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lundi, 18 mai 2009

Les tartuffes de l’Europe ou Docteur Jekyll à Paris ; Mister Hyde à Strasbourg.

Rien qu’à l’idée d’assister sur les chaînes de télévision au triomphalisme ostentatoire des membres de l’UMP (Copé, Bachelot, Bertrand, Dati et consorts) et autres ralliés félons et carriéristes méprisables issus de "la gauche marécageuse", rien qu'à l'idée de supporter le discours satisfait d’un Président qui ne manquera pas de déclarer que par leur vote massif les électeurs ont avalisé sa merveilleuse politique et ses superbes réformes, je me suis dit que NON, décidément NON, nous ne pouvions laisser se dérouler sans réagir la joyeuse farandole de la fête de l’UMP du 7 juin 2009 au soir !

quand l Europe veut l Europe peut.jpgBien entendu, certains beaux esprits, qui hantent ces lieux  vous répliqueront que je n’ai qu’à m'abstenir et éteindre mon téléviseur . Certes, mais la posture de l'autruche n’empêchera ni ces démonstrations d’arrogance, ni  à terme, l'arrivée au pouvoir de mouvements autoritaires dont nos philosophes plus habitués à manier leurs stylos et leurs  concepts ésotériques que la force se retrouveront la tête dans le sable et nous dans la merde, contraints de réparer leurs conneries !

 Ne nous voilons pas la face : lorsque notre température monte à 40 °, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait baisser sa fièvre. Dans le même état d'esprit, les banques  ne se  sauveront jamais en trafiquant leurs bilans, comme elles le font actuellement,  les sondages de l’institut Opinion Way à la piètre réputation ne convaincront pas davantage les électeurs (sinon ceux déjà conquis) des tendances du scrutin !

Il me semble opportun qu’un signal d'alarme provenant des citoyens impose  une mise en garde à nos élites et surtout change les donnes au sein même du Parlement européen.

quand l Europe veut l Europe peut3.JPGLe bataillon toujours présent d’électeurs âgés, votant systématiquement pour son petit Chef, viscéralement et irrémédiablement attaché à tout ce qu’il entreprend quoiqu’il fasse, lui fournit un confortable rembourrage de 27 % (vous me que direz 27 % sur 50 % de participation, ça ne représente que 13,5 % du corps électoral). Ce matelas sera d’autant plus surestimé que la participation sera faible. Et cela, le gouvernement l’a bien compris, l’absence de forcing de sa part en étant la preuve patente.

Allons nous encore nous faire dicter nos choix par un électorat majoritairement peuplé de retraités qui vénèrent la pratique du pouvoir personnel d'un l'homme providentiel ? Par des tenants de l’ultra libéralisme qui n’ont jamais renoncé à leur chimère ? Par des transfuges venant du Front national ?  Par les partisans des restrictions des Libertés au profit de l’Ordre a tout prix ?

Et nous autres, opposants, pour qui voter ? Pour un Parti Socialiste qui a voté 97 % des lois libérales de Strasbourg avec l’UMP,  et qui, de défenseur du socialisme à Paris, devient blairiste et franchement libéral à Strasbourg ?

Pour un MODEM qui a mélangé ses suffrages jusqu’en 2007 avec le groupe libéral européen (ADLE) dont il faisait partie, et qui, pour des raisons électoralistes de positionnement de Bayrou vote désormais avec les Verts mais garde une doctrine droitière digne de l’UDF de Giscard avec des cadres aussi chargés de casseroles, tel Jean Peyrelevade ?

Quelle différence y a t-il entre les trois formations-godillots partisanes du "oui anti-démocratique au TCE", du libéralisme économique échevelé, des réglementations démentes qui favorise les grands groupes, de l'absence de lois sociales européennes et de la privatisation à tout crin ? Aucune, si ce n'est le nom des partis !

quand l Europe veut l Europe peut2.JPGNe voter pour aucun de ces 3 grands mouvements paraît la seule démarche qui puisse faire trembler nos oligarques français ou européens et saper les fondements d’une Société élitiste que la crise n’a jamais fait chanceler, contrairement aux assertions de la presse et de la propagande officielle.

