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mercredi, 18 novembre 2009

Football et décadence.

Après le record d'audience de l'année pour M6, à l'occasion du match aller de football Irlande-France, avec 8,2 millions de téléspectateurs et 35,1 % de part de marché.

1778623865-irlande-france-pourquoi-il-ne-faut-pas-perdre.jpgAvec la préparation psychologique intense de TF1 pour nous préparer au match retour, ce soir, et battre son record annuel de spectateurs.

Avec la multiplication des jeux d'argent et autres paris sportifs.

Après les incidents violents du match OM-PSG reporté à Marseille pour cause de grippe A.

Après les émeutes à Marseille et la mise à sac de certains quartiers dont les habitants n'y sont pour rien par des supporters algériens après le match Égypte-Algérie.

Après les terribles agressions des Égyptiens sur des sportifs et supporters algériens (peut-être des morts à déplorer) et les ratonnades opérées en Algérie contre des commerces égyptiens...

Avant une rencontre de tous les dangers sur terrain neutre au Soudan pour départager les deux équipes africaines, ce mercredi...

Nonobstant, nous sommes bien forcés d'admettre que le football prend une place considérable dans le déroulement des évènement de la planète...

Le football rend-il les médias et les peuples fous ?

En êtes vous donc si sûr ? Et si je vous disais plutôt "Et si les médias rendaient le football et les peuples fous ?".

Qu'un pays comme l'Égypte, une des nations les plus pauvres du monde avec très peu de ressources naturelles, disposant d'une population importante (83 millions) durement matée par un pouvoir dictatorial dirigé par le président Moubarak, 81 ans, se déchaîne pour un vulgaire match de football alors qu'une grande partie de ses citoyens vit d'expédients, peut laisser pantois l'occidental moyen et pourtant le résultat est bien là !

Le battage médiatique destiné à détourner l'attention des problèmes autrement plus cruciaux a entraîné un regain de nationalisme obtus destiné à resserrer les liens distendus de cette nation autour de son vieux dictateur et chef des armées, gouvernance contestée par les frères musulmans et surtout terriblement ébranlée par la crise économique. Le pouvoir médiatique est devenu tellement considérable qu'il parvient à faire oublier aux individus, grâce à un spectacle sportif, leurs pitoyables conditions de vie.

Regardez chez nous : la presse, les télévisions, les radios dans notre beau pays ne parlent que de ça ! Parce que le sujet est porteur et fait vendre mais également pour faire diversion. Depuis quelques temps, sur les radios, à commencer par RMC fleurissent des programmes 'non stop' de sport et notamment de football de 16h à minuit, tous les jours, des consultants, anciens sportifs, ressassent, discourent, pérorent,  répètent inlassablement les mêmes rengaines avant et après les matchs !

9774_NpAdvHover.jpgUn milliard de gens crèvent de faim ? Qu'importe puisque Lyon rencontre Bordeaux. La crise entraîne un chômage monstre ? Peccadilles puisque le Réal rencontre le Barça. Des fuites de capitaux dans les paradis fiscaux ? Foutaises : Manchester reçoit Chelsea !

Le foot a subi de plein fouet la mondialisation, puisque désormais les Français éprouvent autant d'intérêt pour leur championnat que pour celui d'Angleterre, d'Espagne ou d'Italie. Ce sport s'est transformé presque partout dans le monde en une véritable hydre dévorante "de temps de cerveaux disponibles" !

Dans notre société, le football et le sport en général deviennent omniprésents et envahissent tous les espaces médiatiques vides ! Désormais toutes les radios remplissent leurs grilles de 'week end', de cases où les auditeurs, pensent, ratiocinent, vivent, consomment, achètent, plaisantent, cogitent jusqu'à l'obsession sur le Dieu football.

Amis, je ne sais plus qui disait que "le sport était l'opium du peuple", mais je crains que cette phrase ne date un peu, aussi ai je pensé à une petite sentence en remplaçant le terme 'opium' par celui de 'coke', car la cocaïne excite, rend raide dingue et largement accro. Sa consommation fait rentrer son usager dans un cercle vicieux destructeur et obsessionnel.

 "Le football n'est il pas devenu la coke des peuples et les médias, ses dealers." ?

