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vendredi, 01 mai 2009

Le voyage au bout de l'enfer d'un pauvre patron du CAC 40.

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Lionel Mouton déclare en exclusivité au Jivaro:

"Je pars pour protéger la Satiété Générale

des hyènes qui rôdent en ricanant"

 

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De notre envoyé spécial James Kerviol.


J K : Pourquoi quittez vous la SG?

Lionel Mouton : Pauvre victime d’une odieuse cabale menée par des médias et des politiques gangrenés par une jalousie maladive, j’ai décidé de remettre ma démission au Conseil d’administration. J’ai même pris l’initiative dans un geste complètement fou et désintéressé qui m'honore de ne pas encaisser mes indemnités de fin de contrat !

J K : Oui mais vous toucherez dès 2010 une retraite de plus de 700.000 € par an !

Lionel Mouton : Rire jaune… 700.000 €, vous appelez cela une retraite ? Imaginez vous le manque à gagner que je vais devoir subir après des années de labeur justement rémunérées ? J’entrevois l’avenir avec frayeur et je pense même être condamné à déménager et à licencier la moitié de mes domestiques !

J K : Quelles ont été les réactions de vos salariés et de vos amis ?

Lionel Mouton : Rire gras. Les employés de la Satiété Générale sont très fiers d'avoir à leur tête un PDG qui gagne plus que les autres : cela montre que leur entreprise est au plus haut ! Quant à mes amis, je vais vous citer une anecdote amusante : un jour que nous roulions comme des enfants insouciants dans la Ferrari de Laurence (Parisot) avec Sophie (de Menthon), j'ai sorti tout à trac un slogan qui nous a fait mourir de rire ! "À la Satiété Générale, je me suis servi à satiété à la satisfaction générale", ai je sorti, pas qu'un peu fier...  Après une cascade de rires cristallins, une voix a ravi mes entrailles, "cher, vous êtes impayable !" a gloussé illico Laurence avec sa malice habituelle et Sophie d'ajouter : "quel esprit ce Lionel Mouton ! Il vaut largement sa toison d'or !" Ah ah ah ! Quel esprit, quels moments délicieux ! Quel couple harmonieux nous formions avec Laurence !  Quelle belle équipe de copains  nous faisions tous les trois, à cet instant béni des dieux, bien loin des envieux et des jaloux, chevauchant notre Ferrari rouge F430 Scuderia, cheveux au vent ! Nostalgie...

J K : Comment avez-vous vécu les critiques venues de la classe politique ?

Lionel Mouton : En colère. Très mal ! Tout le monde sait bien que les banques sont les boucs émissaires de cette crise et ce n’est pas de leurs fautes si des citoyens indélicats au chômage ont contractés des crédits (subprimes) qu’ils n’ont pas pu rembourser : ce sont ces pauvres inconscients qui ne règlent pas leurs dettes, les responsables ! Mais quelle instance politique aura le courage de le dire ? Tout ce que les hommes politiques trouvent à faire dans un grand élan démagogique, c’est condamner des dirigeants d’entreprises dont la rémunération n’est que de quelques millions d’euros et non ces citoyens mauvais payeurs qui ont mis l’économie à feu et à sang ! Je suis écœuré par ce monde injuste, monsieur Kerviol, les hyènes veulent ma peau ! Toutes les nuits je les entends rôder en ricanant, je n'en peux plus ! [ sanglots dans la voix]

Note de la rédaction : après une crise de larmes de plus de 10 minutes, nous retrouvons Lionel Mouton, les lunettes embuées, défait dans son costume Pierre Balducci à 32.000 €…

J K : Quel bilan rapide faites-vous de vos années Satiété Générale ?

Lionel Mouton : Désespéré. Monsieur Kerviol, nous avons été trahi par un petit employé qui a impacté notre bilan, d’une moins-value de 5 petits milliards. Ce n’était pas si grave et nous aurions rattrapé la bévue sur un coup de bourse spéculatif bien affuté si cette satanée crise n’était pas arrivée si tôt ! En tout cas, personnellement, je suis extrêmement satisfait de mon bilan financier, ma famille aussi.

J K : Mais n’étiez vous pas responsable de cet énorme trou financier ?

Lionel Mouton : Vif. Ah ! je reconnais bien là les journalistes ? Toujours en train de cracher sur les patrons ! De quoi serais je coupable ? Du comportement d’un employé qui a été immédiatement exclu : n’est ce pas là une attitude sérieuse et réfléchie de la part d’un patron du CAC 40 digne de ce nom, de punir les employés indélicats, Monsieur Kerviol ?

J K : Mais vous auriez pu démissionner car tout capitaine est comptable de ses matelots et de son navire !

