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vendredi, 03 juillet 2009

Le secret de la médiocrité et les origines de la Nullité.

Causerie estivale en quatre parties

Première partie :
la médiocrité comme symptôme du matérialisme démocratique
(et réciproquement).
Cas d’étude : le Cinéma.


Postulat initial ( ce qu’il s’agira ici de démontrer) : la médiocrité a un secret et sous ce secret se cachent les origines de la nullité.


Par Médiocrité nous entendrons la qualité moyenne d’une population, définissant les individus qui la peuplent en tant qu’ « ordinaires », désignation aujourd’hui moins connotée péjorativement que le terme classique « vulgaire.» Mais il faudra distinguer cette notion de médiocrité d’autres notions connexes, notamment celle du « goût vulgaire », entendue comme opinion commune et dépourvue des références revendiquées par le « bon goût » réputé éclairé, formé et construit. Il s’agira en effet, ici, de saisir le concept dans sa dimension historique, et singulièrement le devenir qui à produit sa modalité « actuelle.»


Dans cette perspective un des premiers constats qui ont alimenté ma réflexion est que la modalité « post-moderne » ( de la médiocrité), a symboliquement dépouillé cet emploi ( de la médiocrité comme qualité de ce qui est moyen et ordinaire) de toute connotation péjorative en supprimant toute dignité aux critères de « hiérarchisation et de valeur », par application d’un primat devenu hégémonique : Le démocratisme. Le démocratisme posant lui-même comme principe un relativisme ontologique absolu de la valeur ( « tout vaut tout » ), symétriquement à son autre principe fondamental : l’égalité postulée des individus ( posés comme égaux mais non équivalents), notamment au plan de leurs « opinions » respectives. Or en démocratie « avancée » l’opinion a fini par acquérir le statut social le plus éminent au point d’être plus que tout « la mesure de toute chose.»


J’épargnerai au lecteur les ratiocinations habituelles qui de Hume à Kant et tant d’autres jusqu’à Nietzsche « et au-delà », délibérèrent au fil de considérations sur l’esthétique (le beau, le bien, le jugement de goût, etc.) du rapport subjectif entre les œuvres de l’art et leur « spectateur.» Le point de vue « ontologique » qui sera exprimé relève d’une tout autre généalogie : Celle que Lukacs a décrite à, la fin de sa vie dans ses « prolégomènes à l’ontologie de l’être social. » Le rapport à l’art et à ses œuvres ou réputées telles sera donc un « rapport social », collectif, évalué dans un devenir historique ; Et l’objet de cette causerie estivale sera de percer « le secret de la médiocrité » en vue de découvrir « les origines de la nullité » actuelle ( au sens de « en actes » ) telle qu’observée de manière assez unanime et consensuelle dans un spectre élargi des manifestations de la vie sociale. Le cinéma comme une de ses manifestations, « populaires », spectaculaires et « culturelles » sera notre principal cas d’étude et la plupart des observations factuelles s’y réfèreront.


Sur le chemin conduisant à la découverte des origines de la nullité, une chose importante à considérer et « première » est la manière dont, sous le rapport que je viens de préciser, la médiocrité éclaire ce que Badiou appelle le "matérialisme démocratique.» Rappelons que ce concept proposé et assez bien construit par Badiou, nous renvoie parmi d'autres réflexions ontologiques ( assez bonne analyse "critique" ici ) à une réflexion sur la qualité et la possibilité d'émergence des "vérités" : sous la forme « d'événement » les idées/vérités platonico-badiousiennes "apparaîtraient" comme "exceptions" dans l'histoire, et dans quatre domaines : L’art, l'amour, la science et la politique.


