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samedi, 15 janvier 2011

démarches – à l'ombre [1/2]

 

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- Salut, Guillaume…

- Tiens, salut ! Comment vas-tu ?

(tous les deux, quasi simultanément) : Euh, bonne année !

- Euh, voilà, un truc de complètement terre à terre, qui n’a rien à voir avec le film qui vient de passer… tu sais qu’ils font la place à 3€ dans les salles UGC – au cas où il y aurait des films que tu voudrais « rattraper » ?

- Oh, j’ai le Pass ! mais merci…

- Ah, tu as le Pass ?

- Mais, je ne l’utilise pas beaucoup, faute de temps – et je n’ai toujours pas pris l’occasion de résilier mon abonnement.

- Ah, oui ! c’est vrai que, eux, ça marche par « résiliation ». Il y a des endroits, comme à Beaubourg par exemple, où tu t’abonnes, et au bout d’un an, ça s’arrête. Et si tu veux te réabonner, tu dois refaire une demande. Avec eux, comme avec les opérateurs de téléphonie ou les chaînes câblées, c’est automatique ! Bah, c’est les pratiques commerciales modernes – pour te « simplifier les démarches », ils te ponctionnent directement !

- Tiens ? je n’avais pas fais gaffe, oui ! Mais, avec cette carte, je peux revoir des classiques, dans les salles du 5ème arrondissement…

- Ah, oui ! C’est vrai, ils sont en partenariat…

- Avec MK2, aussi !

- MK3… Mais alors, c’est bon, tu l’as rentabilisée !? tu ne dois plus avoir beaucoup de films à rattraper !

- Non, ça va… J’ai même vu deux fois Oncle Bonmee ! Il est vraiment bien ce film !

- Euh, je vais dire un truc un peu débile, mais comme c’est un truc que font généralement les cinéphiles, disons un peu « frappés » : est-ce que tu as fait ta liste des meilleurs films cette année ?

- Non…

- Oui, bon, c’est un truc de frappés, je disais…

- Euh, non… pas encore, je veux dire… ça m’est arrivé de le faire, les années précédentes…

- Bon, ça reste un truc de frappés… et tu en fais partie, alors !-DDD

- Et toi, tu l’as faite ?

- Oui. Il m’en reste un ou deux à voir… mais il ne devrait pas y avoir de grands bouleversements !

- (pause) Dis-moi… euh, ça me vient comme ça tout à coup… on dirait que tu es comme Gilbert – euh, ce n’est pas un reproche – et puis, ce n’est pas pour dire que vous êtes pareils – mais vous avez un point commun, on dirait – on dirait que, comment dire ? – bien sûr, ce n’est pas grave, chacun fait comme il veut – mais, on dirait que tous les deux, enfin… ni lui, ni toi – enfin, lui, je le sais, mais toi, je ne sais pas… vous n’avez pas, euh, comme on dit communément, d’activité pro…

- Ah, tu veux dire qu’on ne travaille pas !? Non, effectivement, Gilbert et moi – on est fâchés depuis un moment – entre vous deux, ce n’est pas le cas, je crois – mais à l’époque, pour lui, c’était déjà comme ça – non, nous n’avons pas d’activité professionnelle ! Bah, tu sais, la plupart des gens, ils travaillent surtout parce qu’ils en ont la nécessité : ils ont besoin de gagner de l’argent ! Sans ça, il se peut que beaucoup ne travailleraient pas non plus – ce qui n’est cependant pas dit ! Moi, ce n’est plus le cas, mais à une époque, j’ai bossé, puis j’ai eu la chance de pouvoir arrêter. Les circonstances me l’ont permis !

Et puis, je pourrais ajouter que mon activité actuelle, c’est un peu comme ce que fait – ou devrait faire – un critique ordinaire, à la différence que lui, il le fait plutôt mal, et en plus, il est payé !-] Alors que ça, on dirait que ça t’étonne beaucoup moins ?!-]

Euh, si tu dois y aller, il n’y a pas de problème, ou si tu me trouves trop lourd, il faut me le dire, car je comprends qu’on puisse me trouver « prise de tête »… ou trop bavard !

- Non, ça va là – et non, je n’ai pas de train à prendre, non plus…

- Bon. C’est comme le film qu’on vient de voir (Champagne/A l’américaine, d’Alfred Hitchcock, 1928) – que j’aime bien, mais que je ne reverrais pas cinquante fois – elle, le personnage féminin principal, elle vient de l’aristocratie, puis tout à coup, par un revers de fortune – son père prend de plein fouet un krach boursier – elle se retrouve déclassée, et se retrouve obligée de travailler. A la différence d’elle, Gilbert et moi, on est nettement moins naïfs. Elle fait vendeuse de fleurs dans un cabaret, mais elle découvre peu à peu – ça fait « tilt » – que son boulot est assimilé à celui d’une pute ! Et puis, nous, on n’appartient pas à l’aristocratie, euh, financière, non plus ; quoique lui, je le soupçonne de l’être un peu plus que moi ! Mais il se peut que j’embellisse sa situation, hum !

