lundi, 16 janvier 2012
Funérailles
L'Histoire de France
par les belles images
Les Funérailles du Triple A de la France
et sa montée aux cieux.
(cliquer pour apprécier les détails)
23:43 Publié dans Arts, culture & politique ..., Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : triple a, sarkozy, greco, crise économique, dette
dimanche, 11 décembre 2011
L'europe du Volapük

Pensez-vous en Volapük ?
Le Volapük c'est l'idiome favori du spectacle et de sa médiocratie.
Mon petit camarage tgb en donne un bon cours d'initiation, à l'usage des néophytes soucieux de saisir toutes les péripéties de "l'actualité" et des "sommets de la dernière chance" qui s'y succèdent comme si nos politiciens, utilement secondés par leurs porteurs d'eau "journalistes", s'étaient lancés dans une étape montagneuse du tour de France, désormais ... européen.
Souvenez vous de 2005, gros nigauds de votants. Le Volapük, déjà, était à l'honneur. Tout le landernau multimédiatique bruissait des accents de cette "langue commune" dans laquelle délibèrent doctement nos oligarques et leurs larbins, au monde merveilleux de la Ploutocratie qui désormais est la forme démocratique achevée.
Vous l'avez déjà dans l'oreille ce sabir devenu omniprésent à la radiovision et dans vos gazettes.
Vous l'avez déjà entendu ce cri unanime des sauveteurs de banques en banqueroute et de leur ordre établi ... à Bruxelles, à Matigon,dans les salles de rédaction, de TF1 à libération, du monde à RTL, de Caroline Fourest à Ivan levaï, du Figaro à Cohn-Bendit, de sarkozy à flamby , de Fillon à Moscovici.
Toujours c'est la même antienne :
Oui, alors ?
Comment sont-elles, ces choses ?
Eh bien elles sont assez claires :

09:56 Publié dans Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : europe, crise, dette, merkel, sarkozy, volapük
mercredi, 23 novembre 2011
Vies et mort de la social démocratie
La social démocratie malade de la crise
Zapatatero a fait le maximum, mais ça n’était pas encore assez.
Pap’andreou eut la prétention désespérée de s’en remettre au jugement du peuple, il fut honteusement chassé, sous les injures et les quolibets.
Après le post-blairisme de Goudron Brun et tant d’autres succédanés du libéralisme, ce sont donc les différentes moutures réformistes de la droite de gauche qui sont balayées, l’une après l’autre, par le geste de dévoilement du réel et la critique objective de et par la « crise ».
Aux grands maux les grands remèdes : c’est la banqueroute, donc c’est la liquidation . « Tout doit disparaître » de l’état social, et devant la mollesse des fondés de pouvoir des banques on passe aux administrateurs judiciaires européens : le salut des créanciers du libéralisme mondialisé est à ce prix .
Certes les gouvernanceurs de droite de droite, sont également sous l’éteignoir , mais comme le montre encore l’affaissement express du flamby et symétriquement la fin de partouze du berlusconisme : quand les choses deviennent « sérieuses » le choix démocratique est bien vite réduit à l’alternance entre la droite politicienne ou la droite technicienne. Il n’y a plus de place pour la gauche morale, ses médecines douces et ses homéopathes sociétaux. La cure d’austérité carrément allopathique s’impose à tous et partout , avec son régime sévère , et en ces temps de pénurie de valeur, et pour l’administrer efficacement et à la plus grande échelle, la vaseline social-démocrate est jugée superflue et trop coûteuse .
Désormais c’est la rigueur que tu vas sentir passer ma petite démocratie effarouchée, sans préambule ni préservatif, et il n’est plus temps de minauder ou d’essayer d’adoucir les plus pénibles effets de ta soumission obligée. Il faudra bien que tu comprennes et admettes que les gains de productivité n’étant plus en mesure de valoriser le «travail abstrait» , l’alternative social-démocrate est elle-même totalement dévaluée.
Bien utile pour couvrir d’un voile pudique le bradage de l’état social et du patrimoine national, la gauche de droite et de gouvernement a rempli son rôle , en Espagne , en Grèce, en Angleterre, en Allemagne, en France et ailleurs, en faisant plus et mieux que n’aurait pu le faire sa copine de droite « dure ». En Espagne comme partout au monde merveilleux de l’Europe unie par la concurrence libre et non faussée et du démocratisme multimédiatisé, les élections ne peuvent (et ne doivent) rien changer d’autre que les programmes de la radiovision et les liens des clics (« j’aime ») sur fesse bouc. Comme les ibériques le reconnaissent sans fard : « ça ne peut pas être pire ». Une évidence communément admise car chacun voit bien que c’est la contrainte qui va empirer et que les libéraux socialistes n’ont pas plus l’idée de la changer que leurs homologues « de droite ».
En réalité au sein d’une classe politique « de gouvernance » qui n’a plus d’autre projet que celui de syndic de liquidation du libéralisme en banqueroute, le social-démocrate ne peut plus se «différencier» que par le sourire contrit et la chaleureuse poignée de main qu’il accorde devant la porte. Et comme il est quand même « de gauche », il vous consolera en vous expliquant que vous n’êtes plus identifiés comme exploités mais comme exclus, et que c’est le prix à payer pour toutes ces années de bombance aux restos du cœur et de farniente à pôle emploi.
Si vous êtes bien sages on vous laissera vous connecter aux réseaux « sociaux » pour peu que vous vous démerdiez pour payer votre forfait en dealant assez de coke à vos amis fesse-bouc. Et si vous n’êtes pas contents l’oncle Sam viendra avec l’OTAN vous donner de sa trique « chirurgicale » et démocratique !

