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vendredi, 22 février 2008

VSD et la déontologie.

La défense des journalistes, à VSD, est elle variable en fonction de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ?

 

La polémique en cours sur les déclarations d’Emmanuelle Mignon au sujet des sectes, recueillies par Emmanuel Fansten, journaliste pour VSD, me laisse songeur.

Et même un peu inquiet.

Pas à cause de la teneur des interviews successives d’Emmanuelle Mignon, ni sur ses dénégations à propos de cet entretien. Cela est déjà activement, et largement,débattu, avec raison.
 

Non, ce n’est pas, pour une fois, une question de fond que je me pose, mais de forme.

Paradoxalement, à la lecture du soutien par le (parfois) pétillant rédacteur en chef délégué, Marc Dolisi, je suis presque soucieux pour l’avenir de Monsieur Fansten.

Parce que paradoxalement, à VSD, l'appui de la direction du magazine peut être plutôt un mauvais signe pour un journaliste.

A moins que les temps aient changés pour cause de péréquation entre les aspirations d’un lectorat plutôt populaire et une cote d’amour du Président de la République en chute libre. 

 Explication de mon inquiétude :

 Fin 2003 je travaillais à VSD comme pigiste permanent, mensualisé, depuis presque trois ans. (statut dérogatoire à la législation mais il faut bien vivre)

Rédacteur d’une rubrique hebdomadaire et de reportages de terrain dans le domaine du sport-aventure et de « l’outdoor », ma vie s’écoulait entre voyages autour du monde et tests d’activités extrêmes, à mon plus grand bonheur et à celui de la rédaction en chef.

J’étais dans mon domaine de pertinence, bien loin de la police nationale que j’avais quitté en 2001 pour devenir journaliste sportif.

Fin 2003, la direction des informations de ce magazine se remémore mon passé et me demande si j’ai toujours des contacts dans mon ancienne administration.

 

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Le but ?

Publier un article sur ce que pensent les flics de base de la politique menée par leur très médiatique Ministre de l’Intérieur, Monsieur Sarkozy.

J’interviewe une dizaine de policiers, dans toute la France, sur des thèmes aussi divers que les méthodes de production des chiffres de la délinquance, les nouvelles lois et unités de police, les relations hiérarchiques et ce qu’ils pensent des conseillers de leur ministre.

Je précise que je ne livre pas mon avis et remet à la rédaction de VSD l’intégralité des témoignages, qu’elle organise pour publier un article comprenant 3 pages de texte dans le numéro du 20 au 26 novembre 2003.

Ce dossier laisse apparaître de nombreux doutes et interrogations des policiers de base sur les directives de Sécurité Publique, mais aussi, je le précise, des opinions favorables.

Il est illustré par des dessins plutôt très critiques du dessinateur Tignous, choisis par la direction de ce magazine, sans aucun avis de ma part à ce sujet.

Je suis chaudement félicité pour mon travail.

 

Cela fait en effet du bruit, aucun journaliste, dans la presse « populaire », n’ayant encore osé ce type de « papier ».

Le 25 novembre de la même année, le Directeur Général de la Police Nationale, Monsieur Gaudin, fait paraître sur le site intranet de la Police Nationale le courrier de réponse qu’il adresse à Monsieur Christian Moguérou, Rédacteur en chef de VSD.

Ce courrier se conclut ainsi : « Il me paraissait néanmoins essentiel de vous fournir quelques éléments permettant de nuancer certaines affirmations péremptoires et peu objectives portées à la connaissance de vos journalistes et de vos lecteurs », suivi d’un NB en gras pour le moins étonnant : « Monsieur Louboutin est un ancien officier de police récemment démissionnaire ».

Histoire d’entendre que j’avais, pour cette raison, « bidonné » l’article paru.

Messieurs Moguérou et Dolisi (son adjoint), ainsi que Monsieur Jean Marie Burn, directeur de publication, m’assurent d’une réponse sans délai à Monsieur Gaudin et de leur total soutien.

Dans la réalité, ce magazine coupera dans les jours suivants toute relation avec moi, oubliant nos projets prévus pour les mois à venir, refusant de me recevoir ou même de me prendre au téléphone, malgré plusieurs courriers AR envoyés en désespoir de cause.