Lionel Mouton : Hors de lui. Comptable ? C'est un terme que je ne goûte guère ! Le discours que vous tenez là, Monsieur Kerviol a des connotations bolcheviques : depuis quand un patron de banque, est il responsable des pertes occasionnées par des évènements indépendants de sa volonté ? Tout ceci est de la faute à la crise et j'estime n'avoir strictement rien à me reprocher ! De toutes manières, je trouve vos insinuations intolérables, je vais me plaindre du déroulement de cette interview à votre patron qui est un de mes amis, il possède un compte chez moi. Je ne vous salue pas Monsieur…

  • Toute ressemblance avec des lieux ou des personnes existantes ne serait que pure coïncidence et cette interview parodique n'est qu'un grossier pastiche...
  • L’interview originale est ici.

Cui cui, pigeon voyageur.

mercredi, 19 novembre 2008

Sciences : les singes décideurs sont ils l’avenir du libéralisme économique ?

Juste après la tenue du G20, je désire vous entretenir d’une expérience sociologique et comportementale passée quasiment inaperçue, terminée il y a à peine quelques jours à l’Université du Wisconsin-Madison aux USA. Les résultats obtenus se sont montrés particulièrement prometteurs et ont ouvert la porte à des perspectives magistrales dans la gestion économique et politique de notre planète.

neutre2.jpgBut de l’expérience :

Étudier le comportement de trois primates de races différente en lieu et place d’être humains placés aux sommets de la hiérarchie et comparer leurs performances finales.

Description du protocole :
 
Le professeur Woodworth assisté d’une petite centaine de collaborateurs, a sélectionné trois singes pris au hasard, il les a placé dans les conditions quasiment identiques à celles des décisionnaires humains qu’il souhaitait tester dans trois domaines différents : la conduite d'un grand pays, le management d’une banque et la gestion d'un parti politique. Ces primates se prénommant Nicky's, un petit babouin mâle un peu agité et narcissique de 53 ans, Bouton's un sévère et avide ouistiti adulte de 58 ans toujours suivi de Kervy son inséparable compagnon jeune et impulsif, enfin  Holldy, un macaque malicieux et bon vivant mais un peu mou et myope de 54 ans fraîchement séparé de Princess, son ex compagne.

Chaque singe devait choisir sa réponse parmi quatre propositions soumises par un staff de brillantes persionnalités grâce à quatre manettes placées devant lui. Un ordinateur géant analysait aussitôt, en temps réel, le retentissement de ses arbitrages en macro économie ainsi que les répercussions sur la politique mondiale, le management bancaire et la gestion du Parti. Le computer comparait alors les résultats entre les mesures prises par les titulaires humains et celles choisies par nos singes sélectionnés.

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Je vous livre donc les résultats bruts de l'expérience que j'ai pu obtenir grâce à un ami dont je tairai le nom pour éviter d'entraver sa carrière prometteuse.

Résultats de l'expérimentation :

Pour faire vite, disons que Nicky's a fait mieux que le dirigeant actuel du pays testé (non communiqué pour ménager les susceptibilités), avec des performances supérieures dans le domaine social et l'emploi. Au niveau internationnal le G20 a bien eu lieu et a donné lieu à autant de résultats, c'est à dire à des déclarations d'intentions qui ne mèneront jamais à rien comme les G8, G13, G156, etc... Enfin la situation financière n'a que peu varié. On peut donc déclarer la primauté sensible du babouin sur l'homme dans ce cas particulier de gouvernance d'un pays moderne.

Pour le management de la banque le résultat a été très spectaculaire : Bouton's et Kervy n'ont perdu pendant la crise que trois cent millions d'euros à la place des cinq milliards gaspillés par l'équipe actuelle, toujours en charge rappelons le. Un détail amusant : quand Kervy appuyait en cachette sur les manettes , Bouton's faisait semblant de ne pas le voir. Le staff a du intervenir sévèrement... Pour ce cas, il est indéniable que le bilan de la gestion de l'organisme financier (que nous ne nommerons pas par pudeur) par les ouistitis a été largement supérieure à celle des deux hommes.

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Mais le cas d'Holldy fut probablement le plus pathétique. Quelles qu'aient pu être ses décisions, la déliquescence du Parti (dont nous tairons le nom par délicatesse) ne faisait que s'accroître. Le pauvre Holldy, bizarrement, s'était beaucoup attaché aux humains qu'il observait sur d'énormes écrans. Au début il prit très à coeur la mission dont il ne comprenait pas grand chose. Pourtant à la fin de l'expérience, il a terriblement ému les expérimentateurs lorsqu'ils ont vu des larmes jaillir de ses petits yeux myopes devant le spectacle d'un parti ravagé par les haines et les ressentiments... Ce fut le moment le plus poignant de cette expérience. Nombreux furent les expérimentateurs se résoudre à consulter un psychologue pour se remettre de ce sress intense...

Conclusion :

J'avais préparé une conclusion hyper argumentée et puis en me relisant, je me suis dit que dans cette modeste parabole tout était dit : l'Homme et la Femme providentiels n'existent pas, l'essentiel dans une société, ce ne sont pas les "Chefs et dirigeants" qui prennent les arbitrages sans aucun risque et avec de larges gratifications morales et financières mais ceux qui dans leurs entourages préparent véritablement les mesures. Que le pouvoir personnel est un leurre et que le peuple est bien con de croire que celui ou celle qu'il élira est une sorte de demi-dieu capable de tout résoudre et que ses uniques motivations sont le bien de la collectivité. L'époque de de la monarbig-6.jpg.jpegchie absolue me semble révolue. N'est il pas l'heure d'apprendre à raisonner différemment ? N'est il pas temps de rechercher une nouvelle méthode de gouvernance plutôt que s'en remettre aveuglément à un seul individu ?

