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mercredi, 23 novembre 2011

Vies et mort de la social démocratie

 kurz,flamby,PS, crise, social démocratie

La social démocratie malade de la crise

Zapatatero a fait le maximum, mais ça n’était pas encore assez.
Pap’andreou eut la prétention désespérée de s’en remettre au jugement du peuple, il fut honteusement chassé, sous les injures et les quolibets.
Après le post-blairisme de Goudron Brun et tant d’autres succédanés du libéralisme, ce sont donc les différentes moutures réformistes de la droite de gauche qui sont balayées, l’une après l’autre, par le geste de dévoilement du réel et la critique objective de et par la « crise ».

Aux grands maux les grands remèdes : c’est la banqueroute, donc c’est la liquidation . « Tout doit disparaître » de l’état social, et devant la mollesse des fondés de pouvoir des banques on passe aux administrateurs judiciaires européens : le salut des créanciers du libéralisme mondialisé est à ce prix .
Certes les gouvernanceurs de droite de droite, sont également sous l’éteignoir , mais comme le montre encore l’affaissement express du flamby et symétriquement la fin de partouze du berlusconisme : quand les choses deviennent « sérieuses » le choix démocratique est bien vite réduit à l’alternance entre la droite politicienne ou la droite technicienne. Il n’y a plus de place pour la gauche morale, ses médecines douces et ses homéopathes sociétaux. La cure d’austérité carrément allopathique s’impose à tous et partout , avec son régime sévère , et en ces temps de pénurie de valeur, et pour l’administrer efficacement et à la plus grande échelle, la vaseline social-démocrate est jugée superflue et trop coûteuse .
Désormais c’est la rigueur que tu vas sentir passer ma petite démocratie effarouchée, sans préambule ni préservatif, et il n’est plus temps de minauder ou d’essayer d’adoucir les plus pénibles effets de ta soumission obligée. Il faudra bien que tu comprennes et admettes que les gains de productivité n’étant plus en mesure de valoriser le «travail abstrait» , l’alternative social-démocrate est elle-même totalement dévaluée.
Bien utile pour couvrir d’un voile pudique le bradage de l’état social et du patrimoine national, la gauche de droite et de gouvernement a rempli son rôle , en Espagne , en Grèce, en Angleterre, en Allemagne, en France et ailleurs, en faisant plus et mieux que n’aurait pu le faire sa copine de droite « dure ». En Espagne comme partout au monde merveilleux de l’Europe unie par la concurrence libre et non faussée et du démocratisme multimédiatisé, les élections ne peuvent (et ne doivent) rien changer d’autre que les programmes de la radiovision et les liens des clics (« j’aime ») sur fesse bouc. Comme les ibériques le reconnaissent sans fard : « ça ne peut pas être pire ». Une évidence communément admise car chacun voit bien que c’est la contrainte qui va empirer et que les libéraux socialistes n’ont pas plus l’idée de la changer que leurs homologues « de droite ».
En réalité au sein d’une classe politique « de gouvernance » qui n’a plus d’autre projet que celui de syndic de liquidation du libéralisme en banqueroute, le social-démocrate ne peut plus se «différencier» que par le sourire contrit et la chaleureuse poignée de main qu’il accorde devant la porte. Et comme il est quand même « de gauche », il vous consolera en vous expliquant que vous n’êtes plus identifiés comme exploités mais comme exclus, et que c’est le prix à payer pour toutes ces années de bombance aux restos du cœur et de farniente à pôle emploi.
Si vous êtes bien sages on vous laissera vous connecter aux réseaux « sociaux » pour peu que vous vous démerdiez pour payer votre forfait en dealant assez de coke à vos amis fesse-bouc. Et si vous n’êtes pas contents l’oncle Sam viendra avec l’OTAN vous donner de sa trique « chirurgicale » et démocratique !

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En attendant, bonne lecture  : du livre de Robert Kurz (éditions lignes)

dimanche, 13 novembre 2011

Bienvenu en Ploutocratie

Ainsi, pourrons constater nos fils (et nos filles), le stade suprême du capitalisme fut assurément l’impérialisme , désormais «global» et mondialisé , conformément aux abaques de Marx et Lenine, et sa modalité politique se révélât, au début du XXIème siècle,  dans toute sa crudité : la bonne vieille … Ploutocratie.

Le pouvoir explicitement détenu par et pour les riches…

dès lors qu’au monde du totalitarisme réel, celui où la totalité univoque ( du pouvoir de, par et pour la finance) est revendiquée comme forme de l’être social, on ne peut plus se contenter de quelques pays ( à l’instar de ceux de feu le « socialisme réel ») .
La pérennité de l’ordre ploutocratique immanent à la finance capitaliste et à son accumulation de marchandise et de spectacle requiert désormais des mesures d’urgence ( « les marchés sont inquiets » ) , et elles doivent être globales et « mondialisées » .

