mercredi, 10 mars 2010
Démocratie et désillusions
Chacun de vous aura pu constater la désaffection des citoyens à l'endroit des prochaines élections régionales. Je suis même prêt à parier que ce scrutin ne mobilisera, à tout casser, qu'un maximum de 45 % du corps électoral...
Amis, faut il en rire ou en pleurer ? À vrai dire, je m'en balance royalement !
Ce désintérêt méprisant envers la politique telle qu'elle est conçue actuellement trouve ses racines dans les quelques récriminations qu'il m'est souvent arrivé d'entendre et que les élites ont bien du mal à percevoir, sûres de détenir LA vérité .
Hélas. Mille fois hélas !
- Le premier reproche fait par nos concitoyens à leurs dirigeants politiques est le mensonge. Les promesses électorales factices, les annonces mille fois démenties, le baratin dont l'expert est le chef d'état actuel, les faux fuyants, l'absence d'idées, les programmes tronqués : tout est bon pour se faire élire... Et qu'importe la suite.
- La seconde critique concerne la professionnalisation de la politique. Voir des gens comme Jacques Chirac et des centaines d'autres s'accrocher au pouvoir national ou régional comme des morpions à des poils de cul devient pathétique. Pensez que ce triste sire a habité voire pollué la vie politique du citoyen ordinaire pendant plus de 50 ans ! Quelle plaie !
Vous appelez ce phénomène, la démocratie ?
Moi pas.
Et maintenant Sarkozy, Fillon, Balkany, Estrosi, Frèche, Le Pen, Cohn Bendit, Bayrou, DSK, Fabius, Besancenot, Huchon !
Vous n'en n'avez pas marre, vous, de tous ces clones permanents ? De ce défilé interminable d'ambitions éternelles aux visages identiques années après années, de cette ronde d"égos octogénaires, de cette procession de carriéristes perpétuels ? Pas marre des Hollande imputrescibles, des Frèche mathusalémiens, des Bachelots députées à vie, des Le Pen de père en filles, des Voynet accrochées à leurs mandats, des Charasse increvables et j'en passe des milliers !
Qui n'étouffe pas un rire chagrin quand il entend tel leader politique comme ces malades du Pouvoir, addicts à la toute-puissance que sont Copé, Villepin ou Bayrou, déclarer, des trémolos dans la voix, qu'ils souhaitent se consacrer corps et âme, à la Nation pour notre bien ?
- Le troisième et dernier grief imputé aux dirigeants politiques est leur impuissance chronique à changer les tares du système, quand bien même leur bonne foi ne serait pas mise en doute ! Quid des chefs d'états et de gouvernements occidentaux face à la dérégulation mondiale et à l'omniprésence des financiers et des grands industriels ?
Quid d'Obama et son inefficacité croissante ? Qui gouverne réellement ce bas monde ? Je l'ignore mais ce dont je suis bien certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'élus.
Quand un homme de droite prend le pouvoir, la plupart des médias sont derrière lui, les élites, travaillées depuis leur prime jeunesse par un enseignement complètement dévoué à l'idéologie libérale également : son parcours devient une promenade de santé.
Un dirigeant de gauche est obligé d'imposer pas à pas des mesures qui vont à l'encontre des idées dominantes.
On ne gagnera pas d'un claquement de doigt, un combat en faveur de la gauche après 50 ans de dictature idéologique de la droite libérale. La propagande a formaté les esprits depuis trop longtemps et est même parvenue à influencer une bonne partie du Parti Socialiste.
Amis, on sent bien que le vieux système de démocratie représentative qui ne représente en réalité plus grand monde est à bout de souffle : il crèvera faute d'électeurs. Qui retrouve ses sentiments personnels à travers son député ? Personne ! Il est temps que le plus grand nombre s'exprime directement, non plus à travers des individus aux ambitions carriéristes essentiellement motivés par l'attrait du pouvoir, le besoin de notoriété et de puissance et qui n'expriment par la suite que leurs propres opinions ou celles de leur Parti, mais dans un très large éventail de citoyens décisionnaires.
Mais ce que je dis, comme d'habitude, n'a vraiment strictement aucune importance, juste celle de passer le temps...
Comme le déclarait Oscar Wilde : " Le progrès n'est que l'accomplissement des utopies "
Pourquoi pas ?
Lectrices et Lecteurs bien-aimés, à après !
Cui cui, la buse désabusée
06:00 Publié dans Billet d'humeur, HURLEMENTS, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : élection régionale, politique, crise de confiance, utopie, démocratie représentative, professionnalisation de la politique
lundi, 01 mars 2010
Quand la démocratie américaine devient l'embryon d'une oligarchie commerciale.
Ami(e)s du village,
Figurez vous qu'en consultant le quotidien "Libération" du samedi 23 et Dimanche 24 janvier, je suis tombé sur un article de la correspondante à Washington, Lorraine Millot, concernant une décision de la Cour Suprême des USA et rendue jeudi 21 janvier 2010.
Tenez vous bien à votre chaise ou accrochez vous aux lianes environnantes : Cette Cour, par 5 voix contre 4, a levé, je cite, "la plupart des restrictions financières qui pesaient sur les entreprises pour limiter leur poids dans les campagnes électorales."
Voilà pour la décision qui me semble complètement passé inaperçu dans notre Pays.
Et pourtant, le retentissement et les implications risquent de devenir considérables pour l'équilibre mondial !
Voilà ce que cela signifie dans la pratique et comme chacun sait, en politique, seul le concret compte : n'importe quelle entreprise pourra désormais soutenir sans limite un candidat au Sénat, à la Chambre des Représentants, ou même les gouverneurs des États grâce à des centaines de spots publicitaires diffusés sur la télévision aux frais de l'entreprise qui les coachera, et ce, au sacro-saint prétexte de la liberté d'expression, qui, en ce cas précis, agira en réalité contre cette même liberté de conscience !
Vous avez bien compris qu'il s'agit d'une porte ouverte à la corruption et à la puissance du lobbying !
Ainsi, des entreprises très puissantes financièrement, comme des banques, des multi-nationales, de grands groupes pourront soutenir et entretenir des écuries (comment les appeler les autrement) de parlementaires, qui, fatalement, lors de discussions de Lois mettant en cause les Sociétés concernées voudront rendre à leurs mentors, par leur vote, la reconnaissance de leur soutien ventral.
