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lundi, 10 mars 2008

Les municipales... Et après ?

De nombreuses réserves accompagnent le succès, ou demi-succès de la gauche institutionnelle au soir du premier tour des élections municipales et cantonales.

La première d’entre elles étant l’équivoque qui depuis les présidentielles entoure le PS comme un nuage toxique attaquant ses lignes et désorientant ses troupes, laissant l’électeur déconcerté. Un nuage qualifié d’« ouverture » par ses partisans et de débauchage éhonté par ses détracteurs. L’ouverture est malsaine lorsqu’elle consiste à débaucher des gens du camp d’en face pour les faire travailler à la gloire du camp (provisoirement) victorieux. C’est un très mauvais coup porté à la cohésion des rangs, elle-même associée à une ligne politique claire et susceptible de recueillir l’assentiment du citoyen lambda mué en petit soldat des urnes.

Depuis les présidentielles, les sympathisants de gauche ont vécu cette vente à la découpe du noyau incompressible de l’identité de gauche, accomplie tant par les transfuges, que par la droite, que, et c’est le plus désolant, par les caciques du PS. Ces derniers s’entre-déchirant dans un concours de beauté où le plus libéral semblait devoir décrocher la timbale de la « modernisation » (autre mot piège) du PS et, pourquoi pas, de la gauche bien pensante. Une «rupture» qui se traduirait par un rapprochement des lignes du PS et de l’Ump sur un certain nombre de thèmes (sécurité ; valeur travail…). Perspective qui est, semble-t-il, plébiscitée par une partie de l’électorat, déboussolé de cette formation éclatée et dont la référence plus ou moins revendiquée à un libéralisme musclé tient lieu de ligne de rassemblement à ses dirigeants par ailleurs très hostiles les uns aux autres.

N’a-t-on pas été jusqu’à entendre la Maldonne des sondages réclamer une alliance nationale PS-Modem pour le second tour ? Ce qui augure d’une réforme du parti qui tire à droite. Pour tout ceci, les résultats de ce premier tour n’incitent pas à éprouver une joie sans nuage.

Et cependant, on doit tout de même admettre l’intérêt de cette remontée en puissance de la gauche, avec à côté d’elle l’arrivée encore timide d’une nouvelle force à sa gauche, quant à la symbolique de la reconquête possible qu’elle induit chez les citoyens de cette famille politique.
On peut sans doute y voir l’effet inverse de la lamentable période de basses eaux que les élections présidentielles et législatives ont pu provoquer au sein de cet électorat. A entendre les leaders du PS hier, on ne pouvait manquer d’être agréablement surpris par la reprise dans leurs propos de l’ensemble des thèmes d’actualité politique et sociale qui sont au cœur des préoccupations desFrançais, et surtout des plus modestes, et qui sont le fond de commerce un temps oublié par ses élus de la gauche dans sa globalité. C’était un peu comme si les responsables de la gauche institutionnelleavaient ouvert le journal avant-hier, pour la première fois de longs mois voire années, afin de prendre connaissance de la situation que vivaient leurs concitoyens. Et là, miracle. Ce parti sans idées trouvait devant lui un cadre tout prêt à l’emploi qui, le hasard faisant bien les choses, s’articulait comme tout naturellement avec ce qu’il est censé défendre : une société pour tous, une solidarité réelle, des institutions au service de l’intérêt général. Bref, tout ce que le pouvoir de droite avait passé par pertes et profits, profitant d’une intense préparation des esprits sous la gauche comme la droite, tendant à faire passer la solidarité pour de l’assistanat et les personnes en difficulté pour des profiteurs du système.

Maintenant, la question se pose de savoir si cette prise de conscience de ce grand amnésique qu’est le PS sera durable ou simplement éphémère ? Plus concrètement, la promesse, lancée par certains leaders de gauche, de faire des collectivités locales, plus qu’un simple contre-pouvoir, mais un véritable pouvoir initiant une politique qui soit en mesure de proposer une résistance voire une alternative – évidemment en tenant compte des moyens limités des collectivités territoriales – à la politique de casse de la droite, sera-t-elle davantage tenue que celle qui voulait faire des régions les laboratoires d’une politique de gauche ?

