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mardi, 18 janvier 2011

Naissance du mouvement des non-indignés

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Donc, après les épisodes précédents ( la tentative de réduction, occultation de ce qui ne pouvait plus être ignoré  ici , et la deuxième couche de d'injures et de dépit haineux  ) ...
Nous voici au troisième "stade" : la censure, première action "décisive" de la conjuration des non-indignés.

hier je reçois ce communiqué:

"Nous apprenons avec stupeur et indignation par un communiqué du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France que  la rencontre prévue le 18 janvier à l'Ecole Normale Supérieure avec Stéphane Hessel a été annulée à sa demande ( à la demande du CRIF) .  
Un homme qui a dédié toute sa vie au combat pour la liberté se voit ainsi interdit de parole  pour avoir rappelé les droits du peuple palestinien.
Cette intervention n'est pas un fait isolé. Il y a longtemps déjà que le CRIF et des personnalités qui lui sont liées exercent la calomnie et l'intimidation à l'égard des  militants, artistes ou universitaires juifs et israéliens coupables de s'opposer aux violations du droit international perpétrées par l'Etat israélien . Ils ont notamment réussi à faire partir de France un cinéaste israélien dont les films ne leur plaisaient pas .
Aujourd'hui cette institution affirme sans ambages  son droit de décider qui a en France le droit ou non de parler d'Israël et de la Palestine. Elle n'a pas sans intention choisi de le faire en un lieu symboliquement associé à l'idée de la libre recherche. Si la directrice de l'Ecole Normale Supérieure  a accepté son diktat, elle  a déshonoré sa fonction. Il en va de même pour la Ministre de l'Enseignement Supérieur  s'il est avéré qu'elle est personnellement intervenue pour faire annuler la rencontre prévue.    
Ces faits sont inadmissibles.  Le droit de critiquer les actes du gouvernement israélien comme de tout autre gouvernement doit être respecté sur notre territoire. Aucune institution n'a le droit de nous prescrire, en fonction des intérêts particuliers qu'elle représente,  ce que nous devons dire, écrire, voir et entendre. "

Communiqué signé de :
Alain Badiou, ENS 1956, professeur émérite à l'Ecole Normale Supérieure Etienne Balibar, ENS 1960, professeur émérite à l'Université de Paris Ouest Ivar Ekeland, ENS 1963, professeur à l'University of British Columbia, Vancouver Jean-Marc Lévy-Leblond, ENS 1958, professeur émérite à l'Université de Nice Marie-José Mondzain, ENS 1962, directrice de recherches au CNRS Jacques Rancière, ENS 1960, professeur émérite à l'Université Paris VIII Emmanuel Terray, ENS 1956, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Avec ce nouveau « haut fait » de censure sans phrase et sans vergogne , accompli grâce à la courge insignifiante qui a été placée par l'hue aime pet à la direction d'une des plus éminentes institutions du pays, le parti des non-indignés voit donc son action, son projet et ses contours se préciser : légion hétéroclite où se rassemblent dans l'urgence toutes les composantes de la niaiserie réactionnaire et xénophobe, de la vacuité intellectuelle , de la nullité conceptuelle, du dépit haineux , du refoulé égocentrique, du repli communautaire et de la médiocrité satisfaite, des cuistres pontifiants des « écrans » , aux zélotes patentés  de « l'état des choses » , des racistes arabophobes aux mandarins du conformisme le plus veule .

Cette troupe sinistre n'est pas si nombreuse, mais elle fait beaucoup de bruit et prétend par son vacarme hystérique couvrir toutes les voix intelligibles ou leur imposer silence à grand renfort de chapes de plomb (durci).

Après Elisabeth Levy ( la passionaria des non-indignés), Fillon et sa fine équipe, Sollers et la troupe d'élite , Zemmourde et ses bonnes questions, Ferrire et sa philosophie brushing, Béchamelle et son fric, Finky et ses tics, Assoupline et sa soupe , and co ...
voici Canto cerbère qui s'y colle sur ordre de pécresse et sur le mode servile et niais qui lui est coutumier.
N'ayant jamais su que s'aplatir la seule chose dont ils se soient jamais indignés , c'est l'indignation, unanime et spontanée, qu'ils suscitent .

