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lundi, 22 décembre 2008

C'est ma crise, c'est ma très grande crise

Lorsqu'un peuple sera capable de bien choisir son leader,

il sera mûr pour comprendre qu'il n'en a plus besoin.

The big Somewhere

Robert TH. Humbley

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Avant la guerre, je veux dire la guerre contre le Roi de Prusse, le discours culpabilisant du pouvoir, c'était plutôt : "Tu es pauvre et faible parce que tu n'as pas assez adoré Dieu, parce que tu as péché. Dieu, dans son immense sagesse, a fait s'abattre sur toi et tes enfants guerres, famines, viols, pillages et épidémies. Mais rassure-toi, si tu te repens, ton Dieu ne t'oubliera pas quand tu le rejoindras dans son Royaume."

Et les pauvres continuaient de trimer sang et eau pour leurs prélats, leurs souverains ou leurs seigneurs.

Mais au moins, de temps en temps, ils se prenaient une vraie bouffée de colère et, comme ils n'avaient pas grand chose à perdre, ils foutaient allègrement tout en l'air avec une rage joyeuse et appliquée.

Aujourd'hui, les prêtres du Divin Marché ont un agenda beaucoup trop chargé pour avoir le temps de s'adresser directement à ceux qui n'ont rien. Ils prêchent par voix de presse, de radio et de télévision à des fidèles qui ont, au moins, les moyen d'acheter un journal, une radio ou une télévision – même parfois à écran plat (écrans plats qui, entre-nous soit dit, ont au moins le mérite de faire enfin coïncider le fond et la forme).

Et que nous disent-ils ?

"C'est ta crise, c'est ta très grande crise, Elle était inévitable, inéluctable et c'est toi, petit presque pauvre qui l'a provoquée en adorant le veau d'or du crédit à tout va, à tout prix, à tous taux, à tous risques ! Mais rassure-toi, fidèle disciple de la Con-Sommation (consomme et tu existeras) cette crise par toi survenue sera bénéfique. Comme la Sainte Apocalypse financière et économique va tout balayer pour qu'enfin, les justes d'entre les justes, ceux qui avaient su garder "du cash" (frère Minc-sic) rebâtissent sur les ruines de l'ancienne Sodome-city la Ghomorrapolis de demain, plus jeune, plus propre, plus hypertechnologisifiée, hyperflufinancierdifiée. En attendant, si tu veux garder ton job, tiens toi à carreau, passeque des comme toi, y en a 10 000 qui attendent devant ma porte tous les matins et, si tu ne veux pas perdre le peu que je t'ai laissé, confie-moi ton argent, confie-moi ton avenir professionnel, confie-moi l'avenir de tes enfants et de la planète et, surtout, LAISSE MOI RÉFORMER EN PAIX POUR LE BIEN DE CEUX QUI VALENT VRAIMENT QUELQUE CHOSE ! NOM D'UN PETIT BONHOMME (que je suis). C'est la CRISE, tu comprends, alors j'ai d'autres chats à nourrir plus importants que toi."

DSC_01770029manif.JPGOui, la crise a toujours bon dos. Et toujours le même, celui des moins armés, ployés sous le poids de l'injustice érigée en régulateur de l'unique organisation viable des sociètés humaines : The Divine Market. A croire que le capitaliste se fabrique régulièrement une bonne petite crise comme un bourgeois gros bouffeur se met à la diète une fois par an pour bien se nettoyer les conduits corporels avant de recommencer à baffrer comme quatre cents de ses employés. On fout tout en l'air et après, on reconstruit comme on l'entend. Notre vie, c'est leur cité de HLM en barres. On ne s'en occupe pas et, quand ça commence à craindre un peu trop, on rase, on se spécule la parcelle au passage et on rebâtit. En général du Bouygues ou du Vinci avec emplacement réservé pour Edouard L. grand mailleur du réseau social par le maxi-commerce de méga-proximité par voie d'automobiles à pétrole.

Le monde va mal, le système financier va mal, l'éducation va mal, la recherche va mal, la démocratie va mal, vous avez énervé cui-cui et, moi-même, je ne me sens pas très bien alors même que le système de santé, c'est de moins en moins ça.

