mercredi, 23 novembre 2011
Vies et mort de la social démocratie
La social démocratie malade de la crise
Zapatatero a fait le maximum, mais ça n’était pas encore assez.
Pap’andreou eut la prétention désespérée de s’en remettre au jugement du peuple, il fut honteusement chassé, sous les injures et les quolibets.
Après le post-blairisme de Goudron Brun et tant d’autres succédanés du libéralisme, ce sont donc les différentes moutures réformistes de la droite de gauche qui sont balayées, l’une après l’autre, par le geste de dévoilement du réel et la critique objective de et par la « crise ».
Aux grands maux les grands remèdes : c’est la banqueroute, donc c’est la liquidation . « Tout doit disparaître » de l’état social, et devant la mollesse des fondés de pouvoir des banques on passe aux administrateurs judiciaires européens : le salut des créanciers du libéralisme mondialisé est à ce prix .
Certes les gouvernanceurs de droite de droite, sont également sous l’éteignoir , mais comme le montre encore l’affaissement express du flamby et symétriquement la fin de partouze du berlusconisme : quand les choses deviennent « sérieuses » le choix démocratique est bien vite réduit à l’alternance entre la droite politicienne ou la droite technicienne. Il n’y a plus de place pour la gauche morale, ses médecines douces et ses homéopathes sociétaux. La cure d’austérité carrément allopathique s’impose à tous et partout , avec son régime sévère , et en ces temps de pénurie de valeur, et pour l’administrer efficacement et à la plus grande échelle, la vaseline social-démocrate est jugée superflue et trop coûteuse .
Désormais c’est la rigueur que tu vas sentir passer ma petite démocratie effarouchée, sans préambule ni préservatif, et il n’est plus temps de minauder ou d’essayer d’adoucir les plus pénibles effets de ta soumission obligée. Il faudra bien que tu comprennes et admettes que les gains de productivité n’étant plus en mesure de valoriser le «travail abstrait» , l’alternative social-démocrate est elle-même totalement dévaluée.
Bien utile pour couvrir d’un voile pudique le bradage de l’état social et du patrimoine national, la gauche de droite et de gouvernement a rempli son rôle , en Espagne , en Grèce, en Angleterre, en Allemagne, en France et ailleurs, en faisant plus et mieux que n’aurait pu le faire sa copine de droite « dure ». En Espagne comme partout au monde merveilleux de l’Europe unie par la concurrence libre et non faussée et du démocratisme multimédiatisé, les élections ne peuvent (et ne doivent) rien changer d’autre que les programmes de la radiovision et les liens des clics (« j’aime ») sur fesse bouc. Comme les ibériques le reconnaissent sans fard : « ça ne peut pas être pire ». Une évidence communément admise car chacun voit bien que c’est la contrainte qui va empirer et que les libéraux socialistes n’ont pas plus l’idée de la changer que leurs homologues « de droite ».
En réalité au sein d’une classe politique « de gouvernance » qui n’a plus d’autre projet que celui de syndic de liquidation du libéralisme en banqueroute, le social-démocrate ne peut plus se «différencier» que par le sourire contrit et la chaleureuse poignée de main qu’il accorde devant la porte. Et comme il est quand même « de gauche », il vous consolera en vous expliquant que vous n’êtes plus identifiés comme exploités mais comme exclus, et que c’est le prix à payer pour toutes ces années de bombance aux restos du cœur et de farniente à pôle emploi.
Si vous êtes bien sages on vous laissera vous connecter aux réseaux « sociaux » pour peu que vous vous démerdiez pour payer votre forfait en dealant assez de coke à vos amis fesse-bouc. Et si vous n’êtes pas contents l’oncle Sam viendra avec l’OTAN vous donner de sa trique « chirurgicale » et démocratique !

En attendant, bonne lecture : du livre de Robert Kurz (éditions lignes)
23:12 Publié dans Arts, culture & politique ..., Badiouseries, Economie, humour, politique, société, LA RUBRIQUE D'URBAIN, Les bonnes feuilles d'Urbain | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : kurz, social démocratie, crise, marx
dimanche, 13 novembre 2011
Bienvenu en Ploutocratie
Ainsi, pourrons constater nos fils (et nos filles), le stade suprême du capitalisme fut assurément l’impérialisme , désormais «global» et mondialisé , conformément aux abaques de Marx et Lenine, et sa modalité politique se révélât, au début du XXIème siècle, dans toute sa crudité : la bonne vieille … Ploutocratie.
