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vendredi, 24 décembre 2010

Bravo poujadasse

Vu à la télé

Pour ceux qui douteraient encore que dans la novlangue postmoderne « information » a désormais pris le sens de « action de rendre informe » , la télévision publique vient de leur fournir une de ces démonstrations ou elle excelle dans la tonalité de brouillage et d'euphémisation qui lui est coutumière .

Elle s'est intéressée au livre le plus vendu en France ces derniers mois , et sans doute de toute l'année .

Vu la nature du livre ( une incitation faite aux jeunes générations à s'indigner et se révolter contre sarkozy, sa clique de banquiers et d'affairistes cyniques , l'injustice sociale, la financiarisation de l'économie, le délabrement de l'environnement et le gaspillage mercantile des ressources naturelles , la destruction méthodique de la protection sociale et le sort injuste fait aux palestiniens et aux autres peuples opprimés ) c'est le genre de succès qui trouble et inquiète la médiacratie, au point que les journalistes de France 2 m'ont appelé hier matin avec cette question qui les taraudait :
« comment expliquer le succès foudroyant de la petite brochure de trente page écrite par un vieux monsieur de 93 ans ? ».
L'auteur et son éditeur leur ont proposé de renouveler le genre de chose qu'ils aiment bien : une rencontre dédicace dans une librairie de quartier, tant qu'à faire celle du quartier de l'auteur, où justement son précédent passage, au début du mois avait attiré une centaine de lecteurs admiratifs et enthousiastes. Ainsi pensaient-ils,  nos éminents  « médiateurs » se rendraient compte eux-mêmes .

AVANT : voici donc en réel à quoi ressemble une rencontre avec Stéphane Hessel , et une présentation de son propos , c'était il y a 3 semaines :

APRES :et voici ce que ça a donné , version france 2 journal de 20 H , ce soir : Clic sur le poujadasse :

 


poujadasses


Curieusement c'est la journaliste elle-même (sans doute "par souci d'objectivité") qui apporte le "témoignage" selon lequel "certains disent " ( qui dit ça ? à part ... la journaliste) "qu'il enfonce des portes ouvertes" .
Sachant que Stéphane Hessel a en réalité récidivé , à peu près le même discours que celui qui est rapporté plus haut, en plus pugnace (et d'autant plus que les questions de l'assistance furent encore plus sévères et explicites à l'encontre de la nullité vautrée de la presse , des politiques et des médias)  , nos scrupuleux "médiateurs" ont résolu, pour reprendre leurs propres termes « de ne pas se tirer une balle dans le pied » ... et de totalement .... éluder leur propre sujet .

Bref, pour la médiacratie , le succès du livre de Stéphane Hessel ( dont on n'a pas la moindre idée du contenu au terme de cette remarquable « information » )  s'explique par ... son « faible prix » qui en ferait une « bonne affaire » comme cadeau de Noël !

Noter en "conclusion" l'insistance à filmer le paiement à la caisse , ils ont passé un quart d'heure , après le départ de Hessel , pour filmer ça ( des paiements en liquide, c'est plus "frappant", il n'y en avait pas beaucoup par ce que la plupart des gens achètent plusieurs exemplaires du livre , en sus de pas mal d'autres livres, et paient en carte bancaire ...)  . En revanche ils n'ont absolument rien gardé des 90 minutes de débat et entretien ( ne parlons pas des déclarations du libraire ) qu'ils on filmé, et qui pourtant apportaient une réponse parfaitement claire à la question réputée justifier ce « sujet du 20 H » .

La France populaire est dégourdie, elle a trouvé un super cadeau de Noël à 3 € !
Et Stéphane Hessel et son éditeur sont des "malins" ...

Drôlement démerdes ces français ... ils ont des solutions astucieuses pour affronter la crise.
Au passage poujadasse nous livre une recette simple pour faire un best-seller : prenez un  vieux monsieur , résistant , déporté , et faites lui enfoncer des portes ouvertes sur la situation générale du pays dans un petit opuscule à 3 euros, et vous verrez un million de gogos économes se précipiter pour acheter ça et l'offrir à leurs enfants pour Noël.

Bravo et merci poujadasse .
Avec des médiateurs comme toi notre jugement sur le monde est , comme on disait jadis : "informé" .