Nous avons quatre ans pour en juger. Espérons que quelques mois ne suffiront pas pour constater, une fois de plus, que cette perspective a été jetée aux oubliettes, comme les précédentes.
       
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samedi, 08 mars 2008

J'ai fait un rêve

free music

 

 

 

J'ai rêvé qu'un jour, il existerait des écrans reliés entre eux partout dans le monde, sans aucune autorité, aucun intermédiaire pour les empêcher de communiquer en temps réél et de s'échanger librement toutes les informations qu'ils jugeaient importantes ou intéressantes.

 

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J'ai rêvé que des milliers de gens se regoupaient par langues, par affinités d'idées ou modes de fonctionnement intellectuel sur des "cases" de cette immense toile d'araignée sans dieu ni centre dans le seul but de se motiver les uns les autres à faire avancer la pensée et la compréhension du Monde, la leur et celle des autres.

 

J'ai rêvé qu'ils appelaient ça des Blogs et que, une fois le fondateur de l'un d'eux parti vers d'autres jeux, ils en profitaient pour se lire les uns les autres, les uns à la suite des autres dans une succession pacifiée, non pas du pouvoir mais de la parole.

 

J'ai rêvé que cette émulation clouait le bec à toute forme de compétition tant je crois, tant nous croyons, que l'intelligence n'a pas besoin de compétition pour élever son propos.

 

ce961275a0279bb8792affa54464f339.jpgJ'ai rêvé tout cela… mais était-ce bien raisonnable ?

 Bien sûr que non. Les êtres déraisonnables tentent d'adapter le monde à leurs rêves. le problème, c'est que, une fois le rêve devenu objet, réalité tangible, gérable, il repasse aux mains des gens dits "raisonnables" qui, très vite, relèguent l'utopie au rang de souvenir pittoresque qui fait si beau sur une étagère entre le tronçon du Mur et le badge anti-guerre au Vietnam.

 

J'ai rêvé tout cela, je veux le rêver encore.

 

Je vais donc fermer les yeux et l'écran en espérant que, demain, quand je les rouvrirai, tous nos rêves auront pris le pouvoir et l'auront rendu à la parole.

 

Nef 

mercredi, 05 mars 2008

Le parcours du com-battant d'un con-sommateur con-formiste…

 

L'autre jour j'ai entendu à la radio notre Secrétaire d'État auprès du Ministère des finances, Luc Chatel, conseiller à nos compatriotes de faire jouer la concurrence pour vaincre cette hydre à 19 têtes, qu'est la hausse des prix !

 

Aussitôt une idée géniale a germé dans ma petite tête d'oiseau et je me suis mis dans la peau de nos grands journalistes, tels Michel Denisot, Michel Drucker, Étienne Mougeotte ou Jean Marc Morandini pour vous relater dans le détail les pérégrinations et les aventures d'un consommateur-zélé-désirant-lutter-contre-la-hausse-des-prix qui étrangle le pouvoir d'achat de nos  concitoyens. Devenir l'espace d'une journée journaliste d'investigation me permettait d'adapter le rêve à la réalité, de devenir à la fois sublime (…) tout en restant con.

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Au départ j'avais décidé de comparer les prix entre 3 produits qui représentaient une ration type de ma consommation quotidienne, soit une boîte de sardines en boîte à l'huile d'olive, six œufs frais et un litre de pastis sans marque…
Habitant en banlieue, j'étais obligé d'utiliser l'épave roulante qui me sert de véhicule pour me rendre dans les magasins. De ce fait, je ne comptabiliserais que la consommation de gasoil et non l'amortissement de la voiture.