Le piège  de la soi-disant déliquescence radicale du capitalisme financier international et son extrême dramatisation médiatique, chausse-trappe dans laquelle la plupart des philosophes et économistes de tous horizons se sont engouffrés comme des perdreaux de l’année, prenant souvent leurs désirs pour la réalité, n’est peut-être qu’une illusion car il n'est pas impossible que le dogme de l’ultra libéralisme se remette  rapidement de cette crise, avec les aides considérables des États et grâce à la purge gigantesque pratiquée sur les emplois et les salaires sous prétexte de récession ! Je suis même prêt à parier que si ce système s'en sort sans trop de dommages, ses thuriféraires, forts de leur impunité n'en finiront plus de bousculer l'intérêt général et de perpétrer leurs excès avec encore plus d'outrecuidance. La vigilance s'impose...

Amis lecteurs, que diriez vous de déguster 3 marques différentes de soupes dont la texture, la composition, les ingrédients, la provenance sont presque identiques et dont la saveur est médiocre ? Que vous soyez de droite ou de gauche, tentez donc une petite incursion dans une petite gargote de votre choix où le potage n'est pas issu d'une émanation industrielle !


POUR CES RAISONS, IL EST SOUHAITABLE DE VOTER, ET DE PRÉFÉRENCE,  ÉVITEZ LES MARCHANDS DE SOUPE LYOPHILISÉE !

En tout cas, aller à la pêche constituerait un péché majeur, mais après tout, chacun voit midi à sa porte...

À après !


Merci à mes sources,Olivier Bonnet, Guy Birenbaum et Médiapart.

Cui cui, l’oiseau fou à force de chanter dans le vide.

lundi, 11 mai 2009

2021, l’odyssée du Web 7.0 ou les bienfaits de la Loi Hadopi VII.

Voici un billet d'anticipation décrivant une situation plausible, vivable dans une quinzaine d'années ou moins si les législateurs s'obstinent à conduire leurs réformes dans la voie actuelle... L'affaire de la chasse aux sorcières menée par TF1  dont est victime Jérome Bourreau montre (lien) que nous nous approchons à marche forcée de la  fiction décrite plus bas.

Si par extraordinaire ce modeste texte intéressait quelqu'un, il est libre de droit, utilisable et diffusable par tous, y compris en changeant les noms. La mobilisation doit être menée maintenant ou jamais, sacrebleu ! Peut être même, est il trop tard ?

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Mercredi 11 mai 2021

BILLET D’HUMEUR

Titre déposé à la préfecture : Vive le Web 7.0 !

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Mentions légales obligatoires (loi du 21 août 2019)

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- Un billet sponsorisé par L'Odéal : "parce que vous le voulez bien" et patronné par les laboratoires Hep Atchoum : "avec les dragées Fulda, l’impureté s’en va".

- Émoluments versés par nos partenaires commerciaux : deux flacons de teinture rousse  pour cheveux  - colori queue de renard -  de marque "Expertise color" et trois boîtes "éco" de dragées Fulda pour combattre la constipation. *

 

- Autorisation de publication du billet par le Ministère de l’intérieur, département "textes politiques" n° 20230509 AMX 674 délivrée le 4 mai 2021.

- Licence Hadopi étendue n° 698354 ref/blogs-G57 renouvelée depuis le 18 février 2021 pour 6 mois par le Collectif des NRV.

- Auteur : Dominique Susini

- Pseudo : Cui cui fit l'oiseau

- Classification du Ministère de l'internet : humoriste séditieux populiste de gauche (catégorie 732 PG)

- Permis d'expression publique sur un blog politique n° B 356 738. 49A (Loi du 17 aoüt 2018) valable jusqu'au 28 septembre 2021 pour l'auteur du billet.

- Informations agrées par la direction de "20 Minutes" ( Loi du 14 août 2019)

- Responsable de la publication des billets de blogs sur "20 Minutes" : Monsieur Paul Hackmann

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Copé22.JPGSalut les vieux potes du Village ! Ah ! Vous rappelez vous la formidable époque des années 2009 où [censuré pour rappel de faits prohibés - note du Ministère de l'internet -] ? Notre glorieux président de l’époque, un véritable républicain, le président  Nicolas Sarkozy, père de l'actuel Ministre de L'Intérieur, avait entamé une longue marche vers une démocratie responsable, dont nous profitons actuellement dans l'allégresse ; soucieuse de correction, de respect librement consenti et d’autodiscipline régulée.

