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mercredi, 10 juin 2009

Agatheouaiouais

 

 

 

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La tentation est grande d'essayer de comprendre les motivations du vote UMP concernant des personnes hors statistiques 3ème âge (le gros de l'électorat).

 

J'ai discuté abondamment avec une famille de trois enfants vivant en HLM, le père a reconnu toucher le même salaire depuis 2001, faire plus d'heures non rémunérées car forfaitaires grâce à un malicieux contrat de travail (malgré un changement d'emploi) avec un niveau de vie plus bas lié aux augmentations : de loyer, d'électricité, de gaz, de carburant, de nourriture, des assurances, des frais de scolarité, de la part des frais médicaux à charge etc...Et, il conclut en m'expliquant qu'il vient d'être licencié.

 

- Alors, pourquoi ce vote ?

 

Parce que la gauche distribue l'argent de l'État, donne des logements et des aides (allocations, CMU etc) à ces familles africaines dont les enfants jouent bruyamment jusqu'à des heures indues et salissent la cour. (Dixit, notre gentille famille, bref résumé des doléances).

 

Un autre homme, Commercial, lui est persuadé que « travailler plus lui fera gagner plus », il cite fièrement. Une évidence, la part variable de son salaire dépend des contrats signés et d'ailleurs, certains chanceux travaillent très peu mais sur des gros chiffres (pas osé lui dire). Devrais-je lui faire remarquer que pour ce métier, c'était le cas bien avant cette phrase ? M. Sarkozy n'a pas inventé ce job vieux comme le monde.

 

D'un côté, une attente proche de l'idéologie front national, la France aux français avec la certitude d'être lésé par les étrangers. Le vote décomplexé pour des milliers de français fiers de se laisser aller sans pour autant être taxé d'électeurs d'un parti raciste. Le ministère de l'immigration et de l'identité nationale est en cela un trait de génie. Une absorption honorable.

 

De l'autre, la valeur travail. L'ouvrier smicard a beau avoir des horaires contraignants sans la contrepartie d'une variable est-il moins méritant ? Que pourrait-il faire après 8 à 9 heures passées sur un chantier pour améliorer son quotidien ? Après avoir creusé à la pelle, utilisé un marteau-piqueur, charrié des poutres métalliques, quelle énergie pourrait-il trouver pour sanctifier le « travailler plus pour gagner plus » ?

 

Travailler plus alors que le chômage atteint des records.

Travailler plus alors que les entreprises ferment leurs portes (à tour de bras).

 

La pensée de l'Umpiste s'arrête au pas de sa porte.

 

Lui, il est parfait, c'est l'autre qui ne fait rien pour s'en sortir.

 

 

 

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Agathe

Merci à Cui cui pour son SuperDucon et à Odm pour son blog "plans sociaux"  (en lien)

jeudi, 22 mai 2008

La révolution immobile : L’existant à l’aune de son dépassement sans cesse entravé.

On peut penser ce qu’on voudra de la relation entre ces deux notions que sont l’individu et la société, à la fois irréductiblement complémentaires et opposées. Tantôt servant la cause du conservatisme, tantôt soulignant les frustrations, les insatisfactions existentielles que le mode d’organisation de la seconde impose au premier. Mais le fait est que ces tensions sont, au moins potentiellement, riches d’espoir en des changements permettant précisément la place des êtres humains dans la société dans laquelle ils vivent. La relation individu/société est donc travaillée de l’intérieur au-delà de sa positivité par des forces et des contradictions qui militent au dépassement de ce qui est.

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Rien de tel, semble-t-il, à attendre du rapport de l’individu au travail, dans sa dimension d’emploi salarié. Les nouvelles règles qui vont encadrer le chômeur sont à cet égard révélatrices d’une vision de l’être humain qui le réduit au rôle d’un rouage interchangeable et passif dans un système économique tout puissant qui le formate à ses seuls besoins.
Un texte récent propose une analyse de cette future disposition en clarifiant sa philosophie et, sur ses propres bases, en propose une lecture alternative, qui subvertit entièrement sa perspective de contrôle et de sanction pour lui en substituer une autre, plus respectueuse d’une vision citoyenne de l’être humain
au travail.


A la lecture de ce texte, on appréciera la différence qu’il y a entre une logique qui, coûte que coûte ne veut entendre que l’adaptation de l’individu à l’organisation sociale existante, avec ses contraintes et ses inégalités criantes, et une autre, plus soucieuse d’équilibres et de contreparties.


L’ironie est que la seconde se construit sur le même matériau à partir duquel est conçu la première, mais la différence dans le choix de ses priorités, pour traiter le même problème, lui apporte un mode de résolution différent. L’un est exécrable et transforme les individus en objet d’un destin qu’ils n’ont pas choisi, à la manière de bagnards ; l’autre, redonne prise à chacun et à tous sur leur destin, met en avant un rapport critique à l’emploi et questionne l’acceptabilité des postes de travail proposés avant d’accuser de paresse les personnes qui refusent de les occuper. Dans le premier cas, on est confronté à une société machine, dans le second à une société politique.

On est toujours surpris de constater que certains êtres humains œuvrent activement et avec quelle énergie à rendre le monde encore un peu plus inhabitable pour la plupart de leurs congénères. C’est sans doute une variante de ce qu’on appelle : la " banalité du mal ".

La référence du texte  est ici.


Off

 
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