- Mais, il y a plusieurs façon d’être aristocrate…

- Oui, c’est pourquoi j’ai ajouté « financière » ! Gilbert, je ne dis pas, mais moi, non.

- Mais alors… mais alors, tu dois te nourrir, ou vivre frugalement ?

- Pour manger, non ! Regarde, j’ai plutôt bon appétit ! Pour ce qui est de « vivre frugalement », je dois dire que je sais me priver de tout ce qui est inutile, et donc à l’arrivée, on n’a plus beaucoup de dépenses. Donc, pour ne pas avoir à travailler, il est vrai qu’il faut pouvoir bénéficier de certaines circonstances, et savoir se dispenser d’un certain confort matériel ou technologique.

 


 

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par Albin Didon

vendredi, 23 juillet 2010

L'aventure moderne du geek ou quand l'addiction devient salée.

Avertissement : toute ressemblance avec des personnages ou des évènements réels  est fortuite.

 

Chers Internautes, je vais vous raconter une histoire vécue effrayante !

Éloignez les enfants et les vieillards de votre écran, fermez portes et fenêtres. épongez votre front nimbé de sueur, essuyez vos mains  moites et accrochez vous à votre siège...

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Figurez vous que l'autre jeudi, alors que j'avais passé une nuit médiocre puis vécu un réveil glauque, je partis au travail de très bonne heure comme mon job l'exige. Je connaissais parfaitement le trajet du marché que je devais atteindre... Jusqu'ici tout se déroulait parfaitement.

Machinalement je posai ma main sur ma poche et c'est à ce moment que la pire frayeur de ma vie se manifesta : horreur et damnation ! J'avais oublié mon téléphone portable !

Je sentis la sueur ruisseler entre mes omoplates.

Pensez : se retrouver coupé de son clan, de ses amis, de son entourage, de secours éventuels ! Se retrouver ISOLÉ, dans ce monde grouillant et effrayant où la solitude est considérée comme un péché ou une marque d'extrême faiblesse !

Hagard, encore sous le choc, je jetai un coup d'œil sur mon tableau de bord : bon Dieu ! Mon GPS, j'avais oublié mon GPS ! Cet accessoire indispensable, dont la voix métallique et synthètique berçait mon trajet même si je connaissais le chemin et les emplacements de radars par cœur.

Ce même GPS qui me conseillait  sur une voie unique d'autoroute, toujours au même endroit, systématiquement, de faire demi-tour avec prudence.

Mes amis, l'émotion qui m'étreignit, provoqua une embardée qui faillit m'envoyer ad patres !

Vous concevez, un homme moderne délesté de son téléphone portable et de son système de géolocalisation, vous ? C'est une sensation terrifiante que je ne souhaite pas à mon pire ennemi, et Dieu sait si j'en ai !

Vous imaginez John Wayne ou Errol Flynn en mission en territoire apache, sans colt ni Winchester, chevauchant sur un vieux canasson aveugle ?

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Vous dire que je me sentais nu est un doux euphémisme.

Non.

Pire.

J'étais devenu un orphelin, un bernard-l'hermite sans sa coquille protectrice, une tortue sans carapace, une Bettencourt sans François-Marie Banier !

Je ne vous décrirai pas ma matinée, toujours sur le qui vive, inquiet, mal à l'aise, angoissé, quasiment en manque.

Fort heureusement, aucun évènement malencontreux ne vint perturber ma longue demie journée : de retour à la maison je me précipitai sur ces deux accessoires essentiels, je me mis à les étreindre, les embrasser, les caresser, les cajoler tant ils faisaient partie de ce que j'avais de plus cher au monde ! Je leur promis de ne plus jamais les abandonner.

Je suis sûr que malgré le fait qu'ils fûssent inanimés, ils possédent une âme et qu'au fond de leurs petites puces sensibles, délicates et sophistiquées, ils ne pouvaient s'empêcher de m'aimer. N'en déplaise aux intellectuels ou autres bigots !

 

Lecteurs, l'aliénation quotidienne liée aux techniques modernes nous métamorphose en parfaits cinglés. Chaque nouveau progrès nous rend chaque fois un peu plus addict, la sophistication technique, au lieu de nous émanciper, nous enserre toujours plus dans une camisole étroite. Le portable devient un instrument de dépendance sociale : ainsi sommes-nous presque toujours à la merci d'un coup de fil de nos proches ou de notre hiérarchie. Les outils de communication deviennent des colliers et des laisses qui vous attachent toujours davantage alors que vous vous imaginez de plus en plus libres.

Et comme tout animal en captivité, dès qu'on coupe le cordon qui le maintient prisonnier, ce dernier , chassé de sa cage sociale, erre comme une âme en peine, nostalgique du poids de ses chaînes.

Humains, pauvres animaux sociaux, nous sommes bien mal barrés.

 

Amis lecteurs, osez la liberté, émancipez vous.

À après !

 


La charge fantastique bande-annonce
envoyé par 110laurent. - Les dernières bandes annonces en ligne.


Cui cui fit l'oiseau, travailleur estival, solitaire et abandonné.

 
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