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vendredi, 09 janvier 2009

Parabole sur la mondialisation des opinions publiques.

Figurez vous qu’hier après l’annonce presque conjointe des sites de Libération et de 20minutes de fermer les commentaires de leurs sites suite à l’afflux d’insultes et de commentaires abjects attaquant soit la communauté musulmane soit la diaspora juive, j’ai pensé à un fait dont j’avais été le témoin quelques jours plus tôt…

7_103_dsc00351_1_H090446_L.jpegInvité à boire le thé par un copain de marché de nationalité française,et d'origine marocaine, j’étais arrivé au débotté et comme dans beaucoup de familles rebeus (arabe en verlan), la télévision était branchée (par satellite) sur une chaîne d’information continue arabe. (Al Jezira ou Al Arabiya). Le volume du son était au minimum mais perceptible. Mon copain, très croyant était loin d’être un de ces fanatiques musulmans  que j’ai assez rarement, il faut bien le dire, l’habitude de croiser.

Pendant la conversation je regardai du coin de l’œil les images : et bien sûr, on y voyait des scènes effrayantes et bouleversantes, des enfants à moitié morts portés par des pères hagards qui ne savaient où aller, des femmes qui criaient, gémissaient, pleuraient, des gens qui prenaient à partie les cameramen, une perspective envahie par la fumée,  un spectacle abominable jonché des ruines,  des commentaires lancinants , bref, j’avais du mal à garder mon attention ;  concentré sur la  conversation concernant notre vie quotidienne… Et pendant la quarantaine de minutes  les images des violences israéliennes tournèrent en boucle. Ces images n'étaient pas des trucages mais bien la réalité...
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Un peu plus tard, je rencontrai un autre pote de nationalité française, juif celui ci, car comme chacun sait les marchés populaires sont probablement un des milieux où les différentes ethnies du monde entier se côtoient et j’ajoute, le plus pacifiquement du monde. Par curiosité, j’eus l’idée de le questionner sur ses sources d’information et de ce qu’on y voyait.  Je savais par mes discussions antérieures et indiscrètes qu’il était particulièrement favorable à une partition de la Palestine grâce à un accord de paix et qu’il collait, malgré une certaine méfiance à la position politique française,  opinion d’ailleurs partagée par un nombre beaucoup plus important de familles de confession juive de milieu modeste qu’on pourrait imaginer.

Lui, m’avoua t-il se branchait grâce à la parabole sur les télévision israéliennes et américaines. On y voyait surtout des reportages sur la guerre technique, le ciblage chirurgical, l’étalage des chars et autre artillerie. Peu de morts me dit il, mais des dégâts provoqués par les tirs de roquettes dans les colonies cisjordaniennes, des enfants hébreux blessés aussi et des discours de Tipzi Livni et des leaders politiques isréliens. Beaucoup de fantassins super équipés, jeunes, avec de drôles de tissus sur les casques lourds. Et toujours les affirmations des leaders politiques de poursuivre un combat juste pour se défendre contre le Hamas  déclaré terroriste (précisent les commentateurs). Ces images n'étaient pas des trucages mais bien la réalité...

Deux reportages différents, deux images inconciliables, deux traitements opposés et pourtant deux vérités indiscutables !

Pourquoi narrer ce témoignage sans grand intérêt  ?

180px-Cnn-logo.JPGParce que je crains que ce conflit touche notre communauté républicaine constitué de nos concitoyens et amis d'origines arabes et juives, j’ai peur qu’une guerre durable qui concerne, certes, chaque diaspora, ne déborde dans notre pays dont on peut dire ce qu’on veut mais sûrement pas qu’il n’est pas, socialement en profondeur, et malgré la politique menée par le gouvernement actuel, un havre de tolérance. L'exacerbation des passions par des images insoutenables martelées, la haine répétée de l'adversaire, peuvent finir par faire naître le doute parmi les plus moralement structurés. C'est pourquoi il est urgent que nos élites politiques, administratives  et économiques, à l'intérieur desquelles  on compte un nombre si dérisoire de gens issus de la diversité, comme on dit dans la haute, comprennent enfin qu'il faut agir vite et laisser une place légitime si on souhaite que certaines idées  qui peuvent être exaltantes pour certains soient contenues par une perspective toute aussi enthousiasmante mais à l'intérieur de la République !

Ces mêmes pseudo élites qui sortent sans vergogne, la morgue en bandoulières, que leur vision de la démocratie et l'accession aux postes clefs exige qu’on ne soit jugé que sur la compétence personnelle ! Quels pîtres !

Fifrelin ! Mensonges ! Hypocrisie !