Les attaques personnelles ou autres critiques politiques sur internet sont à ce jour bannies ; tout le monde s’en trouve satisfait et quand je relis certains de nos billets de l’époque, j’éprouve une honte épouvantable : comment exprimer la sensation de remord qui taraude ,encore aujourd'hui, mon esprit ? Il nous fallait être particulièrement possédés par le démon pour avoir pu rédiger de telles horreurs sans prendre conscience que nous blessions des femmes et des hommes publics soucieux du bien-être collectif et exclusivement préoccupés de faire avancer notre pays ? La séance de rééducation annuelle destinée à m’autoriser à rédiger des billets ( Loi du 17 août 2018) sur un blog de catégorie 1 (blogs politiques) m’a permis de comprendre que je transgressais  avec une irresponsabilité insensée les limites de l’intérêt général.

Le Président Jean-François Copé l’a bien déclaré l’autre soir lors de son entretien quotidien à 20h 30 sur TF1 : internet ne doit ni devenir le dépotoir de la culture française ni la fosse septique des aigreurs politiques. Son Ministre de l’Intérieur, Jean Sarkozy, a montré sa mansuétude lors de sa dernière conférence de Presse en acceptant de proroger de 3 à 6 mois la licence provisoire HADOPI étendue VII, accordée à chaque responsable de blog ! La licence de commentateur restant fixée à 1 an, moyennant déclaration à la préfecture de son département.

 

Hadopi 7.JPG

Enfin, en tant que rebelle de gauche répertorié, je voulais rendre un vibrant hommage à notre ami Manuel Valls qui vient de créer le Mouvement de Gauche Modérée (MGM) et de condamner violemment ceux qui le caricaturent en l'appelant le Mouvement des Gouilles Molles [blâme pour grossièretés injustifiées - note du Ministère de l'internet -] lors d'un jeu de mot particulièrement douteux. J'en appelle d'ailleurs au rassemblement du Parti Socialiste 1 de Martine Aubry, du PS 2 de François Hollande, du PS 3 du toujours vert Dominique Strauss Kahn, du PS 4 de Ségolène Royal, du PS 5 de Benoît Hamon et du PS 6 de Bertrand Delanoé ! Il se murmure d'ailleurs dans les milieux bien informés que Monsieur Valls aurait décidé de rebaptiser son parti devant la sortie imminente de la nouvelle console de jeux de Sony, la Playstation 7...

Ami(e)s du 3ème âge du Village des NRV, n'oubliez pas, de déguster votre tilleul du soir, de bien ranger votre dentier dans votre verre d'eau, de penser le moins possible et d'aller au lit en attendant calmement le châtiment suprême...

Que Dieu et le Président vous gardent !

Cui cui, l'oiseau chenu mais mauvaises ailes, mauvais fond, mauvais pied et mauvais oeil !

* Nous remercions les entreprises L'Odéal et les laboratoires Hep Atchoum pour leurs précieux appuis financiers.

Addenda du Ministère de l'Internet, des Libertés Publiques et de la Prévention des Excès.

Dans le cadre de la Loi Hadopi étendue n°7, Le Ministère de l'internet a infligé 2 blâme(s) à Monsieur Dominique Susini alias "Cui cui fit l'oiseau" pour son présent billet intitulé Vive le Web 7.0 !. Nous rappelons qu'au terme de 5 blâmes, nous supprimerons, lors d'une commission de discipline automatique et informatisée, son permis d'expression publique sur un blog politique pour une durée de 6 mois. En cas de récidive, une peine de 2 ans de prison assortie d'une amende forfaitaire de 12.560 € sera automatiquement administrée par  la commission Hadopi étendue n°7 selon le réglement en vigueur. Aucun appel ne sera recevable.

Son Excellence Éric Besson, Ministre de l'internet, des Libertés Publiques et de la Prévention des Excès.

vendredi, 27 mars 2009

Nicolas Sarkozy, la banane et les moulins.

Ave, camarades villageois(es) !