En attendant, bonne lecture : du livre de Robert Kurz (éditions lignes)
23:12 Publié dans Arts, culture & politique ..., Badiouseries, Economie, humour, politique, société, LA RUBRIQUE D'URBAIN, Les bonnes feuilles d'Urbain | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : kurz, social démocratie, crise, marx
mercredi, 02 novembre 2011
Timeo danaos et dona ferentes

Papandreou en Laoocon renégat, voilà le dernier des effets étonnants de la crisis .
La stupeur est aussitôt suivie de la haine unanime que Virgile déjà dénotait dans la doxa aveugle.
On demeure surtout frappés que dans l’entre-soi des démocrates européens avancés , et quelques soient les motifs et les ruses des Ulysses post-modernes , le recours au peuple pour décider de son destin passe désormais pour le crime ultime.
Les mêmes démocrates de marché qui hier saluaient d’enthousiasme les tartarinades lybiennes ramenant la charia à grands coups de bombe sur la gueule des peuples , sont ceux qui désormais crient haro sur le baudet grec. Tant il est vrai que comme le rappelait fort justement ce bon Karl :
« Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l'incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable . »
Au pays de naissance de la tragédie on ne doit pourtant pas s’étonner que le « caprice des dieux », « l’esprit » dirait Hegel, « l’infrastructure » dirait ensuite Marx, les « faits têtus » conclurait Lenine, subsume la volonté des humains.
Il reste qu’au monde merveilleux de la concurrence libre et non-faussée, le péché contre le saint-Esprit libéral est désormais clairement désigné : c’est l’idée insensée que les peuples puissent contester les combines de leurs ploutocrates au motif de la justice, de l’égalité et de la dignité, bref du bonheur possible et partagé .
Plus que jamais saluons le discernement de celui qui sut informer notre jugement sur l'être social et son devenir :
« À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves.
Alors s'ouvre une époque de révolution sociale.
Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. »
Oui , Karl … jusqu'au bout.

