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vendredi, 18 juin 2010

Femme dévoilée, femme libérée?

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C'est la simplification qu'offre le monde occidental.
C'est également la manifestation de son arrogance vis-à-vis des pays du sud. Notre mode de vie, nos styles vestimentaires, nos principes et nos lois ne peuvent être que des modèles pour les autres qui vivraient de façon, au mieux, exotique, au pire, archaïque et barbare.
Mais ce monde occidental a-t-il un jour favorisé l'épanouissement et la liberté des populations dans les pays pour lesquels il dénonçait la tyrannie? Mais ce monde occidental a-t-il favorisé l'épanouissement des populations sur la planète et sur son propre territoire?
Et ce monde occidental a-t-il un jour favorisé les Lumières contre toute la tyrannie?
Quand on voit le désastre écologique qu'il a généré partout avec le dieu de la consommation, quand on voit qu'il a engendré des poches de pauvreté sordides, quand on voit que les critères vestimentaires, les habitudes alimentaires et autres, sont imposés par une caste de prédateurs nantis qui produisent toujours plus pour faire dépenser plus, quand on voit qu'il est à l'origine, directement ou indirectement, de l'anéantissement de pays entiers, QUI peut penser que nous sommes vraiment un modèle pour les autres?

C'est, hélas, ce que pensent la majorité des Occidentaux de tous bords, qui s'appuient hypocritement sur des principes qu'ils n'appliquent pas à eux-mêmes ou qui se laissent aveugler par la propagande et les paillettes vendues par des camelots de plus en plus cyniques.

Enquête sur l’hystérie déclenchée par le voile islamique en France

Laila Lalami, The Nation. 24 novembre 2007

La polémique soulevée par la question du voile islamique et de la politique de l’identité dans la France contemporaine est le sujet d’un nouveau livre : "La Politique du voile".
"
Une sorte d’agression", "le successeur du mur de Berlin", " un levier dans la longue épreuve de force entre les valeurs démocratiques et le fondamentalisme", "une insulte à l’éducation", "un acte terroriste".
Ces descriptions données par l’ancien président J. Chirac, l'économiste Jacques Attali, et les philosophes Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et André Glucksmann ne s’appliquent pas à la prochaine grande menace qui plane sur la civilisation humaine mais au foulard que portent les musulmanes, recouvrant la tête et le cou, ou, comme on l’appelle en France, le «
foulard islamique ».

Dans son livre bien documenté, “La politique du voile”, l’historienne Joan Wallach Scott se livre à une analyse de cette obsession particulière qu'ont les Français pour le foulard, et qui a atteint son point culminant en mars 2004 avec l’adoption d’une loi interdisant aux élèves de porter des signes religieux ostensibles.
La loi précise qu'est interdit le port du foulard islamique, de la kippa juive et des grandes croix mais que sont autorisés les "
petites croix, les médailles, les étoiles de David, les mains de fatma et les corans miniature".
Malgré les contorsions multiconfessionnelles, il est clair, évidemment, que cette loi s’adressait principalement aux jeunes écolières musulmanes.

Cette polémique sur le foulard qui a duré une dizaine d'années a été marquée par trois conflits bien spécifiques.
Le premier a débuté en octobre 1989 quand Ernest Chénière, le principal d’un collège de Creil, au nord de Paris, a expulsé trois élèves, Samira Saidani and Leila and Fatima Achaboun. La raison de cette expulsion, d’après Chénière, était qu’il devait faire appliquer le principe de «
laïcité » (en français dans le texte) à l’école. La polémique nationale qui s’en est suivie a eu lieu dans le contexte de la fatwa lancée contre Salman Rushdie et de la confrontation de l’occident avec l’Iran, d’une part, et de la célébration du bicentenaire de la République, de l’autre. Au moment où l'attention des Français était focalisée sur trois élèves qui portaient le foulard, le pays comptait plus de 3 millions de musulmans.
Leïla Sebbar, auteure franco-algérienne, avait écrit dans le Monde que cette polémique était "grotesque". En fin de compte, le socialiste Lionel Jospin, qui était à l’époque ministre de l’Education, avait préféré laisser la justice trancher. Le Conseil d'État décrétait en définitive que les élèves ne pouvaient pas se voir refuser l’accès à l’école simplement parce qu’elles portaient un foulard, mais donnait également la possibilité aux professeurs et aux chefs d'établissements de décider, au cas par cas, s'ils acceptaient ces signes religieux en cours.

