Avertir le modérateur

mercredi, 28 octobre 2009

L'enfumage des citoyens par la notion "d'identité nationale".

Décidément !

Dans cette France politique moisie d'octobre 2009 ; où dans un proche avenir, nos dirigeants ne présenteront plus aux suffrages du peuple que des célébrités du show biz ou du sport plus ou moins incultes et faciles à manipuler, et qui, lors de leurs campagnes distribueront des autographes et des sourires aux 30 % d'électeurs attirés par une tombola organisée par TF1, seuls les votants  ludiques et décervelés se déplaceront aux urnes et décideront ainsi du sort de notre pays (les 70 % restants s'abstenant, dégoûtés !).

Diantre ! Après les dernières déclarations de Messieurs Besson et Sarkozy, comment nier que le "pétainisme transcendantal", cher à Alain Badiou, n'en finisse plus de laisser ses miasmes envahir notre beau pays !

petain3.jpg

Le félon Éric Besson, chargé des basses œuvres, recherche tous les expédients possibles pour attirer le fretin vers la grossière amorce qu'il a lancé dans la marre médiatique afin de faire diversion sur l'état alarmant de l'économie française, la situation désastreuse des caisses de retraites, le chômage effrayant qui gagne toutes les strates de la population et les comptes catastrophiques des caisses maladies.

J'ose espérer que personne n'est dupe...

Quoique... Quand on voit certaines associations en mal de reconnaissance se précipiter en bêlant vers ce leurre grossier, on peut effectivement se montrer inquiet mais il est une chose certaine : à part les médias toujours partants, dans l'espace public, tout le monde à l'air de se se foutre de ce débat sur "l'identité française" comme de l'an 40, la sinistre année du pétainisme triomphant.

Complètement.

Éperdument.

Absolument

La Marseillaise ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour l'enseigner ? Absurde : l'école peut s'en charger sans difficulté !

La burqa ? Faut-il une Loi ou un débat de 6 mois pour éradiquer une pratique qui concerne 1000 cas à tout casser, dans l'hexagone, avec le risque de stigmatiser et de rassembler la si diverse communauté musulmane ?

Les adolescents paumés des quartiers pauvres ? Ce ne seront sûrement pas des textes législatifs qui les feront évoluer !

Tout ceci sent trop le prétexte, l'enfumage, la magouille partisane électorale !

La cohésion sociale de notre Nation sera en cause tant que nous vivrons dans une société en crise où le chômage ravage nos rangs, où les salaires stagnent et où, trop souvent, les conditions de travail deviennent insoutenables. Le désir de vivre ensemble dans notre pays n'aura jamais lieu tant que l'exemplarité des classes dirigeantes et économiques, président en tête, ne sera pas indiscutable ! Et croyez moi, ce n'est pas pour demain !

La devise du pouvoir actuel est  FRIC, INDIVIDUALISME, OLIGARCHIE. Qui oserait, en France, défendre de telle valeurs ?

Parce que, mes amis, quelle plus belle définition de notre "IDENTITÉ FRANÇAISE" que ces 3 mots sublimes gravés sur les frontispices de nos monuments prestigieux, devise exemplaire de la République : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?

Pourquoi chercher plus loin ?

Mais en l'état, vous voudriez que nos concitoyens se battent pour protéger des valeurs individualistes, anglo-saxonnes et financières,  idéaux qui n'ont jamais été le ciment de la communauté française laïque  et égalitariste depuis un siècle ?  Parce que vous pensez que les classes modestes et moyennes vont soutenir des oligarques médiatico-économico-politiques qui méprisent le peuple et le suffrage universel à ce point (TCE) ?

À question bessonienne : réponse bessonienne ! *

 Enfin en guise de conclusion, amis lecteurs, je vous garantis une chose : lorsqu'un jour prochain, un gouvernement créera sous la pression, un Ministère de la Réconciliation Nationale, il sera déjà peut-être trop tard...

 * Sur la photo, observez le détail de la main gauche et la position caractéristique du majeur bessonien s'adressant à ses interlocuteurs... 