 


Nous voilà partis !
Départ 9h du matin. Destination supermarché Leclerc à 2 kms. Coût du trajet  A-R = 14 centimes
Sardines = 0,87 €
Œufs = 2,12 €
Pastis = 12,86 €
Destination hypermarché Carrefour à 27 kms A-R Coût du trajet = 1,96 €
Sardines  =  0,78 €
Œufs = 2,31 €
Pastis  = 13,14 €
Destination supermarché Lidl à 12 kms A-R Coût du trajet = 0,84 €
Sardines =  0,82 €
Œufs = 1,98 €
Pastis = 11,23 €
Destination hypermarché CORA à 16 kms A-R Coût du trajet = 1,12 €
Sardines = 0,80 €
Œufs = 1,79 €
Pastis =  11,64 €
Il est 11h 27 et je décide d'arrêter là.

 

Vous avez donc remarqué que je dois, si je respecte les consignes gouvernementales, acheter, les sardines à Carrefour, les œufs à Cora et le pastis chez Lidl… Soit 38 kms de parcours en ne repassant pas par chez moi…

Cette manière de faire ses achats pour 3 produits va me prendre 1h 34 (sans les repérages), me coûter en carburant 2,66 € pour économiser une misère !

Alors les amis, si vous voulez un conseil, faites jouer vos enfants, vos animaux de compagnie, votre mari, votre femme mais évitez absolument de faire jouer la concurrence car faire jouer la concurrence, c'est perdre à tous les coups du temps et de l'argent en croyant économiser !
En ce qui me concerne, après une si dure épreuve, j'ai pris une décision : je laisse le métier de journaliste d'investigation à des individus sublimes, plus aptes au risque et surtout plus courageux !

 

Cuicui

 

lundi, 03 mars 2008

Municipales : la politique du marché

 

Les élections approchent. En lisant les « programmes » des listes dites d'opposition de ma commune, à savoir le PS et le Modem, j'ai eu la surprise de constater que l'une comme l'autre se voulait résolument ouverte à tous, « tous les démocrates, de droite et de gauche », sans oublier les autres, « sans clivage partisan » !

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Le Modem insiste sur la gestion financière calamiteuse de la majorité Ump, à laquelle avait participé la tête de liste. Il se désole de la dette que l'on va laisser en héritage aux jeunes générations. Le PS quant à lui, invoque la nécessaire création d'écoles primaires et de crèches et accessoirement évoque le logement social. En somme, dans l'ensemble des programmes qui manifestent un réel souci de prendre en compte les attentes des classes moyennes. Tout pour les intégrés, pas grand chose pour les exclus.
Le prospectus du PS a abandonné son emblème, sans doute parce qu'il s'agit d'une liste regroupant large dans les sensibilités de gauche et de centre gauche et qui ne désespère pas, sans doute, de mordre vers le centre droit. Cela s'appelle prendre ses marques pour le second tour et préparer les ralliements peut-être avec la liste Modem. Les soutiens au candidat PS ont été puisés dans la famille sociale-libérale : Royal et Strauss-Kahn. Pas de quoi effrayer le retraité qui a voté massivement pour Sarko.


Le point, bien-sûr, où je voulais en venir, est que toute cette eau tiède qui se déverse sur nos têtes s'inscrit en contradiction avec la politique de casse sociale que la droite conduit en ce moment même à marche forcée. On ne voit nulle part dans ces lignes et même en lisant entre elles le soupçon d'un ersatz de volonté de contrecarrer le rouleau-compresseur sarkozyste, ne serait-ce que d'un iota, même à l' échelle locale,  ne serait-ce que dans l'esprit même dans lequel s'inscriraient les postulants à une gouvernance différente de la ville que celle, par ailleurs contestée pour son opacité, son manque de démocratie, etc ., de la municipalité en place.

Ce que l'on entrevoit plutôt, c'est une logique de « services à la personne » proposée par les familles qui se disputent la mairie et dont la proximité idéologique semble telle qu'on ne voit pas ce qui les différencie d'autre que la simple volonté de se faire une place sur le marché de la politique locale.