La deuxième polémique sur le foulard était déclenchée en 1994 par le même Ernest Chénière.
Il n’était plus principal de collège, mais profitant de la notoriété qu'il avait acquise précédemment, il s'était fait élire député du département de l'Oise sous l’étiquette RPR. Et, en sa qualité de député, il proposait un projet de loi pour interdire tout signe religieux « ostentatoire » à l’école.
On avait encore droit aux mêmes arguments qu’en 1989, mais cette fois, le contexte politique était la guerre civile en Algérie. Pour Chénière et ses partisans, nombreux et divers, la lutte contre le fondamentalisme islamique en Algérie et ailleurs passait par un renforcement de l’état laïc en France.

La troisième et la plus récente polémique sur le foulard est survenue en 2003, quand deux sœurs, Alma et Lila Lévy, deux adolescentes, ont été expulsées de leur lycée de la banlieue parisienne d’Aubervilliers pour avoir refusé d’ôter les foulards qu'elles portaient. Les sœurs Lévy sont les filles d’un avocat qui se considère « juif sans Dieu » et une mère professeur kabyle baptisée catholique pendant la guerre d’Algérie. Les jeunes filles s’étaient converties à l’Islam après la séparation de leurs parents adoptant, entre autres, le port du foulard.
Dans une interview dans le Monde, le père avait déclaré : «
je ne suis pas pour le foulard, mais je défends le droit à l'éducation de mes filles. Au cours de cette affaire, j’ai découvert la folie hystérique de certains ayatollahs de la laïcité, qui avaient soudain perdu tout sens des réalités".

Cette année-là, une commission présidée par l’ancien ministre Bernard Stasi et créée pour mener une réflexion sur la nécessité ou non de faire une loi interdisant le port de signes religieux, avait auditionné divers experts.
Cette commission publiait ensuite un rapport qui réaffirmait l’importance de la laïcité pour la République et suggérait l’adoption d’une loi prohibant les signes "
ostensibles" d'appartenance religieuse, tout en préconisant la reconnaissance de la pluralité des religions en France. (par ex, la commission suggérait que Yom Kippour et l’Aid-el-Kébir deviennent des jours fériés).
J. Chirac ne retiendrait de ses travaux que la proposition de loi sur le foulard.

Wallach Scott écrit: “Il n'était plus question des concessions qui avaient été accordées les années passées (foulards sur les épaules, foulards "allégés, bandanas), la loi était conçue pour supprimer les frictions qu'avaient fait naître ces compromis".
La loi était adoptée en mars 2004 et mise en application en octobre de la même année. Sans l'effet édulcorant des autres recommandations de la commission, l'interdiction du port du foulard était devenue une décision sans appel: il n'y aurait plus ni compromis ni conciliation - c’était soit l’islam, soit la République.
Afin de comprendre pourquoi un bout de tissu est devenu une obsession nationale (assimilé, par des philosophes - excusez du peu, à du
terrorisme), il faut revenir au passé de la France, à un certain nombre d'années en arrière, à la période pour laquelle l’actuel chef d’Etat, NS , a demandé à ses compatriotes de cesser de se repentir : la colonisation.

En effet, explique Wallach, il est impossible de comprendre l'attitude actuelle en France vis-à-vis du foulard sans se plonger dans l’histoire du racisme de ce pays, parce que le foulard a "joué un rôle important en tant que signe pérenne de la différence irréductible entre l’islam et la France" et qu’il est perçu comme l’expression "non seulement d’incompatibilités en terme de religion, mais également en termes éthnico-culturels".

