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mercredi, 14 juillet 2010

ta mère – victoires [3/3]

 

 

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- Tu ramènes un match de foot à l’histoire, avec un « grand H » ?! Rien que ça ?!!

- Celui-là, oui ! Pas la partie dans la cour de récré ; ni même celui des quatrièmes divisions qui jouent le week-end – eux, ils ne jouent pas de tels enjeux. Et, oui, c’est toujours du foot – mais pas les mêmes contextes !

- Ouf ! Tu es en forme aujourd’hui…

- Pas plus que d’habitude, je crois.

- C’est que moi, je suis vanné… J’ai bossé toute la journée !

- Oh, ça ! Comme je roupille toute la journée, ça ne me demande pas beaucoup de travail le soir pour me tenir éveillé !

- Ou alors ça fait longtemps que tu n’as pas eu de débat comme aujourd’hui ?

- Non. Pas particulièrement.

- En tout cas, ça fait du bien de débattre avec toi, même si je ne suis pas d’accord…

- Hein ? Quoi ?! Pas d’accord ?!! Avec tout ce que je viens de te dire ?!! J’ai parlé dans le vent, alors ?

- Euh, même si je suis un peu d’accord – mais pas avec tout. Tu dis : « Il y a du sacré ». Pour moi, s’il y a du sacré, il y a un rituel. Et le football, c’est un rituel de paix entre les nations et les joueurs.

- Oui, théoriquement. Et, pour ce qui concerne le sacré, c’est celui des affects, et de l’intime.

- Pour moi, le football, c’est un sport où doit régner le fair-play – d’ailleurs, le sport, c’est fait pour réconcilier les peuples, apaiser les passions…

- Ça, c’est… abstrait pour le coup ! Peace and love…

- Non, pour moi, ça, c’est concret !

- Ton truc, c’est le Baron de Coubertin ! Sur le papier, je veux bien… Ou alors, si tu veux que ça soit réellement du concret, il faudra qu’à chaque match dans les cours de récré, qu’il y ait un ou plusieurs adultes, qui viennent expliquer et surveiller chaque mouvement, chaque geste déplacé ! Bon. Allez ! Attention, je vais dire une horreur : il y a une vertu de l’insulte – je parle pour Zidane…

- Pour Zidane, c’est un coup de boule !

- Eh bien, il y a une « vertu du coup de boule » ! Parce que le coup de boule – et l’insulte – ils viennent indiquer une limite du supportable ! Et les limites, il ne faut pas hésiter à les afficher !

- J’aurais toujours un problème avec une certaine gauche. Cette gauche qui est prête à prendre les armes, qui est pour la lutte armée, et qui est prête à poser des bombes, et faire sauter des rues avec des innocents…

- Attends, il y a bien des gens qu’il faut se résoudre à qualifier de, euh, de « connards », je suis désolé, c’est le terme – ou des vicelards pourris jusqu’à la moelle, si tu préfères. C’est pas difficile, il y en a un paquet au gouvernement en ce moment. Ces gens-là, ils ne méritent qu’une chose, qu’on leur foute des coups ou qu’on leur donne des baffes. Je ne dis pas que ça les empêchera de continuer, non plus, mais tu ne peux pas savoir le soulagement que ça fait ! Et si personne ne réagit, ils continuent leurs saloperies !

- Moi, je serais toujours contre la violence.

- C’est que tu n’as pas vécu des situations extrêmes. Et, non, je n’ai aucune problème avec la violence. Il y a cette phrase de Brecht : « Seule la violence aide, là où la violence règne ». Maintenant, il faut voir avec la violence de la connerie ! En paraphrasant, je dirais : seul, euh, l’instinct aide, là où la connerie règne !

- Je suis un pacifiste : la violence ne résoudra jamais rien. Des situations extrêmes, j’en ai connues : quand j’ai mon élève de treize ans…

- C’est bien ce que je te dis : tu n’as pas connu de cas extrêmes !!!