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Le pays est crise, il est malmené par un guignol qui, s'étant octroyé les pleins pouvoirs, le réforme à la hussarde au gré de son inspiration chaotique. En outre, il apparaît que la ligne suivie ne déroge qu'assez peu, et de manière souvent hypocrite, au libéralisme le plus sauvage qui l'anime. Et nos politiques font comme si les clivages idéologiques, philosophiques, éthiques, économiques, sociaux appartenaient à l'histoire ancienne et qu'il était de bon ton de les remiser car ils étaient obsolètes et devenus un obstacle à la performance (le fameux «  toujours plus », encore mieux). Le tout au nom de l'adaptation du pays à la modernité de la mondialisation, laquelle nous est présentée comme la source de nos plus craintes (si nous lui résistons) et de nos plus grands espoirs (si nous savons en profiter). Elle est devenue le centre de nos existences, la finalité même de chacune de nos vies et l'horizon indépassable de toutes choses.


Comme la mondialisation est événement, c'est une pensée pragmatique qu'elle exige pour la suivre, l'anticiper, l'évaluer, la corriger. C'est donc le règne de la pensée qui colle à l'actualité et, au-delà, à l'existant. Celui-ci est indécis, incertain. Il réclame mobilité, esprit de décision, froideur de calcul, et une aptitude à agir dans l'instant, au moment opportun, sans se retourner. C'est une pensée qui naît et se meut dans l'instant de l'action, et en partage le caractère d'instantanéité sans cesse renouvelé. L'action ne s'arrête pas, par définition. Elle se déploie dans un univers essentiellement fondé sur des choix, c'est à dire des stratégies et des tactiques. On a pu comparer le monde des échanges économiques à celui de la guerre de tous contre tous. Et la guerre fait surgir une figure particulière, qui est celle du héros intrépide qui, par la finesse de son raisonnement, la justesse de ses choix, la rapidité de son mouvement, réussit à tromper l'ennemi sur ses intentions réelles et à le vaincre.


C'est cette figure là qui triomphe partout – en politique comme dans la sphère des affaires – et dont les médias détaillent les propriétés dans des émissions de divertissement qui reposent sur le principe de la concurrence, voire du combat de tous contre tous. Si, finalement, le monde appartient aux plus ambitieux et aux plus forts, à ceux qui sont parvenus à occuper les postes les plus élevés, en sachant quel prix ils ont dû y consacrer, alors en effet les citoyens ne peuvent exister qu'à la marge, placés comme ils sont au début et à la fin de processus qui se développent ensuite dans des circuits enfermés dans de véritables boîtes noires. On jauge et on encourage les candidats sur la ligne de départ, et on applaudit les premiers arrivés, les rescapés, au bout du parcours. En ce sens, le lissage des convictions des concurrents participe d'une volonté de distinction à la marge, d'un calage marketing sur une famille de produits qui doivent certes être différents par la couleur de leur emballage, mais ne pas trop s'écarter de la physionomie générale ni des propriétés essentielles attendues par les clients de ce type de produits, sous peine que ces derniers ne puissent pas reconnaître un produit trop décalé, comme faisant partie du genre d'objet qu'ils cherchent.


C'est ainsi que dans une société fort clivée, les grandes compétitions qui engagent la vie de la Cité se déroulent de plus en plus derrière un masque de relative uniformité.

 En 1968, la France s'ennuyait. Quand sera-t-il après les échéances du printemps 2008 ?

 

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samedi, 23 février 2008

Les autres images de l'actualité - La rétention et la foi

free music
 
 
Une image pour deux actualités aujourd'hui. Une photo étonnante que ce Christ Du Corcovado, ce Christ rédempteur touché par la foudre.
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Un peu comme si d'un coup on banalisait les sectes, ou bien comme si, faisant fi de l'article 62 de notre Constitution qui stipule qu'«une disposition déclarée inconstitutionnelle ne peut être promulguée ni mise en application», et que les décisions du Conseil constitutionnel «ne sont susceptibles d'aucun recours et s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles», le Chef de l'Etat estimait qu'il ne pouvait y avoir nulle rédemption.

 
  
Les coups de foudre sont semble t'il monnaie courante à l'Elysée ces temps-ci.

Gare aux orages qui les accompagnent.

Serval

 
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