Quand le gouvernement français a envahi l’Algérie, en 1830, il s'est lancé dans une vaste campagne de "pacification" militaire, imposant dans la foulée la législation française, jugée nécessaire pour la réussite de la mission de civilisation.
Les femmes étaient le pivot de cette opération.
Dans les articles de presse, les chroniques et les romans de l’époque, les femmes algériennes étaient décrites systématiquement comme des opprimées, et donc, expliquait-on, si on voulait que la civilisation s'implante véritablement en Algérie, les femmes devaient ôter leurs voiles.
Le général Bugeaud, qui était chargé d’administrer le territoire dans les années 1840, déclarait (approx.): «
Les Arabes nous échappent parce qu’ils nous empêchent de porter les yeux sur leurs femmes ».
Parallèlement, les hommes en Algérie, étaient considérés comme des prédateurs sexuels qui ne pouvaient pas contrôler leurs pulsions si leurs femmes n’étaient pas recouvertes de voiles. La colonisation résoudrait cela en apportant la lumière de la civilisation européenne aux hommes arabes, qui, après quelques générations sous la loi française apprendraient à contrôler leurs pulsions.
Le gouverneur général d’Algérie disait en 1898: "
la physiologie de l'arabe, du juif et de la femme arabe, ainsi que la tolérance vis-à-vis de la pédérastie, et des traditions orientales spécifiques de procréation et de la relation aux autres, sont si différentes de l’homme européen qu’il est nécessaire de prendre des mesures appropriées".
Encore en 1958, les épouses des officiers français, qui cherchaient par tous les moyens à faire cesser le soutien au FLN, fer de lance de la guerre de libération contre la France, organisaient un « enlèvement symbolique des voiles » de femmes algériennes à une manifestation en faveur de la France à Alger, la capitale de l'Algérie.

Des dizaines d'années plus tard, des millions de citoyens français issus d'Afrique du Nord entendent à peu près le même discours: pour être français, ils doivent s'"intégrer" en abandonnant ce qui les rend différents, l'islam.
Cette religion, cependant, n'est pas considérée comme un ensemble de dogmes que les adeptes peuvent adapter aux exigences de leurs vies quotidiennes, mais plutôt comme une caractéristique intrinsèque et infranchissable. Il est facile de comprendre comment le racisme peut s'ancrer dans un tel contexte.

Lors des controverses sur le foulard, il était futile, semble-t-il, de prendre en compte que 95% des musulmans français n'allaient pas à la mosquée, que plus de 80% des femmes musulmanes en France ne portaient pas de foulard ou même que les lycéennes qui en portaient un n'étaient pas plus de quelques centaines. La notion raciste de l'existence de différences fondamentales entre les citoyens français d'origine nord-africaine et ceux d'origine européenne délimitait le débat. Par exemple, les sœurs Lévy étaient parfois appelées dans la presse Alma et Lila Lévy-Omari, afin que le lecteur puisse bien faire le lien avec leurs origines d'Afrique du Nord (du côté de leur mère).

Mais si c'était, dit Wallach Scott, le racisme qui sous-tendait le débat sur le voile, c'est au nom de la laïcité qu'on s'exprimait.
Les partisans de l'interdiction du foulard prétendaient que la laïcité n'était pas seulement ce qui s'opposait au religieux mais que c'était une notion universelle qui était aussi typiquement française. Ils appelaient cela une
singularité française (en français dans le texte).

Quand on y regardait de plus près, cependant, cette notion particulière semblait fort complaisante pour les catholiques et intransigeante pour les autres. Par exemple, la loi de 1905 qui sépare l'Eglise et l'Etat permettait aux écoliers d'être libres le dimanche pour assister à la messe et leur accordait un second jour dans la semaine pour aller au catéchisme.
Le gouvernement français contribue actuellement de 10% au budget des écoles privées catholiques religieuses. Le calendrier scolaire n'observe que les fêtes religieuses catholiques.
Et pourtant, malgré les différences d'application de la laïcité dans les écoles, ceux qui s'opposaient farouchement au port du foulard revendiquaient leur attachement à la laïcité et à la nécessité de préserver la République.
La laïcité, c'était ce qui faisait la spécificité même de la France.
Et donc, défendre la liberté des jeunes filles de s'habiller comme elles l'entendent, cela signifiait faire l'apologie de l'oppression des femmes et être un ennemi de la laïcité, car, si on défendait la laïcité, on ne pouvait être que favorable à l'interdiction du voile.

Au plus fort de la polémique, tout le monde semblait avoir un avis sur cette loi. Plus de soixante personnalités (dont les actrices Emmanuelle Béart et Isabelle Adjani, la philosophe Élisabeth Badinter, les anciennes ministres Corinne Lepage et Yvette Roudy, et la militante Fadela Amara) signaient un appel dans les pages du magazine Elle pour demander à Chirac de faire voter une loi pour l'interdiction du foulard.

Peu de voix se faisaient entendre pour défendre la laïcité et le droit des jeunes musulmanes à l'instruction.
Parmi elles, l'auteure de BD, Marjane Satrapi écrivait dans le
Guardian qu'interdire aux jeunes musulmanes de porter le voile était aussi répressif que de les forcer à en porter un, et le philosophe Pierre Tévanian qui expliquait que la laïcité s'appliquait aux institutions, pas aux individus.