L’arrivée de Philippe Labi comme nouveau Directeur de publication, également sollicité par courrier AR, ne changera rien au mutisme inexplicable de la direction de VSD à mon encontre.

Prisma Presse mettra, de plus, un an à me remettre les feuilles jaunes me permettant de toucher une prestation chômage…me privant donc de revenus.

Dans le même temps, fruit du hasard, je suis l’objet d’une très conséquente taxation fiscale d’office dont il me faudra des mois pour faire établir la totale absence de justification…

Lâché (enterré ?) par mon employeur, en réelle situation de survie, je finirais, début 2005, quelques mois SDF à subsister de boulots précaires.

Cinq ans plus tard (outre le fait que les policiers de terrain n’ont pas varié pour la plupart dans leur scepticisme et c'est du domaine public) Marc Dolisi assure à nouveau un de ses journalistes du soutien de la rédaction de VSD, à propos cette fois ci de la déclaration d’une directrice de cabinet de Monsieur le Président de la République.

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Au vu de mon expérience, je ne suis pas certain que cela soit une bonne nouvelle pour Emmanuel Fansten.

A moins que VSD ne surfe actuellement, pour cause de dopage des chiffres de diffusion, sur la décote actuelle de Monsieur le Président de la République, après avoir fait sans vergogne durant des années ses choux gras en l’imposant en couverture « People » avec son ex et/ou sa nouvelle épouse…

C'est vrai que la tendance actuelle d'une partie de la presse est la chasse en meute d'un gibier qu'elle a longtemps caressé dans le sens du poil.

La seule chose dont je sois sûr c'est, que si besoin est, je garde une place sur le canapé de mon salon à Emmanuel Fansten.

Juste au cas où...

 

Marc Louboutin

Journaliste.Ecrivain

(Métier de chien – Lettres à Nicolas)

mardi, 19 février 2008

Démocratie et sacralisation du pouvoir

free music

 

 

L’autre jour, j’ai lu une citation attribuée à l’excellent Jean-Louis Debré, fils de Michel, le père de la Constitution de la 5ème république, qui aurait déclaré : « Il faut faire attention à ne pas désacraliser les fonctions officielles ». Bon… Déjà à la lecture d’une telle phrase, je n’ai pu m’empêcher de grommeler…

Et puis.

Par le plus grand des hasards, je suis tombé sur un reportage du 9 février 2008 du magazine « 13 : 15, le samedi » sur France 2. Le sujet était la fameuse journée ou le Président présentait son plan « banlieues » devant le gouvernement, la presse et les associations, les créateurs de quartiers dits difficiles… Faites l’effort de regarder en entier ce reportage du 9 février consacré à la réception à l’Èlysée…

Et là j’ai littéralement bondi !

Comment en 2008, pouvait-on observer des visages aussi extatiques devant un homme censé les représenter ?

Comment la soumission pouvait-elle se lire à ce point sur les expressions devant un individu, aussi haut placé soit-il ?

Pourquoi montrer autant d’empressement, d’espoir irrationnel comme si ce personnage était couvert par une quelconque grâce divine et pouvait résoudre d’un coup de baguette magique les problèmes les plus complexes ?

À ce moment j’ai compris qu’en quelques siècles les individus n’avaient changé en rien : les techniques n’avaient pas fait évoluer l’homme de son berceau tribal. Le Chef, à ce moment, n’était pas le représentant légal des individus mais il représentait aux yeux de la foule l’incarnation divine du pouvoir.

Nous sommes en 2008… Quelle différence entre les courtisans de Saint Louis, de Louis XV et ceux de Nicolas Sarkozy ?

fea4ac0af15dc7356053d95775cb6aa6.jpgComment, au 21ème siècle, après des siècles de démocratie et de libertés publiques, peut on ressentir de tels relents d’obscurantisme, de féodalité, de soumission, de veulerie et d’idôlatrie ?