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Alors, on fait quoi ? On attend en regardant le sablier de nos vies et de nos utopies glisser doucement vers le fond grain après grain? On regarde la télé pour s'assurer qu'il y en a toujours de plus malheureux que nous ? On s'essaye encore à acheter quelques trucs pour vérifier qu'on est bien vivants ?

Ou bien on fait comme les lycéens viennent de le faire, des mouvements "spontanés", sans leader identifié avec qui le pouvoir pourrait discuter pour endormir le mouvement ?

DSC_01020013manif.JPGImaginons un instant que tous ceux qui en ont ras le bol descendent une bonne fois dans la rue, sans motif particulier si ce n'est celui, chacun à son niveau, chacun pour ses raisons (emploi, gamin abattu par la police, sans-papier défenestré, baisse du pouvoir des chats, vulgarité du chef de l'état, suppressions de postes dans les lycées, procès d'intentions de nuire à l'Etat fait aux "ultra-gauchistes" planteurs de tomates du Limousin, privatisation de la poste, mal-logement, désir de paix, envie de rencontrer enfin du monde, SDF morts de froid, oeil pour oeil, doigt pour doigt dans le fondement du droit moral d'un journaliste… liste non-exhaustive à compléter dans les coms ) avec pour seule cohérence de ce "vastemouvementderevendication" que toutes ces révoltes ont lieu dans les coeurs au même moment, c'est a dire, à mon avis, à peu près quotidiennement et plusieurs fois par jour.

Pourquoi faudrait-il qu'il y ait un corporatisme de la révolte ? Pourquoi ne pourrait-on pas se révolter en même temps pour des raisons différentes ?

L'important n'est-il pas d'appliquer ce droit et ce devoir inaliénable du peuple : le devoir d'insurrection inscrit dans la Constitution du 24 Juin 1793, dite "constitution de l'an I":

"Article 33. - La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.

Article 34. - Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35. - Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

DSC_00230001manif.JPGArrêtons de croire que, parce que les flics de l'Etat y péta-paradent en roulant de la sirène et des mécaniques, la rue est à l'Etat qui voudrait bien nous la "prêter" pour aller faire nos courses et tous nos petits besoins de la vie quotidienne. LA RUE N'EST PAS A EUX, LA RUE EST À NOUS, IL EST TEMPS DE LA RENDRE A CEUX QUI Y SOUFFRENT, Y TRAVAILLENT, Y ESPÈRENT, Y DORMENT et Y CREVENT. Et, soit dit en passant, le Président de la République n'est jamais que notre employé, pas notre Président Directeur (de consciences) Général.

Le scandale politico-financier est aujourd'hui général, répondons-y par une grève tout aussi générale, bruyante, joyeuse, spontanée et incontrôlable.

Quelques exemples

-Chaque achat est un vote – faisons la grève des achats stupides, inutiles, polluants.

-Chaque vote est une compromission – faisons la grève des votes

-Les trains de la SNCF sont chers, jamais à l'heure, les tarifs sont aux limites de la légalité, les avions polluent en masse, les camps pour touristes au milieu de la misère sont une atteinte à la raison et une insulte à l'intelligence – faisons la grève des séjours/vacances débiles.

-La police outrepasse ses droits sur les citoyens et est inefficace en matière de prévention de la délinquance – faisons la grève de la présentation de papiers ou, mieux, portons plainte contre la police chaque fois qu'on est importuné par elle.

Liste non exhaustive non-plus. Toutes les idées sont les bienvenues en com.

 

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BOB

(Photos Yannick FORTIN)


vendredi, 19 décembre 2008

La fourmilière ou le paradis radieux qu’on nous promet, comme dit l’autre !

Avertissement aux personnes sensibles : ce billet est vulgaire, agressif voire pré révolutionnaire...

Figurez vous, mes chers copains Villageois, que j’ai entendu le discours d'un type, l’autre jour à la radio… Ce pantin nous faisait la morale en empruntant un discours surréaliste : " il nous fallait changer car nous étions figés dans notre immobilisme et nos conservatismes, " déclarait il en sous-entendant que nous étions un peuple de paresseux et de légumes !