Dans "la Politique du voile", Wallach Scott montre bien l'hystérie qui a entouré le débat sur le foulard en France, même si le livre aurait parfois mérité plus de rigueur.
Ainsi, Ernest Chénière, le principal de collège qui a déclenché la controverse en 1989, a été rebaptisé "
Eugène Chénière".
D'autre part, Wallach Scott omet de citer un événement important qui a suivi ces affaires de foulards: l'enlèvement en août 2004 de Georges Malbrunot et de Christian Chesnot, des journalistes français, par un obscur groupe islamiste en Iraq qui exigeait l'abrogation de la loi. (Les citoyens français, les musulmans et les autres, ont condamné cette intrusion dans leurs affaires internes).

Mais le travail de recherche, vaste et exhaustif, de Wallach Scott dresse un portrait vivifiant des débats.
Outre le racisme dominant et l'interprétation rigide de la laïcité, il y a une troisième raison à cette obsession pour le foulard: une conception étriquée de l'individualisme.
Wallach Scott démontre que les jeunes musulmanes françaises, qui étaient les premières concernées par la loi, étaient "
étonnamment absentes des débats".
La commission Stasi n'a entendu que quelques jeunes filles, en huis clos, ce qui fait que leurs voix et leurs opinions n'ont jamais fait partie du débat public.
Tout en reconnaissant que certaines d'entre elles portaient peut-être le foulard pour d'autres raisons que la pression familiale de leurs frères ou de leurs pères, les observateurs ne voulaient y voir que le symbole de "
l'aliénation de la femme".
Malgré les déclarations des jeunes filles et de ceux qui s'opposaient à cette loi, disant que le foulard était l'"
expression d'une conviction individuelle", l’État et les partisans de la loi déclaraient que cela ne pouvait pas "être le cas en toute logique" puisque le foulard sous-tendait obligatoirement "l'abandon de l'individualité et une démonstration d'allégeance fondamentale aux normes et aux obligations collectives".
Afin d'être véritablement françaises, donc, les jeunes musulmanes ont dû renoncer au port du foulard, puisque dans cette optique-là, il était le signe qu'elles n'étaient pas loyales envers la France et qu'elles n'étaient pas des individus à part entière capables de penser par elles mêmes.

La dernière raison, et peut-être la plus dérangeante, de cet acharnement contre le foulard, c'est sa connotation sexuelle.
Ses détracteurs opposaient souvent la tradition musulmane, qui préconise le port du foulard pour limiter la "sexualité dangereuse" des femmes, et la culture française qui "célèbre le sexe et la sexualité comme des notions dénuées de risque social et politique".


En réalité, à la fois la charia et la laïcité stricte ont engendré des systèmes qui privaient essentiellement les femmes de disposer librement de leur corps.
En effet, dans la tradition de l'islam, les femmes sont incitées à être discrètes et à se tenir loin du "tabaruj" (mot arabe, venant du verbe "baraja" qui signifie "afficher", parader et dont le nom pourrait se traduire par "affectation", "ostentation"). (…)
De la même façon, la loi française, s'appuyant sur la laïcité stricte, parlait d'étalage de signes religieux "
ostentatoires". En bref, la lutte entre ces deux modes de pensée se livrait sur le corps des femmes.


L'argument sexuel contre le foulard était courant en France en 2003, même si, à cette époque, le terme de "foulard" avait disparu du discours public pour être remplacé par "voile", qui recouvre tout le visage sauf les yeux. C'était faux, mais pas entièrement innocent, bien entendu, parce qu'il donnait la possibilité aux détracteurs de parler en termes de stéréotypes plus généraux de femmes musulmanes comme au Yemen, où le port du voile est prédominant, contrairement à ce qui se passe dans la banlieue parisienne.
Plus récemment, dans une interview à un journal anglais, Bernard-Henri Lévy est allé jusqu'à dire: "
le voile est une invitation au viol".


Insinuer qu'une femme invite au viol par la façon dont elle s'habille, c'est pervers, mais Lévy est prêt à toutes les outrances pour préserver l'idée d'une identité homogène de la femme européenne. Dans cette optique, une Européenne n'est pas couverte de voiles, ce qui implique à la fois qu'elle se livre aux regards masculins et qu'elle est libérée.