Naturellement nous restreindrons ici notre examen au domaine de l'art, et l’« exception » qui nous intéressera sera l’apparition « dans l’art » de ces idées/vérités ( sous-jacentes et exprimées dans les « œuvres. » ) C’est donc de ce point de départ « ontologico-social » que je vais aborder la question qui nous intéresse, celle du "secret de la médiocrité", dont le dévoilement ai-je postulé devrait nous permettre d'éclairer la généalogie des « origines de la nullité. »

Si nous prenons pour hypothèse que ce « matérialisme démocratique » est bien incarné et hégémonique au monde de la démocratie marchande et représentative ( et ce fait semble assez assuré pour que je ne le discute pas davantage), sous la forme politique, économique et institutionnelle du «capitalo-parlementarisme», on doit en retrouver l’écho et même le fondement sociologique dans une population qui donc « en moyenne » se conforme à ce mode d’être assumant ( c’est la thèse de Badiou) qu’ « il n'y a que des corps et des langages », et se fonde donc sur la consommation, le relativisme des opinions et le filtre politique de la représentation nationale, avec un impératif « catégorique » : «Vis sans idée.»


Si donc nous partons de cette analyse qui semble assez consistante au vu des observations générales et individuelles que chacun peut faire quotidiennement, alors cette « population moyenne », celle qui fait les « majorités parlementaires » (naguère « silencieuses »), mais surtout et plus prosaïquement constitue la majorité de la population qui doit logiquement se retrouver dans la population des « spectateurs », autrement dit ce qu’on appelle communément le « grand public. » Cette majorité des citoyens spectateurs est donc bien le reflet le plus fidèle que nous puissions imaginer de la « médiocrité » en tant que telle ( la qualité moyenne d’une population, définissant les individus qui la peuplent en tant qu’ « ordinaires »). Or, et c’est là que l’ontologie badiousienne nous offre une clef d’élucidation du « secret de la médiocrité », on peut, sans choquer grand monde parmi cette même « médiocrité », affirmer qu’elle se reconnaîtra facilement dans les axiomes définissant le « matérialisme démocratique », singulièrement ceux qui sont significatifs en rapport avec notre objet ( l’art, le spectacle, le cinéma) : La consommation comme « mode d’existence », le relativisme ( et l’égalité) des « opinions » .


Il est cependant une chose qui distingue d’emblée le champ socio-politique , de celui de « l’économie individuelle » qu’implique le cinéma ( comme art, et l’art en général) en tant que processus social ( besoins propres à satisfaire , produits satisfaisant ces besoins « individuels » , producteurs et production de ces produits, consommateurs et consommation de ces produits).


Cette chose, clairement visible et assumée dans le processus politique (alors qu’elle est confuse et masquée dans le processus « culturel individuel »), c’est la « forme » d’apparition (du matérialisme démocratique), et en corollaire les conditions concrètes de « possibilité » ( possibilité de la re-présentation démocratique) qui s’en déduisent.
Dans le processus politique, la « forme » d’apparition est évidente, c’est le système électoral et re-présentatif, et en corollaire sa forme concrète de « possibilité »: les partis politiques comme « filtres » agissant sur le divers issu du « relativisme des opinions. » On peut même dire, sans grand risque d’être contredit que tout cela est « institué » et résulte d’un long processus socio-économique que chacun s’accorde à reconnaître comme « historique. »


Or, rien de tel n’existe au monde de la marchandise spectaculaire qu’est (entre autres) le cinéma, du moins dans une perspective « matérialiste démocratique. » Sur le modèle « des corps et des langages » il y a bien « des spectateurs et des films », et on peut considérer que le modèle du « besoin » et de sa « consommation » trouvent bien en face d’eux, en « contrepartie », un équivalent au « relativisme des opinions » qui est « la diversité des genres » (de films, des œuvres, des spectacles) ; Mais déjà on voit immédiatement que cette « diversité » n’est pas une chose « construite et instituée » sur le modèle des « partis », et surtout on voit que le filtre qui va permettre l’identification des « individus » à « leur re-présentation » (dans les « œuvres » consommées) l’est encore moins.


Si donc, nous revenons à nos deux caractères distinctifs (du matérialisme démocratique) la consommation comme « mode d’existence »,
le relativisme (et l’égalité) des « opinions », nous commençons à percevoir un « hiatus » qui désigne une contradiction à l’œuvre : Comment dans une perspective matérialiste démocratique, la re-présentation, par nature « médiatisée » (dans le cadre du processus politique : Les partis, les élections ) va-t-elle pouvoir s’opérer sans « filtrage » de la diversité des opinions ( ou des « goûts ») , comme des re-présentations elles-mêmes : Les films, les œuvres, les spectacles, alors qu’il n’existe pas de « médiateurs » constitués, a fortiori « institués » ?

