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lundi, 09 novembre 2009

saines – du balcon 2/4


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Ah ! quand même !!! Comme nous étions à des tables très éloignées de l’estrade où officiaient les danseuses, je me suis levé pour m’approcher de la scène, quitte à passer pour un gros obsédé. Je ne me suis pas bien rendu compte, mais, au total, je crois qu’il devait y en avoir une quinzaine au moins jusqu’à minuit ; voire une vingtaine de « créatures (de rêve) » pour toute la soirée. Sous leurs robes, j’avais relevé qu’aucune ne portait de bas, ni de porte-jarretelles. En tout cas, la première danse(use) m’avait beaucoup plu. Et la suite me paraissait bien engagée…

 

Entre-temps, une hôtesse de salle (Jennifer) m’explique le principe des billets : un peu comme une tombola, il faut prendre un billet pour pouvoir profiter d’une prestation individuelle à sa table ; deux billets, pour une danse privée en cabine. Le cumul de trois billets permettait une prestation encore plus intime, de trente minutes… On se calme : il n’y a rien pour le cumul de quatre ou cinq billets ! Mais, contrairement à la tombola, il n’y a pas d’ « épreuve de dextérité » particulière, ni de peluches à emporter chez soi ; mais un autre type d’épreuve, mentale , et à peine des lots [lots :-] de consolation.

 

Pour situer le montant du billet (que, par discrétion, je ne vais pas explicitement révéler), il faut se figurer le prix d’un pull standard de moyenne gamme, ou celui d’un billet d’entrée à Eurodisney, ou encore une carte ‘5 places’ de cinéma valable deux mois dans un multiplex. Et pour donner une fourchette de prix, ça irait d’une formule shampooing-coupe dans un salon de coiffure ordinaire à un abonnement annuel aux Cahiers du Cinéma, par exemple. Sans hésiter, j’avais alors demandé deux billets. Des filles commençaient peu à peu à m’accoster (limite, à me faire du rentre-dedans) ; ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais dans la « vraie » vie. C’est loin d’être désagréable, même quand on garde à l’esprit que les rapports sont faussés : c’est « professionnel » et « intéressé ».

 

Au moment de rejoindre ma table, je vois mon frère très occupé avec une danseuse (Charlotte). Ne pouvant atteindre ma place sur la banquette, je les regardais à une table à côté. Elle avait pratiquement terminé son numéro. Pas dégueu… la « danse ». Et encore, je ne faisais que regarder ! A la fin, pris au dépourvu, je me vois remettre un billet à la dame. Après qu’elle se soit éclipsée, et, comme cela m’avait néanmoins quelque peu étonné, j’ai questionné le veinard : il croyait que je l’avais envoyée – ce qui n’était pas le cas. Mais comme, ça lui avait bien plu, je n’ai pas fait d’histoires.

 

Du coup, j’ai dû retourner choper Jennifer, pour redemander un autre billet ! Un peu plus tard dans la soirée, j’ai indiqué à mon frère qu’il me restait encore deux billets… et ce qu’ils lui permettaient ! Cette fois-ci, sa demande était spécifique : il voulait une asiatique [comme quoi : quel faux-derche :-]. Je me suis mis alors… à « prospecter » pour lui. Jennifer m’informant qu’il y avait bien une danseuse dans la boîte qui correspondait à ce critère, mais pas ce soir-là. Alors, il fallait choisir quelqu’un d’autre. Du coup, j’ai préféré qu’elle ne corresponde pas du tout à son goût. Je me suis retrouvé dans un rôle bizarre (un peu maquereau sur les bords) : celui de trouver « la perle rare », pour une prestation, mais surtout, pour mon frère !

 

Les filles continuaient à m’aborder (c’est leur métier, d’abord), et moi, je devais faire preuve de beaucoup d’imagination pour les congédier poliment : « Euh, oh, la, la, si ça n’était que moi, j’ai serais bien content de pouvoir vous tenir la jambe, comme on dit :-] ». De l’extérieur, je ne serais pas étonné d’être passé pour un « homer-sexuel » : des gazelles venaient me faire les yeux doux, et moi, je les envoyais gentiment balader ! Mais, bon, j’assumais : « Ce soir, je veux que mon frère en profite, et je ne veux pas avoir l’air de passer plus de bon temps que lui » ! A tel point qu’il y en avait une – coquine – un peu décontenancée, qui me soufflait : « Oui, d’accord pour ton frère, mais ce serait dommage, que tu partes sans (m’)avoir essayé… ». Sans frimer : ce n’était vraiment pas difficile de me retenir, puisque j’étais à sec !

