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mercredi, 23 avril 2008

AVAILABLE

af0c91b834e3abc4b166cb4d5eea8923.jpgIl était cadre. 
Et puis employé. 
Et puis manutentionnaire. C'est bien, la manutention. 
Et puis chômeur. Le chômage, ce n'est pas bien. Ils le disent tous.

Fainéant, assisté, profiteur. Indigne.

 

 

La dignité, c'est le travail. Même un travail indigne. Le travail est une valeur. L'Homme est ce que le travail dit. 
Des propositions, il en a vu quelques unes. Pas beaucoup. 
Alors, il lui a fallu accepter une offre "valable". Sinon, plus rien. 
C'est comme ça. Plus rien, au bout. Encore moins que l'indignité. 
L'offre valable : manutentionnaire, encore. Un sous-manutentionnaire, même. 
Parce que 70% du salaire de sa dernière manutention, 1000 euros disons, ça ne donne que 700.

Il manutentionnera pour beaucoup moins. 
Mais autant. La manutention, c'est la manutention. 
On lui dit "c'est à 100 bornes". Bon, c'est 2 heures aller/retour chaque jour, on est dans les clous. C'est valable. 
70% ; 2 heures ; c'est son nouveau train de vie. 
Il fait le plein de gasoil. Les chiffres tournent. Ca ne semble jamais s'arrêter. Clic. 65 euros. Ca devrait faire la semaine. Mille kilomètres par mois. En 40 mois, je fais le tour du monde. Je suis le fils de Philéas Fogg.

Deux cent soixante euros par mois en gasoil pour regagner sa dignité ; c'est valable.

La dignité, c'est le carburant de la vie.

Il prend l'épave qui lui tient lieu de voiture et se rend à son travail valable. Ce pauvre con de chômeur habite en province. Il a du mal à se dégager des embouteillages et craint d'être en retard. Il accélère à 55 kms/heure à la sortie de la ville ; conscience professionnelle. Des policiers lui collent un P.V. volant jugeant sa vitesse excessive. En chemin, des flics embusqués derrière une haie le verbalisent encore d'un P.V. flottant estimant de loin ses pneus lisses.

Il pense au CO2 émis par son épave. Au moins 300 grammes de CO2 par kilomètre. Il fait le calcul, en conduisant. Son tour du monde est une tragédie écologique. Sans doute le prix de la dignité.

Mais il y a les tickets restaurants. A 6 euros, peut-être...

Non. Juste une cuisine.

La boîte de manutention est scindée en deux, les manutentionnaires répartis. Nulle obligation de distribuer des tickets-restaurant. Une astuce.

Ce sera Tupperware tous les jours.

Ce soir, il fait des heures supplémentaires. Défiscalisées, les heures supplémentaires. Il sera tard, il dormira dans son épave. Dormir dans la voiture, c'est bien. Un Tupperware de plus mais un geste pour la planète.

Alors, le matin, il accompagne ses gosses, dignes également, à la crêche. Une heure plus tôt. « La CAF participe au financement de cette structure », c'est écrit. Ca ne fait pas grand chose, une heure de plus par jour ; quelques euros. Les gosses retrouvent leurs petits copains. Dans les yeux des petits copains, on voit que quelque chose a changé. Ton papa, y n'a recrouvé un travail valabe. La puéricultrice fait un clin d'oeil. Il paraît que quelques chômeurs amènent encore leurs gosses ici. Mais ça ne va pas durer. La dignité pour tous.

On lui dit que le chômage est en baisse. Le volontarisme. Il entend aussi que c'est la démographie, le départ à la retraite de la génération du baby boom d'après-guerre.

Il sait que les boîtes ne créent pas d'emplois. Pas d'investissement. La panne de croissance, comme ils disent. La croissance qui vient de partout et de nulle part. La croissance que l'on crée ou que l'on subit. Suivant les moments. Le choc de croissance avec les dents ou la faute à pas de chance...

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Il sait que l'on s'attaque aux chômeurs et non au chômage.

Alors, il reprend son épave. Qui démarre mal. Il n'est pas misérable, il est redevenu un homme.

Un homme valable.