Le moment est révolu où la superstructure libérale, c’est à dire l’oligarchie financière, devait et pouvait se contenter de placer des «fondés de pouvoir» symboliques aux postes de gouvernement des états.
Désormais , devant les exigences de la situation, les masques tombent : ce sont des banquiers « de métier » qu’il faut clairement mettre aux commandes de la gouvernance.

Ce moment est celui de la fin d’une période de 40 années, d’une époque qu’on peut sans doute désigner comme celle du « matérialisme démocratique » qui affirme selon Badiou :

« Il n’y a que des corps et des langages ».

Ce qui, comme le résume assez bien son meilleur vulgarisateur Quentin  Meillassoux :

« renvoie aussi bien aux philosophies vitalistes post-deleuziennes, qu’à la post-modernité, entendue comme relativisme historique et langagier.
Badiou, en gros, vise de la sorte tout relativisme langagier, culturel ou historique : toute croyance qu’il n’existe aucune vérité susceptible de traverser la particularité d’une époque, d’un milieu, d’un jeu de langage. »

autrement dit le « deleuzo-foucaldisme » de nos clercs , mandarins , politiciens , journaleux et médiacrates hexagonaux de tous poils, au pouvoir politique et symbolique ces 40 dernières années, et à ces divers titres chargés de nous re-présenter ( à nous-mêmes) .

Une époque qui vit s’affronter ces post-modernes et leurs homologues nouveaux-philosophes en une palinodie proprement idéale pour la superstructure  d’accumulation capitaliste qui s’agençait dans le même temps autour des «marchés».

Rien d’étonnant donc à ce que les ploutocrates ordinateurs de cette superstructure aient promu la néantification politique et sociale portée par ces «intellectuels» désormais «organiques» de la consommation libidinale de masse (et à crédit).

Endettons-nous Folleville, au bénéfice des seuls banquiers, et  au prix de l’exploitation décuplée des prolétaires des « pays émergents » ( les nôtres , trop rétifs et coûteux, étant mis au chômage) . Qu’importe que les inégalités croissent de manière exponentielle à l’exacte proportion des profits détaxés et des impôts que les riches ne paient plus , du moment qu’on pouvait jouir sans entrave des bienfaits du libéralisme de marché, désormais protégé de toute velléité séditieuse par l’antitotalitarisme scrupuleux d’élites décomplexées et de politiciens de gouvernement.

Mais voilà … que ça se complique, et même que ça commence à tourner mal. La banque pourrait même bien sauter, et la partie de monoply s’arréter brutalement. La contradiction nodale de l’accumulation capitaliste confrontée à sa limite : comment simultanément rembourser la dette et l’augmenter … Alors tous ces intellectuels organiques et les partis de gouvernement qu’ils inspirent sont un peu dépassés.

Jadis (avant James Bond, papa-des-sous et supermariomonti), dans ces cas difficiles "l’organisation atlantique" faisait appel à des gens comme John Drake * .
Mais John Drake n’était pas banquier europhile, il avait juste un petit chapeau (chic) et une voiture de sport anglaise (décapotable) …

pinçons charlot,dette publique,crise de l'euro

* voir à partir de 2'58"

dimanche, 16 octobre 2011

Flamby au dessert

La droite de gauche

flamby, hollande, droite , gauche molle, PS

C’est donc le menu de la droite de gauche qui a été plébiscité par les « sympathisants » du PS.

Ils auront du Flamby au dessert.

Paraît que ça permet de mieux digérer l’austérité du plat de résistance . Les sympathisants de gauche morale ont décidément des goûts changeants mais sans jamais sortir des préconisations de l’élite médiacratique : de la bravitude à la nullitude il n’y avait qu’une subtile nuance, mais quand même un sorte de hiatus. La contradiction est maintenant dépassée par un nouveau concept qui a un bel avenir parmi les bataillons panurgiques de la gauche de droite ( et réciproquement ) : la mollitude désormais incarnée par un « type normal » .

Le genre clerc de notaire ou pharmacien de père en fils , cher à nos vieux radicaux socialistes de jadis, dont l’insignifiance rassurante les garantit que la classe moyenne sera préservée de tout pénible bouleversement. Que la ronronnante reproduction des charges et privilèges pourra encore quelques temps rythmer la ronde tranquille des cumulards et des ronds de cuirs d’appareil.

Enfin nous voilà entrés (vautrés?) de plein pied dans l’Europe : nous avons notre Barroso !

Nul doute qu’il a l’étoffe pour reproduire avec une belle constance l’insignifiante veulerie de son modèle Bruxellois et, à notre échelle hexagonale, parfaitement rassurer les marchés .

Elections , piège à cons.

Bonus ( pour ceux qui n'ont pas encore compris ce que c'était que l' "être de gauche" ), un peu de théologie négative : l'habitus de la "famille hollande" :


Pierre Bourdieu 1999 Gauche/Droite par scalp85

« Hegel remarque quelque part que tous les grands faits et les grands personnages de l’histoire universelle adviennent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »
Karl Marx, Le dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte 

Mutatis mutandis, et sur un mode très dégradé, en regard de la grandeur des personnages et des faits : bienvenu en Mollande ...

lundi, 23 juin 2008

L'Histoire sans Fin ?

