut il coucher avec la droite pour réussir ? (épisode 3)
Avertissement : Ayant rédigé ce billet le 1er septembre, Jean-Michel Aphatie n'a annoncé que le 4 au soir l'abandon de son blog RTL et le 5 sa reprise ... Je vais vous narrer en exclusivité les véritables raisons de ce pseudo retrait dans ce récit surprenant. Une discrétion de bon aloi se révèlerait la bienvenue par égard pour les protagonistes....
- " Oh la ! Oh la ! " fit une voix à l'accent délicat du Sud Ouest
- " je proteste é-ner-gi-que-ment! ". Je me retournai et vit Jean-Michel Aphatie dans un accoutrement féminin fort étrange : il était maquillé aussi discrètement qu'un vieux camion Berliet des années 1950 avec 1.030.000 km dans les roues et 30.000 kms au compteur, le dit véhicule passant la frontière polonaise afin d'être écoulé comme une occasion de première main.
- " Que vous arrive t-il, Jean-Michel ? Au fait, toutes mes félicitations pour votre magnifique promotion. " répliquai je, interloqué.
- " Monsieur Cui cui, je me suis vêtu symboliquement comme une jeune fille pure, délicate et vaporeuse pour montrer qu'il existe des tas de journalistes vierges de toute appartenance politique et idéologique . Personnellement, j'incarne la virginité vertueuse de notre profession et de l'indépendance de la Presse, je ne suis arrivé dans les hauteurs de la hiérarchie qu'à force de travail, d'objectivité, d'impartialité, de neutralité, d'impertinence et de compétence ! " Lança t-il péremptoire et fanfaron.
- " Mais de qui parlez vous, Jean-Michel ? " fis je ironique. " Mais de moi, voyons ! Who else ? " fit il courroucé !
- " Mais non, vous avez la mémoire courte ! Autrefois, vous avez été sympathisant socialiste, que je sache ? "
- " Ah oui mais j'étais jeune, je ne savais pas ce que je faisais et surtout, je pensais que la gauche allait se maintenir au pouvoir pour longtemps, m'sieur Cui cui ! " ajouta t-il rageur en lançant dédaigneusement mon billet manuscrit par terre.
- " Je comprends... " ricanai je, moqueur.
- " Au revoir monsieur le rédacteur en chef adjoint, monsieur le chroniqueur de Canal +, monsieur le chef politique de RTL, monsieur l'intervieweur de 7h 50 sur RTL, monsieur l'animateur du Grand Jury, monsieur le co-propriétaire avec RTL d'un des blogs le plus censuré du Web français... Six casquettes pour quelqu'un qui combat vigoureusement le cumul des mandats en arguant qu'on ne peut faire consciencieusement qu'un boulot à la fois, ça la fout plutôt mal, vous ne trouvez pas ? Sans oublier que vous donnez sans cesse votre avis sur tout et n'importe quoi, mêrme le foot ! " éructai je, sarcastique.
Il se retourna furieux et fila en claudiquant, à cause de ses hauts talons, dans les couloirs de RTL, sans un mot en se tordant les chevilles qu'il avait énormes. Le claquement de ses pas s'estompa et on perçut jusqu'à la fin ce bruit crispant qui faisait penser à la démarche hésitante d'un vieux pirate blanchi sous le harnais, doté d'une jambe de bois trop bien cirée sur un sol en marbre...
Ma carrière de blogueur influent s'annonçait mal.
Soudain, dans le lointain j'entendis un choc lourd. Je me précipitai et tombai sur une forme recroquevillée qui émettait des larmes, des râles de désespoir et des hoquets... J'aidai Jean-Michel, car c'était lui, à se relever ; il mit sa tête sur mon épaule. Son rimmel coulait sur sa joue.
- " Ah, mon Cui cui ! Je suis désespéré, figurez vous que durant mes vacances d'un mois et demi j'ai lu tous les billets du blog du "Village des NRV", un des successeurs du DEL et j'ai compris, à ce moment, à quel point vous aviez tous placé la barre haut ! Quel niveau ! Quels feux d'artifice ! Vous m'avez découragé : j'ai compris combien le talent était important pour mener à bien un blog ! Je ne faisais plus le poids ! Tant de génies réunis dans ce petit Village ! Impossible de faire mieux " Il sanglota longuement. " Impossible " gémit t-il en se parlant à lui même...