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" Changez, changez, changez ! ", pérorait il du haut de sa tribune chauffée en direction des élèves de Polytechnique béats et conformistes à mourir (notre élite docile et bien pensante de demain ; quelle misère...) ! " Travaillez, travaillez, travaillez ! ", répondait en écho la même ridicule marionnette…

Le citoyen de 3ème zone, minable à l’esprit obtus que je suis, il serait malséant d'en disconvenir, a pris la mouche et s’est dit : "  Bon Dieu, mais ce petit paltoquet tiqueur, car il s'agissait bien de Nicolas Sarkozy, qui gouverne ce pays depuis un an et demi, qu’a t-il donc fait pour nous, pour moi depuis tout ce temps pour se permettre de nous parler ainsi ?

Depuis qu’il est au pouvoir, j’ai de plus en plus de mal à m’en sortir en travaillant dur à un âge ou la fatigue commence à meurtrir le corps… On paye de plus en plus chers les médicaments, les mutuelles viennent d’augmenter de 10 %, les factures d’EDF et GDF nous étranglent, les loyers et les prix de l'alimentaire flambent, je possède une voiture de 13 ans que je n’ai plus les moyens de changer, le gouvernement et les parlementaires veulent en plus  nous faire payer toujours davantage de taxes pour des tas de motifs futiles et pourtant je travaille de plus en plus (y compris le dimanche) pour un pouvoir d'achat de plus en plus restreint !

Et ce triste sire qui vient nous donner des leçons ?

Ce type qui se gave effrontément aux frais de la princesse avec son budget élyséen en augmentation logarithmique, cet homme qui possède à son service et à sa dévotion des centaines de collaborateurs zélés. Ce gugusse, né avec une cuiller d'argent dans la bouche, qu’on voit sans cesse à la télévision nous insulter en nous traitant de feignants, d'assistés, de profiteurs du système, d’intolérants, de sangsues !

fourmi rouge.jpgASSEZ ! CELA SUFFIT !

Citoyen Sarkozy, je sens que la population en a marre de tes remarques ! Il serait temps  d’en rabattre un peu car l’année 2009 risque de mal se terminer pour toi…

C’est le conseil d’un pauvre citoyen qui n’en peut plus de ton arrogance, de tes leçons à deux balles et de ta morgue, toi qui, du sommet de ta pyramide, te complait dans la soie et le luxe et le matérialisme ostentatoire…

Bouger pour dire qu’on bouge, mec, ce n’est pas faire des réformes, c’est pratiquer une sorte de danse de Saint Guy stérile, incantatoire et vaine !

Commence déjà par appliquer tes préceptes à toi-même ! Vis moins ostensiblement, rassemble le peuple au lieu de le diviser, applique de vraies réformes pour soulager les pauvres et les classes moyennes qui souffrent, sois un peu plus modeste et tâche de mériter une considération que tu as complètement perdue dans la population et surtout baisse les budgets qui concernent ton train de vie, montre toi peu dans les médias, ne roule pas trop des mécaniques, travaille moins tes discours et combats davantage l’injustice terrible qui commence à régner dans ce pays…

TOUJOURS PLUS de taxes, de cotisations, de réglements administratifs, de lois coercitives, de répression, d'interdits, de collusions entre les intérêts publics et privés et TOUJOURS MOINS de libertés, de responsabilités personnelles et de pouvoir d'achat : CAR S'IL S'AGIT LÀ DE LA SOCIÉTÉ DE RÉFORMES ET TOUT L'AVENIR QUE TU PROPOSES AUX FRANÇAIS, MON PETIT GARS, IL SERAIT JUDICIEUX POUR TOI DE PRÉPARER TES VALISES, EN TOUTE HÂTE, ET D'ENVISAGER À ENTAMER TA FUTURE CARRIÈRE D'AVOCAT NEW YORKAIS À 3.000.000 $ PAR AN...

Parce que... Avec ton bilan calamiteux pour le petit peuple, citoyen président, on ne saurait trop te conseiller d'adopter un profil bas...