Il est intéressant également de constater que Lévy exige pour lui-même ce qu'il n'est pas prêt à concéder à d'autres.


En 2004, il a demandé à Andrée Putman, décoratrice-architecte de rénover sa résidence secondaire à Tanger. Cette résidence se trouve à côté du célèbre café Hafa, qui comptait autrefois parmi ses habitués des écrivains comme Paul Bowles Tennessee Williams ou Jean Genet et qui offre une vue incomparable sur la Méditerranée.
Désormais, les clients du café ont la vue sur la baie en partie obstruée par le mur en parpaings érigé autour de la terrasse de Lévy lors de la rénovation de sa maison où sa femme, l'actrice et chanteuse Arielle Dombasle aime se faire bronzer.
Lévy, aurait déclaré qu'il voulait ainsi la protéger du regard des hommes installés au café Hafa. Dévoiler son corps ne marche, apparemment, que dans un sens.

Il y a en France actuellement une vaste hypocrisie qui consiste à invoquer la liberté d'expression quand des dessinateurs de Ch*rl*e H ou de Fr*nce S*ir offensent les sensibilités des musulmans mais à rester obstinément silencieux quand on refuse le droit à une femme de religion musulmane de disposer librement de son corps.
Cela relève de la même hypocrisie quand le champion de foot Zidane est simplement qualifié de "citoyen français" alors que Zacarias Moussaoui est présenté comme "citoyen français d'origine marocaine".
Cela relève de la même hypocrisie quand se constituent des comités de soutien aux professeurs de Flers qui refusent d'enseigner à des jeunes filles qui portent le foulard alors que parallèlement le fait que 40% des jeunes Français (dont beaucoup sont d'origine nord africaine) des quartiers pauvres ne trouvent pas de travail semble complètement occulté.
Cela relève de la même hypocrisie quand on célèbre l'engagement des soldats nord-africains dans la seconde guerre mondiale contre les nazis mais qu'on ne leur verse pas, jusqu'à l'an dernier, la même retraite qu'à leurs homologues français.
Cela relève de la même hypocrisie quand l'humoriste Dieudonné est condamné pour ses remarques ignoblement racistes sur les juifs, alors qu'on absout l'ancien rédacteur en chef du Point, Claude Imbert, quand il déclare: "
Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire".


Enfin, cela relève de la même hypocrisie quand on mobilise une énergie intellectuelle démesurée et des ressources publiques énormes pour une poignée d'élèves qui portent un foulard alors qu'on ne fait pratiquement rien pour garantir à ces jeunes filles (dont la plupart sont confinées dans des écoles défavorisées, appelées ZEPs - zones d'éducation prioritaires), les mêmes chances en matière d'éducation et d'emploi que leurs compatriotes de "souche européenne".
Et en fin de compte, les polémiques successives en France ont servi à détourner l'attention sur les vrais problèmes et ont apporté de l'eau au moulin aux fondamentalistes de l'islam, qui recrutent les jeunes en leur disant que la France ne veut pas d'eux. Le foulard en France n'est rien de plus qu'une feuille de vigne: quel que soit le temps qu'on passe à la regarder, on finira par avoir à affronter la crudité du racisme et de la discrimination. Le racisme nu et cru.
Pour paraphraser un autre philosophe français, je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter.

 

Par emcee

 

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http://blog.emceebeulogue.fr/

mercredi, 19 mai 2010

Rire jaune, burqa bleue et obsession noire.

Pastiche trash sur la presse à sensations. Émotifs s'abstenir.


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Encore un succès pour Brice Hortefeux

: un gang d'intégristes musulmanes

en burqa arrêté en flagrant délit

de tentative d'assassinat !


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En exclusivité, la photo des 2 assaillantes en pleine action.


Reportage réalisée par Cédric Le Boucher des Ardennes.

Le RAID, glorieux fer de lance de la police nationale, a réalisé un magnifique exploit en intervenant au 5ème étage d'un bâtiment, dans une salle de torture spécialement aménagée, pour sauver une jeune femme dont les bourreaux, 2 terroristes en  burqa traditionnelle bleue, commençaient à exciser un sein, pour probablement tirer des aveux à cette pauvre innocente..

En effet, un appel anonyme avait alerté le Ministère de l'intérieur : un crime épouvantable risquait de se perpétrer sur une jeune femme enlevée la veille. En quelques heures, les brigades avaient mis au point une cellule d'attaque dirigée par le Ministre de l'Intérieur, Monsieur Brice Hortefeux en personne dont on ne compte plus les succès contre le terrorisme international !

