lundi, 19 septembre 2011
l'identité plutôt que l'égalité
La "question du genre" comme celle "post-coloniale" et les "études" qu'elles suscitent encore (en dépit du délabrement concret auquel elles ont abouti ), comme toute problématique, n'ont de sens et d'existence que pour et par des gens qui attribuent une importance déterminante à ces "questions" .
Dans l'ordre "social" et politique il est symptomatique et très révélateur de constater que ces gens qui se "partagent" ces questions comme "primordiales" , se répartissent eux-mêmes assez équitablement entre des groupes de personnes rassemblées,
d'une part autour de positions racistes, xénophobes et réactionnaires , dites "de droite" ou "d'extrême droite",
d'autre part et de manière réputée antithétique, autour de positions communautaristes, multiculturalistes, écologistes , féministes et/ou gays/lesbiens, etc., toutes positions réputées "de gauche" voire "d'extrême gauche".
Ce que révèle d'abord et essentiellement ce symptôme c'est ce que ces diverses communautés de pensée (apparemment opposées et hétérogènes) partagent spontanément et profondément, ce qui "résout" la dialectique sous-jacente, et lui donne un sens .
Ce que pointe le livre de jean-Loup Amselle c'est que "ce qu'elles partagent" et son sens sont contingents et immanents au "terrain" qu’elles occupent et se disputent.
Ce "terrain" est essentiellement celui que délimite le rejet des catégories progressistes du débat politique (de Rousseau à Marx).
Rejet manifesté et caractérisé par le bannissement de "l'archaïque" problématique sociale et historique : celle de la lutte des classes, du travail, de l'aliénation , de l'exploitation , de l'extorsion , de l'injustice , des inégalités , du système de domination qui les construit et les pérennise, avec le projet de s'en émanciper ... collectivement.
En bref : le rejet de tout ce qui s'appuie sur une intelligibilité partagée de l'histoire de la praxis sociale et du travail humain.
De ce "terrain" là sont explicitement bannis : l'universalisme "ancien" et son "humanisme de grand-papa" *.
Ces principes ( sur lesquels sont fondés notre état depuis qu’il est républicain, et sa constitution ) , en même temps que ceux de laïcité et d’égalité ( et plus encore de fraternité ) sont symétriquement récusés par les deux groupes de pensée qui occupent le terrain « ethnique » et se le disputent, au profit d'une revendication commune ( qui est celle sur laquelle précisément ils prétendent s'opposer) : celle du primat d'une "identité" comminatoire et assignée.
Et cette "identité" sociétale ou naturelle , qu'il s'agisse de l'acquérir ou de la préserver, de la défendre ou de l'établir, est au fondement des concepts d'ethnie, race, "genre" et communauté qu'ils convoquent et promeuvent conjointement, sur des modes opposés et intrinsèquement contradictoires.
Cette problématique et les groupes qu'elle associe ( dans une compétition rhétorique) ont une histoire, dans laquelle ils s'inscrivent.
Et cette histoire a des déterminations idéologiques , sociales et économiques qui l'animent et l'expliquent.
C'est une Histoire de classe , principalement celle de la classe dite "moyenne", confrontée aux affres du déclin .
Naturellement ce qui décline dans cette histoire ça n'est pas cette "classe" mais son concept et son ... identification .
L'histoire de ce concept et de son "déclin" nous apprend qu'initialement commise à l'opération de disparition du vieux prolétariat , frappé d’obsolescence par "l'hypostase" de classe ( selon le jargon post-moderne) qu'elle avait fonction de construire, la classe moyenne, naguère proliférante est aujourd'hui confrontée à l'angoissante perspective de son atrophie par les effets du "déclassement" .
Cette histoire a des expressions périodiques (des "événements" comme dirait Badiou) qui en attestent phénoménologiquement et permettent de borner et mesurer le "chemin parcouru" : des "grandes grèves de 68" aux "gay pride" ou "apéros géants fesse bouc" d'aujourd'hui on peut assez clairement prendre la mesure et l'orientation de ce "chemin".