 

C’est alors qu’en voyant ce défilé vénusiaque, je me suis questionné sur les différents types de « beauté ». Je dois reconnaître – et je le savais depuis longtemps déjà –, que je suis « formaté » ; « intoxiqué » même ! En gros, je n’ai qu’un seul type féminin ; pour aller vite, le type « mannequin » dans les magazines ou la publicité (mon tiercé serait : Inès Sastre, Karen Mulder, Cindy Crawford). Ou si l’on préfère, j’ai toujours flashé sur quelques actrices : Sharon Stone, Jennifer Connelly, Liz Hurley, Tera Patrick… De toutes façons, j’ai toujours été difficile. Je peux citer un paquet de nanas très connues, et généralement tenues pour « belles », et qui ne m’ont jamais intéressé : Penelope Crous, Monica Biloutechie, Angelina Jaunie, Cameroun Diamz, Jennifer Amiston, Kitchen Dust, Eva Mongolia, Emmanuelle Beûarr, Laetitia Castoua, Vanessa Parodie, Eva Greed, Marion Coquillard, la Première Dinde de France, etc…

 

Eh bien, ce lieu a quelque peu ébranlé ma « représentation mentale ». Plus je devais décider pour mon frère, et plus je trouvais les filles sur la scène, touchantes. J’essayais même de les « classer » : les « canons », les « bombes », les « pas terribles », les « pas mal, mais pas mon genre », les « bien pour lui, ou un autre, mais pas pour moi ». Je n’en ai vu aucune de vulgaire. Et, toutes avaient un petit quelque chose, qui faisait la différence. Il y en avait une ou deux qui auraient mieux fait de se rhabiller, mais, en même temps, je me disais « il en faut pour tous les goûts » ! Du coup, je me suis posé des questions sur mes propres « goûts ». Comment j’ai été conditionné, et le type physique que j’apprécie. Ou comment je me verrais avec telle ou telle fille ? Là, comme ça, sans me projeter sur un quelconque avenir : chacune étant instantanément disponible, « offerte ». Je savais très bien qu’il n’y avait aucune séduction, mais uniquement de la « consommation » – un échange – une prestation, où la fille offrait aux regards concupiscents ses attributs sexuels, vendait sa « part femelle ».

 

[à suivre...]

 

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par Albin Didon

 

lundi, 02 novembre 2009

saines – du balcon

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[1/4]

 

Enterrement de vie de garçon de mon frère, le mois dernier… C’était bien la première fois qu’on me sollicitait pour en faire un. Le peu que je savais, c’était que généralement les proches du futur marié (ou de la future mariée pour les enterrements de vie de jeune fille) font les couillons dans la rue : j’en avais vu deux ou trois dernièrement, et cela m’avait plutôt fait rigoler. Pour mon frangin, je n’avais guère qu’une ou deux idées : par exemple, lui faire porter une tenue de « bunny Playboy » et demander à des inconnus (« e-s », de préférence) de dessiner des cœurs au marqueur ou au feutre fluorescent ; enfin des conneries comme ça…

Il y avait aussi un film, très moyen, mais qui a fait un carton cet été, où on trouvait quatre personnages complètement torchés, qui se réveillaient dans une chambre d’hôtel de luxe, avec un tigre dans la salle de bains. Ils se rappelaient juste qu’ils avaient fait la java la veille, mais avaient complètement oublié de quoi il en retournait. Tout au long du film, The Hangover (traduit en français par Very bad trip !?), ils vont recomposer les morceaux du puzzle de leur folle nuit. Et enfin, le truc bateau dans les enterrements de vie de garçon, c’est la strip-teaseuse…

Et puis, finalement, à peine une dizaine de jours avant la date fatidique, je tombe sur la note d’un blog, sans doute inégal, mais pas prétentieux, et même parfois déconnant. En évoquant « Secret square », la très respectable Miss Blablabla avait été suffisamment dithyrambique pour, comment dire ? « m’intriguer ». Surtout quand on sait la difficulté de trouver à Paris des coins sympas : il peut arriver qu’on traîne des heures durant la nuit, sans rien trouver de vraiment satisfaisant, ni comme bar, ni comme restaurant. De temps à autres, bien sûr, il arrive qu’on tombe sur quelque chose de chouette, mais sans jamais être vraiment épatant.