 

Cui cui, l'oiseau NRV et NRVant.

 

lundi, 07 septembre 2009

un siphon – fonds

DO3976.jpg


Hop ! Et d’un. Hop ! et de deux. Et hop ! et de trois ! Ouf… réussi à éviter les trois ! Non, il ne s’agit pas de radars, ni d’agents de la force publique. Non, c’est beaucoup plus vicelard ! Ils sont généralement « jeunes », « normaux », pratiquement tous « blancs », avec un tee-shirt, un jeans, et un sac à dos. Ils sont la plupart du temps trois ou quatre ; avec un superviseur, en retrait. Vous ne voyez toujours pas ? Ah oui, j’oubliais : le tee-shirt à couleur uni, et surtout… avec un logo ! Couleur rouge pour Aides, bleu clair pour Médecins du Monde, jaune pour Action contre la faim, orange pour la World Wide Fund (for Nature), blanc et rouge pour la Croix-Rouge, et j’en passe !

 

Ils sont partout ! Toujours les mêmes lieux à forte affluence (étrangement, comme les contrôleurs dans le métro…) : Bastille, Les Halles, les Champs-Elysées, Ternes, Saint-Michel… Entre parenthèses, encore désolé pour les provinciaux :-) Une fois qu’ils vous agrippent, ils ne vous lâchent plus ! Car, leur speech (argumentaire) est bien rôdé. Tout d’abord : « Est-ce que vous avez quelques minutes à me consacrer ? » Evidemment, on a appris à envoyer balader : « Euh, non, désolé, j’ai des choses à faire… » Ou, on se résigne ; ou encore, là – mais, c’est presque pareil – comme on est seul, on peut aussi prendre le temps de les écouter, : « Bon. Oui, mais pas une de plus… » Ensuite, le classique : « Etes-vous sensible à ceci ou à cela »… Forcément, oui. Imaginez que vous répondez que non ; même si vous l’êtes sincèrement ! Donc, oui…

 

Pfff… ils connaissent déjà votre réaction, qui sera toujours quelque chose comme : « Bon, disons que ‘moralement’, je suis avec vous… mais, en fait, non ! Même pas ‘moralement’. Disons, ‘oui’, euh, pour le principe ; pour la forme… » Même celle des plus grognons : « Je sais ce que vous voulez ; alors que pour moi, ces mêmes choses – que soi-disant vous voulez –, ça se passe tellement ailleurs, etc… » Et, on dirait qu’ils ne font même plus semblant de s’en foutre de votre réaction. L’essentiel, pour eux, c’est de placer leurs « actions » : présentation de leur association, leurs buts, leurs « actions », leur « visibilité médiatique ». Ils ne sont jamais à court d’exemples pour étayer leur efficacité. A grand renfort de chiffres, s’il le faut. La prise d’otage est émotionnelle : vous êtes obligé d’être ‘sensible’ à leur mouvement. Sinon, qu’est-ce que vous êtes ? surtout si vous êtes accompagné ? Oui, avec un couple, c’est encore mieux : le gars ne peut pas passer pour un salaud, si une fille l’accompagne.

 

Reste le plus important : « Alors est-ce que vous voulez soutenir notre action ? » C’est forcément oui ou non. On peut toujours louvoyer : « Oui, moralement… » Mais, eux, ils ne vous lâcheront pas : « Oui, mais… financièrement ? » Ils ont même une option de déductions fiscales ! Des fois, pour vous accrocher, ils vous interpellent par un : « Vous voulez réduire vos impôts ? » Ainsi, quoique vous fassiez, il y en a toujours un qui vous chope. C’est normal puisqu’ils ont « stratégisé » leurs actions (positionnements, de type sportif ou militaire). Et alors, on commence à en avoir sa claque de tout ça, et si on ne se retenait pas, on lâcherait :

 