Dans la haute sphère française qui refuse de s'ouvrir, une des plus figées du monde occidental, on ne réussit essentiellement que par entregent, piston, cooptation, relation, copinage, filiation, liens familiaux, arrangements, associations d'anciens élèves des grandes Écoles etc…Plus  rarement par mérite !

En réalité, avant les politiques, notre pays est tenu par une caste de hauts fonctionnaires qui verrouillent le système : qu'on cesse donc de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Et cette coterie politico économico administrative,  pour des raisons qui nous dépassent  refuse dans sa grande majorité d'accepter l'intégration !

Enfin pour terminer par une parabole (jeu de mot subtil), disons que la mondialisation de l’information par la diffusion satellitaire avantage  peut être la standardisation de la consommation gastronomique, le monde des affaires, l'art cinématographique, voire la mode, toutes vertus supposées occidentales, mais qu’elle a tendance, dans chaque pays à favoriser le repliement communautaire qui peut menacer durablement l’équilibre des nations.

Désormais, en ce qui concerne les conflits des Proche et Moyen Orient, en France et dans tous les pays à forte immigration plus rien ne sera jamais comme avant les lancements de satellites de télécommunication, hormis au Turkmenistan.

Amis de Cui cui, bonne année et dites vous bien que dans ce que j'écris, il y a à boire et à manger : ne prenez que ce qui vous tente  et jetez le reste !

Cui cui, témoin à décharge de la France d'en bas qui travaillera dans le froid jusqu’à 70 ans…

lundi, 05 janvier 2009

Best of 2009

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Janvier 2009 : Le Président tape du point sur la table et interdit aux banquiers d’être banquiers tant qu’ils n’auront pas remboursé leurs clients de leurs pertes financières.

Michel Pébereau pouffe en se resservant des bulots. Le Président, assis à une table voisine, le salue d'un mouvement de tête.

La refondation du capitalisme se remet en marche : "Qu’est-ce qu'on dirait si je ne moralisais pas le capitalisme après tout qu'est-ce qui s'est passé…?"

Arnaud Lagardère entre au gouvernement.

Le sénateur Marini crée le RSA (Revenu de Solidarité avec l'Actionnariat) : l'assurance, pour tout actionnaire, de ne pas perdre d'argent quoiqu'il arrive. Philippe Marini : "le risque, c'est trop risqué". Le Parti Socialiste Français dit "zut !"

Barack Obama joue au golf à Brisbane.

Février 2009 : Réforme des prisons. Afin d'éviter l’engorgement, les politiques ou chefs d’entreprises seront envoyés dans des quartiers VIP spécialement aménagés au Ritz.

L'opposition propose un amendement visant à maintenir un sentiment de coercition morale sur le prisonnier : "les cellules porteront les noms de détenus célèbres afin qu'ils ressentent le poids de la faute : "suite Bernard Tapie", "suite  Maurice Papon", "salon Le Floch-Prigent"…

Selon Le Figaro, le Président français a imposé une trêve illimitée dans le conflit israélo-palestinien, pacifié le Darfour et viré Mugabe.

Deuxième plan de relance. Massif.

Barack Obama fait du ski à Gstaad.

Mars 2009 : Les rumeurs de grossesse de la première dame de France font vibrer le tout Paris. Toutes les rédactions sont activées.

Claude Askolovitch devient PDG de France-Télévision. Le Figaro remarque : "nommer un homme de gauche à la tête de France-Télévision, ça, c'est le pluralisme !"

Julien Coupat, fraîchement libéré, est à nouveau interpellé après la découverte de l'intégrale Michel Fugain dans le TGV Paris-Tours.

Dieudonné tente de monter un spectacle sur le site du Berghof. "Il fallait faire plus fort que Faurisson" assure-t-il…

Barack Obama fait du fitness à Agadir.

Avril 2009 : Plan des banlieues. Pour renforcer la sécurité, un mur est en construction entre Paris et sa banlieue et les laissez-passer avec photos seront distribués aux méritants.

Bouygues remporte le marché.

Jean-Marie Bigard joue du violoncelle lors de l'érection (qui nous vaudra une fameuse vanne du grand comique français) du premier pan de béton.

Troisième plan de relance. Patrick Devedjian est formel : "c'est vraiment massif !"

Barack Obama fait du pédalo sur le lac Léman.

Mai 2009 : Nouvelle mesure pour aider les pauvres. Les tentes des SDF seront autorisés dans certaines banlieues, la liste est publiée au JO.

Afin de garantir quelques revenus supplémentaires à France-Télévision, les tentes deviendront support publicitaire. Thierry Saussez explique : "la banlieue, c'est une marque. Le SDF est une marque. La tente est un formidable vecteur de communication. C'est génial !"