Ce chemin, sur lequel se sont rejoint dès les années 70 les bataillons en berne du "pétainisme transcendantal" et les cohortes diversifiées des "libéraux-libertaires", est celui que leur a tracé la contingence économique du libéralisme . Chemin d'autant plus dégagé que parfaitement adapté aux "temps nouveaux" du capitalisme "décomplexé" et "financier" qui émergeait alors.
Sur sa "gauche", cette voie royale avait été opportunément ouverte par le combat opiniâtre et efficace des libéraux-libertaires contre le marxisme et le rationalisme universaliste, avec le résultat que l'on connaît : disparition du débat politique de toutes les catégories sociales et politiques ( classes, histoire, travail, domination, exploitation, émancipation, organisation collective, etc.) au profit du "sociétal" ( et finalement du triple A des"marchés" comme du triple MOI de ses zélotes et/ou consommateurs ) .
Autre symptôme frappant : dans cet univers politique sociétal et au monde merveilleux du "jouir sans entraves" et de la "concurrence libre et non-faussée", c'est jusqu'au pouvoir ou la politique même qui deviennent "bio" : bio-pouvoir, bio-politique, bio-diversité.
Chassez le naturel , il revient au galop ?
Pratiquement on peut résumer le résultat de cette « révolution sociétale » à un corps social atomisé en identités hostiles et conflictuelles. Des atomes sociétaux rendus incapables de toute action collective contre les inégalités sans précédent qui construisent la séparation de ces « nouvelles classes » relookées au sein de la vaste matrice de la classe moyenne (réputée abolir la notion même de classe et donc disqualifier toute idée de « lutte »).
Et pour finir ces atomes sociétaux, lorsque l’indignation les saisit face au réel que leur impose le matérialisme démocratique de leur économie libérale décomplexée, se découvrent totalement privés de toute expression publique de leur protestation.
L'action, la vie politique, celle de la gestion collective des rapports sociaux et singulièrement de l'économie, des rapports de production et de la sociabilité commune, tout cela ils mesurent à quel point ils "en sont dépourvus ... quand la bise est venue".
Actant la division sociétale en "tranches verticales" de communautés essentialistes autocentrées, leur représentation politique s'est calcifiée une nouvelle classe politique ad hoc . Une classe politique , elle-même communautaire et autonomisée, avec ses intérêts de classe surdéterminés par une seule détermination commune : être (ré)élu. Une oligarchie servile et parasitaire , impotente et dépourvue de toute idée ou projet (sinon celui de son autopromotion) et dont la finalité politique se résume à un mantra unanime : "rassurer les marchés".
Politiquement ça donne "Les verts (ou le pen) plutôt que le front populaire" et son pendant sociétal : "l'identité plutôt que l'égalité" .
Urbain
* car il existe une variante post-moderne de l'humanisme , la variante "structurale" celle que saluait et consacrait bouffon imperator dans son éloge guanesque de Levi-Strauss : "ce grand humaniste" (sic) .
08:12 Publié dans Arts, culture & politique ..., Culture, société, LA RUBRIQUE D'URBAIN, Politique, Politique, Histoire, Société | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : race, xénophobie, genres, ethnicisation, post-coloniale, communautarisme, amselle
vendredi, 12 mars 2010
Soup - opéra [1/6]

Incidemment, la télé était allumée, et j’entendais l’animatrice de l’émission poser une question à l’actuelle première secrétaire du Parti Socialiste, quelque chose comme : « Durant ce meeting, de quoi allez-vous débattre ? » Aubry répond : « Nous allons débattre de ce qui intéresse les Français – de la privatisation de la Poste, des bas salaires, des fins de mois difficiles… ». Et là, ça m’a agacé ! Les « fins de mois difficiles », sans blague ! Les gens se font exploiter, et ils ont « des fins de mois difficiles » ! Coluche, il disait un truc comme : « Nous, on a des fins de mois difficiles, surtout à partir des trois premiers jours ! »
- Oui, c’est la LQR ! C’est comme ça ; et c’est partout !