Le pouvoir explicitement détenu par et pour les riches…
dès lors qu’au monde du totalitarisme réel, celui où la totalité univoque ( du pouvoir de, par et pour la finance) est revendiquée comme forme de l’être social, on ne peut plus se contenter de quelques pays ( à l’instar de ceux de feu le « socialisme réel ») .
La pérennité de l’ordre ploutocratique immanent à la finance capitaliste et à son accumulation de marchandise et de spectacle requiert désormais des mesures d’urgence ( « les marchés sont inquiets » ) , et elles doivent être globales et « mondialisées » .
Le moment est révolu où la superstructure libérale, c’est à dire l’oligarchie financière, devait et pouvait se contenter de placer des «fondés de pouvoir» symboliques aux postes de gouvernement des états.
Désormais , devant les exigences de la situation, les masques tombent : ce sont des banquiers « de métier » qu’il faut clairement mettre aux commandes de la gouvernance.
Ce moment est celui de la fin d’une période de 40 années, d’une époque qu’on peut sans doute désigner comme celle du « matérialisme démocratique » qui affirme selon Badiou :
« Il n’y a que des corps et des langages ».
Ce qui, comme le résume assez bien son meilleur vulgarisateur Quentin Meillassoux :
« renvoie aussi bien aux philosophies vitalistes post-deleuziennes, qu’à la post-modernité, entendue comme relativisme historique et langagier.
Badiou, en gros, vise de la sorte tout relativisme langagier, culturel ou historique : toute croyance qu’il n’existe aucune vérité susceptible de traverser la particularité d’une époque, d’un milieu, d’un jeu de langage. »
autrement dit le « deleuzo-foucaldisme » de nos clercs , mandarins , politiciens , journaleux et médiacrates hexagonaux de tous poils, au pouvoir politique et symbolique ces 40 dernières années, et à ces divers titres chargés de nous re-présenter ( à nous-mêmes) .
Une époque qui vit s’affronter ces post-modernes et leurs homologues nouveaux-philosophes en une palinodie proprement idéale pour la superstructure d’accumulation capitaliste qui s’agençait dans le même temps autour des «marchés».
Rien d’étonnant donc à ce que les ploutocrates ordinateurs de cette superstructure aient promu la néantification politique et sociale portée par ces «intellectuels» désormais «organiques» de la consommation libidinale de masse (et à crédit).
Endettons-nous Folleville, au bénéfice des seuls banquiers, et au prix de l’exploitation décuplée des prolétaires des « pays émergents » ( les nôtres , trop rétifs et coûteux, étant mis au chômage) . Qu’importe que les inégalités croissent de manière exponentielle à l’exacte proportion des profits détaxés et des impôts que les riches ne paient plus , du moment qu’on pouvait jouir sans entrave des bienfaits du libéralisme de marché, désormais protégé de toute velléité séditieuse par l’antitotalitarisme scrupuleux d’élites décomplexées et de politiciens de gouvernement.
Mais voilà … que ça se complique, et même que ça commence à tourner mal. La banque pourrait même bien sauter, et la partie de monoply s’arréter brutalement. La contradiction nodale de l’accumulation capitaliste confrontée à sa limite : comment simultanément rembourser la dette et l’augmenter … Alors tous ces intellectuels organiques et les partis de gouvernement qu’ils inspirent sont un peu dépassés.
Jadis (avant James Bond, papa-des-sous et supermariomonti), dans ces cas difficiles "l’organisation atlantique" faisait appel à des gens comme John Drake * .
Mais John Drake n’était pas banquier europhile, il avait juste un petit chapeau (chic) et une voiture de sport anglaise (décapotable) …

18:47 Publié dans Arts, culture & politique ..., Badiouseries, LA RUBRIQUE D'URBAIN | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : pinçons charlot, dette publique, crise de l'euro
mercredi, 02 novembre 2011
Timeo danaos et dona ferentes

Papandreou en Laoocon renégat, voilà le dernier des effets étonnants de la crisis .