Enfin , épuisé par cet effort de décryptage serré, notre investigateur scrupuleux est bien vite passé aux informes-ations essentielles de la soirée : les embouteillages et la météo ( ça c'est de l'informe-ation !)  ... et alors là, je vous épargne le truc mais pour ceux qui on regardé ça ( comme moi en vidéo podcastée ) ils auront eu la totale : les « voitures roulent lentement » ( fascinant) , la neige qui tombe ( dramatique et si surprenant), les poids lourds en infraction ( scandaleux), les envoyés spéciaux à la pelle répandus tous azimuts sur le front (froid), recueillant de bouleversants témoignages des sinistrés de la route ( "ah lala, ça n'avance pas, encore une heure pour rentrer chez moi!"), etc. 
Les portes ouvertes n'ont plus rien à craindre à la télé, il y a bien longtemps qu'elles y sont défoncées opiniâtrement et que les vents glacés de la crétinisation de masse peuvent s'y engouffrer sans entrave .

Et encore bravo poujadasse .

Et t'étonne pas si quand Mélenchon te traite de laquais ça fait monter sa cote .


vendredi, 20 mars 2009

Koh-(lan)ta

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Séance de travail n° 28 du CIRQ (Comité d'Intégration et de Représentation par les Quotas).

-Bon, suite à cette circulaire n°354 du CSA, il va falloir effectuer quelques retouches. Le secteur du « sel de Guérande » représentant 0,0002% de la population, il est nécessaire, dans cet épisode de « Amour, gloire et bouclier fiscal », de placer un COQ ; COnforme aux Quotas, quoi...

-Ouais, là, on pourrait faire passer un paludier avec une lousse à fleur de sel à la main, derrière le héros, d'un pas de paludier décidé... Bon, ça se passe à Paris, Jack doute de son amour pour Cynthia tout en embrassant Barbara devant le Bristol, mais un paludier, c'est pas impossible que...

-Attends... La check-list... Voilà, il faudrait qu'il parle, en suédois. Bah oui, on manque de suédois.

-Bon, on fait passer derrière un paludier qui chantonne « Dancing Queen », d'un pas tout de même ostensiblement décidé, avec un fort accent suédois. Et puis, « Dancing Queen », dans la scène de Jack et Barbara, c'est étourdissant, ça crée une mise en ab...

-C'est parti. Palette graphique. Voilà... J'ajoute les 4 bandes Adidos sur ses pompes, c'est le product placement. Un paludier avec des Adidos, gages de solidité et de confort. En revanche, je retire la Rolex de Jack, l'Elysée a récupéré le marché...

-Heu, c'est quoi ça ? Jack se retourne, monte dans son Aston-Dupont et pile devant un tamanoir, rue du Faubourg Saint-Honoré...

-Super idée, non ? On voit à la fois le vrai/faux trouble de Jack, son jeu avec les sentiments, mais aussi la redoutable efficacité du quadruple ABS de l'Aston...

-Et le tamanoir ? Tu te prends pour Fellini ?

-La conformité, jeune homme... La ligue des métiers de la peau de tamanoir exige une juste représentation. Je devais placer un demi-tamanoir ; les quotas, ça ne tombe pas toujours juste, y'a des décimales. Mais faire traverser la rue du Faubourg Saint-Honoré à un demi-tamanoir, juste avec ses pattes avant, se traînant lamentablement, j'avais la fondation Bardot sur le dos. Le tamanoir est résolument insécable. Je me suis dit « tama-noir ». Bingo, Il me manque un type, noir, paraplégique ; donc un tamanoir entier, pour compenser, ça peut passer. Pas facile de coller au réel... J'ai 54 blancs, 18 basanés, 9 noirs et 1 jaune. On travaille avec des codes couleur, un nuancier et des indices de pondération. Le CSA a validé la taxonomie 23MM0UR. Il faudra penser à recompter...

-Ouais, j'ai trouvé ton boulot pour le gouvernement tout à fait réussi. C'est varié, à l'image de la France. Les pigeons, en face, sont un peu trop nombreux mais...

-Pourtant, aucun contact avec les Colombophiles Associés... Il faudrait juste, maintenant, que Besson se convertisse à l'Islam.

-Ha, voilà la grande scène d'amour de Jack avec Cynthia...

-Non, avec Hans.