- Ils n’ont rien trouvé pour les muets ?
- Euh, non. Sans doute, parce qu’on ne les entendra pas la ramener ! (pause) Au début, c’était marrant même ! Pour les activités professionnelles, le truc de base, c’était de dire à la place de « balayeur »…
- …« technicien de surface ».
- Maintenant, on dit même : le « personnel (ou agent) d’entretien ». Ça en jette, un peu plus ! Du coup, à la place du « concierge », on a eu le « gardien d’immeuble » ; à la place de la « bonne à tout faire », l’ « employée de maison » – qui est devenue… l’ « aide ménagère » !
- Ah, très fort ! Tiens, il n’y a plus de « facteurs »…
- Des postiers ?
- Mais non, c’est trop ringard, ça ! Des « préposés au courrier » !
- Bieeen ! Mais, j’ai mieux ! Il n’y a plus de banquiers !
- Ah ?
- Eh, non ! Il y a des « conseillers financiers » !
- Ah, oui !
- De même qu’il n’y a plus d’avocats…
- Il y a des conseillers juridiques. C’est bon, c’est rentré ! Et les médecins ?
- « Docteur », comme statut social, ça va. Ça ne craint pas pour eux…
- Enfin, il y a les « psys », qui sont devenus des « analystes ». Bref, passons.
- Tiens, un euphémisme qui est marrant… Tu sais par quoi ils ont remplacé « secrétaires » ?
- Attends, je réfléchis… euh, non.
- C’est facile, pourtant ! Ce sont des… « assistantes de direction »…
- Il n’y a plus de chefs, il y a des « cadres ».
- …ce qui est marrant, c’est qu’ils ont dû changer pour « assistantes sociales »…
- Ah ?
- Elles, elles sont devenues des « référentes sociales ». Eh oui, ça tombe sous le sens ! Quand tu vas au bureau d’aide sociale – pas d’ « assistance publique », hein –, tu te « réfères » à quelqu’un !
- Il n’y a plus de « chômeurs », mais…
- Des « demandeurs d’emploi ». Et il n’y a pas de « licenciements massifs », mais des « plans de restructuration » !
- Pour le statut social, il n’y a plus de « patrons », mais…
- Non, je sèche.
- Des « en-tre-pre-neurs » ! Pour les putes, c’est pareil. Il n’y a plus de « prostituées », ni de « filles de joie », ni de « femmes publiques »…
- …mais des « travailleurs du sexe ». Il faut laisser le masculin, pour ne pas faire tort aux travestis, et aux homosexuels !
- Hop ! Je t’arrête tout de suite ! Il n’y a plus d’homosexuels !
- Ah ? Attends, je cherche… Les « homos » ? Non, je ne vois pas.
- C’est plus les « pédales », ni les « tatas ». C’est qu’il faut passer par l’anglais ! Il faut dire… « gay » ! En anglais, ça passe mieux ! C’est plus joyeux !
- Pour l’anglais, ils ont remplacer la nounou, par la « baby sitter »…
- Avant il y avait la dame de compagnie, et c’est devenue la « mamie-sitter » !
- Eh, tu as remarqué, il n’y a plus de « petits boulots »…
- Ah ! « petit », ça ne fait pas bien…
- On a des « jobs »…
- Tu rigoles ? Y a mieux !
- Ah ?
- On fait… des « travaux d’appoint » !
- Waouh ! Mieux que « travail alimentaire » ou « emploi de complément » !
- Pour ne pas parler de travail jetable, ils disent : « travail précaire » ! Même plus « temporaire »…
- Il y en a qui parlent d’ « intellectuel précaire »…
- Ce sont des intellectuels, qui réfléchissent de temps en temps… une semaine sur deux !
- Ou alors, qui n’en a plus pour longtemps !