La stupeur est aussitôt suivie de la haine unanime que Virgile déjà dénotait dans la doxa aveugle.
On demeure surtout frappés que dans l’entre-soi des démocrates européens avancés , et quelques soient les motifs et les ruses des Ulysses post-modernes , le recours au peuple pour décider de son destin passe désormais pour le crime ultime.
Les mêmes démocrates de marché qui hier saluaient d’enthousiasme les tartarinades lybiennes ramenant la charia à grands coups de bombe sur la gueule des peuples , sont ceux qui désormais crient haro sur le baudet grec. Tant il est vrai que comme le rappelait fort justement ce bon Karl :
« Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l'incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable . »
Au pays de naissance de la tragédie on ne doit pourtant pas s’étonner que le « caprice des dieux », « l’esprit » dirait Hegel, « l’infrastructure » dirait ensuite Marx, les « faits têtus » conclurait Lenine, subsume la volonté des humains.
Il reste qu’au monde merveilleux de la concurrence libre et non-faussée, le péché contre le saint-Esprit libéral est désormais clairement désigné : c’est l’idée insensée que les peuples puissent contester les combines de leurs ploutocrates au motif de la justice, de l’égalité et de la dignité, bref du bonheur possible et partagé .
Plus que jamais saluons le discernement de celui qui sut informer notre jugement sur l'être social et son devenir :
« À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves.
Alors s'ouvre une époque de révolution sociale.
Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. »
Oui , Karl … jusqu'au bout.

dimanche, 16 octobre 2011
Flamby au dessert
La droite de gauche

C’est donc le menu de la droite de gauche qui a été plébiscité par les « sympathisants » du PS.
Ils auront du Flamby au dessert.
Paraît que ça permet de mieux digérer l’austérité du plat de résistance . Les sympathisants de gauche morale ont décidément des goûts changeants mais sans jamais sortir des préconisations de l’élite médiacratique : de la bravitude à la nullitude il n’y avait qu’une subtile nuance, mais quand même un sorte de hiatus. La contradiction est maintenant dépassée par un nouveau concept qui a un bel avenir parmi les bataillons panurgiques de la gauche de droite ( et réciproquement ) : la mollitude désormais incarnée par un « type normal » .
Le genre clerc de notaire ou pharmacien de père en fils , cher à nos vieux radicaux socialistes de jadis, dont l’insignifiance rassurante les garantit que la classe moyenne sera préservée de tout pénible bouleversement. Que la ronronnante reproduction des charges et privilèges pourra encore quelques temps rythmer la ronde tranquille des cumulards et des ronds de cuirs d’appareil.
Enfin nous voilà entrés (vautrés?) de plein pied dans l’Europe : nous avons notre Barroso !
Nul doute qu’il a l’étoffe pour reproduire avec une belle constance l’insignifiante veulerie de son modèle Bruxellois et, à notre échelle hexagonale, parfaitement rassurer les marchés .
Elections , piège à cons.
Bonus ( pour ceux qui n'ont pas encore compris ce que c'était que l' "être de gauche" ), un peu de théologie négative : l'habitus de la "famille hollande" :
Pierre Bourdieu 1999 Gauche/Droite par scalp85
« Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l’histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »
Karl Marx, Le dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte
Mutatis mutandis, et sur un mode très dégradé, en regard de la grandeur des personnages et des faits : bienvenu en Mollande ...
lundi, 19 septembre 2011
l'identité plutôt que l'égalité
La "question du genre" comme celle "post-coloniale" et les "études" qu'elles suscitent encore (en dépit du délabrement concret auquel elles ont abouti ), comme toute problématique, n'ont de sens et d'existence que pour et par des gens qui attribuent une importance déterminante à ces "questions" .
