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lundi, 04 mai 2009

Métro-viseurs

 

ticket jaune - 2 classe.png



L'autre jour, au métro Porte de Bagnolet, chargé comme un baudet, je voulais passer incognito le tourniquet. Sur les cinq machines, quatre étaient disponibles, et personne en vue s'apprêtant à les utiliser. Il me restait donc à me précipiter sur le seul qui était occupé. Le type devant moi, la cinquantaine, d'origine antillaise, avant de glisser son ticket dans la machine, était étrangement aux aguets. Très suspicieux et craintif, il regarde par intermittence ce qui peut se passer derrière lui. Ses inquiétudes se confirment, puisque poussant la porte, il se retourne, et me voit enjamber le tourniquet. Il vocifère tout de go :


- Ah, non !!! Achetez un ticket de métro !!! Y'en a marre à la fin !!! Merde !!! Je suis un abruti, ou quoi ?!!! Achetez un billet !!!

Il attire ainsi l'attention des guichetiers et des quelques passants. Visiblement pas très coopératif, je sors illico mon Pass Navigo, et le lui montre avec un large sourire : "Mais, j'ai mon ticket ! y'a pas de quoi s'énerver..." Je pose la carte sur le lecteur violet, et on entend la merveilleuse sonnerie qui valide mon titre de transport. Le visage déconfit, il lâche la porte (au passage, merci...), et se rend vers le quai. Prenant la même direction, je m'approche à trois mètres derrière lui, et lui demande :

- Pourriez-vous, s'il vous plaît, recommencer à crier comme tout à l'heure ?

Il me regarde, et n'ayant apparemment pas apprécié l'ironie, recommence :


- Achetez un billet !!! Moi, j'achète un ticket !!! Et, vous passez derrière moi ! Je suis un abruti ?!!! Moi, j'achète, et vous passez...

Comme il ne paraissait pas vraiment disposé à engager une conversation sereine, j'ai préféré, par politesse, laisser courir... Inutile d'envenimer la situation. Regrettant sincèrement de l'avoir secoué sans avoir pu lui donner une explication, je vais essayer de me rattraper ici.
Tout le monde a, ou plutôt, s'est trouvé dans la situation de devoir resquiller dans le métro. Certains font fi de l'interdit, et d'autres se resaississent, soit en acceptant les contraintes de l'achat : attente aux guichets (surtout en début et fin de mois), dépense, a posteriori souvent inutile. Ceux qui passent sans titre de transport s'exposant néanmoins à recevoir une amende (autour de 50 euros). D'autant plus que, généralement, la première fois, on se fait toujours avoir : les erreurs de débutant, comme on dit. Mais si lorsqu'on a resquillé deux ou trois fois sans se faire attraper, on est tenté de généraliser : "qui vole un oeuf, vole un boeuf", dit l'adage. Certes, mais c'est toujours une dépense en moins ! Glisser un ticket de métro assure juste à l'usager la tranquillité lors d'un contrôle. Donc, si on ne tombe jamais sur les contrôleurs, c'est effectivement idiot. Et, par conséquent, comme dans les affaires, on ne peut rien vous reprocher, tant que vous ne vous faîtes pas attraper ! On vous accorde volontiers que c'est cynique, mais bosser ("plusse") - et, je ne l'apprends à pesonne - c'est fatigant !

Après avoir évoqué le cas du contribuable ordinaire, voyons ceux que les "vertueux" appelle les "assistés". Il y a, entendons-nous le déplorer, des glandeurs. Et au grand désespoir des chantres du travail, on leur accorde - ô scandale ! - des droits ; notamment, celui de circuler "librement" et "gratuitement" dans le métro. Qu'arrive-t-il lorsqu'un "parasite" passe le tourniquet sans utiliser son Pass Navigo, si gracieusement accordé. Cela devient-il un délit ? Sur le principe, non ; puisque ça reviendrait à "gruger la gratuité". Toutefois, il faut savoir que celui qui contourne le tourniquet, même en ayant sur soi un titre de transport (dans son portefeuille ou son sac), peut recevoir une amende au motif d'"incitation à la fraude" ! Alors que détourner des millions en toute légalité...


Mais, revenons à nos moutons. En fait, pourquoi l'usager (quel que soit son statut) devrait ouvertement à présent - sauf à être "abruti", selon le terme employé par notre brave homme - se permettre de ne plus enregistrer son passage (au moins, avec le pass, voire avec un ticket ) ?
L'information elle-même est passée presque inaperçue, noyée par le flot des actualités mondiales. Le 31 janvier 2009, le site Rue 89 nous apprend qu'un riche industriel, qui arrose généreusement certains réprésentants de l'Etat, a passé des accords commerciaux avec la RATP. Il a obtenu un "partenariat" pour la diffusion de ses journaux "gratuits" (Direct matin, Direct Soir) dans l'enceinte du métro, au détriment de ses concurrents (Métro et 20 minutes). De plus, il a négocié commercialement, avec cette entreprise publique, les fichiers des Pass Navigo. Donc, pas si "gratuits" que ça, la "gratuité des transports" (pour les assistés), ni non plus les journaux "gratuits" - puisque c'est le service d'entretien de la RATP qui doit se coltiner - se ramasser - le ramassage (d'ordures, donc) de cette presse qui chante quotidiennement les bienfaits du capitalisme en louangeant ses laquais, et qui finit par traîner sur les sièges et parterrre. Du gratuit qui rapporte, en somme...