 

NB : "Il est rappelé aux graffeurs en tous genres, hérités de la dépravation de l’Art encouragée par les gouvernements socialistes que des sanctions particulièrement sévères seront prises envers tous ceux qui décideraient de salir cet élan populaire en supprimant le "o" de ce slogan porteur d’espoir et de liberté qu’est "J’aime ma boîte"." (citation non signée trouvée sur un site brrrr)

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Agathe

dimanche, 20 avril 2008

Le truand, la brute et le bon…

free music

Bon ! Après avoir profité de la même boîte gorgée de ce nectar fort coûteux et délicieux les jeudi, vendredi, samedi et dimanche, nous allons tenter d’analyser l’impayable après le gratuit… Humblement, comme à l'accoutumé...

En ces fêtes de Pâques, j’ai essayé de démonter subtilement la rhétorique du Pouvoir pour mieux gruger l’électeur... Car il serait difficile de nier que le citoyen français, aux yeux nos plus hautes têtes cogitantes soit devenu une sorte de bœuf avec des cornes géantes et une cervelle d’oiseau (que je ne renie pas)…

Je ne sais si vous avez remarqué mais la communication du Pouvoir exécutif passe par 3 phases bien distinctes que je mettrai désormais en 3 couleurs pour que chacun puisse bien comprendre ma démonstration magistrale dans tous les sens du terme.

Phase 1. Le truand.: Le Premier Ministre, M. François Fillon décide de comprimer les dépenses de santé.

Phase 2 . La brute : il passe, selon un scénario bien huilé le bébé au Ministre responsable qui va lancer sa mesure avec une brutalité inouïe et une maladresse incroyable… Attention ! Des études poussées ont été menées pour que cette pseudo maladresse soit particulièrement malhabile !

Phase intermédiaire : La Presse, les syndicats, les gens de gauche hurlent à la destruction des acquis sociaux  et du sacrifice énorme de notre pauvre peuple exsangue…

Phase 3. Le bon : Le Président français, lui qui était en visite officielle dans un pays étranger ou il défendait, bien entendu, les intérêts français, au bord d'une plage ou dans un palace, estimant que finalement le pouvoir, c'était plus facile à exercer que ce qu'il imaginait (sic-Le Point), un verre à la main, sa douce lui susurrant quelques couplets narcotiques à l'oreille ; soudain  comme un diable sorti de sa boîte intervient, courroucé, tel le Chevalier Blanc et déclare que ses Ministres sont des imbéciles, qu’un type aussi social que lui est entouré d’incapables, qu’il n’est pas secondé , etc, etc…

Figurez vous que le pire,

C’EST QUE TOUT LE MONDE LE CROIT ! Même vous !

Allez, Avouez le !

Et finalement, les 3 pilules qu’on devait vous faire avaler, mes amis, et bien miracle ! Elles se transforment en seulement 2 pilules et que fait on ? On dit merci à M. Sarkozy d’avoir compris ces braves petits Français mais le résultat ? La purge est passée sans douleur !

Malin, non ?

Voici les exemples en couleurs…

Fillon : la France est en faillite

Lagarde : pas de politique d’austérité

Sarkozy : je suis le Président du pouvoir d’achat des Français… Sans commentaire.

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Fillon dit : il faut diminuer le budget santé

Bachelot : on va supprimer des tas d'hôpitaux en province (50 bornes en plus à se taper pour se faire soigner, c'est rien du tout !)

Sarkozy : je vais sauver l'hôpital (sic) ! (Sarko = infiniment plus d’humour que cui cui…)

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Fillon : on va diminuer les frais de Justice

Dati : on va supprimer des tas de tribunaux en Province

Sarkozy : la Justice sera mieux rendue (mon œil ! Ah ! L'humour sarkoziste !)

Et puis tiens ! Je ne résiste pas à mon irrésistible penchant vers la dérision… Pardonnez moi... C'est plus fort que moi...

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Fillon : Vous pouvez augmenter l’essence. No problem !

Lagarde : s’ils sont fauchés , ils n’ont qu’à rouler en vélo, ces gueux !

Sarkozy : Les pauvres n’ont qu’à mettre de l’huile de friture pour partir en week end ! En plus je favorise les Ch’tis qui avalent 10 kgs de frites par jour, c’est dire mon empathie envers les plus malheureux d’entre nous, même que je me fais projeter des films populaires à l'Élysée !

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Fillon : il faut économiser les frais dentaires.

Bachelot : Les gens qui n’ont pas de dents n’ont qu’à manger de la purée et des steaks hachés  

Sarkozy , furieux : Tous les citoyens ont le droit à un steak haché et de la purée et même du boudin ! Je m'engage à défendre bec et ongles ce droit imprescriptible ! Les pauvres comme les riches doivent pouvoir profiter des aliments faciles à avaler ! Je me porte garant de la cohésion alimentaire de notre belle Nation !