- " Je ne vous comprends pas : vous vous occupez d'un blog gratuitement, pour moi c'est inouï, à la limite criminel, vous êtes anonymes et vous cherchez à le rester, c'est de la folie douce, et personne dans votre Village ne désire être chef, on vous croirait presque en autogestion " à ce mot, il se signa furtivement trois fois. " Mais bon sang ! Quelles sont ces valeurs de merde que vous véhiculez ? " Réveillez vous ! Par Saint Trichet, y a de la thune et de la notoriété à se faire, y a de quoi s'éclater les miches en ce moment, Cui cui ! ". Il se remit à hoqueter, conscient d'avoir débité une ânerie viscéralement chevillée au mode de pensée dominant dans l'univers médiatique... Il se reprit.
- " Cette crise d'humilité fugace m'a fait du bien, mon petit oiseau,, désormais, je vais prendre le blog des NRV comme modèle ! Si vous condescendassiez à me donner quelques conseils judicieux, j'estime pouvoir m'en sortir ! D'ailleurs, je parlerais ce soir de votre Village à Canal + pour vous remercier officiellement. " Il éclata en sanglots, mon épaule lui servant de mouchoir. Je ne pu m'empêcher de penser que cet engagement ressemblait trop à une promesse électorale...
- " Courage Jean-Michel Aphatie, sous notre impulsion, vous ne pourrez que vous améliorer, envoyez nous un petit billet, il passera intégralement sans rectification, car nous ne censurons jamais, nous !..." répliquai je dans un de ces stupides élans du coeur qui m'avaient si souvent été fatals. "
Néanmoins, notre carrière collective de blogueurs influents s'annonçait plutôt bien.
Il s'éloigna, pieds nus, ses escarpins à la main, touchant et modeste ; humain. Pour une fois.
Il lui restait tout de même cinq casquettes grassement rémunérées. Il avait failli avoir eu le bon goût de quitter celle qui ne lui rapportait rien mais grâce à l'exemple du Village des NRV, il avait repris confiance...
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Le titre de mes sagas réclame, bien modestement, une réponse claire, vous l'aurez compris. Bien entendu, il vaut mieux coucher avec la droite pour réussir mais ces gros malins réclament plus : il vous faut épouser leurs points de vue. Et le mariage, c'est une question de tempérament... À chacun de voir...
Dans notre société, les oligarchies économiques de chaque pays disposent de suffisamment de richesses pour tout se payer sans mettre leurs finances en danger, la plupart des médias qu'elles convoitent ardemment (pour conforter leurs idées) et des journalistes qu'elles rémunèrent plus que grassement pour mieux les tenir.
Ces journalistes du haut du panier, ligotés par des salaires mirobolants et un train de vie paradisiaque, ne peuvent plus qu'obéir à leurs employeurs, pris qu'ils sont par l'engrenage infernal du matérialisme éffréné, et qui, à force de côtoyer les lambris et les ors des puissants, finissent par s'identifier à eux. Un peu à la manière de certains domestiques, qui par leur proximité, s'identifient avec une certaine morgue à leurs maîtres.
Toujours est il, mes amis, qu'avec ces deux aussi belles recrues, que sont Aphatie et Askolovitch, victimes consentantes du délit de lèche-majesté, je ne doute pas un seul instant que nos excellentes radios, Europe 1 et RTL avec ces nouveaux éléments dans leur état major, nous serviront à l'avenir des informations aux petits oignons !
Pourquoi riez vous? Vous ne me croyez pas ?
Mauvais esprits !
Ces aigris du Village, ils ont pris les plis détestables de l'ancien DEL, ils ne savent que critiquer ces pauvres journalistes de l'establishment !
Grum
mmpphhhhhh...
Jean-Michel Aphatie, l'imagination et l'inspiration au pouvoir, bordel de merde ! Brûlez votre conformisme béat sur l'autel de votre orgueil, par la moustache de Plekszy-Gladz !
À après.
NB : Ce récit est évidemment imaginaire et toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure spéculation...
Cui Cui, acid corsican / bird corporation ( AC/BC)
05:00 Publié dans humour, Médias, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (98) | Envoyer cette note | Tags : aphatie, rtl, canal +, journalisme, vierge, humour
mercredi, 09 juillet 2008
Du rire aux larmes et des larmes de rire...
Figurez vous que dimanche dernier en feuilletant le quotidien "Le Parisien" du 6/7/2008 que m'avait vendu fort obligeamment le vendeur à la criée, je suis tombé (des nues) sur cet article dont je ne résiste pas au plaisir de vous présenter le titre ci-dessous dans la rubrique "l'économie", page 9 (oui oui)...