Vous aurez désormais, les candidats de Wall Street, de Coca Cola côtoyant ceux de Pepsi, ceux de Général Motors, ceux des banques, pire, les élus des groupes d'armement, compagnies pétrolières, et autres entreprises stratégiquement essentielles comme Monsanto. Ces représentants "pré-élu" du peuple, deviendront en réalité des avocats commerciaux des intérêtrs de leurs entreprises car chacun sait bien ici, qu'un budget électoral gigantesque peut faire élire une chèvre dans le système (si peu) démocratique et (si faiblement) représentatif actuel des pays qu'on appelle plaisamment "libres". Système politique qui apparaît à de plus en plus de citoyens comme un vague simulacre où les résultats sont biaisés d'avance et la parole confisquée au peuple !
Imaginez une transposition future à notre pays où les députés "Dassault" ou "Bouygues" ou même les lobbies des laboratoires pharmaceutiques soutenus par le Figaro et TF1 feront voter un budget militaire équipant nos armées avec leur matériel ou l'élaboration d'infrastructures immobilières et médiatiques favorisant leurs entreprises, ou soudoieront les autorités pour promouvoir leurs vaccins ?
En France et en Europe, pas la peine de payer les campagnes électorales de nos politiques, me chuchotez vous ?
Ah merde ! Ça existe déjà ? Non. Mais cela revient au même...
Au temps pour moi. Où avais je la tête ? J'avais oublié un bref instant que la politique n'était pas élaborée par le Citoyen pour l'intérêt général.
Humour, quand tu nous tiens !
Je rattrape mon retard d'écriture. À après, les gens, sachez je suis vraiment heureux de vous retrouver.
"Cui cui", fit l'oiseau, faute de savoir dire autre chose pour vous alerter.
06:00 Publié dans HURLEMENTS, International, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (62) | Envoyer cette note | Tags : usa, cour suprême, loi électorale, financement campagnes électorales, lobbying, corruption, oligarchie commerciale
mercredi, 13 janvier 2010
French gag : un grand patron de presse renonce par conviction aux subventions gouvernementales !
Monsieur Serge Lassault lance
un vibrant appel pour que les
patrons de la presse libérale
refusent des subventions
d'essence collectiviste

Photo et décors choisis par Étienne Courgeotte, rédacteur en Chef.
Assisté par Messieurs Yves Tétard, Ivan Roufiol, Michou Brézé et Yves de Keldrol.
Interview menée par Étienne Courgeotte.
É.C : Mes respects, Monsieur le Président Serge Lassault, vous avez donc décidé de refuser les subventions de l'État versées pour l'aide à la presse quotidienne ainsi que pour les sites Web qui dépendent de votre groupe "par conviction libérale" dîtes vous, pourriez vous expliciter vos propos ?
S.L : En effet ! Figurez vous qu'hier matin, tandis que mon barbier, me rasait, et ma manucure soignait mes mains, une brutale illumination spirituelle a éclairé mon cerveau. Mais bon Dieu, me suis je dit, nous, patrons de presse, apôtres radicaux de l'économie de marché, avons l'estomac de recevoir des subsides d'un État omniprésent alors que nous n'avons de cesse de combattre par tous nos moyens de propagande le collectivisme rampant qui pourrit notre pays ! Cette évidence m'a sauté aux yeux !
É.C : Et pourtant, Monsieur le Président directeur général, cette situation dure depuis la libération. Ce sont des sommes considérables qui ont aidé la presse à survivre. Peut-être que nous autres journalistes sommes là grâce à ces subventions...
S.L : Je conçois cette situation car, en temps que marchand d'armes, je sais combien l'argent n'a pas d'odeur. Toutefois dans un geste d'émancipation unique dans l'histoire du capitalisme français, j'ai décidé de refuser ces sommes qui pervertissent notre combat pour la libre entreprise, la mondialisation, la concurrence assumée, la loi du marché ! Se tournant vers les journalistes. Et vous Messieurs me suivrez vous ?
Les journalistes : Oh oui Monsieur le Directeur ! Oh oui ! Les échines sont courbés, les regards torves, les sourires forcés.
É.C : Mais cette mesure - euh - révolutionnaire si j'ose m'exprimer ainsi, même si je déteste ce terme, ne risque t-elle pas de désorganiser nos - euh - services ?
S.L : Bien entendu, dans un premier temps, certains sacrifices devront être consentis par nos braves journalistes ici présents mais je ne doute pas que pour faire triompher leurs idées libérales, ils ne consentent point à donner l'exemple ! S'adressant à eux. N'est ce pas mes chers amis ?
Les journalistes : Mollement. Euh mouais, Monsieur le Président Directeur Général. oui... Oui...
S.L : Dans un premier temps, il nous faudra comprimer fortement la masse salariale pour rester compétitif...
On entend un choc. Ivan Roufiol et Yves Tétard viennent de perdre connaissance. La sécurité s'efforce de les faire revenir à eux. L'interview continue. Les masques sont hagards et la sueur coule comme un torrent sur tous les visages...
S.L : J'envisage également de porter le prix du quotidien à 3,60 €. Et pour la promotion, de joindre les oeuvres complètes d'André Glucksmann en CD avec peut-être en prime le DVD d'un film de Rohmer ? Qu'en pensez vous, Étienne ?
É.C : La voix blanche, le rédacteur en chef avale une pillule et engloutit un verre d'eau en tremblotant. Très bien, Monsieur le Président...
S.L : Vous rendez vous compte mes chers journalistes, pour la première fois dans ce pays, NOUS, les missionnaires du libre marché, allons prouver que l'instauration d'une véritable société capitaliste est viable. Vous, mes amis qui chantiez dans vos articles les psaumes de la libre entreprise et stigmatisiez les ravages du bolchevisme, allez pouvoir enfin vivre le bonheur de joindre vos actes à vos paroles ! Tels des pèlerins du 21ème siècle, nous allons montrer notre joie de propager nos idées à l'assaut d'un pays de paresseux et d'assistés. Un silence. Se tournant vers la porte de gauche, Serge Lassault appelle un mystérieux inconnu. Monsieur Piao Lin, s'il vous plait ! Un jeune asiatique apparaît souriant. Messieurs, permettez moi de vous présenter votre futur rédacteur en chef adjoint, Monsieur Piao Lin qui a accepté pour 1200 € mensuels de prendre la responsabilité du journal.
Un vacarme assourdissant se fit entendre, les corps sans vie de journalistes, secoués par l'émotion s'écroulèrent. Ce jour là on compta au sein de la rédaction du Jivaro, pas moins de 3 morts. Deux journalistes se retrouvèrent en réanimation.
