vendredi, 18 juin 2010
Femme dévoilée, femme libérée?

C'est la simplification qu'offre le monde occidental.
C'est également la manifestation de son arrogance vis-à-vis des pays du sud. Notre mode de vie, nos styles vestimentaires, nos principes et nos lois ne peuvent être que des modèles pour les autres qui vivraient de façon, au mieux, exotique, au pire, archaïque et barbare.
Mais ce monde occidental a-t-il un jour favorisé l'épanouissement et la liberté des populations dans les pays pour lesquels il dénonçait la tyrannie? Mais ce monde occidental a-t-il favorisé l'épanouissement des populations sur la planète et sur son propre territoire?
Et ce monde occidental a-t-il un jour favorisé les Lumières contre toute la tyrannie?
Quand on voit le désastre écologique qu'il a généré partout avec le dieu de la consommation, quand on voit qu'il a engendré des poches de pauvreté sordides, quand on voit que les critères vestimentaires, les habitudes alimentaires et autres, sont imposés par une caste de prédateurs nantis qui produisent toujours plus pour faire dépenser plus, quand on voit qu'il est à l'origine, directement ou indirectement, de l'anéantissement de pays entiers, QUI peut penser que nous sommes vraiment un modèle pour les autres?
C'est, hélas, ce que pensent la majorité des Occidentaux de tous bords, qui s'appuient hypocritement sur des principes qu'ils n'appliquent pas à eux-mêmes ou qui se laissent aveugler par la propagande et les paillettes vendues par des camelots de plus en plus cyniques.
Enquête sur l’hystérie déclenchée par le voile islamique en France
Laila Lalami, The Nation. 24 novembre 2007
La polémique soulevée par la question du voile islamique et de la politique de l’identité dans la France contemporaine est le sujet d’un nouveau livre : "La Politique du voile".
"Une sorte d’agression", "le successeur du mur de Berlin", " un levier dans la longue épreuve de force entre les valeurs démocratiques et le fondamentalisme", "une insulte à l’éducation", "un acte terroriste".
Ces descriptions données par l’ancien président J. Chirac, l'économiste Jacques Attali, et les philosophes Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et André Glucksmann ne s’appliquent pas à la prochaine grande menace qui plane sur la civilisation humaine mais au foulard que portent les musulmanes, recouvrant la tête et le cou, ou, comme on l’appelle en France, le « foulard islamique ».
Dans son livre bien documenté, “La politique du voile”, l’historienne Joan Wallach Scott se livre à une analyse de cette obsession particulière qu'ont les Français pour le foulard, et qui a atteint son point culminant en mars 2004 avec l’adoption d’une loi interdisant aux élèves de porter des signes religieux ostensibles.
La loi précise qu'est interdit le port du foulard islamique, de la kippa juive et des grandes croix mais que sont autorisés les "petites croix, les médailles, les étoiles de David, les mains de fatma et les corans miniature".
Malgré les contorsions multiconfessionnelles, il est clair, évidemment, que cette loi s’adressait principalement aux jeunes écolières musulmanes.
Cette polémique sur le foulard qui a duré une dizaine d'années a été marquée par trois conflits bien spécifiques.
Le premier a débuté en octobre 1989 quand Ernest Chénière, le principal d’un collège de Creil, au nord de Paris, a expulsé trois élèves, Samira Saidani and Leila and Fatima Achaboun. La raison de cette expulsion, d’après Chénière, était qu’il devait faire appliquer le principe de « laïcité » (en français dans le texte) à l’école. La polémique nationale qui s’en est suivie a eu lieu dans le contexte de la fatwa lancée contre Salman Rushdie et de la confrontation de l’occident avec l’Iran, d’une part, et de la célébration du bicentenaire de la République, de l’autre. Au moment où l'attention des Français était focalisée sur trois élèves qui portaient le foulard, le pays comptait plus de 3 millions de musulmans.
Leïla Sebbar, auteure franco-algérienne, avait écrit dans le Monde que cette polémique était "grotesque". En fin de compte, le socialiste Lionel Jospin, qui était à l’époque ministre de l’Education, avait préféré laisser la justice trancher. Le Conseil d'État décrétait en définitive que les élèves ne pouvaient pas se voir refuser l’accès à l’école simplement parce qu’elles portaient un foulard, mais donnait également la possibilité aux professeurs et aux chefs d'établissements de décider, au cas par cas, s'ils acceptaient ces signes religieux en cours.
La deuxième polémique sur le foulard était déclenchée en 1994 par le même Ernest Chénière.
Il n’était plus principal de collège, mais profitant de la notoriété qu'il avait acquise précédemment, il s'était fait élire député du département de l'Oise sous l’étiquette RPR. Et, en sa qualité de député, il proposait un projet de loi pour interdire tout signe religieux « ostentatoire » à l’école.
On avait encore droit aux mêmes arguments qu’en 1989, mais cette fois, le contexte politique était la guerre civile en Algérie. Pour Chénière et ses partisans, nombreux et divers, la lutte contre le fondamentalisme islamique en Algérie et ailleurs passait par un renforcement de l’état laïc en France.
La troisième et la plus récente polémique sur le foulard est survenue en 2003, quand deux sœurs, Alma et Lila Lévy, deux adolescentes, ont été expulsées de leur lycée de la banlieue parisienne d’Aubervilliers pour avoir refusé d’ôter les foulards qu'elles portaient. Les sœurs Lévy sont les filles d’un avocat qui se considère « juif sans Dieu » et une mère professeur kabyle baptisée catholique pendant la guerre d’Algérie. Les jeunes filles s’étaient converties à l’Islam après la séparation de leurs parents adoptant, entre autres, le port du foulard.
Dans une interview dans le Monde, le père avait déclaré : « je ne suis pas pour le foulard, mais je défends le droit à l'éducation de mes filles. Au cours de cette affaire, j’ai découvert la folie hystérique de certains ayatollahs de la laïcité, qui avaient soudain perdu tout sens des réalités".
Cette année-là, une commission présidée par l’ancien ministre Bernard Stasi et créée pour mener une réflexion sur la nécessité ou non de faire une loi interdisant le port de signes religieux, avait auditionné divers experts.
Cette commission publiait ensuite un rapport qui réaffirmait l’importance de la laïcité pour la République et suggérait l’adoption d’une loi prohibant les signes "ostensibles" d'appartenance religieuse, tout en préconisant la reconnaissance de la pluralité des religions en France. (par ex, la commission suggérait que Yom Kippour et l’Aid-el-Kébir deviennent des jours fériés).
J. Chirac ne retiendrait de ses travaux que la proposition de loi sur le foulard.
Wallach Scott écrit: “Il n'était plus question des concessions qui avaient été accordées les années passées (foulards sur les épaules, foulards "allégés, bandanas), la loi était conçue pour supprimer les frictions qu'avaient fait naître ces compromis".
La loi était adoptée en mars 2004 et mise en application en octobre de la même année. Sans l'effet édulcorant des autres recommandations de la commission, l'interdiction du port du foulard était devenue une décision sans appel: il n'y aurait plus ni compromis ni conciliation - c’était soit l’islam, soit la République.
Afin de comprendre pourquoi un bout de tissu est devenu une obsession nationale (assimilé, par des philosophes - excusez du peu, à du terrorisme), il faut revenir au passé de la France, à un certain nombre d'années en arrière, à la période pour laquelle l’actuel chef d’Etat, NS , a demandé à ses compatriotes de cesser de se repentir : la colonisation.
En effet, explique Wallach, il est impossible de comprendre l'attitude actuelle en France vis-à-vis du foulard sans se plonger dans l’histoire du racisme de ce pays, parce que le foulard a "joué un rôle important en tant que signe pérenne de la différence irréductible entre l’islam et la France" et qu’il est perçu comme l’expression "non seulement d’incompatibilités en terme de religion, mais également en termes éthnico-culturels".
Quand le gouvernement français a envahi l’Algérie, en 1830, il s'est lancé dans une vaste campagne de "pacification" militaire, imposant dans la foulée la législation française, jugée nécessaire pour la réussite de la mission de civilisation.
Les femmes étaient le pivot de cette opération.
Dans les articles de presse, les chroniques et les romans de l’époque, les femmes algériennes étaient décrites systématiquement comme des opprimées, et donc, expliquait-on, si on voulait que la civilisation s'implante véritablement en Algérie, les femmes devaient ôter leurs voiles.
Le général Bugeaud, qui était chargé d’administrer le territoire dans les années 1840, déclarait (approx.): « Les Arabes nous échappent parce qu’ils nous empêchent de porter les yeux sur leurs femmes ».
Parallèlement, les hommes en Algérie, étaient considérés comme des prédateurs sexuels qui ne pouvaient pas contrôler leurs pulsions si leurs femmes n’étaient pas recouvertes de voiles. La colonisation résoudrait cela en apportant la lumière de la civilisation européenne aux hommes arabes, qui, après quelques générations sous la loi française apprendraient à contrôler leurs pulsions.
Le gouverneur général d’Algérie disait en 1898: "la physiologie de l'arabe, du juif et de la femme arabe, ainsi que la tolérance vis-à-vis de la pédérastie, et des traditions orientales spécifiques de procréation et de la relation aux autres, sont si différentes de l’homme européen qu’il est nécessaire de prendre des mesures appropriées".
Encore en 1958, les épouses des officiers français, qui cherchaient par tous les moyens à faire cesser le soutien au FLN, fer de lance de la guerre de libération contre la France, organisaient un « enlèvement symbolique des voiles » de femmes algériennes à une manifestation en faveur de la France à Alger, la capitale de l'Algérie.
Des dizaines d'années plus tard, des millions de citoyens français issus d'Afrique du Nord entendent à peu près le même discours: pour être français, ils doivent s'"intégrer" en abandonnant ce qui les rend différents, l'islam.
Cette religion, cependant, n'est pas considérée comme un ensemble de dogmes que les adeptes peuvent adapter aux exigences de leurs vies quotidiennes, mais plutôt comme une caractéristique intrinsèque et infranchissable. Il est facile de comprendre comment le racisme peut s'ancrer dans un tel contexte.
Lors des controverses sur le foulard, il était futile, semble-t-il, de prendre en compte que 95% des musulmans français n'allaient pas à la mosquée, que plus de 80% des femmes musulmanes en France ne portaient pas de foulard ou même que les lycéennes qui en portaient un n'étaient pas plus de quelques centaines. La notion raciste de l'existence de différences fondamentales entre les citoyens français d'origine nord-africaine et ceux d'origine européenne délimitait le débat. Par exemple, les sœurs Lévy étaient parfois appelées dans la presse Alma et Lila Lévy-Omari, afin que le lecteur puisse bien faire le lien avec leurs origines d'Afrique du Nord (du côté de leur mère).
Mais si c'était, dit Wallach Scott, le racisme qui sous-tendait le débat sur le voile, c'est au nom de la laïcité qu'on s'exprimait.
Les partisans de l'interdiction du foulard prétendaient que la laïcité n'était pas seulement ce qui s'opposait au religieux mais que c'était une notion universelle qui était aussi typiquement française. Ils appelaient cela une singularité française (en français dans le texte).