Notre illustre représentant suprême, avec le délicieux manque d'humilité et la dangereuse décomplexion qui le caractérisent - pourquoi se gênerait il , entouré qu'il est par une meute de chiens d'apparats avides de friandises et de cajoleries ? - a déclaré tout à trac, tenez vous bien :

quichotte.jpg- "Je me fais taper dessus mais j'ai la banane, c'est dur pour moi, mais en même temps je rêvais d'être Président de la République ('Râââ lovely', comme dirait Gotlib - NDLA) et je le suis donc ça va !" Admirez au passage la profondeur de la pensée, mais bon ! Demande t-on à Superman de prononcer les paroles d'Othello ? Non, bien sûr, il ne s'agit pas de la même BD ni du même auteur.

Et, d'ajouter entre autres, je cite :

- [... La période est formidable pour nous parce qu'on se tourne vers nous les politiques.

Mouais ! Quand on voit le résultat, d'autres trouveraient peut être plus efficace de se tourner vers Dieu ou vers un mage quelconque et on pourrait aisément les comprendre dès l'instant qu'ils évitent le Diable...

Enfin bref ! Là n'était pas mon propos initial.

En vérité, au départ, je voulais parler du discours donges.jpegde notre Guide à Saint Quentin et figurez, les amis que je ne pouvais que résumer ce meeting de 2 heures par une page blanche : j'aurais évidemment et fort justement essuyé votre ire et votre courroux. Aussi, après maintes réflexions j'ai voulu enfin associer l'actuel locataire de l'Élysée à un symbole fort et j'y suis parvenu après des nuits d'insomnie !

Le Président devrait mettre un blason sur le drapeau de la République comme il en a le droit et comme Giscard ne s'en privait pas, il y a bien longtemps.

Monsieur le Président , je vous propose, comme symbole, le moulin et voici pourquoi :

moulinpriere.jpgD'abord le moulin à vent : Vous déplacez infiniment d'air, tounez, générez du vent, et au résultat les ailes du moulin ne font que tourner en rond ! Brasser du vent signifie pour vous, agir, un peu à la manière d'un épileptique en pleine crise dont on dirait qu'il est hyper actif ou d'un asthmatique qu'il a du souffle...

Ensuite le moulin à paroles : que de discours, déclarations, potins, interviews, phrases, grandiloquences sans éloquence, insultes, messages télévisés pour si peu d'action !

Puis un moulin à prières : ah ! Que n'allez vous réformer le capitalisme mondial, que n'allez vous  tancer  le patronat, que n'allez vous moraliser, avec Barack, la finance internationale l Billevesées : vous en êtes depuis le début de la crise à courir derrière les évènement et JAMAIS à les précéder.

Mais aussi un moulin à poivre : qui éternue ? Les plus pauvres, les retraités, les classes moyennes dont certains sont encore dupes mais si les impôts n'augmentent pas, que dire des taxes et autres franchises, mon cher Tartuffe ?drap2.jpg

Enfin le moulin à légumes : vous faites de notre Pays, de par l'absence de grand dessein et de véritables réformes,  la France, pays homogène et relativement fraternel, un salmigondis d'intérêts opposés, une société basée sur l'organisation anglo saxonne dominante, une Nation  de moins en moins cohésive, de plus en plus égoïste et repliée sur elle, un Pays de trouillards et de petits rentiers. Le fric, mon pauvre président, dont vous ne cessez de faire l'apologie n'a jamais été le ciment ni d'un État conquérant ni d'une société équilibrée en mouvement . C'est la raison pour laquelle j'ai bien peur que vous restiez probablement dans l'Histoire, un petit, un accident politique, un asticot évènementiel, un vermisseau historique...

Aussi, Nico, si tu m'autorises à t'appeler ainsi, je vais me permettre de donner un conseil de petit citoyen du Tiers  État au grand citoyen de la Haute qui se la pète grave parce qu'il a la banane et le pouvoir :

À force de prendre le melon et de ramener ta pomme à tout propos, à force ddrapeau1.JPGe prendre les Français pour des poires, on va tous finir par sucrer des fraises et la France de terminer en compote, tout ceci pour avoir voté pour un président à la noix...

Nos cinq fruits quotidiens y sont : mission accomplie, vous pouvez vous recoucher.

À après.