- Avec ce gamin de treize ans, en classe, je n’ai pas employé la violence…

- Extrême ! c’est par exemple : tu fais une manif de protestation « alter-mondialiste » – c’est comme ça qu’on dit – et tu as trois CRS devant toi. Tu n’opposes aucune résistance : tu es à terre, allongé et les bras en croix. Et eux, ils ont leurs matraques, leurs casques, leurs boucliers, et ils te foutent sur la gueule ! alors que tu es inoffensif ! Ça, c’est une situation extrême !!! Et, pas si rare que ça, en plus !!! Et, tu viens me dire : je ne me défends pas, parce que je suis pacifiste ??!

- Si : là, je me défends !!!

- Mais là, c’est déjà trop tard !!! Avec une seule matraque, ces trois CRS, ils t’ont mis dans les pommes !

- Je crois à la résistance, comme dans les années 40, avec les sabotages, mais pas aux actes de violence…

- Moi, je suis pour une violence, disons « légitime », qui permet de prévenir de ces situations dégueulasses ! Et la société, dont tu dis « croire aux institutions qui garantissent le respect des droits de tous », elle produit sciemment ces « dérapages », car c’est la nature du système dominant – et de la classe bourgeoise ! Et, comme tu préfères garder tes œillères, je ne pourrais pas te convaincre. Mais, on en reparlera le jour où tu devras défendre ta peau – je ne parle pas de celle des autres – et que tu devras sortir de ta planque !

- Eh ! Voudrais-tu dire par là que je suis quelqu’un de lâche et de soumis ?

- Euh, oublions ça… ahem ! Bon, je retire tout ce que je viens de dire… « mais-je-ne-le-re-gret-te-pas ! »

 

 

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par Albin Didon

mercredi, 10 février 2010

Panique française

 


 

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Un raz de marée humain a envahi les rues françaises. Le peuple brave les intempéries, exprime son indignation au gouvernement. Pas une ville n'est épargnée par ce rassemblement de citoyens en colère. Les places devenues impraticables ne laissent passer aucun véhicule parmi les très rares, encore en circulation.

Les administrations, les hôpitaux fonctionnent au ralenti.

La panique règne dans les ministères dont les responsables se succèdent au micro des hauts-parleurs installés, ici et là, en toute hâte.

La France vit la pire crise politique de toute son histoire.

Après avoir instauré les mesures les plus liberticides, créé un climat de stigmatisation nauséabonde, organisé la misère sociale, aucun mouvement de cet ampleur ne s'était produit.

La foule campe jour et nuit,  gronde.

L'État doit payer ce faux pas, inadmissible.

Qu'importe le chômage, la pénurie de logement, les arrestations arbitraires d'étrangers ou de citoyens, les privations de nourriture, le fait de ne pas assurer le minimum vital pour sa famille, même la remise en cause de la citoyenneté par le déni de reconnaissance de l'identité....Rien ne se compare à ce manque là.

Le Président, en personne, annonce l'éviction du Ministre de la communication et du directeur de la chaîne de télévision publique.

Le peuple siffle, l'invective.

Les locaux des permanences UMP ont été vandalisés, tous les magasins d'audiovisuel finissent de consumer leurs cendres.

La bascule vers la télé numérique a occasionné l'arrêt de la diffusions des programmes.


La France ne s'en remettra pas.


Les élections sont perdues d'avance.

 

Agathe

vendredi, 17 avril 2009

Nous voulons tout voir et tout savoir

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« Je veux tout voir et tout savoir. »

Nicolas Sarkozy

« Elle a les yeux revolver. »