Quand on y regardait de plus près, cependant, cette notion particulière semblait fort complaisante pour les catholiques et intransigeante pour les autres. Par exemple, la loi de 1905 qui sépare l'Eglise et l'Etat permettait aux écoliers d'être libres le dimanche pour assister à la messe et leur accordait un second jour dans la semaine pour aller au catéchisme.
Le gouvernement français contribue actuellement de 10% au budget des écoles privées catholiques religieuses. Le calendrier scolaire n'observe que les fêtes religieuses catholiques.
Et pourtant, malgré les différences d'application de la laïcité dans les écoles, ceux qui s'opposaient farouchement au port du foulard revendiquaient leur attachement à la laïcité et à la nécessité de préserver la République.
La laïcité, c'était ce qui faisait la spécificité même de la France.
Et donc, défendre la liberté des jeunes filles de s'habiller comme elles l'entendent, cela signifiait faire l'apologie de l'oppression des femmes et être un ennemi de la laïcité, car, si on défendait la laïcité, on ne pouvait être que favorable à l'interdiction du voile.
Au plus fort de la polémique, tout le monde semblait avoir un avis sur cette loi. Plus de soixante personnalités (dont les actrices Emmanuelle Béart et Isabelle Adjani, la philosophe Élisabeth Badinter, les anciennes ministres Corinne Lepage et Yvette Roudy, et la militante Fadela Amara) signaient un appel dans les pages du magazine Elle pour demander à Chirac de faire voter une loi pour l'interdiction du foulard.
Peu de voix se faisaient entendre pour défendre la laïcité et le droit des jeunes musulmanes à l'instruction.
Parmi elles, l'auteure de BD, Marjane Satrapi écrivait dans le Guardian qu'interdire aux jeunes musulmanes de porter le voile était aussi répressif que de les forcer à en porter un, et le philosophe Pierre Tévanian qui expliquait que la laïcité s'appliquait aux institutions, pas aux individus.
Dans "la Politique du voile", Wallach Scott montre bien l'hystérie qui a entouré le débat sur le foulard en France, même si le livre aurait parfois mérité plus de rigueur.
Ainsi, Ernest Chénière, le principal de collège qui a déclenché la controverse en 1989, a été rebaptisé "Eugène Chénière".
D'autre part, Wallach Scott omet de citer un événement important qui a suivi ces affaires de foulards: l'enlèvement en août 2004 de Georges Malbrunot et de Christian Chesnot, des journalistes français, par un obscur groupe islamiste en Iraq qui exigeait l'abrogation de la loi. (Les citoyens français, les musulmans et les autres, ont condamné cette intrusion dans leurs affaires internes).
Mais le travail de recherche, vaste et exhaustif, de Wallach Scott dresse un portrait vivifiant des débats.
Outre le racisme dominant et l'interprétation rigide de la laïcité, il y a une troisième raison à cette obsession pour le foulard: une conception étriquée de l'individualisme.
Wallach Scott démontre que les jeunes musulmanes françaises, qui étaient les premières concernées par la loi, étaient "étonnamment absentes des débats".
La commission Stasi n'a entendu que quelques jeunes filles, en huis clos, ce qui fait que leurs voix et leurs opinions n'ont jamais fait partie du débat public.
Tout en reconnaissant que certaines d'entre elles portaient peut-être le foulard pour d'autres raisons que la pression familiale de leurs frères ou de leurs pères, les observateurs ne voulaient y voir que le symbole de "l'aliénation de la femme".
Malgré les déclarations des jeunes filles et de ceux qui s'opposaient à cette loi, disant que le foulard était l'"expression d'une conviction individuelle", l’État et les partisans de la loi déclaraient que cela ne pouvait pas "être le cas en toute logique" puisque le foulard sous-tendait obligatoirement "l'abandon de l'individualité et une démonstration d'allégeance fondamentale aux normes et aux obligations collectives".
Afin d'être véritablement françaises, donc, les jeunes musulmanes ont dû renoncer au port du foulard, puisque dans cette optique-là, il était le signe qu'elles n'étaient pas loyales envers la France et qu'elles n'étaient pas des individus à part entière capables de penser par elles mêmes.
La dernière raison, et peut-être la plus dérangeante, de cet acharnement contre le foulard, c'est sa connotation sexuelle.
Ses détracteurs opposaient souvent la tradition musulmane, qui préconise le port du foulard pour limiter la "sexualité dangereuse" des femmes, et la culture française qui "célèbre le sexe et la sexualité comme des notions dénuées de risque social et politique".
En réalité, à la fois la charia et la laïcité stricte ont engendré des systèmes qui privaient essentiellement les femmes de disposer librement de leur corps.
En effet, dans la tradition de l'islam, les femmes sont incitées à être discrètes et à se tenir loin du "tabaruj" (mot arabe, venant du verbe "baraja" qui signifie "afficher", parader et dont le nom pourrait se traduire par "affectation", "ostentation"). (…)
De la même façon, la loi française, s'appuyant sur la laïcité stricte, parlait d'étalage de signes religieux "ostentatoires". En bref, la lutte entre ces deux modes de pensée se livrait sur le corps des femmes.
L'argument sexuel contre le foulard était courant en France en 2003, même si, à cette époque, le terme de "foulard" avait disparu du discours public pour être remplacé par "voile", qui recouvre tout le visage sauf les yeux. C'était faux, mais pas entièrement innocent, bien entendu, parce qu'il donnait la possibilité aux détracteurs de parler en termes de stéréotypes plus généraux de femmes musulmanes comme au Yemen, où le port du voile est prédominant, contrairement à ce qui se passe dans la banlieue parisienne.
Plus récemment, dans une interview à un journal anglais, Bernard-Henri Lévy est allé jusqu'à dire: "le voile est une invitation au viol".
Insinuer qu'une femme invite au viol par la façon dont elle s'habille, c'est pervers, mais Lévy est prêt à toutes les outrances pour préserver l'idée d'une identité homogène de la femme européenne. Dans cette optique, une Européenne n'est pas couverte de voiles, ce qui implique à la fois qu'elle se livre aux regards masculins et qu'elle est libérée.
Il est intéressant également de constater que Lévy exige pour lui-même ce qu'il n'est pas prêt à concéder à d'autres.
En 2004, il a demandé à Andrée Putman, décoratrice-architecte de rénover sa résidence secondaire à Tanger. Cette résidence se trouve à côté du célèbre café Hafa, qui comptait autrefois parmi ses habitués des écrivains comme Paul Bowles Tennessee Williams ou Jean Genet et qui offre une vue incomparable sur la Méditerranée.
Désormais, les clients du café ont la vue sur la baie en partie obstruée par le mur en parpaings érigé autour de la terrasse de Lévy lors de la rénovation de sa maison où sa femme, l'actrice et chanteuse Arielle Dombasle aime se faire bronzer.
Lévy, aurait déclaré qu'il voulait ainsi la protéger du regard des hommes installés au café Hafa. Dévoiler son corps ne marche, apparemment, que dans un sens.
Il y a en France actuellement une vaste hypocrisie qui consiste à invoquer la liberté d'expression quand des dessinateurs de Ch*rl*e H ou de Fr*nce S*ir offensent les sensibilités des musulmans mais à rester obstinément silencieux quand on refuse le droit à une femme de religion musulmane de disposer librement de son corps.
Cela relève de la même hypocrisie quand le champion de foot Zidane est simplement qualifié de "citoyen français" alors que Zacarias Moussaoui est présenté comme "citoyen français d'origine marocaine".
Cela relève de la même hypocrisie quand se constituent des comités de soutien aux professeurs de Flers qui refusent d'enseigner à des jeunes filles qui portent le foulard alors que parallèlement le fait que 40% des jeunes Français (dont beaucoup sont d'origine nord africaine) des quartiers pauvres ne trouvent pas de travail semble complètement occulté.
Cela relève de la même hypocrisie quand on célèbre l'engagement des soldats nord-africains dans la seconde guerre mondiale contre les nazis mais qu'on ne leur verse pas, jusqu'à l'an dernier, la même retraite qu'à leurs homologues français.
Cela relève de la même hypocrisie quand l'humoriste Dieudonné est condamné pour ses remarques ignoblement racistes sur les juifs, alors qu'on absout l'ancien rédacteur en chef du Point, Claude Imbert, quand il déclare: " Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire".
Enfin, cela relève de la même hypocrisie quand on mobilise une énergie intellectuelle démesurée et des ressources publiques énormes pour une poignée d'élèves qui portent un foulard alors qu'on ne fait pratiquement rien pour garantir à ces jeunes filles (dont la plupart sont confinées dans des écoles défavorisées, appelées ZEPs - zones d'éducation prioritaires), les mêmes chances en matière d'éducation et d'emploi que leurs compatriotes de "souche européenne".
Et en fin de compte, les polémiques successives en France ont servi à détourner l'attention sur les vrais problèmes et ont apporté de l'eau au moulin aux fondamentalistes de l'islam, qui recrutent les jeunes en leur disant que la France ne veut pas d'eux. Le foulard en France n'est rien de plus qu'une feuille de vigne: quel que soit le temps qu'on passe à la regarder, on finira par avoir à affronter la crudité du racisme et de la discrimination. Le racisme nu et cru.
Pour paraphraser un autre philosophe français, je ne suis pas d'accord avec le port du foulard, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que les femmes aient le droit de le porter.
Par emcee
http://blog.emceebeulogue.fr/
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mercredi, 07 octobre 2009
Crise en thème
Voilà que l'Automne arrive et que l'on en est à la deuxième année de cette crise sans précédent depuis la dernière guerre mondiale. Heureusement, nous disent nos loyaux représentants politiques, le problème est en voie de règlement et de résorption. Pour le moment, seuls les financiers les croient, pour la bonne raison qu'ils sont à l'origine plus ou moins, de ces paroles de réconfort économique. Tout va bien, laissons les reprendre leur gavage de profits, désormais accompli sur fonds publics, ce qui creuse démesurément les dettes, ce qui entrainera inéluctablement des hausses d'impôts et la réduction des dépenses sociales, avec effet induit d'enfoncer encore un peu plus les catégories populaires et la consommation, donc d'aggraver la crise.
Mais pour qui veut bien prendre la peine de se renseigner, le regard se porte vite vers le large et abandonne les malheureux premiers noyés qu'a laissé la première vague du tsunami financier. Il s'avère en effet que la situation du système est encore pour le moins fragile et sujette à caution, pour euphémiser.
Non seulement les actifs toxiques sont toujours aussi opaques à toute recherche, dénombrement et traitement curatif, à tel point qu'on préfère les glisser sous le tapis en enjolivant les comptes à coup de changement de règles comptables, ou les ensevelir sous les liquidités accordées sans compter par les banques centrales, mais de l'autre côté du système, le chômage augmente implacablement, alimenté par les défaillances d'entreprises en hausse, alimentant l'insolvabilité qui pousse les banques à la faillite, fragilisant encore plus le monde de la finance. Le cercle vicieux se referme...