dimanche, 16 octobre 2011
Flamby au dessert
La droite de gauche

C’est donc le menu de la droite de gauche qui a été plébiscité par les « sympathisants » du PS.
Ils auront du Flamby au dessert.
Paraît que ça permet de mieux digérer l’austérité du plat de résistance . Les sympathisants de gauche morale ont décidément des goûts changeants mais sans jamais sortir des préconisations de l’élite médiacratique : de la bravitude à la nullitude il n’y avait qu’une subtile nuance, mais quand même un sorte de hiatus. La contradiction est maintenant dépassée par un nouveau concept qui a un bel avenir parmi les bataillons panurgiques de la gauche de droite ( et réciproquement ) : la mollitude désormais incarnée par un « type normal » .
Le genre clerc de notaire ou pharmacien de père en fils , cher à nos vieux radicaux socialistes de jadis, dont l’insignifiance rassurante les garantit que la classe moyenne sera préservée de tout pénible bouleversement. Que la ronronnante reproduction des charges et privilèges pourra encore quelques temps rythmer la ronde tranquille des cumulards et des ronds de cuirs d’appareil.
Enfin nous voilà entrés (vautrés?) de plein pied dans l’Europe : nous avons notre Barroso !
Nul doute qu’il a l’étoffe pour reproduire avec une belle constance l’insignifiante veulerie de son modèle Bruxellois et, à notre échelle hexagonale, parfaitement rassurer les marchés .
Elections , piège à cons.
Bonus ( pour ceux qui n'ont pas encore compris ce que c'était que l' "être de gauche" ), un peu de théologie négative : l'habitus de la "famille hollande" :
Pierre Bourdieu 1999 Gauche/Droite par scalp85
« Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l’histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »
Karl Marx, Le dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte
Mutatis mutandis, et sur un mode très dégradé, en regard de la grandeur des personnages et des faits : bienvenu en Mollande ...
samedi, 16 avril 2011
Retour à Gaza
N'en déplaise à nos intellectuels organiques, il existe d'autres moyens de contribuer à l'émancipation des populations arabes opprimées que de leur dispenser généreusement des bombes et des encouragements à adopter notre « modèle » démocratique .
Thomas Sommer témoigne de son expérience de participation à la flottille humanitaire pour Gaza, avec le soutien et les éclairages judicieux de Stéphane Hessel.
En complément des commentaires sur les pressions subies par Goldstone : quelques précisions utiles ici .
Urbain
08:19 Publié dans Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : gaza, hessel, flottille, thomas sommer, palestine
vendredi, 21 mai 2010
Sa Majesté l'Algorithme, roi de la Phynance et du Monde.
- L'Homme a créé la propriété.
- Le propriétaire a suscité le producteur et le commerçant.
- Le producteur et le commerçant ont forgé le capitalisme.
- Le capitaliste a engendré la banque.
- Le banquier a conçu la bourse.
- L'opérateur de bourse a imaginé la spéculation.
- Le spéculateur a inventé les algorithmes financiers informatiques.
- Les algorithmes ont provoqué le chaos.
- Que sortira t-il du chaos ?
Entre 60 et 80 % des transactions boursières auraient pour base un algorithme sans intervention humaine directe.

Cronos dévorant ses enfants - Goya - 1815
Non, les blogs ne sont pas morts : il suffit simplement de faire preuve d'un peu de recherche, d'originalité et surtout d'éviter de feuilleter les sempiternels catalogues d'adresses ; jaunis par le temps, le conformisme, le copinage et la routine...
Salut les "NRV", bon week-end. Hasardez vous à exalter la face sombre et perverse de votre personnalité tourmentée et à après, si toutefois vous reveniez indemne de ce voyage dans l'au-delà de l'intelligibilité !
Cui cui fit l'oiseau, Goyavore glouton.
06:00 Publié dans Arts, culture, Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (50) | Envoyer cette note | Tags : crise, banque, spéculation, capitalisme, bourse, goya, cronos, saturne
vendredi, 04 décembre 2009
TELS LES THONS, C'EST REPARTI !