Dans l'ordre "social" et politique il est symptomatique et très révélateur de constater que ces gens qui se "partagent" ces questions comme "primordiales" , se répartissent eux-mêmes assez équitablement entre des groupes de personnes rassemblées,
d'une part autour de positions racistes, xénophobes et réactionnaires , dites "de droite" ou "d'extrême droite",
d'autre part et de manière réputée antithétique, autour de positions communautaristes, multiculturalistes, écologistes , féministes et/ou gays/lesbiens, etc., toutes positions réputées "de gauche" voire "d'extrême gauche".
Ce que révèle d'abord et essentiellement ce symptôme c'est ce que ces diverses communautés de pensée (apparemment opposées et hétérogènes) partagent spontanément et profondément, ce qui "résout" la dialectique sous-jacente, et lui donne un sens .
Ce que pointe le livre de jean-Loup Amselle c'est que "ce qu'elles partagent" et son sens sont contingents et immanents au "terrain" qu’elles occupent et se disputent.
Ce "terrain" est essentiellement celui que délimite le rejet des catégories progressistes du débat politique (de Rousseau à Marx).
Rejet manifesté et caractérisé par le bannissement de "l'archaïque" problématique sociale et historique : celle de la lutte des classes, du travail, de l'aliénation , de l'exploitation , de l'extorsion , de l'injustice , des inégalités , du système de domination qui les construit et les pérennise, avec le projet de s'en émanciper ... collectivement.
En bref : le rejet de tout ce qui s'appuie sur une intelligibilité partagée de l'histoire de la praxis sociale et du travail humain.
De ce "terrain" là sont explicitement bannis : l'universalisme "ancien" et son "humanisme de grand-papa" *.
Ces principes ( sur lesquels sont fondés notre état depuis qu’il est républicain, et sa constitution ) , en même temps que ceux de laïcité et d’égalité ( et plus encore de fraternité ) sont symétriquement récusés par les deux groupes de pensée qui occupent le terrain « ethnique » et se le disputent, au profit d'une revendication commune ( qui est celle sur laquelle précisément ils prétendent s'opposer) : celle du primat d'une "identité" comminatoire et assignée.
Et cette "identité" sociétale ou naturelle , qu'il s'agisse de l'acquérir ou de la préserver, de la défendre ou de l'établir, est au fondement des concepts d'ethnie, race, "genre" et communauté qu'ils convoquent et promeuvent conjointement, sur des modes opposés et intrinsèquement contradictoires.
Cette problématique et les groupes qu'elle associe ( dans une compétition rhétorique) ont une histoire, dans laquelle ils s'inscrivent.
Et cette histoire a des déterminations idéologiques , sociales et économiques qui l'animent et l'expliquent.
C'est une Histoire de classe , principalement celle de la classe dite "moyenne", confrontée aux affres du déclin .
Naturellement ce qui décline dans cette histoire ça n'est pas cette "classe" mais son concept et son ... identification .
L'histoire de ce concept et de son "déclin" nous apprend qu'initialement commise à l'opération de disparition du vieux prolétariat , frappé d’obsolescence par "l'hypostase" de classe ( selon le jargon post-moderne) qu'elle avait fonction de construire, la classe moyenne, naguère proliférante est aujourd'hui confrontée à l'angoissante perspective de son atrophie par les effets du "déclassement" .
Cette histoire a des expressions périodiques (des "événements" comme dirait Badiou) qui en attestent phénoménologiquement et permettent de borner et mesurer le "chemin parcouru" : des "grandes grèves de 68" aux "gay pride" ou "apéros géants fesse bouc" d'aujourd'hui on peut assez clairement prendre la mesure et l'orientation de ce "chemin".
Ce chemin, sur lequel se sont rejoint dès les années 70 les bataillons en berne du "pétainisme transcendantal" et les cohortes diversifiées des "libéraux-libertaires", est celui que leur a tracé la contingence économique du libéralisme . Chemin d'autant plus dégagé que parfaitement adapté aux "temps nouveaux" du capitalisme "décomplexé" et "financier" qui émergeait alors.
Sur sa "gauche", cette voie royale avait été opportunément ouverte par le combat opiniâtre et efficace des libéraux-libertaires contre le marxisme et le rationalisme universaliste, avec le résultat que l'on connaît : disparition du débat politique de toutes les catégories sociales et politiques ( classes, histoire, travail, domination, exploitation, émancipation, organisation collective, etc.) au profit du "sociétal" ( et finalement du triple A des"marchés" comme du triple MOI de ses zélotes et/ou consommateurs ) .