Le commando du RAID, dirigé par le colonel ProutÔ, homme de fer doté d'un sang froid de squale, a déboulé brusquement sur les assaillantes qui hurlaient que la victime risquait sa vie sans une assistance médicale. Clouées au sol, puis assommées, les 2 extrémistes furent baillonnées et garrotées sans ménagement.

Le colonel ProutÔ, en homme d'action prompt et déterminé, rechercha aussitôt des secours en s'enquérant à la clinique la plus proche, en l'occurence le lieu du forfait, auprès du personnel médical de secours  pour stopper l'hémorragie de la victime dont la moitié du sein pendait dans des ruissellements et des geysers de sang. Il lui fut répondu que les chirurgiens plastiques étaient en salle d'opération et qu'on ne parvenait pas à les joindre.

Deux heures après, les chirurgiens réclamés n'étaient toujours pas arrivés. Certaines rumeurs font état d'un mouvement de grève touchant les services de santé. France poire s'associe à la familles de la victime qui, prise en otages par les pré-supposés grévistes , ont eu, en fin de compte, la douleur de perdre un être cher, tragiquement exsangue.

Une cérémonie en mémoire de la malheureuse victime, présidée par le Président de la République et le Ministère de l'Intérieur aura lieu aux Invalides  en présence de la famille de la martyre dont le sein aura été recousu par un médecin légiste.

Une cellule de soutien psychologique a été dépêchée auprès des membres de la famille sinistrée, un bon d'achat de cinq prothèses de sein en silicone et leur pose chirurgicale gratuite a été gracieusement offert en échange d'une discrétion de bon aloi par la clinique Saint Robert, lieu de cet attentat terroriste déjoué...

Une médaille d'Honneur sera remise par le Ministre de tutelle au colonel ProutÔ pour son immense courage et sa lucidité exemplaire. Il a été recommandé à nos concitoyens, par les autorités de l'État de maintenir une vigilance sans failles.


Dernière minute : il se murmure dans les milieux autorisés qu'un plaisantin, auteur intempestif, du coup de fil anonyme, aurait été mis en garde à vue et écroué par le juge anti-terroriste Gruyère pour "diffusion de plaisanteries ayant entrainé la mort sans intention de la donner".


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Billet inspiré par  ces pitoyables évènements là.


Bonnes lectures dans la joie et la bonne humeur !

Pour terminer, un salut ému à un blog militant qui nous aime bien, à ceux dont on apprécie les textes et aux anciens toujours fidèles.

À après !



Cui cui fit l'oiseau, synthèse improbable entre un coucou fin et un loup phoque.

lundi, 10 mai 2010

La mort du petit commerce

 

 

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Le sujet politique crucial du moment, la loi sur l'interdiction de la burqa inquiète au plus haut point quelques petits commerçants, fidèle à mon côté « Robin des bois », je me devais d'y revenir même si on a beaucoup lu sur le sujet.

 

Prenons, par exemple, Van Cleef & Arpels, Mauboussin ou Boucheron, pour n'en citer que quelques-uns, c'est une belle partie du chiffre d'affaires perdu à jamais. Les princesses du moyen-orient ne pourront plus y être accueillies dans leurs costumes suppresseurs de liberté de la femme.

 

 

Prenons, par exemple, les Galeries Lafayette dont la privatisation, de certains étages, n'altérait en rien la rentabilité financière annuelle lors de la venue des princes d'Arabie Saoudite, flanqués de leurs escouades de burqas d'acheteuses compulsives.

 

 

Prenons, par exemple, les petits hôtels de notre belle capitale, le Ritz, le Crillon, le George V, le Plaza Athénée contraints de refuser cette clientèle, indigne des droits de l'Homme (au féminin), les plus élémentaires. Sans oublier nos jolis lieux touristiques comme la côte d'azur, délestés de ces touristes bien trop voyants.

 

 

Prenons, par exemple, les petites compagnies de Jets privés et leurs sous-traitants loueurs de limousines, ces deux petites activités imbriquées ne se remettront pas de l'interdiction de ces clients embarrassants.

 

 

Qu'en sera-t-il également de l'acquisition immobilière par avenues entières ? C'est aussi un secteur dont le souci du traitement fait aux femmes se devra de refuser toute tractation commerciale pour l'exemplarité républicaine.