- Et t’en as d’autres, qui le sont à durée indéterminée… Ils disent « philosophes médiatiques ». Comme Béchamelle.
[fin de la première partie]
par Albin Didon
09:55 Publié dans Culture, société, humour | Lien permanent | Commentaires (169) | Envoyer cette note | Tags : novlangue, humour
vendredi, 19 février 2010
en arrière – jeunesse

Elle et lui : la petite vingtaine. Comme je la connais un peu, je les rejoins. Elle nous présente l’un à l’autre... - Euh, et alors, vous êtes dans la même promo ?
Elle : Non.
- T’es dans quoi, alors ? T’as vu comment je le cuisine ? comme les flics !-]
Lui : Dans plus rien...
- Oh, un galérien, alors ?-]
Lui : En pharmacie alors, ou dans les langues ; ça n’a pas d’importance... Je pourrais prendre un petit boulot, gagner un peu de ronds, et vivre tranquille quelques mois... Je n’ai pas beaucoup de dépenses. J’aimerais bien vivre dans une petite communauté, loin du monde...
- Ah, oui ! comme le groupe Tarnac !
Elle : Le quoi ?
Lui : Le groupe du Tarnac. J’ai mon frère qui en connaissait un. Il connaissait quelqu'un dans le groupe, l'a côtoyé à un moment...
- Ah ?!
Lui : Oui, mais il est parti, et a fait autre chose. Tu as lu leur livre ?
- Oui, mais, il n’y a rien d’extraordinaire...
Lui : Qu’est-ce que tu lui reproches ?
- Euh, c’est un bon état des lieux, très clair, très argumenté, mais leurs propositions sont assez courtes. A la question « et après ? », il n’y a pas beaucoup de réponses. Et puis, c’est très peu offensif ! Et dire que ça a fait trembler le ministère de l’Intérieur ! D’un pet de mouche, ils en ont fait une montagne de rien du tout – les fondés de pouvoir. Et ils n'ont pas reculé devant les méthodes infâmes. De l’enfumage, relayé par la presse ! Bon, il y a un autre bouquin, un peu mieux qu’il faut lire quand on a vos âges. C’est le livre de Badiou...
Elle : Ba... quoi ?
- Quoi ?! tu n’en as pas entendu parler ?
Elle : Ben, non... Avec toutes les informations qui nous tombent dessus tous les jours, on ne sait pas quoi retenir...
- Bon. « Ba », « diou »... ou « Bad » – comme « mauvais » en anglais – et « you », mais avec un « i », à la place de l’ « i grec ». Pareil, un bon état des lieux, mais rien de plus. Il y parle principalement du « transcendantal pétainiste » dans notre bon pays. Mais, le livre à lire, c’est son hypothèse communiste.
Elle : Et toi, tu travailles... euh, dans le cinéma ? Tu écris des critiques ?
- Dans le cinéma, non. Des critiques, euh, ça oui ! Je laisse ça sur des blogs, mais sous pseudo. Je prends un pseudo pour ne pas me faire emmerder. J’ai balancé contre un magistrat, et lui, vient de se faire débouter par un Tribunal à propos d’une fallacieuse affaire d’injure publique (mais pas contre moi, hein). Donc, un type comme lui – véreux – je suis sûr que si j’étais sous mon identité civile, il a tous les moyens de me faire chier ! et qu’il ne se privera pas de le faire !
Elle : Et pourquoi sur les blogs ? Pourquoi pas dans des revues ?
Lui : Ou dans des magazines ? Y a un critique dans le Nouvel observateur, qui est reconnu...
- « dans le Nouvel obs » et « qui est reconnu »... eh bien, je ne vois pas bien qui peut le reconnaître ! Ou alors, il est connu (et je devine qui c’est), mais alors, moi, je ne le reconnais pas du tout ! C’est comme les rock stars ! On va prendre not’ Johnny national (qui préfère ne pas payer ses impôts en France), il est connu du grand nombre, mais je ne suis pas sûr qu’il soit « reconnu ». Ils sont tout au plus « connus » du public...