Les USA, instigateurs et principal moteur du capitalisme financiarisé qui domine le monde depuis le milieu des années 70 n'ont jamais été aussi près de mettre les deux genoux à terre : leur dette publique est faramineuse, les chinois qui en possèdent une large part s'en désengagent doucement mais fermement ; la dette privée est également arrivée à un point maximal, conséquence logique d'un tassement continu des salaires qu'il a fallu compenser par le crédit pour nourrir la consommation, pilier du système. Le pays n'a quasiment plus de marge de manoeuvre et ne compte plus que sur ses affidés (c'est à dire la quasi totalité des pays occidentaux, qui perdraient autant que lui à sa chute) pour cacher du mieux possible la vérité. Lucide mais funeste pari, notamment pour l'Europe qui, si elle s'en donnait les moyens pourraient échapper à un déclin inéluctable, à condition de tourner le dos à une orthodoxie économique dont la créature ne survit plus que par acharnement thérapeutique. Malheureusement et loin s'en faut, l'Union n'en prend pas le chemin et la ratification par l'Irlande du traité de Lisbonne pourrait bien être la dernière victoire à la Phyrrus des européistes avant liquidation totale du projet par obstination idéologique (celle qui a attaché depuis les origines, le boulet du libéralisme économique à l'Europe)
D'aucuns comptent sur la Chine pour sauver la forme actuelle du capitalisme. Quand bien même arriverait-elle à créer véritablement un marché intérieur, elle ne ferait qu'accélérer la chute de l'occident, du moins de ses populations, les multi-nationales elles pouvant tranquillement migrer où bon leur semble, ce qu'elles ont déjà largement fait du reste. En tout cas, nul espoir pour les occidentaux de développer leurs exportations grâce à la Chine qui a maintenant les moyens d'alimenter elle-même son marché, grâce notamment aux nombreux transferts de technologie consentis par les entreprises de l'Ouest et par ses propres progrès scientifiques et techniques.
Il semble que la domination de l'Occident se termine mais peut-on penser raisonnablement que cela ira sans heurts ?