Autre symptôme frappant : dans cet univers politique sociétal et au monde merveilleux du "jouir sans entraves" et de la "concurrence libre et non-faussée", c'est jusqu'au pouvoir ou la politique même qui deviennent "bio" : bio-pouvoir, bio-politique, bio-diversité.
Chassez le naturel , il revient au galop ?
Pratiquement on peut résumer le résultat de cette « révolution sociétale » à un corps social atomisé en identités hostiles et conflictuelles. Des atomes sociétaux rendus incapables de toute action collective contre les inégalités sans précédent qui construisent la séparation de ces « nouvelles classes » relookées au sein de la vaste matrice de la classe moyenne (réputée abolir la notion même de classe et donc disqualifier toute idée de « lutte »).
Et pour finir ces atomes sociétaux, lorsque l’indignation les saisit face au réel que leur impose le matérialisme démocratique de leur économie libérale décomplexée, se découvrent totalement privés de toute expression publique de leur protestation.
L'action, la vie politique, celle de la gestion collective des rapports sociaux et singulièrement de l'économie, des rapports de production et de la sociabilité commune, tout cela ils mesurent à quel point ils "en sont dépourvus ... quand la bise est venue".
Actant la division sociétale en "tranches verticales" de communautés essentialistes autocentrées, leur représentation politique s'est calcifiée une nouvelle classe politique ad hoc . Une classe politique , elle-même communautaire et autonomisée, avec ses intérêts de classe surdéterminés par une seule détermination commune : être (ré)élu. Une oligarchie servile et parasitaire , impotente et dépourvue de toute idée ou projet (sinon celui de son autopromotion) et dont la finalité politique se résume à un mantra unanime : "rassurer les marchés".
Politiquement ça donne "Les verts (ou le pen) plutôt que le front populaire" et son pendant sociétal : "l'identité plutôt que l'égalité" .
Urbain
* car il existe une variante post-moderne de l'humanisme , la variante "structurale" celle que saluait et consacrait bouffon imperator dans son éloge guanesque de Levi-Strauss : "ce grand humaniste" (sic) .
08:12 Publié dans Arts, culture & politique ..., Culture, société, LA RUBRIQUE D'URBAIN, Politique, Politique, Histoire, Société | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : race, xénophobie, genres, ethnicisation, post-coloniale, communautarisme, amselle
samedi, 02 octobre 2010
Les bobos font de la résistance
Avant que de célébrer le très prochain grand retour des NRV dans l’univers impitoyable de la blogosphère, et en guise de préambule opportuniste mais roboratif, le village a l’occasion de promouvoir une de ses incarnations dans le « monde réel ».
Car il existe un monde réel, derrière les écrans.
Un monde où ce genre de chose ( dont il va être question plus loin) est possible, sans « aides » , ni « sponsor » ou « subvention » , sachant que de l’aveu même de nos édiles municipaux tout les fonds disponibles sont mobilisés par la fine équipe municipale parisienne ( « de gauche » ) pour d’aussi mirobolants et gratifiants « projets » que le « 104 » ( qui a pompé l’essentiel des subventions dont ont été privées toutes les petites associations parisiennes d’aide à la réinsertion, intégration des jeunes en difficulté, et autres candides futilités) avec l’époustouflant succès que l’on sait.
Sans un rond mais avec beaucoup d’enthousiasme bénévole et de bonnes volontés.
Un monde qui ne considère pas « Paris plage » comme la panacée de l’action utile et efficace en faveur d’une « vie meilleure » pour les administrés de nos grandes cités, sans même avoir la cruauté d’évoquer la qualité de l’apport « culturel » de la chose.
Un monde qui pense plus à encourager les artistes et les créateurs vivants , on pourrait bientôt dire « survivants » , à partager avec eux une vie rendue supportable par l’épanouissement de rapports sociaux émancipés, qu’à commémorer les morts et concélébrer les décades successives depuis la mort des grandes figures calcifiées ornant les cimaises des musées, ou les fortunes amassées par les guignols du « marché de l’art » mondialisé, conformiste, institutionnel et formaté.