-Mais ça ne veut plus rien dire... La grande réconciliation, et puis Cynthia qui attendra ensuite un enfant, la paternité cachée, l'héritier, tout ça...

- Il faut une scène homo tous les 7 épisodes, et avec un allemand tous les 112...

-Et l'enfant ?

-Adopté. Il faut promouvoir la filière. Alors, Cynthia adoptera une huître non voyante de plus de 50 ans. Oui, c'est un tantinet cocasse mais la création, c'est ça, la liberté, l'exubérance... Lambert, il parle bien à un porte clés, dans « I love you » de Ferrero...

-Ferreri.

-Trop d'italiens, pas assez de chocolat...

-Va pour l'huître ; s'il y a de l'émotion, après tout... Mais, ça ne serait pas plus simple de laisser faire la création, de balayer le conformisme, de mépriser le formatage, de proposer quelque chose plutôt que de subir l'air du t...

-On n'est pas là pour faire de l'art ; tu le sais autant que moi. Il faut coller au désir des gens autant qu'à ce qu'ils sont, selon des catégories qui permettent à chacun de s'identifier sans difficulté. Un stéréotype, c'est du sensible partagé. De même, les minorités visibles, c'est une histoire de visibilité, il faut les voir.  D'ailleurs, elles sont devenues visibles avant d'être vues...

-Et tu crois que des huîtres nous regardent ?

-Plus que tu ne le crois, les statistiques ostréicoles sont formelles. A propos, tu as vu mon boulot sur « Citizen Ken », de Welles ?

-Kane...

-Non, Ken, le mec à Barbie. Mattel, après le scandale de ses jouets fabriqués en Chine, a voulu recentrer sa communication sur la qualité et le retour aux jouets d'autrefois, le joujou de son enfance. On a re-formalisé le film et sorti le DVD « Citizen Ken » avec la boîte « Ken luge ». Et dans le film, grâce aux procédés d'incrustation, la fameuse luge en bois est remplacée par le skeleton en titane de Ken. Qui ne brûle pas ; mouarf...

-Et ça permet de montrer les films, le patrimoine. On fait un boulot de passeur, comme disait Serge Danette... Hé, c'est quoi ce pouilleux là, ce gauchiste, à la fin de l'épisode de « Amour, gloire et bouclier fiscal » ?

-Un ouvrier. Il en faut. On ne montre plus les prolos, les usines, le cinéma ne fait pas ça. Alors, je montre, ce qui est... Et ce qui est, est ce que je montre. Tu vois, un truc qui se referme sur lui-même ; pas besoin de penser.

-Ha ouais... Et Jack, luisant, musclé, en string, qui lui dit : « Reste dans ta misérable condition. Tu ne crées pas de richesses. Cynthia n'est pas pour toi. C'est clair, c'est net, c'est précis ! »

-Et la feignasse de prolo qui ne moufte pas. Il le sait ; Cynthia, c'est autre chose, c'est pour rêver. On le retrouvera un peu plus tard, coupable par simple jalousie de classes d'avoir crevé les pneus de l'Aston-Dupont de Jack avec des crochets en fer... Ils ne savent plus rêver... Hop, un COQ « terroriste » dans l'escarcelle...

-Pas mal, cet épisode, finalement. Il ressemble à la vie, quoi. On s'y perd un peu... L'épicier de Tarnac devait-il être un terroriste ou le terroriste devait-il être épicier, à Tarnac ? Bon, demain, on attaque « les vacances du couple présidentiel au Bed & Breakfast de Gandrange ». Pas mal de nettoyage à faire ,  le COQ « Mexique » est saturé. Ca va recharger un peu les cases « social », « morale » et « rupture ». Je vais...

-Non, pas toi.

-

-Mouloud te remplace. Mouloud, les jours impairs, en alternance avec Li qui a choisi de changer de sexe afin d'obtenir ce poste. Tu sais, la diversité, la discrimination +... Toi, tu retournes à l'INSEE, à Metz, faire de bons calculs. Comme je t'ai appris.