- Vous me demandez, pour moi : « C’est quoi le problème ? » Il y a, si vous voulez bien me le concéder, une pyramide sociale. Au lieu de vous occuper de la base de cette pyramide, vous feriez bien mieux de vous occuper du haut. Là, c’est toujours pareil : on gratte les petits ! Comment dire ? Voilà, je ne suis pas riche, même si ça ne se voit pas, enfin, peut-être que si, par ailleurs… mais bon. Je pourrais vous filer, mettons, allez ! deux cents, non, trois cents euros, aujourd’hui ! Vous menez vos actions – ce que je ne vous reproche pas – pourquoi pas ? Mais bon, le lendemain, rebelote, le manège reprend ; et moi, ça me gave ! Et pourtant, vous n’êtes pas les pires… C’est vraiment pas contre vous. En tout cas, pas au prime abord. Vous me dites que vous êtes « hors système ». Non, désolé, pour moi, vous êtes dedans, car vous voulez intervenir à l’intérieur. Et surtout, vous adoptez les mêmes moyens, les mêmes méthodes – que le système capitaliste ! A la limite, il faut rajouter que c’est même pire ! Parce que vous ne faites que remplir une sorte de tonneau des Danaïdes ! Au contraire, au lieu d’aller à l’encontre de tout ce qui est scandaleux, ça légitime le système : « Il y a des ‘imperfections’, nous intervenons pour ‘corriger’ les failles ». Bref, ça ne corrige rien du tout ; ça le renforce, parce que celui qui vous donne de l’argent, il s’achète une bonne conscience, et il ne s’occupe pas de savoir ce qu’est – je ne dis même pas ‘résoudre’ – le problème d’origine, de se poser des questions, disons, géopolitiques, puisqu’il se contente de se dire qu’il fait une bonne action. Ou, qu’il a réussi à se débarrasser de vous ! Ensuite, vous ajoutez : « Mais, l’argent, c’est la base de tout ! » Mais non ! Mais non ! parce que ça fait cinquante ans que je l’entends celle-là, ou sa variante, « l’argent, c’est le nerf de la guerre » ! Et il faut vous bousculer un peu pour que vous avouiez : « Euh, non, euh, pas la base de tout… La base de tout, c’est l’humain… » Et enfin, il y a l’incontournable : « Sinon, vous vous faites quoi ? Qu’est-ce que vous proposez concrètement ? » Eh bien, vous voyez, vous trois, vous quatre, au lieu de taper les quelques quidams par-ci par-là, et si vous vous regroupiez avec les autres associations dites humanitaires pour mener vos « actions », comment dire ? non pas en faisant « pression » sur le gouvernement… mais en menant des actions un peu plus « musclées » pour dézinguer le sommet de la pyramide ? Et, soyez assuré qu’il n’y en a pas qu’une, de pyramide ! Mais, voyez ça, tout de suite, ça vous bloque. Sinon, si ça vous fait trop peur, il reste encore les bibliothèques, à lire des livres ! Et, c’est un luxe que tout le monde devrait s’accorder… Oui, enfin, je dis ça, et je vois passer les gens. Bon, les gens, là, ces passants, évidemment, je dis ça, je me rends bien compte que faire sauter le haut de la pyramide, comment dire ? par la connaissance, eux, ils s’en tapent ; ça ne les intéresse pas…

 

Au moment de prendre congé, alors que je lui avais à peine esquissé la moitié de ce laïus, cette âme charitable de me renvoyer : « Merci, je vais vous laisser vivre d’amour et d’eau fraîche ; moi, je vais continuer à prospecter ! » Et, dans le même temps, sans manquer de vous achever, le consensuel publicitaire prouve une fois encore que le cynisme et les bons sentiments se tiennent par la main en nous gratifiant de leur dernier tour de passe-passe : le « partenariat » (la collaboration) du secteur privé avec ces associations ; et c’est écrit en toutes lettres : Alaclairefontaine et Mayo « soutiennent l’Unicef dans son combat pour la scolarisation des enfants. » L’humanitaire devenant un argument de vente ; en pleine crise… que dis-je ?! en pleine rentrée !!!

 

tourbillon.jpg

 

par Albin Didon

vendredi, 04 septembre 2009

La complainte de Supercrado, anti-écologiste par nécessité.