Vouloir maintenir coûte que coûte le système est le pire des choix pour l'éviter alors que l'Occident a encore la force et les moyens en changeant de paradigme social et économique de peser sur un ordre mondial afin de l'équilibrer. Les propositions ne manquent pas afin de stabiliser le système financier depuis la nationalisation de certaines banques (dépôt et crédit) jusqu'à rendre inattractives les opérations financières exigeant des retours sur investissement trop élevés pour ne pas fragiliser l'économie réelle (notamment le financement par levier mais aussi les rendements actionnariaux supérieurs à 8% par exemple. Une mesure comme le SLAM de Frédéric Lordon va dans ce sens, tout comme la proposition d'interdiction des paris sur les prix de Paul Jorion)
Malgré tout il est bien difficile d'être optimiste aujourd'hui tant les relais politiques qui pourraient se saisir des alternatives proposées, à savoir la gauche en général sont au mieux en pertes de repères ou chroniquement entravés par une parcellisation et mésentente coupable, quand ce n'est pas totalement corrompus par des renoncements complets voire des sympathies envers les idéologies les plus libérales. La débâcle de la social-démocratie dont le score piteux du SPD allemand vient encore d'apporter un témoignage parlant, n'est pas à chercher plus loin que dans sa dérive à droite et son acceptation d'un monde au moment où il s'écroule. La victoire apparente des droites elles, si l'on écarte le chiffre pourtant crucial des abstentions, souvent des classes populaires résignées, n'est due elle, qu'au classique recours quasi pavlovien au maintien de l'ordre, alors que celui-ci est pourtant déstabilisé par les politiques néolibérales menées par les droites et gauches de gouvernement depuis trente ans. La logique des votes n'a parfois rien à voir avec la logique...
Le mur se rapproche donc et les espoirs de l'éviter s'amenuisent. D'un côté il semble qu'un monde nouveau ne soit pas possible sans l'effondrement de l'ancien, de l'autre comment ne pas vouloir s'épargner un chaos dont personne ne peux prédire les effets dévastateurs avant que la création ne reprenne le dessus. Guerre, dictature, les deux ?
Y a t'il aujourd'hui des courants de pensée philosophiques résolument novateurs qui pourraient porter une contestation, une révolution ? D'aucuns voudraient réssusciter ou plutôt redéfinir le communisme, le vrai, celui de Marx, celui que prend pour hypothèse plausible un Alain Badiou. Je n'y crois pas, à la fois intuitivement et en raison de contradictions ontologiques dans ce discours : comment le communisme peut-il naître de l'individu, même sous la contingence de nouveaux rapports de production (c'est à dire différents de ceux du capitalisme qu'on suppose effondré) ? Or le communisme étatique a prouvé sa toxicité. Pour ma part je tiendrais beaucoup plus à une sorte de néo-jacobinisme structurant, porté par ses valeurs morales transcendantes, soucieux de réaliser un équilibre (forcément fragile, temporaire, donc à renouveler, et bien imparfait) entre liberté et égalité, étendu à l'échelle du continent. Mais force est de constater que nul intellectuel à ma connaissance ne porte ce message aujourd'hui, ne cherche à explorer à nouveau le chemin de la troisième voie. La France avait presque réussi à la trouver mais la social-démocratie, notamment grâce à ses éléments les plus cyniques, comme Tony Blair, probable futur président du conseil si le traité de Lisbonne est entériné, s'est ingéniée à la pervertir.
La seule quasi certitude qu'il nous reste à ce jour est que le système est touché à mort. J'anticipe sa disparition, en mettant la crise en thème, sans en porter le deuil...

Quelques liens pour obtenir des informations et notamment des chiffres sur la poursuite de la crise (n'hésitez pas à lire les commentaires des articles, souvent très informatifs) :
Blog du Monde diplomatique.net/-La-pompe-a-phynance-
nouvellegauche.fr/blog/2009/09/29/comment-sortir-du-piege/
Nicks
06:00 Publié dans Les Blogs venus d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (286) | Envoyer cette note | Tags : crise, europe, occident, blair, lordon, jorion
mercredi, 02 septembre 2009
Mamadou ou le crédit prison
SI si si, moi je dis qu’il est réconfortant de noter avec quelle conscience civique l’on sauvegarde le meilleur de nos traditions, l’on cultive certains aspects de notre patrimoine quasi génétique et, entre folklore et modernité, l’on affirme nos spécificités françaises sociales et culturelles.
Non je ne parle pas de ces nombreuses et grandioses fresques historico-pyrotechniques, où la France muséifiée, passéiste mais moderne, exhibe en figuration sa population chômeuse et bénévole à des touristes désoeuvrés devant des fours à pain magistralement mis en scène dans des sons et lumières empruntés à JM Jarre au moins.
Non, dans ce pays littéraire, où en chaque français sommeille un Victor Hugo potentiel, je parle de la conservation intacte de cette prédisposition épistolière pour la lettre anonyme, avec ce je ne sais quoi nostalgique de parfum Maréchal, je parle de la conservation dans notre patrie éternelle et malgré le formatage mondialisé de nos valeurs intrinsèques et ancestrales.
Je parle de la pérennisation réjouissante de la délation par exemple.
En cela je félicite particulièrement la direction de l’agence LCL d’Aulnay sous bois, exemplaire et citoyenne, qui perpétue dans la plus pure tradition française, en dénonçant aux autorités policières un dangereux sans papier, le meilleur de nos talents nationaux.
Savoir que cette agence sur l’air entraînant de « Plus plus pour mon crédit mon crédit » a su, de sa propre initiative, monter un véritable stratagème pour capturer et balancer courageusement un bon client certes mais outrageusement clandestin, ne peut que nous réconcilier avec le sentiment patriotique de nos concitoyens zélés.
Car dieu sait s’il en faut du courage pour balancer un esclave, un sous citoyen, un marginal sans droits, un mauvais français même pas français, et si ça se trouve, dans le plus grand des désintéressements, sans même toucher une com sur son compte, juste par devoir et conscience de l’intérêt national avec ce sentiment légitime qu’il est toujours sain et rassurant de haïr plus pauvre que soi.
Mamadou ne sachant trop, que demander de plus à son argent, LCL attentif, toujours à l’écoute du client à trouvé la réponse adaptée : le crédit prison. Un nouveau produit carceralo-financier montrant s’il en était nécessaire, l’incessante créativité de nos géniaux spéculateurs.
Que LCL soit ma banque, ne peut que me réjouir davantage, et mieux me faire relativiser les agios réglementaires de mon découvert abusif. Car par ce geste civique d’une grande élégance, la gente banquière nous révèle combien elle peut être au-dessus de toutes les infamies et turpitudes qu’on lui prête, proche des braves gens, honnêtes et légalistes, et mériter amplement pour les meilleurs d’entre eux, une juste récompense sous forme de bonus revigorants.
Décidément oui, les banquiers ont l’art de se rendre sympathiques et je comprends mieux la présidentielle indulgence envers ce corps de métier qui ne sait que faire pour être apprécié à sa juste valeur.
tgb-rue affre
photo : D.A
06:10 Publié dans Les Blogs venus d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (132) | Envoyer cette note | Tags : tgb, lcl, sans papier, délation, besson
jeudi, 14 mai 2009
Corrigé du test – êtes vous gentilsémite ?

1 – Il fallait naturellement cocher la case A (2pts) le nouveau super méchant, remplaçant officiel du moustachu Saddam et la case C (1Pt) même si ça commence à sentir le réchauffé. A proscrire absolument la réponse B (0 pt) puisqu’il est bien normal d’envoyer une bombe atomique sur les barbares de Gaza – la preuve ? même sa bien pensance BHL n’a pas réagi à cette sympathique proposition. C’est pas une preuve ça ?

2 – Evidemment Réponse A (2pts) éventuellement C (1pt) pour faire plaisir à Pierre Lellouche – Certainement pas B (0pt) vu que la bombe israélienne est gentille, polie avec les victimes, et s’essuie toujours les pieds avant d’exploser ; un peu comme Tsahal.
3 – réponse A (2Pts) cela va de soi. (c’est déjà fait) Glucksmann qui voit de l’épuration ethnique partout sauf en Cisjordanie mérite naturellement son petit ruban rouge. Barbelivien C (c’est fait aussi) (1pt), En regrettant qu’il n’ait pas composé un admirable duo avec Carla. En aucun prix réponse B – Rony Brauman (0pt) « Ce traitre » selon Adler, qui porte en lui « la haine de soi » selon BHL. « Il faudrait inventer n’importe quoi pour le faire souffrir » comme le dit justement l’impayable prix Nobel de la paix, Elie Wiesel en parlant de Madoff chez qui, il faisait fructifier l’argent de sa fondation.