Un monde où on emmerde « vigipirate » et où on prétend proposer autre chose, aux banlieusards vannés par leurs merveilleuses journées de travail-plus, que de passer deux heures dans la presse des wagons de métro, à attendre qu’on ait courageusement explosé le sac plastique de la dame qui l’a oublié sous un banc ou près d’un guichet.
Un monde « sensible » comme dit Annie Le Brun, mais aussi « disponible » comme disait Leo Ferré, et pas précisément aux seules « heures pâles de la nuit ».
Dimanche 3 octobre, par exemple , et toute la journée .
« Après la pluie, le beau temps »
Autrement dit : pour célébrer les cortèges et manifester « autrement »,
Plutôt que les nuits glauques, sous la flotte,
le festival des arts , à Losserand :
Festival des Arts Losserand : Anne Lambert
envoyé par urbain_glandier. - Futurs lauréats du Sundance
Urbain
06:51 Publié dans LA RUBRIQUE D'URBAIN | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : festival des arts
mercredi, 05 mai 2010
En finir avec le répugnant cynisme auvergnat !
Autrefois …
les auvergnats avaient une manière bon-enfant de se moquer de nos petits travers :
Fernand Reynaud - Le raciste - 1972 - Fr
envoyé par eclusier. - Plus de vidéos fun.
C'était un "comique" qualifié de "populaire" voire ... « troupier ».
Une autre époque , insouciante, ignorante … archaïque .
Désormais, Dieu merci , et grâce en soit rendue à notre Brise de Forte-Bouse : foin de ces démagogiques rigolades aux dépens de nos grands corps de l’état , moquant les justes indignations des bons français de souche.
Désormais, on en revient aux grands principes républicains pour fustiger comme il se doit les fauteurs de troubles .
"Parce que la République respecte les droits des femmes, parce que la République refuse qu'elles soient emmurées, instrumentalisées, humiliées, parce que la République défend la dignité des personnes, je devais veiller à ce que l'autorité judiciaire puisse effectuer son travail. Le dossier est suffisamment grave pour que le parquet ait décidé d'ouvrir une enquête confiée à la police judiciaire."
Il ne s’agit plus de stigmatiser cyniquement les catégories professionnelles exposées, aux fonctions et contraintes parfois ingrates (jadis les douaniers , aujourd’hui la maréchaussée , demain, pourquoi pas, le gouvernement, voire … le chef de l’état , tant qu’on y est ! ) .
A l’heure des faillites annoncées d’appareils d’état entiers, au moment où les populations occidentales sont confrontées à des sinistres sociaux et économiques sans précédent : un chômage dantesque, une dette publique abyssale, le rejet de générations entières dans un avenir de lumpen-prolétariat pour la plupart, et de soumission vautrée pour les autres…
En ces sombres instants où les périls s’accumulent
Il n’est plus temps de perdre son temps .
Il n’est plus temps d’accaparer l’attention de l’opinion publique avec des faits divers dérisoires, montés en épingle par de peu scrupuleux journalistes en mal de tirage .
Il n’est plus temps de ratiociner stérilement sur les lâches dépressifs qui ne trouvent rien de mieux à faire que de se faire sauter le caisson pour emmerder leurs courageux chefs de grandes entreprises mondialisées ( l’avenir de la nation ) et par là même nuire davantage encore à leur compétitivité déjà tellement mise à mal par des lois sociales archaïques encourageant la paresse et la nonchalance généralisées.
Il n’est plus temps de dilapider l’énergie des magistrats, des enquêteurs et des forces de police et de maintien de l’ordre public, à des vétilles ridicules, telles les crimes, trafics et détournements prétendument colossaux dont sont outrageusement suspectées nos élites les plus méritantes, sur la foi de déclarations fantaisistes, suscitées par de sordides et inavouables intérêts ( cosmopolites ) guidés par la haine et la jalousie des médiocres.
