lundi, 17 mai 2010
Nuit tragique

Je me réveille en sueur, haletante. J'ai eu si peur. Ma main a cherché l'interrupteur, en vain. J'ouvre grand les yeux, la pénombre me rassure, je distingue presque nettement ma chambre. Je m'allonge apaisée me replongeant, éveillée, dans ce cauchemar avec l'espoir de le maîtriser.
Eric est arrivé, nerveux, dégoulinant de sueur. Le visage éprouvé par la contrariété et la fatigue. J'ai pensé tout d'abord à la mort d'un de ses proches puis ensuite au pire pour lui, la perte de son emploi.
Son regard plein de colère me fixait, tout à coup son visage s'effaçait pour réapparaître plus menaçant.
Il me parlait de son image, des difficultés à faire passer les messages, de la discrétion nécessaire liée à son rôle. Je me sentais responsable, tout était remis en cause. Je pressentais la chute de son monologue, je voulais arrêter ce flux de reproches.
J'entendis en écho le montant de son salaire, la conversation prit un tour hystérique, il vociféra sur la baisse envisagée à cause de ces cons d'anglais. Dans un murmure, je lâchais qu'il y avait plus à plaindre que lui. Il se mit à me frapper avec les liasses de comptes de Liliane de Bettencourt. J'étais en sang.
Terrorisée mais aussi de guerre lasse, je décidais de cesser de l'interrompre.
Je devais libérer, le petit appartement de fonction, proche du Ministère, que j'occupais, gracieusement, par son entremise. Il craignait les journalistes fouille-merde. En pleine affaire de polygamie, ce serait sa mort politique.
Il préférait me sacrifier, moi.
Il renonçait à sa maitresse pour donner l'exemple.
La baisse de salaire, la mesure populiste, pas à sa hauteur ...
Il fallait faire un choix.
Le pire cauchemar de ma vie...
Simuler, comme lui ;-))

Agathe
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : éric woerth, baisse des salaires, cauchemar