Cui cui l'oiseau de paradis, forcément populiste, démagogue, poujadiste et prétentieux.

 

mercredi, 18 février 2009

PETITION

Une fois n'est pas coutume, le billet du jour est la reproduction d'une pétition lancée il y a quelques jours sur Internet. Son contenu est explicite. Il s'agit ainsi de présenter un texte qui n'est pas seulement le support à une revendication nette mais qui soulève également quelques questions cruciales : le mépris du pouvoir, la représentation et la concertation, la gestion managériale de l'école et, par extension, des services publics... Cette pétition peut être aussi l'occasion de discuter ce mode d'action, sa pertinence, son efficacité et également la question de la personnification d'une certaine politique...

Voici donc ce texte, mis en ligne suite aux déclarations de M. Darcos. C'est ici pour consulter la source d'où cet article est extrait et éventuellement signer la pétition.

 

 

Lettre à Xavier Darcos, Citoyen, futur ancien Ministre de la République

Publié le 13 février 2009, mise à jour le 15 février 2009

À Xavier Darcos,
Citoyen, futur ancien Ministre de la République

Monsieur, Le 12 février, sur la radio RMC, vous avez déclaré ceci :

Il n’y a « aucune raison aujourd’hui objectivement [de repousser la réforme de la formation et du recrutement des enseignants à 2011, comme le demande le bureau de la Conférence des Présidents d’Universités]. D’ailleurs, on me dit "les universités ne voudront pas préparer les étudiants à cela" ; vous savez, moi je recrute 14 000 personnes ; on va les trouver les gens pour passer nos concours. Et aujourd’hui, un professeur sur deux qui est recruté par moi , n’est déjà pas passé par des systèmes de formation des maîtres. Il a tout simplement une licence ou une maîtrise, et il se présente à nos concours et il les a. Donc moi je n’ai pas absolument besoin d’entrer dans des discussions sibyllines avec les préparateurs à mes concours. Je suis recruteur . Je définis les concours dont j’ai besoin . Je garantis la formation professionnelle des personnels que je recruterai . Après, chacun nous suit, ou pas. »

Ces propos sont inadmissibles.

Votre indifférence proclamée envers les demandes formulées par le bureau de la Conférence des Présidents des Universités, par la Coordination Nationale des Universités, par des conseils d’administration, des étudiants, des enseignants et des enseignants-chercheurs, des associations d’universitaires, des syndicats, des parents d’élèves est inadmissible.

Le cynisme avec lequel vous avouez ouvertement que peu vous importe qu’il y ait ou non au sein du service public des préparations aux concours de recrutement des enseignants du service public est inadmissible.

Cette porte grande ouverte aux préparations par des organismes privés à ces mêmes concours est inadmissible.

Surtout, il est inadmissible que vous prétendiez être le recruteur, inadmissible que vous asséniez neuf fois en quelques phrases l’idée que c’est vous qui recrutez, vous qui définissez, vous qui avez besoin, et que ces concours sont les vôtres.

Monsieur, ces propos sont ceux d’un chef d’entreprise. Ils relèvent d’une logique qui est celle du privé. Mais vous n’êtes pas chef d’entreprise, l’école n’est pas une société par actions dont vous seriez le président-directeur général. Vous êtes vous-même au service du recruteur et de l’employeur, qui ne coïncide pas avec votre personne, aussi remarquable puisse-t-elle être : le recruteur et l’employeur, c’est l’Éducation Nationale, c’est l’école de la République, c’est l’école de tous les citoyens, de tous les contribuables, de tous les électeurs, de tous les parents d’élèves, de tous les habitants de ce pays. Vous n’êtes pas doté des pleins pouvoirs. Vous êtes au service des citoyens de ce pays, vous êtes au service de la France.

Monsieur, ces propos vous disqualifient et vous déshonorent. Ils revèlent une confiscation de la res publica, de la chose publique, par un individu. Ils révèlent que vous vous considérez comme le dépositaire unique de la légitimité, dans un domaine qui relève de la volonté populaire. Ils révèlent que vous confondez votre position actuelle de Ministre avec un pouvoir que personne n’a le droit de vous contester, un pouvoir absolu. Vos propos rappellent, Monsieur, le basculement de la démocratie vers une personnalisation tyrannique du pouvoir dont l’histoire a donné maints exemples. Ils sont inacceptables pour tout républicain authentique, de Jules Ferry au Général de Gaulle.