Le privé et le public marchant de plus en plus naturellement main dans la main, on notera également que la RATP, de son côté, s'était bien gardée de mettre en évidence que pour conserver son anonymat, l'usager devait quant à lui débourser, au moment où il décline benoîtement ses coordonnées, la somme de cinq euros. Bien que le fichage généralisé commence à entrer insidieusement dans les moeurs, si modique fut cette somme, elle n'en aurait pas moins été choquante, car c'est l'équivalent du pointage à l'usine... Il y a fort à parier, dans cet ordre d'idées, que l'on verra proliférer les écrans de télévision dans les stations de métro, comme à Europe ou... Arts et Métiers ! Et pourquoi pas, de temps à autres, quelques spots publicitaires - toujours mieux ciblés - pour agrémenter les attentes ? Alors, franchement : qui incite qui à la fraude, hein ?!

 


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par Albin Didon



www.rue89.com/2009/01/31/bollore-censure-le-monde-le-busi...linfo

vendredi, 24 octobre 2008

PRECAUTIONS UTILES AVANT LA BAISE

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J'introduis la baise qui suit de précautions...

Je déteste les amalgames, les généralités, les stigmatisations.

Donc ici il n'en sera pas question.

Il y a un "mais".

Dans la vie de tous les jours, nous pouvons être confrontés à ces humains là. Ils existent en vrai.

Dans ces mêmes corporations, nous savons certains incapables de ce type de comportements.

Je ne montre pas du doigt une profession, je crie mon dégoût contre des attitudes intolérables.

La scène à laquelle j'ai assisté aurait pu finir par un décès, une paralysie, une vie escamotée.

Heureusement, la victime s'en est tirée avec quelques blessures superficielles.

Avant de raconter cette scène ordinaire, j'ai une pensée pour les victimes de Montfermeil.

Me voilà dans la rue, hébétée, je reviens de la morgue. J'ai perdu un être cher. Entre chagrin et sentiment d'injustice.

Un croisement de rues, une voiture banale grille un feu rouge à vive allure.

Elle embarque un scooter qui passait au feu vert.

Le type est projeté en l'air sur dix mètres, rebondit sur le pare-brise. L'impact de son corps dessine immédiatement une toile d'araignée. L'homme retombe lourdement au sol.

La voiture a freiné brutalement.

Le passager de la voiture en descend. Le conducteur du scooter s'était relevé, il est blême.

"Ca va !  vous n'avez rien !". (Le ton est important, je traduis : "pas la peine de t'énerver")

Je crie : "Non mais attendez, je rêve, ne vous excusez pas, vous ne lui demandez même pas s'il est blessé".

Le passager du bolide se reprend et dit "Allez-vous asseoir".

Très vite, la conductrice dangereuse descend et s'engouffre côté passager, lui (l'ex passager) prend le volant et gare la voiture un peu plus loin sur le côté.

D'autres personnes sur place et moi-même (ma voix porte) lui lançons que nous savons qu'il n'était pas au volant. Il sort, me jette un regard agacé, je me porte témoin du conducteur du deux roues. Nous faisons remarquer à l'automobiliste faucheur le défaut de triangle pour prévenir les autres de l'endroit où le scooter est couché. (obligatoire depuis le 1er octobre (sic).)

Les pompiers écoutent quelques explications sommaires et soignent la victime sur place dans leur camion.

La femme (culbuteuse) n'est pas sortie de la voiture pour s'enquérir de quoique ce soit, je la pense prostrée. Le passager quant à lui explique aux pompiers les circonstances de l'accident.

Une voiture de gendarmerie arrive sur les lieux. Je suis interloquée (pas habituée à les voir intervenir en plein Paris).

Un homme en treillis en descend. Il s'approche de la voiture, la conductrice est descendue. Il lui serre la main et discute avec elle.

Jusque là, personne, ni l'homme au treillis, ni la femme (qui restera définitivement à côté de la voiture ou dedans) ne sont allés voir la victime.

Le treillis-man ira tout de même saluer son collégue (le passager).

J'avais raté l'essentiel.

Un type en costume sombre et chemise blanche (le super mega responsable des gendarmes) en pleine discussion sur l'accident avec la conductrice.

Il demande à parler à la victime ...

Le blessé vient vers moi et demande mon témoignage car un policier est arrivé sur place. Le costumé (Hyper boss des gendarmes) est énervé de voir que j'interviens comme témoin. Il est arrogant.

Le ton monte, nous lui rappelons que la victime a eu de la chance. Que nous attendons l'exemplarité, qu'il n'ont pas de triangle (et toc) ... Que si un enfant avait traversé à ce moment ... Le gendarme en costard (à hautes responsabilités) n'a aucun argument et s'énerve en disant "c'est mon numéro deux, nous avons des responsabilités, vous ne savez pas ce que c'est ...." - Je continue "Et que sa "deuxième" n'a pas daigné sortir pour s'excuser ou simplement demander au voltigeur s'il allait bien". Le policier le sort de son marasme, en menaçant de faire circuler tout le monde. Une voix insolente s'élève du groupe des témoins : "Taisez-vous, ne contrariez pas les forces de l'ordre, c'est de l'interne, ils vont s'arranger entre eux, si vous continuez vous allez vous prendre un coup de Taser".

L'agent de police a noté sur un bloc ordinaire.

J'ai eu comme l'impression de faire partie d'une mise en scène (un navet of course).

J'ai donné mes coordonnées au blessé.

J'espère qu'il va m'appeler ...

Pour la compréhension du dialogue : *Je dis nous, parfois, car j'étais accompagnée d'un membre de ma famille et que les propos étaient les nôtres ....

La loi, la tolérance zéro ...

 

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Agathe

 

 

 
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