Attention ! Ce billet, par la crudité de ses propos, est susceptible de choquer les âmes sensibles, les enfants, les électeurs d'Europe écologie,  certains  bobos, les groupies de Nicolas Hulot et les fans de Daniel Cohn Bendit, les électeurs de Nicolas Sarkozy, les socialistes et les centristes…


Amis du Web, je me présente : Monsieur Supercrado ; Français désespérément moyen mais de plus en plus attiré vers la France d'en bas ; désormais catalogué comme  mauvais citoyen !

Pensez !

Je fais pipi dans les WC, gaspillant des centaines de litres d’eau ; je pète et rote comme une vache, contribuant ainsi à amincir la couche d’ozone ; je prends des bains dans ma baignoire ; je roule dans une voiture de plus de 15 ans parce que je n’ai pas les moyens de m’en racheter une, véhicule qui par ailleurs, pollue comme une bombe au napalm ; je ne récupère pas mes étrons quotidiens pour en faire de l’engrais ; je déteste les droites UMP et PS qui veulent nous asphyxier financièrement avec leur taxe carbone ; j'utilise les masques destinés à nous protéger du FondRD1.JPGvirus H1N1 comme string...

Inutile de vous préciser que l'écologie n'est pas ma préoccupation majeure : tenter de subsister décemment me concerne davantage.

Et pourtant, tenez, regardez Nicolas Hulot ( @si payant) : il va nous abreuver jusqu’à satiété de la promotion de son prochain film  "Le syndrome du Titanic" qui sortira en octobre, long métrage dans la lignée de « Home » de Yann d’Arthus-Bertrand. À la télévision et dans tous les médias, attendez vous à déguster du "Hulot", matin, midi et soir. De quoi provoquer  une indigestion  d’écologie, de politiquement correct, de green fashion, de terrorisme du bien-se-comporter ; bref on risque d'assister à un  immense festival du conformisme béat de médias moutonniers et sans imagination. Quelle misère, mes aïeux !

Nonobstant, moi, Supercrado, j’en ai un peu marre qu’on me fasse la morale à tout bout de champ. Fais pas ci, fais pas ça, c’est pas bien, attention, c’est interdit, la planète, les ours polaires, les bébés phoques, les oiseaux, les  éléphants, le développement durable, les rivières, les gaz à effet de serre, l’ozone, les déchets, l'eau, l'hygiène, l'air. Et pendant ce temps on flingue, on bombarde tout ce qui bouge au Moyen Orient et en Orient, les Américains continuent à polluer la planète à tout berzingue et au moins 923 millions de Terriens souffrent de malnutrition...

Un peu de cohérence, ventrebleu !

Certes ! On est bien décidé à préserver la nature, les mecs, mais quid du milliard d’humains qui crèvent la dalle, quid des sommes monstrueuses (des centaines de milliards)  gaspillées par les complexes militaro-industriels pour faire les guerres ? Ne croyez vous pas, bande de nazes , que si on débloquait 50 % des budgets de la défense et d’armements des grands pays occidentaux , les problèmes écologiques seraient vite résolus ? Et celui, essentiel, de la famine dans le monde ? Il suffirait de 30 milliards pour enrayer ce fléau...

Que Sarkozy, Brown et Obama fassent sortir leurs  ruineuses forces armées d’Afghanistan et d’Irak pour les USA, et qu’ils allouent les sommes économisées à l’écologie !  Là, on pourra vérifier leur réelle volonté politique de lutter pour sauver la planète. Alors avant de nous faire raquer toujours plus de taxes, élites de ce monde, tâchez de nous montrer l’exemple d'en haut !

Coût de la guerre en Afghanistan : US $ 226 milliards - Coût de la guerre en Irak : US $ 679 milliards

Coût total des guerres : US $ 905 milliards !

IMAGINEZ les répercussions de l'insufflation de 900 milliards de $ dans l'économie mondiale pour  promouvoir  de nouvelles énergies et éradiquer la misère ?