Elle : Mais alors, tu ne travailles pas ? tu ne cherches pas à publier ?
- Je dis souvent que si on veut me lire, il faudra attendre que je claque ! Blague à part, je dis que n’importe quelle personne de votre âge, disons, ma cousine, mais même ma nièce de cinq ans, elle voit que le monde qu’on a sous les yeux, c’est de la merde ! Donc, la moindre des choses, c’est de ne pas y participer ! en tous cas, le moins possible...
Mais, on peut pousser, et parler de la confiscation de la démocratie. On nous fait croire qu’on est en démocratie, mais on ne l’est pas ! C’est une oligarchie déguisée. On nous fait croire à la liberté d’expression, mais elle est très restreinte. Car il faut voir où est la parole publique ? où on peut vraiment s’exprimer, s’adresser au plus grand nombre, sans risquer de se faire inquiéter ? Par exemple, le racolage électoral sur l’ « identité nationale », au début, on pouvait se dire : « Bon, c’est une blague » – très douteuse, bien sûr – et qu’elle allait durer, allez, au maximum, deux mois. Là, ça fait près de quatre mois, et c'est parti pour durer ! Or on est tous là, à rien faire, à attendre que ça se passe...
Donc, ce qui est « fort », c’est la résignation de chacun. On a l’ouvrier, le travailleur, ou l’employé qui rentre du boulot, et qui allume la télé. Et là, on lui matraque la gueule : on lui fout cinq drames d’affilée, et juste après, une rafale de vingt pubs en pleine figure ! C’est sûr qu’il ne peut plus trop réagir. Et puis, le lendemain, il doit retourner se faire exploiter – ce qu’il accepte très bien, du moment qu'on lui file un salaire suffisant pour qu’il considère que sa situation est moins mauvaise que beaucoup d’autres.
Et de l’autre côté, il faut voir le zèle de certains, et particulièrement celui des flics (sans mentionner les notables). On leur dit : « Il y a des lois, faites-les respecter, et ramenez-nous des résultats ! ». Et eux, sans aucun problème, ils accourent et répondent : « Oui, chef ! » Et ils appellent ça la « culture du chiffre »... qui est un oxymore ! Car, on ne peut pas mettre ensemble « culture » et « chiffre ». Mais, il faut croire que c'est une nouvelle conception de la « culture »...

par Albin Didon
06:00 Publié dans Culture, société | Lien permanent | Commentaires (126) | Envoyer cette note | Tags : conversations, tarnac, badiou, communisme
vendredi, 22 mai 2009
EUROAUDITIONS
"VOSVOTES sont IMPORTANTS"
Ben ouais c'est important les vovotes...
"Pour Soane TAPEZUN"
"Pour Rachida TAPEZDEUX"
"Pour François TAPEZTROIS"
"Pour Segolina TAPEZQUATRE"
Si je vovote pour TAPEZQUATRE que va devenir TAPEZUN et si d'autres vovotent pour TAPEZTROIS est-ce que TAPEZQUATRE a quand même une chance ?
A moins que TAPEZTROIS fasse un duo avec TAPEZQUATRE. Mais quelle chanson chanteront-ils ?
"NORWAY... twelve points, NORVEGE... douze points"
"FRANCE.... four points, FRANCE... quatre points"
"UNITED KINGDOM...one point, ROYAUNE UNI...un point"
Bon la France s'en sort pas mal par rapport à la Lettonie et la Slovaquie, c'est toujours ça.
"Nous remettons à chacun(e) un lot de nos écouteurs sans-fil pour écouter la musique. Deux D.J. jouent simultanément sur deux canaux indépendants, ce qui signifie que vous choisissez la musique que vous voulez écouter ! Si vous n'aimez pas la musique du premier D.J., il vous suffit de tourner le bouton pour écouter le second."
Donc je peux écouter en même temps les élections européennes et l'eurovision ?