Je propose qu'on les envoie illico en voyage organisé stage en Tunisie, cornaqués par Frédo . Que nos amis tunisiens profitent enfin du "savoir faire" de ces services de sécurité idéologique que le monde entier nous envie .

pour en savoir plus :

le billet d'olivier Bonnet
celui de valdo
et naturellement : vu à la télé :
Hessel contre les non-indignés

urbain

 

vendredi, 19 février 2010

en arrière – jeunesse

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Elle et lui : la petite vingtaine. Comme je la connais un peu, je les rejoins. Elle nous présente l’un à l’autre... - Euh, et alors, vous êtes dans la même promo ?
Elle : Non.
- T’es dans quoi, alors ? T’as vu comment je le cuisine ? comme les flics !-]
Lui : Dans plus rien...
- Oh, un galérien, alors ?-]
Lui : En pharmacie alors, ou dans les langues ; ça n’a pas d’importance... Je pourrais prendre un petit boulot, gagner un peu de ronds, et vivre tranquille quelques mois... Je n’ai pas beaucoup de dépenses. J’aimerais bien vivre dans une petite communauté, loin du monde...
- Ah, oui ! comme le groupe Tarnac !
Elle : Le quoi ?
Lui : Le groupe du Tarnac. J’ai mon frère qui en connaissait un. Il connaissait quelqu'un dans le groupe, l'a côtoyé à un moment...
- Ah ?!
Lui : Oui, mais il est parti, et a fait autre chose. Tu as lu leur livre ?
- Oui, mais, il n’y a rien d’extraordinaire...
Lui : Qu’est-ce que tu lui reproches ?
- Euh, c’est un bon état des lieux, très clair, très argumenté, mais leurs propositions sont assez courtes. A la question « et après ? », il n’y a pas beaucoup de réponses. Et puis, c’est très peu offensif ! Et dire que ça a fait trembler le ministère de l’Intérieur ! D’un pet de mouche, ils en ont fait une montagne de rien du tout – les fondés de pouvoir. Et ils n'ont pas reculé devant les méthodes infâmes. De l’enfumage, relayé par la presse ! Bon, il y a un autre bouquin, un peu mieux qu’il faut lire quand on a vos âges. C’est le livre de Badiou...
Elle : Ba... quoi ?
- Quoi ?! tu n’en as pas entendu parler ?
Elle : Ben, non... Avec toutes les informations qui nous tombent dessus tous les jours, on ne sait pas quoi retenir...
- Bon. « Ba », « diou »... ou « Bad » – comme « mauvais » en anglais – et « you », mais avec un « i », à la place de l’ « i grec ». Pareil, un bon état des lieux, mais rien de plus. Il y parle principalement du « transcendantal pétainiste » dans notre bon pays. Mais, le livre à lire, c’est son hypothèse communiste.
Elle : Et toi, tu travailles... euh, dans le cinéma ? Tu écris des critiques ?
- Dans le cinéma, non. Des critiques, euh, ça oui ! Je laisse ça sur des blogs, mais sous pseudo. Je prends un pseudo pour ne pas me faire emmerder. J’ai balancé contre un magistrat, et lui, vient de se faire débouter par un Tribunal à propos d’une fallacieuse affaire d’injure publique (mais pas contre moi, hein). Donc, un type comme lui – véreux – je suis sûr que si j’étais sous mon identité civile, il a tous les moyens de me faire chier ! et qu’il ne se privera pas de le faire !

Elle : Et pourquoi sur les blogs ? Pourquoi pas dans des revues ?
Lui : Ou dans des magazines ? Y a un critique dans le Nouvel observateur, qui est reconnu...
- « dans le Nouvel obs » et « qui est reconnu »... eh bien, je ne vois pas bien qui peut le reconnaître ! Ou alors, il est connu (et je devine qui c’est), mais alors, moi, je ne le reconnais pas du tout ! C’est comme les rock stars ! On va prendre not’ Johnny national (qui préfère ne pas payer ses impôts en France), il est connu du grand nombre, mais je ne suis pas sûr qu’il soit « reconnu ». Ils sont tout au plus « connus » du public...

