samedi, 09 avril 2011
Paul Jorion face à l'agonie du capitalisme
Paul Jorion annonce l'agonie du capitalisme, avec la même pertinence qu'il le fit pour la crise,
mais ça ne l'émeut pas plus que ça .
Urbain , à la mémoire de frère Odm ...
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mardi, 06 avril 2010
Minimise mais il fait le maximum

Le débat sur l'identité nationale a cédé sa place au débat sur le bouclier fiscal. Discuter de cette mesure inique aujourd'hui, pourtant passée comme une lettre à la poste, hier, vise un seul objectif en ligne de mire... Les prochaines élections, l'argument massue devient une assurance sur l'avenir politique. Les petits rats s'échappent du ballet alors qu'ils avaient parfaitement synchronisé leurs entrechats à l'époque de « l'avènement » du messie fiscal.
Le Président du pouvoir d'achat a tenu ses promesses pour les plus riches :
[...La sobriété salariale pour la classe moyenne se traduit par des coups durs pour le pouvoir d'achat quand l'économie connait des pics d'inflation. 2008 a fait partie des pires années pour le pouvoir d'achat qui a ralenti à +0,6%, complètement grignoté par la hausse des prix.
Les Français s'en aperçoivent le plus dans les grandes surfaces. Entre février 2007 et février 2008, les prix alimentaires ont crû de 5 %. Selon l'Insee, parmi cinq produits de base, le prix de la baguette s'est accru de 4,1 % entre juin et novembre 2007, puis s'est stabilisé de novembre 2007 à janvier 2008. Pour le beurre, les pâtes alimentaires et le lait UHT demi-écrémé, la hausse a été beaucoup élevée, de l’ordre de 9 %. ...

En intégrant ces dépenses et en calculant le pouvoir d'achat par unité de consommation (c'est-à-dire en tenant compte de la démographie et des dépenses que l'on peut partager au sein d'un ménage) on remarque qu'il n'a pas augmenté de 0,6% en 2008 mais qu'il a... baissé de 0,7%.
Si 2009 a été une année assez bonne pour les consommateurs grâce à une inflation plate, 2010 s'oriente mal.
Selon la formule de Jean-Philippe Cotis, directeur de l'Insee, "le salarié médian est à la fois distancé par les hauts salaires et rattrapé par les bas salaires."
Résultat: entre 1996 et 2006, la moitié des Français gagnant un salaire médian de 2.050 euros bruts n'a perçu que 119 euros brut supplémentaires par mois en dix ans (+6,2%) contre 131 euros pour les 10% des Français les plus pauvres (+10,5%), 241 euros pour les 10% les plus riches (+6,2%) et 5.426 euros pour les 0,1% les plus riches (+28%) ...]
[...Les 15 % des ménages les plus riches possèdent 55,8 % de l’ensemble du patrimoine...]
15 % d'électeurs auront tout intérêt à revoter pour lui en 2012.
Pour les autres, c'est moins sûr.

Agathe
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note | Tags : économie, pouvoir d'achat, bouclier fiscal
vendredi, 23 octobre 2009
Les 'Nobel', belles, belles comme l'humour !
- 2009 Oliver Williamson et Elinor Ostrom (USA),
- 2008: Paul Krugman (USA),
- 2007: Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson (USA),
- 2006: Edmund Phelps (USA),
- 2005: Robert Aumann (Israël) et Thomas Schelling (USA),
- 2004: Finn Kydland (Norvège) et Edward Prescott (USA),
- 2003: Robert Engle (USA) et Clive Granger (GB),
- 2002: Daniel Kahneman (USA) et Vernon Smith (USA),
- 2001: George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz (USA),
- 2000: James Heckman et Daniel McFadden (USA),
- 1999: Robert Mundell (Canada),
- 1998: Amartya Sen (Inde),
-

- 1997: Robert Merton et Myron Scholes (USA),
- 1996: James Mirrlees (GB) et William Vickrey (USA),
- 1995: Robert Lucas Jr (USA),
- 1994: John Harsanyi et John Nash (USA), et Reinhard Selten (Allemagne),
- 1993: Robert Fogel et Douglas North (USA),
- 1992: Gary Becker (USA),
- 1991: Ronald Coase (GB),
- 1990: Harry Markowitz, William Sharpe et Merton Miller (USA),
- 1989: Trygve Haavelmo (Norvège),
- 1988: Maurice Allais (France),
- 1987: Robert Solow (USA),
- 1986: James Buchanan Jr (USA),
- 1985: Franco Modigliani (USA),
- 1984: Richard Stone (GB),
- 1983: Gerard Debreu (USA),
- 1982: George Stigler (USA),
- 1981: James Tobin (USA),
- 1980: Lawrence Klein (USA),
Tels sont les 47 lauréats du prix Nobel d'économie depuis 29 ans... 36 Américains, 4 Anglais, 1 Canadien, 2 Norvégiens, 1 Allemand, 1 Israélien, 1 Indien et 1 Français. C'est à dire que selon les pantins des jurys du Prix Nobel, 85 % des économistes mondiaux seraient donc américains !