"Si vous pouvez le transmettre avec un système de haut-parleurs, nous pouvons le transmettre grâce à nos écouteurs. Groupes musicaux, comédiens, films, poètes, orateurs... la liste est sans fin."
Mais est-ce qu'autour c'est vraiment le silence ?
"Oui et Non ! L'équipement ne produit aucun son audible pour qui ne porte pas les écouteurs, mais il est difficile de convaincre un millier de personnes de ne pas chanter tous ensemble une chanson comme Wonderwall d'Oasis ! C'est pour cette raison que la Discothèque Silencieuse représente une expérience unique et palpitante."
...;-(((((
NEF
06:00 Publié dans Culture, société | Lien permanent | Commentaires (105) | Envoyer cette note | Tags : concours, élections européennes, foire
mercredi, 18 mars 2009
handy - cap
- Comme je connais un peu ton orientation, je voulais te poser une question un peu polémique. Badiou parle d’ « hypothèse communiste ». Quelle différence y a-t-il selon toi avec ce qu’appelle Straub : l’ « utopie communiste d’Hölderlin » ?
- Pour moi, parler d’hypothèse, c’est avoir une idée… pré-établie… d’une construction possible, alors que l’utopie, c’est plus prudent, plus ouvert… – ça reste indistinct…
- Mais, pour moi, la nuance est grande – ça s’oppose presque.
- Non, ça ne s’oppose pas. Mais, à un moment, il faut intervenir politiquement – et parler d’hypothèse communiste, c’est opérant dans le champ d’un discours politique. Quand Straub parle d’utopie, on reste au mieux dans une conception, disons « esthétique » : il ne fait pas de politique.
- Là, pas d’accord. Chacun de ses films sont politiques, et quand il parle en public, c’est aussi politique.
- On s’est mal compris. Je suis d’accord avec toi. Bon. Là où je veux en venir, c’est que l’idéologie capitaliste a tout fait pour éliminer le mot « communisme ». A l’époque, on parlait de « communisme réel ». Le communisme était en marche, évident pour tous…
- Ah ?! tiens ?! je ne connaissais pas cette expression. En parlant de ça, je pense que c’est très con « l’anti-capitalisme », parce que ça ne fait que renforcer le capitalisme. Cela dit, il faut certes un contre-discours capitaliste, mais en fait il faut surtout un discours qui aille contre l’idéologie dominante sans aller chercher à l’améliorer. C’est ce que disait Badiou à propos des oxymores : le « capitalisme moral », ou les « privatisations nationalisées ».
- Surtout qu’avec les crises, on voit maintenant les impasses. Marx l’avait vu très tôt déjà : le capitalisme est tellement pétri de contradictions qu’il faut passer à autre chose. Et, c’est Lénine qui en tire les implications pratiques dans son livre Le Développement du capitalisme en Russie. On est passé d’un capitalisme de producteurs à un capitalisme de consommateurs.
- C’est intéressant, parce que ça veut dire que les producteurs n’arrivent plus à – j’allais dire ‘relancer’ – à faire tourner la machine, alors, ils vont chercher les consommateurs, comme carburant. Et même à les intégrer parmi les producteurs, ou à les inclure comme actionnaires, en leur faisant participer aux bénéfices…
- Il n’y a plus d’industries en France, ni en Europe. Tout est fabriqué par les Chinois ou en Asie. Les sociétés occidentales ne produisent plus rien.
- Ah si, quand même !
- Du service.
- Il y a des industries de services et des conglomérats financiers.
- Je veux dire qu’il n’y a plus de fabrication matérielle…
- Oui.
- …d’industrie qui nécessite du matériel.
- Là, non. Enfin, je vois où tu veux en venir…
- On ne fabrique plus de voitures comme le faisait General Motors…
- Tiens, c’est intéressant, parce que l’un des types les plus riches du moment – et ce, depuis une vingtaine d’années – c’est Bill Gates. Je fais exprès ce rapprochement, parce qu’il y a cinquante ans le modèle de vie, c’était la voiture et la machine à laver. Aujourd’hui pour appartenir au monde, pour être dans le coup, il faut avoir son téléphone portable, ou son ordinateur.