Christine Boutin négocie les contrats. Elle espère élaborer un partenariat avec EDF afin d'équiper le second pan des tentes de panneaux solaires. EDF s'engagerait alors à fournir gratuitement des tentes tandis que l'entreprise exploiterait la production d'électricité. Ségolène Royal s'enthousiasme : "j'l'avais bien dit. C'est gagnant-gagnant !"

Dieudonné tourne "mon négationniste chez les nudistes". "Le Berghof, c'était de la gnognotte !" dit-il.

Juin 2009 : Une de Paris Match (la demande d'inscription au patrimoine de l'Humanité de l'honorable publication est toute récente) : Carla Sarkozy et le Président font un jogging sur l’avenue des champs Elysées … "Moi, enceinte, vous voulez rire !?"

Frédéric Lefebvre pourtant rôde… Il sent que quelque chose cloche.

Rachida Dati suit les dossiers depuis la maternité (certains parlent d'une durée excessive d'hospitalisation, visant à l'éloigner des affaires).

Le Président, d'après quelques témoins privilégiés, déprime méchamment dans son palais. La crise, la France, le chômage, les pauvres ; l'ennui. Ses yeux commencent à pétiller lorsqu’un visiteur lui montre quelques photos du G20. Une larme roule sur sa joue lorsque, à l'oreille, on lui chuchote : "vous avez sauvé la planète, Monsieur le maître de l'univers…"

Quatrième plan de relance. Patrick Devedjian assène : "C'est ultra massif !"

Roselyne Bachelot dérape.

Une entorse de la cheville. L'hôpital public, asphyxié, égare son dossier et pratique sur cette patience de luxe une tragique erreur médicale : ablation des cordes vocales.

Barack Obama s'initie au parapente dans l'Oural.

Juillet 2009 : Les utilisateurs d’internet ont jusqu’au 31 décembre pour se déclarer et donner les noms des cinq sites autorisés sur lesquels ils surferont.

Frédéric Lefebvre est retrouvé, errant, hagard, délirant, hirsute dans les rues de Paris. Il ne cesse de répéter : "il est où ce gosse ? Il est où ce gosse ?"

Nouvelle canicule. L'UMP, craignant pour son électorat, lance l'opération : "le vote après la mort, c'est possible !"

L'Irlande rejette de nouveau le traité de Lisbonne, malgré les aménagements. José Manuel Barroso, dans son français impeccable, aura ce mot : "jamais deux sans trois, hé hé…"

Brice Hortefeux fête, au Bataclan, son 30000ème clandestin expulsé. 29987 exactement. Treize ont été épargnés afin d'assurer le service de la soirée.

Barack Obama pêche le barracuda aux abords de l'île Maurice.

Aout 2009 : France-Télévision ferme définitivement son antenne après avoir perdu ses deux derniers téléspectateurs, victimes de la canicule.

Un missile sol-sol détruit le fort de Brégançon.

Ariel Sharon sort du coma et déclare : « Je vous avais prévenu ».

Le Président autorise l’ouverture de la chasse aux sans-papiers à l'arbalète. Le permis de chasse donne droit à un crédit d'impôt.

Barack Obama, interpellé sur une moto des mers à St-Tropez, est reconduit à la frontière. Le Président en duplex depuis le Cap Nègre s’est immédiatement occupé de son dossier auprès de la Préfecture.

Jean-François Copé rend hommage, sans langue de bois, à M. et Mme Chirac, décédés suite à une panne de la climatisation.

Un cinquième plan de relance est annoncé pour septembre. Personne n’a entendu Devedjian sur France-Télévision. Des observateurs parlent d'un plan super massif et volontariste.

Dieudonné lance son nouveau spectacle : "Pétain, mon amour". "J'ai mis le paquet !" assure-t-il…

Septembre 2009 : Les supermarchés sont autorisés à vendre des armes à feu. Michel-Edouard Leclerc annonce une boîte de balles offerte pour trois armes achetées. Christine Lagarde se tire une balle dans le pied.

Frédéric Lefebvre est retrouvé gisant à la maternité dans la chambre de Rachida Dati. La fuite volontaire des RG sur la paternité de Zhora Aznar est révélée sur le Post. Birenbaum est incarcéré à Saint-Anne. Dans la même chambre que Frédéric Lefebvre.

DSK est condamné pour la 7ème fois pour non-paiement de pensions alimentaires.

Mort du 30ème nouveau-né dans une maternité ; Roselyne Bachelot annonce des mesures drastiques au journal de TF1, en langage de signes.

Le Président affirme ne pas être le père de Zorha.