 

 

Le petit commerce ne s'en remettra pas.

 

 

Nicolas serait un de(y) croissant ?

 

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Agathe

mercredi, 28 octobre 2009

L'enfumage des citoyens par la notion "d'identité nationale".

Décidément !

Dans cette France politique moisie d'octobre 2009 ; où dans un proche avenir, nos dirigeants ne présenteront plus aux suffrages du peuple que des célébrités du show biz ou du sport plus ou moins incultes et faciles à manipuler, et qui, lors de leurs campagnes distribueront des autographes et des sourires aux 30 % d'électeurs attirés par une tombola organisée par TF1, seuls les votants  ludiques et décervelés se déplaceront aux urnes et décideront ainsi du sort de notre pays (les 70 % restants s'abstenant, dégoûtés !).

Diantre ! Après les dernières déclarations de Messieurs Besson et Sarkozy, comment nier que le "pétainisme transcendantal", cher à Alain Badiou, n'en finisse plus de laisser ses miasmes envahir notre beau pays !

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Le félon Éric Besson, chargé des basses œuvres, recherche tous les expédients possibles pour attirer le fretin vers la grossière amorce qu'il a lancé dans la marre médiatique afin de faire diversion sur l'état alarmant de l'économie française, la situation désastreuse des caisses de retraites, le chômage effrayant qui gagne toutes les strates de la population et les comptes catastrophiques des caisses maladies.

J'ose espérer que personne n'est dupe...

Quoique... Quand on voit certaines associations en mal de reconnaissance se précipiter en bêlant vers ce leurre grossier, on peut effectivement se montrer inquiet mais il est une chose certaine : à part les médias toujours partants, dans l'espace public, tout le monde à l'air de se se foutre de ce débat sur "l'identité française" comme de l'an 40, la sinistre année du pétainisme triomphant.

Complètement.

Éperdument.

Absolument

La Marseillaise ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour l'enseigner ? Absurde : l'école peut s'en charger sans difficulté !

La burqa ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour éradiquer une pratique qui concerne 1000 cas à tout casser, dans l'hexagone, avec le risque de stigmatiser et de rassembler la si diverse communauté musulmane ?

Les adolescents paumés des quartiers pauvres ? Ce ne seront sûrement pas des textes législatifs qui les feront évoluer !

Tout ceci sent trop le prétexte, l'enfumage, la magouille partisane électorale !

La cohésion sociale de notre Nation sera en cause tant que nous vivrons dans une société en crise où le chômage ravage nos rangs, où les salaires stagnent et où, trop souvent, les conditions de travail deviennent insoutenables. Le désir de vivre ensemble dans notre pays n'aura jamais lieu tant que l'exemplarité des classes dirigeantes et économiques, président en tête, ne sera pas indiscutable ! Et croyez moi, ce n'est pas pour demain !

La devise du pouvoir actuel est  FRIC, INDIVIDUALISME, OLIGARCHIE. Qui oserait, en France, défendre de telle valeurs ?

Parce que, mes amis, quelle plus belle définition de notre "IDENTITÉ FRANÇAISE" que ces 3 mots sublimes gravés sur les frontispices de nos monuments prestigieux, devise exemplaire de la République : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?

Pourquoi chercher plus loin ?

Mais en l'état, vous voudriez que nos concitoyens se battent pour protéger des valeurs individualistes, anglo-saxonnes et financières,  idéaux qui n'ont jamais été le ciment de la communauté française laïque  et égalitariste depuis un siècle ?  Parce que vous pensez que les classes modestes et moyennes vont soutenir des oligarques médiatico-économico-politiques qui méprisent le peuple et le suffrage universel à ce point (TCE) ?

À question bessonienne : réponse bessonienne ! *

 Enfin en guise de conclusion, amis lecteurs, je vous garantis une chose : lorsqu'un jour prochain, un gouvernement créera sous la pression, un Ministère de la Réconciliation Nationale, il sera déjà peut-être trop tard...

 * Sur la photo, observez le détail de la main gauche et la position caractéristique du majeur bessonien s'adressant à ses interlocuteurs... 

 

Cui cui, l'oiseau NRV et NRVant.

 

lundi, 27 juillet 2009

Les NRV ont testé pour vous : le malaise vagal de Nicolas Sarkozy, "Secret Story", l'élection de Miss Arabie Saoudite, Julien Dray, le Tour de France.