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Fillon : il faut économiser sur les frais de lunettes.

Bachelot : les bigleux n’ont qu’à s‘acheter une canne blanche !

Sarkozy : Les Français les plus modestes sont les plus créatifs : avec 2 tessons de bouteille et un bout de fil de fer, ils obtiennent une paire de lunettes "tendance" et bon marché ! J’aime le bon sens du peuple dont je suis issu et solidaire ! Avec 2 tessons de bouteilles de Champagne et le muselet (l'armature en fer qui maintient le bouchon), ils peuvent même arborer une superbe paire de lunettes de soleil du meilleur goût ! Nous sommes d’ailleurs prêts, au gouvernement à fournir les tessons de bouteilles de Champagne et les muselets !

Et voilà le travail ! J'espère que vous avez été convaincu par cette démonstration sans faille, digne de nos plus grands penseurs français, tels Finkielkraut, BHL, Beigbeder et Glucksmann !

N’atteint on pas des sommets de cynisme, en cette merveilleuse époque formidable ? Je suis en droit de me le demander, non ?

Pas vous ?

 

 Cui cui, philosophe printanier ...

mercredi, 16 avril 2008

Roselyne Bachelot, la « Bianca Castafiore » des contre réformes.

Roselyne Bachelot est la Ministre du gouvernement Fillon, chargée de débroussailler, d’éradiquer et de vider inexorablement de sa substance le maximum de prestations de la Sécurité sociale afin de conduire, à pas léger, notre système vers une protection analogue à celle des USA, et où progressivement et en catimini, la part des remboursements des frais de maladie, dévolue aux mutuelles, va finir par dépasser la quote-part de la Sécurité sociale…

On parviendra donc discrètement d’ici à quelques années à une privatisation de l’Assurance Maladie qui ne veut pas dire son nom et où les gens modestes et moyens, de plus en plus nombreux, ne pourront plus payer les 100 à 150 € mensuels qu'il faudra débourser, consacrés aux Mutuelles devenues des Assurances santé, minimum nécessaire à une couverture maladie correcte.

9d2181cc14bbd93d479d519a14127f88.jpgRécemment mise en vedette avec une outrancière flagornerie par l’inamovible thuriféraire Michel Drucker, dit " langue de velours " dans l’émission " Vivement Dimanche " sur France 2 , puis interviewée par un terre-plein de journalistes assez complaisants, dimanche dernier sur RTL, lors du " grand jury ", les médias n’arrêtent plus d’admirer notre nouveau rouge-gorge angevin, accessoirement Ministre de la santé et feue Ministre de l’écologie.

Roselyne Narquin, épouse Bachelot, élue dans la 1ère circonscription du Maine et Loire a succédé à son papa, Jean Narquin, nivernais d’origine, politiquement parachuté en 1958 par De Gaulle en Anjou ; cette famille Narquin tenant les rênes de cette circonscription depuis exactement 50 ans. Cette région de droite, berceau des derniers défenseurs de la monarchie absolue, et où, même les radis sont honnis à cause de leur couleur rouge, est donc représentée par notre héroïne qui, n’eût probablement comme principale difficulté dans sa vie, que celle de naître.

À la recherche effrénée d’une singularité insatiable, jusqu’à se vêtir d’habits aux couleurs criardes et d’un goût exécrable pour attirer l’attention sur elle, on peut dire qu’elle fait tout ce qui est en son pouvoir pour se faire remarquer du paysage médiatique français et de l'opinon publique.

Naguère, elle utilisa une certaine spontanéité et une ingénuité provoquées pour se distinguer de sesc836ebf70a3e3374e34f2f61695a911e.jpg rares consœurs députées ; le seul véritable fait de guerre à mettre à son crédit fut sa défense de la PACS à l’intérieur de son propre parti. C’est la médaille qu’elle traîne depuis lors en n’omettant jamais de la faire bruyamment cliqueter partout et en toutes circonstances car Madame est très bouffie d’elle même, est il besoin de le préciser ? Et les occasions de se glorifier ne sont hélas pas si nombreuses…

Puis vint la nomination de notre rossignol du Maine et Loire, au poste de Ministre de l’Écologie. À ce moment les choses se gâtèrent car l’allure primesautière cachait mal un manque de connaissance des dossiers et son désintérêt de cette fonction ; quand on la compare à Nathalie Kosciusko-Morizet, les différences de compétences et d’efficacité sautent aux yeux !