Ma première hypothèse est que cette contradiction interne du matérialisme démocratique est une des premières clefs d’élucidation du « secret de la médiocrité. ». Car la forme que prend le dépassement de cette contradiction met en évidence une « médiocrité sans médiation », telle qu’elle opère dans certains processus, singulièrement, comme nous sommes en train de le découvrir : ceux de « l’économie individuelle » à l’œuvre dans les processus d’échange et de circulation de « marchandise » culturelle et plus encore « spectaculaire. »

Cette forme de régulation/sélection opérée par la « médiocrité sans médiation », cette forme « non instituée », propre au domaine des arts et du spectacle ( cinématographique) , c’est d’abord et avant tout : le marché, le marché du « divertissement ». Ce marché prend dans ce contexte une forme concrète de modalité « spontanée» , opérant en parfaite adéquation avec les exigences de la diversité , du relativisme généralisé et de « l’égalité » des « goûts/opinions » . Ce marché prend la fonction de médiation nécessaire à la mise en rapport et relation du « besoin » ( de consommation) de chaque individu , et de la re-présentation ( le film , l’œuvre à consommer ) qui lui « convient » (répondant au besoin correspondant).
Il est essentiel ( pour comprendre cette clef du secret de la médiocrité) de bien saisir ici que ce « besoin » et sa « satisfaction » sont , dans la logique du matérialisme démocratique, absolument constitutifs de l’individu et de son « mode d’être » et d’intervention dans ce processus , mais que cette forme concrète , précisément par ce qu’elle est concrète doit bien être « incarnée » elle même par quelques instances et quelques agents qui vont assumer les fonction de médiation/sélection : autrement dit de « filtrage ». Ce filtrage introduit un choix et une hiérarchisation, qui doivent cependant être opérés « démocratiquement » sur le principe de l’égalité des opinions (et de leur relativisme) , et ordonner selon une échelle et des jugements « de valeur » le « divers » des œuvres ( implicitement toutes « égales » ).


Or il se trouve que ce « marché » n’est pas plus capable que n’importe quel autre ( mécanisme de marché) de fixer une valeur  « authentique » ou même une typologie hiérarchisée de valeurs à cette « marchandise spectaculaire » ; et il n’en est pas capable par nature même du matérialisme démocratique (dont le relativisme généralisé exclut toute « valeur » hiérarchisable ).

Le processus tout entier repose donc sur d’autres déterminismes ( que ceux qui sont réputés le déterminer « démocratiquement ») et comme tout processus il est inscrit dans une histoire, dans l’histoire.


Le premier de ces déterminismes qui donc a une histoire (qui se confond avec celle du « spectacle ») , c’est celui du rapport dialectique ( contradictoire) qui détermine le « besoin » . Ce rapport ( déterminant la nature et la valeur relative des besoins ), mesurable à l’aune de la proportion de population entre le « grand public » ( la majorité ) et «les autres » (les minorités ) , a pris historiquement des formes et des mesures variables, mais jusqu’à une période récente il avait une caractéristique paradoxale, absolument contraire aux « axiomes » du matérialisme démocratique : la valeur de la re-présentation ( c’est à dire la norme de la représentation, explicitée par les jugement de goût ) était fixée, in fine, en proportion inverse de la représentativité (donc du principe démocratique ). Le « goût » de quelques uns, fort peu nombreux (prêtres, mécènes, princes, nobles ou bourgeois fortunés, experts, érudits , etc. et … les « artistes » eux-mêmes), arbitrait la hiérarchie de « valeur » générale et s’imposait, malgré qu’ils puissent éventuellement en avoir, au plus grand nombre.
Le principe de « relativisme » des opinions pouvait encore ( déjà) être invoqué ( assez problématique quand même) , mais celui « d’égalité » ( des opinions, des jugements, des œuvres aussi naturellement) était en revanche clairement et absolument nié , a fortiori le postulat d’équivalence des « goûts ».

