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dimanche, 07 octobre 2012

Batissons l'Europe

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La proposition n° 11/60 du candidat Hollande prévoyait de renégocier les accords issus du Conseil européen du 9 décembre 2011 (mandat de la BCE, Euro-obligations, arbitrage entre croissance et niveau de déficit budgétaire).

"Avril 2012, Discours de François Hollande, campagne électorale: Pacte budgétaire : Hollande ne cède pas"

Mais à ce jour il n'y a une aucune modification du traité, et le texte soumis au parlement est le même que celui signé en mars 2012, par ... Merkozyeurope,traité européen,vote,assemblée,ps,ayraultJe renégocie pour vous ...

"Simplement, je dis qu'il n'est pas nécessaire d'aimer un traité pour le ratifier. C'est un héritage que nous devons assumer, un élément d'un compromis avec nos partenaires allemands, un élément aussi d'un ensemble que François Hollande a réussi à renégocier au mois de juin, qui est un début de réorientation de l'Europe."

Elisabeth Guigou


dimanche, 11 décembre 2011

L'europe du Volapük

Dette,crise,europe,merkel,sarkozy

Pensez-vous en Volapük ?

Le Volapük c'est l'idiome favori du spectacle et de sa médiocratie.
Mon petit camarage tgb en donne un bon cours d'initiation, à l'usage des néophytes soucieux de saisir toutes les péripéties de "l'actualité" et des "sommets de la dernière chance" qui s'y succèdent comme si nos politiciens, utilement secondés par leurs porteurs d'eau "journalistes", s'étaient lancés dans une étape montagneuse du tour de France, désormais ... européen.
Souvenez vous de 2005, gros nigauds de votants. Le Volapük, déjà, était à l'honneur. Tout le landernau multimédiatique bruissait des accents de cette "langue commune" dans laquelle délibèrent doctement nos oligarques et leurs larbins, au monde merveilleux de la Ploutocratie qui désormais est la forme démocratique achevée.
Vous l'avez déjà dans l'oreille ce sabir devenu omniprésent à la radiovision et dans vos gazettes.
Vous l'avez déjà entendu ce cri unanime des sauveteurs de banques en banqueroute et de leur ordre établi ... à Bruxelles, à Matigon,dans les salles de rédaction, de TF1 à libération, du monde à RTL, de Caroline Fourest à Ivan levaï, du Figaro à Cohn-Bendit, de sarkozy à flamby , de Fillon à Moscovici.

Toujours c'est la même antienne :

Oui, alors ?

Comment sont-elles, ces choses ?

Eh bien elles sont assez claires :

europe, dette,crise,banques,capitalisme

mercredi, 02 juin 2010

Tiens ! Et si on nationalisait la Commission européenne ?

Mes bien chers amis,

vous lisez là, le texte d'un pauvre citoyen au bord du désespoir.

OUI. Le dogmatisme idéologique a encore frappé : Non contents d'avoir imposé la privatisation  de La Poste, EDF, GDF, et tutti quanti ne voilà t-il pas que les membres de la Commission européenne exigent pour le simple motif d'une supposée distorsion de concurrence, que la SNCF se transforme en société anonyme !

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Lundi, le gouvernement français a juré, comme d'habitude, la main gauche posée sur la Bible racontée aux Nuls,  qu'il ne modifierait jamais le statut public de la SNCF !

Le secrétaire d'État aux Transports, Dominique Bussereau, a même  annoncé que Paris allait saisir la Cour de Justice de l'Union européenne.

Et ces délicieux politiques français, la main droite sur le cœur, de défendre, les larmes aux yeux la SNCF, le fleuron des transports ferroviaires qui irrigue notre belle Nation depuis plus de 100 ans comme le sang "impur" abreuve nos sillons !

En les écoutant, lecteurs bien-aimés, j'ai sangloté d'émotion : mettre tant d'application à défendre nos braves cheminots,  protéger une infrastructure représentant un des vecteurs principaux du désenclavement et du développement de notre pays et sauvegarder des milliers d'emplois  menacés * m'a rappelé que nous étions décidément défendus par de saints hommes...

Et tellement sincères, avec ça !

 

bible_pour_nuls.jpgTrêve d'humour. Place à la colère.