Ah ! Ça ira !

Pour cette fois.

À bon entendeur…

Aujoud'hui : premier anniversaire du "Village des NRV". Une pensée pour Serval, José et Guy Birenbaum... Merci à tous ceux qui y ont contribué par leurs lectures, commentaires, billets. Pas de chiffres. Simplement : on essaiera de ne pas vous décevoir et de garder une certaine originalité et une liberté de ton sans pareille ! Merci à tous et particulièrement à la rédaction du site " 20 minutes" qui nous soutient avec tant d'abnégation et de générosité...

Cui cui, l’oiseau exaspéré, affreux, sale, méchant et mal élevé.

* Merci à JJM pour la photo.

lundi, 20 octobre 2008

Ceci est mon corps

 

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« Vivre son propre corps veut dire également découvrir sa propre faiblesse, la tragique et impitoyable servitude de ses manques, de son usure et de sa précarité. En outre, cela signifie prendre conscience de ses fantasmes qui ne sont rien d’autre que le reflet des mythes créés par la société… le corps (sa gestualité) est une écriture à part entière, un système de signes qui représentent, qui traduisent la recherche infinie de l’Autre. » Gina Pane

 

 

"Et voilà, je l'ai mon sommet, mon roc, mon cap, que dis-je, ma péninsule. Ma série de péninsules.

W. l'a dit : « what a fucking idea! If you jUMP, i jUMP. »

Dès mon élection, mes amis journalistes le disaient déjà : « Sarkozy devrait mettre en place ses propres contre-pouvoirs. » Et voilà. Et pour preuve, j'ai voulu et je fais les « Etats généraux de la presse ». Même Joffrin a dit : "C’est une idée juste." Fidèle quatrième pouvoir ; le mien...

Je contrôle toute la chaîne de production, une véritable industrialisation du sens.

Je défais et je refais, je m'aligne et je refonde, j'agis et je critique l'action. Je suis un système complet et stable ; les autres croient qu'il n'y a rien d'autre... Le zéro et l'infini.

On commence à peine à se rendre compte à quel point Chirac a été un ralentisseur de la modernisation, un révolutionnaire inerte dans un seul pays. Moi, je suis dynamique. Au temps linéaire et mou de la vieille France, j'oppose un temps pliable à l'envi, selon mon envie. Bon, ce sont de vieux trucs mais il suffit de dire que cela est moderne pour que ça le devienne. Mon truc, c'est la psychologie.

Regardez mon plan de sauvetage du système financier français... Ca, c'est de la refondation.

http://www.marianne2.fr/L-Etat-cree-une-societe-ecran-pour-preter-320-milliards-aux-banques-sans-avoir-l-air-de-s-endetter_a92282.html

http://www.lesechos.fr/info/france/300301763.htm?xtor=RSS-2010

Quelque chose de nouveau mais qui est la même chose parce que ce qui est est tout de même vachement bien. Les « socialistes » pensent la même chose mais ils sont moins modernes. Ils disaient faire quelque chose de différent tout en faisant la même chose ; moi, je fais la même chose tout en affirmant que ça ne sera plus comme avant. Les « socialistes » ont vidé l'église Saint-Bernard à coups de matraque ; moi, je sauve Petrella. Mais, dans les deux cas, nous sommes les responsables de la situation.

Là, le capitalisme financier a merdé (pas ma politique, pas mes réformes, rien à voir, hein), ça c'est vu. Un incident. Tout le monde sait que c'est mon monde, notre monde, qui a créé cette « crise ». Toute cette histoire n'a jamais ému grand monde, c'est l'Histoire.

C'est le cours des choses ; les hedge funds, c'est aussi de la richesse et la richesse engendre la richesse et elle coule sur les plus pauvres.

http://www.paroles.net/chanson/13238.1

Les choses qui se voient, c'est pour moi car je suis une chose qui se voit. Alors je vais refonder. Tous mes amis crient au miracle, c'est une révolution qui se déroule sous nos yeux, une révolution pragmatique, réformatrice. C'est la privatisation de la révolution par ceux-là même qu'elle est censée défaire. Ha, mon grand soir... J'entends quelques puissants éditorialistes feuler sur ma cuisse. S'est-on jamais offusqué de voir un chien baver au tintement d'une clochette ?