Il s’agit, MAINTENANT,
de prendre à bras les corps les problèmes énormes mais cruciaux qui sont devant nous,
de les affronter sans faillir, sans craindre l’ampleur des moyens et des sacrifices que cela implique,
et surtout de le dire haut et fort et courageusement :
NON ! Nous ne devons pas laisser impunis les crimes d’état !
OUI ! Nous devons poursuivre avec une indéfectible ténacité, jusqu’au fond de leurs immondes gourbis bâtis sur la fraude et le détournement des fonds publics, les pervers satrapes barbus jouisseurs intégristes qui incitent leurs norias de maîtresses rebelles à contrevenir au code de la route !
Urbain De Champignac
www.dailymotion.com/video/
06:00 Publié dans LA RUBRIQUE D'URBAIN | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : fernand reynaud, hortefeux, auvergnats, moralité française
vendredi, 19 mars 2010
Consignes de vote

Camarades ,
Merci d’abord de n’être pas venus , si nombreux, à ce dernier meeting avant l’échéance électorale qui nous promet de nous consacrer comme le premier parti de France, en dépit de toutes les sollicitations de toutes natures et tous bords dont sans doute vous fûtes assaillis .
Quel immense réconfort que cette audience nulle et le vide complet de l’assistance.
Pourtant, rien assurément ne vous aura été épargné pour tenter de vous distraire des saines occupations dont, ce dimanche encore une fois, et avec la constance et la détermination qui ont fait notre force, vous ferez l’objet d’une action autrement déterminante dans l’ordre de notre commune émancipation : qui à biner ses haricots, qui à taquiner le goujon , qui à s’ébattre dans les champs ou les fourrés et/ou pour quelque tendre sieste avec sa moitié de pomme, qui à purger bébé, qui à considérer avec émotion ses vignettes panini ou ses one penny de 1879 de l’île Maurice (avec le petit défaut sur la bord droit qui en fait toute la splendeur), et tant d’autres magnifiques actions citoyennes dont seul notre parti d’avant garde assume et assure la promotion au niveau national.
Oui, camarades , vous qui ne m’écoutez pas, je vous le dis d’autant mieux, et avec toute la force et la conviction tirées de l’accumulation des succès au fil de nos dénis de participation , de nos biffures acharnées des cases « ne sais pas » ou « autre opinion » , systématiquement répétées à toutes les consultations ineptes prétendant nous impliquer dans les Q.C.M. de la médiacratie dominante , je vous l’annonce avec les intonations triomphales d’intense jubilation dont gratifie la certitude de la victoire : bravo et merci de ne manifester en aucune manière quelque sorte d’encouragement ou d’approbation que ce soit, et en commençant par n’être pas présents ici ce soir .
Comme c’est l’usage et l’habitude chez nous, j’irai à l’essentiel et, sans plus m’étendre en débats oiseux ou considération délibératives contradictoires, réfutations des positions adverses et autres vaines rhétoriques réputées emporter votre adhésion , je vous laisse à votre saine et sage retenue et me garde de vous communiquer quelque consigne de non vote :
Abstenez vous donc en faveur et au détriment de qui vous voulez : le parti n’est pas dogmatique.
Cependant, ne vous abstenez pas dans la précipitation ou l’urgence, faites le avec la sereine assurance que vous confère naturellement votre non-choix, mais pas sans avoir pleinement mesuré la portée de votre force d’inertie non-décisionnaire. Vous avez d’ailleurs tout le temps d’y réfléchir puisque votre non-vote n’est l’objet d’aucune restriction en termes d’horaires ou de délais.
Enfin et surtout abstenez vous pleinement et jusqu’au bout , y compris de vous intéresser aux résultats , une fois la victoire acquise, et ne vous laissez pas impressionner par la vindicte véhémente que le dépit inspirera aux vaincus, à votre encontre.
Donnons enfin à notre cher et vieux pays le rassemblement d’union nationale dont il est redevable à la mesure de son offre politique.
Abstentionnistes de droite, de gauche, du centre , du ventre mou social démocrate, de la gauche morale ou nigaude et d’ailleurs : unissez vous !
Et naturellement, n’applaudissez pas, n’approuvez rien, ne faites aucun commentaire, aucun brouhaha fut-il diffus, aucune rumeur même sourde et confuse ne sera admise, le pourrissement sur pied du capitalo-parlementarisme n’en sera que plus vite acquis.

