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vendredi, 05 juin 2009

Avant la fin de l’histoire , suite(s)

Si c’est la fin de quelque chose,  ç’est une fin de partie. La partie n’est pas le tout, et des parties il y en aura , il y en a d’autres.  
Beckett avec tout le prodigieux laconisme dont il fut capable, nous a donné la maxime du temps : « il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer ».  
En dépit de tout , de tout ce que le spectacle du monde peut avoir de peu encourageant (à commencer par ce qui se passe « près de chez nous ») , on peut se souvenir que nous sommes, de nouveau, dans « le temps des cerises », que le merle est moqueur au jardin, que le soleil est encore là , que l’herbe folle repousse, qu’en ces temps  de disette des idées, et de restriction de leur expression, personne ne peut imaginer qu’il en sera toujours et indéfiniment ainsi.

La fin d’une histoire (car il ne semble plus douteux que c’est ce que nous vivons en ce moment) produit nécessairement le début d’une autre. Et si nous voyons et savons bien de quoi avait l’air ce qui s’achève, nous ne savons pas du tout à quoi va ressembler la suite.  
La scène spectaculaire demeure hégémoniquement accaparée par le discours apologétique des temps qui s’achèvent, et devrait-on dire s’effondrent, devant nous. Mais c’est la fin, c’est de cette fin là, de cette histoire là qu’il s’agit . Car des voix s’élèvent, des livres paraissent qui désignent désormais clairement la nature, le « transcendantal » réactionnaire de cette omniprésente et agonisante logorrhée ( tout dernièrement le magnifique travail d’Ivan Segré : « La réaction philosémite ») 

Le très beau texte « de prison » de Coupat ne s’achève pas dans le renoncement ni l’aveuglement : 

« Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage. ». 

Dans ce même texte, Coupat nous avait fait la magnifique démonstration du pouvoir des mots sur la contradiction, en la « médusant » , stricto sensu d’une seule courte phrase de Hegel . 

Au delà du scrutin du jour, pathétiquement dépourvu de tout sens et de toute portée,  
délibérons camarades,  
construisons cette « vision positive » de la vie que nous désirons.  
Nous verrons bien quoi faire quand l’occasion se présentera. 
Et en attendant, et comme la situation est excellente : « Que cent écoles rivalisent, que cent fleurs s’épanouissent. ».

 

Urbain


Et voici donc un débat :

lundi, 25 mai 2009

Avant la suite de l’histoire (1ère partie).

Avant la suite de l’histoire
(1ère partie).

Si donc, « les hommes ne se mettent jamais durablement en mouvement pour abattre une organisation sociale par simple détestation de ce qui existe » et qu’il faut que « d'une manière ou d'une autre ils possèdent une conception positive de la vie qu'ils veulent vivre », alors sans doute, dans la période que nous vivons, où les motifs de détestation ne font pas défaut, est-ce cette conception positive qui nous manque .
Et il est assez frappant de constater à quel point le constat, fait il y a maintenant un quart de siècle par les rédacteurs du deuxième numéro de l’Encyclopédie des Nuisances :
« La cristallisation d'un projet collectif unifiant les besoins révolutionnaires de l'époque a toujours été une tâche de longue haleine, mais elle est aujourd'hui d'autant plus difficile que les contributions, théoriques ou pratiques, à sa formulation sont d'emblée confrontées à la puissance de falsification et d'occultation sans précédent acquise par la société de classes. Non seulement celle-ci parvient en temps normal à ce qu'aucun problème ne soit posé et débattu socialement dans ses termes véridiques, mais quand cela arrive - et il n'y faut rien de moins qu'un mouvement révolutionnaire – elle parvient à en empêcher une reconnaissance exacte, ou à la faire oublier très vite. »
demeure aujourd'hui d’un cruelle actualité…
Le mouvement révolutionnaire n’est guère discernable , fut-ce dans les replis du voile tendu par le spectacle. Pourtant, au fil des crises, ce voile se déchire par endroits, et en dépit des couches successives de négation qui ont sédimenté et progressivement calcifié toute pensée théorique et toute pratique visant à formuler cette « conception positive », le rationnel a percé sous le réel , lui-même mis à jour comme le « motif dans le tapis ». Le moment viendra, est peut-être venu, de sortir de ce long entracte insipide et douloureux et de reprendre le « fil de l’histoire ».
Pour ceux et celles qui ne les connaissent pas , résumons donc les épisodes précédents, de sorte que les néophytes suivent et comprennent la suite. Une chose d’autant plus nécessaire que cette suite ce sont eux qui vont l’écrire.
Quelques vieux griots, aidés de jeunes apprentis talentueux, ont restitué pour nous les, péripéties majeures du dernier épisode : l’épisode Karl Marx.

 

Urbain

 

 

 
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