La tempête médiatique soulevée se révéla non moins dévastatrice : une manifestation de patrons de presse ; avec Monsieur Arnaud Lagardère à sa tête, à laquelle se joignirent les PDG des grands groupes automobiles français et une délégation du MEDEF ; défila devant l'Assemblée Nationale en réclamant le maintien des subventions publiques.
La morale de cette histoire ? C'est que lorsque les journalistes du Figaro, du Monde, de Libération vous serinent leur morale et leur idéologie, dîtes vous bien qu'ils sont partiellement payés grâce aux fonds publics et donc par nous mêmes, contribuables. Ce qui restreint grandement et symboliquement la portée de leurs prêches ultra-libéraux !
Gentils lecteurs du Village des NRV, décidément cette année 2010 parait bien mal entamée ! Que la providence vous garde !
Je me permets à l'occasion de ce billet de vous conseiller 2 blogs, Donjipez, journaliste qui m'a inspiré l'idée de ce billet et l'excellentissime TGB rue-affre, pétri d'imagination et de talent, qui se révèle souvent comme un modèle de créativité.
Amis de cui cui, à après si vous condescendez à nous aider un peu en rédigeant quelques billets...
Cui cui, l'oiseau imaginateur solitaire
06:00 Publié dans Economie, humour, Médias, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (78) | Envoyer cette note | Tags : serge dassault, le figaro, subventions à la presse, déficit, presse libérale, collectivisme
lundi, 11 janvier 2010
Anticipation et humour : la sécurité aérienne en 2012.
Ce billet est un réglement fictif qui se veut le prolongement ironique des mesures de plus en plus coercitives prises par des autorités gouvernementales paranoïaques à l'égard du transport aérien.
Mercredi 11 janvier 2012

Cher client,
Vous avez choisi notre compagnie pour vous rendre à New York : nous vous remercions de votre confiance.
Conformément aux réglementations en vigueur pour le respect de la sécurité aérienne, nous vous rappelons les précautions à prendre avant et pendant votre voyage selon les normes en vigueur.
- 1) 24 heures avant l’heure du départ, vous devez rester à jeun : en effet, afin de conserver un appareil digestif vide - certains terroristes pourraient ingérer du liquide explosif - 6 comprimés de laxatyl © seront fournis par la compagnie afin de vous purger complètement. Une radiographie de l’appareil digestif sera obligatoirement effectuée à chaque embarquement au même titre que le passage au scanner. Tout passager possédant un appareil digestif non vidé se verra refuser l'accès à nos aéronefs.
- 2) Toutes les prothèses mammaires, sexuelles, organiques, digitales, ongulaires, oculaires, capilaires, dentaires et autres membres artificiels devront être impérativement déclarées sous peine de résiliation du trajet et possibilité de recours judiciaires à l'encontre des contrevenants.

- 3) Votre présence est obligatoire 4 heures avant le départ ; un tri entre passagers sera effectué par les forces de sécurité en fonction de critères confidentiels. La totalité des objets personnels contenus dans vos poches seront mis sous scellés et enfermés dans un coffre. Tout refus sera sanctionné par une annulation pure et simple du voyage. Un quotient de risque et de danger potentiel (de 1 à 3) vous sera octroyé par la Sécurité. De 1 : faible danger à 3 : péril possible. Un scaphandre différent résistant à une pression explosive intérieure de 300 bars sera remis à chaque voyageur doté d'une évaluation de risque 3.

- 4) Après contrôles, un vestiaire sera mis à votre disposition pour enfiler la nouvelle combinaison anti-explosifs ; destinée à contenir la pression exercée par une déflagration interne ; que devra nécessairement revêtir chaque passager en fonction de la classe de son voyage et du degré de risque évalué par la Sécurité des Aéroports. Nous rappelons que ces combinaisons sont munies d'un casque intégral étanche et fermé à clé avec ventilation d'oxygène plus ou moins enrichi selon les classes et distribution de nourritures liquides et boissons fraîches ainsi qu'écouteurs et radio. Une poche à vessie et à matières fécales désodorisée est associée au pantalon de la combinaison. Il sera donc inutile de se déplacer dans l'avion. Un sac à vomis est inclu dans le casque. Nous précisons à notre aimable clientèle de la classe affaire qu'un déodorant est fourni gracieusement avec le dégueulosac ®.

- 5) L'arrivée à l'aéroport de destination ne posera aucun problème particulier. Comptez 3 heures pour quitter votre combinaison et pour satisfaire au contrôle des autorités de tutelle.
AIR FRANCE, s'excuse des désagréments minimes causés pour votre protection, notre compagnie vous remercie pour votre compréhension et vous souhaite un excellent voyage en toute confiance et en totale sécurité.
Souvenez vous d'une chose : de même que sous les pavés, se dessine la plage, sachez que derrière la dérision se dissimule parfois le désespoir de constater, jour après jour, l'amenuisement progressif de nos libertés.
Le pire n'est jamais sûr. Mais le meilleur non plus !
Merci ami(e)s lectrices et lecteurs du Village des NRV de m'avoir lu en entier ; s'il vous reste un peu de temps, allez donc visiter cet excellent blog politique très documenté : SuperNo. Il en vaut la peine.
À après !
Cui cui fit l'oiseau, pitre volant non identifié
06:00 Publié dans humour, Societé, Voyage | Lien permanent | Commentaires (114) | Envoyer cette note | Tags : voyage aérien, sécurité aérienne, liberté de circulation, attentats, paranoïa, voyage, contrôles aéroports, terrorisme
lundi, 28 décembre 2009
Le naufrage des experts : la décennie fatale ? (part 1)
Fans, de la série culte de TF1, passez votre chemin : mon sujet est consacré à nos expert(e)s à nous : les "vrais", ceux qu'on lit, entend et voit partout.
Les véritables maillons faibles de la décennie ! Ceux qui nous expliquent doctement les tenants et les aboutissants d'une Société à laquelle, n'importe quel esprit un peu faible comme le mien se rend compte qu'ils en connaissent peut être quelques vagues tenants, et encore, mais en réalité, sont bien incapables de prévoir le moindre aboutissant !