Le jour où le Président de la République nous dira : "Voilà, j'ai décidé d'enlever nos militaires d'Afghanistan, je réduis le budget militaire de 30 % et je consacre ces crédits économisés à l'élaboration d'un plan destiné à  concevoir des énergies peu polluantes et favoriser une économie qui ne massacre pas notre environnement : ALORS OUI, LES AMIS, JE CROIRAIS À LA SINCÉRITÉ DE NOS POLITIQUES ET J'ADHÉRERAIS SANS RÉSERVE !

Sinon ? Pipeaux, fifrelins et billevesées ! Qu'ils aillent tous au diable !

Écolos de façade, Mamèriens professionnels de la politique, Cohn Benditois opportunistes, Duflotards geignards,  Hulotistes  calculateurs, osez donc poser les VRAIES QUESTIONS, CELLES QUI FÂCHENT à ceux qui détiennent les rênes du pouvoir !

marionettiste1.jpg On verra ainsi, si vous méritez vraiment la médaille d'or de la défense de la nature et le sceptre en vermeil de l'écologie politique que vous vous êtes si généreusement octroyés !

Parce qu'entre nous,  braves lecteurs dubitatifs, la panoplie du parfait petit écologiste coûte terriblement cher, entre sa voiture propre, son énergie renouvelable, sa maison isolée, son alimentation bio, ses vêtements recyclables, devenir un véritable écolo certifié 100 % vert, doit bien vous demander un revenu substantiel  de 4000 € par mois, non ?

Mais me direz vous, le moins étrange de cette affaire est que les partisans de cette taxe inique sont pour la plupart des gens dont les revenus sont largement supérieurs à la moyenne !

Baste, il est tellement plus facile d'être écolo quand on se retrouve dans la tranche des plus aisés ! Quoi de plus élégant que de s'exhiber "green addict" ?

Sur ce, amis de Cui cui l'illusoire prophète de malheur et mauvais esprit s'il en est, faîtes bien gaffe  à certains écologistes de salons si peu francs du collier qui souhaitent vous faire prendre des vessies pleines pour des lampes à huile bio !

Cui cui fit l'oiseau, volontiers écologiste lorsqu'il possèdera le train de vie confortable et nécessaire pour le devenir...

mercredi, 19 août 2009

La judiciarisation de la société. [Épisode 1]

Dans l’antiquité, lorsque la réflexion d’un quidam déplaisait au puissant, ce dernier dépêchait quelques sicaires pour résoudre définitivement le problème. Aux 17 et 18èmes siècle, les seigneurs envoyaient leurs laquais bastonner l’insolent. Au 19ème siècle des nervis bien choisis et fort costauds vous faisait regretter les vilaines paroles que vous aviez sorties à l’encontre de leur patron ou d’un magnat quelconque, passons ce sinistre 20ème siècle  : on se retrouvait dans des camps d’où on éprouvait toutes les difficultés à revenir vivant à cause  d'un simple délit d’opinion.

symbole-de-justice-thumb6642136.jpg

Désormais, à l’instar de nos amis d’outre Atlantique, les élites mondialisées ne se séparent plus de leurs cohortes d’avocats ! La plainte auprès des Tribunaux de justice est devenue pour tous ceux qui possèdent d’abondantes ressources financière, un métier de juriste ou des relations éminentes, un moyen banal, soit de dissuader, soit  punir le cuistre qui aurait eu l'outrecuidance de vous moquer, soit de tenter de ruiner l’impudent. Et comme les frais d’avocats et de Justice sont exorbitants pour les accusés dotés de revenus médians, beaucoup peuvent se retrouver dans des situations dramatiques.

En cette époque où, dans les pays occidentaux, la liberté d'écriture et de publication est accordée, même à contre-cœur, à tous les citoyens désireux de s'exprimer sur Internet, chacun ne peut s'empêcher de penser à la menace qui pèse potentiellement sur l'interprétation de ce qu'il rédige, surtout s'il conteste un système, un people médiatisé, un haut fonctionnaire, un politique, un apparatchik oligarchique ou un responsable économique.

Parce qu'il est tellement facile, en étudiant attentivement un pamphlet de découvrir,  derrière chaque phrase, chaque mot, chaque tournure, chaque ponctuation,  une allusion, un double-sens, une allégation suspecte, une insulte, une critique infondée justifiant une procédure de Justice !