Voici une de nos premières maquettes pour des parutions plus régulières prévues à la rentrée. Il s'agit d'une parodie de l'excellent magazine, "60 millions de consommateurs"


 

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"60 millions de blogueurs",

le magazine des NRV

a testé pour vous :

 

 

- 1   Le malaise cardio vasculaire de Nicolas Sarkozy

Je me ferais toujours un point d'honneur à éviter d'attaquer les personnages en état de faiblesse temporaire, soit consécutivement  à une maladie ou un accident, soit  à la suite d'un lynchage médiatique (voir plus bas, le paragraphe Julien Dray). Et ce, même si je les considère comme des dangers pour la collectivité. Quant à mon titre un peu plus haut, il corrige de lui même les troubles vagaux supposés en un malaise un peu plus préoccupant.

 

- 2   L'émission "Secret story" sur TF1.

TF1 : l'ex-gourou et maître à penser, l'inénarrable Patrick Le Lay remplacé depuis par l'ineffable Nonce Paolini, déclarait dans le passé que le rôle de sa chaîne consistait à préparer pour ses annonceurs publicitaires dont Coca Cola à l'époque, je cite, "du temps de cerveau disponible".

L'ennui avec ce programme, c'est que le temps disponible existe mais autant chez les acteurs, que parmi la presse qui relaie et  surtout les téléspectateurs, on cherche, en vain, les cerveaux !

Selon le Parisien du dimanche 26 juillet 2009, cette débilité attire 4,151 millions de téléspectateurs dont 51,6 % de 15-34 ans et 63,3 de 15-24 ans.. Le chien "Saucisse" a été introduit pour faire monter l'audience et on risque, grâce à "Saucisse " d'atteindre des pics de 4,6-5 millions. Quel misère !

Les vaillants beaufs de "la France de demain où ensemble, tout sera possible" sont en route. Plus besoin de leur greffer un casque à boulons sur le crâne, désormais ils naissent avec. Les manœuvriers politiques ont de beaux jours devant eux : le sens critique , le refus de la manipulation médiatique et la conscience politique sont devenus des notions complètements ringardes et obsolètes...

 

- 3   L'élection de Miss Arabie Saoudite.

Sur le quotidien "Libération" du 25 juillet 2009, page 9, on apprend que Miss Arabie Saoudite, Mlle Aya Ali al-Mulla, 18 ans, a été élu reine  de beauté de son beau pays où la tradition féministe a fait ses preuves sans quitter son jihab  devant les membres du jury. La Madame Fontenay orientale , l'organisatrice du concours, a déclaré que : "les gagnantes représentent les mœurs hautement islamiques." Nous plussoyons largement : seule compte la beauté intérieure ! Seul bémol, tout dépend laquelle ?

Notre équipe de reporters est parvenue à saisir, en exclusivité mondiale, un cliché lors d'une finale mettant en lice, les Miss candidates des quatre principaux pays ultra musulmans : Afghanistan, Pakistan, Arabie Saoudite et Iran.

Pervers, vous êtes instamment priés de vous abstenir de reproduire cette photo...

 

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- 4   L'affaire Julien Dray.

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Soit Julien Dray est abominable de cynisme, soit il est dramatiquement innocent. Or chacun sait qu'il n'a pas encore été jugé.  Je m'abstiendrai donc de toute opinion envers cet homme, laissant aux hyènes le soin de participer à la curée. Jamais je ne participerai à un hallali médiatique de cette envergure. Ici on ne chasse que le gibier dangereux et non blessé. Et si le PS est une de nos cibles c'est pour qu'on puisse l'élaguer afin qu'il se régénère et produise de nouvelles pousses.

 

 

- 5   Le Tour de France.

 

Au palmarès de notre essai :


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1ère place : la seringue.

 

 

 

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2ème place : la poche de sang auto-transfusée.

 

 

 

 

 

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3ème place : les pilules et comprimés.

 

 

 

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4ème place : Gérard Holtz qui évite les sujets qui fâchent.

 

 

 

Prochains tests gratuits sur vos écrans : Slate.fr et sa triste bande de conformistes colombanisés,  des sites, des émissions de radio et de télévision, des politiques, des experts économiques qui se trompent sans cesse, des pseudos philosophes, des stars médiatiques surfaites, des journalistes embedded , des fausses gloires du Net.

 

By Cui cui l'oiseau morbide et méchant qui adore les sujets qui fâchent.


 
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