"J'ai eu un chien, une fois, un labrador. Un animal très beau, très intelligent mais intenable. Un mâle dominant, m'avait prévenu le vétérinaire. Voyez-vous, j'ai dû m'en séparer. Il ne faut jamais laisser deux mâles dominants dans un même endroit et aujourd'hui, le mâle dominant, c'est moi..."

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/10/09/nicolas-sarkozy-dominique-de-villepin-fatale-attraction_1104995_823448.html

Vous le savez autant que moi, toute cette agitation est la simple continuation de l'exercice de la domination. Mais je suis votre ami, je pense comme vous puisque c'est moi qui le dit : le système est excessif, inégalitaire, immoral (mouarf) et il faut le refonder. Ce qui était beau hier sera beau demain. Botox, liposuccion, péniplastie...

La peopolisation, ça n'est pas qu'une histoire de vie privée/vie publique. C'est surtout de la norme, un apprentissage du regard. C'est une incarnation des pouvoirs. Regardez mon corps, dites mon nom, l'Histoire continuera.

Face aux corps qui s'immolent par le feu, qui se suicident en prison, qui souffrent, j'expose mon corps (photoshopé) agissant, symbole à abattre, à chérir, à rêver. Forme de la dépolitisation. Régime (Protée inique) de choc afin de liquider ce qui reste de politique ici.

Plus les corps souffrent, plus le corps politique se décharne, plus le mien exulte, plus mon nom clignote sur les vitrines. Et Mon opposition ne voit que ça ; mon petit spectacle. Serge Daney disait, à peu près, qu'enfant, il n'aimait pas les cartoons car la souffrance y était absente (putain, la référence...). Mes enfants, ne soyez surtout pas si lucides, ne regardez pas ce qu'il se passe dans la salle. C'est une projection publique.

La critique du capitalisme devient la critique de la finance devient la critique de quelques voyous devient la nécessité de moraliser devient la victoire du capitalisme devient la victoire de mes homologues devient la victoire de mon corps en action.

Mes chers compatriotes, continuez à me regarder, continuez à me nommer. Ne me lâchez jamais. Attachez-moi, s'il le faut.

Et pour le chômage, la paupérisation, la violence, demandez Fillon ; il n'a pas de face."

f

 

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lundi, 06 octobre 2008

DÉCONOMIE (2) : La danse de Saint Blé ou la Multiplication du Rien

"Jésus leva les yeux et vit qu'une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu'ils aient à manger ? ».Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait bien ce qu'il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun ait un petit morceau de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites-les asseoir. » Il y avait beaucoup d'herbe à cet endroit. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains, et, après avoir rendu grâce, les leur distribua ; il leur donna aussi du poisson, autant qu'ils en voulaient."

Jean 6, 5-11

 

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La Cène selon Greenspan : "Prenez ceci est leur sang"

 

 

" Le miracle est la patience avec laquelle les hommes et les femmes se sont de tout temps soumis aux fardeaux inutiles apportés par les gouvernements."

William H. BORAH

 

Souvenez vous…  Pêcheurs et mécréants, en vérité, en vérité, Robert Th. HUMBLEY vous l'avait pourtant bien dit :

Le coût de Barre, Marx et ça repart !

 

Or, que voit-on à l'heure où s'effondrent, tels Babels de sable, les châteaux de cartes (de crédit) en Espagne, en Belgique, en Angleterre, en USA (qui vient de Usure), au Luxembourg, MAIS PAS EN FRANCE !!!

Car, nous, en France, on a écouté Robert Th. HUMBLEY, grand déconomiste, visionnaire de l'implanifiable, et aussi CUI-CUI, oracle pure-plume, annonciateur de l'impensable… Et l'on a appliqué cette loi simple du Divin Marché : la richesse, quand il y en a, c'est pour quelques-uns, quand il n'y en a plus, c'est pour tout le monde.