Pour les distraits, « SS » est un bar-restaurant qui se désigne comme « aphrodisiaque », sis au 27 avenue des Ternes, dans le 17è arrondissement de Paris. Pour les suspicieux, je tiens à signaler que ce long billet est complètement désintéressé : il n’est pas sponsorisé, et il n’y a personne de mon entourage là-bas, ni de près, ni de loin. Le menu à 60 € comprend un repas (plutôt court, mais assez bon), et un « spectacle ». Quand nous sommes arrivés, mon frère, son meilleur ami et moi, il devait être 20h 30. Au vestiaire, une charmante hôtesse, qui laisse augurer la suite, reçoit nos affaires (3€, par personne). Puis nous descendons, au sous-sol : d’abord, une sorte de grand salon de près de deux cents mètres carrés, avec une large dominante de rouge, et des couleurs sombres entre le marron et le noir. Et, une salle attenante plus « cosy », environ soixante-quinze mètres carrés, pour se restaurer. Un service, à peu de choses près, impeccable.

Bon, ce soir, c’est fête ! pas d’apéritif ; le meilleur ami commande une bouteille de champagne Taittinger : 145 € ! Raide, le prix ; mais excellent. Pour le repas, menu « automne » : cannellonis, puis agneau, et au dessert un truffier. L’entrée est prometteuse, et le reste correct.

Début de la soirée. Alors qu’on goûte le champagne, les clients entrent peu à peu. La population est assez homogène : plutôt « bobos », moyenne d’âge : trente-cinq, quarante ans. Quelques-uns ont la petite vingtaine ; et on peut entrevoir par-ci par-là des cheveux grisonnants. Beaucoup de groupes ; mixtes. Statistiques à vue de nez : sur dix hommes, il y a deux ou trois femmes. Puis à un moment, je commence à voir arriver un petit groupe de femmes, très élégantes, avec des robes de soirée dont les couleurs tranchent avec ceux des clients ordinaires. Je les regarde distraitement. Le voisin de la table derrière, qui contient un groupe de six personnes, se retourne ostensiblement ; et, très « excité » (je ne vois pas d’autre mot), me lance : « Quand même, tu pourrais dire à tes copains, que les filles sont là !!! » Bon, c’est vrai : je matais égoïstement ; mais, je ne voyais pas non plus de quoi en faire un plat : il n’avait jamais vu de jolies filles dans sa vie, ou quoi ?!

Depuis le trajet en métro, mon frère se demandait où je l’emmenais. J’avais réussi à rester très discret sur tous les éléments de la soirée. Il ne connaissait pas l’endroit, et était un peu angoissé de ce qui l’attendait. Bien que ses doutes se levaient peu à peu, et il était toujours crispé. Je crois qu’il est resté « coincé » pendant un bon moment. Par exemple, quand il fut bien clair, qu’on était dans une boîte de strip-tease et qu’il fallait qu’il décide de choisir une fille, il s’est défilé :

 

- Oui, euh, ma copine me l’interdit…

- Eh, banane ! c’est justement pour ça que t’es là ! Aujourd’hui, tu as le droit !

- Euh, si je le fais, vous le faites ! il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui le fasse…

- Eh, bien si ! c’est pas nous, qui passerons à la casserole la semaine prochaine !

 

Sa dérobade était si lourdement voyante que la table voisine nous chambrait :

 

- Eh, ils ont commandé le menu enfant ! »

- C’est qu’on ne veut pas se faire attraper par nos parents !, avais-je dû improviser comme réponse.

Mon frère continuait à louvoyer : « Non ! quand même on peut pas payer pour ça ! », « J’ai la même à la maison… en mieux !!! », etc. Puis, à court de prétextes, il lâcha enfin : « Bon, ben, alors, vous décidez pour moi ! »

 

[à suivre...]

 

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par Albin Didon

 

 

 

 
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