 

 

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ф (il fallait un « auteur » russe)

lundi, 09 juin 2008

Le monde est un oignon

 

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Alan Turing, à partir des années trente, avait le projet de « construire un cerveau. »

 

« Ce qui m’intéresse, écrivait-il, n’est pas de mettre au point un cerveau puissant, rien qu’un cerveau médiocre, dans le genre de celui du président de l’American Telephone and Telegraph Company. »

 

« L’analogie de la peau de l’oignon est aussi utile. En considérant les fonctions de l’esprit ou du cerveau, nous trouvons certaines opérations que nous pouvons expliquer en termes purement mécaniques. Nous disons que cela ne correspond pas à l’esprit véritable : c’est une sorte de peau que nous devons arracher si nous voulons trouver l’esprit véritable. Mais dans ce qui reste, nous trouvons une autre peau à arracher et ainsi de suite. En procédant de la sorte, arrivons-nous jamais à l’esprit "véritable" ou parvenons-nous finalement à la peau qui ne contient rien ? Dans ce dernier cas, tout l’esprit est mécanique (ce ne serait pas une machine à états discrets, cependant. Nous en avons discuté.) »

Turing - "Computing Machinery and Intelligence"

 

Depuis quelques temps, ici et là, et conjointement à la dégradation de la santé financière des médias traditionnels, la défiance à l’égard d’Internet se renforce. On connaît les assertions outrées de quelques « penseurs », frappés de panique numérique.

Ainsi, la presse écrite souffre-t-elle, en dehors de toute responsabilité propre, de l’expansion de ce « nouveau » média. Marc Tessier et Maxime Baffert, dans leur rapport « La presse au défi du numérique », en 2007, écrivent :
« À ce jour, l’arrivée d’un nouveau média n’a jamais fait disparaître les autres médias. L’arrivée de la radio n’a pas fait disparaître les journaux, de même que le développement de la télévision n’a pas empêché le maintien d’une présence forte de la presse et de la radio. Cependant, si l’irruption d’un nouveau média n’entraîne pas la disparition des autres, elle remet en cause leurs positions acquises. Elle conduit ainsi, le plus souvent, à une réduction de leur place ainsi qu’à un bouleversement des équilibres économiques sur lesquels ils avaient bâti leur croissance. En particulier, les médias déjà en place sont conduits à renoncer à certaines activités et certaines fonctions que le nouveau venu réalise de façon plus efficace ou plus avantageuse. Les spécificités des médias numériques font que cet impact est particulièrement fort pour la presse. En effet, ces nouveaux venus présentent la caractéristique de proposer tout ce que les autres médias proposent déjà - écrit, son, image, vidéo... - selon des modalités et des caractéristiques qui lui sont néanmoins propres. Internet oblige donc les autres médias, tout particulièrement la presse écrite, à prendre en compte cette concurrence frontale et à gérer un risque de “cannibalisation” beaucoup plus fort. »

La télévision n’est pas en reste. TF1 traverse une « passe difficile », selon son directeur général. Les résultats financiers et le cours de l’action sont en baisse. « Nous sommes en guerre ! », renchérit Paolini. On sait bien de quelle façon cette situation a pu peser sur l’annonce de la fin de la publicité sur les chaînes de service public.

http://www.marianne2.fr/TF1-est-en-guerre-!_a87908.html?PHPSESSID=c5c6c98d2b

Les attaques fusent à l’endroit du Net, qui n’ont pas beaucoup plus d’objet que de tenter de rehausser les vertus de ceux qui les lancent. Ce qui revient souvent, c’est la question de la vérité ; comment démêler le vrai du faux, comment endiguer le flux des rumeurs ? Et, toujours, le média traditionnel se posant comme garant de la vérité ; enquêtes, informations recoupées etc…

Devant le reflux des médias traditionnels dont on ne pleurera pas beaucoup le sort, n'ayant pas simplement su "faire des journaux" ou "faire de la télévision" mais ayant seulement occupé le terrain, le Net se positionne comme média protéiforme et en expansion. Qu'il conviendra d'encadrer et formater (un peu plus, encore)...

http://www.ecrans.fr/Le-gouvernement-veut-filtrer-le,4286.html

Les formes connues s’y multiplient : commerce, télévision et journaux (il faut y être), mise à disposition de documents, musique, organisation verticale, entreprises, publicité etc… Mais quelque chose d’autre émerge (aussi) ; l’affirmation d’individus actifs pris dans le maillage du réseau mondial, ce que Olivier Blondeau nomme la production de nouvelles subjectivités. Voir et être vu, montrer et faire, se transformer et surgir (et la jouissance qui en découle) sont des figures communes et intrinsèques du système.