Et ce phénomène de sacralisation de l’image ne touche malheureusement pas que les politiques ! Désormais le sacre ne se proclame plus dans la cathédrale de Reims mais nos people et nos politiques sont oints par des animateurs où des journalistes sur des écrans qui sont devenus le miroir magique où tout ce qui y brille devient forcément de l’or…

Cette personnalisation extrême de la société est particulièrement inquiétante dans le sens ou la force de l’image plus ou moins artificiellement traitée et déformée par les médias a largement occulté la puissance des idées qui sont devenus des accessoires à peine plus utiles que des trousses à maquillage…

La responsabilité de cette dérive irrationnelle n’est non pas forcément et uniquement due à la volonté de nos politiques. Mais surtout au traitement médiatique et les mises en scène envers des personnes dont on sacralise la perception par le public, grâce à des techniques éprouvées par le show-bizz, ainsi que l’absence aveuglante de sens critique de la part de nous autres, citoyens ordinaires, qui avalons presque tout sans rechigner, en participant au succès, par  nos lectures et notre curiosité, de sujets futiles.

Je crois éperdument, contrairement à beaucoup de nos politiques, qu’il n’y aura jamais de véritable démocratie sans une désacralisation drastique du Pouvoir. Il est temps pour chaque citoyen qui croise un politique de le considérer comme un égal et non comme une incarnation céleste ou un être supérieur ou même, à contrario, comme un symbole du Mal.


Le temps de la maturité citoyenne est venu, que diable !

 

Cui cui

 

 

 

lundi, 18 février 2008

Le dessous des cartes : Lagarde navigue à vue

free music

 

Nouvelle chronique des hautes sphères du Divin Marché

 

En ce début d'année, après les voeux, les atlas et diseurs de bonne mauvaise aventure pleuvent.

 

 

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Comment notre Divin Marché, qui est l'alpha et l'oméga de notre monde, envisage t'il cette année 2008 ?

Robert Seror, directeur commercial d'une entreprise française spécialisée en analyse des risques politiques pour l'économie, nous explique:

" le risque a une influence majeure sur l’économie et sa mauvaise analyse peut être fatale pour l’entreprise. Aon (oh le phare Aon ! N.D.L.C.), témoin et acteur privilégié de la mutation permanente du paysage économique mondial et expert dans l’évaluation du risque pays, réalise chaque année, en exclusivité, cette carte des risques politiques et économiques. Elle fournit à nos clients les outils nécessaires à l’évaluation du risque et de ses conséquences sur leur profitabilité, leur pérennité et leur croissance ". 

  

Et il nous fournit une vision du monde à venir à l'usage des entreprises et des investisseurs.

 

L'on y apprend notamment que la Russie, grâce au coup de maître de Poutine, y gagne en stabilité politique jusqu'en mars 2008 et bien au-delà, mais que ce cher Poutine risque de faire au reste du monde du chantage à l'approvisionnement en matières premières dont le sous-sol de la Russie est fort riche.

Que la Chine, cette championne de la croissance, va connaître des difficultés liées au dumping social qu'elle pratique depuis des années.

Que l'Europe, notamment les pays entrants (ou qui voudraient bien entrer) dans notre marché commun, subiront surement les effets de la crise des subprimes commencée aux Etats-Unis.

Que l'Iran et le Vénézuela ne sont pas préservés d'une crise politique ou militaire, alors que la Corée du Nord ne semble plus dans la ligne de mire de ce genre de crise.

Et que tout le monde va aller faire de la lèche au président Lula et à ses gros gisements pétroliers.

 

Pendant ce temps, Christine Lagarde, notre Madame Finance, nous prédit que 3e6bed79f79a3d8b35269126fa604ec2.jpg: le "reflux" de la croissance fin 2007 "ne reflète pas un ralentissement marqué et durable de l'activité en lien avec un contexte international devenu plus incertain".


D'où l'on voit que les paris du Divin Marché ont cet avantage sur la vision que nous livrent nos politiques d'être tellement plus précis... et fiables...qu'il vaut toujours mieux s'adresser à Dieu plutôt qu'à ses Saints.

Ainsi soit-il.