Elle : Mais alors, tu ne travailles pas ? tu ne cherches pas à publier ?
- Je dis souvent que si on veut me lire, il faudra attendre que je claque ! Blague à part, je dis que n’importe quelle personne de votre âge, disons, ma cousine, mais même ma nièce de cinq ans, elle voit que le monde qu’on a sous les yeux, c’est de la merde ! Donc, la moindre des choses, c’est de ne pas y participer ! en tous cas, le moins possible...
Mais, on peut pousser, et parler de la confiscation de la démocratie. On nous fait croire qu’on est en démocratie, mais on ne l’est pas ! C’est une oligarchie déguisée. On nous fait croire à la liberté d’expression, mais elle est très restreinte. Car il faut voir où est la parole publique ? où on peut vraiment s’exprimer, s’adresser au plus grand nombre, sans risquer de se faire inquiéter ? Par exemple, le racolage électoral sur l’ « identité nationale », au début, on pouvait se dire : « Bon, c’est une blague » – très douteuse, bien sûr – et qu’elle allait durer, allez, au maximum, deux mois. Là, ça fait près de quatre mois, et c'est parti pour durer ! Or on est tous là, à rien faire, à attendre que ça se passe...


Donc, ce qui est « fort », c’est la résignation de chacun. On a l’ouvrier, le travailleur, ou l’employé qui rentre du boulot, et qui allume la télé. Et là, on lui matraque la gueule : on lui fout cinq drames d’affilée, et juste après, une rafale de vingt pubs en pleine figure ! C’est sûr qu’il ne peut plus trop réagir. Et puis, le lendemain, il doit retourner se faire exploiter – ce qu’il accepte très bien, du moment qu'on lui file un salaire suffisant pour qu’il considère que sa situation est moins mauvaise que beaucoup d’autres.


Et de l’autre côté, il faut voir le zèle de certains, et particulièrement celui des flics (sans mentionner les notables). On leur dit : « Il y a des lois, faites-les respecter, et ramenez-nous des résultats ! ». Et eux, sans aucun problème, ils accourent et répondent : « Oui, chef ! » Et ils appellent ça la « culture du chiffre »... qui est un oxymore ! Car, on ne peut pas mettre ensemble « culture » et « chiffre ». Mais, il faut croire que c'est une nouvelle conception de la « culture »...

 


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par Albin Didon

mercredi, 20 mai 2009

concrete end - clés ?

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Non loin de Beaubourg, une discussion - impromptue - entre Francis et Rosa. Lui :

 

·   Mais alors, que faire ?

 

-    Attends, comme je te connais un peu, je sais qu'on ne peut pas te dire grand-chose ; parce que quand on te donne des réponses à cette question, tu fais toujours en sorte de ne pas faire ce qu'on t'a fortement encouragé de faire - ou ne pas faire. Tu l'as montré à plusieurs reprises - ne serait-ce que voter. Si je me la pétais, je dirais que tu es un "sujet obscur" selon la déclinaison de Badiou...


J'en ai marre de cette Narkozie, des rapports de domination, du capitalisme sauvage qui est en train de nous étrangler...


Je t'arrête tout de suite. Dans "capitalisme sauvage", tu peux enlever "sauvage"...


Je veux que ça change...


Non, c'est faux. Entre ce que tu veux
vraiment, et faire ce qu'il faut pour cela, et ce que tu voudrais, il y a un écart. Tu voudrais, tu souhaiterais... mais non, tu ne veux pas.


Tu es vexé, parce que je te dis que tes propos ne sont pas concrets...


Non. Pas tant que ça... Pas par rapport à mes propos, ou alors très indirectement. Je suis vexé, mais disons... par rapport à toi ! Je me dis que, dans tout ce que tu entends, tu n'arrives pas à faire les dé-liaisons nécessaires. Dans les formules que tu entends, tu prends tout, sans faire le ménage, sans trier. Mais, tu n'es pas le seul. Les gens ne voient pas quand des mots ne vont pas ensemble : "propriété" et "intellectuelle", "capitalisme" et "moral", "discrimination" et "positive", "démocratie" et "représentative". En gros, vous voulez les "avantages sans les inconvénients", alors que ce sont "deux faces de la même médaille", comme on dit. Et à l'arrivée, ça passe par mes oreilles, et j'entends des "conneries". A la limite, ce n'est pas toi qui parles : c'est la radio, ou France 2...


Quand on voit
Genèse d'un repas, de Moullet, on est plus pessimiste à la fin qu'au début ! Le monde devient encore plus noir quand on sort que quand on entre...


Mais, ça, c'est très bien ! Comment dire ? Méfie-toi des lumières artificielles... "Tout ce qui brille n'est pas or", comme on dit. Tu as peut-être trop tendance à vouloir être rassuré par ces artifices. Alors que la pénombre, ce n'est pas toujours mauvais. Il faut parfois traverser de longs couloirs sombres avant d'atteindre un début de lumière. Et je suis désolé, tu ne veux pas voir le monde environnant.


Si, je le vois ! comme toi !