Aujourd'hui, l'Etat peut dire qu'il a fait sa B.A. (BA, souvenez-vous : ce qu'il fait à l'intérieur (de notre compte en banque) se voit à l'extérieur.
Sa B.A, disions-nous, il fit en sauvant les plus menacés par la crise : les banques, les compagnies automobiles, les chaînes de télévision privées. Et vous voulez savoir combien il a mis de sur la table, hein ? vous voulez le savoir ?
Alors maintenant, c'est à vous, les fantassins de l'économie nationale et européenne. Apres les salves d'artilleries de l'état, à vous la générosité à la baïonnette, au corps à corps. Pour vous aider à mieux comprendre le mécanisme du charity-business, voici quelques extraits du "guide pratique des animateurs du Téléthon" tel qu'il leur est exposé au cours de leurs briefings de formation.
Mettez de beaux habits, rendez vous dans un lieu tenu secret, poussez la porte, vous êtes dans le sein des seins de ceux qui savent comment pomper de l'argent à ceux qui ont le portefeuille moins grand que le coeur. Asseyez vous, fermez les yeux et… écoutez !
- Vous vous êtes spontanément portés volontaires pour participer, en tant qu’animateurs bénévoles, au Biothon 2009 le vingt-deuxième déjà d’une nouvelle ère dans l’univers de la générosité humaine qui revêt, de ce fait, une valeur symbolique forte. Nous nous en félicitons et nous vous en remercions. Mais attention, à aucun moment vous ne devrez perdre de vue qu’il s’agît d’une opération de levée de fonds. Nous sommes là pour que l’argent rentre !
Le jeune trentenaire chic en costume anthracite mèche mouvante et chaussures anglaises arpente à grands pas l’immense salle rectangulaire de partout, plafonds, dalles, fenêtres, chaises à pied de métal et sièges de stratifié avec juste une petite tablette repliable pour écrire, sur lesquelles les trente derniers sélectionnés sont assis et écoutent goulûment.
- A votre niveau, vous aurez à intervenir dans des zones de proximité telles que salles des fêtes, foyers de personnes âgées, cafés, restaurants, tabacs, qui sont partenaires de l’opération. Vous aurez à prendre la parole, à vous adresser à des gens, de braves gens, qui nous suivent, pour certains, depuis le début, qui répondent présent chaque année. Vous comprendrez donc que nous ne puissions pas prendre le risque de les… dérouter, de les démotiver, par une communication différente d’une année sur l’autre. Harmonisation des concepts que nous véhiculons, cohérence dans les termes du discours que nous tenons à tenir… sont donc impératifs. L’un des principes fondamentaux de la “quemunication” est qu’on ne change pas un message qui marche. Or le nôtre a fait ses preuves. A ce titre, sachez par ailleurs que nous détenons le record mondial des transformations de promesses en dons effectifs. Les Américains et les Canadiens ne tiennent leurs promesses qu’à 75, voire 80 % seulement. De plus, la moyenne des dons par rapport à la population place la France en tête de tous les pays du monde.
En écho aux élans triomphalistes de l’orateur spécialiste en communication charitative, une Marseillaise plaisantine monte timidement, des rires nerveux lui répondent. Chacun cherche d'un regard anxieux d’où est parti le méfait. Pas trop l'époque pour jouer avec les Symboles Eternels de la République. D'autant que le "jeune homme chic de 40 ans" à tout à fait la tête d'un tonton-cafteur.
Le regard de l’orateur n’a rien exprimé à l’instant du chahut. Il est bon - à tout le moins nécessaire - de temps en temps - de laisser le petit peuple s’amuser. On ne lui demande pas de comprendre la gravité de l’instant mais d’appliquer les consignes. Il s’éclaircit la gorge et monte légèrement le volume sur les derniers murmures.
- Je vais maintenant vous énoncer les règles fondamentales de la levée de fonds, règles qui doivent, tout au long de l’opération, soutendre vos prises de parole. A la fin de l’exposé, ceux qui ont été envoyés par leur agence pour l’emploi se signaleront à moi et je leur remettrai un formulaire qu’il rempliront sur place ce qui leur fera gagner du temps lorsqu’ils retourneront à leur ANPE chercher un emploi. Donc, voici ces règles :
- Règle N°1 : Trouvez le ton juste ! Nous ne voulons ni de misérabilisme, ni de show-bizz à outrance. La science n’est pas un spectacle! De même, évitez, autant que faire se peut, les superlatifs. Nous ne sommes pas “les meilleurs”, “les plus forts”. Nous faisons tout ce que nous pouvons, avec tout notre coeur, notre énergie et nos moyens. Certes, nous avons des résultats spectaculaires, tant financièrement que médicalement, mais nous ne voulons pas nous prétendre “les plus forts”. Ce que nous voulons, c’est durer. Pour cela, nous devons construire patiemment, sans faire d’esbrouffe. Ce ton juste, je sais que je peux compter sur vous pour le trouver. C’est notamment pour cela que vous avez été sélectionnés.