Inutile de biaiser, mes amis, le voilà le journalisme "embedded" le plus impertinent que nous attendions tous depuis des lustres !
Âmes sensibles, s'abstenir : on va vous montrer du lourd de chez "Lourd limited corporation" !
Certains
ont désormais atteint des limites qu'il sera difficile de dépasser ! Après les "micros trottoirs" voici les "stylos trottoirs".
Et on y apprend, en vrac que Rebecca, retraitée de 75 ans a pris son stylo, furieuse de lire sur un article qu'une jeune femme qui gagnait 2000 € n'arrivait pas à s'en sortir ! Que ne ferait elle pas cette brave grand-mère pour voler au secours de son petit sapeur Nicolas, attaqué de toutes parts ? Quand on aime on ne compte pas, sacrebleu !
Elle nous raconte avec superbe, qu'elle récupère les arêtes des sardines pour en faire un bouillon (Miam miam et sic !), qu'elle se mitonne d'excellentes compotes avec des fruits jetés dans les bennes, qu'elle boit comme apéritif du vin de pissenlit (Pouah !) qu'elle va planter des oignons germés dans un pot sur son balcon parce que l'appartement que Rebecca loue 141 € charges comprises avec l'APL (re-sic !) possède un balcon !
Elle raconte qu'elle achète son beurre moins cher à la coupe (ce qui est faux, NDLA) qu'elle déguste des fleurs de courgettes (qui sont hors de prix, NDLA), que ses meubles sont ramassés dans la rue lors de récupérations et qu'elle s'habille au Secours Catholique ; d'ailleurs elle a même trouvé un petit blouson en vison bordé de cuir !
Pas de lave vaisselle car les orties dégraissent parfaitement et le savon de Marseille suffira pour la toilette. Autrement, ni téléphone ni voiture, fort évidemment , elle écoute la radio toute la journée, notamment Radio Luxembourg (RTL), avec ce bon Monsieur Aphatie qui défend si bien l'équilibre financier de la France en prêchant l'austérité pour les gens modestes trop gourmands en allocations et subsides et qui vivent bien au dessus de leurs moyens, ainsi que les "auditeurs ont la parole" de Jérôme Godefroy, émission ou sont fustigés tous les profiteurs de notre beau pays, chômeurs, allocataires, sans papiers, grévistes, syndicats ² ( ² attention ici en vert, c'est moi qui en ai rajouté une louche pour déconner ! Quoique j'entende ce discours dix fois par jours...). Rebecca mène une vie simple qui n'a rien de triste ni de misérable déclare sans rire le journaliste.
D'ailleurs elle trouve que, je cite :"les riches ont beaucoup plus de soucis qu'elle".
La mort dans l'âme, je dois me résoudre à admettre qu'elle a raison ! J'ai beaucoup plus de problèmes qu'elle mais c'est normal : je touche à peine le double de ses revenus et je déteste les sardines...
Et bien voilà mes petites feignasses ! Sur ce blog, vous, qui êtes toujours en train de gémir, de protester, de pleurer ! Qu'attendez vous donc pour vous concocter une bonne soupe d'arêtes de sardines, bande de paresseux ! Rebecca représente un modèle pour nous tous, bon sang !
Xavier Bertrand devrait l'inviter à déjeuner avec au menu un homard, la chair pour lui et la carapace pour elle, pour profiter des conseils et de l'exemplarité d'une Française hors du commun, car imaginez ! Avec le SMIG porté à 600 €, Mesdames et Messieurs, je vous le dis solennellement, Saint Aphatie priez pour nous, la dette serait enfin résorbée et la France définitivement tirée d'affaires !
Plutôt que de décorer Ingrid Betancourt, qui n'a fait que subir (courageusement, certes) de tristes évènements indépendants de sa volonté, de la Légion d'Honneur, que ne l'offre t-on pas à Rebecca qui a probablement voté des deux mains pour le Président qui avait promis d'augmenter les petites retraites ?
Apparemment elle est satisfaite et ma foi, elle le vaut bien !
Rappelons que 600.000 personnes retraitées (80 % de femmes) touchent environ 600 € par mois. La nourriture qui représente 14 % dans un ménage médian, représente 50 % chez les plus de 65 ans touchant ces revenus.
Sans commentaire et vive la France !Cui cui oiseau jaloux et de mauvaise influence.
07:00 Publié dans humour, HURLEMENTS, Médias, Shopping | Lien permanent | Commentaires (80) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, minimum vieillesse, humour, le parisien, journalisme, rire, larmes