Euh, non. En tout cas, moi... pas comme toi ! A la limite, tu le vois, partiellement, avec des oeillères ; ou si tu veux, avec des "sun-glasses" - des lunettes de soleil. Or, tu ne veux pas les retirer. Alors, quand tu me demandes "que faire ?", par rapport à ce que tu peux et ce que tu veux vraiment, je ne peux que te répondre : lis des livres...


Ce n'est pas que je veuille te pousser dans tes derniers retranchements, mais, quand je te demande "que faire ?", tu ne donnes pas de réponse concrète...


Disons que je ne crois pas trop aux réponses "concrètes". Ou encore, je crois que régulièrement je te donne plus de réponses que tu veux bien me l'accorder. Des débuts de réponse, si tu préfères. Mais, en effet, comme tu l'entends : non, je n'ai pas de réponses. Et, je crois même qu'il n'y a pas de réponses. Je ne dis pas ça, pour dire : "S'il y en avait, je te les aurais données !", mais, parce que je crois que c'est beaucoup plus difficile que ça. Et que celui qui aurait la réponse, avec un grand "R", à mon avis, c'est un imposteur - ou quelqu'un de dangereux. D'ailleurs, ils sont un paquet à en avoir - des réponses concrètes -, et, regarde le résultat ! Tout simplement parce qu'il y a trop de forces en jeu. On peut voir ce que veulent les gens, à peu près, mais on ne peut pas agir sur le "vouloir" et le "pouvoir" pour tous ces gens.Dans les réponses "concrètes", c'est toujours en faveur d'une majorité, contre une minorité, surtout, fragile...  Il ne peut pas y avoir de recettes, de plans à suivre. On voit à peu près les représentations mentales dans l'ensemble, mais on ne peut pas agir sur toutes, et sans léser personne. Donc, je suis désolé, mais quand j'essaie d'agir sur la tienne, je crois que, justement, c'est concret ! Je suis désolé, mais tu attends trop de réponses de l'extérieur... Ou disons que je sais ce que tu veux, mais, je suis désolé, je ne peux pas te le donner. Tu voudrais un livre de recettes, un guide de conduites à suivre...


Non. Toi, tu es plutôt quelqu'un de libre, mais moi, dans mon cadre, celui de l'enseignement secondaire, le peu de choses que je fais, j'en suis content. J'essaie tous les jours de faire des choses qui font que je peux me regarder dans la glace...


Et, alors ? si j'enlève ton "cadre", et mets le mien, je peux dire la même chose. Comment dire ? Pour le dire autrement, mais avec le même thème, il faut absolument être libre. Mais, tu sais comme moi, que la plupart des gens n'aiment pas la liberté - j'entends la vraie, celle qui consiste à être responsable, autonome et respectueux d'autrui. Bref, ce que je veux dire, c'est que les réponses sont en toi. Et que tu devrais te méfier de tes attentes, de les questionner...


Mais, je n'ai que des questions...


Alors, je ne peux que te livrer à tes questions. Dis-toi également que mes réactions négatives à ton égard font également partie de tes questions. Et méfie-toi, si je peux me permettre de te mettre en garde, méfie-toi des réponses toutes faites...


Tu te méfies des réponses ?


Non, pire : je les fuis ! Donc, dès que tu entends une "réponse", dis-toi que peut-être on te dirige déjà dans une mauvaise direction...


Je veux que tout le monde puisse avoir un foyer, travailler pour nourrir sa famille...


Tu es intoxiqué par des schémas, des constructions. Ce que je viens d'entendre, et il ne faut pas mal le prendre, ça tient de la psychanalyse : "travailler pour nourrir sa famille"... Je te réponds, encore modestement, qu'il n'y a pas de réponses toutes faites, et que tu ne peux pas vouloir ce que tu ne veux pas vraiment... La seule réponse que je peux donner, c'est qu'il faut s'efforcer de ne pas se laisser aller devant la bêtise - celle des autres... ni la sienne !

 

 

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Par Albin Didon

mercredi, 18 mars 2009

handy - cap

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Pierre est un homme d’une soixantaine d’années, assez discret, et un peu « loser » sur les bords ; et, Claire est une jeune femme très curieuse de tout et très critique sur le monde. Ils s’estiment mutuellement, malgré leurs désaccords respectifs. Tout en marchant, ils discutent. Elle commence :

 

- Comme je connais un peu ton orientation, je voulais te poser une question un peu polémique. Badiou parle  d’ « hypothèse communiste ». Quelle différence y a-t-il selon toi avec ce qu’appelle Straub : l’ « utopie communiste d’Hölderlin » ?