Je ne sais si vous éprouvez les mêmes sentiments que moi, mais le dogmatisme idéologique de Bruxelles commence sérieusement à me taper sur le système, voire plus vulgairement, à me courir sur le haricot. Les contraintes dogmatiques me paraissent bien trop lourdes. J'ai l'impression de vivre sous une dictature religieuse dont "le Traité de Lisbonne" est le bréviaire et ses principes un catéchisme inquisitorial absolu et irréfragable.

Libéralisme économique à tout crin, loi favorisant la sacro-sainte "giga" entreprise, privatisations, concentration des pouvoirs économiques et politiques, établissement de normes avantageant les grands groupes, lobbying extrême...

Bref ! La mise en place d'un bloc monolithique technocratique où le citoyen ordinaire est dépossédé de toute initiative et considéré comme un populiste irresponsable  m'est insupportable.

Les eurocrates, missionnaires fanatiques du politiquement correct, inquisiteurs illuminés de la doctrine libérale sont parvenus à rendre le citoyen français, fervent européen s'il en était,  eurosceptique voire carrément hostile...

Parce que ces gens là, mes bons amis, préfèreront toujours nous conduire au désastre plutôt d'avouer qu'ils se sont trompés. Leur morgue, leur mépris pour le peuple nous rappelle trop certaines époques historiques pour que ce petit jeu ne se termine mal.

Cette Europe du fric et du grand marché, entité politique fantomatique même pas contre-balancée par une diplomatie cohérente ou une volonté d'aide au développement sérieuse ne mène à rien de bon. Cette Europe des gnomes de Bruxelles se fait contre nous, pour asservir ses enfants, certainement pas pour assurer leur épanouissement.

Ces couilles molles étant incapables de s'attaquer au problème palestinien qui se trouve pourtant à nos portes. Incapables d'imposer à un Israël excessivement dominateur et trop sûr de lui, une solution acceptable sur la création de deux États dont les frontières seraient garanties par la Communauté. Les Palestiniens ayant bien trop souffert depuis plus de 60 ans.

J'espère de tout mon cœur que l'opinion publique européenne, très mobilisée, influencera ses dirigeants pour qu'on puisse au moins , trouver une solution pour briser l'embargo de la bande de Gaza. Chacun de nous ayant un rôle à jouer selon ses possibilités mais souvenons nous que la haine est la pire des conseillères...

Autrefois à la mort du Roi, on célébrait aussitôt son successeur puisque la Monarchie ne restait jamais vacante sauf en cas de Régence. On disait  : "Le Roi est mort, vive le Roi (le successeur)"

Dans le même esprit, je crie  : " Vite, que crève l'Europe, vive l'Europe !"

 

Amis, ennemis, indifférents, à après !


* Au mois d'avril, le chômage a atteint 10,1 % dans la zone euro. C'est évidemment un minimum  sachant que toutes  les statistiques d'emplois dans la totalité des pays  sont archi tripatouillées.

 

Cui cui fit l'oiseau, cynique connement utopique.

 

mercredi, 07 octobre 2009

Crise en thème


Voilà que l'Automne arrive et que l'on en est à la deuxième année de cette crise sans précédent depuis la dernière guerre mondiale. Heureusement, nous disent nos loyaux représentants politiques, le problème est en voie de règlement et de résorption. Pour le moment, seuls les financiers les croient, pour la bonne raison qu'ils sont à l'origine plus ou moins, de ces paroles de réconfort économique. Tout va bien, laissons les reprendre leur gavage de profits, désormais accompli sur fonds publics, ce qui creuse démesurément les dettes, ce qui entrainera inéluctablement des hausses d'impôts et la réduction des dépenses sociales, avec effet induit d'enfoncer encore un peu plus les catégories populaires et la consommation, donc d'aggraver la crise.


Mais pour qui veut bien prendre la peine de se renseigner, le regard se porte vite vers le large et abandonne les malheureux premiers noyés qu'a laissé la première vague du tsunami financier. Il s'avère en effet que la situation du système est encore pour le moins fragile et sujette à caution, pour euphémiser.


Non seulement les actifs toxiques sont toujours aussi opaques à toute recherche, dénombrement et traitement curatif, à tel point qu'on préfère les glisser sous le tapis en enjolivant les comptes à coup de changement de règles comptables, ou les ensevelir sous les liquidités accordées sans compter par les banques centrales, mais de l'autre côté du système, le chômage augmente implacablement, alimenté par les défaillances d'entreprises en hausse, alimentant l'insolvabilité qui pousse les banques à la faillite, fragilisant encore plus le monde de la finance. Le cercle vicieux se referme...