- Aujourd’hui, si tu n’as pas de voiture, ni d’ordinateur, tu es « handicapé »…
- Tu as une « mobilité réduite ». Et puis, pour relayer l’idéologie, il y a cette presse qui n’informe pas…
- Si ! elle informe…
- Non, elle n’informe pas.
- Elle dicte des comportements, produit des habitudes.
- Elle conforme, tout au plus. Mais, on ne peut pas dire non plus qu’elle intoxique – même si c’est le cas. Il faudrait trouver le mot.
- L’enfumage, la propagande…
- Elle bourre le crâne, elle brouille l’écoute…
- C’est le mécanisme du consentement.
- Je suis désolé de pinailler, mais « consentement », ça ne me convient pas. Il manque quelque chose, quelque chose qui masque les vrais enjeux. Je veux dire par là que, oui il y a consentement, mais, qu’il y a quelque chose de plus profond. Quand on consent, on est d’accord, mais d’accord pour quoi… C’est quoi l’expression qui va avec ?
- L’expression ? Chomsky a écrit ce livre, La Fabrique du consentement.
- Oui, voilà, d’un côté, on fabrique, et de l’autre, on accepte la fabrication – mais pas du consentement. Il y a un pacte. Mais, en fait, on est d’accord pour participer au capitalisme, on adhère. On adhère à l’engrenage. A chaque fois, donc, c’est plus que du consentement, c’est de l’embrigadement. A chaque fois qu’on cède, on le favorise…
- Pour favoriser le consentement, il faut corrompre, dans le vrai sens du terme : altérer, pourrir. Et, les gens se laissent facilement corrompre, jusqu’à être contaminés. A l’arrivée, ils sont intoxiqués par la voiture, la télé, l’ordinateur. Je dis souvent que celui qui tape les « 3w » – world wide web – il est déjà mort.
- Je ne suis pas d’accord. Il est pris, il est piqué, mais, pour le reste, je ne dirais pas ça – pas plus qu’autre chose en tout cas. Mais, bon, il faut reconnaître que internet, c’est un nid, non, un repaire de fêlés.
- Pour moi, c’est le règne du fictif…
- C’est marrant, parce qu’en parlant un peu de ces choses-là avec un critique très connu et très respectable, il disait : « Ils parlent des blogs – ils disent tous que c’est bien – alors qu’Internet, c’est un fléau. » Des gens qui prennent des pseudos, et parfois même celui des autres, pour se défouler. Bon, c’est vrai, à 99%, c’est des fêlés. C’est un océan de fêlés.
- Bon, c’est un peu comme l’alcool, ou la drogue, on peut se désintoxiquer…
- Bon, sur ces grands mots, il nous reste qu’à continuer à essayer de construire quelque chose de vivable…

06:00 Publié dans Culture, société | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note | Tags : straub, bill gates, general motors, badiou
lundi, 12 janvier 2009
Allo, j’écoute…

A l’heure où la loi « Création et Internet » poursuit sa belle route moderne afin de, comme la Ministre de la Culture ne cesse de le répéter, défendre les auteurs et la création dont la capacité à produire des formes nouvelles et intéressantes pourrait ne pas survivre face aux hordes de pilleurs de culture, cette petite note se propose d’aller faire un petit tour ailleurs.
http://www.numerama.com/
Il est évident que le livre, la musique, les films, du fait de leur nature propre (support, dispositif…) ne réagissent pas uniformément face à « l’ère numérique ». Tout est numérisable, reproductible et partageable mais, dans l’exercice « prosaïque » de jouissance de l’œuvre, un livre, un film, la musique ne recouvrent pas les mêmes spécificités. Il ne sera question que de musique, ici.