Donc, tout devrait être simple et cette (soit-disant-juste-chez-les-autres) crise réglée depuis longtemps dans notre beau-et-vachement-protégé-quand-au-système-bancaire-mondial pays.

Sauf que, voilà, comme disait un autre brillant éconofumiste de chez nous, Auvergnat, inspecteur des Finances, taulier de la rue de Rivoli, puis président de la Dettepublique Française et qui osait appeler un chou un chou, j'ai nommé VGE : "Vous chavez, l'économie, ch'est compliqué!"

Eh oui, l'économie, c'est comme les bagnoles: Plus c'est compliqué, plus quand ça tombe en panne on est dans la merde parce qu'on peut plus reparer soi-même.

Oui, pauvres mortels, compliquées sont les voies détournées du Divin Marché pour faire votre bonheur malgré vous et la petitesse de votre cerveau.

Mais, encore une fois, Robert Th. HUMBLEY est là!

Sur le coup, à chaud, dans le tumulte des premiers ébranlements et lézardes du grand édifice-fric mondial, j'ai d'abord pensé vous parler de la danse de saint blé à laquelle se livraient nos fiers-à-bras aux couilles d'argile. Un pas en avant, une courbette en arrière, un menton relevé, une nuque courbée servilement, une danse de la pluie des taux autour du divin Trichet… bref… pas du joli joli, mais, finalement, je n'ai pas jugé cela utile. Quand la bombe d'Hiroshima a explosé, aurait-il été sérieux de se préoccuper d'abord de ce que devenaient les puces et les blattes ?

Élargissant donc mon champ de perception et d'étude,   je me suis à nouveau tourné vers les textes les plus anciens… fondateurs, fédérateurs… jusqu'au plus ancien d'entr'eux : La Sainte Bible. Et, dans la multiplication des pains, j'ai vu toute la lumière de notre beau système financier mondial.

Les pains que Jésus a multiplié, c'etaient pas des vrais, sinon, les gens qui avaient faim, ils auraient plus eu faim et alors, ils auraient plus eu besoin de croire en DIEU pour espérer, un jour, ne plus être ceux qui ont toujours faim et entrer enfin dans la maison de DIEU où il y a toujours à manger pour tous.

Eh bien, l'argent, pour les Banquiers (et leurs copains/complices dirigeants politiques), c'est pareil. Il y a deux argents :

1- celui qui sert à circuler, comme les jeans à une seule jambe d'une blague juive (pas antisémite, M'sieur Val !) – "c'est pas des jeans pour porter, c'est des jeans pour acheter, pour vendre, pour acheter, pour vendre…"

2- et celui que les banquiers, les capitalistes et leurs factotums du pouvoir politique récupèrent au passage pour eux et qu'ils transforment vite en quelque chose de vrai : Mercédes, Yachts, Villas, Iles privées, or, bijoux, grands crus…

Et voila le miracle économique dans lequel on nous a un jour plongé la tête (et avant nous à nos parents, nos grand-parents…)

Pour continuer la pensée de notre ex-Grand Argentier et Président de la Detpublique Française (qui se bat aujourd'hui contre les moulins à vents du futur)  : "pour que les Franchais comprennent bien, je crois qu'il faut leur exchpliquer avec des exjemples chimples".

C'est ce que fait un film remarquable (et qui commence à se faire remarquer) :

L'ARGENT DETTE (ou les BANKSTERS), de Paul Grignon.

 

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(DELie tes liens et clic sur l'image)

Le monde tout entier vit aujourd'hui sur une grande "chaîne de l'argent" où ceux qui sont au départ de la chaîne sont peu et gagnent beaucoup et où, à l'arrivée, nombreux sont ceux qui, même si c'est pas beaucoup, perdront tout ce qu'ils ont.

"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés."

David Rockfeller

 

Comme le disait le poète psyché-économiste Robert Th. Humbley : "décidemment, on ne rêve pas en chiffres".

Signé : appelez-moi Bob 

 

Dernière minute, tout s'arrange :

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vendredi, 03 octobre 2008

Hôtel France™

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Henri Krazucki prédisait dans les années 80 que (de mémoire) « la France deviendrait le cul bronzé de l’Europe ». Les chiffres du tourisme en France ne cessent être mis en avant et ils sont éloquents : (année 2006)

Dépenses en France des visiteurs étrangers : 36.9 milliards d’euros.