Si on remonte aux origines ( historiques) de la re-présentation spectaculaire , dans notre histoire « occidentale » : la Tragédie grecque, on peut dire qu’en dépit du fait qu’il s’agissait, dès l’origine donc, d’un spectacle « populaire » , explicitement destiné au « grand public », elle constituait sans doute, selon les modalités démocratiques de l’époque, l’exemple d’une « médiation instituée ». Une médiation instituée, « officielle » en quelque sorte, relevant du gouvernement (de la cité) et aucunement relative à la diversité des opinions des citoyens spectateurs. Les œuvres, leur conception, leur choix n’étaient pas du tout déterminés par le « succès » hypothétique, et leurs auteurs étaient, comme ce sera le cas fort longtemps après encore, considérés comme de simples « artisans » capables et compétents. Aller au théâtre était semble-t-il une « obligation civique », et assurément pas reconnu comme un « besoin » à satisfaire au nom d’impératifs subjectifs individuels. Mais il est certain qu’à cette époque la « forme » de la démocratie n’était pas du tout celle que lui a donné aujourd’hui le matérialisme démocratique, dont aucun des deux axiomes ( la consommation comme « mode d’existence », le relativisme ( et l’égalité) des « opinions ») n’étaient de mise, loin s’en faut.


Au origines donc du « spectacle » tel que nous le comprenons encore aujourd’hui, il y a « de facto » la volonté, de satisfaire un besoin « commun », sous une forme normée et partagée, avec une finalité sociale et politique. Le spectacle est alors, initialement et fondamentalement la « re-présentation d’un rapport social », explicitement et formellement organisée, partagée et instituée comme tel. En quoi le lecteur averti observera que le spectacle ainsi désigné ne se distingue absolument pas de la définition ontologique de la « marchandise » par Marx.


Depuis « La naissance de la tragédie » jusqu’à la cérémonie des « césars » ou des « molières » (pauvre Molière.. !) nous avons un une histoire assez longue, mais bien connue, qui a vu plusieurs « révolutions » socio-économiques et politiques témoigner de puissants déterminismes affectant les modalités d’existence des corps sociaux et les sociétés qu’ils bâtirent successivement .


Cette histoire est évidemment, en même temps, celle de la re-présentation, collective et individuelle, de ces mondes, par et pour leurs populations, avec toutes les fonctions et valeurs que cette re-présentation a pu se voir attribuer.

Au fil de cette histoire, désormais à « l’époque de la reproductibilité technique des œuvres », nous partons donc d’un état et d’une situation où la Médiocrité en tant que telle ne joue aucun rôle ou du moins n’impose aucune détermination. Dès lors comment s’est développée, a évolué cette Médiocrité, au point de devenir aujourd’hui hégémonique aux temps « post-modernes » du matérialisme démocratique, et d’en être le symptôme même ?


Comment s’est progressivement constitué le rapport dialectique qu’elle a établi avec la production des œuvres : le « secret » de la médiocrité, clef des « origines de la nullité » ?


Ce sera l’objet de ma prochaine petite causerie estivale.

 

Urbain

 

mardi, 26 février 2008

Sarkozy : un héros tragique au temps de l’insignifiance ?

free music
 
 
Avec l’arrivée lentement fomentée de Iznogood au pouvoir suprême, suivie d’une chute spectaculaire en à peine neuf mois, le temps mis par l’opinion à se faire une idée du personnage, on pense immanquablement à une « chiraquisation » de la trajectoire de Sarkozy.
 
Le pouvoir, tout le pouvoir, mais pour quoi en faire ? Pschitt, sans doute ?
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Ce scénario en rappelle un autre. En fait, il est celui qui se trouve au cœur de nombre de pièces de William Shakespeare, et de sa vision tragique du Pouvoir.

Comment un homme seul, décidé, porté par un désir de conquête, de vengeance et de reconnaissance qui le consume de l’intérieur, esclave de sa passion, génial dans stratégie menée dans l’ombre abandonne toute prudence et tout discernement une fois son objectif atteint pour perdre quasi immédiatement ce qu’il avait si longtemps convoité ?