4 – réponse A (2pts) bien évidemment – dénoncer Bernard Kouchner et ses petites distorsions à la déontologie ne peuvent être que de l’infamie antisémite ou reponse B (1pt) une tentative d’écorner son image humanitaro pleurnicheuse option Birmane. De la morale ? C (0pt) – Pas utile Rama Yade a déjà tout moralisé toute seule.
5 - Réponse B (2pts) mais les médias vous ont beaucoup facilité la tâche – Si vous croyez vous en sortir avec la réponse A (0Pt) c’est raté – en effet Karl Marx est l’auteur de « la question juive » considéré comme un texte antisémite. En revanche Avigdor Lieberman C (0pt) ancien videur de boîte de nuit et ministre des affaires étrangères n’est pas méchant. Juste soupe au lait.

6 – Réponse A (2pts) 10 manifestants pacifiques à Valls les Bains auraient conduit le méchant comique à annuler son spectacle hilarant et génial. Défendons la liberté d’expression, pour une des plus belles consciences du paf à cerveau disponible. Réponse C (1pt) acceptable car il serait dommage qu’après « chouchou » et « coco » ce brillant artiste discret ne puisse produire son prochain opus « coucouche » La réponse B est éliminatoire.
7 - En toute connivence avec l’intuitif libéral Delanoë c’est évidemment la réponse A (2 pts) éventuellement la réponse Soubirette C (1pt) En aucune manière la réponse B (0pt) Et d’ailleurs un palestinien a-t-il une âme, et si oui, peut il revendiquer sérieusement la nationalité française ?

8 - Sans hésitation, il fallait cocher la réponse A (2pts) – d’ailleurs la tribu est déjà dissoute. (Pas dans l’acide mais on le déplore). Eventuellement mais ça n’a rien à faire là, on peut dissoudre aussi les petits chanteurs à la croix de bois, ça débarrasse toujours B (1pt) mais on conserve absolument le BETAR C, sinon comment poignarder des commissaires en toute impunité ? (0Pt)
9 - Là, sans problème on peut tout cocher ABC (2pts). Si en plus, vous avez acheté l’œuvre complète du Maître (le lire est facultatif) alors vous doublez vos points.

10 - Réponse A bien sûr (2pts) – Pour une fois qu’on a un exemple de fine diplomatie dont n’oserait même pas rêver l’Iran, on ne va pas faire les chochottes. B (0pt) Si, dans un moment d’égarement, vous avez osez choisir cette option, les USA posent leur veto immédiatement ; vous êtes bien avancé.
11 - A naturellement (2pts) puisque sa femme apprendrait brutalement qu’Arafat est mort du sida et qu’il marchait (comme tous les arabes) à voile et à vapeur – B (1pt) est admissible car de toute façon, Yasser n’était pas un interlocuteur fiable. C (0pt) le Mossad est déjà derrière votre porte.
12 - ABC (2pts) car tous les trois, sont, les plus grands philosophes français de tous les temps et si vous n’avez rien côché du tout, m’étonnerait pas que vous ayez déjà fait l’acquisition du dernier Alain Badiou, « l’hypothèse Communiste » Fort heureusement pour l’avenir de notre belle patrie, vos SMS bolcheviques sont déjà filtrés et surveillés par l’auxiliaire zélé et civique du pouvoir, la maison "Bouygues brother", abrutisseur charitable de père en fils.
13 - Les réponses A et C vous rapportent (2pts)
(dans le doute misez toujours sur Lefebvre vous êtes sûr d’être dans la pure doxa). Pour la réponse B (0pt) vous êtes aussi irrécupérable que Pascal Boniface qui, pour avoir eu l’outrecuidance de poser cette question dans un ouvrage, fut justement lynché médiatiquement en place publique.
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Plus de 20 points ? bravo avec un peu de bol, et si, dans votre équipe, vous trouvez un salaud d’antisémite qui, circonstances aggravantes, s’en prend carrément au dauphin, dénoncez le sans hésiter ! Avec quelques chroniques flagorneuses, un kit de citations de Spinoza et deux ou trois caricatures islamophobes tirées d’un journal d’extrême droite, vous devriez finir à la direction de France inter. Vous aurez alors la chance, de virer un ennemi antisémite/antisioniste (kif kif bourricot) à savoir, l’immonde crapule islamo fasciste : Daniel Mermet.
Entre 10 et 20 points ? – un bon stage de remise à niveau avec sa suffisance boursouflée Adler vous fera le plus grand bien.
Moins de 10 points ? : vous êtes un dangereux rouge-vert-brun souffrant du syndrome munichois à la solde des terroristes islamistes et autres Tarik Ramadan. Je parierais même que vous n’achetez pas Charlie Hebdo mais que vous êtes abonné à Siné Hebdo. C’est dire si vous êtes une belle ordure judéophobe.
tgb
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mercredi, 13 mai 2009
test : êtes vous gentilsémite ?

test
1) quelle citation doit légitimement vous scandaliser ? :
A) - «…Ils (les alliés) ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et du monde de l’Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée» Mahmoud Ahmadinejad
B) - Nous devons combattre le Hamas comme les Etats-Unis ont combattu les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale" Avigdor Lieberman
C) - les chambres à gaz, un détail de l’histoire…Jean Marie Lepen
2) Quelle bombe atomique vous paraît absolument inadmissible ?
A) - la potentielle bombe iranienne ?
B) – l’officieuse bombe israélienne ?
C) - l’arme de destruction massive ?
3) A qui donneriez vous la légion d’honneur ?
A) - à André Glucksmann néocon à frange ?
B) - à Rony Brauman libre penseur ?
C) - à Didier Barbelivien non auteur non compositeur non interprète de non talent ?
4) Considérez vous que dénoncer un ministre des affaires étrangères français qui utilise son rang pour s’enrichir en Afrique et promouvoir sa femme à la direction de RFI-France 24 est :
A) - de l’antisémitisme pur ?
B) - un affront à sa légitime popularité ?
C) - de la simple morale élémentaire ?
5) Quel barbu doit être nécessairement le nouveau méchant de service ? :
A)
B)


6) Quel comique pas drôle est victime d’une odieuse censure médiatique ?
A) - le zigoteux Arthur ?
B) - le rigoleux Dieudonné ?
C) - leroidelapromeux Gad Elmaleh ?
7) Quelle personnalité, mérite, à votre avis, d’être fait citoyen d’honneur de la ville de Paris ? :

A) le prisonnier de guerre franco israélien Gilad Shalit ?
B) le prisonnier politique franco palestinien Salah Amouri ?
C) l’ex otage hallucinée franco-colombienne Ingrid Betancourt ?
8) Au moment où le gouvernement français s’apprête à légiférer sur les « bandes », quel groupe radical doit être dissout en priorité ? :

A) - la tribu ka de Kémi Seba (déjà dissout) ?
B) - les petits chanteurs à la croix de bois ?
C) - la ligue de défense juive ? (interdite partout sauf en France)
9) Vous trouvez particulièrement pertinent que BHL
A) fasse une leçon de morale enflammée à l’ambassadeur autrichien dont le gouvernement s’allie avec l’extrême droite de feu Haider ?
B) soit en vacances lorsque l’extrême droite israélienne co-dirige le gouvernement Netanyahou ?
C) Apprécie le président qui s’inspira de l’extrême droite française pour créer le « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » ?
10) - quel programme politique trouvez vous le plus modéré ? :
A) Bombarder le barrage d'Assouan
- Utiliser l'arme nucléaire sur Téhéran et sur Gaza
-Expulser tous les Palestiniens d'Israël qui refuseraient de prêter un serment de loyauté à l'Etat juif,
- Noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la Mer morte
- Exécuter les députés palestiniens à la Knesset qui ont des contacts avec le Hamas ou qui ont commémoré l'expulsion de 1948,
- « Echanger » la Galilée contre les implantations en Cisjordanie pour faire un Israël « ethniquement pur ». (Avigdor Lieberman)
B) Faire appliquer les résolutions de l’ONU sur le principe de la coexistence pacifique de deux états viables.