- Pour moi, parler d’hypothèse, c’est avoir une idée… pré-établie… d’une construction possible, alors que l’utopie, c’est plus prudent, plus ouvert… – ça reste indistinct…

- Mais, pour moi, la nuance est grande – ça s’oppose presque.

- Non, ça ne s’oppose pas. Mais, à un moment, il faut intervenir politiquement – et parler d’hypothèse communiste, c’est opérant dans le champ d’un discours politique. Quand Straub parle d’utopie, on reste au mieux dans une conception, disons « esthétique » : il ne fait pas de politique.

- Là, pas d’accord. Chacun de ses films sont politiques, et quand il parle en public, c’est aussi politique.

- On s’est mal compris. Je suis d’accord avec toi. Bon. Là où je veux en venir, c’est que l’idéologie capitaliste a tout fait pour éliminer le mot « communisme ». A l’époque, on parlait de « communisme réel ». Le communisme était en marche, évident pour tous…

- Ah ?! tiens ?! je ne connaissais pas cette expression. En parlant de ça, je pense que c’est très con « l’anti-capitalisme », parce que ça ne fait que renforcer le capitalisme. Cela dit, il faut certes un contre-discours capitaliste, mais en fait il faut surtout un discours qui aille contre l’idéologie dominante sans aller chercher à l’améliorer. C’est ce que disait Badiou à propos des oxymores : le « capitalisme moral », ou les « privatisations nationalisées ».

- Surtout qu’avec les crises, on voit maintenant les impasses. Marx l’avait vu très tôt déjà : le capitalisme est tellement pétri de contradictions qu’il faut passer à autre chose. Et, c’est Lénine qui en tire les implications pratiques dans son livre Le Développement du capitalisme en Russie. On est passé d’un capitalisme de producteurs à un capitalisme de consommateurs.

- C’est intéressant, parce que ça veut dire que les producteurs n’arrivent plus à – j’allais dire ‘relancer’ – à faire tourner la machine, alors, ils vont chercher les consommateurs, comme carburant. Et même à les intégrer parmi les producteurs, ou à les inclure comme actionnaires, en leur faisant participer aux bénéfices…

- Il n’y a plus d’industries en France, ni en Europe. Tout est fabriqué par les Chinois ou en Asie. Les sociétés occidentales ne produisent plus rien.

- Ah si, quand même !

- Du service.

- Il y a des industries de services et des conglomérats financiers.

- Je veux dire qu’il n’y a plus de fabrication matérielle…

- Oui.

- …d’industrie qui nécessite du matériel.

- Là, non. Enfin, je vois où tu veux en venir…

- On ne fabrique plus de voitures comme le faisait General Motors…

- Tiens, c’est intéressant, parce que l’un des types les plus riches du moment – et ce, depuis une vingtaine d’années – c’est Bill Gates. Je fais exprès ce rapprochement, parce qu’il y a cinquante ans le modèle de vie, c’était la voiture et la machine à laver. Aujourd’hui pour appartenir au monde, pour être dans le coup, il faut avoir son téléphone portable, ou son ordinateur.

- Aujourd’hui, si tu n’as pas de voiture, ni d’ordinateur, tu es « handicapé »…

- Tu as une « mobilité réduite ». Et puis, pour relayer l’idéologie, il y a cette presse qui n’informe pas…

- Si ! elle informe…

- Non, elle n’informe pas.

- Elle dicte des comportements, produit des habitudes.

- Elle conforme, tout au plus. Mais, on ne peut pas dire non plus qu’elle intoxique – même si c’est le cas. Il faudrait trouver le mot.

- L’enfumage, la propagande…

- Elle bourre le crâne, elle brouille l’écoute…

- C’est le mécanisme du consentement.

- Je suis désolé de pinailler, mais « consentement », ça ne me convient pas. Il manque quelque chose, quelque chose qui masque les vrais enjeux. Je veux dire par là que, oui il y a consentement, mais, qu’il y a quelque chose de plus profond. Quand on consent, on est d’accord, mais d’accord pour quoi… C’est quoi l’expression qui va avec ?

- L’expression ? Chomsky a écrit ce livre, La Fabrique du consentement.