Michèle Alliot-Marie quitte définitivement la politique et part cultiver le chanvre dans une ferme du Lot. Patrick Ollier craque et lache, reprenant Claude Olivenstein : « le problème avec la drogue, c'est que c'est bon ! »

Carla Sarkozy part au States enregistrer un disque en compagnie d’un mystérieux métis.

Le sixième plan de relance fait dire à Devedjian : « Je suis fier d’être français ».

Octobre 2009 : La crise du logement atteint son paroxysme. Tous les immeubles sont vides à la suite des expulsions liées aux loyers impayés. Delanoë propose d’interdire les panneaux « A Louer » qui enlaidissent les façades de Paris.

Fadela Amara dépose une gerbe sur le mur des banlieues, en hommage aux travailleurs français, morts sous la chute des blocs de béton.

Le président connait quelque moments de lucidité. Georges-Marc Benamou qui recueille ses confidences promet déjà un « grand livre, sensible, pudique, pour la rentrée 2010. »

Hervé Morin ne fait aucune déclaration.

Brice Hortefeux expulse sa femme de ménage.

Un réseau d’internautes ultra-gauche est infiltré, le site « Playlist » ferme définitivement.

Carla Sarkozy, qui désire se voir appelée maintenant « Carla Starr », rentre des States.

Barack Obama joue au polo à Alfortville.

Novembre 2009 : Rachida Dati sort de la maternité, accompagnée d’un mystérieux métis.

La vente de briquets et d’allumettes est interdite suite aux nombreux incendies de voiture.

Martin Hirsch annonce de nombreuses places d’hébergement, au centre de rétention de Vincennes.

Carla Starr sort un disque très folk.

Brice Hortefeux annonce l’indépendance des Antilles.

Une loi réglemente la consommation des chiens et des chats afin de les protéger d’une extinction brutale.

Serge Dassault, nouveau ministre de l'intérieur, rappelle aux employeurs les sommations d’usage avant de tirer sur les salariés.

Le 7ème plan de relance est mis en place. Devedjian fuit les caméras en hurlant : « plus massif, y'a pas ! ».

Barack Obama surfe à Hawaï.

Décembre 2009 : La vidéo des voeux 2008 repasse le soir du 31. Le Président est introuvable depuis quelques jours. Brice Hortefeux annonce dans la foulée un putsch mené par lui-même et ses amis, Yacine et Fatoumata.

Hervé Morin réveillonne avec Christine Boutin dans une cabane, au Canada. « L'Afghanistan, rien à foutre », avouera-t-il finalement.

François Fillon en appelle à l'union nationale face à un auditoire médusé de poulets, près de Loué. « Rien ne vaut le retour sur ses terres » dira plus tard le natif de la Sarthe.

EDF incapable de faire face à l'hiver le plus rude depuis 1954 (la rationalisation ayant considérablement réduit ses effectifs sur le terrain) ne rétablira l'électricité sur la majeure partie du territoire français que le 13 mars 2010.

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Agathe + f

mardi, 30 décembre 2008

Marre de l’année 2008… Vivement l'onirique et taciturne 2009 !

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Nous conduit invariablement à la précarité

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Et inexorablement à l'affrontement

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Ne sommes nous pas ?

Découragés de voir des gens crever de faim en 2008, épuisés de travailler toujours davantage pour vivre de moins en moins bien, excédés de voir les oligarchies financières, administratives et politique s'accrocher désespérément  à leurs privilèges exorbitants, las de constater que les inégalités dans notre pays se creusent, lassés d'avoir à supporter chaque jour plus de devoirs et de bénéficier de moins en moins de droits,  usés par cette Europe dogmatique qu'on nous impose aux forceps. Dégoûtés par les discours des fanatiques religieux et idéologiques, abattus par cette guerre au Proche Orient qui porte en  elle tous les germes des conflits mondiaux et qui déclenche une telle passion dévastatrice et irrationnelle dans les sociétés qu'il participe de plus en plus à la construction de communautarismes agressifs et renfermés sur eux même.

Désolés, nous petits citoyens, de nous sentir si impuissants !

Doute devant les restrictions permanentes des libertés publiques. Désarroi devant le comportement des démocraties occidentales : drôle de conception qui consiste désormais à voter quatre jours (2 pour les présidentielles, 2 pour les législatives en 5 ans) et à fermer sa gueule pendant  les 1822 jours suivants.  Balourdise des experts auto-proclamés, des économistes pédants et des cuistres philosophes. Absence d'empathie, de cohésion et de chaleur humaine entre les groupes sociaux. Détresse devant le manque d'autocritique et la déresponsabilisation des cadres de la Nation. Désespoir devant le manque absolu d'honneur, de courage et d'exemplarité de beaucoup de  dirigeants politiques, administratifs et économiques...

Que dire d'autre ?