C’est que le personnage shakespearien ne connaît pas la modération. Ou bien il est déjà au faîte de la gloire et se laisse évincer passivement par un membre de son entourage, comme intérieurement soulagé et complice de ce qui lui arrive, ou alors il est celui qui veut la place de l’autre et s’active sans connaître aucun repos jusqu’à ce que la place soit investie. Et puis, il bascule dans l’autre
figure. Dans les deux cas, il joue contre lui-même.

On le voit, pour que le scénario prenne, il faut donc deux figures opposées et complémentaires, une en mouvement, l’autre immobile. L’une s’apprêtant à porter l’estocade, l’autre résignée à la subir, tous les deux appelant secrètement ce destin qui leur est commun. Juste une question de temps.

Or, sur la scène politique française, qu’en est-il de ce second rôle au moment où l’actif de naguère se prépare à occuper la place du mort ?

085a70a687c58327ae9e50943eba5122.jpgL’alter ego de « Sarkospeare » est moins un individu qu’une entité politique : le PS dans son unité toute kaléidoscopique, pour rester poli. On lui prédit une large victoire aux prochaines municipales, trente nouvelles villes pouvant venir s’ajouter à celles déjà détenues par cette formation et ses alliés.

La question qui vient spontanément est : pour quoi faire ?
 
Si la victoire est large, une volonté de la faire fructifier naîtra-t-elle de cet événement ?

Ajoutant les communes aux régions, une sorte de « cohabitation » ingénieuse et inédite pourra-t-elle prendre forme à côté d’un pouvoir national déconsidéré et imprévisible, qui puisse assurer la continuité du pays face à un Etat malade de ceux qui le gouvernent si mal et qui sera indéboulonnable pendant les quatre longues années qui restent à ce régime ?  
 
L’intérêt général, le respect de la parole citoyenne, le souci de la dignité des personnes au travail, la prise en compte de la cherté de la vie pour un nombre croissant de nos concitoyens, le refus des inégalités établies sauront-ils prévaloir sur l’anecdote, la poudre aux yeux, les événements sans lendemain, et inspirer les mesures politiques qui conviennent à l’encontre de la ligne ultra-libérale actuelle ?
 
Ou bien le PS se contentera-t-il des gains pris à l’ennemi pour caser quelques uns de ses apparatchiks et penser à leur « vie bonne » de rentiers de la politique jusqu’aux prochaines élections ?
 
En bref,  au-delà du PS, la gauche saura-t-elle poser les questions qui ne le sont pas en dépit de leur caractère impératif ? Pourra-t-elle trouver le chemin de la sortie de ce cercle infernal du Pouvoir que l’on désire tant qu’on ne l’a pas, et dont on ne fait rien dès qu’on le possède ?

Pour l’heure, l’impuissance est partout à l’affiche, tant du côté du pouvoir en place qui s’agite en vain que de celui de ses opposants, tièdes et conciliants et dont les félons paradent auprès des troupes ennemies en recevant beaucoup de compréhension de leurs anciens amis, certains même faisant liste commune dans des listes d’« ouverture » vers la confusion des genres. On peut se demander si
les partis politiques n’ont pas voulu faire du peuple souverain son héros aux yeux crevés qui après avoir éliminé tel ou tel candidat au cours de joutes précédentes se voit réduit à ne plus pouvoir choisir et, en désespoir de cause, fait le dernier choix qui lui reste qui est de ne plus voir le monde qu’on lui impose.

Sombre destin en effet.
 
Oui, la politique peut être un jeu de miroirs dont rien ne sort. Elle peut se conduire dans sa dépolitisation absolue, devenir une simple technique de management des êtres et des choses, avec le même pouvoir accordé aux citoyens que celui qui est reconnu aux salariés des entreprises.

C’est ce destin qui, comme une certaine forêt, est en marche et menace de nous étouffer si nous n’y prenons garde. La démocratie peut démocratiquement s’auto-dissoudre et n’être plus que le fantôme d’elle-même, immolée sous les sunlights de la sur-consommation et du chacun pour soi.

Que faire ? Oui, que faire ?

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