Vous ne tenez votre légitimité de Ministre, Monsieur, que de l’expression de la volonté populaire. La volonté populaire ne vous a pas donné mandat de détruire au nom de la république un système fondé sur les valeurs de la république.

Nous vous accusons, Monsieur, d’indignité républicaine. L’école n’est pas votre propriété. Par vos propos, vous vous êtes montré inapte à assumer vos responsabilités républicaines et le mandat qui vous a été confié par le peuple français. Vous avez révélé que vous méprisiez et ne compreniez pas l’essence même de votre fonction de Ministre.

En tant que citoyens, électeurs, contribuables, parents d’élèves, habitants de ce pays, nous ne reconnaissons plus la légitimité morale et républicaine de la position que vous occupez.

Nous exigeons votre démission.


13/02/2009 21:14 - Par AG PARIS I

610x.jpg

vendredi, 06 février 2009

Questions (et réponses) actuelles

sarkouche2.JPG

J’ai mis à contribution deux personnalités , fort différentes, qui sur des thèmes à première vue assez divergents, on répondu « actuellement » à des questions « inactuelles ».  

Danièle Sallenave ( réponse à une question du monde sur les "quelques jours dans un collège et vous pensez avoir pris la mesure des questions à résoudre" ?):

Surtout, je n'aurais pas vu le travail admirable de certains professeurs, parmi les plus jeunes. Leur métier est aujourd'hui le dernier des métiers parce que les enseignants ne sont pas soutenus. On leur en veut d'être porteurs d'une idée qui dérange : que gagner beaucoup d'argent, dominer l'autre, lui marcher sur le ventre pour "arriver", s'abrutir de football et de jeux télévisés, cela ne peut pas être le but d'une vie, et lui donner son sens.  

Alain Badiou ( fin de la réponse à une question de Libé (Jo Frein) sur le « bilan désastreux »du communisme) 
Il s'agissait d'inventer et de déployer une réalité collective qui ne soit pas fondée sur la propriété privée. Il est clair que les moyens adoptés ont été désastreux. Doit-on pour autant renoncer au projet lui- même?Au contraire! Nous devons impérativement maintenir l'idée d'une société dont le moteur ne soit pas la propriété privée, l'égoïsme et la rapacité. On fait mine aujourd'hui de découvrir que les dirigeants des banques et leurs principaux clients sont des obsédés du gain. Mais le profit comme moteur de la vie sociale, c'est précisément ce dont le projet communiste veut débarrasser l'humanité.

Question du Monde : Vous êtes très dure envers ce que vous appelez "les délires démagogiques des années 1970" ou encore "le tsunami pédagogiste".  
Danièle Sallenave :   
Il y a ici une étrange convergence entre la gauche et la droite. Pour une droite tentée par le poujadisme, les livres sont suspects. On parle bien de supprimer les épreuves de culture générale aux concours de la fonction publique. Pour être postier, il serait inutile d'avoir lu La Princesse de Clèves. Ou peut-être d'avoir lu, tout simplement.... De l'autre côté, on continue d'affirmer à gauche que transmettre la langue, les textes, c'est transmettre des valeurs bourgeoises. C'est un des effets peut-être pervers du livre de Pierre Bourdieu De la distinction. On en a uniquement gardé l'idée que distinguer entre les "grands textes" et les autres, ce serait une manière pour la classe dominante de se reconnaître et de perpétuer sa domination.   

Libé ( Jo Frein ) : Reprochez-vous à la gauche de préférer la réforme à la révolution?  
On ne vit plus dans cette opposition. «Révolution» est aujourd'hui un concept vide et même le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ne prépare pas la révolution
**. Pour établir une comparaison historique, je dirais que nous sommes dans une situation comparable à celle des années 1840. La Restauration a eu lieu, le capitalisme s'est installé dans toute son extension, l'idée de révolution paraît définitivement enterrée-on raconte alors sur Robespierre et Saint-Just ce qu'on dit aujourd'hui sur Mao et Lénine. Quand aux républicains, qui incarnent alors la gauche, ils sont, comme nos socialistes d'ajourd'hui, absorbés par le jeu parlementaire, et on verra en 1848 comment ils vont se faire voler leur apparente victoire par Napoléàn III.   
Or, ce qui s'est passé d'important à l'époque, c'est une reconstruction intellectuelle, nourrie par des expériences politiques ouvrières isolées: les communismes utopiques, le Manifeste de Marx, etc.  
Mais cette effervescence passe d'abord, comme il est normal, inaperçue.  