À vrai dire, tout ceci n'est guère réjouissant : inutile de vous expliquer comment cette addiction au football, poussée par les équipementiers, les clubs et les médias, participe activement au maintien du système économique actuel par ses effets anesthésiants. Sans oublier les fortunes monstrueuses, incertaines et mafieuses que cette oligarchie insuffle dans la machine à décerveler, à sacraliser des vedettes médiocres, à plumer les plus pauvres et à donner l'illusion de la fierté à certains peuples abandonnés par leurs dirigeants...

Si un jour, une guerre éclate à cause du football, inutile de vous dire qu'on aura franchi le Rubicon de la connerie humaine !

Amis du Village, à après...

 

By cui cui. the pretty bird.

samedi, 27 décembre 2008

... LA SUITE INTERMINABLE

gericault_le_radeau_de_la_meduse_1919.jpg

 

Il aura fallu presque rien pour que tout s'enclenche. Des travaux d'entretien sur la rue Enrico Macias, un retard dû à un défaut de trésorerie (crise oblige), des embouteillages à répétition puis un commerçant excédé, un poissonnier, qui déverse ses huîtres, ses calamars, ses truites invendus sur le trottoir, des glissages, des bagarres, la police qui déraille...

La situation économico-sociale était le ferment idéal d'une telle dérive.

Malgré les messages rassurants de la ministre de l'économie, prédisant un rebond immédiat, malgré les appels à la responsabilité individuelle du porte-parole du gouvernement, fustigeant Internet et les nourrissons, malgré les enquêtes ultra rapides, les coupables déjà désignés, le désordre s'étendit en quelques heures.

Un déluge de violence s'abattit sur les villes et jusque dans nos campagnes.

(Ellipse)

Quelques carcasses de voitures et de poubelles finissent de brûler. Les trottoirs sont défoncés, jonchés de détritus. Les abribus penchent au milieu des bris de verre. Quelques armatures tordues forment des sculptures étranges au milieu des rues. Les magasins éventrés succèdent aux rideaux de fers baissés et taggués. Des édifices publics offrent à la vue, leurs façades dévastées aux fenêtres béantes.

Un paysage d’après guerre.

« La désolation » titrait un journal de référence depuis sa permanence de Moscou.

L'enchaînement de mouvements de grèves s’était transformé en révolte sanglante partout en Europe.

Les affrontements avaient duré longtemps.

Dès le début des événements, les grosses fortunes s’étaient expatriés avec biens et meubles précieux sous des latitudes plus accueillantes. L’Etat avait veillé à organiser la mise à l’abri de chacun d’eux.

Le gouvernement avait pris la fuite. L'Airforsouane présidentiel avait décollé très tôt le matin. La presse, depuis l'étranger, relevait cette phrase promise à la postérité : « Carla, prépare le vanity ! »

Le ministère de l'intérieur avait beau tenir, avec la plus grande clarté, une ligne de fermeté, n'hésitant pas à instaurer le couvre-feu, raflant les milieux de l'ultra gauche du pays de Bresse, la place Beauvau ne tarda pas à se vider. Un journaliste, réfugié à Palma de Majorque, soutint avoir aperçu la ministre (un reportage exclusif étant déjà prévu) venir se terrer dans la villa tunisienne d'un célèbre acteur français.

Depuis, les gens sont barricadés. Ils ont appris à se rationner. Les denrées de base commencent à manquer.

La télévision n'émet plus depuis longtemps, la presse ne sort plus, mais tout le monde s'en moque.

Personne, nulle part.

Le temps s’est arrêté.

A la Bastille, devant la colonne de Juillet, une estrade.

L'opposition s'organise. La révolte peut enfin se structurer et déboucher sur un renouveau politique. Des immeubles fument au loin mais quelque chose peut commencer ici, maintenant. L'estrade est pleine de bonne volonté, les visages sont graves et remplis de l'importance du moment. Le peuple s'est soulevé, le gouvernement a été renversé, c'est un tournant dans l'Histoire récente du pays.

La place est déserte.

La première secrétaire du parti socialiste parle dans le vide.

 

Une clameur, la foule arrive.

Micro et haut-parleurs ont été coupés.

Les autos-élus abandonnent la scène.

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Agathe

 
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