 

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Les USA, instigateurs et principal moteur du capitalisme financiarisé qui domine le monde depuis le milieu des années 70 n'ont jamais été aussi près de mettre les deux genoux à terre : leur dette publique est faramineuse, les chinois qui en possèdent une large part s'en désengagent doucement mais fermement ; la dette privée est également arrivée à un point maximal, conséquence logique d'un tassement continu des salaires qu'il a fallu compenser par le crédit pour nourrir la consommation, pilier du système. Le pays n'a quasiment plus de marge de manoeuvre et ne compte plus que sur ses affidés (c'est à dire la quasi totalité des pays occidentaux, qui perdraient autant que lui à sa chute) pour cacher du mieux possible la vérité. Lucide mais funeste pari, notamment pour l'Europe qui, si elle s'en donnait les moyens pourraient échapper à un déclin inéluctable, à condition de tourner le dos à une orthodoxie économique dont la créature ne survit plus que par acharnement thérapeutique. Malheureusement et loin s'en faut, l'Union n'en prend pas le chemin et la ratification par l'Irlande du traité de Lisbonne pourrait bien être la dernière victoire à la Phyrrus des européistes avant liquidation totale du projet par obstination idéologique (celle qui a attaché depuis les origines, le boulet du libéralisme économique à l'Europe)


D'aucuns comptent sur la Chine pour sauver la forme actuelle du capitalisme. Quand bien même arriverait-elle à créer véritablement un marché intérieur, elle ne ferait qu'accélérer la chute de l'occident, du moins de ses populations, les multi-nationales elles pouvant tranquillement migrer où bon leur semble, ce qu'elles ont déjà largement fait du reste. En tout cas, nul espoir pour les occidentaux de développer leurs exportations grâce à la Chine qui a maintenant les moyens d'alimenter elle-même son marché, grâce notamment aux nombreux transferts de technologie consentis par les entreprises de l'Ouest et par ses propres progrès scientifiques et techniques.


Il semble que la domination de l'Occident se termine mais peut-on penser raisonnablement que cela ira sans heurts ?

 

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Vouloir maintenir coûte que coûte le système est le pire des choix pour l'éviter alors que l'Occident a encore la force et les moyens en changeant de paradigme social et économique de peser sur un ordre mondial afin de l'équilibrer. Les propositions ne manquent pas afin de stabiliser le système financier depuis la nationalisation de certaines banques  (dépôt et crédit) jusqu'à rendre inattractives les opérations financières exigeant des retours sur investissement trop élevés pour ne pas fragiliser l'économie réelle (notamment le financement par levier mais aussi les rendements actionnariaux supérieurs à 8% par exemple. Une mesure comme le SLAM de Frédéric Lordon va dans ce sens, tout comme la proposition d'interdiction des paris sur les prix de Paul Jorion)


Malgré tout il est bien difficile d'être optimiste aujourd'hui tant les relais politiques qui pourraient se saisir des alternatives proposées, à savoir la gauche en général sont au mieux en pertes de repères ou chroniquement entravés par une parcellisation et mésentente coupable, quand ce n'est pas totalement corrompus par des renoncements complets voire des sympathies envers les idéologies les plus libérales. La débâcle de la social-démocratie dont le score piteux du SPD allemand vient encore d'apporter un témoignage parlant, n'est pas à chercher plus loin que dans sa dérive à droite et son acceptation d'un monde au moment où il s'écroule. La victoire apparente des droites elles, si l'on écarte le chiffre pourtant crucial des abstentions, souvent des classes populaires résignées, n'est due elle, qu'au classique recours quasi pavlovien au maintien de l'ordre, alors que celui-ci est pourtant déstabilisé par les politiques néolibérales menées par les droites et gauches de gouvernement depuis trente ans. La logique des votes n'a parfois rien à voir avec la logique...


Le mur se rapproche donc et les espoirs de l'éviter s'amenuisent. D'un côté il semble qu'un monde nouveau ne soit pas possible sans l'effondrement de l'ancien, de l'autre comment ne pas vouloir s'épargner un chaos dont personne ne peux prédire les effets dévastateurs avant que la création ne reprenne le dessus. Guerre, dictature, les deux ?