Consommation touristique en France : 112.2 milliards d’euros.

Poids de la consommation touristique par rapport au PIB : 6.3% (en euros constants).

76 millions de touristes, 566.9 millions de nuitées.

 

http://www.tourisme.gouv.fr/fr/z2/stat/chiffres/att00009212/ccles_fr.pdf

 

Plutôt que de courir après son histoire perdue, plutôt que de pleurer son rayonnement éteint, plutôt que de bomber le torse face aux pays émergents hilares, plutôt que de louer son identité tout en battant sa coulpe, ce pays devrait faire ce qu’il sait faire, et rien d’autre ; recevoir.

 

Le projet de faire de la France un gigantesque hôtel avec ses chambres, sa climatisation, ses services, ses employés, ses aspirateurs, ses grooms, sa moquette s’inspire de la théorie de « l’avantage comparatif » décrite par Ricardo :

 

http://www.cepii.fr/francgraph/publications/ecomond/lepointsur/2002ch8.pdf

 

Accueillir, dorloter, distraire, nourrir, faciliter l’oubli de la crise, étourdir, choyer le voyageur seront les missions premières de cet établissement-pays. Il sera du devoir de chacun, dans le cadre de l’unité nationale hôtelière, de veiller à l’optimisation des conditions d’accueil, de proposer un monde à part, un rêve…

 

Il conviendra dans un premier temps de renoncer à tous les secteurs d’activité, à toutes les industries, à toutes les technologies ne relevant pas, directement ou indirectement, de l’activité hôtelière. Toute l’activité de l’Etablissement devra être tendue vers ce pôle unique et porteur. L’Hôtel France™ doit tirer tous les avantages de cette spécialisation, garante de développement et de prospérité.

 

La loi littoral devra être abrogée, en d’autres termes la généralisation des dérogations. Il est nécessaire de construire les pourtours de l’Hôtel France™ au plus près des côtes, du relief, des frontières afin d’offrir aux touristes le meilleur point de vue et la meilleure accessibilité aux contrées exotiques. Ce bâtiment-limite hexagonal, exploitant l’acier et le verre, sera la seconde construction humaine visible depuis la lune. L’intérieur de l’établissement-pays deviendra alors un gigantesque patio. Les plaines et les coteaux (redessinés par l’agri-design raisonné) seront autant d’agréments et d’appels à l’aventure. Moquettes vertes et nuancées insalissables, faux arbres en mousse expansée, animaux réalistes en résine de silicone, nuages-antenne relais devront remplacés le vieux modèle de Nature et établir ainsi un développement durable fonctionnel et configurable à souhait. Les villes devront évoluer en pôles d’activité thématiques. Tout entrepreneur de spectacle, toute multinationale culturelle pourra apporter son savoir-faire et son image et obtenir la gérance d’un ou plusieurs pôles. Dreamworks, Sony et Baoji Titanium Industrial Co. Ltd. sont déjà en compétition afin de se voir attribuer la marque « Marseille™ ».

 

Afin d’offrir aux touristes un éco-système autarcique et dépaysant, il sera sans doute nécessaire de faire de l’Hôtel une île. De gigantesques travaux visant à détacher l’établissement du continent seront menés. Un ensemble de profondes tranchées, détourant l’établissement, seront creusées. Un dispositif électrostatique permettra alors de faire glisser l’établissement et, éventuellement, selon la demande, de laisser dériver l’Hôtel sur le proche Atlantique. Les appels d’offre seront lancés en toute transparence. On voit bien là tout l’intérêt de poursuivre le développement du nucléaire français et de militer pour la fusion Areva-Alsthom.