11) Cinq ans après la mort d’Arafat on ne connaît toujours pas la cause du décès?
A) Par pudeur envers sa famille ?
B) Parce qu’on s’en fout ?
C) Parce qu’on n'a pas trouvé l’antidote ?
12) Quel est pour vous le plus grand philosophe français de tous les temps ?
A) BHL ?
B) Glucksmann ?
C) Fienkielkrault ?
13) Considérez vous :
A) Que l’antisionisme est le faux nez de l’antisémitisme ? (Frederic Lefevbre)
B) que l’on peut critiquer Israël sans être antisémite ?
C) qu’un gentilsémite est forcément gentilsioniste ?
Réponse au test dans deux jours
tgb
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vendredi, 26 septembre 2008
Hémiplégisme
Le 6 mai 2007, les Français ont élu à une confortable majorité celui qui est donc aujourd’hui notre président. Le candidat vainqueur est issu d’un courant de la droite assez jeune en France, qui assume pleinement à la fois son néo-libéralisme et son néo-conservatisme. Quand je dis assumer, c’est évidemment dans l’entre-soi. Les Français n’étant pas encore convertis au libéralisme économique, loin s’en faut, le discours politique diffusé par cette mouvance est des plus hypocrite. Mais plus encore, il joue sur l’omission.
Car en effet, l’ex maire de Neuilly a gagné la présidence sur le programme le plus à droite qu’un homme politique ait proposé depuis la fin de la deuxième guerre mondiale (j’aurais pu dire seconde mais voyez-vous…). En face, c’est un électorat rongé par les peurs et les doutes nés de la mondialisation, oppressé par la nouvelle donne économique qui précarise et appauvrit (qui déclasse pour le moins, quand il n’y a pas appauvrissement réel) qui l’a porté au pouvoir. Il y a encore une dizaine d’années, le réflexe de ces gens aurait été de se tourner vers la gauche, garante de la protection des plus faibles, préceptrice d’un modèle économique moins darwinien, plus équilibré, plus durable pourrions nous dire en ces temps où l’écologie essaie tant bien que mal de se frayer un passage dans la jungle des prédateurs politiques.
Pourtant le héraut de la droite décomplexée a gagné haut la main en proposant un programme économique, qui sous quelques paravents volontaristes et populistes, s’appuyant sur une dialectique de la rupture (contre-révolutionnaire maquillée), est clairement destiné a laisser les mains libres à la classe dominante d’étendre sa puissance, au détriment de quasiment toutes les autres catégories de population : celles qui ne sont pas méritantes, qui ne veulent pas assez s’en sortir, sont coincées dans des schémas de pensée archaïques. Pour résumer la majorité de la population a voté pour instituer un ordre qui privilégiera une infime minorité parmi elle et en marginalisera une grosse partie, laissant l’entre-deux dans une situation très difficile.
Comment ce tour machiavélique a t’il pu être joué aux citoyens ? Comment peut-on amener des gens a voter avec enthousiasme contre leurs intérêts économiques et en faveur d’une destruction de leur mode de vie ?
Une bonne partie de la réponse se trouve dans le livre de Thomas Frank,Pourquoi les pauvres votent à droite : comment les conservateurs ont gagné le cœur des Etats-Unis (et celui des autres pays riches)
Ce qui s’est passé aux USA, malgré quelques spécificités bien de chez eux a été , un peu comme à peu près tout le reste, exporté chez nous et à la lecture du livre on voit bien les analogies entre les techniques des ultra-conservateurs pour se fédérer les classes populaires et celles à l’œuvre chez le commandant en chef de l’Ump et de ses fidèles (ou pas) lieutenants.
Depuis une trentaine d’années, l’avènement de la nouvelle donne économique née du consensus de Washington, ce que l’on appelle aujourd’hui plus ou moins pertinemment le néo-libéralisme a été de pair avec une révolution néo-conservatrice, les deux mouvement s’entretenant l’un-l’autre, dans une imbrication qui sent bon la convergence d’intérêts. Un phénomène assez logique dans la mesure où ce sont les mêmes qui ont lancé et l’une et l’autre. La seconde permet de faire oublier les effets économiques de la première sur les classes défavorisées et moyennes et la première alimente la grogne et le ressentiment qui va nourrir la seconde.
Thomas Frank décrit et analyse ainsi ce paradoxe assez gigantesque qui voit les américains assister « à une révolte qui ne profite qu’à ceux qu’elle est censé renverser. Les travailleurs en furie, forts de leur nombre, se soulèvent irrésistiblement contre l’arrogance des puissants. Ils brandissent leur poing au nez des fils du privilège. Ils se gaussent des affectations délicates des dandys démocrates. Ils se massent aux portes des beaux quartiers et, tandis que les millionnaires tremblent dans leurs demeures, ils crient leur terrible revendication : « laisser-nous réduire vos impôts ! » »
La dimension essentielle de cette révolution est culturelle et profite du dévoiement du parti démocrate, la « gauche » américaine qui comme son homologue française s’est peu à peu vautrée dans la notabilisation, s’est couchée face à la mondialisation néo-libérale et s’est recroquevillée dans la défense des « discriminations », c’est à dire en évacuant la question économique de son domaine d’action. La gauche est donc vue aujourd’hui comme une formation qui ne se préoccupe que des questions de mœurs.
Les conservateurs républicains ont parfaitement deviné quel profit il pouvait tirer de ce retrait de la gauche et de sa distanciation progressive des questions sociales. Force est de constater qu’ils ont réussi et qu’ils se sont attaché une grande partie des classes populaires, lassées de constater le désintérêt de la gauche pour leurs conditions de vie, excédées de ne la voir bouger que pour ce qu’ils perçoivent comme des préoccupations de riches : la culture, la défense des minorités sexuelles et raciales. Pour l’américain moyen, l’honnête travailleur est laissé en pâture, son mode de vie traditionnel est menacé par les élites cosmopolites qui entraînent inéluctablement la décadence de la grande Amérique, pieuse et laborieuse, celle des vrais hommes, qui n’aiment pas le latte et la culture française..
Bien entendu, les fondements culturels Etats-uniens sont quand même assez différents de ceux de la France, notamment dans le domaine religieux et la haine de la culture humaniste, donc largement ouverte sur le monde, n’est pas aussi développée chez le paysan des Alpes que chez celui de l’Arkansas. Pourtant, il est frappant de constater comment la droite américaine et son homologue française, par émulation pour cette dernière, ont parfaitement su se servir du profond fléchissement idéologique de la gauche, pour l’attaquer là ou sa défense est traditionnellement la moins efficace : la question culturelle, le problème des valeurs, la sécurité physique : en gros, le conservatisme politique.
C’est ainsi que pour éviter de parler des salaires, le mari de Carla Bruni a agité la valeur travail. Le travailler plus gagner plus n’était pas une solution économique aux problèmes financiers des gens, mais une approche culturelle. Si vous le voulez, si vous vous investissez alors vous gagnerez plus et vous serez plus estimable que ceux qui, glorifiant l’oisiveté, vivent de vos impôts avec les minima sociaux. Cette approche francisée s’inspire complètement de la théorie du workfare state, édictée pendant les années Reagan et se drape pour cacher son identité violemment conservatrice et réactionnaire sous les paravents de la défense de valeurs traditionnelles populaires, mises à mal par Mai 68 (les années 60 de tous les relâchements aux Etats-Unis).
Ce qui est contenu dans cette attitude politique c’est la polarisation de l’amertume des classes populaires non pas vers la minorité dominante mais vers ceux qui sont en dessous : les oisifs, les parasites, les assistés. Les responsables de votre situation, ce sont eux disent nos décomplexés de la droite, pas ceux qui créent de l’activité et de la richesse, qui ne récoltent que le fruit de leurs mérites. Car tous, vous pouvez accéder à ce statut si vous le voulez vraiment et si vous vous débarrassez des inactifs, des improductifs (dont les fonctionnaires) qui sucent vos impôts comme des sangsues gauchistes qu’ils sont. Bien entendu, pas un mot sur le système économique mis en place par les possédants, l’emploi précaire et sous-payé corollaire des systèmes de management mis en place, de la financiarisation qui d’une part pressure industriels et employés, d’autre part édifie une construction consumériste qui tient uniquement sur le crédit, avec l’instabilité que cela suppose, comme nous le montre la crise des subprimes qui menace aujourd’hui l’économie mondiale.
Bien plus, les conservateurs alliés aux fondamentalistes religieux, non contents d’évacuer les responsabilités du marché libre (qu’ils favorisent autant qu’ils le peuvent), sur les conditions de vie des classes populaires et sur le prétendu délitement moral de l’Amérique, s’ingénient à se décrire comme persécutés par une élite démocrate quasi aristocratique et contrôlant tous les rouages du pouvoir financier, industriel et culturel aux Etats-Unis. Personne ou presque ne leur fait remarquer que les Républicains ont occupé la Maison Blanche 28 ans sur 40 depuis 1969. Pas davantage pour remarquer que les pontes politiques ultra-conservateurs sont la plupart du temps riches à millions, fréquentent les mêmes lieux et ont quasiment les mêmes mœurs que leurs collègues du parti de l’âne.
C’est ainsi que les républicains se victimisent systématiquement, alimentant une théorie du complot démocrate et de l’anti-amérique, alors mêmes qu’ils tirent la majorité des ficelles aujourd’hui. Mais ils ont pour le moment gagné la bataille des idées qui les range aux côtés des plus humbles. Ces derniers censés aspirer à plus de dignité appuient donc, avec souvent une force militante assez impressionnante ceux qui les en privent toujours davantage (il suffit parmi tant d’exemples de regarder la répartition revenus du capital/revenus salariaux qui a progressé de 10% vers les premiers depuis trente ans en Amérique comme ailleurs).
Tous ces paradoxes sont décrits par Thomas Frank dans son livre. Sa vision acérée est dépourvue de tout sectarisme, ne stigmatisant pas plus que de raison le peuple des états rouges (républicains) dont il essaie de décortiquer la logique pour mieux en exposer à la fois souvent la sincérité mais aussi ses effets contre-productifs, produits des manipulations et du cynisme des grands leaders politique de droite, fondamentalistes par opportunisme.
Sa parole a d’autant plus de poids qu’il est allé se fondre dans ce milieu et s’entretenir avec ses différentes composantes, depuis l’ouvrier de l’usine Boeing de Wichita qui préfère fustiger l’arrêt « Roe vs Wade » de la cour suprême légalisant l’avortement plutôt que de s’en prendre à l’entreprise aéronautique qui s’est livrée à un odieux chantage à l’emploi, jusqu’aux différents candidats républicains aux élections du Kansas. C’est cet état, dont l’auteur est natif qui sert d’espace expérimental à ses propos. Lui-même ancien ultra-conservateur dans sa jeunesse des banlieues dorées de Kansas City, a fait un chemin que peu ont suivi dans le même sens à son époque, à savoir basculer à gauche (Il écrit dans le Diplo aujourd’hui). Il montre avec beaucoup de perspicacité, avec une ironie qui permet d’alléger quelque peu la démonstration, comment un état pionnier dans la défense des plus fragiles au moyen de l’action collective (le populisme de gauche au début de siècle dernier) a pu se vautrer dans un ultra-conservatisme néo-libéral pro-bushiste.
Pourquoi les pauvres votent à droite est une excellente analyse du basculement politique des classes populaires. La préface de Serge Halimi se charge de faire le parallèle avec la dernière élection présidentielle en France. L’explication de la victoire des conservateurs est très pertinente mais elle contient dans son argumentation les raisons de la défaite de la gauche : la démission.
Quel avenir a-t’elle aujourd’hui alors qu’une fois de plus mais dans des proportions inédites, la crise financière actuelle vérifie le principe néo-libéral de socialisation des pertes, que la précarité est censée être la vie, selon les dires d’une dirigeante syndicaliste patronale, qu’une majorité de la population des pays développés est menacée de déclassement pendant qu’une infime minorité dirigeante l’exploite et l’instrumentalise ? Comment peut-elle rester silencieuse alors que des sommes astronomiques vont être levées pour corriger l’impéritie d’une caste financière avide et amorale, alors que le centième de cet argent pourrait éradiquer la faim dans le monde, garantir la pérennité des services publics et des systèmes de protection sociale ? Comment ne peut-elle pas sonner la charge alors que le système néo-libéral vient une fois de trop de démontrer que ses failles sont bien trop grandes pour être acceptables ?
Peut-être parce qu’elle n’est tout simplement plus de gauche…
Nicks
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lundi, 15 septembre 2008
D'jeuns enseignant(e)s, la Révolution peut commencer avec vous