Jello Biafra inventa, il y a quelques années, le slogan « don’t hate the media, become the media »et qui devait être repris goulûment par bon nombre d’acteurs du Net-activisme. A l’heure d’Internet, le devenir-média de l’individu (du « dividu » pour reprendre le label de quelques nétocrates deleuzo-dépendants) semble mécanique. Il est un média quoiqu’il arrive. Cela semble suffisant. Hors les propriétés de la structure (immédiateté, plasticité, globalité, dissémination…), rien ne vient dire ce qu’il convient d’affirmer.

L’affirmation. Dire quelque chose dans le réseau, imposer une forme. Se contenter de se positionner en tant que média irrémédiable, moi augmenté, est assez monotone. Cet espace social ne peut se reposer uniquement sur son mode d’organisation défini par les connexions ; au risque de voir surgir à nouveau le règne de la simple consommation (de soi-même, finalement, en tant que produit du Net.) Un cerveau médiocre et sain.

Ici comme ailleurs, la création, l’affirmation, la construction d’objets, susceptibles d’influer sur l’environnement, de tordre les usages courants et de transcender la technique, demeurent cruciales…

Ce que télévision et presse ne font plus depuis longtemps.

Rien de bien virtuel dans tout cela…

 

 

 

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mercredi, 09 janvier 2008

Les étrennes de Sarkozy

 
 
Records d'audience en chaîne hier. A peine la déclaration de Sarkozy de supprimer la publicité à la télévision publique faite, que les actions de TF1 et de M6 faisaient un bond. A 16h45, TF1 prenait 11% et M6 6,50%. Bouygues, maison mère de TF1, voyait son action augmenter de 3,95%.

A cette vitesse l'info a franchi le mur du son et de l'image en même temps...Ou alors ce n'était peut-être qu'une série d'anticipations boursicoteuses de plus...

Chez TF1 et M6  c'est Noël après Noël. Au PS aussi, qui pour une fois a rangé les couteaux de cuisine électorale interne pour mettre le nez à la lucarne sur un sujet pour une fois "fédérateur" au sein du parti... "Un beau cadeau à M. Bouygues, ami de M. Sarkozy" et "il est totalement irresponsable d'aller
proposer la suppression d'une recette sans savoir quelle sera la recette qui viendra garantir le bon fonctionnement du service public" a relevé Ségolène Royal. http://tinyurl.com/233a6b25f364466e7e5c4c02cb66579931729d.jpg

Fabius quant à lui a estimé que "sans mauvais esprit, c'est la principale conséquence concrète de la conférence du chef de l'Etat" et il s'est d'autre part demandé "par quoi va être remplacée" la publicité, en termes de ressources : "Est-ce qu'on va augmenter la redevance ? Vous croyez que le président de la République va mettre 800 millions de taxes sur le groupe (Bouygues, propriétaire de TF1) ?" (Source: AFP)

Parce que si l'objet peut être louable, à savoir : un service public sans publicité comme la BBC, il pose le problème du financement par une taxation supplémentaire sur les recettes publicitaires des chaînes privées et sur le chiffre d'affaires des accès à internet ou la téléphonie mobile. On voit mal les entreprises concernées verser sans rechigner pour un média qui ne les concerne pas. Idem pour les internautes qui n'ont pas la télé. C'est un peu le même principe curieux que la dime prelevée sur les disques durs. On fait financer des industries du passé par celles du futur.
 
Cela n'est-il pas d'autre part contraire à une règle républicaine qui fait que les recettes sont mises en
commun sans pré-affectation à des dépenses ?

L'attaque est surtout retorse, au moment où les auditeurs de Radio-France se battent pour préserver un espace non pollué par la débilité des marchands de lessives. Mais son objectif est clair : ne plus laisser aucun espace entre TF1 et Arte. Le beauf de Valéria Bruni-Tedeschi© s'accommodera très bien de "niches" de contestation, tant que leur audience sera réduite aux happy few et que leur radicalité ne pourra contaminer les cerveaux disponibles......
 
Entre un audiovisuel privé aux mains des amis du pouvoir et un audiovisuel public dont le financement  dépendrait désormais intégralement de l'Etat bailleur, n'assiste-t-on également au grand retour de l'ORTF ?
 
 
Juliette
avec la collaboration du Village

 
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