Les grenouilles qui se font aussi grosses que le bœuf, les Nostradamus d’opérette, les « madames soleil » par temps de brouillard, les messieurs « je-sais-tout » pullulent partout, sur tous les médias, Internet compris ! Je ne veux pas trop citer de noms tellement ils sont nombreux et j’aurais surtout peur d’en oublier…

C'est pourquoi je profite de l'occasion pour les rappeler à l'humilité dont trop souvent, ils sont éminement dépourvus.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais en cette fin d’année et de décennie, je ressens une extrême lassitude : la politique me fatigue, les philosophes m’ennuient, les blogs politiques me font chier, je ne parviens même plus à me relire sans cracher sur l'écran, les buzz ne m’amusent plus, je déteste cette France qui chie dans son froc, je trouve inadmissible de voir des gens souffrir de la faim et du froid au 21ème siècle, le sujet de l’identité nationale me dégoûte, l'islamophobie me révulse, l'antisémitisme me révolte, la burqa ? Dans mon job au sein du 9-3, j’en vois 2 ou 3 tous les jours et ça ne me dérange pas plus que ça, les perpétuels donneurs de leçons sur les blogs me fatiguent, le nom de « Sarkozy » a provoqué chez moi une indigestion.
Bref, revenons à nos moutons ou plutôt à nos expert(e)s mais en réalité, s’agit-il bien du même sujet.
J'ai ironiquement décidé de procéder à un classement décroissant des catégories d'expert(e)s qui ont prouvé leur incurie et leur totale incompétence :
- Incontestablement premiers avec les félicitations du jury :
Les expert(e)s et responsables économiques avec mention spéciale à celle dont le parcours calamiteux a été le plus chaotique depuis l'avènement de la 5ème république : Christine Lagarde herself, ministre de l’économie, dont la seule qualité est de parler parfaitement anglais. Elle a créé 19 taxes en 2 ans et demi, les Collectivités locales croulent sous les suppléments de charges, le taux de chômage a gagné 25 % en un an et la dette de notre pays est devenue abyssale !
Toutefois.
Malgré de telles performances, elle serait considérée par les Français, tenez vous bien, comme la Ministre la plus compétente du gouvernement par l'intermédiaire de sondages dont on peut se demander si les résultats n'ont pas été joué au 421 !
Imaginez sans rire, les amis, le bilan du Ministre le moins efficace quand on observe les performances de la meilleure !
À la fois hilarant et terrifiant !
"J'exige la culture du résultat", proclamait en trépignant notre chef de gare !
Pour ses concitoyens certes, aucun doute n'est permis, mais pour lui et son équipe, quel désastre ! Mon titre de gloire, hurle t-il à la foule des brebis médusée est d'avoir sauvé notre pays de la faillite : mais dites, cette banqueroute soit disant évitée a-t-elle seulement frappé un seul pays ? Billevesées !
Autrement, comment ne pas mentionner Jacques Marseille, honorable fonctionnaire qui aime tant fustiger les fonctionnaires tout en l'étant : l'homme qui se trompe plus vite que son ombre, chantre du libéralisme économique quand celui-ci filait un mauvais coton, émule du Bushisme économique transversal : en résumé, le genre de personnage à éviter d'embaucher dans toute entreprise privée pour éviter la faillite ! Invité partout.
Pourquoi ne pas nommer Élie Cohen, Guy Sorman, Nicolas Baverez qui ont brutalement dit le contraire de ce qu'ils défendaient quelques mois auparavant, sans oublier les dérisoires journalistes influents (surtout par leurs salaires) que je ne signalerais pas par pudeur et charité chrétienne. Et puis pour être honnête comment ne point citer Paul Jorion (que j'aime bien et apprécie pourtant) mais qui nous prédisait en début d'année pis que pendre de l'année 2009 ? Prévisions toujours excessives ! Et Frédéric Lordon ? Que sont devenues ses prédictions apocalyptiques ? Il est tellement facile de prévoir le pire, on finira toujours par avoir raison, mais quand ? Un jour ou l'autre, notre planète disparaîtra, fatalement.
En fait, les économistes ne sont en rien des prospecteurs, ces gens ont légitimement des difficultés terribles à anticiper, leurs hypothèses manquent souvent de recul et de précautions : ce sont des sortes d'historiens tout justes capables d'expliquer et d'analyser une situation quand elle a eu lieu ; et encore !
C'est bien peu, mais ceci, n'importe quel imbécile comme moi sait le faire !
Car, ventrebleu, la pratique de la modestie, l'usage de réserves et de mise en garde, et partant, de l'emploi du conditionnel serait plus que jamais nécessaires à l'expression de nos spécialistes afin que les citoyens leur gardent un minimum de confiance !
Amis lecteurs, Je vous parlerai la prochaine fois de la joyeuse cacophonie observée chez les expert(e)s et pitres écologiques et les expert(e)s et clowns spécialisés dans l'analyse des théâtres de guerre...
Marrade assurée. Réservez dès maintenant vos places.
Sans faire de mauvais esprit, il me semble avéré que les expert(e)s et professionnels de l'économie se sont bien montrés les plus pathétiques humoristes involontaires de la dernière décennie ! Qu'ils reposent désormais en paix au Panthéon des comiques.
Amen !
À après et bonnes fêtes !
Merci à tous nos lecteurs pour leur confiance envers ce blog collectif qui battra pour le seul mois de décembre 2009 son record mensuel d'audience avec 35.000 visites, 82.000 pages vues, même si la moyenne oscille entre 17.000 et 22.000 visites/mois. Seulement 3 billets sont publiés par semaine.
31.000 commentaires remarquables ont été déposés depuis 2 ans.
Merci à notre hébergeur 20 minutes qui nous soutient cordialement, aux blogs qui nous ont mis en lien, aux auteurs de billets et aux commentateurs qui animent cet endroit si agité, si passionné et parfois si extravagant. Une immense et chaleureuse bise à Nef et Agathe, formidablement consensuelles, tolérantes et amicales sans qui cet espace n'existerait probablement plus.
Restons nous mêmes, demeurons humbles.
Bonne année à tous !
cui cui fit l'oiseau, volatile gracile, méfiant et grincheux.
06:00 Publié dans Ecologie, Economie, humour, Médias, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note | Tags : christine lagarde, Élie cohen, paul jorion, frédéric lordon, jacques marseille, ministre de l'économie, crise financière, prospective, experts
lundi, 07 décembre 2009
Tel est ton…opinion (Réponse à Bob)

Telle est ton opinion donc, et c’est en toute amitié que je te réponds.
Je crache volontiers mon mépris du mercantilisme caritatif qui ressurgit à chaque fin d’année. A ce mois de la B.A organisée qu’on se fade entre le dernier tiers provisionnel et le départ du Dakar délocalisé avec Gérard Holtz (le pin’s parlant de la télé publique) en avatar d’Indiana Jones le fouet en moins, le micro en plus, et rasé comme un dessous de bras comme si dans le car studio il n’y avait pas moyen de glisser son quintuple lame Gillette…
Mise en scène, mise en abyme…en abîme plus exactement dans cette volonté de faire plus, plus pro, plus loin, plus réaliste. C’est à dire factuel, organisé, commercialisé, géré à coup de méthode, de marketing issu de la vente au porte à porte.