- Règle N°2 : Incitez les gens à appeler tout de suite, à céder à leur impulsion. Une personne sur deux qui, en toute bonne foi, avait envisagé de donner, si elle ne téléphone pas tout de suite, ne donnera rien. Le lendemain, l’émotion est retombée, elle n’a rien promis à personne, elle ne reçoit aucune lettre de remerciements… et elle passe à autre chose. Alors, terminez le maximum de phrases par : “vous voulez faire quelque chose ? alors, n’attendez pas, appelez dès maintenant…” et vous rappelez le numéro. Ou encore, pour ceux qui auront un micro et devront s’exprimer devant des dizaines, voire des centaines de personnes : “appelez maintenant, n’attendez pas, avant de vous coucher, ce soir, passez-nous un petit coup de fil et dites-nous : je suis avec vous! C’est important pour nous de le savoir et c’est important aussi, surtout, pour ces enfants que vous sauverez. Chacun donne selon son coeur. Si, aujourd’hui, le sort de ces enfants qui sont là, sur les écrans de télévision, devant vous, vous touche, c’est aujourd’hui, c’est maintenant qu’il faut donner.”
- Dites que c’est fa-cile ! Faire une promesse de don, c’est facile.
- Règle N°4 : Vous aurez des enfants présents avec vous. Personnalisez-les! c’est pour ces enfants là, qu’ils donnent. Certains, ils les connaissent depuis douze ans. Essayez de vous souvenir de leurs prénoms et de les rappeler afin que ces enfants ne soient pas seulement des “petits malades anonymes en fauteuil”. C'est pour Edouard, Vincent, Christopher, pour le petit Rémi qui est si mignon qu'ils vont donner. Faites de même avec les enfants interviewés sur les plateaux télé. Dites : “Vous avez entendu le petit Cyprien. Il a une formidable confiance en l’avenir et une formidable confiance en vous. Tous ces enfants, vous leur avez rendu l’espoir. Continuez ! C’est notre défi commun !”
- Règle N°5 : Ceux qui veulent faire quelque chose forment une communauté, sont inclus dans un grand courant général. Nous sommes une “communauté”, un “club de la solidarité”. Ce n’est pas nous qui lançons un défi aux Français, ce sont les Français, tous ensemble, qui se le lancent à eux-mêmes. Vous même, les animateurs, je vous le rappelle, vous faites, vous aussi, partie de ce “club de la solidarité”, vous aussi, vous êtes actifs, vous faites quelque chose.
- Règle N°6 : Insistez également sur le fait que donner est un geste symbolique qui fait participer à une fabuleuse aventure. Dites : “Appeler pour donner, c’est votre façon d’agir, de montrer que vous voulez vraiment faire changer les choses. Aujourd’hui, vous avez ce pouvoir. Nous, nous ne sommes que vos porte-parole.” “En téléphonant maintenant, vous nous aidez à changer le monde. Vous participez à l’une des plus grandes aventures de ce siècle.” Voilà, est-ce que quelqu’un a des questions ?
Quelqu’un a.
- Si on nous donne de l’argent, on en fait quoi ?
L’orateur specialiste en communication a un petit sourire qui se veut peut-être rassurant.
- N’ayez crainte, personne ne vous donnera d’argent…
Voila, des règles, préceptes et conseils avisés, il y en une vingtaine d'autres dont les plus délicieusement attachantes sont:
Règle N°7 : Insistez sur le fait que ce merveilleux geste est, de plus, formidablement efficace.
Règle N°9 : Rappelez que les comptes sont parfaitement transparents.
Règle N°10 : N'oubliez pas qu'il y a des enfants qui vous regardent derrière leur poste mais attention, il y a une interdiction morale évidente de demander aux enfants de nous donner de l'argent ou de demander à leurs parents, mais donnez des exemples : « Le petit cyril a cassé sa tirelire et a apporté 20 euros au Centre de promesse ».
Règle N°11 : Elevez le montant "psychologique" du don : « si vous pouvez donner entre 50 et 100 euros »
Règle N°12 : Incitez les familles à se regrouper pour faire des dons plus importants.
Règle N°19 : Déculpabilisez les petits dons : « il n'y a pas de don mineur, chaque euro compte, l'océan est fait de millions de gouttes d'eau »
Ainsi va la pêche au télé-thon, qu'il soit rouge ou germon, qui comme chacun sait est une espèce en voie de disparition.
Et si, pour aider la recherche qui en a particulièrement besoin en ce moment puisque le gouvernement la démantèle allègrement, vous n'avez pas assez d'argent, empruntez-en à votre banquier, lui, en ce moment, il en a, c'est vous qui lui avez prêté.

Robert HUMBLEY*
Réédition du billet 2008 avec l'aimable autorisation de Bob.
06:00 Publié dans Economie, humour, politique, société | Lien permanent | Commentaires (87) | Envoyer cette note | Tags : telethon, charity bussiness, sarkozy