Y a t'il aujourd'hui des courants de pensée philosophiques résolument novateurs qui pourraient porter une contestation, une révolution ? D'aucuns voudraient réssusciter ou plutôt redéfinir le communisme, le vrai, celui de Marx, celui que prend pour hypothèse plausible un Alain Badiou. Je n'y crois pas, à la fois intuitivement et en raison de contradictions ontologiques dans ce discours : comment le communisme peut-il naître de l'individu, même sous la contingence de nouveaux rapports de production (c'est à dire différents de ceux du capitalisme qu'on suppose effondré) ? Or le communisme étatique a prouvé sa toxicité. Pour ma part je tiendrais beaucoup plus à une sorte de néo-jacobinisme structurant, porté par ses valeurs morales transcendantes, soucieux de réaliser un équilibre (forcément fragile, temporaire, donc à renouveler, et bien imparfait) entre liberté et égalité, étendu à l'échelle du continent. Mais force est de constater que nul intellectuel à ma connaissance ne porte ce message aujourd'hui, ne cherche à explorer à nouveau le chemin de la troisième voie. La France avait presque réussi à la trouver mais la social-démocratie, notamment grâce à ses éléments les plus cyniques, comme Tony Blair, probable futur président du conseil si le traité de Lisbonne est entériné, s'est ingéniée à la pervertir.


La seule quasi certitude qu'il nous reste à ce jour est que le système est touché à mort. J'anticipe sa disparition, en mettant la crise en thème, sans en porter le deuil...

 

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Quelques liens pour obtenir des informations et notamment des chiffres sur la poursuite de la crise (n'hésitez pas à lire les commentaires des articles, souvent très informatifs) :

 

Paul Jorion.com/blog/

Blog du Monde diplomatique.net/-La-pompe-a-phynance-

nouvellegauche.fr/blog/2009/09/29/comment-sortir-du-piege/

 


Nicks

mercredi, 22 juillet 2009

Sgt. Papy's Lonely Hearts Club Band

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Le 16 juillet 2008 *, la commission européenne votait un amendement initié par Charlie McGreevy, commissaire chargé du marché intérieur et des services, et validant deux initiatives dans le domaine du droit d'auteur. Ainsi, la première prévoit-elle de « porter de 50 à 95 ans la durée de protection des exécutions enregistrées et de l’enregistrement proprement dit. La proposition bénéficierait ainsi tant à l’artiste interprète ou exécutant qu’au producteur. Elle traduit également l’importance que l'Europe accorde à leur contribution créative ». La seconde disposition vise à abolir les monopoles nationaux des organismes de collecte des droits d'auteurs (telle la SACEM, en France) ; c'est donc la mise en concurrence de ces organismes nationaux. « Cette décision aura un effet positif sur la diversité culturelle », indique Neelie Kroes, commissaire à la Concurrence. Elle permettra « d'offrir aux auditeurs un choix plus vaste et aux auteurs des revenus potentiellement plus importants ».

On pourra trouver le « press release » ici .

Charlie explicite une des visions à l'origine de son texte :  « Compte tenu de l’espérance de vie dans l’UE, 75 ans pour les hommes et 81 ans pour les femmes, il n’est pas rare que ces personnes deviennent octogénaires, voire nonagénaires, alors qu’elles ne perçoivent plus aucun revenu de leurs enregistrements ». Voilà donc un amendement qui, sans conteste, saura adoucir les vieux jours de nos grands artistes européens (abandoooooonné-é-és ou non).

Pourtant, un paragraphe, moins immédiatement spectaculaire et médiatisé que le passage de 50 à 95 ans de la durée de protection, vaut son pesant de royalties et vient, si besoins étaient encore, balayer la poussive justification de Charlie :

« En outre, dans le cas des compositions musicales auxquelles ont contribué plusieurs auteurs, la Commission propose une méthode de calcul uniforme de la durée de protection. [...] La règle proposée prévoit que la durée de protection d’une composition musicale expire 70 ans après la mort du dernier auteur vivant, qu'il s'agisse de l'auteur des paroles ou du compositeur de la musique. »

De plus, Charlie, non content de s'attaquer à la paupérisation des créateurs en fin de cycle biologique, se fait fort de pourfendre l'oubli des petites mains, la spoliation des méticuleux artisans et autres indépendants...

