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mardi, 26 février 2008

Sarkozy : un héros tragique au temps de l’insignifiance ?

free music
 
 
Avec l’arrivée lentement fomentée de Iznogood au pouvoir suprême, suivie d’une chute spectaculaire en à peine neuf mois, le temps mis par l’opinion à se faire une idée du personnage, on pense immanquablement à une « chiraquisation » de la trajectoire de Sarkozy.
 
Le pouvoir, tout le pouvoir, mais pour quoi en faire ? Pschitt, sans doute ?
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Ce scénario en rappelle un autre. En fait, il est celui qui se trouve au cœur de nombre de pièces de William Shakespeare, et de sa vision tragique du Pouvoir.

Comment un homme seul, décidé, porté par un désir de conquête, de vengeance et de reconnaissance qui le consume de l’intérieur, esclave de sa passion, génial dans stratégie menée dans l’ombre abandonne toute prudence et tout discernement une fois son objectif atteint pour perdre quasi immédiatement ce qu’il avait si longtemps convoité ?

C’est que le personnage shakespearien ne connaît pas la modération. Ou bien il est déjà au faîte de la gloire et se laisse évincer passivement par un membre de son entourage, comme intérieurement soulagé et complice de ce qui lui arrive, ou alors il est celui qui veut la place de l’autre et s’active sans connaître aucun repos jusqu’à ce que la place soit investie. Et puis, il bascule dans l’autre
figure. Dans les deux cas, il joue contre lui-même.

On le voit, pour que le scénario prenne, il faut donc deux figures opposées et complémentaires, une en mouvement, l’autre immobile. L’une s’apprêtant à porter l’estocade, l’autre résignée à la subir, tous les deux appelant secrètement ce destin qui leur est commun. Juste une question de temps.

Or, sur la scène politique française, qu’en est-il de ce second rôle au moment où l’actif de naguère se prépare à occuper la place du mort ?

085a70a687c58327ae9e50943eba5122.jpgL’alter ego de « Sarkospeare » est moins un individu qu’une entité politique : le PS dans son unité toute kaléidoscopique, pour rester poli. On lui prédit une large victoire aux prochaines municipales, trente nouvelles villes pouvant venir s’ajouter à celles déjà détenues par cette formation et ses alliés.

La question qui vient spontanément est : pour quoi faire ?
 
Si la victoire est large, une volonté de la faire fructifier naîtra-t-elle de cet événement ?

Ajoutant les communes aux régions, une sorte de « cohabitation » ingénieuse et inédite pourra-t-elle prendre forme à côté d’un pouvoir national déconsidéré et imprévisible, qui puisse assurer la continuité du pays face à un Etat malade de ceux qui le gouvernent si mal et qui sera indéboulonnable pendant les quatre longues années qui restent à ce régime ?  
 
L’intérêt général, le respect de la parole citoyenne, le souci de la dignité des personnes au travail, la prise en compte de la cherté de la vie pour un nombre croissant de nos concitoyens, le refus des inégalités établies sauront-ils prévaloir sur l’anecdote, la poudre aux yeux, les événements sans lendemain, et inspirer les mesures politiques qui conviennent à l’encontre de la ligne ultra-libérale actuelle ?
 
Ou bien le PS se contentera-t-il des gains pris à l’ennemi pour caser quelques uns de ses apparatchiks et penser à leur « vie bonne » de rentiers de la politique jusqu’aux prochaines élections ?
 
En bref,  au-delà du PS, la gauche saura-t-elle poser les questions qui ne le sont pas en dépit de leur caractère impératif ? Pourra-t-elle trouver le chemin de la sortie de ce cercle infernal du Pouvoir que l’on désire tant qu’on ne l’a pas, et dont on ne fait rien dès qu’on le possède ?

Pour l’heure, l’impuissance est partout à l’affiche, tant du côté du pouvoir en place qui s’agite en vain que de celui de ses opposants, tièdes et conciliants et dont les félons paradent auprès des troupes ennemies en recevant beaucoup de compréhension de leurs anciens amis, certains même faisant liste commune dans des listes d’« ouverture » vers la confusion des genres. On peut se demander si
les partis politiques n’ont pas voulu faire du peuple souverain son héros aux yeux crevés qui après avoir éliminé tel ou tel candidat au cours de joutes précédentes se voit réduit à ne plus pouvoir choisir et, en désespoir de cause, fait le dernier choix qui lui reste qui est de ne plus voir le monde qu’on lui impose.

Sombre destin en effet.
 
Oui, la politique peut être un jeu de miroirs dont rien ne sort. Elle peut se conduire dans sa dépolitisation absolue, devenir une simple technique de management des êtres et des choses, avec le même pouvoir accordé aux citoyens que celui qui est reconnu aux salariés des entreprises.

C’est ce destin qui, comme une certaine forêt, est en marche et menace de nous étouffer si nous n’y prenons garde. La démocratie peut démocratiquement s’auto-dissoudre et n’être plus que le fantôme d’elle-même, immolée sous les sunlights de la sur-consommation et du chacun pour soi.

Que faire ? Oui, que faire ?

Off

mercredi, 19 décembre 2007

Après l'abandon des cités, celui de la laïcité ?

Le 20 décembre prochain, notre sérénissime président recevra des mains du pape Benoît XVI, en personne, le titre très envié de  Chanoine d'honneur de Saint Jean de Latran  http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20071213.OBS0083/sarkozy_bientot_chanoine_dhonneur_de_saintjeandelatran.html.
 
312ed678fad10327174ff647b58194a9.jpgTous les premiers magistrats français depuis Henri IV, rois et présidents, ont eu droit à cet insigne honneur… Le Chef de l'Etat, profitera t il de l'occasion, maintenant qu'il est à la fois président par le suffrage universel, monarque dans les faits, et qu'il revêt désormais une dimension spirituelle de par la volonté du pape, pour donner quelques sérieux coups de canifs à la loi de 1905 et d'ébranler ainsi les fondements de la laïcité dans notre pays ? Cherchera t il à affirmer l'ancrage de la France dans la foi chrétienne ?
 
Ces questions demeurent car elles rappellent un débat entamé lors des présidentielles…
 
Ou, fort de son nouveau titre de Chanoine, cet homme ambitieux ne se préparerait il pas, après ses 3 ou 4 quinquennats présidentiels à une carrière religieuse aux plus hauts sommets hiérarchiques du Vatican ?  Cela aurait de la gueule ! Après la luxure, le stupre et Disneyland, la repentance, l'humilité et l'ascétisme ?
 
Voilà une manière efficace de marquer l'Histoire à jamais ! ! !
 
Comme disait Joseph Staline, le petit père (fouettard) des peuples qui n'appréciait guère les plaisanteries à son encontre : «  Un Peuple heureux n'a pas besoin d'humour »…
 
Les Français doivent être bien malheureux, et c'est tant mieux pour tout le monde !
 
cui cui
 

 
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