 

Une gestion optimisée du réchauffement climatique devra permettre de climatiser l’établissement et de proposer aux touristes des ambiances variées. Un partenariat avec les pays les plus pollueurs permettra de maîtriser la basse atmosphère et de permettre une planification optimale du climat. La possibilité d’installer une centrale thermique à charbon, très grosse productrice de gaz à effet de serre, près du pôle «tourisme sexuel virtuel » d’Issoudun™ est à l’étude. Cette source de dérèglement climatique d’appoint permettra une meilleure réactivité face à la demande des clients nomades. De plus, afin de parfaire le dispositif, la forêt des Landes sera rasée et remplacée par une dalle en béton peinte en vert. Le catastrophisme écologique connaîtra ainsi un débouché fructueux et, du fait de la privatisation du réchauffement, l’aboutissement d’une stratégie de perpétuation du modèle marchand.

 

Il va de soi que la gamme des prestations offertes devra être la plus large possible. De la formule « la sensation barre HLM », destinée aux CSP+ ayant conservé l’esprit d’aventure et voulant décompresser en s’initiant au paint-flashball, à la suite « Brégançon – Mickey Mouse » pour les plus fortunés voulant s’imprégner ludiquement de la grandeur passée de la République, l’offre saura décliner le patrimoine français tout en le modernisant. Pour les moins fortunés, la réhabilitation des bassins miniers de Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais visant à creuser des cases-chambres dans la roche sera engagée. Ainsi, pour la clientèle bas de gamme, cette offre sera-t-elle considérée comme un retour aux sources. Sensations garanties…

 

Les infrastructures et accès de service du complexe nécessiteront des aménagements. Les métros urbains seront réhabilités en autant de passe-plats et autres monte-charges. Les LGV (laveries à grande vitesse), CGV (cuisines à grande vitesse), SEGV (services d’étages à grande vitesse) sillonneront le complexe via le réseau de la SNCF (Service iNtégré des Chambres et Frigidaires). Toutes les voies routières, fluviales, aériennes seront dévolues au service et aux ex/incursions des touristes. Le personnel, du fait de sa mission exclusive de service continu, ne pourra emprunter ces voies que dans le cadre du service. Tous les déplacements personnels, limités par l’absence de temps libre, ne pourront s’effectuer que dans un réseau de tuyaux décoratifs ou fonctionnels (tel le vrai/faux oléoduc de Vesoul™, morceau de bravoure du parc thématique « Géorgie, mon amour » financé par BP).

 

La satisfaction du touriste passe avant tout par un management du personnel de qualité. Le service rendu étant la manifestation d’un nouveau patriotisme, aucun manquement ne saura être toléré. Pour garantir la pérennité de cette efficacité, un état de « crise permanente » sera insufflé. Cette crise, exploitation des idées de « concurrence exacerbée et mortelle », « imminence de la fin du modèle hôtelier optimal », « possibilité du chaos », sera la vérité de l’article premier du texte fondamental de l’Etablissement : « Le lapin-chasseur ou la mort » (notre intelligence : vos rêves).

 

Il faut cependant préciser que tous les individus pouvant porter atteinte à l’image du complexe hôtelier France seront immédiatement expulsés. Les grooms-vigiles auront toute latitude d’ouvrir et de fermer les portes. Le modèle français de l’univers carcéral, à savoir insalubrité, suicide et surpopulation, sera reconduit. Cette certaine idée du « séjour carcéral » sera mise en œuvre par Andorre Fun Jails™, leader mondial de la rétention discount.

 

Pour finir, les notions d’Etat, de République et de Démocratie finiront d’être liquidées. Un établissement transversal et performant comme l’Hôtel France™ se doit d’être managé selon les normes modernes en vigueur. C’est la qualité des prestations, la productivité des agents, l’indice U.V. et le PHB (Produit Hôtelier Brut) qui déterminent l’action. Un conseil d’administration, établi selon les règles en vigueur, présidé par l’homo claydor alpha, se réunira chaque jour dit « grande plonge purificatrice » (ex jour férié), et examinera les nouvelles tendances, les dernières modélisations du bonheur à options, les partenariats envisageables avec Vatican-Roc’Eclerc™ et la NRA (Nouvelle Russie Administrée), les débouchés de la neuro-thalasso et du brunch « anthropophagique »...

 

 

 

 

 

Hotel France™

Je TM à la folie.

 

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