- Oui, voilà, d’un côté, on fabrique, et de l’autre, on accepte la fabrication – mais pas du consentement. Il y a un pacte. Mais, en fait, on est d’accord pour participer au capitalisme, on adhère. On adhère à l’engrenage. A chaque fois, donc, c’est plus que du consentement, c’est de l’embrigadement. A chaque fois qu’on cède, on le favorise…

- Pour favoriser le consentement, il faut corrompre, dans le vrai sens du terme : altérer, pourrir. Et, les gens se laissent facilement corrompre, jusqu’à être contaminés. A l’arrivée, ils sont intoxiqués par la voiture, la télé, l’ordinateur. Je dis souvent que celui qui tape les « 3w » – world wide web – il est déjà mort.

- Je ne suis pas d’accord. Il est pris, il est piqué, mais, pour le reste, je ne dirais pas ça – pas plus qu’autre chose en tout cas. Mais, bon, il faut reconnaître que internet, c’est un nid, non, un repaire de fêlés.

- Pour moi, c’est le règne du fictif…

- C’est marrant, parce qu’en parlant un peu de ces choses-là avec un critique très connu et très respectable, il disait : « Ils parlent des blogs – ils disent tous que c’est bien – alors qu’Internet, c’est un fléau. » Des gens qui prennent des pseudos, et parfois même celui des autres, pour se défouler. Bon, c’est vrai, à 99%, c’est des fêlés. C’est un océan de fêlés.

- Bon, c’est un peu comme l’alcool, ou la drogue, on peut se désintoxiquer…

- Bon, sur ces grands mots, il nous reste qu’à continuer à essayer de construire quelque chose de vivable…


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par Albin Didon

mercredi, 04 février 2009

La droite de l'Homme

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Finalement, où en sommes-nous, aujourd'hui, dans ce qui se nomme démocratie représentative ?

 

Non seulement, ce type de régime (capitalo-parlementariste, pour reprendre le mot de Badiou)  montre à chaque instant ses errements mais, de plus, et du fait même de ses principes, se pare peu à peu d'un autoritarisme en costume, en sa surface. Chacun le voit, le constate, le sent, l'appareil d'Etat, avec l'aimable concours de la marchandise décomplexée, tend à réduire chaque jour les possibilités de questionner sa nature propre. C'est un truc qui ne se discute pas, qu'il s'agit uniquement de protéger ; c'est la vérité qui ne souffre pas que l'on puisse seulement tenter de la falsifier (car, forcément, toucher la "vérité" des faits, c'est une falsification ; un crime). Et le travail, pour ceux qui sont garants de cette vérité, par le truchement vrai du scrutin vrai (voyez comme les "53%" sont resservis dès que le pouvoir est, un peu, ébranlé), réside dans la préservation de cet état de faits, tel quel, en éliminant les évènements et en se cantonnant à la production d'événementiels. Il s'agit donc de nettoyer (de kärchériser ; rien de neuf) la surface de ce qui est, de ce qui ne peut pas être autrement, des scories maladives, des signaux contraires, jusqu'aux symptômes élémentaires. Soutenir le normal ; le reste ne relevant que de la démence.

 Evidemment, tout cela se fait dans le cadre imparti, en recourant à la loi, en contournant quelques pratiques. C'est doucereux même si ça claque en coulisses.

 Vague inventaire de ce qui se passe, aujourd'hui, pas loin :

Fichiers à tout va, STIC, Edvige II etc.

Sécurisation des lieux de déplacement du chef sous peine, dans le cas de réceptions houleuses par quelques manifestants, de sanctions directes, sans passer par les procédures disciplinaires en vigueur.

 Emprisonnement arbitraire de l'ultra gauche (qui déraille, dixit Libération), agitation de la menace terroriste.

Nomination du PDG de la télévision publique, de la radio publique, par le chef.

Régime présidentiel exacerbé avec limitation des pouvoirs de "l'opposition".

Sanctions à l'encontre de "journalistes" ayant "fauté" (Gosset, Genestar etc.)

Suppression du juge d'instruction.

Conflits d'intérêt divers et variés.

(A compléter par le lecteur, la petite Histoire, la surenchère ambiante...)

 

Une chape pèse sur ce pays.

 

Rassurons-nous, certains, des puissants, veillent…

El Assad affirme : "Il faut parler avec tout le monde."

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Ben Ali rassure : "la France a fait le choix volontaire de la démocratie."
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Khadafi est formel : "nous avons parlé de tout, y compris des droits de l'Homme."
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Le 29 janvier, sans médiation, la "rue" a dit quelque chose…

 

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