Fort évidemment un plumitif de 3ème zone, tel que votre serviteur, pondant un texte  insolent ou iconoclaste  devant une audience confidentielle dans un blog dont la notoriété ne dépasse pas la commune de Cuise la Motte ne risque pas grand chose : il passera entre les gouttes, mais à partir d'une certaine réputation professionnelle, on peut s'attendre à de sérieux retours de bâtons...

Tel a été le cas de notre ancien collègue et participant au  feu DEL de Guy Birenbaum, Olivier Bonnet, journaliste de son état, et promoteur de l'excellent site, Plume de Presse, que nous avons en lien depuis la création de notre blog, qui vient de se voir traîner en Justice par le Sieur Bourragué, magistrat, pour le délit : " injures publiques envers un fonctionnaire public . "  à la suite d'un billet de blog. Olivier Bonnet risque une sévère amende de 12.000 €. Somme considérable , s'il en est, pour un citoyen ordinaire.

Quelque soit vos opinions politiques, il est de notre devoir de protester contre cette banalisation de l'outil judiciaire pour tenter de baillonner un des rares véritables lieux d'opposition et de débats dans notre pays : Internet. Les médias étant presque tous , non seulement, aux mains  d'amis ou de partisans du président de la République actuel, mais également les ardents défenseurs d'un système économique scandaleusement injuste.

Défendre Olivier Bonnet, c'est aussi symboliquement sauvegarder la diversité de vos lectures, protéger votre indépendance d'esprit, favoriser la liberté de ton, aiguiser son sens critique et donner libre cours à la malice, l'impertinence, l'humour et la créativité !

N'en déplaise à Maître Éolas, qui se décrit fort justement comme le défenseur attentif des libertés, la conception névrotique de la Loi, la dictature obsessionnelle du Droit, le dépiautement systématique de chaque texte pour y trouver une vague faille ou un hypothétique double sens, le développement lancinant des procédures tâtillonnes qu'on observe de plus en plus dans nos sociétés dites évoluées favorise systématiquement la mainmise d'une élite technocratique et financière au profit de ceux qui osent s'attaquer à elle.

Qu'on ne puisse traiter autrui de "con" (et encore) se comprend à la rigueur, mais chercher des poux dans la tête pour deux ou trois termes ambigus confine à l'absurdité, pour ne pas dire plus dans le langage fleuri qui devrait être le mien si je n'étais  bridé par les barrières de plus en plus barbelées du Droit. Cette procédure judiciaire futile provoquant une perte de temps  inutile et surtout une présence bien superflue à mes yeux de l'Institution qui aurait probablement bien mieux à faire.

Je n'en pense pourtant pas moins et la semaine prochaine, je tenterai de m'attaquer avec humour (dans la mesure de mes faibles possibilités comiques) aux nouveaux gourous du 21ème siècle : les avocats et leurs aréopages de fans béats, médusés et prosternés.

Quant à l'avertissement humoristique d'Éolas concernant nos paraphes sur la pétition d'Olivier Bonnet, sachez, cher Maître , si vous en veniez à lire ce billet indigne, que non seulement j'ai signé mais je persiste avec l'ironie tranquille d'un citoyen qui n'éprouve pas une confiance excessive envers la Justice de son pays ni en les magistrats qui la servent.

Heureusement que le grotesque, le loufoque, et la futilité ne tuent pas, sinon que nous resterait il pour rire ?

De toute manière, le maintien de nos droits sur Internet réclame une surveillance sourcilleuse et de tous les instants.

Ami(e)s de Cui cui, cuits et recuits par la chaleur, restez vigilants !

Et ran et ran petit rantanplan.

À après !

 

Cui cui, l'hirondelle qui ne fait pas le printemps.


mercredi, 05 août 2009

De la perversité de l'examen du code de la route.