La loi « Création et Internet » n’a d’autre ambition que de garantir la pérennité d’un marché dans lequel il n’y a pas, en théorie, à musarder, à découvrir, à expérimenter hors des canaux classiques de promotion. Tout doit converger vers les gros produits conformes et transversaux et affirmer qu’il n’existe rien d’autre. On a beau parler, la main sur le cœur, de pluralisme, d’offre, de petites productions et de « films du milieu » (mouarf), l’industrie culturelle reste une industrie, avec ses capitaines, ses empires, son chiffre d’affaire, sa rationalisation.
Il ne s’agit pas ici de ne voir que l’aspect monnayable des choses et de faire du contournement du rapport marchand l’alpha et l’omega de la libération de l’auditeur face aux grands groupes et du renouveau artistique mais plutôt de regarder un "phénomène" où la question de l’argent est (pratiquement) exclue et où les enjeux sont ailleurs : les netlabels.
Un netlabel, comme son nom l’indique, se présente comme une structure (comme on dit) visant à proposer, via le net, de la musique en libre téléchargement, généralement sous « creative commons ».
http://creativecommons.org/
La démarche des créateurs (terme générique pour faire vite) qui optent pour ce mode de diffusion est sans doute multiple mais, au final, ce qui est donné à entendre le fait hors des rails de l’industrie et son emballage médiatique mais également hors du périmètre répressif de la loi « Création et Internet ».
Il ne s’agit pas de substituer au pré-mâché critique de la presse spécialisée un enthousiasme benêt devant les formes proposées par ce biais mais, justement, d’exercer ou de tenter d’exercer un sens critique à peu près émancipé du bruit médiatique et de la fabrique du goût et, également, d’échapper à la circulation canonique des choses fatalement régie par les pseudo lois du marché.
Cette possibilité de donner à entendre, sans rapport marchand, crédit d’impôt, promotion tapageuse, sujets supposés savoir, relève autant des moyens de diffusion que des moyens de production. Le développement des home-studios, de la musique assistée par ordinateur, des processus d’enregistrement allégés, l’échantillonnage, le travail collaboratif rendent la fabrication de « disques » abordable, indépendante des « professionnels de la profession » et, souvent, avec des qualités techniques, un rendu sonore tout à fait acceptables. Internet, ensuite, classiquement, se charge de la diffusion par les moyens bien connus.
En principe, bien que le poids de l’environnement et les attachements automatiques entraînent comme partout mimétisme et conformisme, les contraintes externes quant à l’orientation à donner à l’œuvre sont réduites drastiquement. On peut ainsi espérer rencontrer, du moins théoriquement, des formes « libres ».
Le netlabel, en mettant à disposition sa structure, sa bande-passante, fait des choix, sans doute, mais sans mesure avec la frilosité et l’exigence de formatage des maisons de disques (comme on disait au XXème siècle). De plus, l’offre d’hébergement pour un musicien est assez pléthorique.
On voit ainsi se dessiner un paysage où tout est, musicalement (et aussi au niveau des possibilités d’expérimentation), permis, ou du moins fortement délié, autant du point de vue du créateur que de l’auditeur, où tout le travail de la médiation réside dans la forme qui surgit.
Donc, voici quelques liens permettant d’aller juger sur pièces, de braconner, de trouver peut-être quelque chose (voir également les liens vers les netlabels)…
http://sonicsquirrel.net/?cat=
Un blog, en français, inévitablement très restreint face à la "production", qui chronique des disques (plutôt dans une veine folk, pop…) :
http://netlabelsrevue.
Une façon de sortir des procédures usuelles et de répondre, en actes (comme dans le domaine du logiciel libre), au marché de l’entertainment vorace.
Et puis, la musique, ça se pratique également. D’une façon ou d’une autre…
http://www.dontcrack.com/

f
06:00 Publié dans Culture, société | Lien permanent | Commentaires (96) | Envoyer cette note | Tags : musique, netlabel, culture, hadopi