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Sommes nous décidés, sommes nous contraints, sommes nous condamnés à rester dans le commentaire ?
Doit-on ici continuer de (seulement) réagir ?
C'est le genre de question qu'on peut se poser dans le prolongement du "que faire" qui revient dans ce qui reste du débat politique, et qui revient non pas comme une interrogation sincère, mais désormais comme une injonction, une justification et bientôt un prétexte.
Cette attitude supposée justifier le "n'importe quoi du moment qu'on fait quelque chose" des "rénovateurs", aussi bien que la nébuleuse des postures du renoncement des caciques de la gauche de droite ( c'est à dire toute la gauche "de gouvernement" ) recyclées en "réflexions", "contributions" et autres "idées neuves", ce prurit qui semble agiter l'ensemble des apparatchiks de la "nouvelle génération" (celle des "modernes") . Ce phénomène est en fait l'indice majeur et explicite de leur totale impotence à agir.
Car c'est bien de s'agiter , et non d'agir qu'il s'agit(ent) ici.
De quoi, donc, s'agitent ils ?
Du rôle de chacun(e) dans le grand jeu ( de rôles) qu'est devenu le débat politique , tel qu'il s'annihile désormais, de manière de plus en plus hégémonique sur l'ensemble des moyens de communication et d'informe-ation .
Cet exercice mondain, populaire et largement diffusé de néantification du sens et des idées qui jadis pouvaient passer pour porter le projet d'émancipation et de justice sociale, est il un moment , "une mauvaise passe", un effet secondaire de l'épiphanie bouffonne ?
Ou bien sommes nous entrés dans l'ultime processus historique, au sens hégélien du "devenir de l'esprit social et politique", celui de la "la fin de l'histoire", pour de bon .
C'est une fin "à épisode" il est vrai puisque Hégel en eut l'intuition décisive en voyant défiler les armées de Napoléon devant sa fenêtre , que Kojève la réactualisa dans les années 30 ( en pleine confrontation du fascisme et du stalinisme ) et qu'enfin Fukuyama finit d'épuiser ( à proprement parler) ce thème récurrent au moment de la fin de la guerre froide, de l'effondrement du stalinisme gérontocratique post-brejnevien et , selon lui du socialisme mondial.

814757962.jpgTraitant précisément ce point, dans sa très notoire et imposante communication  présentée en séance publique devant l’Académie des sciences morales et politiques le 12 décembre 2005, Bernard Bourgeois ( un de nos grands hégélianistes) membre de l’Académie des sciences morales et politiques, observe que l’affirmation de la fin de l’histoire est double :
 elle pose d’abord que l’histoire est, par essence, finie,
 ensuite que sa fin existe maintenant.
 Ensuite, il examine à quelles conditions, internes à la pensée, ont un sens :
 le jugement d’essence : "l’histoire a une fin"
 le jugement d’existence : "la fin de l’histoire, c’est aujourd’hui".

Pour ceux et celles que cela intéresse cette communication est intégralement disponible ici.
Pour ma part je ne me hasarderai pas à contester la construction rhétorique de Bourgeois ni la consistance de sa réfutation des deux plus notoires prophètes de la "fin de l'histoire" après Hegel, mais je pense assez peu risqué d'avancer que cette histoire dont il(s) s'agit(ent) en la circonstance , celle des "temps historiques" succédant à la pré-histoire, et qui donc devrait être suivie ( dès maintenant ) de temps ... "post-historiques", peut en effet assez bien s'incarner dans le la pantomime que nous donne aujourd'hui les politiciens à l'occasion de leur commune cérémonie de révérence au marché et au libéralisme.

Bourgeois rappelle que :

"Cette précarité objective ( de sa thèse) , Fukuyama l’avouait, tout comme la précarité subjective d’une telle fin de l’histoire durant dans l’ennui et l’insatisfaction, qu’il ressentait lui-même au point d’annuler tout son ouvrage dans les ultimes lignes de celui-ci, en se demandant si l’humanité déçue n’allait pas repartir pour un nouveau voyage historique."

Il est vrai que cette "post-histoire", post-moderne, mondialisée, sans échappatoire ni alternative, ou l'esprit, enfin, est bien face à lui-même et se reconnait comme tel ( dans le monde "naturel et naturé" du capitalisme/libéralisme triomphant et généralisé ), risque d'être assez "décevante" et quelque peu "ennuyeuse".

469032231.jpgLa tournure prise depuis un certain temps par le débat politique nous en donne un aperçu déjà assez peu engageant, mais si , en plus, la seule chose que nous puissions encore faire ce serait de "commenter" (fut-ce pour la dénoncer dans toute l'étendue de son ennui , de son ridicule, de sa vanité et de son implacable injustice) cette post-histoire, sans histoire ... alors là , non, ou plutôt ... merde .

C'est donc la deuxième "Badiouserie" (promise),
suite au prochain numéro ...

 

Urbain

 
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