Voici quelques exemples de questions auxquelles un candidat doit se confronter à l’examen du Code. Ce qui est très difficile à accepter, c’est qu’on exige du candidat un système de raisonnement très différent de l’acquisition classique du savoir. Influence du libéralisme anglo-saxon? Influence du langage informatique ? Nous serions plus à l’aise avec un questionnaire du genre "Que signifie ce panneau? Quel véhicule a la priorité ? Ai-je le droit de stationner ? " etc. Questions simples, questions claires. On sait ou on ne sait pas.

Ce n’est plus ça. La nouvelle pédagogie (pas seulement pour le code de la route) se veut ludique : il ne s’agit plus d’évaluer mon savoir, il faut que je gagne (et si c’est un concours, je dois être le premier). Les connaissances s’acquièrent comme dans un jeu de piste, avec des pièges, des questions aux formulations alambiquées où l’essentiel se glisse au milieu d’éléments secondaires. Tout est fait pour tromper le candidat avec le côté pervers " on t’a bien eu ! ". L’apprentissage consiste donc non seulement à acquérir des connaissances, mais à s’habituer au mode de questionnement.

Le premier travers de l’examen du Code consiste à mettre au même niveau des questions importantes (" Ai-je le droit de franchir la ligne continue ? A quelle vitesse doit-on rouler en agglomération ?") avec des questions d’intérêt secondaire (" L’essuie-glace arrière est-il obligatoire pour les véhicules de tourisme ? Combien de points va-t-on me retirer sur mon permis si je téléphone en conduisant ?"). Le candidat est pénalisé de la même manière s’il répond faux à l’une ou l’autre de ces questions.

Outre la formulation discutable des questions, il y a souvent le manque de clarté de l’image : on ne peut pas toujours juger sur une photo 2D si l’on a assez de distance pour dépasser un véhicule. Ou si on circule sur une route à sens unique ou à double sens. Ou si le véhicule en face de nous est arrêté ou pas, etc.

Enfin, les questions posées proposent souvent un choix entre plusieurs réponses, ce qui a tendance à mettre le doute même si on connaît la réponse. De plus, cela implique un temps de réflexion qui serait catastrophique si on devait le prendre en conduisant !

14.JPG

Bien souvent, ce genre de questions est posé, concernant des piétons ou des cyclistes. A chaque fois, obligation est faite de les laisser passer, même s’ils ne sont pas sur des passages protégés. Sans quoi, forte amende et retrait de points. Mais ici, " le piéton ne devrait pas être là où il est " (sic) ! C’est moi qui ai la priorité. Je ralentis quand même, mais pas trop pour que le piéton ne croit pas que je le laisse passer ! Réponse A.

26.JPG

Voilà le genre de question très stressante lorsqu’on n’a que dix secondes pour réfléchir ! Le commentaire est sadique : " de toute façon, l’horaire est indiqué sur le ticket ! " Réponse C.

12.JPG

Attention, piège! On sort bien d’une zone où le stationnement était limité à 30 km/h ; par contre le stationnement n’était pas interdit, mais réglementé ! (bien regarder le minuscule horodateur sur le panneau) Réponses A et D.

13.JPG

Autre piège des plus agaçants : sur les routes sans chaussée séparée, le conducteur novice peut rouler à 80 km/h. Donc on répond B. Erreur! Si je peux rouler à 80 km/h, je peux a fortiori rouler à 70 km/h! Réponses A et B. (si je ne clique que sur B, la réponse est considérée comme fausse…)

25.JPG

Au lieu de demander ce que signifient ces panneaux, on affirme des contre-vérités pour tromper le candidat… Réponses : B et D.

Ces exemples ne sont pas exhaustifs, mais assez caractéristiques. Je reconnais qu’après plusieurs heures d’entraînement, on finit par s’habituer au style des questions… comme on s’habitue à Internet, comme on s’habitue aux émissions de variété, comme on s’habitue aux discours de nos dirigeants… petit à petit, ce genre de pédagogie forge des cerveaux propres à accepter une nouvelle forme de société (mondialisation, libéralisme, goût de la compétition, etc) tout ça dans un cadre ludique et joyeux…

Est-ce qu’on a le choix ?

Henry Gold

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu