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mercredi, 05 août 2009

De la perversité de l'examen du code de la route.

Voici quelques exemples de questions auxquelles un candidat doit se confronter à l’examen du Code. Ce qui est très difficile à accepter, c’est qu’on exige du candidat un système de raisonnement très différent de l’acquisition classique du savoir. Influence du libéralisme anglo-saxon? Influence du langage informatique ? Nous serions plus à l’aise avec un questionnaire du genre "Que signifie ce panneau? Quel véhicule a la priorité ? Ai-je le droit de stationner ? " etc. Questions simples, questions claires. On sait ou on ne sait pas.

Ce n’est plus ça. La nouvelle pédagogie (pas seulement pour le code de la route) se veut ludique : il ne s’agit plus d’évaluer mon savoir, il faut que je gagne (et si c’est un concours, je dois être le premier). Les connaissances s’acquièrent comme dans un jeu de piste, avec des pièges, des questions aux formulations alambiquées où l’essentiel se glisse au milieu d’éléments secondaires. Tout est fait pour tromper le candidat avec le côté pervers " on t’a bien eu ! ". L’apprentissage consiste donc non seulement à acquérir des connaissances, mais à s’habituer au mode de questionnement.

Le premier travers de l’examen du Code consiste à mettre au même niveau des questions importantes (" Ai-je le droit de franchir la ligne continue ? A quelle vitesse doit-on rouler en agglomération ?") avec des questions d’intérêt secondaire (" L’essuie-glace arrière est-il obligatoire pour les véhicules de tourisme ? Combien de points va-t-on me retirer sur mon permis si je téléphone en conduisant ?"). Le candidat est pénalisé de la même manière s’il répond faux à l’une ou l’autre de ces questions.

Outre la formulation discutable des questions, il y a souvent le manque de clarté de l’image : on ne peut pas toujours juger sur une photo 2D si l’on a assez de distance pour dépasser un véhicule. Ou si on circule sur une route à sens unique ou à double sens. Ou si le véhicule en face de nous est arrêté ou pas, etc.

Enfin, les questions posées proposent souvent un choix entre plusieurs réponses, ce qui a tendance à mettre le doute même si on connaît la réponse. De plus, cela implique un temps de réflexion qui serait catastrophique si on devait le prendre en conduisant !

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Bien souvent, ce genre de questions est posé, concernant des piétons ou des cyclistes. A chaque fois, obligation est faite de les laisser passer, même s’ils ne sont pas sur des passages protégés. Sans quoi, forte amende et retrait de points. Mais ici, " le piéton ne devrait pas être là où il est " (sic) ! C’est moi qui ai la priorité. Je ralentis quand même, mais pas trop pour que le piéton ne croit pas que je le laisse passer ! Réponse A.

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Voilà le genre de question très stressante lorsqu’on n’a que dix secondes pour réfléchir ! Le commentaire est sadique : " de toute façon, l’horaire est indiqué sur le ticket ! " Réponse C.

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Attention, piège! On sort bien d’une zone où le stationnement était limité à 30 km/h ; par contre le stationnement n’était pas interdit, mais réglementé ! (bien regarder le minuscule horodateur sur le panneau) Réponses A et D.

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Autre piège des plus agaçants : sur les routes sans chaussée séparée, le conducteur novice peut rouler à 80 km/h. Donc on répond B. Erreur! Si je peux rouler à 80 km/h, je peux a fortiori rouler à 70 km/h! Réponses A et B. (si je ne clique que sur B, la réponse est considérée comme fausse…)

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Au lieu de demander ce que signifient ces panneaux, on affirme des contre-vérités pour tromper le candidat… Réponses : B et D.

Ces exemples ne sont pas exhaustifs, mais assez caractéristiques. Je reconnais qu’après plusieurs heures d’entraînement, on finit par s’habituer au style des questions… comme on s’habitue à Internet, comme on s’habitue aux émissions de variété, comme on s’habitue aux discours de nos dirigeants… petit à petit, ce genre de pédagogie forge des cerveaux propres à accepter une nouvelle forme de société (mondialisation, libéralisme, goût de la compétition, etc) tout ça dans un cadre ludique et joyeux…

Est-ce qu’on a le choix ?

Henry Gold

mercredi, 15 avril 2009

marri - couche-toi là !

 

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Vendredi soir. Rosa et Samuel viennent de dîner tranquillement dans un restaurant près de la gare de Lyon. Ils ont décidé de rentrer à pieds. Ils sont sur l'avenue Ledru-Rollin, quelque part entre l'avenue Daumesnil et la rue du Faubourg Saint-Antoine. Ils parlent du boulot, du repas, du quartier, du film qu'ils ont vu en début de soirée. Leur conversation est légère, mais à un moment, Rosa s'arrête net ; sans raison apparente. Elle demande :

- Tu as vu ?
- Non. Quoi ?
- Là ?
- Où ?
- A cinq mètres...
- Eh bien ? quoi ? C'est une cabine téléphonique...
- Oui. Mais, regarde bien.
- Tiens, c'est vrai !!! Non, j'avais pas vu...

Ils reviennent sur leurs pas ; et s'arrêtent maintenant devant la cabine téléphonique à double porte. Personne n'utilise le combiné, qui est accroché comme il se doit à l'appareil. Pourtant, même si personne n'est debout, la cabine est bien occupée. En effet, quand on dirige son regard vers le bas, on voit nettement un sac de couchage marron. Le type à l'intérieur roupille. Les deux passants reprennent leur chemin.

- Tu veux que je te dise ? Je commence à en avoir marre du Réel, même si je ne sais pas trop ce que c'est ! J'en ai marre de l'information - des nains-formations - du juridique, des procédures, des lois, qu'on nous demande de connaître avant de réagir. D'ailleurs, il y en a même qui n'y connaissent rien, et qui la ramènent !!! Bon, eh bien, il y a "ça" : ce que je vois - la réalité ! Cette réalité que j'ai là sous les yeux sans que je ne puisse rien faire ! Je veux pouvoir dire sans jargon, sans aucune science, que c'est grave d'en arriver là ! J'en ai marre qu'on vienne me dire qu'on a de la chance de vivre dans des pays civilisés, parce que ça ne l'est pas !!!

- C'est civilisé, mais c'est aussi barbare...


- ???! Oui. J'en ai marre parce que le Réel fait tout pour que plus personne ne voit, et ne puisse réagir ; et, elle finit par paralyser. Disons, le Réel, en tant que catégorie de la représentation qui regroupe la diffusion des apparences, et qui pousse chacun à se résigner devant les "faits", les "preuves", les "actes" des autres - des plus abrutis aux plus sournois. L'im-pa-ra-ble "concret" : mon cul ! On te dit : "Non, Monsieur, c'est pas comme ça ! Il faut faire ci, il faut faire là." "Oui, Madame, on sait bien, mais, ça ne se passe pas comme cela : il y a des procédures." "Ah, non, nous, on ne peut rien faire, il faut voir au-dessus." Oui, mais, "au-dessus", on fait tout pour ne pas voir, on trouve toujours le moyen de dire : "Non, on ne voit pas." Dans chaque domaine, à chaque "au-dessus" auquel on nous renvoie, on nous pose des barrières et ils se mettent des oeillères ; et à la fin, on a "ça". Et, franchement, ce n'est pas lui, qui est là qui me gêne, c'est au contraire, l'ensemble de l'organisation sociale. Le pire, c'est que c'est comme ça depuis le début. Avant ça, il y a ceux qui sont couchés dans la rue ou dans le métro, mais bon, on accepte ; et avant ça, ceux qui couchent sur les bancs, mais, bon, on accepte...


Bien sûr, comme tout le monde n'est pas aveugle, la société parvient à corriger ses impairs. Alors, on crée des associations, on squatte des bureaux vides, on "alerte l'opinion". Mais, fondamentalement, on accepte l'ordre social, alors qu'il faut reprendre depuis le début. Qu'on se dise que rien que la propriété - que le "droit à la propriété" -, c'est grave : que, déjà, c'est une connerie !!! et donc, tout ce qui en découle : les loyers, les expulsions, les crédits, le patrimoine, mais aussi, et surtout, ceux qui font les textes - enfin, ces textes -, et qui font qu'ils soient appliqués ! et qui sont payés pour le faire !!!


Parce que ce qu'on voit là, c'est le résultat du "légal". C'est ce "légal", qui c'est choquant. Et, tu ne peux même pas dire que tu trouves ça "pas normal", parce qu'on te répond, "Oui, mais, qu'est-ce qui est normal ?". Et là, t'as envie de dire, que de voir et de laisser quelqu'un dans la plus totale détresse, qui en arrive là, eh bien, ça, "ce n'est pas normal !!! Le cynique te dit : "Si ! c'est normal, puisqu'il y en a de plus en plus...", "et même que personne ne fait rien...", "et puis, si ça se trouve, il dort comme ça pour se faire remarquer. C'est du snobisme !" Et bien, ce cynique-là, t'as qu'une seule envie : c'est de lui foutre sur la gueule, parce tu trouves ça normal de lui faire fermer sa gueule à débiter ce genre de conneries !!! Bref, chaque jour qui passe, on nous fait accepter l'inacceptable.


J'en ai marre parce que, la Terre, elle appartient à tout le monde ; à chacun de nous. Donc, qu'il n'y aucune raison de tout subir, à chaque fois. Que non ce n'est pas "normal" de se faire polluer, ou de se faire matraquer la gueule parce qu'on manifeste son désaccord avec la gestion économique d'un pays à fin de servir les finances du cercle des "amis" d'un trouduc ; comme non plus, de se faire prendre en otage parce qu'on a écrit un livre de contestation !!!


Dans ce Réél - et évidemment on ne nous le montre pas ! -, à chaque fois, il y en a un qui gratte l'autre, et plus il en gratte un, plus il va en gratter d'autres, et quand il n'y arrive pas seul, il trouve toujours le moyen d'en soudoyer deux ou trois pour foutre la pression, et quand il en soudoie deux ou trois, il y en a toujours quatre ou cinq autres pour se proposer à être encore plus efficaces : soit pour foutre des coups, soit pour raconter des salades. Et à chaque fois, encore un, et encore un... On n'en sort pas, et on en arrive là ! Là, le type, il se fout là parce qu'il se dit que s'il traîne seul dans un coin, il y en aura toujours un ou deux pour venir l'emmerder. Alors, il choisit un coin où il est à peu près sûr qu'il ne se fera pas trop emmerder. Et alors, il crèche dans une cabine téléphonique. Et les gens viennent vous dire : "Mais, c'est ça la démocratie ! Tout le monde est libre. Lui, vous voyez, il est libre de choisir de dormir dans une cabine téléphonique. Il a choisi entre celle-ci, et celle-là, plutôt qu'un hôtel ou un palace." Et, le plus connard rajoute : "C'est son choix ; et, il faut le respecter !"


Alors que le truc, mais le minimum, c'est qu'on devrait tous avoir sans exception un espace bien à soi, bien déterminé. Qu'on ait pas à chaque fois à montrer des papiers, des justificatifs, des titres ; qu'on n'ait pas à chaque fois, LA loi, LA police ; ou des connards sur le dos. Que justement, ce soit normal pour tous de circuler, tranquillement, de glander, sans risquer de se faire emmerder, contrôler, agresser... Bref, c'est tout le problème de l'éducation ; et comme par hasard, t'as l'autre connard - enfin, c'est pas lui, ce sont ses "amis" - qui font tout pour que ça empire, parce que dans leurs calculs, comme ils sont bien protégés, ils se disent que si ça explose, ils ne risquent rien, et que ça devrait encore leur rapporter...

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par Albin Didon

 

 

 
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