Les Guignols de Canal + en firent d’ailleurs une figure de proue ridicule et assez représentative de l’image qu’elle dégageait. Dans l’ordre des oiseaux de proie, elle se rapprochait alors davantage de la buse que de l’aigle. Son orgueil en  fut mortifié et elle décida de changer son fusil d’épaule pour abattre la buse qu’il y avait en elle  et pour enfin faire apparaître l’aigle qu'elle s'imaginait être…

c7c51469240474b1e444c031670e76fc.jpgMalheureusement, avec la maladresse qui la caractérise, elle abattit les deux rapaces à la fois et à la place il resta la paonne qu’elle cachait secrètement au fin fond de sa personnalité et qu'elle n'avait jamais cessé d'être ! La voici nommée Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative du gouvernement Fillon et là surprise ! On découvrit une pédante, parlant d'une voix de gorge, avec un vocabulaire chatié et la componction et l'affectation d'une aristocrate du 18ème siècle faisant la morale avec une morgue sans pareille à un philosophe égaré préconisant les Lumières !

Se prenant tellement au sérieux qu'elle en devient ridicule ; d'une vanité inouïe, chaque mot qu'elle prononce désormais semble pesé, façonné , édulcoré ; ses manières de châtelaine de Moulinsart et son affèterie insupportable m'évoquent la Castafiore guettant son reflet dans le miroir au grand dam d'un  Capitaine Haddock grincheux que je suis devenu...

Les seules privautés qu'elle se permet pour faire "peuple" et soigner son image sont désormais, les rencontres sportives où elle adore se pavaner aux côtés du Président, affublée, d'un maillot de l'équipe de France qui lui sied comme un sac de pommes de terre et d'un drapeau ! Que ne ferait elle pour se faire remarquer et impressionner les pellicules des photographes de Presse ! Dieu merci, le ridicule ne tue plus de nos jours, bien au contraire, il a plutôt tendance à rendre autrui sympathique...

Pour terminer ce portrait et lorsque je pense que ce sont ces gens là qui sont chargés de "réformer" le système de santé, permettez moi d'avoir des doutes, sur leur efficacité, leur crédibilité et sur leur empathie à l'égard des humbles pour effectuer de vraies réformes utiles et justes. Mais ce que j'en dis, pauvre oiseau dont les plumes et la peau sont rongées par les parasites et qui crèvera faute de soins en remerciant Roselyne de son action, n'a évidemment aucune espèce d'importance...

cui cui, oiseau de mauvais augure.

lundi, 31 mars 2008

Storytelling vs Divin Marché

Rencontre avec Christian Salmon auteur de Storytelling à la Librairie Tropiques, en partenariat avec la Revue Cassandre.

 

 

Pour voir la précédente rencontre organisée par les mêmes avec Dany-Robert Dufour autour de son livre Le Divin Marché,

 

10cf275c8763316afb9a890b343e17aa.jpgclic sur les petites têtes et tu verras le Divin enfant Dufour

 

 

 

 

 

 

 

Un avant-goût de la prochaine (si si cela vient) vidéo du débat avec Alain Badiou et Alain Brossat.

 

vendredi, 28 mars 2008

DÉCONOMIE DE CRISE (ENFER ET STAGNATION!)

En ces heures dramatiques où se joue sur l'échiquier mondial d'une globalisation hégémonique, galopante et sauvage le sort d'une Europe, empêtrée dans ses contradictions tant linguistiques que politiques, régionales, monétaires, philosophiques et culturelles, il nous a paru utile, voire fédérateur, de ramener en pleine lumière deux penseurs majeurs de notre civilisation dont les théories économiques, publiées l'une à la fin du XIXe siècle, l'autre dans les années 60 du siècle passé, ont bouleversé à jamais le paysage socio-lucratif de notre environnement sociétal.

 L'un s'appelle KARL MARX, l'autre RAYMOND BARRE.