Aujourd’hui le caritatif est monétisé. Chacun espère plus de dons que l’autre parce que dans sa fatuité chacun estime sa cause plus juste que l’autre. Comme si l’on devait mettre en compétition tous les maltraités de la vie, les paralysés, les chômeurs, les myopathes, les sans logis, les cancéreux, les femmes battues, les malades du sida, les lépreux et j’en passe. Le libéralisme dans le social…L’ultime victoire du système.
Et chacun de vouloir faire avancer sa cause plus vite que celle de l’autre, quand le simple devoir d’égalité et de fraternité devrait nous enjoindre la tolérance plutôt que la polémique rance de Bergé pour qui porter un nom de lampe prouve que finalement il n’est pas une lumière. Alors on sort l’artillerie lourde, les briefings commerciaux que tu décris, les méthodes, le martèlement pour engranger plus, encore plus, toujours plus. Pour pallier le délitement de la recherche, pour « élargir l’assiette des contributeurs » et continuer à sauver ce qui peut être sauvable et par la même ceux qui peuvent encore l’être.
Cela fait vingt ans que je me mobilise pour le Téléthon dans ma commune. Pour d’autres causes aussi plus discrètement parce que je ne cherche qu’à être un grain et pas un granit dont on érige les statues, et que j’ai aussi plus de pudeur quand il s’agit de mon âme que de mon cul.
J’ai tout fait en vingt ans, porté des caisses, monté des chapiteaux, servi des repas, nettoyé la friteuse, fait des défis stupides etc... Je n’ai pas le sentiment d’avoir été utilisé, manipulé ou quoique ce soit d’autre. Parce que ce sont aussi des moments de rencontres, d’échanges, parfois de franche rigolade et à la fin, toujours ce sentiment de satisfaction, même quand la récolte est maigre, d’avoir fait quelque chose. Un pas vers l’autre par exemple…
Parce que c’est mon choix. Personne ne me force et les pimpins dont tu parles, je m’en bas les noix. Cela me coûte une journée de ma vie, autant dire rien par rapport à ceux qui souffrent. Tu as pointé une dérive et tu as raison. Tu as oublié le simple devoir de solidarité que nous devons avoir les uns envers les autres. Celui la ne recherche aucune contrepartie. C’est pour ces milliers d’anonymes que je te réponds.
Serval
06:00 Publié dans Societé | Lien permanent | Commentaires (113) | Envoyer cette note | Tags : téléthon, réponse à bob, solidarité
mercredi, 18 novembre 2009
Football et décadence.
Après le record d'audience de l'année pour M6, à l'occasion du match aller de football Irlande-France, avec 8,2 millions de téléspectateurs et 35,1 % de part de marché.
Avec la préparation psychologique intense de TF1 pour nous préparer au match retour, ce soir, et battre son record annuel de spectateurs.
Avec la multiplication des jeux d'argent et autres paris sportifs.
Après les incidents violents du match OM-PSG reporté à Marseille pour cause de grippe A.
Après les émeutes à Marseille et la mise à sac de certains quartiers dont les habitants n'y sont pour rien par des supporters algériens après le match Égypte-Algérie.
Après les terribles agressions des Égyptiens sur des sportifs et supporters algériens (peut-être des morts à déplorer) et les ratonnades opérées en Algérie contre des commerces égyptiens...
Avant une rencontre de tous les dangers sur terrain neutre au Soudan pour départager les deux équipes africaines, ce mercredi...
Nonobstant, nous sommes bien forcés d'admettre que le football prend une place considérable dans le déroulement des évènement de la planète...
Le football rend-il les médias et les peuples fous ?
En êtes vous donc si sûr ? Et si je vous disais plutôt "Et si les médias rendaient le football et les peuples fous ?".
Qu'un pays comme l'Égypte, une des nations les plus pauvres du monde avec très peu de ressources naturelles, disposant d'une population importante (83 millions) durement matée par un pouvoir dictatorial dirigé par le président Moubarak, 81 ans, se déchaîne pour un vulgaire match de football alors qu'une grande partie de ses citoyens vit d'expédients, peut laisser pantois l'occidental moyen et pourtant le résultat est bien là !
Le battage médiatique destiné à détourner l'attention des problèmes autrement plus cruciaux a entraîné un regain de nationalisme obtus destiné à resserrer les liens distendus de cette nation autour de son vieux dictateur et chef des armées, gouvernance contestée par les frères musulmans et surtout terriblement ébranlée par la crise économique. Le pouvoir médiatique est devenu tellement considérable qu'il parvient à faire oublier aux individus, grâce à un spectacle sportif, leurs pitoyables conditions de vie.
Regardez chez nous : la presse, les télévisions, les radios dans notre beau pays ne parlent que de ça ! Parce que le sujet est porteur et fait vendre mais également pour faire diversion. Depuis quelques temps, sur les radios, à commencer par RMC fleurissent des programmes 'non stop' de sport et notamment de football de 16h à minuit, tous les jours, des consultants, anciens sportifs, ressassent, discourent, pérorent, répètent inlassablement les mêmes rengaines avant et après les matchs !
Un milliard de gens crèvent de faim ? Qu'importe puisque Lyon rencontre Bordeaux. La crise entraîne un chômage monstre ? Peccadilles puisque le Réal rencontre le Barça. Des fuites de capitaux dans les paradis fiscaux ? Foutaises : Manchester reçoit Chelsea !
Le foot a subi de plein fouet la mondialisation, puisque désormais les Français éprouvent autant d'intérêt pour leur championnat que pour celui d'Angleterre, d'Espagne ou d'Italie. Ce sport s'est transformé presque partout dans le monde en une véritable hydre dévorante "de temps de cerveaux disponibles" !
Dans notre société, le football et le sport en général deviennent omniprésents et envahissent tous les espaces médiatiques vides ! Désormais toutes les radios remplissent leurs grilles de 'week end', de cases où les auditeurs, pensent, ratiocinent, vivent, consomment, achètent, plaisantent, cogitent jusqu'à l'obsession sur le Dieu football.
Amis, je ne sais plus qui disait que "le sport était l'opium du peuple", mais je crains que cette phrase ne date un peu, aussi ai je pensé à une petite sentence en remplaçant le terme 'opium' par celui de 'coke', car la cocaïne excite, rend raide dingue et largement accro. Sa consommation fait rentrer son usager dans un cercle vicieux destructeur et obsessionnel.