 
Nef

jeudi, 24 janvier 2008

Prison break

 

Nous sommes tous quelque part des prisonniers. Prisonniers de notre travail (quant on a la chance d'en avoir un), prisonniers de nos amours (voire de nos haines) , prisonniers de la société de consommation (même si on tente d'y échapper). Prisonniers de nous même.35e135a802653aa02eb5d66387344559.jpg

Prisonniers et pourtant satisfaits de ces geôles que nous nous nous fabriquons. Surveillés désormais encore plus insidieusement qu'avant et à notre vue. Par caméras dans nos rues, par tracking sur le net, par localisation GPS ou par portable.

Un bonheur abstrait dans une communauté oppressante ou le moindre geste est noté, fiché indexé, numérisé, pour mieux nous fondre dans la masse, pour mieux nous couler dans la nasse de la société. Abreuvés par télés et médias interposés des moindres faits et gestes de la bonne parole annoncée. Statue du Commandeur érigée. Mieux que celles d'acier qui tronaient dans les dictatures de fer également, pour mieux rappeller au bon peuple que leur nouvelle divinité avait pris corps dans le métal...et souvent dans les barreaux pour ceux qui revaient d'individualité.

Et au nom de quoi tout cela ? pour nous assurer la paix et la sécurité, la transparence au mépris de notre vécu particulier. Une sorte d'illusion qui réconforte quand on arrive dans une zone "surveillée", et qu'on pense qu'il ne pourra rien nous arriver. Un cache-misère qui nous rassure dans un syndrome de sécurité à tout prix. Ne pas souffrir, ne pas être victime, ne pas être blessé. Louable pensée bien sur. Mais dont l'application se fait désormais au détriment de notre individualité. et de notre liberté.

Une liberté désormais à la George Orwell (1984) ou à la Ray Bradbury (Fahrenheit 451).  Un avatar du Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley. Une liberté confortée, confortable qui s'entretient d'elle-même, tant peu d'entre nous cherchent à s'extirper de la masse.

Notre apparente liberté n'est elle qu'illusion ? qu'un trompe l'oeil destiné à nous éloigner de notre personnalité ?

La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui (Jean-Jacques Rousseau).

Pour aller plus loin : http://bigbrotherawards.eu.org/


Le Village
Illustration by Skalpa

mardi, 22 janvier 2008

Changer d'air


 

Pendant que notre président vocalise le grand air de la politique de civilisation devant un public qui l'applaudit à tout rompre, un prix nobel de chimie, qui lui ne parle pas en l'air, apprend à qui veut bien l'entendre, que notre planète est entrée dans une nouvelle ère : l'anthropocène.

Par ce néologisme, l'espèce humaine se découvre être devenue, depuis deux siècles et l'avènement de la société industrielle, une « force géophysique planétaire ».

1bf6d371501fb636cace6e7d9e29d217.jpgSoudain, les variations de voix tonitruantes de notre président vont decrescendo, finissent dans des tremolos pathétiques.
Mais il ne faut pas être injuste, énormément de faits, de personnages deviennent dérisoires face à l'annonce de cette nouvelle ère qui se profile apocalyptique.

Quelle partition merveilleuse, l'humanité a t'elle été capable de jouer pendant l'ère précédente qui justifierait que nous essayions de nous sauver de notre capacité à adapter la planète à nos trop nombreux besoins, à nos trop nombreux conflits ?

Quelle oeuvre d'art, quelle musique, quelle littérature, quelle philosophie, quel témoignage d'amour, ou de solidarité, en somme quelle trace de civilisation ou même quel son humain sera capable de nous survivre ?

Doit-on espèrer de la capacité des gouvernements du monde entier à gérer cette crise écologique, en tout cas mieux que les autres crises mondiales, qui ont bouleversé l'humanité ?
La science va t'elle apporter des solutions aux problèmes que ses progrès ont entrainés.
Combien d'année nous faudra t'il pour polluer nos sols comme nous l'avons fait de l'atmosphère et de la mer ? Combien de millions de tonnes de CO2, de déchets radioactifs ou chimiques enfouirons-nous pour retarder l'échéance ?

Même si rien ne se perd et rien ne se créée, tout casse.

Promettre des solutions pour demain, tout autant que contempler avec nostalgie le passé, sont deux refrains dépassés, car c'est toujours le présent.

En conséquence, c'est maintenant qu'il faut changer d'air.


Nef

http://www.dailymotion.com/video/xi48q_le-coma-des-mortel...

 

 
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