Ne riez pas tout de suite !
Observez auparavant le résultat sur le terrain de l'économie américaine et les résultats désastreux malgré une troncature plus ou moins habile des statistiques pour éviter l'affolement !
Vous vous esclaffez ? Normal !
L'économie des États Unis, malgré cette formidable élite pré-citée, subit une récession considérable consécutive à la crise des sub-primes et à des distributions sans discernement de crédits.
Je ne parle même pas de la Grande Bretagne, hâvre économique paradisiaque et modèle pour la France selon l'auteur de "l'économie faite par les nuls", j'ai nommé le célèbre journaliste et chroniqueur que les médias s'arrachent et que le monde entier nous envie, Sa Suffisante Excellence , professeur "Honoris Causa" du Grand Journal et des Guignols, de Canal +, Jean-Michel Aphatie !
Aussi ne vous raconté-je pas la désespérance vécue dans les chaumières : si on ne peut plus se fier à des experts, vers quel type de civilisation se dirige t-on ? Si l'État américain et les sociétés privées payent des études, des laboratoires, des équipements hors de prix aux Universités prestigieuses des States, les meilleures du monde, vantent sans rire les organismes bidons de notations universitaires aussi pertinentes que leurs homologues financières corrompues jusqu'à la moëlle, pourquoi édifier des campus dorés où quotidiennement des chercheurs en économie se plantent irrémédiablement et quelles solutions nous reste t-il ?
Alors, sans sombrer dans le populisme ( concept ressassé par quelques misérables exégètes de la pensée centriste molle qui fourmillent sur Internet en lançant doctement quelques poncifs éculés, et notion politique inepte à mes yeux puisqu'ielle mène historiquement à l'homme providentiel et au pouvoir personnel ) , une question m'interpelle : Mais bon sang, à quoi servent donc tous ces experts économiques qui ratiocinent, dissèquent, se contredisent, déclament, affirment, condamnent, prévoient, se disputent, triturent les chiffres, sortent des formules alambiquées ?
Dites moi, mes bons amis, n'avez vous pas remarqué que lorsqu'on assiste à leurs joutes, on a parfois l'impression d'assister à un congrès de druides gaulois amateurs de cervoise devisant bruyamment sur les vertus thérapeutiques des boules de gui cueillies par une nuit sans lune, au cri du loup et au hullulement de la chouette ?
Ils sont grotesques, pédants, manquent de distance, en une phrase : ils se discréditent chaque jour davantage !
En fait, je vais vous faire une confidence : bien qu'ils en sachent techniquement bien plus que nous, je crains qu'ils ne soient aussi démunis que nous sur les solutions à apporter ou tout simplement complètement perdus sur le déroulement des crises successives qui nous attendent !
Alors, je me permets d'adresser une supplique à nos amis journalistes et pseudos experts économistes : de grâce relativisez, parlez au conditionnel et surtout restez humbles !
J'en terminerais par une pirouette humoristique : pourquoi ne pas proposer au jury des "Nobel" d'économie, nos illustres incompétents et précieux ridicules tels que Nicolas Baverez ou Jacques Marseille, auxquels nous adjoindrions pour les Nobel de Littérature, nos pitoyables génies caquetants et emplumés des basse-cours médiatiques André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy ou Alain Finkielkraut ?
Au niveau actuel des Prix Nobel, ils le valent bien : notre considération envers le mérite des prix Nobel étant passée du stade de la dynamite à celui du pétard mouillé.
Rajoût de dernière minute : lire l'opinion de Paul Jorion sur les prix Nobel d'économie cet après midi même sur son intervention vidéo dans les dernières minutes : le constat est édifiant !
Amis et ennemis, à après et bonne fin de semaine !
Cui cui fit l'oiseau, gibier à viser sans modération.
06:00 Publié dans Billet d'humeur, Economie, humour, International | Lien permanent | Commentaires (79) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, nobel économie, économie, experts économiques, usa, grande bretagne, aphatie
lundi, 31 août 2009
La spéculation : le dopage du capitalisme ?
Dites les amis ?
L’autre jour, je regardais nonchalamment à la télévision la finale du 100 mètres hommes lors du Championnat du monde d’athlétisme et observait dubitatif ces gros bébés bodybuildés et musclés comme des statues grecques gonflées à l’hélium qui se sont élancés sous les hourras béats de journalistes conquis d’avance.
À l’annonce de la pulvérisation du record du monde (9’’ 58), les commentateurs sportifs, en transes, ont salué la performance d'Usain Bolt, avec moult glorifications, rejetant par avance avec dédain la suspicion de dopage qui, je cite, pourrait casser les rêves de chacun !
Mais le mauvais esprit, que je suis, pisse-froid s’il en est, n’a pas été très convaincu par la « guépardisation » naturelle de l'espèce humaine … Des exploits toujours plus surnaturels, une fuite en avant incessante vers la surpuissance musculaire, des produits dopants de plus en plus performants, toujours autant de gens contrôlés positifs. Bref, tout ceci me met un peu mal à l’aise. Jusqu’où iront ils ?
Et puis samedi, en parcourant des yeux les kiosques des journaux je suis tombé sur cette Une du Figaro : une caricature de titre que je n'aurais même pas osé présenter sur mon pastiche du "Jivaro" tant elle est d'une connerie monumentale ! Imaginez ? L'optimisme retrouvé alors que tous les économistes sérieux appuyent comme des damnés sur le signal d'alarme...
Comment, par la barbichette de la momie de Lénine, peut on être en même temps un homme avisé, informé et un lecteur du Figaro ?
Et brutalement la révélation, que dis je, la grâce a touché ma gracile tête de linotte en faisant le rapprochement entre le niveau des journalistes du Figaro et celui des commentateurs sportifs du championnat du monde d'athlétisme !
Amis, ne voyez vous pas la concordance entre les deux vices que sont le dopage et la spéculation, maux qui minent cette société de l’illusion et du mensonge ?
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Avec le dopage, vous obtenez toujours plus de performances et de gain ; avec la spéculation, plus de performances et de gain en un minimum de temps !
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Avec le dopage, les limites sont vite outrepassées et l’issue peut être fatale ; avec la spéculation lorsque les limites sont franchies vous mettez l’économie en péril !
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Avec le dopage, si un seul compétiteur triche, il rafle tout et les autres sont forcés de recourir à des produits identiques pour accéder au même niveau : avec la spéculation, si une seule banque la pratique ou un seul pays l’autorise, tous les autres sont obligés de suivre pour survivre !
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Avec le dopage, le fric est le moteur principal des participants et des sponsors sans mentionner les problèmes futurs de santé des sportifs, avec la spéculation, le fric facile est l’unique carburant des actionnaires, banquiers sans tenir compte de l'intérêt de la population, des salariés et de la clientèle !
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Le dopage comme la spéculation sont tellement rentrés dans les mœurs des élites sportives et économiques qu'on n'imagine difficilement une société cohérente abandonnant ces sinistres préceptes. Inéluctablement, la spirale infernale enclenchée ne pourra se boucler que par des bouleversements vitaux pour la santé des sportifs et par de réelles catastrophes sociales et humanitaires tant les conservatismes dogmatiques ultra-libéraux, injectés depuis 30 ans dans des cerveaux peu critiques et formatés par l'enseignement, sont tenaces !
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Enfin dernier point commun et non le moindre, avec le dopage, l’idéal du sport, des valeurs humaines, de l’honnêteté et de l’intégrité sont bafoués ; avec la spéculation, ce sont les valeurs du travail, du progrès humain, de la cohésion sociale et de la compétence qui sont foulés aux pieds !
Malgré les cris et les appels de beaucoup, nos gouvernants et ceux qui pèsent font la sourde oreille.
Jusqu’à quand ? Faudra t-il encore créer de nouvelles taxes pour sauver les oligarchies financières ?
Faudra t-il que nous tombions tous dans le gouffre sans fin de la récession pour qu’ils comprennent ?
Il y a de quoi se désespérer.
Citoyens mortifiés par tant de médiocrité et d'égoïsme, croyez moi, vos élites ne vous méritent pas !
Alors, me direz vous ? La spéculation est elle la dope du capitalisme ultra-libéral ? Imaginez qu'on supprime brutalement chez un drogué dépendant, sa dose quotidienne ? À coup sûr, il risquerait un malaise sinon l'embolie ! Et voir le capitalisme financier s'écrouler, terrassé par une crise fatale, amis, vous l'avez bien compris, serait un spectacle bien trop épouvantable pour nos yeux...
C'est pour cette raison que contrairement aux vœux de certains économistes et de beaucoup de citoyens qui souhaiteraient un traitement rapide, la spéculation a encore quelques belles années devant elle, jusqu'à ce qu'une overdose fatale abrège enfin la lente agonie d'un système devenu incohérent et dévastateur !
À après !
Cui cui, la linotte sans influence
06:00 Publié dans Economie, HURLEMENTS, Politique, société, Sport | Lien permanent | Commentaires (97) | Envoyer cette note | Tags : le figaro, ultra-libéralisme, spéculation, dopage, sport, économie, crise, performances
mercredi, 26 août 2009
Petit précis de bourrage de mou à l'intention des dirigeants du G 20.
Hier, comme vous le savez probablement, M. Nicolas Sarkozy, président de la République française a sévèrement admonesté, pour la septième fois, les patrons des banques françaises pour leur attitude exécrable concernant leurs rémunérations
exorbitantes et les bonus extravagants de leurs traders. Posture qui démoralise les salariés ordinaires et pourrait créer les ferments d'une possible révolte sociale.
Les dirigeants bancaires ont fait, pour la septième fois consécutive, amende honorable et ont promis la main sur le cœur, juré, craché, en tout bien, tout honneur - croix de bois, croix de fer, si on ment on va en enfer - de corriger les excès.
Il semble qu'ils aient convaincu, pour la septième fois de suite, le président et une bonne partie de la Presse.
Ce que les médias n'ont pas relevé, c'est que le président français avait reçu de ma main, ce petit résumé dont je vous livre quelques extraits ci-dessous et dont j'ose espérer que vous garderez le caractère de confidentialité indispensable, réservé aux seuls lecteurs privilégiés du Village des NRV.
Merci à vous.
Amis dirigeants de la planète, Vos Majestés, Sires, Mesdames et Messieurs les Présidents et Premiers Ministres et Chers collègues du G 20,
M'étant intronisé récemment coach internationnal, je me suis permis de rédiger modestement, pour votre staff de communication un solide argumentaire pour justifier auprès de l'opinion publique, l'immobilisme nécessaire à votre action face à la crise économique sans perdre votre précieuse position comme tout gouvernant qui a si durement gagné sa place et qui tient à la conserver contre vents et marées durant un minimum d'une dizaine d'années.
Les peuples, par l'intermédiaire d'Internet et d'une certaine presse n'arrêtent point de réclamer à cor et à cri des mesures pour réformer les établissements bancaires alors qu'il convient de reconnaître, nos plus grands experts ne cessant de le clamer, qu'il est nécessaire de persister dans la voie tracée par nos glorieux ainés Ronald Reagan et Margaret Thatcher, instigateurs géniaux de ce libéralisme qui a tant enrichi la planète, cette petite crise ne devant surtout pas modifier le fondement de l'économie de marché auquel nous sommes tant attachés.
Que répondre à des demandes si pressantes ? L'argument imparable à ce genre d'exigence est le suivant : prétextez l'impossibilité de réformer en solitaire car si vous passiez outre, des structures entières, voire des pans de votre économie n'auraient de cesse de quitter un pays dont le gouvernement ingrat aurait eu le malheur de prendre de si funestes décisions ! Si chaque responsable de chaque Nation utilise le même argumentaire, vous obtiendrez la garantie d'une situation bloquée et donc calme pour un certain temps sans que votre responsabilité soit engagée.
Surtout n'hésitez jamais à incriminer et condamner vos pays frontaliers, des territoires antisociaux comme il va se soi, potentielles menaces, aux aguets, prêtes à recevoir en grande pompe les déserteurs de votre économie !
Utilisez le même argument pour l’Europe sociale, pour l’univers mondialisé des entreprises et des bas salaires !

Permettez moi enfin de citer l'exemple de Madame Christine Lagarde, piètre ministre de l'économie en France s'il en est ; elle utilise depuis longtemps ma méthode, et ce, malgré une méconnaissance totale du monde de la finance ; je vous laisse admirer les résultats : elle est toujours vaillante , le sourire aux lèvres, fière de son "action", bien calée à son poste malgré des résultats abracadabrantesquement désastreux tels qu'aucun ministre n'avait jamais connus depuis 50 ans ! Ce qui représente une sacrée performance de sa part et prouve avant tout l'efficacité de ma technique !
Certains gauchistes argueront, avec leur légendaire mauvaise foi, qu'il faut alors négocier avec ses homologues pendant le G 20 afin de prendre des décisions politiques internationales collectives et concrètes.
Surtout, ne vous démontez pas ! Souvenez vous qu'en général, la Presse est de votre côté. Faites vous prendre en photo, de préférence en train de rire ou de sourire avec vos collègues du G 20, embrassez vous, déguisez vous, déclenchez des séances de fous rires, et terminez par un communiqué plein de bonnes intentions, évitez sourtout les dates et les délais, les projets concrets et lors de votre conférence de Presse soulignez avec gravité les gigantesques avancées de ce sommet historique dont vous avez été la cheville ouvrière ! Après vous disposerez de 6 mois supplémentaires de pause pour vous détendre et profiter de vos avantages...
Voilà, Mesdames et Messieurs, deux petits conseils qui vous donneront envie, du moins je l'espère, d'en connaître davantage sur ma méthode pour rendre vos populations plus modelables et plus aptes à franchir les difficiles caps économiques qui nous attendent.
Permettez moi enfin d'adresser mes sincères félicitations à vos communicants qui parviennent à faire passer un médiocre pour un génie, un immobiliste bavard et agité pour un activiste forcené et une démocratie élective moderne pour un système politique où chaque citoyen pèse...
Daignez recevoir, Vos Majestés, Sires, Mesdames et Messieurs les Présidents et Premiers Ministres, de l'infâme vermisseau qui s'est permis de vous apostropher, sa dévotion déférente et éternelle.
L'inénarrable Cui cui fit l'oiseau, inéluctable conseil en communication, à n'en point douter.
06:00 Publié dans Economie, humour, International, Médias, Politique | Lien permanent | Commentaires (118) | Envoyer cette note | Tags : économie, nicolas sarkozy, bonus, banques, g20, réformes, christine lagarde, crise financière
lundi, 06 juillet 2009
L'année 2009 : le règne des succubes et des elfes noirs ?
Amis lecteurs,
Vous qui avez été nourris au lait des valeurs républicaines ou même religieuses, je comprends votre désarroi !
Depuis un couple d'années, vos idéaux, tels que l'égalité, la solidarité, la rectitude, l'honnêteté, la fraternité, l'intelligence, la fidélité à ses idées, la loyauté, la compétence, le mérite sont devenus caducs au bénéfice d'une amoralité, voire d'une immoralité décomplexée. Sont apparues les nouvelles valeurs liges d'une société où l'argent facilement gagné, la corruption, la spéculation, la mise en place d'oligarchies, la cupidité, le mépris du peuple, l'égoïsme, le copinage, les excès du pouvoir personnel, l'élitisme, la cooptation, le chacun pour soi, la malhonnêteté, la déférence, la lâcheté, la récompense des traîtres, représentent désormais les nouveaux repères d'une société française déboussolée.
La planète tourne t-elle à l'envers ?
Comment des élus aussi contestables que Jean-Paul Alduy et Patrick Balkany peuvent ils être si triomphalement réélus ?
Comment des Lois rejetées (Hadopi, travail du dimanche) peuvent se retrouver sans cesse remises à l'ouvrage ?
Comment les résultats d'un référendum populaire peuvent-il passer par pertes et profits sans l'ombre d'un remord ?
Comment les profiteurs d'un libéralisme financier si contesté et si destructeur, peuvent-il poursuivre leurs errements en toute impunité ?
Comment des transfuges et des traîtres peuvent ils être autant célébrés ?
Comment les gouvernements peuvent ils accepter de verser autant d'aides aux banquiers sans contrepartie ?
Comment le parti au pouvoir peut il gagner les élections européennes malgré de si monstrueux échecs ?
Comment un président si ouvertement manipulateur, bonimenteur, peu scrupuleux parvient il à conserver une majorité de partisans ?
Comment la jouissance, l'ambition et l'individualisme ont t-ils pu remplacer si aisément les idéaux de la République ?
Comment des valeurs telles que l'argent, la notoriété et la richesse ont t-elles pu devenir l'étendard de toute réussite personnelle ?
Comment et pourquoi les médias parviennent ils à manipuler si facilement l'opinion ?
Existe t-il encore une moralité, un sens critique, ou des éclairs de lucidité chez nos compatriotes ?
L'heure est grave.
Républicains naïfs, citoyens endormis, Français trompés, Américains spoliés, Anglais ridiculisés, Allemands embobinés, il est enfin temps d'inventer une nouvelle forme de résistance.
Réfléchissez y pendant vos vacances estivales, allongés sur vos transats, un verre de soda avec une paille à la main, bien protégé à l'ombre d'un parasol, la plage de sable brûlant à proximité, car au retour, nul doute que les forces des ténèbres auront encore accru leur emprise et que le monde que vous retrouverez sera encore plus glacial...
"Errare humanum est, persevare diabolicum" ; "« Il est humain de se tromper, persévérer [dans l’erreur] est diabolique »".
Amis de la passivité bovine, de la dérision stérile et de l'ironie impuissante, faites comme moi : attendez sagement que le système s'écroule comme un chateau de cartes, préparez votre armure pour vous protéger car vous serez de toutes les manières les premiers ensevelis et broyés !
Il ne fallait pas l'inviter... Poils au nez.
Car nous sommes tous cocus... Poils au c...
Bonnes vacances aux militants de la transhumance estivale. Une pensée émue pour les autres, qui, comme moi, restent tout l'été à travailler.
À après !
PS : je n'ignore pas que les succubes sont des démons femelles, mais dans un souci d'éviter toute discrimination positive, je les ai masculinisées.
Cui cui, le charognard ricanant.
06:00 Publié dans Banque d'images, Billet d'humeur, humour, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : économie, crise, année 2009, diable, la cène, traîtres, succubes, elfes noirs, denis olivennes, jean daniel, laurent joffrin
lundi, 15 juin 2009
Déconnomots, un exemple parmi tant d'autres

Les montants en circulation pour les transferts de joueurs Cristiano Ronaldo, Kaka, Villa … Et ceux à venir s'ajoutent aux injections de milliards dans les banques et sociétés à sauver (en pure perte pour certaines entreprises).
Ces chiffres vertigineux donnent le tournis par leur côté abstrait tout autant que la déclaration de la situation de faillite annoncée par M. Fillon aux premières heures de sa gouvernance ou encore l'abyssale crise financière mondiale.
Cette entrée en matière sur l'état des finances posait les efforts à consentir par les français.
Dans le même temps, le monde entier tirait la sonnette d'alarme (ce monde se compose de l'Europe et des USA en « géographie financière »).
L'argent généré d'un côté est dépensé en pure perte. « La communication » autour de la moralisation financière n'a même pas été évoquée pour le football (et autre sport à haute valeur ajoutée financière). Il ne s'agissait bien sûr que d'un discours réactif pour apaiser une opinion dont le spectacle des parachutes et autres dotations aurait été susceptible de la sortir de son abattement contrôlé.
Le choix des termes est une réponse à la hauteur de la solution apportée, la sémantique.
Samedi soir, chez Urbain, un acteur de la Banque Mondiale m'a parlé de « La loi de Pareto » dont j'ignorais le nom tout en ayant une connaissance du principe.
80 % de crétins qui travaillent ou crèvent pour 20 % qui en profitent
Les économies se feront toujours sur le dos des 80 %.
Rapporté au monde, ça fait beaucoup trop de cons* ...

Agathe
* me included
06:00 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (127) | Envoyer cette note | Tags : argent, foot, économie, pareto
vendredi, 12 juin 2009
Politique et économie : plus ça change, moins ça change…
Dites les amis ? Ne nous prendrait on pas pour des billes par hasard ?
Voilà une dizaine de mois qu'est apparue la crise économique du siècle - nous disait on - les Présidents et Ministres de tous les pays occidentaux nous promettaient des réformes monstrueuses, un rééquilibrage des richesses dans le monde, un arrêt des pratiques financières scandaleuses, la fin de la spéculation, la mise au pas des banques, la suppression des paradis fiscaux, la mise au ban d’un capitalisme inégalitaire et inique.
Bref ! On nous promettait une révolution économique et structurelle, un bouleversement des mentalités, l’abolition du libéralisme financier sauvage et de ses pratiques indignes. Et j'en passe et des meilleures !

Nicolas Sarkozy se situait à la pointe dans ce discours semi révolutionnaire. Lui qui se vantait d’être le réformateur du capitalisme financier : et certains de le croire… Pauvres naïfs !
Puis on a découvert un premier magistrat qui allait sauver nos emplois partout ou la crise exerçait ses ravages : et certains d’espérer…. Pauvres niais !
Puis notre chef suprême nous a promis l’égalité des chances : et certains d’applaudir… Pauvres imbéciles !
Puis le chef de l’état qui déclare se saisir du problème des banlieues : et certains de s’enthousiasmer… Pauvres nigauds !
Désormais le Président se saisit de la question écologique : et certains de hurler de joie… Pauvres crédules !
Quel admirable comédien ! Capable d'enfiler toutes les casquettes, de promettre tout et son contraire, de grapiller des idées partout et de les lancer sous son label en sachant qu'elles ne seront jamais mises en chantier.
Une petite partie du peuple le suit, mobilisée et hypnotisée comme jamais, elle franchira le rubicon avec lui, quoi qu’il fasse et pourtant ce président est largement minoritaire dans notre pays si on fait le décompte précis des voix.
Indéniablement, c’est un bateleur exaltant : il me rappelle certains vendeurs démonstrateurs que je côtoie sur les marchés, ceux-ci vendent parfois des objets dont on ne saisit pas très bien l’utilité, mais qui grâce à un bagout décomplexé et à un argumentaire inouï , vous paraissent absolument nécessaires et indispensables. Forcément, vous vous laissez tenter malgré un prix un peu prohibitif et vous l’emmenez chez vous, pressé de l’essayer. Vous ouvrez la boîte, branchez l’appareil et bien sûr, celui ci tombe en panne trois jours plus tard.
Inutile de retourner au marché car le colporteur ne reviendra jamais. Et pour cause !
Mais dans notre cas, le bonimenteur Sarkozy reviendra en 2012. Il sera tellement convaincant, autocritique sur ses échecs, des trémolos dans la voix, les larmes aux yeux, promettant de faire mieux grâce à son expérience passée, qu’il parviendra à refourguer sa came pourrie aux mêmes qui l'ont cru il y a deux ans…
La naïveté, la crédulité et le sentimentalisme bêlant des citoyens sont incommensurables.
Décidément dans ce monde fluctuant, plus les situations empirent, moins les doctrines et les hommes changent !
CQFD. Ce qu'il fallait démontrer.
Inutile de se voiler la face : les dirigeants occidentaux et les élites mondiales sont en train de rouler les populations dans la sciure. Y compris Obama et ses parlementaires pour le peuple américain ! Les réformes annoncées n'auront jamais lieu, tout au plus quelques timides replâtrages ou maquillages capables de transformer un système vermoulu, rongé par les inégalités sociales et la corruption en un dispositif mu par les mêmes ressorts mais habillé d'une respectabilité juvénile louée par la propagande médiatique internationale.
Une chose est pourtant établie, amis de gauche et de droite épris de justice : malgré les déclarations fracassantes de certains philosophes et économistes, croyez moi, le Grand Soir n'est pas pour demain !
Poils aux mains.
À après.
Poils à la raie.
Cui cui, oiseau de mauvais augure.
06:00 Publié dans Banque d'images, Billet d'humeur, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : écologie, économie, libéralisme, révolution, sarkozy, arthus bertrand, mamère, lipietz, cohn bendit
mercredi, 17 décembre 2008
Clairvoyance
Le site de 20 minutes a dernièrement établi une recension assez exhaustive des oracles de Mme Le Ministre de l’économie de notre bel hexagone désormais décomplexé et bouffonnant, j’en ai extrait quelques scolies majeures :
17 août 2007, conférence de presse
«L’économie française repose sur des fondamentaux qui sont solides [...] Je ne conçois pas aujourd'hui de contamination à l'économie mondiale. »
17 août 2007, dans «Le Parisien»
«Ce n'est pas un krach [...] Nous assistons aujourd'hui à un ajustement [...] une correction financière, certes brutale mais prévisible. »
5 novembre 2007 sur «Europe 1»
«La crise de l'immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d'effet sur l'économie réelle américaine. Il n'y a pas de raisons de penser qu'on aura un effet sur l'économie réelle française. »
18 décembre 2007, sur «France-Inter. »
« [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d'une grande crise économique. »
22 janvier 2008, sur «Europe 1. »
«[Un krach?] Il faut éviter les mots spectres, les mots angoisse comme ça [...] Je crois qu'on a observé une correction brutale sur les marchés asiatiques, européens dans la foulée. »
10 février 2008, au G7 au Japon
«Nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l'Europe. »
11 février 2008, dans «Le Figaro. »
«Si les États-Unis devaient éviter la récession, leur croissance sera toutefois très faible. L'Europe sera elle aussi touchée. »
26 mars 2008, conférence de presse
«L'environnement international est difficile […] La volatilité actuelle des taux de change et le niveau du dollar sont un risque pour notre croissance. »
15 septembre 2008, sur «Europe 1»
«L'ensemble des autorités bancaires, le Trésor, les banques centrales se sont concertées pendant plusieurs jours, les mécanismes sont en place, il n'y a pas panique à bord»
16 septembre 2008, conférence de presse
«[La crise aura] des effets sur l'emploi et sur le chômage [pour l’heure] ni avérés ni chiffrables. »
20 septembre 2008, conférence de presse
«Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous. »
Cette remarquable plasticité prévisionnelle, arme de conviction massive mise par notre experte économique au service de l’hyperpolitique économique de notre histrionnant président, a déjà suscité beaucoup de commentaires et d’interrogations.
Chers NRV, justement exigeants en matière de clairvoyance en ces temps économiques troublés et incertains, sachez qu’au prix d’une enquête scrupuleuse, au fin fond des plus obscurs cabinets ( ministériels), club très fermés et soirées d’initiés, où se coudoyaient des Elie Couenne, quatremerdes, renegattali, titi-pastré et sylvestre le rat, et avec eux la totalité des pointures de la sphère économico savante, je pense être en mesure de vous apporter une réponse aussi étonnante que rassurante : Mme la Ministre dispose d’une redoutable concentration de moyens, issus de l’intelligence collective de tous ces éminents contributeurs, conjugués en une pratique multi-quotidienne d’une remarquable effi-science .
J’ai eu la chance d’assister à une de ces étonnantes séances de synthèse prévisionnelle, au moment crucial et décisif où Mme La Ministre, après avoir congédié son aréopage de conseillers, considère une dernière fois, avec le discernement glaçant de celle qui sait, la substantifique moelle de ce divers encore confus qu’elle seule va pouvoir ordonner en un message clair et cohérent :
Le texte de la Pronostication :
(avant reformatage et éclaicissement requis à la profération devant la grande presse de gens de lettres et moult gazetiers, ci-devant le palais du Monarque nain des gaules).
Et devers le commencement se feront nouvelles assemblées, grandes & horribles incursions & tumultes belliques aux quatre parties de nostre monde, de façon qu'on cuidera le siecle du triumvirat Romain estre de retour, mais parmi les Goths aussi bien.
Devers le païs maritime tant oriental qu'occidental, mesmes en lieux terrestres non grandement eslongnez des monts Apennins, la gent estrange fera telle incursion, que l'on doubtera qu'Annibal ne soit retourné en son fief d’outre atlante aux fins d’infinies destructions dont pâtiront tous ceux qui le gnome Gaulois suivront en ses manigances .
Le mal de costé durera jusques à la fin de l'hiver, avec mal des yeux, comprenant une partie du printemps, apportant la ruine & mort de quelques grands personnages de grande & irréparable plainte, à sacs de riz et graines arachidiques, et dame engrossée de sires méconnus tant d'humaine que brutale procréation, et au grand préjudice d’icelle .
Non comprenant comme par fausse intelligence, par aguets & embûches seront surpris ceux qui par trop téméraire crédulité auront donné foy à leurs ennemis.