"Le football n'est il pas devenu la coke des peuples et les médias, ses dealers." ?
À vrai dire, tout ceci n'est guère réjouissant : inutile de vous expliquer comment cette addiction au football, poussée par les équipementiers, les clubs et les médias, participe activement au maintien du système économique actuel par ses effets anesthésiants. Sans oublier les fortunes monstrueuses, incertaines et mafieuses que cette oligarchie insuffle dans la machine à décerveler, à sacraliser des vedettes médiocres, à plumer les plus pauvres et à donner l'illusion de la fierté à certains peuples abandonnés par leurs dirigeants...
Si un jour, une guerre éclate à cause du football, inutile de vous dire qu'on aura franchi le Rubicon de la connerie humaine !
Amis du Village, à après...
By cui cui. the pretty bird.
06:00 Publié dans Jeux, Politique, Societé, Sport | Lien permanent | Commentaires (87) | Envoyer cette note | Tags : football, algérie, Égypte, émeutes, radios, médias, coupe du monde
mercredi, 28 octobre 2009
L'enfumage des citoyens par la notion "d'identité nationale".
Décidément !
Dans cette France politique moisie d'octobre 2009 ; où dans un proche avenir, nos dirigeants ne présenteront plus aux suffrages du peuple que des célébrités du show biz ou du sport plus ou moins incultes et faciles à manipuler, et qui, lors de leurs campagnes distribueront des autographes et des sourires aux 30 % d'électeurs attirés par une tombola organisée par TF1, seuls les votants ludiques et décervelés se déplaceront aux urnes et décideront ainsi du sort de notre pays (les 70 % restants s'abstenant, dégoûtés !).
Diantre ! Après les dernières déclarations de Messieurs Besson et Sarkozy, comment nier que le "pétainisme transcendantal", cher à Alain Badiou, n'en finisse plus de laisser ses miasmes envahir notre beau pays !

Le félon Éric Besson, chargé des basses œuvres, recherche tous les expédients possibles pour attirer le fretin vers la grossière amorce qu'il a lancé dans la marre médiatique afin de faire diversion sur l'état alarmant de l'économie française, la situation désastreuse des caisses de retraites, le chômage effrayant qui gagne toutes les strates de la population et les comptes catastrophiques des caisses maladies.
J'ose espérer que personne n'est dupe...
Quoique... Quand on voit certaines associations en mal de reconnaissance se précipiter en bêlant vers ce leurre grossier, on peut effectivement se montrer inquiet mais il est une chose certaine : à part les médias toujours partants, dans l'espace public, tout le monde à l'air de se se foutre de ce débat sur "l'identité française" comme de l'an 40, la sinistre année du pétainisme triomphant.
Complètement.
Éperdument.
Absolument
La Marseillaise ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour l'enseigner ? Absurde : l'école peut s'en charger sans difficulté !
La burqa ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour éradiquer une pratique qui concerne 1000 cas à tout casser, dans l'hexagone, avec le risque de stigmatiser et de rassembler la si diverse communauté musulmane ?
Les adolescents paumés des quartiers pauvres ? Ce ne seront sûrement pas des textes législatifs qui les feront évoluer !
Tout ceci sent trop le prétexte, l'enfumage, la magouille partisane électorale !
La cohésion sociale de notre Nation sera en cause tant que nous vivrons dans une société en crise où le chômage ravage nos rangs, où les salaires stagnent et où, trop souvent, les conditions de travail deviennent insoutenables. Le désir de vivre ensemble dans notre pays n'aura jamais lieu tant que l'exemplarité des classes dirigeantes et économiques, président en tête, ne sera pas indiscutable ! Et croyez moi, ce n'est pas pour demain !
La devise du pouvoir actuel est FRIC, INDIVIDUALISME, OLIGARCHIE. Qui oserait, en France, défendre de telle valeurs ?
Parce que, mes amis, quelle plus belle définition de notre "IDENTITÉ FRANÇAISE" que ces 3 mots sublimes gravés sur les frontispices de nos monuments prestigieux, devise exemplaire de la République : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?
Pourquoi chercher plus loin ?
Mais en l'état, vous voudriez que nos concitoyens se battent pour protéger des valeurs individualistes, anglo-saxonnes et financières, idéaux qui n'ont jamais été le ciment de la communauté française laïque et égalitariste depuis un siècle ? Parce que vous pensez que les classes modestes et moyennes vont soutenir des oligarques médiatico-économico-politiques qui méprisent le peuple et le suffrage universel à ce point (TCE) ?
À question bessonienne : réponse bessonienne ! *
Enfin en guise de conclusion, amis lecteurs, je vous garantis une chose : lorsqu'un jour prochain, un gouvernement créera sous la pression, un Ministère de la Réconciliation Nationale, il sera déjà peut-être trop tard...
* Sur la photo, observez le détail de la main gauche et la position caractéristique du majeur bessonien s'adressant à ses interlocuteurs...
Cui cui, l'oiseau NRV et NRVant.
06:00 Publié dans Banque d'images, Billet d'humeur, humour, Politique, République, Societé | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, liberté égalité fraternité, burqa
lundi, 07 septembre 2009
un siphon – fonds

Hop ! Et d’un. Hop ! et de deux. Et hop ! et de trois ! Ouf… réussi à éviter les trois ! Non, il ne s’agit pas de radars, ni d’agents de la force publique. Non, c’est beaucoup plus vicelard ! Ils sont généralement « jeunes », « normaux », pratiquement tous « blancs », avec un tee-shirt, un jeans, et un sac à dos. Ils sont la plupart du temps trois ou quatre ; avec un superviseur, en retrait. Vous ne voyez toujours pas ? Ah oui, j’oubliais : le tee-shirt à couleur uni, et surtout… avec un logo ! Couleur rouge pour Aides, bleu clair pour Médecins du Monde, jaune pour Action contre la faim, orange pour la World Wide Fund (for Nature), blanc et rouge pour la Croix-Rouge, et j’en passe !