Charlie :

«Je n’ai pas en tête des artistes de renom tels Cliff Richard ou Aznavour. Je pense aux milliers de musiciens de studios qui jouent sur les enregistrements des années 50 et 60, qui ne percevront plus aucune redevance liée à leur contribution, alors qu’il s’agit souvent là de leur seule retraite.»

Aucune histoire de lobbying, aucune volonté d'accentuer les phénomènes de rente et de monopole dans tout cela, n'est-ce pas, mais juste une défense acharnée des petits métiers (qui génèrent encore aujourd'hui des profits gigantesques, c'est connu)...

Propagande connue et usée, ici et là...

Caressée dans le sens du profit prorogé, l'industrie du disque glousse de plaisir.

Et c'est également la question du domaine public qui se pose ; ce lieu où les choses, extirpées de l'univers marchand (ou exploitées par d'autres, dans le jeu de la fameuse concurrence et de la diversité), circulent librement, sont assemblées, transformées, retrouvées, tordues, réinjectées dans le geste de création etc.

Dans « L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique », Walter Benjamin questionne le rôle, le statut de l'oeuvre d'art au moment même de l'essor des techniques de reproduction de masse (photographie, imprimerie, copie ; et aujourd'hui traitement numérique, échange de fichiers etc.). Il voit dans la reproductibilité technique de l'oeuvre la perte de son aura et étudie les changements subséquents dans la perception de l'oeuvre par le « public ». Toutefois, Benjamin ne regrette pas la disparition de l'aura et y décèle, au contraire, la véritable création dans le sens où elle s'émancipe de valeurs extérieures telle que la religion ou l'Etat (« l'aura de l'oeuvre à l'époque classique n'est pas autre chose que l'intrusion d'un pouvoir exogène décidé à pénétrer le champ de l'art pour mieux assujettir le monde. » Bruno Tackels). Avec l'oeuvre d'art reproduite et distribuée, c'est l'ensemble du « public » qui a accès à l'art, qui en modifie le sens, qui est transfiguré par l'oeuvre. Selon Benjamin, l'art ainsi débarrassé de l'aura permet  de se libérer de l’aliénation de masse devant les images. Et c'est à ce moment-là que, véritablement, « l'aura peut apparaître et devenir visible pour l'œil moderne » selon  Bruno Tackels.

Evidemment, ce processus fut également interrogé du point de vue du risque (et de la réalité) de voir l'oeuvre d'art devenir marchandise, qu'elle se fétichise dans son appropriation par la masse...

« La culture, qui d'après son propre sens non seulement obéissait aux hommes, mais toujours aussi protestait contre la condition sclérosée dans laquelle ils vivent — et par là les honorait — cette culture, par son assimilation totale aux hommes, se trouve intégrée à cette condition sclérosée; ainsi elle avilit les hommes encore une fois. Les productions de l'esprit dans le style de l'industrie culturelle ne sont plus aussi des marchandises, mais le sont intégralement. » Theodor Adorno.

http://www.le-terrier.net/adorno/industrie.htm

C'est pourquoi le domaine public et sa dimension politique peuvent venir court-circuiter ce phénomène de marchandisation.

Et ce domaine public s'exprime notamment sur Internet ; qui revient encore comme cible privilégiée du gentil espace marchand.

Que pourra-t-il advenir du travail de sites souvent vitaux tels que :

http://www.ubu.com/

http://www.archive.org/index.php

http://www.europafilmtreasures.fr/

Il faut y aller, y musarder, y rester... Et y exercer son regard critique. Encore...

Et laisser les productions de nos grands artistes sur les étals, entre l'oseille transgénique et les poulets aux hormones.

 

Le Britannique Henry Allingham peut enfin souffler (poussivement). Son enregistrement artisanal de « Peter, Peter, Pumpkin Eater » datant de 1918 et exécuté en yodlant sur un grand-bi pourra encore lui rapporter gros. Peinard jusqu'en 2013.

Henry Allingham est l'homme le plus âgé d'Europe.

 

 

 f

* Réedition d'une note publiée l'été dernier suite au décès d'Henry Allingham le 18 juillet 2009 (et en plus, il était génial ce billet).

 
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