 

Marre de 2008…

Que souhaiter pour l'année 2009 ?

Que  2009 soit à l'instar de ce que fut l'année 1989 pour le communisme totalitaire : le début de la déchéance progressive de l'ultra-libéralisme doctrinaire qui est en train de réduire nos sociétés et nos civilisations en une bouillie molle et aseptisée, sous l'emprise du mode marchand et matérialiste américain.

Qu'un homme, Barack Obama, qui a réveillé les espérances de centaines de millions d'individus, s'attaque sans tabous aux causes d'un monde instable : les problèmes économiques, la crise du Proche Orient.  Il est le seul à pouvoir peser mais en a t-il la volonté ou la capacité ? Nous le saurons très vite...

Obama ? Espoir véritable ou produit marketing placebo ? Réponse cette année !

Le souhait que l'effondrement d'un monde dépourvu d'issues débouche sans déchaînements ni soubresauts trop violents vers la raison et qu'un changement profond dans les priorités économiques laisse un espace aux hommes de bonne volonté.

Que l'économie soit enfin au service de l'Homme et non le contraire.

Qu'enfin les problèmes de famines qui réclament des sommes dérisoires à l'échelle du monde financier soient définitivement résolus.

Que l'anti-sémitisme, la haine de l'Islam, la détestation des Américains cessent leurs ravages. Les généralisations stupides sont les outils de la propagande d'exclusion, du communautarisme frileux et une des plaies de l'Histoire.

Que l'art, la créativité et les nouveaux moyens de communication trouvent des ressources nouvelles  pour transcender cette crise et surtout lutter contre ces tyrannies politiques et ces empires périclitants  qui risquent à cause de leur cynisme et leur avidité de mettre la planète à feu et à sang....

Autant demander la lune, n'est ce pas ? Alors forçons nos dirigeants à rêver avec nous !

 

Que la providence veille sur vous pour l’année à venir !


2009 : année maudite, tragique, sombre,

poétique  ?

Augmentez le volume de vos haut-parleurs et appréciez les vibrations du silence qui clotureront à la fois le superbe billet précédent d'Agathe, ce texte dérisoire et cette année 2008 dont les évènements ont enfin posé les vraies questions. Quelle meilleure fin pour exprimer nos espoirs, nos incertitudes et nos réponses ?

Pardon à tous d'avoir été un peu trop grave et peut être pompeux.

Pour une fois.

Musique Maestros !

Cui cui, le verbeux errant, burlesque  pathétique…


 

samedi, 06 décembre 2008

LA LEVÉE DES GRANDS FONDS

 

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Aujourd'hui, l'Etat peut dire qu'il a fait sa B.A. (BA, souvenez-vous : ce qu'il fait à l'intérieur (de notre compte en banque) se voit à l'extérieur.

Sa B.A, disions-nous, il fit en sauvant les plus menacés par la crise : les banques, les compagnies automobiles, les chaînes de télévision privées. Et vous voulez savoir combien il a mis de sur la table, hein ? vous voulez le savoir ?
Alors maintenant, c'est à vous, les fantassins de l'économie nationale et européenne. Apres les salves d'artilleries de l'état, à vous la générosité à la baïonnette, au corps à corps. Pour vous aider à mieux comprendre le mécanisme du charity-business, voici quelques extraits du "guide pratique des animateurs du Téléthon" tel qu'il leur est exposé au cours de leurs briefings de formation.

Mettez de beaux habits, rendez vous dans un lieu tenu secret, poussez la porte, vous êtes dans le sein des seins de ceux qui savent comment pomper de l'argent à ceux qui ont le portefeuille moins grand que le coeur. Asseyez vous, fermez les yeux et… écoutez !

- Vous vous êtes spontanément portés volontaires pour participer, en tant qu’animateurs bénévoles, au Biothon 2008, le vingt-et-unième déjà d’une nouvelle ère dans l’univers de la générosité humaine qui revêt, de ce fait, une valeur symbolique forte. Nous nous en félicitons et nous vous en remercions. Mais attention, à aucun moment vous ne devrez perdre de vue qu’il s’agît d’une opération de levée de fonds. Nous sommes là pour que l’argent rentre !

Le jeune trentenaire chic en costume anthracite mèche mouvante et chaussures anglaises arpente à grands pas l’immense salle rectangulaire de partout, plafonds, dalles, fenêtres, chaises à pied de métal et sièges de stratifié avec juste une petite tablette repliable pour écrire, sur lesquelles les trente derniers sélectionnés sont assis et écoutent goulûment.

- A votre niveau, vous aurez à intervenir dans des zones de proximité telles que salles des fêtes, foyers de personnes âgées, cafés, restaurants, tabacs, qui sont partenaires de l’opération. Vous aurez à prendre la parole, à vous adresser à des gens, de braves gens, qui nous suivent, pour certains, depuis le début, qui répondent présent chaque année. Vous comprendrez donc que nous ne puissions pas prendre le risque de les… dérouter, de les démotiver, par une communication différente d’une année sur l’autre. Harmonisation des concepts que nous véhiculons, cohérence dans les termes du discours que nous tenons à tenir… sont donc impératifs. L’un des principes fondamentaux de la “quemunication” est qu’on ne change pas un message qui marche. Or le nôtre a fait ses preuves. A ce titre, sachez par ailleurs que nous détenons le record mondial des transformations de promesses en dons effectifs. Les Américains et les Canadiens ne tiennent leurs promesses qu’à 75, voire 80 % seulement. De plus, la moyenne des dons par rapport à la population place la France en tête de tous les pays du monde.

En écho aux élans triomphalistes de l’orateur spécialiste en communication charitative, une Marseillaise plaisantine monte timidement, des rires nerveux lui répondent. Chacun cherche d'un regard anxieux d’où est parti le méfait. Pas trop l'époque pour jouer avec les Symboles Eternels de la République. D'autant que le "jeune homme chic de 40 ans" à tout à fait la tête d'un tonton-cafteur.
Le regard de l’orateur n’a rien exprimé à l’instant du chahut. Il est bon - à tout le moins nécessaire - de temps en temps - de laisser le petit peuple s’amuser. On ne lui demande pas de comprendre la gravité de l’instant mais d’appliquer les consignes. Il s’éclaircit la gorge et monte légèrement le volume sur les derniers murmures.

- Je vais maintenant vous énoncer les règles fondamentales de la levée de fonds, règles qui doivent, tout au long de l’opération, soutendre vos prises de parole. A la fin de l’exposé, ceux qui ont été envoyés par leur agence pour l’emploi se signaleront à moi et je leur remettrai un formulaire qu’il rempliront sur place ce qui leur fera gagner du temps lorsqu’ils retourneront à leur ANPE chercher un emploi. Donc, voici ces règles :

- Règle N°1 : Trouvez le ton juste ! Nous ne voulons ni de misérabilisme, ni de show-bizz à outrance. La science n’est pas un spectacle! De même, évitez, autant que faire se peut, les superlatifs. Nous ne sommes pas “les meilleurs”, “les plus forts”. Nous faisons tout ce que nous pouvons, avec tout notre coeur, notre énergie et nos moyens. Certes, nous avons des résultats spectaculaires, tant financièrement que médicalement, mais nous ne voulons pas nous prétendre “les plus forts”. Ce que nous voulons, c’est durer. Pour cela, nous devons construire patiemment, sans faire d’esbrouffe. Ce ton juste, je sais que je peux compter sur vous pour le trouver. C’est notamment pour cela que vous avez été sélectionnés.

- Règle N°2 : Incitez les gens à appeler tout de suite, à céder à leur impulsion. Une personne sur deux qui, en toute bonne foi, avait envisagé de donner, si elle ne téléphone pas tout de suite, ne donnera rien. Le lendemain, l’émotion est retombée, elle n’a rien promis à personne, elle ne reçoit aucune lettre de remerciements… et elle passe à autre chose. Alors, terminez le maximum de phrases par : “vous voulez faire quelque chose ? alors, n’attendez pas, appelez dès maintenant…” et vous rappelez le numéro. Ou encore, pour ceux qui auront un micro et devront s’exprimer devant des dizaines, voire des centaines de personnes : “appelez maintenant, n’attendez pas, avant de vous coucher, ce soir, passez-nous un petit coup de fil et dites-nous : je suis avec vous! C’est important pour nous de le savoir et c’est important aussi, surtout, pour ces enfants que vous sauverez. Chacun donne selon son coeur. Si, aujourd’hui, le sort de ces enfants qui sont là, sur les écrans de télévision, devant vous, vous touche, c’est aujourd’hui, c’est maintenant qu’il faut donner.”

- Dites que c’est fa-cile ! Faire une promesse de don, c’est facile.

- Règle N°4 : Vous aurez des enfants présents avec vous. Personnalisez-les! c’est pour ces enfants là, qu’ils donnent. Certains, ils les connaissent depuis douze ans. Essayez de vous souvenir de leurs prénoms et de les rappeler afin que ces enfants ne soient pas seulement des “petits malades anonymes en fauteuil”. C'est pour Edouard, Vincent, Christopher, pour le petit Rémi qui est si mignon qu'ils vont donner. Faites de même avec les enfants interviewés sur les plateaux télé. Dites : “Vous avez entendu le petit Cyprien. Il a une formidable confiance en l’avenir et une formidable confiance en vous. Tous ces enfants, vous leur avez rendu l’espoir. Continuez ! C’est notre défi commun !”

- Règle N°5 : Ceux qui veulent faire quelque chose forment une communauté, sont inclus dans un grand courant général. Nous sommes une “communauté”, un “club de la solidarité”. Ce n’est pas nous qui lançons un défi aux Français, ce sont les Français, tous ensemble, qui se le lancent à eux-mêmes. Vous même, les animateurs, je vous le rappelle, vous faites, vous aussi, partie de ce “club de la solidarité”, vous aussi, vous êtes actifs, vous faites quelque chose.

- Règle N°6 : Insistez également sur le fait que donner est un geste symbolique qui fait participer à une fabuleuse aventure. Dites : “Appeler pour donner, c’est votre façon d’agir, de montrer que vous voulez vraiment faire changer les choses. Aujourd’hui, vous avez ce pouvoir. Nous, nous ne sommes que vos porte-parole.” “En téléphonant maintenant, vous nous aidez à changer le monde. Vous participez à l’une des plus grandes aventures de ce siècle.” Voilà, est-ce que quelqu’un a des questions ?

Quelqu’un a.
- Si on nous donne de l’argent, on en fait quoi ?
L’orateur specialiste en communication a un petit sourire qui se veut peut-être rassurant.
- N’ayez crainte, personne ne vous donnera d’argent…

Voila, des règles, préceptes et conseils avisés, il y en une vingtaine d'autres dont les plus délicieusement attachantes sont:

Règle N°7 : Insistez sur le fait que ce merveilleux geste est, de plus, formidablement efficace.

Règle N°9 : Rappelez que les comptes sont parfaitement transparents.

Règle N°10 : N'oubliez pas qu'il y a des enfants qui vous regardent derrière leur poste mais attention, il y a une interdiction morale évidente de demander aux enfants de nous donner de l'argent ou de demander à leurs parents, mais donnez des exemples : « Le petit cyril a cassé sa tirelire et a apporté 20 euros au Centre de promesse ».

Règle N°11 : Elevez le montant "psychologique" du don : « si vous pouvez donner entre 50 et 100 euros »

Règle N°12 : Incitez les familles à se regrouper pour faire des dons plus importants.

Règle N°19 : Déculpabilisez les petits dons : « il n'y a pas de don mineur, chaque euro compte, l'océan est fait de millions de gouttes d'eau »

Ainsi va la pêche au télé-thon, qu'il soit rouge ou germon, qui comme chacun sait est une espèce en voie de disparition.

Et si, pour aider la recherche qui en a particulièrement besoin en ce moment puisque le gouvernement la démantèle allègrement, vous n'avez pas assez d'argent, empruntez-en à votre banquier, lui, en ce moment, il en a, c'est vous qui lui avez prêté.

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Robert HUMBLEY

 

lundi, 22 septembre 2008

Parti socialiste, ou comment en finir une bonne fois pour toutes avec la malédiction archaïque du Mythe errant ?

En m’attaquant à l’icône, au Saint Sépulcre - que dis-je ? - au Christ de la gauche historique, je vous avoue m’attendre à recevoir une volée de bois vert, peut être même cette expression n'est elle  probablement qu'un doux euphémisme, bien que je ne fusse qu’un petit plumitif prétentieux, infâme vermisseau sorti de ses faubourgs malodorants et citoyen de troisième zone. Certainement pas un de ceux qui eussent intéressé sa grandiloquente majesté, Mitterrand 1er, et ses sbires prosternés qui sont prêts à s’entre-tuer pour une place au soleil de la renommée et de la félicité !…

messe1.JPGLa rouerie, la ruse, le culot et le cynisme étant considérés de nos jours, comme des vertus cardinales nécessaires à la bonne gouvernance, comment voulez-vous que ce brave Parti socialiste créé par François Mitterrand, le parangon de ces vices puisse connaître un fonctionnement démocratique cohérent et bénéficier de hauts cadres désintéressés, remplis d’abnégation et au service de leurs militants et partisans  ?

Comment Lucifer aurait-il pu créer le Paradis ? Comment la créature du bon docteur Frankenstein aurait elle pu concevoir des maisons de poupées ? Auriez-vous imaginé Barbe-Bleue prendre la tête d'une cellule de soutien psychologique pour enfants battus ? Comment un François Mitterrand, bouffi de vanité, qui se délectait d’être pris pour un homme illustre aurait-il pu construire un Parti de gauche consacré à des idées auxquelles il ne croyait pas lui-même, alors que son PS ne représentait qu'un temple dédié à sa suffisante dévotion et peuplé de courtisans, favoris et autres hiérarques béats, veules et intéressés ?