Marc Lavoine


« L'agression du bus RATP », « les croix gammées sur le Mémorial de Drancy », « les manifestations lors du G20 », quelques « évènements » récents et  hétérogènes mais ayant au moins le point commun, lors de leur exploitation médiatique, d'avoir été traversés par une des marottes actuelles : « la vidéo-surveillance » ou « vidéo-protection ». Voilà bien encore un marché/concept qui, passé à la moulinette du bon sens commun, corroboré par quelques affaires à la médiatisation bien sentie, s'inscrit dans une démarche efficiente de pacification et d'élucidation. Une caméra, c'est certain, ça confond ou ça dissuade, il ne peut en être autrement. Dans un centre-ville, au réseau de caméras optimal (selon les dires de l'expert/auditeur/vendeur/installateur), le délinquant potentiel se trouve agressé jusqu'aux tréfonds de sa conscience : soit il passe à l'acte et sera appréhendé, soit il refoule. S'ensuit un état de torpeur morale qui ne peut que revitaliser le « sentiment de sécurité » de nos concitoyens qui n'ont évidemment rien à se reprocher. Ainsi, n'est-il pas rare de croiser, dans les rues de nos villes sécurisées, quelques individus en état de catalepsie, tétanisés par l'intrusion de cette insurmontable tension dans leur appareillage pulsionnel. Il se trouve même quelques honnêtes citoyens pour faire les poches de ces sauvageons statufiés.

Pourtant, nous pouvons voir se mettre en place une double réponse de la part des plus réactifs délinquants, extirpés enfin du piège moral infernal. Soit, ils s'en foutent : le réseau de caméras n'existe pas, ils connaissent éventuellement les études faisant état de taux d'élucidation très mitigés. Au fond, ce qui importe, c'est que l'honnête citoyen ne voit que les caméras de surveillance et que le délinquant potentiel ne voit que l'honnête citoyen. L'autre réponse est tout simplement une migration du terrain d'action du voyou. Il y a coproduction : s'il s'agit de sécuriser le centre-ville et son prestige, le voyou accepte d'aller exercer ses activités à la périphérie de l'espace sanctuarisé, sur les bords.   La vidéo-surveillance agit comme vidéo-plastie, remodelant les espaces.

Dans ces deux cas d'adaptation du sujet violent, l'honnête citoyen pourra voir, avec le temps, son sentiment de sécurité quelque peu ébranlé. Résultat : il peut se faire agresser « malgré tout » ou « ailleurs » (d'autant que ailleurs, c'est souvent chez lui).

Mais, à l'instar du voyou capable d'intérioriser la coercition et susceptible de la surpasser, le dispositif de rétablissement du sentiment de sécurité est dynamique. Comme il se disait que l'échec du communisme était dû à un défaut de communisme, comme il se dit que l'échec du libéralisme résulte de l'exercice entravé du libéralisme ; la vidéo-surveillance (et toute l'économie de la peur) ne pourra trouver son efficience maximisée que dans son extension infinie. L'honnête citoyen et l'honnête fournisseur de dispositifs de surveillance se retrouvent en une harmonie miraculeuse ; le marché extensif du sentiment de sécurité du premier se trouve exactement corrélé à l'humaniste marge bénéficiaire croissante du second.

L'autorité institutionnelle, l'Etat, la collectivité locale agissent concrètement pour le bien de l'honnête administré et éventuellement électeur. Une caméra, c'est matériel, incorruptible, c'est froid, immédiat, et ça voit tout. Il ne faudrait tout de même pas, cependant, qu'une de ces instances en viennent à tirer la couverture à elle ; il serait bien hasardeux pour une d'entre elles d'en venir à applaudir le volontarisme sécuritaire et les résultats d'une entité de sensibilité politique différente de la sienne. Aucune véritable torpeur, d'élus statufiés à ce niveau ; juste une pointe de mauvaise conscience (de « gauche ») chez certains.

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Alors, le voyou, dans sa course centrifuge, sautillant d'angle mort en angle mort, ou évitant plus sûrement de déréaliser le dispositif par un regard-caméra mécréant en centre-ville, s'en trouve tout esbaudi ; c'est le seul mouvement d'expansion du secteur de la vidéo-surveillance (onéreuse, avec caméras factices et déficit de personnels scrutant les moniteurs)  qui est le moteur de son efficience possible, répondant à l'honnête contribuable qui s'efforce de persévérer dans son sentiment de sécurité. Notre délinquant, sans cesser d'opérer, disparaît finalement des écrans. Les yeux électroniques sont crevés.