Ils sont partout ! Toujours les mêmes lieux à forte affluence (étrangement, comme les contrôleurs dans le métro…) : Bastille, Les Halles, les Champs-Elysées, Ternes, Saint-Michel… Entre parenthèses, encore désolé pour les provinciaux :-) Une fois qu’ils vous agrippent, ils ne vous lâchent plus ! Car, leur speech (argumentaire) est bien rôdé. Tout d’abord : « Est-ce que vous avez quelques minutes à me consacrer ? » Evidemment, on a appris à envoyer balader : « Euh, non, désolé, j’ai des choses à faire… » Ou, on se résigne ; ou encore, là – mais, c’est presque pareil – comme on est seul, on peut aussi prendre le temps de les écouter, : « Bon. Oui, mais pas une de plus… » Ensuite, le classique : « Etes-vous sensible à ceci ou à cela »… Forcément, oui. Imaginez que vous répondez que non ; même si vous l’êtes sincèrement ! Donc, oui…
Pfff… ils connaissent déjà votre réaction, qui sera toujours quelque chose comme : « Bon, disons que ‘moralement’, je suis avec vous… mais, en fait, non ! Même pas ‘moralement’. Disons, ‘oui’, euh, pour le principe ; pour la forme… » Même celle des plus grognons : « Je sais ce que vous voulez ; alors que pour moi, ces mêmes choses – que soi-disant vous voulez –, ça se passe tellement ailleurs, etc… » Et, on dirait qu’ils ne font même plus semblant de s’en foutre de votre réaction. L’essentiel, pour eux, c’est de placer leurs « actions » : présentation de leur association, leurs buts, leurs « actions », leur « visibilité médiatique ». Ils ne sont jamais à court d’exemples pour étayer leur efficacité. A grand renfort de chiffres, s’il le faut. La prise d’otage est émotionnelle : vous êtes obligé d’être ‘sensible’ à leur mouvement. Sinon, qu’est-ce que vous êtes ? surtout si vous êtes accompagné ? Oui, avec un couple, c’est encore mieux : le gars ne peut pas passer pour un salaud, si une fille l’accompagne.
Reste le plus important : « Alors est-ce que vous voulez soutenir notre action ? » C’est forcément oui ou non. On peut toujours louvoyer : « Oui, moralement… » Mais, eux, ils ne vous lâcheront pas : « Oui, mais… financièrement ? » Ils ont même une option de déductions fiscales ! Des fois, pour vous accrocher, ils vous interpellent par un : « Vous voulez réduire vos impôts ? » Ainsi, quoique vous fassiez, il y en a toujours un qui vous chope. C’est normal puisqu’ils ont « stratégisé » leurs actions (positionnements, de type sportif ou militaire). Et alors, on commence à en avoir sa claque de tout ça, et si on ne se retenait pas, on lâcherait :
- Vous me demandez, pour moi : « C’est quoi le problème ? » Il y a, si vous voulez bien me le concéder, une pyramide sociale. Au lieu de vous occuper de la base de cette pyramide, vous feriez bien mieux de vous occuper du haut. Là, c’est toujours pareil : on gratte les petits ! Comment dire ? Voilà, je ne suis pas riche, même si ça ne se voit pas, enfin, peut-être que si, par ailleurs… mais bon. Je pourrais vous filer, mettons, allez ! deux cents, non, trois cents euros, aujourd’hui ! Vous menez vos actions – ce que je ne vous reproche pas – pourquoi pas ? Mais bon, le lendemain, rebelote, le manège reprend ; et moi, ça me gave ! Et pourtant, vous n’êtes pas les pires… C’est vraiment pas contre vous. En tout cas, pas au prime abord. Vous me dites que vous êtes « hors système ». Non, désolé, pour moi, vous êtes dedans, car vous voulez intervenir à l’intérieur. Et surtout, vous adoptez les mêmes moyens, les mêmes méthodes – que le système capitaliste ! A la limite, il faut rajouter que c’est même pire ! Parce que vous ne faites que remplir une sorte de tonneau des Danaïdes ! Au contraire, au lieu d’aller à l’encontre de tout ce qui est scandaleux, ça légitime le système : « Il y a des ‘imperfections’, nous intervenons pour ‘corriger’ les failles ». Bref, ça ne corrige rien du tout ; ça le renforce, parce que celui qui vous donne de l’argent, il s’achète une bonne conscience, et il ne s’occupe pas de savoir ce qu’est – je ne dis même pas ‘résoudre’ – le problème d’origine, de se poser des questions, disons, géopolitiques, puisqu’il se contente de se dire qu’il fait une bonne action. Ou, qu’il a réussi à se débarrasser de vous ! Ensuite, vous ajoutez : « Mais, l’argent, c’est la base de tout ! » Mais non ! Mais non ! parce que ça fait cinquante ans que je l’entends celle-là, ou sa variante, « l’argent, c’est le nerf de la guerre » ! Et il faut vous bousculer un peu pour que vous avouiez : « Euh, non, euh, pas la base de tout… La base de tout, c’est l’humain… » Et enfin, il y a l’incontournable : « Sinon, vous vous faites quoi ? Qu’est-ce que vous proposez concrètement ? » Eh bien, vous voyez, vous trois, vous quatre, au lieu de taper les quelques quidams par-ci par-là, et si vous vous regroupiez avec les autres associations dites humanitaires pour mener vos « actions », comment dire ? non pas en faisant « pression » sur le gouvernement… mais en menant des actions un peu plus « musclées » pour dézinguer le sommet de la pyramide ? Et, soyez assuré qu’il n’y en a pas qu’une, de pyramide ! Mais, voyez ça, tout de suite, ça vous bloque. Sinon, si ça vous fait trop peur, il reste encore les bibliothèques, à lire des livres ! Et, c’est un luxe que tout le monde devrait s’accorder… Oui, enfin, je dis ça, et je vois passer les gens. Bon, les gens, là, ces passants, évidemment, je dis ça, je me rends bien compte que faire sauter le haut de la pyramide, comment dire ? par la connaissance, eux, ils s’en tapent ; ça ne les intéresse pas…
Au moment de prendre congé, alors que je lui avais à peine esquissé la moitié de ce laïus, cette âme charitable de me renvoyer : « Merci, je vais vous laisser vivre d’amour et d’eau fraîche ; moi, je vais continuer à prospecter ! » Et, dans le même temps, sans manquer de vous achever, le consensuel publicitaire prouve une fois encore que le cynisme et les bons sentiments se tiennent par la main en nous gratifiant de leur dernier tour de passe-passe : le « partenariat » (la collaboration) du secteur privé avec ces associations ; et c’est écrit en toutes lettres : Alaclairefontaine et Mayo « soutiennent l’Unicef dans son combat pour la scolarisation des enfants. » L’humanitaire devenant un argument de vente ; en pleine crise… que dis-je ?! en pleine rentrée !!!