Urbain
06:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (49) | Envoyer cette note | Tags : revue de presse, économie, tout et son contraire, lagarde en vrac
jeudi, 17 avril 2008
Cet article est gratuit (ou presque)

« La logique, c'est l'argent de l'esprit. »
Marx
« Les idées, aussi radicales soient-elles, ne transportent pas avec elles leurs conditions d'efficacité. »
Hayek
« Je te do-o-onne. »
JJ Goldman
Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired, dans un article récent « Free! Why $0.00 Is the Future of Business », prétendument décapant, affirme l'inéluctable devenir « gratuit » de l'industrie culturelle à l'ère du numérique. Ainsi, Anderson affirme-t-il : "Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité." L'éditorialiste énumère alors quelques modèles économiques, basés sur une certaine forme de gratuité. Le « freemium », version gratuite d’un logiciel ou accès restreint à un service, est proposé également en version complète et payante. Les « subventions croisées », un produit étant proposé gratuitement mais portant en lui-même l’incitation à acquérir sa « part manquante » (le téléphone gratuit mais l’abonnement payant.) « L’économie du don », « le coût marginal nul » et autres modes de financement sont ainsi évoqués. Il s’agit donc, dans cette « nouvelle » géographie du business, de générer des niches profitables dans un paysage apparemment dénué de sentiment marchand. Le modèle classique de l’échange marchand, simple, produit contre rétribution, se voit alors surpassé par un réseau complexe dans lequel des « îlots » de profitabilité attendent l’individu dans sa déambulation. Dans une économie de la gratuité (donc de l’abondance), la rareté devient l’argent, le temps, la fidélité du consommateur et c’est cette rareté qu’il convient de capter. Anderson : « Le monde du gratuit a pour objet de capter ces nouvelles raretés, au nom d’un modèle d’affaires qui sera identifié par la suite. »
On peut également évoquer l’article de Kevin Kelly, « Better Than Free », qui appréhende Internet comme une machine à copier, donc à produire de la gratuité. L’enjeu est alors de générer de « l’incopiable », une richesse particulière qui puisse être vendable. Il dégage ainsi 8 valeurs incopiables qu’il appelle « génératrices.» Kelly : « En réalité, ce sont 8 choses qui sont mieux que gratuit. 8 valeurs incopiables. Appelons-les « génératrices.» Une valeur génératrice est une qualité ou un attribut qui doit être généré, cultivé, entretenu. Une génératrice ne peut être copiée, clonée, contrefaite ou reproduite. Elle est unique, à un endroit donné, à un instant t. Dans le domaine numérique, les qualités génératrices ajoutent de la valeur aux copies gratuites et sont donc quelque chose pouvant être vendu.»
On pourra aussi, éventuellement, lire ce « Les différents modèles économiques, ou modèles d'affaires, utilisés par les logiciels libres » ici :
Nous voyons bien qu’il s’agit de développer des modèles de rentabilité dans ce qu’il est coutumier de nommer « le capitalisme cognitif.» L’idée de profit, de rentabilité n’est en rien expulsée mais demeure, plus que jamais, comme moteur et comme modèle d’organisation.
Mais on pourrait également considérer la gratuité comme un animal qui avance, avale tout, comme un horizon. Le bouleversement ne serait pas de dégager de la « profitabilité » dans la marche du progrès technique, dans la baisse des coûts de production mais simplement d’anéantir le rapport marchand. La gratuité généralisée et irréductible. L’objet n’est ni vendu, ni échangé contre un autre, ni donné, ni cédé, il est disponible. Il est à saisir, c'est sa « nature. ».
Il va de soi que la notion, l'idée de travail en est bouleversée. Le travail se pose comme ce qui lie les individus au temps. La production d'objets manufacturés autant que l'élaboration de formes d'art ou la prise de parole s'intègrent dans « l'emploi » du temps (du temps de l'emploi à l'emploi du temps), dans ce que l'on fait de ce temps qui coule et dans quelle mesure il est possible de le détourner.
Le rapport au bien, matériel ou immatériel, sans médiation (ou plus exactement un renouvellement de la médiation de par la désintégration du truchement marchand), peut logiquement créer une raréfaction des ressources, finalement une annihilation des conditions d'apparition de la chose-même. Le véritable « monde du gratuit » ne capte pas la rareté, « l’incopiable » à des fins de commerce, mais a comme dessein d’écarter la rareté, de réévaluer la question de l'entropie. En somme, d'élaborer une relation renouvelée à la nature. Ce déplacement de la médiation entre l'individu et l'objet vers une reformulation du rapport entre nature et société ne peut s'inscrire que dans une (des) politique(s) de la nature.
Ce déplacement/dépassement vise à surmonter le dualisme nature/politique (les faits et les valeurs). Il s'agit de voir la nature « s'engager en politique. » C'est la construction d'un monde commun, une installation gigantesque, qui s'affirme, engageant social et sciences, nature et éthique, et dynamique ; dynamique dans le sens où ça bouge, crée des liens et les défait, se confronte.
En somme, la constitution d'un Collectif, pour reprendre le mot de Bruno Latour.
Un seul monde ; vraiment.
Ni vraiment un, ni vraiment tout. Grouillant, aux contours mouvants, sans cesse perturbé par les actants, humains et non-humains.
Liens convergents, divergents...
http://infokiosques.net/IMG/pdf/Marx-CaractFeticheMarchandise.pdf
http://www.petersloterdijk.net/french/
http://www.centerparcs.fr/FR/FR/accueil
f (for free)

17:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (169) | Envoyer cette note | Tags : gratuité, Anderson, entropie, Latour, économie, monde