Libé ( Jo Frein ) : Le PS et l'UMP, est-ce la même chose pour vous?   
Alain Badiou :  
Dans la longue durée, oui
*. La complicité du Parti socialiste et de la droite se scelle dès les années 80. La dérégulation financière, la promotion de Tapie et du carriérisme individuel, les limitations du regroupement familial, les camps de rétention, c’est la gauche qui les a faits. C'est Mauroy et Defferre qui ont stigmatisé les grévistes de Flins comme des islamistes, c'est avec les socialistes qu'on a remplacé le mot «ouvrier» par le mot «immigré» ou «clandestin». Le Parti socialiste a été chargé au long cours de la pédagogie pro-capitaliste en direction des classes moyennes et populaires et de sa conséquence immédiate: durcissement de la répression policière dans les banlieues. Néanmoins, il existe maintenant, au sein même de la gauche réformiste, une frange violemment hostile à Sarkozy. Le décalage entre la mollesse du jeu parlementaire et cette animosité qui n'a pas encore trouvé sa forme définit la gauche actuelle.   

Alain Badiou (réponse à une question de Libé sur « L'hypothèse communiste »
***)  
L'hypothèse communiste est une tentative pour investir le présent d'un autre biais que celui de sa nécessité. La démocratie de nos jours. consiste à dire qu'il n'y a pas d'autre norme possible que le gain. Tel est l'objet du consensus implicite entre la droite et la gauche; telle est aussi ce que la crise financière dévoile au grand jour, avec les sommes colossales qui sont en jeu. Les bonus des dirigeants d'entreprises, etc. On peut subir un tel système, on peut penser qu'il est le seul possible, mais peut-on, philosophiquement, le vouloir, ou le désirer?   

Conclusion provisoire ( de l’auteur du billet):  
Face à   
« une idée qui dérange : que gagner beaucoup d'argent, dominer l'autre, lui marcher sur le ventre pour "arriver", s'abrutir de football et de jeux télévisés, cela ne peut pas être le but d'une vie, et lui donner son sens »,  
et  
« le profit comme moteur de la vie sociale »  
peut-on  
« subir un tel système »,   
peut-on raisonnablement, sérieusement uniquement   
« penser qu'il est le seul possible » ,  
et surtout   
« peut-on, philosophiquement, le vouloir, ou le désirer? ».

C’est à ces questions, qui me semblent claires, que je vous invite, chers NRV, à répondre ce jour , et à mesurer comment les réponses qu’on peut y apporter ( au delà des ébauches ci-dessus) clarifient remarquablement le « débat » politique actuel, et déterminent la réponse à une autre question, devenue lancinante ces derniers temps : « qu’est-ce que la gauche, qui est à gauche , qu’est qu’une politique de gauche aujourd’hui » ?  

Quant à la question « subsidiaire » : « Que faire », nous y répondrons (ensemble) dès lors que ce premier point sera élucidé, car comme vous l’aurez compris : clarifier l’une c’est se donner les moyens de répondre à l’autre.  

Remerciements à Danièle Sallenave et Alain Badiou pour leur contribution au débat, qui n’est évidemment pas « comment sortir de la crise » ou « comment moraliser le capitalisme » mais « comment la politique, une autre politique est possible, avec pour objectif de changer la vie »

perokarmitz.JPG

Couâââ ?

 

* On pourrait ajouter « dans la longue durée, et spécialement en cet instant »  
** Début de controverse : réaction dès le lendemain de Bensaïd, à propos du NPA, de « la révolution » et surtout de « la forme parti » condamnée par ailleurs par Badiou, dans la suite logique de sa position de boycott de la « démocratie électorale (représentative) ».  
*** « L’hypothèse communiste » est le titre annoncé de « circonstances 5 » à paraître fin mars .


Urbain

 

 
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