par Albin Didon
06:00 Publié dans Societé | Lien permanent | Commentaires (72) | Envoyer cette note | Tags : croix rouge, world wide fund, envoyez vos dons
vendredi, 04 septembre 2009
La complainte de Supercrado, anti-écologiste par nécessité.
Attention ! Ce billet, par la crudité de ses propos, est susceptible de choquer les âmes sensibles, les enfants, les électeurs d'Europe écologie, certains bobos, les groupies de Nicolas Hulot et les fans de Daniel Cohn Bendit, les électeurs de Nicolas Sarkozy, les socialistes et les centristes…
Amis du Web, je me présente : Monsieur Supercrado ; Français désespérément moyen mais de plus en plus attiré vers la France d'en bas ; désormais catalogué comme mauvais citoyen !
Pensez !
Je fais pipi dans les WC, gaspillant des centaines de litres d’eau ; je pète et rote comme une vache, contribuant ainsi à amincir la couche d’ozone ; je prends des bains dans ma baignoire ; je roule dans une voiture de plus de 15 ans parce que je n’ai pas les moyens de m’en racheter une, véhicule qui par ailleurs, pollue comme une bombe au napalm ; je ne récupère pas mes étrons quotidiens pour en faire de l’engrais ; je déteste les droites UMP et PS qui veulent nous asphyxier financièrement avec leur taxe carbone ; j'utilise les masques destinés à nous protéger du virus H1N1 comme string...
Inutile de vous préciser que l'écologie n'est pas ma préoccupation majeure : tenter de subsister décemment me concerne davantage.
Et pourtant, tenez, regardez Nicolas Hulot ( @si payant) : il va nous abreuver jusqu’à satiété de la promotion de son prochain film "Le syndrome du Titanic" qui sortira en octobre, long métrage dans la lignée de « Home » de Yann d’Arthus-Bertrand. À la télévision et dans tous les médias, attendez vous à déguster du "Hulot", matin, midi et soir. De quoi provoquer une indigestion d’écologie, de politiquement correct, de green fashion, de terrorisme du bien-se-comporter ; bref on risque d'assister à un immense festival du conformisme béat de médias moutonniers et sans imagination. Quelle misère, mes aïeux !
Nonobstant, moi, Supercrado, j’en ai un peu marre qu’on me fasse la morale à tout bout de champ. Fais pas ci, fais pas ça, c’est pas bien, attention, c’est interdit, la planète, les ours polaires, les bébés phoques, les oiseaux, les éléphants, le développement durable, les rivières, les gaz à effet de serre, l’ozone, les déchets, l'eau, l'hygiène, l'air. Et pendant ce temps on flingue, on bombarde tout ce qui bouge au Moyen Orient et en Orient, les Américains continuent à polluer la planète à tout berzingue et au moins 923 millions de Terriens souffrent de malnutrition...
Un peu de cohérence, ventrebleu !
Certes ! On est bien décidé à préserver la nature, les mecs, mais quid du milliard d’humains qui crèvent la dalle, quid des sommes monstrueuses (des centaines de milliards) gaspillées par les complexes militaro-industriels pour faire les guerres ? Ne croyez vous pas, bande de nazes , que si on débloquait 50 % des budgets de la défense et d’armements des grands pays occidentaux , les problèmes écologiques seraient vite résolus ? Et celui, essentiel, de la famine dans le monde ? Il suffirait de 30 milliards pour enrayer ce fléau...
Que Sarkozy, Brown et Obama fassent sortir leurs ruineuses forces armées d’Afghanistan et d’Irak pour les USA, et qu’ils allouent les sommes économisées à l’écologie ! Là, on pourra vérifier leur réelle volonté politique de lutter pour sauver la planète. Alors avant de nous faire raquer toujours plus de taxes, élites de ce monde, tâchez de nous montrer l’exemple d'en haut !
Coût de la guerre en Afghanistan : US $ 226 milliards - Coût de la guerre en Irak : US $ 679 milliards
Coût total des guerres : US $ 905 milliards !
IMAGINEZ les répercussions de l'insufflation de 900 milliards de $ dans l'économie mondiale pour promouvoir de nouvelles énergies et éradiquer la misère ?
Le jour où le Président de la République nous dira : "Voilà, j'ai décidé d'enlever nos militaires d'Afghanistan, je réduis le budget militaire de 30 % et je consacre ces crédits économisés à l'élaboration d'un plan destiné à concevoir des énergies peu polluantes et favoriser une économie qui ne massacre pas notre environnement : ALORS OUI, LES AMIS, JE CROIRAIS À LA SINCÉRITÉ DE NOS POLITIQUES ET J'ADHÉRERAIS SANS RÉSERVE !
Sinon ? Pipeaux, fifrelins et billevesées ! Qu'ils aillent tous au diable !
Écolos de façade, Mamèriens professionnels de la politique, Cohn Benditois opportunistes, Duflotards geignards, Hulotistes calculateurs, osez donc poser les VRAIES QUESTIONS, CELLES QUI FÂCHENT à ceux qui détiennent les rênes du pouvoir !
On verra ainsi, si vous méritez vraiment la médaille d'or de la défense de la nature et le sceptre en vermeil de l'écologie politique que vous vous êtes si généreusement octroyés !
Parce qu'entre nous, braves lecteurs dubitatifs, la panoplie du parfait petit écologiste coûte terriblement cher, entre sa voiture propre, son énergie renouvelable, sa maison isolée, son alimentation bio, ses vêtements recyclables, devenir un véritable écolo certifié 100 % vert, doit bien vous demander un revenu substantiel de 4000 € par mois, non ?
Mais me direz vous, le moins étrange de cette affaire est que les partisans de cette taxe inique sont pour la plupart des gens dont les revenus sont largement supérieurs à la moyenne !
Baste, il est tellement plus facile d'être écolo quand on se retrouve dans la tranche des plus aisés ! Quoi de plus élégant que de s'exhiber "green addict" ?
Sur ce, amis de Cui cui l'illusoire prophète de malheur et mauvais esprit s'il en est, faîtes bien gaffe à certains écologistes de salons si peu francs du collier qui souhaitent vous faire prendre des vessies pleines pour des lampes à huile bio !
Cui cui fit l'oiseau, volontiers écologiste lorsqu'il possèdera le train de vie confortable et nécessaire pour le devenir...
06:00 Publié dans Billet d'humeur, Ecologie, humour, Politique, Societé | Lien permanent | Commentaires (132) | Envoyer cette note | Tags : écologie, humour, guerre, afghanistan, irak, taxe carbone, conformisme, verts, cohn bendit, budget militaire