Le Parti socialiste qui se targue d’être un parti extrêmement démocratique ne s’est jamais si bien porté que lorsqu’il a été conduit par un dirigeant manœuvrier à la poigne d’acier et au narcissisme exacerbé. Une sorte de monarque absolu.

Viergemarie.JPGCe que je veux souligner, c’est que ces pseudos grands hommes dont on nous rabâche les exploits à travers les âges, n’ont jamais été capables, de par leur autorité morale, leur charisme et leur position, de fonder un système démocratique, géré en collectivité voire collégial qui puisse leur survivre et perpétuer la philosophie de leur Parti.

Juste avant le vote des motions de fin septembre, j’ai envie de lancer un appel, probablement ignoré vu le peu de retentissement du Web, devant cette honorable assemblée :

"Militants socialistes : innovez, tentez donc un Parti à direction collégiale, fuyez donc cette vision du Chef suprême, mais je vous en prie, ravalez vos ego et tentez de nous montrer une façon moderne de gouverner, autogestionnaire et plus adaptée à l'évolution du niveau de nos concitoyens, moins naïfs, plus lucides, et bien souvent, réfractaires à toute propagande.

Enterrez donc les vestiges du vieux mitterrandisme en décomposition qui annihile depuis si longtemps votre Parti. Dissolvez ces oligarchies (Gracques et autres horreurs) remplies d’énarques et autres hauts fonctionnaires éloignés des réalités et essentiellement attirés par la promotion de leurs carrières. Retrempez-vous dans le bain populaire que vous n’auriez jamais dû quitter. Recréez de nouveaux concepts de pouvoir, moins personnels et plus participatifs, avec plus de cohésion, moins d’ambitions personnelles, sans mise en avant médiatique des représentants. Rajeunissez vos cadres. Virez vos vieux caciques avides de pouvoir qui vous conduisent depuis onze ans vers une impasse et promouvez les obscurs et les sans grades ! Brûlez les oripeaux de ces permanents et élus qui s'accrochent à leurs fonctions comme des morpions aux poils de culs.

Brisez la malédiction du vieux Mythe errant...

Surprenez nous.

Laissez donc à la vieille droite ce "culte du Chef" désuet et suranné, devenu à notre époque, une aberration qui nous mène à des situations de mal-gouvernance et d’injustice incroyables ainsi qu'à l'élaboration d'un pouvoir personnel complètement coupé des réalités au seul profit d’une clique de profiteurs sans vergogne et sans remords...

Mitt.jpgIl est certain que déjà, même à droite, des voix s'élèvent, comme à gauche, pour comprendre combien nous avons tous été floués depuis une trentaine d'années par des "hommes d'état" au cynisme effronté rongés par l'ambition personnelle, d'une médiocrité alarmante et dont les politiques à court terme de régressions sociales, économiques et des libertés  frisent la provocation et prouvent l'absence patente de dessein et de vision de l'avenir.

Une décentralisation du pouvoir et une certaine collégialité dans l'exécutif s'impose à nous pour des décisions qui réclament débats, démocratie et points de vues variés sans abus d'experts en tous genres : l'élitisme, la pratique de l'oligarchie et les effets du copinage ont fait les preuves de leurs impérities.

Militants socialistes, ne vous laissez ni manipuler ni emberlificoter : l'avenir de la gauche et de l'opposition est entre vos mains, saisissez votre chance...

Ou sabordez-vous pour éclaircir le paysage politique français !

Mais par pitié, épargnez nous la nomenklatura actuelle : le coquelet vaniteux de la Capitale flanqué de son inexpugnable acolyte, socialiste professionnel pour l'éternité, les complices du fumeur de barreaux de chaise à 100 $ et banquier de Wall Street ou la Madone de la bravitude à l'élocution si peu naturelle et à la faconde d'une fine de claire, tous à peu de chose près, autant socialistes et à gauche qu'un  zombie mou du genou comme François Bayrou. Ce qui n'est pas peu dire...

Nous comptons sur vous. Ne nous décevez pas. Tous les citoyens français de toutes opinions, particulièrement les sympathisants de gauche, dont je suis, attendent de vous un ultime sursaut.

Socialistes... Du passé faîtes table rase : osez l'impensable !

Poil au rable...

Évidemment ce billet polémique n'engage qu'une gamme d'opinions, celle de beaucoup de personnes que je côtoie et la mienne ; il n'est aucunement le reflet du sentiment de tous les membres du Village des NRV. Cette précision a au moins le mérite de la clarté...

Cui Cui, l'oiseau lyre qui prêche dans le désert...

 

 
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