Urbain
06:00 Publié dans LA RUBRIQUE D'URBAIN | Lien permanent | Commentaires (67) | Envoyer cette note | Tags : élections régionales
lundi, 08 mars 2010
Les Bons Plans du Dr Narcosy (1)
Comment une telle offense à la vérité a-t-elle pu être commise, par ceux-là même à qui la décence et la dignité les plus élémentaires commandaient jusqu’alors une vénération pleine de gratitude ?
Sans doute doit-on mesurer à l’aune de cette lâche vilenie l’incompréhension stupide et veule des médiocres et des incapables confrontés à la profondeur de pensée des visionnaires d’exception. Ceux-là, ces visionnaires habitués des cimes, doivent bien souvent concéder à leur notoire prédécesseur, Führer comme eux de tout un peuple ignorant et ingrat , que « plus on approche des sommets, plus on est seul ».
Mais jeune encore et plein de cet allant libéral et décomplexé qui le fit distinguer de la France néo-pétainiste, toujours et plus que jamais empreint de cette saine vulgarité satisfaite des cours de récréation et des bistros de Neuilly-sur-seine, il n’est certes pas prêt à baisser ses petits bras ou cesser d’agiter ses épaules en ânonnant les devoirs sur table rédigés, en guanique ancien, par ses idéologues rebondis.
C’est que, justement, il a une vision LUI !
Une seule sans doute, mais il s’y tient.
Car , quand on est à la barre et que la tempête est là, il importe avant tout de tenir fermement le cap, fut-ce vers les récifs, car c’est au moins l’assurance de sombrer dans la digne tradition des grands capitaines, trahis par un sort funeste et un équipage indolent.
Cette vision s'est construite au fil d'un apprentissage qui commence dès les premiers rebonds de l'enfant politique, sur les genoux de mamie Thatcher, tandis que le brave tonton Reagan lui pinçait les joues avec son large sourire de série B. Rebonds certes un peu douloureux sur ces "cuisses de fer", mais le mol édredon balladurien lui donnera bientôt le baume lénifiant qui calmera son petit fessier endolori, tandis qu'avec la précocité et les dispositions qu'on lui connait, il s'amuse déjà en gamin turbulent à d'innocents complots et trahisons ( un peu prématurés) en chiraquie .
Cette constance, cette ténacité visionnaire, il va les mettre au service du dérèglement général qu'inaugure enfin son arrivée aux plus hautes fonctions. Un maître mot éclaire cette vision : dé-ré-gle-men-ter... libérer les instincts, la rapacité, les appétits égoïstes et cyniques qui font les vertus publiques au monde merveilleux de la concurrence libre et non faussée, au monde du "divin marché" qu'il entend instituer.
Cette posture de haute morale libérale s'incarne et se manifeste dans une figure de pédagogue opiniâtre, à laquelle les équipes de T.F.Nains viennent de consacrer une passionnante série, un "bipopic" bouleversant, dont je vous livre en primeur le remarquable pilote, en "prise directe" avec l'actualité.
Urbain
Remerciements à agathe et tgb pour l'inspiration et les liens.
Les Bons Plans du Dr Narcosy 1
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samedi, 13 février 2010
Opération Tranquillité Séniors - 2ème

OPÉRATION TRANQUILLITÉ SENIORS
2 ème épisode
Débarrassé de ses adversaires timorés du ministère de l’éradication nationale et de leur houleux débat sur les auvergnats et les minarets, Brizz Boutefeux (alias Dr Mangue-des-laids) et ses néo-kantiens reçoivent l’aval et le soutien botulique inespéré du grand financier néo-philosophe Bernhart Henrik van Beschamel.
Il s’empressent de retourner au Paraguay pour reprendre l’opération LOOPSI …
Urbain
Extrait :
Opération Tranquillité séniors -saison 2
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12:16 Publié dans LA RUBRIQUE D'URBAIN | Lien permanent | Commentaires (167) | Envoyer cette note | Tags : sécurité, élections