Mais alors, dans quelles conditions un tel dispositif pourrait avoir une quelconque incidence sur ce qui se trouve devant la caméra et, a fortiori, derrière, du côté du regardant ? S'il est question de remettre un peu de réalité et, partant, de sens au verbe « voir », il serait bien temps de (re)stimuler le regard commun et de montrer ce qui n'est pas vu. Entraver la privatisation du regard.

Proposition 1 : retourner les caméras vers ceux-là même qui les pointent. Regardons ce qu'il se passe dans ces instances de décisions, et comment ce simple regard peut brouiller le champ. Voyons les conseils d'administration, les bureaux des élus, les commissariats de police, regardons longuement la genèse d'un plan social, d'un journal, le déroulement d'une garde à vue, le recrutement d'un cadre, les négociations en coulisses, propulsons-nous à l'intérieur du bureau des chefs d'Etat, des voitures de leurs ministres, des avions des décideurs, sans discontinuité... Se ré-approprier toute cette part occultée (et s'il devait y avoir occultation, absence, stratégie d'évitement, tout cela serait vu) de l'action publique, de la décision et, dans le même temps, court-circuiter la peepolisation  (sic) de la société.

Proposition 2 : réorienter les caméras vers les espaces clos, devenus abstraits, où s'exercent la pression sociale, la pression d'Etat, la pression économique. Ces espaces où les « acteurs » ne peuvent, hélas, se dérober. Réinvestir durablement les prisons, les couloirs, les centres de rétention, les usines, les centres d'hébergement... ; se coltiner ce temps long, lancinant, le silence. Retrouver le sens de la durée et du réel, bien loin des coups de théâtre multiples, des acmés médiatiques interchangeables, de l'actualité brûlante. Où l'évènement surgirait de l'arbitraire, de la différence, des chocs...

Les moyens : le réseau de diffusion et de visionnage existe, Internet. Les instruments de captation également, bon marché, les webcams, le matériel léger de prise de vue.

Voilà un programme qui saura retenir l'attention de nos décideurs, friands de moindres coûts, de transparence et de démocratie.

On ne pourra que recommander le « Que sais-je ? » sur la question : « vidéosurveillance et vidéosurveillance », de notre grand criminologue Alain Bauer...

 

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samedi, 29 décembre 2007

Les autres images de la semaine

Comme nous vous l'écrivions la semaine dernière déjà, nous consacrons le week-end à revenir sur des images peu, ou pas vues dans les médias. Occultées par l'actualité omniprésente (voire omniprésidente) de la semaine et que nous livrons à vos commentaires.

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(Nabil Mounzer/EPA) 1,3 million musulmans ont afflué autour de la Kaba, l'édifice construit au sein de la Grande Mosquée de la Mecque et dans lequel est incrusté la Pierre noire. Il n'est plus là question de fanatisme religieux mais tout simplement de croyance et de foi. La frontière reste pourtant ténue au vu des incidents réguliers en Arabie Saoudite.

 

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"L'animal blessé à l'arrière train perd son sang qui empoisonne l'eau des poissons. Cette fin d'année ils devront passer au champagne !"
Ce cargo le "New Flame" à coulé en Août  dernier au large de Gibraltar et continue à déverser son carburant et sa cargaison fragilisant l'écosystème de la région.  Ce goulet d'étranglement est la seconde voie maritime la plus fréquentée au monde après la Manche, 100 000 bateaux y passent par an et les accidents se multiplient.  Plus d'infos :http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=81005

 

Le Village

mardi, 25 décembre 2007

Les tribulations du Père Noël

De nos envoyés spéciaux au Village...80a4c059508524269710fe24e6411afe.jpgb4aaf6456aa5aa2c702e718ce4274764.jpg9f15ebeecb8edf9d4875bfb1e776f638.jpg

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