Bon, en fait, tout bien pensé, ça me saoûle de devoir mettre des (e) partout pour ces dames - et pourtant Dieu (qui n'existe pas) sait que je suis une fille femme ! - donc - et je ne m'excuse même pas - je vais écrire cette lettre aux d'jeun's enseignants, en englobant dans ce masculin grammatical les donzelles, fâââmes, filles, nénettes, les brunes, les blondes et même les rouquines...
Très chers (mouarf) d'jeun's enseignants de France,
vous le savez maintenant (au moins parce que, en cette période de rentrée scolaire, vous avez du essuyer les ronchoneries, noeillades obliques et autres petites réflexions d'humeur de vos colllllllllègues moins d'jeun's), vous allez recevoir sur votre compte en banque, à la fin du mois de novembre, la somme de 1.500 euros (au fait, net ou brut ?) pour vous acheter féliciter d'avoir choisi cette noble voix voie de l'Enseignement.
Il paraît que vous êtes 20.000, répartis sur le territoire de notre beau pays en récession, à avoir su lire en eux-mêmes l'appel de la jungle du savoir à transmettre, l'appel d'une vocation qui va les conduire vers tout ces enfants en quête de connaissances, de "aide-moi, ô toi instituteur, à devenir un être pensant et donc libre". Môa je dis, c'est beau, ça n'a pas de prix... Et ben si, PAM, le prix de toussa, Messieurs-Dames, est de 1.500 euros...
Très chers d'jeun's enseignants de France, mes amis, mes frères (ouèp, avec des géniteurs profs, j'aurais tout aussi bien pu faire partie de votre bande, mais, à l'heure qu'il est, je n'aurais pas décroché le pactole Darcossien... C'est dire si j'ai bien fait de résister à la névrose vocation familiale), vous qui avez fait votre première rentrée, fébriles, anxieux, angoissés même - allez savoir - sous les feux des projecteurs, sachez que je vous respecte, que je vous admire parce que je sais que vous êtes plein d'espoir, de volonté de "faire bouger les choses" ; vous n'êtes pas de ceux qui choisissent de devenir enseignants pour profiter des nombreuses semaines de congés (nan, nan, nan, tsssss aux mauvaises langues), ni même pour être assurés d'avoir un emploi stable et indéboulonnable. J'ai foi en vous. Je sais que mes enfants peuvent compter (un, deux, trois) sur vous. Je suis convaincue (en tant que femme, ce mot me fera toujours rire) que sommeille en vous une âme de dissident, oui, l'âme de celles et ceux qui, parce qu'ils ont un cerveau et qu'ils/elles s'en servent, refusent la folie de ce monde, les mesquineries méprisantes des Pouvoirs Publics. Vous n'êtes pas de ceux que l'on achètent, vous n'êtes pas de ceux qui placent leur rêve en-dessous de l'argent, vous n'êtes pas de ceux qui acceptent d'être humiliés...
Je vous connais, je vous espère et, chaque matin, en ouvrant les journaux qui tombent mollement sur mon burlingue, j'attends de lire ces lignes : "Jeté de gant à la face du gouvernement : les d'jeun's enseignants lui ont tous renvoyé leurs 1.500 euros avec un mot manuscrit dans chaque enveloppe : NOUS NE SOMMES PAS À VENDRE ! ou encore VAS-Y XAVIER, TROIS ZÉROS DE PLUS, COMME EN 1998 ! ou encore T'AS VOULU NOUS MUSELER XAVIER, ON VAUT MIEUX QUE çA !"
Ma foi, ça aurait de la gueule. Pas de manifestation, pas de descente dans la rue, pas de heurts, les cours seraient assurés, les enfants préservés, les anciens auraient la larme à l'oeil et, au lieu de gagner 1.500 euros - certes un mois de salaire en plus ce n'est pas du luxe en ces temps rudes etc'estpasfini - vous gagneriez bien plus, oui, vous gagneriez d'être à la hauteur de ce que nous devrions tous être : des individus libres qui refusent l'asservissement au profit de ceux-là mêmes qui nous poignardent chaque jour un peu plus.
C'est donc un appel vibrant que je lance vers vos consciences encore d'jeun's et donc, j'ose le croire, pas encore complètement détruites par la honte, le découragement, les désillusions, la peur vissée au ventre (liste non exhaustive) : Cet argent ne vous manquera pas, vous ne savez que vous allez l'avoir que depuis peu de temps. Ne laissez pas vos cerveaux croire que ces 1.500 euros vous apporteront quoique ce soit de plus alors qu'ils ne vous sont versés que dans un désir de vous emmener vers le moins. Libérez-vous et donnez l'exemple... C'est aussi pour cette raison que l'on devient prof... Montrez que l'instituteur peut fort bien remplacer le curé !