Qu'une grande partie de citoyens âgés, de droite, par un réflexe tribal naturel face à l'inconnu, croit à ces sornettes et réclame un chef pour la sauver me parait (presque) naturel, quoique nous ne soyions plus au paléolitique... 

Mais, mes amis : le Parti socialiste asphyxié par le mythe et des combats de "chefs" en 2008 ?

Comment dire ?

Comme  Holldy, j'en pleurerais...

NB : La dernière photo a été empruntée en partie à "20 minutes.fr" que je remercie.

Cui cui scientifique déjanté et scénariste fêlé...

mercredi, 06 août 2008

Ah Dieu ! Que l'ultra libéralisme économique est joli !

Mes amis du Village, je vais vous faire une confidence et vous donner un bon conseil mais surtout ne l’ébruitez pas : il s’agit là d’un bon tuyau... Chut...Chuchotons pour que personne n'entende. Approchez vous...Je m'adresse à vous à voix basse.

Vous êtes jeune (ce n’est d’ailleurs pas obligatoire) , dynamique, vous cherchez un job où on peut gagner plein d’argent, vous détestez le risque ? J'ai ce qu'il vous faut... Chut...

1579057668.2.jpgVous êtes en quête d'un emploi, vous vous trouvez mauvais, incompétent, incapable ? J'ai un deal à vous proposer pour gagner une fortune ? Personne ne vous épie ? C'est bon ? Allons y !

Et bien mes amis, figurez vous que j’ai trouvé ce que vous cherchez depuis si longtemps ! Devenez Président Directeur Général d’un grand groupe du CAC 40 ! Chut....

Je vais vous donner trois exemples de la réussite financière exceptionnelle de quatre personnes particulièrement récompensées pour leur incompétence notoire !

Bon Dieu ! Ne gloussez pas : on nous regarde... Chuttttt....

" Quand on veut, on peut ", nous diraient en ricanant les dirigeants de sociétés qui prônent pour les sous fifres de la hiérarchie, cadres, employés et ouvriers, des objectifs de production ou de ventes à peine tenables qui peuvent vous conduire , si vous ne les réalisez pas à un licenciement ou tout au moins à une régression…

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, nous font ils comprendre... Vous me saisissez ?

Premier exemple :

351689176.jpgAlcatel Lucent, avec à leur tête Serge Tchuruk et Patricia Russo. Un bilan somptueux digne du Livre des records : 16500 licenciements, action à 12 € en 2006, 4 € en août 2008, pertes 2007 = 3,5 millions d’euros.

À votre avis où sont ces inconscients, ces nuls, ces inaptes ? Dans une mine de sel ? Dans un centre de travail d’intérêt général ou de rééducation sociale ? Dans un stage de recyclage ?

Pensez vous ! Ils comptent avec avidité les gras émoluments qu’ils ont reçu pour prix de leur œuvre , 5,6millions d’€ pour Tchuruk et 6 millions d’€ pour Russo !

Chut ! Ne ricanez pas, on va nous entendre...

Deuxième exemple :

1746719867.jpgMichel Bon, ancien PDG de France Télécom, en 2002 il a essuyé des pertes de 20 milliards d’€ pour une gestion lamentable…

À votre avis qu’a reçu cet incapable pour prix de son infâme management ? 100 coups de fouets sur la place publique ? Une place comme dépanneur sur les lignes téléphoniques aériennes ? Un poste de vendeur de portables dans une agence Orange ?

Pensez vous ! Une amende de 10.000 € ! Même pas le prix d’une Clio ! Baste !

Cessez de rire vous devenez inconvenant ! Chut...

Troisième exemple :

1865545431.3.jpgDaniel Bouton, PDG de la Société Générale, avec ses stocks options a gagné 10,8 millions d’€ en 2006… Bilan : au moins 5 milliards de pertes plus celles cachées qui vont obligatoirement réapparaître .

À votre avis, quelle châtiment exemplaire a reçu l’impétrant ? Un stage au guichet de la SG de Montreuil sous bois ? Un poste de chef d’Agence à Lunéville ? Un emploi de convoyeur de fonds ?

Pensez vous ! Il est conforté par ces incapables du Conseil d’Administration à qui il faudra bien, un jour, demander des comptes !

698266766.jpegQue se passe t-il ? Vous avez un drôle de rire... Mais vous pleurez ?

Ah ! Vous possédez un portable Alcatel avec un abonnement Orange prélevé par la Société Générale ?

Oh merde !

Je comprends votre chagrin...

Vos factures ne sont pas prêtes de baisser, mon pauvre !

Pardonnez moi, mais j'ai un rendez vous...

À plus tard...

Cui cui l’oiseau besogneux.

 

 
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