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Résumer en quelques lignes une oeuvre aussi importante que celle de M. R.BARRE serait un travail de sisyphe. Nous nous contenterons d'analyser ici l'un des volets majeur de sa théorie : la fonction de coût des produits (notamment les matières premières) et comment elle influe sur la croissance d'un pays moderne (entendre par « moderne » un pays riche, industrialisé, non-communiste et de préférence à dominance de population blanche ou indo-européenne)

Voici en quelque lignes grossièrement tracées comment cette fonction se développe et s'articule:

« Si l'on introduit sur un marché quelconque tel que le marché financier à terme ou celui des bien d'équipement (mais sur le marché de Saint-Pierre de Maineville – 76- ça marche également) une quantité Q 1 égale à +/- 75 et équivalent à un investissement brut de 100 (ce qui n'a aucune espèce d'importance pour la suite du raisonnement), alors que la demande de ce même bien, une fois transformé en produit fini, n'est que de 230 grammes par semaine et par habitant, à laquelle s'ajoute une recherche marginale sustentatoire de 1/75 x 100 (a+B/x)*, la propension matinale à consommer croît en fonction inverse de la capacité de la France qui se lève moins tôt en raison de son accession au chômage de masse à désirer plus pour manger moins. »

*Cette unité de mesure ne s'applique qu'aux biens alimentaires. Il est bien évident que, pour les chaussures par exemple, on comptera en pieds (1 pieds = +/- 33 centimètres)

90727d9e38d937113e52f7295ccf856a.jpgUne image vaut mille mots. Comme on le voit très bien sur ce graphique (ou celui-là), le consommateur, ralenti dans son acte d'achat par la hausse du coût (et donc du prix car, comme chacun sait, c'est ce qui n'a pas de prix qui coûte le plus cher, et, par voie de conséquence, même si c'est le premier pas qui coûte, ce qui est prix est prix), a tendance à moins consommer et à garder son argent par devers à soie (comme dit l'économiste Lyonnais). L'économie se ralentit, le marché se dépeuple, les allées se vident, les bâches sont roulées par les employés municipaux, les petites camionnettes vertes ramassent les monceaux de cageots, on lave le sol à grand'eau, c'est… la récession (à quoi s'ajoute une mini-catastrophe écologique à l'échelon micro-local).

 Cette récession est donc le résultat de ce qu'il faut bien appeler désormais « le coût de Barre »

Cette vision fût longtemps admise dans la totalité de sa posalité objective par la plupart des analystes, spécialistes, conseillers et experts de tous bords et de toutes obédiences (mais, ne le sont-ils pas tous un peu ?) et certains auteurs neo-pragamatiques en vogue aujourd'hui (ou à redécouvrir, mais c'est une autre histoire) s'accordent même à lui trouver une certaine saveur sucrée (discrète, certes, mais tout de même présente).

Mais quand même, économiquement, c'est plutôt fâcheux.

39cf78e3f8269d012924f5d6377ac4ca.jpgTellement que cela peut conduire une grande nation comme la France à des bouleversements politiques graves. Remember 1981. Hausse du prix du pétrole dans les années 70, hausse du cours du diamant, monopole du coeur qui vole en éclat. Pour faire repartir la machine et retrouver enfin la croissance, une seule solution : revenir un temps à un régime socialiste et donc à une économie marxiste. Car enfin, qu'en est-il réellement de la doctrine de notre économiste à la barbe fleurie ? Pour le professeur Urbain de Losserand, si Raymond Barre met bien le doigt sur l'une des contradictions majeures du tout-économique, il oublie d'inclure dans son raisonnement la notion de plus-velue qui, selon le grand Karl, fait que l'on est passé plusieurs fois à un cheveux de l'effondrement irréfutable de la notion capillaire du système pileux notion de pilier du système capitaliste. C'est dans le très méconnu « à cause du peuple, traîté du bonheur des masses malgré elles » que Marx nous livre une esquisse de réponse ante-économicus à la drastique fonction de coût de notre ancien Premier Ministre-Economiste-Député-Maire-Sénateur-Professeur d'économie à Science-Po.

« En fait, explique K.M, le blocage dû au prix ne fait que traduire la nécessité fondamentale de bien alimenter le circuit économique au départ, c'est à dire d'agir sur la capacité musculaire de la force de travail du prolétariat et, surtout, d'entretenir sa croissance dans sa forme la plus dynamique. Il suffit donc, alors, de trouver la « nourriture » adéquate, susceptible de redonner à chacun des acteurs de l'économie défaillante l'énergie qui lui faisait défaut. »

 

Ce qui nous permet aujourd'hui de clamer bien haut :

le coût de Barre, Marx et ça repart !

 

la semaine prochaine : penseurs et pensements : F.de Closets : « Halte au Plus !!! » ou « la Plus Petite Commune Idée à l'usage du Plus Grand Commun Dénonciateur »

Robert Humbley

 Du même auteur « Le miroir aux allumés »

 

 
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