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vendredi, 18 janvier 2008
Tartufland
ce.C'est même à ça qu'on les reconnaît…
Les hypocrites.
On peut être persuadé à coup sûr que l'évangélique de la haute morale acrobatique et tout en dividendes puritains cache au fond de son placard, entre deux strings, quelques belles saloperies inavouables.
Les Savanarole maniaques de l'allumette, les VRP du lance-flamme et de l'extincteur deux en un, les sauveurs de la grande Arche de Zorro faisant du néo-colonialisme sans le savoir, les experts BHL de la gare de triage à la grande foire aux victimes idéologiquement rentables, les téléthonniens humanitaires du show-biz compassionnel sponsorisés par la star Ac, les rentiers de l'ingérence caritative et de la charité bien ordonnée, les dames patronnesses de la banlieue ouest propriétaires officielles de pauvres agrées (mes pauvres), les haut commissaires à la solidarité active (quid d'une solidarité passive ? ) ont dans le grand théâtre de la sensiblerie télévisuelle et audimatée et dans le registre – touche pas à mon génocide - la larmichette facile et la glande lacrymale entraînée.
Normal : c'est Kouchner qui coache.
Mais plus foutage de gueule que Guy Moquet au Fouquet's y a t'il ?
Oui Il y a.
Un exemple récent et particulièrement obscène : George W. Bush au mémorial Yad Vashem.
Pendant que le criminel de guerre yankee, le dégaîneur du derrick texan, qui s'il était le vulgaire boss d'un pays faubourien pourrirait dans une chambre froide en attendant le TPI, regrette, l'œil tout mouillé, que L'US Air Force n'ait pas lors de la dernière guerre mondiale bombardé Auschwitz pour s'opposer à 'la solution finale de la question juive', il oublie bien volontiers de restituer le chèque de grand papa Bush tiré sur le compte des déportés d'AUSCHWITZ-BIRKENAU condamnés aux travaux forcés.
1, 5 millions de dollars provenant de la Consolidated Silesian Steel Company, hérités dans les années 80, et que Georges père avait eu la décence de refuser.
Pas junior.
- les bons comptes font les bons amis - dixit la momie de Sharon
Si on n'est certes pas responsables de l'insanité scabreuse de nos aîeux – en l'occurrence ici un grand-papa collabo de nazi enrichi sur des monceaux de cadavres – on n'est pas non plus obligé d'en accepter l'argenterie.
Qu'on soit sincèrement bouleversé devant un mausolée consacré à un monstrueux génocide, laboratoire industrialisé d'une extermination raciale est la moindre des choses, mais que le cuistre du puritanisme pétrolé, que le born again de mes deux guerres impériales verse, du haut de son mirador, une larme de crocodile (ou pas) sur l'origine de la fortune de la dynastie Bushienne me laisse quant à moi perplexe.
Point focal du realpolitik gerbant ou de la schizophrénie nauséeuse.
Je sais bien que le pouvoir Israélien, fabriquant besogneux de bantoustan palestinien et de quelques réserves zoologiques d'indigènes arabes,
histoire de....
a, par les temps qui courent, les amis qu'il peut.
Pas sûr que ce mauvais ami compatissant° vaille un bon ennemi.
- °on notera d'ailleurs que W fit l'honneur à Arafat de ne pas s'arrêter sur sa tombe, c'eût été insultant pour Yasser
tgb
http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/
10:45 Publié dans Les Blogs venus d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (71) | Envoyer cette note | Tags : Bush, morale, Palestine, Israel
jeudi, 10 janvier 2008
Fumons heureux en enfreignant la loi !
Votre Village continue d'évoluer. Aujourd'hui, nous inaugurons une nouvelle catégorie. Celle des "Blogs venus d'ailleurs". Parce que nous ne saurions nous limiter à nos seuls écrits, parce que ne mettre qu'un lien vers un texte interessant (autre qu'un article de presse), ne donne que l'aura frelatée d'explorateur de la blogosphère, parce qu'enfin, nous sommes un Village ouvert sans exclusivité, ni primeur dans les écrits et que nous jouons volontiers le rôle de relais sur la toile. Cette rubrique comme la "banque d'images" du week-end s'enrichira régulièrement par des coups de projecteurs sur d'autres blogs dont nous reprendrons, avec l'accord de leur auteur bien entendu, un texte.
Si vous voulez nous signaler un blog ou si vous-même en tenez un, n'hésitez pas à nous contacter.
Le Village
Fumons heureux en enfreignant la loi !
Quoi qu'en dise Aristote et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac.
(Molière, Don Juan, acte I, scène I.)
«Les fumeurs sont plus minces, plus actifs et moins dépressifs que les autres»
(mon médecin)
De tristes puritains nous interdisent désormais le café clope au bar, la cigarette de fin de repas au restau, la pipe avec le whiskey irlandais... Alors, bien que farouche défenseure du service public, je vais faire l'éloge d'une institution privée.Le club.
Version british, ou mieux révolutionnaire...
D'abord, par quelle aberration une café, bar, discothèque est-il qualifié de lieu "public?"
Il s'agit d'un commerce, bien évidemment en tant que tel, ouvert au public. Mais d'une entreprise éminemment privée.
Dans laquelle les humains faillibles que nous sommes, sur fond de loyers exorbitants dans les grandes villes, se réfugient pour refaire le monde autour d'un verre, (autrefois d'un cendrier), tout en lançant des œillades qui se voudraient discrètes au beau brun ... (ou à la belle rousse...)* accoudé(e) au bar.
Bref, pour satisfaire un désir aussi socialement, politiquement, culturellement et sexuellement vital que la discussion de bistrot, nous n'avons eu d'autres choix, jusqu'à présent, que d'aller au bistro.
Quel manque d'imagination...
Et si , en cet anniversaire de mai 1968, on s'inspirait des révolutionnaires?
Et des Anglais (les deux n'étant d'ailleurs pas rigoureusement incompatibles).
Réinventons les clubs!
Non, pas les tristes "clubs privés" à l'œilleton digne d'une prison moyenâgeuse!
Les vrais clubs.
Avec des Jacobins et des fauteuils Chippendales.
Des révolutionnaires et des joueuses de flêchettes irlandaises;
Des conspirateurs et des maîtres d'hôtel façon "very good, Jeeves". Des fumeurs, des amateurs de Bordeaux, des dégustateurs de whiskies ou whiskey.
Donnons un coup de jeune à la bonne vieille loi de 1901!
Lançons le club des pétroleuses rouges aimant Miss Marple et les Craven A, le club des intellectuels amateurs de blondes bien roulées, whisky, sexe et rock'nroll, le club des communistes snobs (sur fond de Boris Vian, avec cigares cubains) le club des anars de la Confrérie de Saint-Emilion. Prenons nos cartes d'association, et apportons nos bouteilles!
Vous savez quoi?
D'abord, on boira, moins cher, d'excellentes bouteilles au lieu d'enrichir des boutiquiers sarkozystes, euh, poujadistes, voulais-je dire avec de la bibbine honteusement facturée.
Ensuite, dans les volutes de fumée, on recréera une mythologie intellectuelle du XXIème siècle, sous le regard bienveillant des statues de Saint-Sartre et Saint-Malraux.
Bref, on va se marrer.
En cette période, ça nous changera.
Le XXIème siècle sera intellectuellement, artistiquement, politiquement tabagique, ou ne sera pas.
* Guillemets à compléter selon les goûts de chacun.
10:00 Publié dans Les Blogs venus d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : tabac, interdiction, fumée









